dimanche 10 décembre 2017


Pourtant le programme présenté n'était pas rien, les obsèques nationales d'un personnage exceptionnel dans la vie de chacun doivent rester ancrées dans les mémoires. Pour la raconter plus tard à nos descendants en frémissant comme au premier instant: "J'y étais".
Et de bons copains m'ont présenté pour communier dans cet élan unanime de la nation sur Fb des images du défunt solidaire avec des travailleurs en lutte. Mais c'était dans ses premiers pas dans la musique que j'aime. Et cela n'a duré pour lui ce que vivent les roses, l'espace d'un matin. Ensuite, très vite, ce fut le show-business et ses ogres, même si le talent incontestable et incontesté restait toujours présent chez l'artiste.
Oui mais Djonny, c'était notre jeunesse, peuvent me répondre certains de mes potes. Sans doute mes camarades. Mais faut-il enterrer sa jeunesse dans le cercueil de l'idole qu'il fut pour les jeunes. Ou bien être toujours dans l'action, comme autrefois, en séparant comme autrefois l'ivraie du bon grain pour que le monde change de bases.
Si les chansons de Johnny Hallyday ont été de toutes les modes musicales et de ce fait ont enchanté plusieurs générations, l'homme a pris partie pour le camp des possédants, usant de toutes les ficelles que lui ont accordés ses conseillers fiscaux et ses amis politiciens.
Et les portes du pénitencier ne se renferment que très rarement pour ce petit monde clos. Ou alors si mal, qu'il peut recommencer tout à loisir.
Je ne crache pas sur la tombe de Johnny Hallyday, même s'il se fait enterrer dans l'île de Saint-Barthélémy, paradis des riches qui ont du fric à ne plus savoir qu'en faire. Mais pour l'heure, noir c'est noir pour la majorité de l'humanité, y compris en France, l'un des pays où les riches appartiennent aux plus riches de la planète.
Dans ma jeunesse, en écoutant chanter Johnny, mais aussi Pottier, je souhaitais renverser le capitalisme. Aujourd'hui où j'entre dans l'automne de l'existence, j'écoute toujours chanter Pottier. Et toujours le poing dressé.
Non, je vous jure, je n'étais pas sur les Champs-Elysées ni devant ma télé