dimanche 10 juillet 2016

CORRIDA D'EAUZE

CORRIDA D'EAUZE



CORRIDA CIRQUE : un scandale inacceptable…

Soleil et chaleur. Arènes remplies aux 3/4.
6 toros de Banuelos hétérogènes de présentation, afeités et inégaux pour la plupart. Seuls, 2 toros avaient des armures veletos. En réalité, il s'agissait d'un lot de gros novillos arrangés pour les figuras.

A vrai dire, je n'attendais pas grand-chose de cette course. Cependant, tomber aussi bas mérite d'être signalé et surtout dénoncé car aucun journaliste accrédité n'aura la courage de le faire.
Tout d'abord, je tiens à mettre en avant une organisation minable. A 17 h 40, la plupart des aficionados attendaient désespérément que les portes principales des arènes s'ouvrent. Sur 4 ouvertures possibles, 2 seulement donnaient la possibilité aux personnes d'accéder autour des arènes pour rejoindre leur place. Nous étions comme un troupeau de moutons sous une chaleur accablante alors que nous avions payé notre billet. Cela me semble être un manque de respect total vis-à-vis des aficionados. Comme l'accès aux arènes a été tardif, tous les gens n'étaient pas à leur place à 18 h. De ce fait, le paseo a commencé à 18 h 22 (soit 22 minutes de retard) sans que aucun organisateur n'ait la politesse d'annoncer au micro le retard. De même, dès que ces 3 tristes sires sont arrivés au palco, les Armagnacs se sont empressés de jouer l'hymne « se canto » avant que commence le paseo. Personnellement, je trouve cela lassant, inadapté à une corrida et surtout stupide. En quoi défend-on la tauromachie ? En quoi revendique t-on les valeurs fondamentales et authentiques ? Il faudra m'expliquer.
Venons en maintenant à la course. Que dire ? Tout simplement, ce fut une grande mascarade avec des toros sosos et tardos qui ne transmettaient aucune émotion. Quel ennui ! Quant aux toreros, ils sont tout simplement venus chercher leur cachet en imposant une seule pique voire une monopique. A ce sujet, sur les 6 toros, il n'y eut aucune mise en suerte correcte pour le tercio de piques. Les picadors ont collectionné des piques traseras, des cariocas et j'en passe...
Pour commencer, Sébastien Castella ouvre l'après-midi en toréant constamment sur le pico et en ne se croisant jamais. Comme il a enchaîné plusieurs séries relativement fluides avec des redondos à répétition et un final inspiré de Paco Ojeda, le public peu connaisseur a totalement adhéré. L'estocade est habile et placé environ 20 centimètres sur le côté. Par conséquent, comme le toro est tombé très vite, quelques spectateurs demandèrent l'oreille. A ce moment là, j'ai regardé la présidence et Monsieur Bernard PEYTRIN de Bayonne s'est littéralement accordé la permission d'agiter ses mains en l'air pour que la pétition (minoritaire) devienne majoritaire avant de faire tomber le mouchoir du palco. 1Ère oreille hors de propos… Ce scénario indigne d'un président qui est censé représenter la principale autorité s'est produit à trois reprises. Concernant les autres toros, Sébastien Castella a essayé de montrer un certain professionnalisme au cinquième de la tarde et il y eut quelques séries correctes. Ce furent les seules de l'après-midi. L'oreille accordée peut se justifier même si elle est généreuse à mon goût. En revanche, abuser des cambios en début de faena devient répétitif et lassant. Il faudrait qu'il pense à varier un peu son répertoire.
Quant à Thomas Dufau, il fut égal à lui-même. Ce garçon ne sait pas toréer. Il abuse constamment des cris lorsqu'il cite. Il ne se croise jamais et avance toujours la jambe contraire. Son premier toro était un bonbon présentant quelques signes de faiblesse. Il a réalisé une faena stéréotypé qui ne présentait aucun intérêt mais qui eut une certaine portée sur le public en raison des enchaînements de pechos et de redondos. Je tiens également à signaler que ce torero se prend pour une vedette alors qu'il ne comprend pas les toros. Quel prétentieux ? Il se contente de réciter une leçon qui est toujours la même et qui suscite l'ennui. Encore une fois, comme l'épée est rentrée du premier coup, les spectateurs ont demandé une oreille qu'ils ont obtenue sans se préoccuper de l'emplacement ni de l'engagement. Son deuxième toro s'est révélé très faible et donc avisé. Thomas Dufau s'est entêté à vouloir enchaîner des passes sans se croiser et avec hésitation. De ce fait, lorsqu'il a voulu effectuer une naturelle en laissant un espace de un mètre entre la muleta et lui, il s'est mis le toro dessus qui lui a infligé une blessure certes superficielle mais qui ne lui a pas permis de revenir en piste. La farce était joué pour Dufau. Tirons le rideau !
Pour résumer, la ville d'Eauze a voulu créer un pseudo événement avec la complicité du club taurin élusate qui est composé de gens incompétents et orgueilleux. Ces gens là que je ne nommerai pas ont réussi à présenter une corrida commerciale qui correspond parfaitement à l'évolution de notre société actuelle et qui se résume à une organisation approximative, négligée et non respectueuse d'un public qui garnissait les gradins aux trois quarts. Je voudrais également dénoncer une présidence technique complètement aux ordres des toreros et de l'organisation. Elle était composé de Monsieur Bernard PEYTRIN (Bayonne) assisté de Monsieur Pascal LAVIGNE (Dax) et d'un autre monsieur qui portait une très belle cravate et des lunettes cerclées de noir. « Au pays des aveugles, les borgnes sont rois ». En définitive, ces 3 hommes se sont montrés peu courageux et particulièrement laxistes (avis sonnés au bout de la douzième minute en raison peut-être de leur montre qui était quelque peu défectueuse, musique intempestive pour faire plaisir aux Diam's et aux Armagnacs, changements de tercio prématurés alors que le règlement stipule au moins deux rencontres et si possible 2 piques, oreilles accordées après des épées tombées et parfois très en arrière, pression à l'égard du public en usant de gestes pour que les pétitions soient majoritaires…). D'ailleurs, le président du club taurin élusate qui est un habitué depuis 4 ans maintenant des palcos à MONT-DE-MARSAN et à DAX a félicité ces messieurs cravatés d'avoir octroyé des oreilles. Où sommes nous ? Au cirque peut-être… A ce moment là, il faut être clair avec ses objectifs et annoncer un spectacle avec des clowns et des marionnettes au lieu de vouloir à tout prix donner une corrida. Ces méthodes pernicieuses sont très dangereuses pour l'avenir de la fiesta brava. Bientôt, les détracteurs de la corrida auront raison et les quelques aficionados qui défendent une corrida authentique et sérieuse finiront peut-être par les rejoindre. J'espère que nous n'en arriveront pas à ces extrémités. En revanche, ces dérives doivent cesser le plus vite possible.
Les arènes d'Eauze ont besoin de retrouver un nouveau souffle qui a disparu depuis de nombreuses années maintenant…

