vendredi 25 février 2022

L’UE ne combattra pas le néonazisme en Ukraine

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Néonazis défilent en Ukraine

 

Par Joël Perichaud, secrétaire national du Parti de la démondialisation aux relations internationales

Quand les États-Unis votent non à la résolution pour lutter contre le néonazisme en Ukraine, les pays de l’Union européenne se déballonnent et s’abstiennent. « Quoiqu’il en coûte » c’est d’abord l’allégeance au pays de tutelle de l’UE qui prime ! Les faits et les explications.

Moscou propose chaque année, depuis 2005, l'adoption par l'Assemblée générale des Nations Unies d'une résolution sur l'irrecevabilité de la glorification du nazisme et la lutte contre la montée du néonazisme. Rappelons que la Russie est le pays qui a subi le plus de victimes pendant la Seconde Guerre mondiale (au moins 20 millions de morts) et qui a mis fin à l'Allemagne nazie. La Russie considère, avec raison, qu’il faut lutter contre la montée et l'impunité des groupes néo-nazis chez son voisin, l’Ukraine.
Présentée par la Russie à l’ONU, la résolution A/76/460 intitulée "Lutte contre la glorification du nazisme, du néonazisme et d'autres pratiques qui contribuent à exacerber les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d'intolérance qui y est associée" a fait l’objet d’un vote le 17 décembre 2021 : 130 voix pour et 49 abstentions. Parmi celles-ci : le Canada, l'Australie, le Royaume-Uni, le Japon et les membres de l'Union européenne, y compris la France…
Les États-Unis et l’Ukraine, ont voté contre…

Le document recommande aux pays membres de prendre des mesures « dans les domaines législatif et éducatif, conformément à leurs obligations internationales en matière de droits de l'homme, afin d'éviter un examen de l'issue de la Seconde Guerre mondiale et le déni des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre commis pendant la Seconde Guerre mondiale ». En outre, la résolution appelle à l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale et de haine fondées sur la nationalité et la religion.

Inacceptable pour les gouvernements US, Démocrates ou Républicains, qui ont toujours voté contre la résolution, tant leur haine de la Russie est viscérale.
Inacceptable mais cohérent de la part des USA puisque c’est la CIA, sous la présidence d’Obama (Démocrate…) qui a fomenté et appuyé la pseudo-révolution de la “place Maïdan” (Euromaïdan), provoqué le départ du président légitime Ianoukovytch, remplacé par la marionnette Porochenko à sa botte et “licencié” depuis…), et a provoqué les luttes anti-russes dans l'est du pays et la guerre civile dans les oblats (régions) de Donetsk et de Louhansk. Rappelons que le renversement du gouvernement Ianoukovytch est dû, en particulier, à son refus de signer des accords de rapprochement avec l'Union européenne… D’où l’abstention des pays de l’UE…

Ce “brillant résultat” états-unien a été obtenu en s’appuyant sur des organisations fascistes telles que Pravy Sector (secteur droit), Svoboda (liberté) ou le bataillon Azov dont les héros sont des collaborateurs nazis tels que Stepán Bandera, chef de l'Organisation des nationalistes ukrainiens, et Román Shujévych, chef du bataillon Nachtigall de la Wehrmacht. En 2007, Román Shujévych avait été décoré à titre posthume du titre de héros de l'Ukraine par le président de l’époque, Viktor Iouchtchenko, chien fidèle allié des États-Unis.

Terminons sur l’explication du vote des États-Unis. fournie par ses soins en 2020. A l’époque c’était Jason Mack, conseiller de la mission américaine auprès de l'ONU, qui s’y était collé : son pays ne soutient pas l'initiative pour ne pas contribuer à la "propagande russe" qui « dénigre les États voisins sous la couverture cynique de la lutte contre la glorification du nazisme ».

En réalité c’est le cynisme des USA et de l’Ukraine, de leurs affidés “occidentaux” et des pays de l’UE qui s’abstiennent qui est sans limite…

Sans doute au nom de la démocratie dont ils se prétendent le modèle et les défenseurs ?

NOTES :
Ont voté pour :
Afrique du Sud, Algérie, Angola, Antigua-et-Barbuda, Arabie saoudite, Argentine, Arménie, Azerbaïdjan, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Bélarus, Belize, Bhoutan, Bolivie (État plurinational de), Bosnie-Herzégovine, Botswana, Brésil, Brunéi Darussalam, Burkina Faso, Cabo Verde, Cambodge, Cameroun, Chili, Chine, Colombie, Comores, Congo, Costa Rica, Côte d’Ivoire, Cuba, Djibouti, Égypte, El Salvador, Émirats arabes unis, Équateur, Érythrée, Eswatini, Éthiopie, Fédération de Russie, Fidji, Gabon, Ghana, Grenade, Guatemala, Guinée, Guinée équatoriale, Guyana, Haïti, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Israël, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Kirghizistan, Koweït, Lesotho, Liban, Libye, Madagascar, Malaisie, Malawi, Maldives, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mexique, Mongolie, Mozambique, Myanmar, Namibie, Nauru, Népal, Nicaragua, Niger, Nigéria, Oman, Ouganda, Ouzbékistan, Pakistan, Panama, Paraguay, Pérou, Philippines, Qatar, République arabe syrienne, République centrafricaine, République démocratique populaire lao, République dominicaine, République populaire démocratique de Corée, République-Unie de Tanzanie, Rwanda, Sainte-Lucie, Saint-Kitts-et-Nevis, Séné-gal, Serbie, Sierra Leone, Singapour, Somalie, Soudan, Sri Lanka, Suriname, Tadjikistan, Thaïlande, Timor-Leste, Togo, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Turkménistan, Uruguay, Venezuela (République bolivarienne du), Viet Nam, Yémen, Zambie, Zimbabwe.
Se sont abstenus :
Afghanistan, Albanie, Allemagne, Andorre, Australie, Autriche, Belgique, Bulgarie, Canada, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Géorgie, Grèce, Hongrie, Îles Salomon, Irlande, Islande, Italie, Japon, Kiribati, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine du Nord, Malte, Monaco, Monténégro, Norvège, Nouvelle-Zélande, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République de Corée, République de Moldova, Roumanie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, Saint-Marin, Samoa, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Tchéquie, Tonga, Turquie.
Ont voté contre :
États-Unis d’Amérique, Ukraine.

