mercredi 16 mars 2022

La stratégie russe et le droit international

 

la Russie s’est mise dans son tort par rapport au droit international en pénétrant en Ukraine. Et ce n’est pas rien. Mais elle a le bon sens stratégique de son coté.

Une observation pour commencer : à peu près toute l’information qui provient du camp ukrainien-maidaniste est a priori suspecte . La guerre de l’information est en effet cruciale pour ce camp qui ne peut espérer sauver sa position ou atténuer sa défaite qu’avec une aide internationale massive et celle-ci ne peut pas se produire sans une énorme campagne de préparation médiatique et mise en condition de l’opinion occidentale.

La guerre engagée en Ukraine par la Russie contre le régime de Kiev issu du Maidan, sous influence néo-nazie, se donne pour but de dénazifier et de démilitariser l’Ukraine. Ce régime portait en lui les germes d’une entité terroriste comparable à Isis au Moyen Orient, et d’un État voyou nucléaire.

Mais atteindre ces buts ce n’est pas un mince affaire, L’Ukraine est un grand pays à l’échelle européenne et ce n’est pas étonnant que ça ne soit pas encore résolu en deux semaines. Surtout quand on n’a pas grand-chose à mettre à la place, en terme d’idéologie, puisqu’on renie le communisme, la seule chose qui ait fonctionné pour maintenir ensemble les peuples de l’ancien Empire russe, n’en déplaise au président russe actuel.

On peut s’interroger sur les précédents historiques, et se demander si c’est même possible de changer de régime politique durablement ainsi. Les Soviétiques ont essayé en Hongrie et en Tchécoslovaquie et n'ont pas réussi à long terme, mais cela ne prouve rien : la chute du bloc soviétique provient du sommet, non de la périphérie. Et les Américains l’ont fait maintes et maintes fois dans leur zone d’influence.

La Russie a déjà perdu en Occident en terme d’image, mais il faut observer que cette image à la suite de campagne constantes de diabolisation depuis une génération ne pouvait guerre empirer, et dans sa rage de surenchère impuissante l’Empire en est à boycotter Tchaïkovski et Dostoïevski.

La Russie semble avoir fait une croix là-dessus, pour gagner plus gros sur un autre terrain.

La situation ressemble à cet égard à celle de la Chine de 1989, où la répression des manifestations De Tien An Men a permis au parti communiste de conserver le pouvoir, d’étouffer dans l’œuf l’ingérence politique de l’Occident, pour finalement réussir à sortir le pays de la pauvreté au prix d’une quarantaine provisoire.

Pour la Russie aujourd’hui il s’agit d'abord de mettre fin à la persécution sanglante des Russes du Donbass, pour y rétablir le droit mais aussi pour garder la face. Continuer à la tolérer, continuer aussi à tolérer le mépris cynique des accords de Minsk par l’Ukraine et par leurs garants européens, et laisser le Donbass se faire écraser militairement comme l’Arménie avec des drones turcs aurait occasionné aussi une perte d’image, quoique d’un autre genre. On dit qu’il vaut mieux avoir l’air mauvais que faible.

Mais surtout

Une Ukraine sous le contrôle des États Unis, qui ont truffé l'administration ukrainienne de leurs agents, et de leurs supplétifs banderistes constitue en soi un danger existentiel pour la Russie.

Il s’agit aussi d’une question mémorielle et donc qu’on pourrait penser secondaire, mais dans un contexte où partout ces questions acquièrent une importance croissante. Si les Russes tolèrent chez leur voisin et cousin le plus proche la célébration officielle et la panthéonisation de chefs de bandes nazis qui ont mis en œuvre des politiques génocidaires à leur encontre – et contre les juifs - ils perdent le respect et encouragent tous les empiétements.

Il ne s’agit pas simplement de supporters de foot ou de gangs de motards. Le nazisme là-bas, organisé en groupes paramilitaires, est une pratique réelle et non symbolique, raciste et meurtrière et sait employer le double langage à l’intention de ceux qui ne demandent qu’à se laisser tromper dans la société civile européenne.

