jeudi 7 avril 2016

UN VALET DU CAPITALISME TOMBE SA CAGOULE SOCIALISTE

Le patronat héberge le mouvement politique d'Emmanuel Macron


Emmanuel Macron a fait une cachotterie en annonçant la création de son mouvement « En marche ». Il a omis de préciser que l'adresse légale de son association était le domicile privé du directeur de l'un des principaux clubs patronaux. Le président du Medef, Pierre Gattaz, juge l'initiative « rafraîchissante »


Le patronat héberge le mouvement politique d'Emmanuel Macron
ministre de l’économie, Emmanuel Macron, a fait une petite cachotterie quand il a annoncé, mercredi 6 avril, à Amiens, la création d'un « mouvement politique nouveau », baptisé « En marche ». Affirmant qu’il ne serait « pas à droite, pas à gauche », il s’est bien gardé de préciser qu’il avait néanmoins reçu un important mais discret appui logistique, celui de l’un des clubs patronaux les plus influents, l’Institut Montaigne, créé en 2000 par Claude Bébéar, l’un des parrains du capitalisme français et figure tutélaire du groupe d’assurances Axa. Ce qui explique sans doute que le patron des patrons, Pierre Gattaz, ait chaleureusement applaudi la création de ce mouvement – une initiative « rafraîchissante », selon lui.

Il n’est en vérité pas très difficile d’établir les liens, même s’ils ne sont pas affichés, qui unissent Emmanuel Macron à l’Institut Montaigne. Il suffit de se rendre sur le site Internet que le ministre de l’économie vient d’ouvrir, pour présenter son mouvement. Il est ici : « En marche ». On peut ensuite consulter la page de ce site qui en présente les mentions légales : elles sont là.

On découvre alors que le « directeur de la publication » du site Internet du mouvement s’appelle Véronique Bolhuis, et que « ce site est édité par En Marche, association loi 1901, 33 rue Danton, 94270 Kremlin-Bicêtre ». Or le nom de la directrice du site – qui préfère visiblement l’appellation de… directeur – comme l’adresse révèlent les coulisses cachées de la création du mouvement d’Emmanuel Macron.

Véronique Bolhuis est en effet la compagne de Laurent Bigorgne (on peut trouver son profil ici), qui est le directeur de l’Institut Montaigne. Et l’association « En marche » a pour domiciliation l’adresse du… domicile privé de Véronique Bolhuis et Laurent Bigorgne. CQFD ! Le directeur de l’un des mouvements patronaux les plus influents héberge bel et bien, avec sa compagne, le mouvement politique créé par le ministre de l’économie. Nous avons téléphoné au numéro indiqué sur cette page de mentions légales pour les contacts de presse, et l’on nous a confirmé, avec un peu de gêne, ce que cachait cette adresse au Kremlin-Bicêtre. En bref, l’Institut Montaigne roule donc pour Emmanuel Macron. À moins que ce ne soit l’inverse…

Quelques instants après la mise en ligne de notre article – pas plus de cinq minutes –, le site Internet d'Emmanuel Macron a, certes, modifié le texte figurant dans les mentions légales : le nom de Véronique Bolhuis a disparu comme l'adresse précise. Mais nous avions évidemment pris la précaution de faire une capture d'écran du site dans sa première mouture. Voici donc la présentation initiale des mentions légales et la présentation corrigée :

Avant/après

Le patronat héberge le mouvement politique d'Emmanuel Macron

Le patronat héberge le mouvement politique d'Emmanuel Macron
On se dira certes que cela n’a rien de très surprenant. Car l’Institut Montaigne est l’un des « think tanks » réactionnaires du patronat qui pèse le plus sur la vie publique. C’est lui par exemple qui a inventé ce « choc de compétitivité » que Nicolas Sarkozy avait repris à son compte, et que François Hollande avait dénoncé lors de la campagne présidentielle, avant de retourner sa veste, et d’en faire l’axe majeur de sa politique économique.

On comprend donc que le président du Medef, Pierre Gattaz, ait chaleureusement applaudi, ce jeudi matin, sur France Inter, la création de ce mouvement « En marche ».


Pierre Gattaz (MEDEF) répond aux questions de... par franceinter

Si le patron des patrons s’est montré si enthousiaste, jugeant que cette initiative était « rafraîchissante » – il a répété deux fois le terme –, c’est en effet qu’il s’agit d’une histoire de famille. Ancien associé gérant de la banque Rothschild, ministre du patronat, Emmanuel Macron crée, sans grande surprise, un mouvement politique fait pour défendre les intérêts de ceux dont il est le mandant. La petite cachotterie sur l’appui logistique dont dispose le ministre met donc au jour l’autre supercherie de l’opération, quand Emmanuel Macron prétend que son mouvement sera ni de gauche ni de droite. Pierre Gattaz dit cela aussi sans cesse du Medef. Et comme on le sait, on n’est pas obligé de le croire…

Avis donc aux amateurs ! Il est possible d'adhérer à l'association « En marche ». Mais mieux vaut savoir avant que c'est une annexe de l'Institut Montaigne et du Medef…

https://www.mediapart.fr/journal/france/070416/le-patronat-heberge-discretement-emmanuel-macron

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ca peut marcher pour quelques couillons qui n ont pas compris que:
- pour un patron l interet principal est de gagner un max de fric en rémunérant le moins possible la force de travail de son salarié
- pour un salarié il est nécessaire de vendre sa force de travail le plus ''haut''possible (difficile de nos jours vu le nombre de chomeurs qui contrairement a ce que l on veut nous faire croire arrange bien les patrons) et il y a des syndicats pour y parvenir mais il faut y adherer pour les renforcer et progresser.
Ca s appelle meme la lutte des classes ça (une pertie du moins)mais cette expression semble bien etre devenue un "gros mot" non seulement dans la bouche de la classe dirigeante (c est son interet) mais plus grave, y compris dans la bouche des salariés
P. Sabatier 13300

pedrito a dit…

En général çà ne dure pas longtemps......Mais suffisamment pour semer le trouble dans les cerveaux des salariés fragilisés par le chômage, et détourner quelques gogos des vrais combats qu'ils devraient mener: la lutte des classes est plus que jamais au programme, mais personne n'en parle, ou si peu, c'est le grand silence parmi les journalistes croupions, les Pujadas et Cie champions de la brosse à reluire. Les le Pen récoltent sans se fatiguer les fruits de tout un système qui travaille depuis 1981 pour eux. Exclusivement !!!