En complément :
L’Ukraine, le néonazisme et l’Otan : https://www.pardem.org/node/4919
Le Président du parlement ukrainien glorifie Hitler :
https://www.pardem.org/node/5079

 

LA PHOTO DU JOUR......


.....QUI DEVRAIT INSPIRER MACRON, LES ANGLAIS, LES ALLEMANDS, etc.....

MIEUX QUE LES MENSONGES QUOTIDIENS DE LA PRESSE INTERNATIONALE AUX ORDRES DE L'OTAN U.S. SUR LA RUSSIE QUI SOUHAITE ENVAHIR L'UKRAINE POUR ASSOUVIR L'APPÉTIT DU "TSAR" POUTINE

 
 
Gigantesque banderole déployée lors d’un match de football à Lviv, en Ukraine, qui commémore les 70 ans de la fondation des « héros » de la Division Galichina, une division SS nazie composée de volontaires ukrainiens. Crédit Wikipedia

 par Régis de Castelnau

 
UN REGARD JURIDIQUE SUR L'ACTUALITÉ AVEC RÉGIS DE CASTELNAU

 

L’intervention militaire russe en Ukraine constitue une surprise et il est nécessaire d’apporter quelques compléments à l’article que nous avons publié il y a deux jours. Nous entrons probablement dans une phase d’accélération comme l’Histoire en a toujours connu. Mais qui plonge justement dans un inconnu difficilement prévisible

Nous avions pointé la probable fin d’un cycle historique entamé avec l’effondrement de l’Union soviétique. Et par référence à la débandade américaine en Afghanistan actant la fin de l’ère des « guerres de 20 ans ». Il est possible avec l’intervention russe en Ukraine que nous venions de rentrer brutalement et plus loin que l’on pouvait le supposer dans la nouvelle séquence. Caractérisée par le déclin de l’empire américain et l’émergence de ces grands rivaux comme d’abord la Chine et ensuite la Russie, que la stupide stratégie américaine mise en œuvre depuis 30 ans a rejeté vers l’Asie.

Répétons que la façon dont le camp occidental a récemment et délibérément piétiné tous les principes du droit international devait conduire inéluctablement à brutal retour de boomerang. Ce que les Russes font aujourd’hui, les Américains l’on fait aux quatre coins de la planète parfois avec un cynisme écœurant comme les deux symboles de la Serbie et l’Irak. L’opération entamée par la Russie est la jumelle de celle des Balkans avec génocide inventé, bombardement de populations civiles et amputation d’un territoire national. On pourrait aussi faire référence à la destruction de l’État libyen, là aussi sur la base de massacres inventés par BHL occulte ministre des affaires étrangères, dictant leur conduite à des dirigeants ineptes. Mais il faut être clair, si les agressions occidentales étaient condamnables, celle de la Russie aujourd’hui l’est tout autant.

Simplement en attendant de plus amples informations, il semblerait que l’objectif annoncé par Vladimir Poutine soit celui, non seulement de protéger les républiques séparatistes qu’il vient de reconnaître, mais également de « démilitariser et dénazifier l’Ukraine ». Donc Moscou a décidé semble-t-il d’aller encore « un coup plus loin » en ne se contentant pas de la neutralisation de l’Ukraine que nous avions décrite, mais en procédant de force à la création d’un État tampon. Et elle bénéficie pour le justifier de l’invraisemblable aveuglement diplomatique dont l’Occident a fait preuve. D’abord en passant son temps à maltraiter et à humilier la Russie depuis la chute de l’Union soviétique. Ensuite à ne pas comprendre le changement qui s’est produit à l’automne dernier quand les Russes ont clairement dit qu’eux aussi pouvaient fixer des lignes rouges et que le refus de renoncer à faire rentrer l’Ukraine dans l’OTAN en était une. Enfin en continuant à soutenir un régime corrompu faisant mener une guerre atroce contre les habitants de l’Est ukrainien par des néonazis avérés. Il est surprenant que personne n’ait relevé ce qu’a dit Vladimir Poutine dans son discours du 21 février à propos du massacre de la maison des syndicats « nous savons qu’ils sont, nous connaissons leurs noms, nous les prendrons et nous les punirons ». La complaisance occidentale avec l’incontestable présence active en Ukraine d’un fort courant néonazi héritier de ceux qui furent les collaborateurs de la Shoah, était quelque chose de scandaleux.