Si un tel État, kleptocratie sous influence nazie devient membre de l’OTAN – dont la raison d’être est de combattre et de refouler la Russie - et la place, avec ses armement nucléaires tactiques, à quelques minutes de vol de Moscou, le danger cesse d’être calculable rationnellement.

Le bon sens élémentaire est du coté de la Russie quand elle décide d’y mettre un coup d’arrêt définitif.

Mais il reste que le droit international n’est pas du coté de la Russie. Le droit international qu’est ce que c’est ? En principe c’est que les conflits entre États ne doivent pas se résoudre par la force des armes, que les frontières sont intangibles et qu’il ne faut pas s’ingérer dans les affaires intérieures des autres pays. En réalité, ces principes s’appliquent à tout le monde sauf aux États unis, et à certains leur satellites les plus zélés.

Mais vaille que vaille les autres pays sont tenus plus ou moins de le respecter ; alors les partisans du moindre mal diront c’est déjà ça. Surtout que ça se produit en général très loin de chez eux.

La Russie a choisi la guerre sans aller jusqu’à assumer ce terme pour mettre un coup d’arrêt aux empiétements impérialistes sur sa frontière. Il est probable que les joueurs d’échec du Kremlin ont jugé que sans cette rupture traumatique avec les règles du jeu implicites leur partie était perdue à long terme.

Alors après avoir vu dans toutes les crises de l’après guerre sans en excepter aucune les États-Unis ne tenir aucun compte du fameux droit international les dirigeants russes ont décidé d’agir de la même manière dans une question où leur intégrité nationale et leur sécurité était en jeu - ce qui n'est jamais arrivé pour les États-Unis, sauf à Cuba en 1962. En faisant cela ils ont défié l’Empire et l’ont ébranlé jusqu’aux fondements.

Ils ont utilisé pour cela une fenêtre de tir ouverte par leur avance dans le développement des armements stratégiques, qui les sanctuarise provisoirement.

Ils sont condamnés à réussir. Ce qui signifie que si on ne veut pas que la Russie prenne le contrôle de l'Ukraine, il faudra prendre le contrôle de la Russie. Bon courage et tous aux abris.

Ce qui signifie de leur coté qu’il va leur falloir trancher dans le vif les liens multiformes qui se sont tissés entre leur oligarchie et les classes dirigeantes occidentales ; Et l’hystérie en jaune bleu va les y aider.

En voulant détruire l'économie de la Russie par des sanctions démesurées on va surtout gravement affaiblir le capitalisme en Russie. Contrairement à ce qu'on fait circuler, les communistes russes soutiennent l'action de leur gouvernement et lui reprochent de ne pas l'avoir lancée bien plus tôt.

Vladimir Poutine va devoir modifier son logiciel idéologique : loin que le bolchevisme ait été le fossoyeur du monde russe, il lui a permis de durer 75 ans de plus. Et il n’est pas cohérent de faire la guerre aux néonazis actuels en se réclamant des protofascistes pogromistes des armées blanches de la guerre civile, vendus à l’étranger qui plus est et qui ont versé dans la collaboration à partir de 1941.

La voie de fait des Russes en Ukraine provoque un scandale total en Occident, mais rien de tel dans le reste du monde. Il voit plutôt dans cette indignation jaune bleue complétement délirante le dernier couac du suprématisme blanc.

L’Occident va maintenant mener - ou mimer - une lutte à mort contre la Russie. Il va falloir enrayer cette spirale destructrice.

En un mot comme en cent, les gens naïfs qui arborent en troupeau les couleurs jaune et bleue après avoir découvert l’existence de l’Ukraine le 24 février sont-ils conscients de participer à une escalade qui peut conduire (et avec une probabilité non négligeable) à une guerre ouverte de notre pays avec la Russie, à la guerre nucléaire ?

Empêcher cette guerre, et si elle a lieu, ne pas y participer, voilà la bonne ligne.