Michel DARTAGNAN.

2 commentaires:

el Chulo a dit…

pendant ce temps un matador mourait dans l'arène à Teruel de sinistre mémoire, le cœur sectionné par un toro! Peut être pour faire oublier, fort opportunément, que la corrida ,n'est pas toujours qu'une farce!RIP

pedrito a dit…

Il est évident que le coup de coeur de mon ami "lou Régèn" ne concerne que ce qu'il a ressenti à Eauze et rien d'autre, la mort du pauvre Victor BARRIOS mérite une autre reseña qui n'enlève en rien la réalité des mascarades que dénonce l'auteur. Le "corps des présidents": quelle pitrerie!! Combien sont-ils, ceux qui ont la fibre aficionada a los toros? Le malheur, c'est que justement la corrida reste un drame, que les pitres, les bouffons, les tricheurs, les illusionistes et autres contorsionnistes des palcos et des callejons, ennemis de l'intérieur de la Fiesta Brava, transforment en fiesta circo, comme l'écrit Michel dans sa juste colère.
Et tout cela se répète chaque tarde, devant des gradins de plus en plus clairsemés.
Nadine m'écrit que les organisateurs sont désemparés, devant les mesures restrictives que prennent les préfets. Derrière cela, les végétaliens, les végétariens.....Bientôt, on nous interdira de savourer un casse-croûte au pâté, une tranche de jambon, une entrecôte saignante, ou à point....Mais pour qui nous prend-on? Et jusqu'où vont continuer ces dictatures qui pullulent au nom de toutes les causes animalistes ou religieuses, devant lesquelles se couchent sagement les politiciens et leurs valets?

Merci, "Régèn", pour ton compte-rendu et ton cri de sincérité