Vladimir Poutine avait obtenu avec la reconnaissance des républiques séparatistes une neutralisation de fait de l’Ukraine pour assez longtemps. Il a semble-t-il décidé de rapidement de jouer un coup de plus avec la création d’un État tampon institutionnalisé. On voit difficilement comment les occidentaux pourraient s’y opposer efficacement, autrement que par des surenchères verbales et des sanctions contre-productives.

Alors bien sûr il est toujours inquiétant de voir les armes se mettre à parler, surtout quand les protagonistes ont de quoi détruire plusieurs fois la planète.

Mais concernant les responsabilités, on rappellera cependant ce que disait Montesquieu : « Les responsables des guerres ne sont pas ceux qui les déclenchent, mais ceux qui les ont rendues inévitables… »

 


 

Dans cette publication, ce média palestinien, dit montrer des bombardiers russes survoler Kiev. C'est faux, il s'agit des répétions d'une parade militaire russe en 2020. (CAPTURE ECRAN TWITTER)

   

 

     franceinfo

 

Alors que les forces militaires russes sont entrées

en Ukraine jeudi matin, vidéos et images de ce

conflit armé se multiplient sur les réseaux sociaux.

 

On en a vérifié certaines.

Guerre en Ukraine : attention aux fausses images qui circulent sur les réseaux sociaux (CAPTURE ECRAN TWIITER)

Guerre en Ukraine : attention aux fausses images qui circulent sur les réseaux sociaux (CAPTURE ECRAN TWIITER)

Vladimir Poutine a annoncé, ce jeudi 24 février au matin, une "opération militaire" en Ukraine. Depuis, les forces militaires russes ne cessent de progresser sur le territoire ukrainien et des opérations aériennes russes sont en cours.

Dans cette guerre des images, de nombreuses vidéos circulent sur les réseaux sociaux. Et beaucoup n'ont rien à voir avec le conflit actuel.

Une parade militaire russe détournée

Une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, notamment par certains médias étrangers,

est censée montrer des bombardiers russes survoler à très basse altitude la ville de Kiev.

 

Dans cette publication, ce média palestinien, dit montrer des bombardiers russes survoler Kiev. C'est faux, il s'agit des répétions d'une parade militaire russe en 2020. (CAPTURE ECRAN TWITTER)

 

Sauf que... il s'agit en fait des répétitions d'une parade militaire en Russie qui date de 2020.

Un exercice militaire russe détourné

Une autre vidéo, très partagée encore sur les réseaux sociaux, est censée montrer le déploiement de centaines de parachutistes russes près de la deuxième plus grande ville d'Ukraine, Kharkov.

 

Sauf que... Il s'agit en fait d'un exercice militaire. Cette vidéo a même déjà été publiée en 2018.

Un drapeau russe à la symbolique forte qui date de 2014

Une photo partagée sur les réseaux sociaux est censée montrer un homme en habit militaire qui plante un drapeau russe sur un bâtiment à Kharkov, la deuxième plus grande ville d'Ukraine. Cette photo est symbolique sur les réseaux sociaux et est présentée comme l'invasion éclair de la Russie.

 

Cette image est censée montrer un homme hisser un drapeau russe sur un bâtiment de la deuxième plus grande ville d'Ukraine, Kharkov. Sauf que cette photo date de 2014. (CAPTURE ECRAN TWITTER)

Sauf que... Cette photo a été prise en 2014 et n'a donc aucun lien direct avec la guerre actuelle en Ukraine.

Un exercice militaire russe détourné

Une autre vidéo, très partagée encore sur les réseaux sociaux, est censée montrer le déploiement de centaines de parachutistes russes près de la deuxième plus grande ville d'Ukraine, Kharkov.

Cette vidéo est censée montrer des centaines de parachutistes russe près de Kharkov en Ukraine. C'est faux, il s'agit en fait d'un excercice militaire. (CAPTURE ECRAN TWITTER)

Sauf que... Il s'agit en fait d'un exercice militaire. Cette vidéo a même déjà été publiée en 2018.

 