GQ le 6 mars 2022 Blog  "çà n'empêche pas Nicolas"

 

Volnovakha en ruines et bain de sang à Donetsk – Les crimes de guerre de l’armée ukrainienne dans le Donbass continuent

Les 13 et 14 mars 2022, nous avons été à Volnovkha et dans le centre-ville de Donetsk, en RPD (République Populaire de Donetsk), afin de documenter l’étendue des crimes de guerre de l’armée ukrainienne dans le Donbass.

JPEG

Quelques jours à peine après la libération de Volnovakha, nous nous sommes rendus à Donskoye, un village proche, qui recevait ce jour-là un camion d’aide humanitaire. Nous en profitons pour discuter avec les civils qui font la queue.

Si dans l’ensemble le village n’a pas été trop touché par les combats, une femme nous a déclaré que sa maison a été bombardée par l’armée ukrainienne lorsque cette dernière fuyait devant l’avancée de la milice populaire de la RPD. Elle nous a aussi parlé des crimes commis par le bataillon Kiev-2 au début de la guerre.

Le fait que l’armée ukrainienne tire sur les habitations civiles pour ensuite faire passer cela pour des tirs de l’armée russe ou de la milice populaire de la RPD a été confirmé par une interview que Patrick Lancaster a faite à Anadol.

Voir son reportage sous-titré en anglais :

Nous avons ensuite poursuivis notre route jusqu’à Volnovakha. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’arrivée dans la ville fut un choc. Dès l’entrée de Volnovakha, nous avons pu constater que la ville est complètement en ruines, dévastée. Un char d’assaut ukrainien endommagé est visible au pied d’immeubles détruits par des bombardements.

Près du char d’assaut ukrainien, des restes de munition prouvent que ce dernier tirait depuis l’endroit où il se trouvait, c’est-à-dire près d’habitations civiles, exposant les habitants aux tirs de réponse potentiels. D’après une grand-mère vivant là, interrogée par Patrick Lancaster la veille, ce sont les soldats ukrainiens qui ont tout détruit dans cette zone là avant de fuir Volnovakha.

Nous poursuivons jusqu’à l’hôpital, car on nous a indiqué que les soldats ukrainiens y avaient installé des postes de tirs (ce qui est une violation de la convention de Genève). Information confirmée par le directeur et le médecin-chef de l’hôpital. Malgré les tirs, et la destruction de l’hôpital, ces derniers ont assuré accouchements et soins d’urgence dans les sous-sols, dont une partie était occupée par les soldats ukrainiens et leurs munitions. Plusieurs corps de soldats ukrainiens sont d’ailleurs toujours là au sous-sol, au rez-de-chaussée et dehors, près du bâtiment principal de l’hôpital.

Voir le reportage filmé à Volnovakha, sous-titré en français :

Tout autour de l’hôpital, tout n’est que ruines et désolation. Les soldats ukrainiens avaient installé leur stock de munitions et leurs pièces d’équipement militaire près des maisons, qui ont toutes été bombardées. Les habitants sont sans électricité, sans gaz, sans chauffage et sans réseau téléphonique.

Et comme si cette vision apocalyptique ne suffisait pas, le lendemain, le 14 mars 2022, à 11 h 30, l’armée ukrainienne a envoyé un missile balistique Tochka U sur le centre-ville de Donetsk, là où se trouve le quartier administratif de la RPD. La défense anti-aérienne abat le missile, mais trop tard.

La tête du missile tombe sur une des artères principales de Donetsk, et l’une des boîtes de sous-munitions qu’elle contient explose devant un bureau de la banque centrale de la République, alors que des gens font la queue pour échanger des hryvnias contre des roubles. Les civils qui étaient dehors sont tués sur le coup, ainsi que plusieurs automobilistes, passants et passagers d’un bus de la ville.

C’est un véritable bain de sang. Ce nouveau crime de guerre de l’armée ukrainienne fait 20 morts (dont un enfant) et 33 blessés parmi les civils. Il n’y avait aucune position de tir, aucune pièce d’équipement militaire, ni aucun bâtiment militaire à proximité de l’endroit qui était visé. Rien qui justifiait un tir de missile Tochka U. Il s’agit d’ailleurs du 15e Tochka U abattu par la défense anti-aérienne de la RPD depuis l’escalade militaire commencée par l’armée ukrainienne le 17 février 2022 !

