jeudi 20 décembre 2018

POUR TOI, TOUJOURS, MA GISÈLE CHÉRIE

MON TRÉSOR CHÉRI,
Voici ce que m'écrit J.L., de Soustons, - le pays du "Santo",   tu te souviens qu'on le suivait, on le soutenait, à ses débuts de novillero, lui aussi a perdu son père de la saloperie qui frappe de plus en plus la planète entière- donc, un internaute de Soustons qui vient souvent lire ce que je t'écris, qui a beaucoup de cœur, à me lire et à m'encourager, tellement il comprend combien je t'aime, combien le vide que tu as laissé m'est insupportable.
Je te le livre, tellement c'est beau:


Bonjour Pierre,

Je lis, avec émotion, les mots que tu écris à ton petit oiseau chéri, qui vole au milieu des étoiles brillantes, et qui continue à illuminer ta vie, malgré son absence.

Je viens de lire quelques lignes d’un écrivain anglais, Max PORTER, qui a écrit ces quelques mots, sur son épouse disparue, et que je t’adresse :

« Elle me manquait tant, que je voulais construire un mémorial de trente mètres de haut avec mes seules mains. Je voulais la voir, dans un immense trône de pierre en plein Hyde Park, admirant le paysage. Tous les passants comprendraient combien elle me manque. Combien le manque est physique. Elle me manque tant, c’est une immense stèle d’or, une salle de concert, un millier d’arbres, un lac, neuf mille bus, un million de voitures, vingt millions d’oiseaux, et plus encore. »

Je les trouve tellement belles que je n’ai pu résister à te les adresser.

Bien amicalement,
J.L.  

PS Mon amour chéri, je retrouve des photos de nous deux, un peu partout, mais je n'arrive pas à mettre la main sur les albums. A croire que je suis très  perturbé, au point que j'ai même oublié mardi mon rendez-vous chez B., le rhumatologue. Pourtant, je l'avais marqué, et vérifié la veille. Heureusement, Il est super sympa, tu le sais, comme ses secrétaires, il me reprendra bientôt, il va même passer me voir à la maison.  Il soignait si bien le Dupuytren qui handicapait  tes mains.....On avait plaisir à aller à son cabinet....C'était le temps du bonheur.
Pourvu que je ne pleure pas trop....Aide moi à résister, ma bichette adorée. Je t'aime à en crever, un peu comme cet Anglais, Max Porter, qui semble aimer passionnément son épouse disparue, mais moi, ce n'est pas un mémorial que je voudrais bâtir pour toi, mais plutôt cesser de souffrir. J'ai tellement mal! Je sais, il y a Sylvie, il faut que je m'occupe d'elle, son fils, mon petit fils.....Mais j'ai tellement, mais tellement mal depuis que tu es partie, tellement de chagrin.....Je cherche une solution. Il faut impérativement que je résiste quelques jours, que je souffre encore et encore, avant d'y voir peut-être plus clair. Tu me manques, ma Gisèle adorée, tu me manques, et je suis si seul, sans toi.....