de la vie internationale. En Ukraine, seul l’hégémonisme des Etats-Unis a intérêt à la guerre, par Bruno Guigue 22 févr. 2022 En Ukraine, seul l’hégémonisme des Etats-Unis a intérêt à la guerre, par Bruno Guigue Source: AP AddThis Sharing Buttons Share to Facebook Share to TwitterShare to TelegramShare to WhatsAppShare to Plus d'options...Share to ImprimerShare to Email Suivez RT France sur Telegram logoTelegram L'analyste politique Bruno Guigue explique dans son nouveau billet pour RT France comment il faut interpréter la crise ukrainienne dans le contexte des derniers événements, dont la reconnaissance par la Russie des Républiques autoproclamées. Les rotatives de la désinformation auront beau le répéter ad nauseam, chacun sait que la Russie n’envahira pas l’Ukraine. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle ne souhaite pas la guerre et qu’elle compte obtenir la satisfaction de ses exigences par d’autres voies. Que veut la Russie ? Principalement, deux choses. Premièrement, elle veut un traité international garantissant la non-adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Cet accord en bonne et due forme mettrait un coup d’arrêt à la politique d’encerclement orchestrée par Washington depuis la chute de l’URSS et offrirait à la Russie de véritables garanties de sécurité. Après l’extension ininterrompue de l’alliance militaire occidentale, une telle limitation de ses ambitions aurait pour effet d’instaurer un climat de confiance en rassurant Moscou quant aux relations futures avec le monde occidental. Elle dissiperait aussi le fantasme des ultras de Kiev qui s’imaginent qu’ils vont reconquérir la Crimée alors que 96% de sa population a choisi la Russie. Deuxièmement, la Russie veut l’application des accords de Minsk et notamment la fédéralisation de l’Ukraine, laquelle permettrait de concilier les intérêts des deux parties en présence : l’octroi effectif de l’autonomie qui avait été promise garantirait les droits de la minorité russophone du Donbass tout en préservant l’intégrité territoriale ukrainienne, comme le demande à juste titre le gouvernement de Kiev. Il est évident que pour atteindre ce double objectif, Moscou ne veut surtout pas d’une escalade militaire qui en compromettrait au contraire la réalisation. Car seul un processus politique est de nature à ménager une sortie de crise respectant les desiderata des uns et des autres. La guerre ou la paix, il faut choisir. En demandant à l’OTAN de ne pas s’étendre davantage, la Russie a fait le choix de la paix par la négociation, et non d’un affrontement militaire qui justifierait, précisément, la mise en place d’un bouclier occidental destiné à soutenir l’Ukraine. Mais le problème vient de ce que les objectifs de Washington ne sont pas du tout de même nature, et c’est pourquoi la crise prend des proportions alarmantes. Que veulent les Etats-Unis ? On l’a compris depuis le début : leur propagande fabrique de toutes pièces une guerre imaginaire qui joue le rôle de prophétie auto-réalisatrice. Ils annoncent une conflagration imminente en faisant passer cette fiction pour la réalité, et cette supercherie fonctionne : il suffit de circuler sur la Toile pour s’apercevoir qu’une partie de l’opinion occidentale croit que la Russie a déjà attaqué l’Ukraine. Si la méthode employée par cette propagande est grossière, l’objectif poursuivi par Washington est parfaitement transparent. Il s’agit de justifier de nouvelles sanctions contre Moscou, de saboter la mise en place du gazoduc Nord Stream 2 et de ressouder l’Europe autour de l’OTAN sous la direction hégémonique des Etats-Unis. Dans ce scénario cousu de fil blanc, l’Ukraine sert d’appât et de maillon faible : en la colonisant, Washington y exerce une influence délétère qui menace la sécurité de la Russie à ses propres frontières, tout en ayant l’air de voler au secours d'une pauvre petite nation qui risque de se faire dévorer par l’ours russe. Dans cette conjoncture, seul l’hégémonisme des Etats-Unis a intérêt à la guerre. Si jamais un conflit de grande ampleur éclatait dans la région, aucun soldat de l’armée des Etats-Unis n’y participerait. Ceux qui étaient présents en Ukraine ont d’ailleurs déjà été évacués. Bien sûr, Moscou serait immédiatement désigné comme l’agresseur même et surtout si c’est totalement faux : l’imputation à autrui des guerres américaines est un classique des relations internationales depuis deux siècles. Enfin le bénéfice économique d’un tel conflit, pour Washington, serait considérable : la Russie serait punie par l’Union européenne et le projet Nord Stream 2 définitivement torpillé. Mais les dividendes géopolitiques de cette nouvelle guerre par procuration seraient beaucoup plus larges que le théâtre d’opérations russo-ukrainien : l’augmentation démentielle du budget militaire de l’OTAN, qui fait déjà 16 fois celui de la Russie, serait justifiée, aux yeux d’une opinion occidentale manipulée, par l’abominable «menace russe». Cerise sur le gâteau, l’acharnement contre la Russie affaiblirait le principal allié de la Chine, qui est considérée par les Etats-Unis, conformément à la doctrine Pompeo confirmée par Biden, comme «l’ennemi numéro Un du peuple américain». Que les Etats-Unis aient intérêt à la réalisation d’un tel scénario, heureusement, ne signifie pas qu’il verra le jour. Il est plus que probable qu’aucune guerre de grande ampleur n’éclatera, et pour une raison très simple : pour qu’elle ait lieu, il faut que deux camps soient résolus à y participer. Or la Russie n’en veut pas, et les Etats-Unis n’en veulent que si elle est faite par les autres. Washington s’en accommoderait fort bien, mais l’Ukraine est-elle prête à en payer le prix ? Certes, le conflit de basse intensité qui frappe le Donbass risque de s’accentuer, et c’est déjà le cas. Mais lorsque Donetsk et Lougansk évacuent les populations civiles pour les soustraire au feu roulant des bombardements ukrainiens, qui est l’agresseur et qui est l’agressé ? Qui refuse l’application des accords de Minsk et l’instauration d’un système fédéral comme solution politique ? Corrompus par Washington et Bruxelles, certains dirigeants ukrainiens s’imaginent peut-être qu’ils vont tirer profit de la situation pour régler leur compte aux résistants du Donbass. Commettront-ils la folie d’une attaque massive contre les deux Républiques ? Si cette catastrophe survenait, l’invasion militaire ukrainienne ne pourrait être longtemps déguisée en riposte légitime à une «provocation séparatiste», comme le répète aujourd’hui la propagande occidentale. Il suffira de constater où se trouvent les blindés et les fantassins ukrainiens. L’agression dûment constatée, la Russie prendra ses responsabilités et réagira de manière proportionnée afin de défendre les populations russophones. On souhaite bien du plaisir aux ultras de Kiev engagés dans cette opération hasardeuse. Secourus par Moscou, les combattants du Donbass se battront pour leur liberté, tandis que les soldats de Kiev se battront pour l’OTAN. Il suffit alors de considérer l’Histoire. Washington trahit toujours ses alliés. Moscou n’abandonne jamais les siens.