Voir le reportage filmé à Donetsk, sous-titré en français :

Vous pouvez voir le reportage non flouté si vous avez le coeur bien accroché, sur notre chaîne Telegram :

En réponse à ce nouveau crime de guerre de l’armée ukrainienne contre les civils du Donbass, l’armée russe a annoncé à l’avance qu’elle va bombarder les entreprises ukrainiennes de l’industrie de la défense, et a appelé les employés de ces entreprises et la population civile des environs à évacuer la zone.

De son côté, la milice populaire de la RPD a pris le contrôle des villages de Vodianoye, Stepnoye, Sladkoye, Taramtchouk et Slavnoye, qui sont situés au sud de Maryinka, continuant ainsi l’avancée de la ligne de front vers le nordAu sud, la milice populaire de la RPD, avec l’aide de renforts d’unités Tchétchènes, a supprimé la plupart des positions de tirs des néo-nazis ukrainiens, situés sur le pourtour de Marioupol. Cette opération a permis d’ouvrir dès 15 h des couloirs humanitaires pour permettre aux civils de fuir la ville, mais aussi d’acheminer de l’aide humanitaire (450 tonnes de médicaments, et nourriture, y compris pour enfants) pour aider ceux qui ne veulent pas évacuer. Pour l’instant, 86 civils dont 15 enfants ont réussi à fuir Marioupol.

Et vers Kiev, c’est Ramzan Kadyrov en personne qui a débarqué avec des renforts tchétchènes pour assurer la capture de la capitale ukrainienne.

Christelle Néant

 


Un expert russe sur la position de la Chine à l’égard de la Russie

“Il sera difficile de convaincre la Chine de se ranger du côté des États-Unis. Et notamment à cause du précédent président Donald Trump, qui a tout fait pour éloigner les États-Unis et la Chine l’un de l’autre. La Chine suit désormais de près l’évolution de la situation. Et si, au départ, sa réaction était plus que modérée, maintenant, après la découverte de laboratoires biologiques américains sur le territoire ukrainien, ceci, sans parler d’autres nuances (concernant la situation humanitaire, l’aide militaire américaine à l’Ukraine, etc.), la Chine a sûrement formé une certaine attitude qui sera assez difficile à changer pour les diplomates américains. Tout d’abord, il convient de répondre à la question suivante : pourquoi les essais d’armes biologiques américains ont-ils eu lieu sur le territoire ukrainien, à proximité immédiate des frontières russes ? Les armes biologiques sont un “motif de guerre” incontestable, comme les États-Unis l’ont eux-mêmes démontré avec l’exemple de l’Irak. Mais aucune arme de ce type n’a été trouvée en Irak, alors qu’elles ont été trouvées en Ukraine. Donc, tout bien considéré, la Russie avait une raison parfaitement formelle et légitime de lancer une opération en Ukraine. C’est ce qui place la Chine dans une position de négociation avantageuse. C’est-à-dire que pour tous les arguments des Américains, ils ont leur propre méga-argument, qu’aucun autre n’est capable de surmonter. Et ce, avec les autres facteurs dont j’ai parlé plus haut. Dans l’ensemble, les négociations risquent de se transformer en un “empilement” incessant de la part des Américains, qui sera simplement et tranquillement neutralisé par la partie chinoise.”
J’ai écrit ceci il y a quelques jours. Apparemment, ça s’est passé comme ça quelque part. Sinon, le résumé de la réunion aurait été différent.
La Chine est toujours “sur ses positions”, tandis que les Américains continuent de lui adresser les mêmes accusations. Il convient de noter aussi que la Russie n’a pas demandé d’aide militaire à la Chine, contrairement à ce que prétendent les médias occidentaux
. (note et traduction de Marianne Dunlop pour histoireetsociete)

15 mars 2022, 12 h 50
Photo : Zhang Ling, Jim Loscalzo/.
Global Look Press
Texte : Nikolay Vasilyev

https://vz.ru/news/2022/3/15/1148612.html

“La Chine et les États-Unis ont accepté de faciliter une cessation rapide des hostilités en Ukraine, car elles touchent aux intérêts des deux pays”, a déclaré l’analyste politique Alexei Maslov au journal Vzglyad. Auparavant, M. Sullivan, conseiller présidentiel américain, avait rencontré M. Yang Jiechi, chef du bureau de la commission du Comité central du Parti communiste chinois.