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/opinions/96060-en-ukraine-seul-l-hegemonisme-des-etats-unis-a-interet-a-la-guerre-bruno-guigue

 

En Ukraine, seul l’hégémonisme des Etats-Unis a intérêt à la guerre, 

par Bruno Guigue

 

 

 

L'analyste politique Bruno Guigue explique dans son nouveau billet pour RT France comment il faut interpréter la crise ukrainienne dans le contexte des derniers événements, dont la reconnaissance par la Russie des Républiques autoproclamées.

Les rotatives de la désinformation auront beau le répéter ad nauseam, chacun sait que la Russie n’envahira pas l’Ukraine. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle ne souhaite pas la guerre et qu’elle compte obtenir la satisfaction de ses exigences par d’autres voies.

Que veut la Russie ?

Principalement, deux choses.

Premièrement, elle veut un traité international garantissant la non-adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Cet accord en bonne et due forme mettrait un coup d’arrêt à la politique d’encerclement orchestrée par Washington depuis la chute de l’URSS et offrirait à la Russie de véritables garanties de sécurité. Après l’extension ininterrompue de l’alliance militaire occidentale, une telle limitation de ses ambitions aurait pour effet d’instaurer un climat de confiance en rassurant Moscou quant aux relations futures avec le monde occidental. Elle dissiperait aussi le fantasme des ultras de Kiev qui s’imaginent qu’ils vont reconquérir la Crimée alors que 96% de sa population a choisi la Russie.

Deuxièmement, la Russie veut l’application des accords de Minsk et notamment la fédéralisation de l’Ukraine, laquelle permettrait de concilier les intérêts des deux parties en présence : l’octroi effectif de l’autonomie qui avait été promise garantirait les droits de la minorité russophone du Donbass tout en préservant l’intégrité territoriale ukrainienne, comme le demande à juste titre le gouvernement de Kiev.

Il est évident que pour atteindre ce double objectif, Moscou ne veut surtout pas d’une escalade militaire qui en compromettrait au contraire la réalisation. Car seul un processus politique est de nature à ménager une sortie de crise respectant les desiderata des uns et des autres. La guerre ou la paix, il faut choisir. En demandant à l’OTAN de ne pas s’étendre davantage, la Russie a fait le choix de la paix par la négociation, et non d’un affrontement militaire qui justifierait, précisément, la mise en place d’un bouclier occidental destiné à soutenir l’Ukraine.

Mais le problème vient de ce que les objectifs de Washington ne sont pas du tout de même nature, et c’est pourquoi la crise prend des proportions alarmantes.

Que veulent les Etats-Unis ?

On l’a compris depuis le début : leur propagande fabrique de toutes pièces une guerre imaginaire qui joue le rôle de prophétie auto-réalisatrice. Ils annoncent une conflagration imminente en faisant passer cette fiction pour la réalité, et cette supercherie fonctionne : il suffit de circuler sur la Toile pour s’apercevoir qu’une partie de l’opinion occidentale croit que la Russie a déjà attaqué l’Ukraine.

Si la méthode employée par cette propagande est grossière, l’objectif poursuivi par Washington est parfaitement transparent. Il s’agit de justifier de nouvelles sanctions contre Moscou, de saboter la mise en place du gazoduc Nord Stream 2 et de ressouder l’Europe autour de l’OTAN sous la direction hégémonique des Etats-Unis. Dans ce scénario cousu de fil blanc, l’Ukraine sert d’appât et de maillon faible : en la colonisant, Washington y exerce une influence délétère qui menace la sécurité de la Russie à ses propres frontières, tout en ayant l’air de voler au secours d'une pauvre petite nation qui risque de se faire dévorer par l’ours russe.

Dans cette conjoncture, seul l’hégémonisme des Etats-Unis a intérêt à la guerre. Si jamais un conflit de grande ampleur éclatait dans la région, aucun soldat de l’armée des Etats-Unis n’y participerait. Ceux qui étaient présents en Ukraine ont d’ailleurs déjà été évacués. Bien sûr, Moscou serait immédiatement désigné comme l’agresseur même et surtout si c’est totalement faux : l’imputation à autrui des guerres américaines est un classique des relations internationales depuis deux siècles. Enfin le bénéfice économique d’un tel conflit, pour Washington, serait considérable : la Russie serait punie par l’Union européenne et le projet Nord Stream 2 définitivement torpillé.

Mais les dividendes géopolitiques de cette nouvelle guerre par procuration seraient beaucoup plus larges que le théâtre d’opérations russo-ukrainien : l’augmentation démentielle du budget militaire de l’OTAN, qui fait déjà 16 fois celui de la Russie, serait justifiée, aux yeux d’une opinion occidentale manipulée, par l’abominable «menace russe». Cerise sur le gâteau, l’acharnement contre la Russie affaiblirait le principal allié de la Chine, qui est considérée par les Etats-Unis, conformément à la doctrine Pompeo confirmée par Biden, comme «l’ennemi numéro Un du peuple américain».

En Ukraine, seul l’hégémonisme des Etats-Unis a intérêt à la guerre, par Bruno Guigue 22 févr. 2022 En Ukraine, seul l’hégémonisme des Etats-Unis a intérêt à la guerre, par Bruno Guigue Source: AP AddThis Sharing Buttons Share to Facebook Share to TwitterShare to TelegramShare to WhatsAppShare to Plus d'options...Share to ImprimerShare to Email Suivez RT France sur Telegram logoTelegram L'analyste politique Bruno Guigue explique dans son nouveau billet pour RT France comment il faut interpréter la crise ukrainienne dans le contexte des derniers événements, dont la reconnaissance par la Russie des Républiques autoproclamées. Les rotatives de la désinformation auront beau le répéter ad nauseam, chacun sait que la Russie n’envahira pas l’Ukraine. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle ne souhaite pas la guerre et qu’elle compte obtenir la satisfaction de ses exigences par d’autres voies. Que veut la Russie ? Principalement, deux choses. Premièrement, elle veut un traité international garantissant la non-adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Cet accord en bonne et due forme mettrait un coup d’arrêt à la politique d’encerclement orchestrée par Washington depuis la chute de l’URSS et offrirait à la Russie de véritables garanties de sécurité. Après l’extension ininterrompue de l’alliance militaire occidentale, une telle limitation de ses ambitions aurait pour effet d’instaurer un climat de confiance en rassurant Moscou quant aux relations futures avec le monde occidental. Elle dissiperait aussi le fantasme des ultras de Kiev qui s’imaginent qu’ils vont reconquérir la Crimée alors que 96% de sa population a choisi la Russie. Deuxièmement, la Russie veut l’application des accords de Minsk et notamment la fédéralisation de l’Ukraine, laquelle permettrait de concilier les intérêts des deux parties en présence : l’octroi effectif de l’autonomie qui avait été promise garantirait les droits de la minorité russophone du Donbass tout en préservant l’intégrité territoriale ukrainienne, comme le demande à juste titre le gouvernement de Kiev. Il est évident que pour atteindre ce double objectif, Moscou ne veut surtout pas d’une escalade militaire qui en compromettrait au contraire la réalisation. Car seul un processus politique est de nature à ménager une sortie de crise respectant les desiderata des uns et des autres. La guerre ou la paix, il faut choisir. En demandant à l’OTAN de ne pas s’étendre davantage, la Russie a fait le choix de la paix par la négociation, et non d’un affrontement militaire qui justifierait, précisément, la mise en place d’un bouclier occidental destiné à soutenir l’Ukraine. Mais le problème vient de ce que les objectifs de Washington ne sont pas du tout de même nature, et c’est pourquoi la crise prend des proportions alarmantes. Que veulent les Etats-Unis ? On l’a compris depuis le début : leur propagande fabrique de toutes pièces une guerre imaginaire qui joue le rôle de prophétie auto-réalisatrice. Ils annoncent une conflagration imminente en faisant passer cette fiction pour la réalité, et cette supercherie fonctionne : il suffit de circuler sur la Toile pour s’apercevoir qu’une partie de l’opinion occidentale croit que la Russie a déjà attaqué l’Ukraine. Si la méthode employée par cette propagande est grossière, l’objectif poursuivi par Washington est parfaitement transparent. Il s’agit de justifier de nouvelles sanctions contre Moscou, de saboter la mise en place du gazoduc Nord Stream 2 et de ressouder l’Europe autour de l’OTAN sous la direction hégémonique des Etats-Unis. Dans ce scénario cousu de fil blanc, l’Ukraine sert d’appât et de maillon faible : en la colonisant, Washington y exerce une influence délétère qui menace la sécurité de la Russie à ses propres frontières, tout en ayant l’air de voler au secours d'une pauvre petite nation qui risque de se faire dévorer par l’ours russe. Dans cette conjoncture, seul l’hégémonisme des Etats-Unis a intérêt à la guerre. Si jamais un conflit de grande ampleur éclatait dans la région, aucun soldat de l’armée des Etats-Unis n’y participerait. Ceux qui étaient présents en Ukraine ont d’ailleurs déjà été évacués. Bien sûr, Moscou serait immédiatement désigné comme l’agresseur même et surtout si c’est totalement faux : l’imputation à autrui des guerres américaines est un classique des relations internationales depuis deux siècles. Enfin le bénéfice économique d’un tel conflit, pour Washington, serait considérable : la Russie serait punie par l’Union européenne et le projet Nord Stream 2 définitivement torpillé. Mais les dividendes géopolitiques de cette nouvelle guerre par procuration seraient beaucoup plus larges que le théâtre d’opérations russo-ukrainien : l’augmentation démentielle du budget militaire de l’OTAN, qui fait déjà 16 fois celui de la Russie, serait justifiée, aux yeux d’une opinion occidentale manipulée, par l’abominable «menace russe». Cerise sur le gâteau, l’acharnement contre la Russie affaiblirait le principal allié de la Chine, qui est considérée par les Etats-Unis, conformément à la doctrine Pompeo confirmée par Biden, comme «l’ennemi numéro Un du peuple américain». Que les Etats-Unis aient intérêt à la réalisation d’un tel scénario, heureusement, ne signifie pas qu’il verra le jour. Il est plus que probable qu’aucune guerre de grande ampleur n’éclatera, et pour une raison très simple : pour qu’elle ait lieu, il faut que deux camps soient résolus à y participer. Or la Russie n’en veut pas, et les Etats-Unis n’en veulent que si elle est faite par les autres. Washington s’en accommoderait fort bien, mais l’Ukraine est-elle prête à en payer le prix ? Certes, le conflit de basse intensité qui frappe le Donbass risque de s’accentuer, et c’est déjà le cas. Mais lorsque Donetsk et Lougansk évacuent les populations civiles pour les soustraire au feu roulant des bombardements ukrainiens, qui est l’agresseur et qui est l’agressé ? Qui refuse l’application des accords de Minsk et l’instauration d’un système fédéral comme solution politique ? Corrompus par Washington et Bruxelles, certains dirigeants ukrainiens s’imaginent peut-être qu’ils vont tirer profit de la situation pour régler leur compte aux résistants du Donbass. Commettront-ils la folie d’une attaque massive contre les deux Républiques ? Si cette catastrophe survenait, l’invasion militaire ukrainienne ne pourrait être longtemps déguisée en riposte légitime à une «provocation séparatiste», comme le répète aujourd’hui la propagande occidentale. Il suffira de constater où se trouvent les blindés et les fantassins ukrainiens. L’agression dûment constatée, la Russie prendra ses responsabilités et réagira de manière proportionnée afin de défendre les populations russophones. On souhaite bien du plaisir aux ultras de Kiev engagés dans cette opération hasardeuse. Secourus par Moscou, les combattants du Donbass se battront pour leur liberté, tandis que les soldats de Kiev se battront pour l’OTAN. Il suffit alors de considérer l’Histoire. Washington trahit toujours ses alliés. Moscou n’abandonne jamais les siens.