“La Chine n’a pas envoyé le ministre des affaires étrangères pour rencontrer l’assistant présidentiel américain Jake Sullivan, mais un négociateur coriace – le chef du bureau des commissions du Comité central du PCC, Yang Jiechi [celui d’Anchorage, NdT]. Cela suggère la nature politique plutôt que diplomatique des discussions. Yang Jiechi est l’une des personnes les plus influentes en Chine. Et, soit dit en passant, il a une attitude positive envers la Russie”, a déclaré Alexei Maslov, directeur de l’Institut d’études asiatiques et africaines de l’Université d’État de Moscou.

Selon lui, Yang Jiechi a déclaré lors de la conversation que la RPC et les États-Unis ne pourront pas résoudre les problèmes géopolitiques actuels sans satisfaire un certain nombre de demandes de Pékin. “Apparemment, Yang Jiechi a exigé la suppression des restrictions tarifaires sur les marchandises chinoises, l’accès au marché américain pour la technologie chinoise, le rétablissement de l’équilibre commercial et économique, ainsi que la fin des pressions sur la Chine et des tentatives d’encourager un conflit militaire autour de Taïwan”, a déclaré l’expert.

Le représentant chinois a également exigé que les États-Unis cessent tout soutien aux activités de protestation à Hong Kong et autorisent l’inspection des biolaboratoires américains dans le monde, a assuré l’analyste.

L’expert a rappelé que les chiffres en jeu sont énormes : le chiffre d’affaires du commerce entre les États-Unis et la Chine pour 2021 était de 750 milliards de dollars tandis que le commerce de la Chine avec la Russie de 146 milliards de dollars. “La Chine ne veut pas rompre ses relations commerciales et technologiques avec les États-Unis. Mais les États-Unis dépendent également des approvisionnements chinois, aucun pays ne peut remplacer la Chine”, a-t-il souligné.

Dans le même temps, les intérêts chinois sont fermement liés à la Russie, entre autres, et il ne faut donc pas s’attendre à ce que Pékin fasse des compromis à ce sujet. “La Chine a l’intention de promouvoir son cyber yuan, et la Russie est un client très approprié à cet égard, même si les États-Unis ne veulent pas que la Chine quitte la sphère du dollar. Cela dit, la Chine adopte désormais une attitude attentiste jusqu’à ce que le rouble se stabilise et qu’il soit possible de reprendre les discussions sur la fourniture de biens à la Russie”, a déclaré M. Maslov.

Rappelons que lors de la réunion à Rome, Yang Jiechi, le chef de la Commission des affaires étrangères du Comité central du PCC, a déclaré à l’assistant du président américain pour la sécurité nationale, Jake Sullivan, que les pays doivent créer un mécanisme efficace pour assurer la sécurité en Europe. “Des visions communes, universelles et durables de la sécurité devraient être activement promues”, a souligné le représentant chinois.

Yang Jiechi a appelé à “faciliter les parties concernées à lancer un dialogue égalitaire pour rechercher et construire un mécanisme de sécurité équilibré, efficace et durable en Europe afin de maintenir la paix européenne et mondiale sur la base du principe d’indivisibilité de la sécurité.” La Chine a appelé la communauté internationale à faciliter les négociations entre la Russie et l’Ukraine afin de résoudre la situation dans les meilleurs délais.

Dans le même temps, les États-Unis ont insisté pour que les discussions avec la Chine ne soient pas considérées comme une réaction à la situation en Ukraine. Les États-Unis ont assuré que les discussions avaient été “planifiées de longue date” et n’avaient pas été organisées dans l’urgence en raison “d’événements spécifiques liés à la Russie, à l’Ukraine”. Les autorités américaines ont déclaré que la Chine s’attendait à des conséquences si elle fournissait une assistance militaire à Moscou dans le cadre de la situation autour de l’Ukraine.