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de la vie internationale. En Ukraine, seul l’hégémonisme des Etats-Unis a intérêt à la guerre, par Bruno Guigue 22 févr. 2022 En Ukraine, seul l’hégémonisme des Etats-Unis a intérêt à la guerre, par Bruno Guigue Source: AP AddThis Sharing Buttons Share to Facebook Share to TwitterShare to TelegramShare to WhatsAppShare to Plus d'options...Share to ImprimerShare to Email Suivez RT France sur Telegram logoTelegram L'analyste politique Bruno Guigue explique dans son nouveau billet pour RT France comment il faut interpréter la crise ukrainienne dans le contexte des derniers événements, dont la reconnaissance par la Russie des Républiques autoproclamées. Les rotatives de la désinformation auront beau le répéter ad nauseam, chacun sait que la Russie n’envahira pas l’Ukraine. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle ne souhaite pas la guerre et qu’elle compte obtenir la satisfaction de ses exigences par d’autres voies. Que veut la Russie ? Principalement, deux choses. Premièrement, elle veut un traité international garantissant la non-adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Cet accord en bonne et due forme mettrait un coup d’arrêt à la politique d’encerclement orchestrée par Washington depuis la chute de l’URSS et offrirait à la Russie de véritables garanties de sécurité. Après l’extension ininterrompue de l’alliance militaire occidentale, une telle limitation de ses ambitions aurait pour effet d’instaurer un climat de confiance en rassurant Moscou quant aux relations futures avec le monde occidental. Elle dissiperait aussi le fantasme des ultras de Kiev qui s’imaginent qu’ils vont reconquérir la Crimée alors que 96% de sa population a choisi la Russie. Deuxièmement, la Russie veut l’application des accords de Minsk et notamment la fédéralisation de l’Ukraine, laquelle permettrait de concilier les intérêts des deux parties en présence : l’octroi effectif de l’autonomie qui avait été promise garantirait les droits de la minorité russophone du Donbass tout en préservant l’intégrité territoriale ukrainienne, comme le demande à juste titre le gouvernement de Kiev. Il est évident que pour atteindre ce double objectif, Moscou ne veut surtout pas d’une escalade militaire qui en compromettrait au contraire la réalisation. Car seul un processus politique est de nature à ménager une sortie de crise respectant les desiderata des uns et des autres. La guerre ou la paix, il faut choisir. En demandant à l’OTAN de ne pas s’étendre davantage, la Russie a fait le choix de la paix par la négociation, et non d’un affrontement militaire qui justifierait, précisément, la mise en place d’un bouclier occidental destiné à soutenir l’Ukraine. Mais le problème vient de ce que les objectifs de Washington ne sont pas du tout de même nature, et c’est pourquoi la crise prend des proportions alarmantes. Que veulent les Etats-Unis ? On l’a compris depuis le début : leur propagande fabrique de toutes pièces une guerre imaginaire qui joue le rôle de prophétie auto-réalisatrice. Ils annoncent une conflagration imminente en faisant passer cette fiction pour la réalité, et cette supercherie fonctionne : il suffit de circuler sur la Toile pour s’apercevoir qu’une partie de l’opinion occidentale croit que la Russie a déjà attaqué l’Ukraine. Si la méthode employée par cette propagande est grossière, l’objectif poursuivi par Washington est parfaitement transparent. Il s’agit de justifier de nouvelles sanctions contre Moscou, de saboter la mise en place du gazoduc Nord Stream 2 et de ressouder l’Europe autour de l’OTAN sous la direction hégémonique des Etats-Unis. Dans ce scénario cousu de fil blanc, l’Ukraine sert d’appât et de maillon faible : en la colonisant, Washington y exerce une influence délétère qui menace la sécurité de la Russie à ses propres frontières, tout en ayant l’air de voler au secours d'une pauvre petite nation qui risque de se faire dévorer par l’ours russe. Dans cette conjoncture, seul l’hégémonisme des Etats-Unis a intérêt à la guerre. Si jamais un conflit de grande ampleur éclatait dans la région, aucun soldat de l’armée des Etats-Unis n’y participerait. Ceux qui étaient présents en Ukraine ont d’ailleurs déjà été évacués. Bien sûr, Moscou serait immédiatement désigné comme l’agresseur même et surtout si c’est totalement faux : l’imputation à autrui des guerres américaines est un classique des relations internationales depuis deux siècles. Enfin le bénéfice économique d’un tel conflit, pour Washington, serait considérable : la Russie serait punie par l’Union européenne et le projet Nord Stream 2 définitivement torpillé. Mais les dividendes géopolitiques de cette nouvelle guerre par procuration seraient beaucoup plus larges que le théâtre d’opérations russo-ukrainien : l’augmentation démentielle du budget militaire de l’OTAN, qui fait déjà 16 fois celui de la Russie, serait justifiée, aux yeux d’une opinion occidentale manipulée, par l’abominable «menace russe». Cerise sur le gâteau, l’acharnement contre la Russie affaiblirait le principal allié de la Chine, qui est considérée par les Etats-Unis, conformément à la doctrine Pompeo confirmée par Biden, comme «l’ennemi numéro Un du peuple américain». Que les Etats-Unis aient intérêt à la réalisation d’un tel scénario, heureusement, ne signifie pas qu’il verra le jour. Il est plus que probable qu’aucune guerre de grande ampleur n’éclatera, et pour une raison très simple : pour qu’elle ait lieu, il faut que deux camps soient résolus à y participer. Or la Russie n’en veut pas, et les Etats-Unis n’en veulent que si elle est faite par les autres. Washington s’en accommoderait fort bien, mais l’Ukraine est-elle prête à en payer le prix ? Certes, le conflit de basse intensité qui frappe le Donbass risque de s’accentuer, et c’est déjà le cas. Mais lorsque Donetsk et Lougansk évacuent les populations civiles pour les soustraire au feu roulant des bombardements ukrainiens, qui est l’agresseur et qui est l’agressé ? Qui refuse l’application des accords de Minsk et l’instauration d’un système fédéral comme solution politique ? Corrompus par Washington et Bruxelles, certains dirigeants ukrainiens s’imaginent peut-être qu’ils vont tirer profit de la situation pour régler leur compte aux résistants du Donbass. Commettront-ils la folie d’une attaque massive contre les deux Républiques ? Si cette catastrophe survenait, l’invasion militaire ukrainienne ne pourrait être longtemps déguisée en riposte légitime à une «provocation séparatiste», comme le répète aujourd’hui la propagande occidentale. Il suffira de constater où se trouvent les blindés et les fantassins ukrainiens. L’agression dûment constatée, la Russie prendra ses responsabilités et réagira de manière proportionnée afin de défendre les populations russophones. On souhaite bien du plaisir aux ultras de Kiev engagés dans cette opération hasardeuse. Secourus par Moscou, les combattants du Donbass se battront pour leur liberté, tandis que les soldats de Kiev se battront pour l’OTAN. Il suffit alors de considérer l’Histoire. Washington trahit toujours ses alliés. Moscou n’abandonne jamais les siens.

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LA GUERRE POUR UN NOUVEAU PARTAGE DE LA CHINE A COMMENCÉ

..... un autre enjeu énorme de la guerre DEJA COMMENCÉE en Ukraine à l’instigation de l’OTAN, c’est de régler son compte à la Chine populaire, de la vaincre, d’y renverser le PCC et de la partager (Tibet, Xinkiang, Macao, Hong Kong, Formose, les « pointillés » de la partition sont déjà dessinés) avant qu’elle n’ait confirmé durablement son statut émergent de première puissance économique de la planète et qu’elle n’ait mis en place les bases d’un co-développement multilatéral et alternatif à travers les « nouvelles routes de la soie ». Et cette guerre à la Chine, déjà engagée ouvertement sous Trump, est d’autant plus urgente aux yeux des dirigeants du bloc hégémonique euro-atlantico-saxon, que, après avoir un temps intégré en position dominée et sur des bases « pragmatiques », voire antisoviétiques la mondialisation capitaliste (Chou Enlaï, puis Deng se rapprochant des USA contre l’URSS… avant que Deng ne prenne conscience, durant les évènements de Tienanmen, en 1989, des coups de Jarnac qui attendaient le PC Chinois dans le cadre de cette mondialisation d’essence CONTRE-révolutionnaire…), la Chine populaire de Xi semble déterminée à mettre à nouveau « la barre à gauche » en développant le marché intérieur chinois, en forgeant sur cette base une alliance patriotique de la classe ouvrière et de la bourgeoisie nationale, en remettant en place les acquis socialistes abandonnés (retraites à 60 et 55 ans, sécurité sociale…), en augmentant sensiblement les salaires et en rendant au PCC, y compris dans les entreprises, un rôle économique prédominant.

 Extrait de l'article de Georges GASTAUD 

à lire  sur le blog "Initiative Communiste"