En outre, un haut fonctionnaire anonyme de la Maison Blanche a déclaré que M. Sullivan avait averti Pékin des “conséquences potentielles de certaines actions”. Le fonctionnaire a déclaré que les États-Unis “sont profondément préoccupés par l’alignement actuel de la Chine sur la Russie”.

“Nous sommes profondément préoccupés par la coordination de la Chine avec la Russie en ce moment, et le conseiller à la sécurité nationale a été franc à ce sujet et sur les conséquences potentielles de certaines actions”, a-t-elle déclaré, citée par RIA Novosti.

***

Lieux de travail d’Alexey Maslov :


UNIVERSITÉ NATIONALE DE RECHERCHE ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ÉCONOMIE
Institut d’études extrême-orientales, Académie des sciences de Russie
Vesti FM
Université de New York
Université de Columbia
Université de Leyde
Université d’Amsterdam
Université de Paris Diderot
Institut d’Asie et d’Afrique

 

 

Alstom, la France à vendre ? Une enquête de Off Investigation

, par  auteurs à lire

Cette excellente enquête est au coeur de la lutte des classes et permet de montrer du doigt la déliquescence du capitalisme dont il faut au plus vite se débarrasser ; cette enquête donne un argument indéniable pour convaincre de ne surtout pas voter Macron, Pécresse, voire Zemmour ou autres PS et affidés, etc... Au-delà, elle pose aussi la question de savoir ce que signifie reconstruire la gauche. Mais ce qui éclate au grand jour avec cette affaire, c’est pourquoi il est indispensable d’intégrer à notre démarche politique, à notre lutte de communiste, l’indépendance nationale qui est une condition nécessaire à l’emploi, la prospérité, le progrès, la coopération, la liberté, l’émancipation et la paix.
PB


Le 10 février 2022, Emmanuel Macron annonce le rachat par EDF (dont l’Etat est actionnaire à 84%) des turbines “Arabelle”, dont il avait lui-même signé l’accord de vente aux Américains de General Electric sept ans plus tôt. Pourquoi ce rétropédalage ? Entre abandon de souveraineté industrielle, gâchis d’argent public, casse sociale et conflits d’intérêt… Enquête sur un scandale d’Etat devenu l’un des talons d’Achille d’Emmanuel Macron.

En 2014, la vente de la branche "énergie" d’Alstom au géant américain General Electric (GE) était présentée par le ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg, puis son successeur, Emmanuel Macron, comme une "alliance d’égal à égal". Les américains promettaient alors, entre autres, la création de 1.000 emplois et le maintien des sièges sociaux en France pendant dix ans, et l’Etat s’en portait garant. Sauf que sept ans plus tard, ni General Electric, ni le pouvoir exécutif, n’ont respecté les termes du contrat : 4 à 5.000 emplois ont été détruits, ⅔ des sièges sociaux sont désormais hors du territoire, des brevets stratégiques sont tombés aux mains des Américains, des compétences clés ont été délocalisées… Bref, la France a perdu une part importante de sa souveraineté dans un secteur particulièrement stratégique : l’énergie.

En 2013, Alstom était encore un fleuron français, avec 93.000 salariés dans le monde dont 18.000 en France. Une entreprise en pointe dans certaines spécialités, comme les réseaux électriques, l’hydroélectricité ou les turbines à vapeur… C’est Alstom qui fabriquait notamment les fameuses turbines "Arabelle" qui vont être prochainement rachetées par EDF, celles qui équipent la plupart de nos 56 réacteurs nucléaires. Et c’est l’alliance des compétences d’Alstom et d’Areva (devenue Orano) qui faisait à l’époque de la France, l’un des seuls pays au monde capable de livrer clé en main des centrales nucléaires 100% françaises.

Alors pourquoi en 2014, une telle unanimité régnait dans les sphères politiques et médiatiques pour accepter que Patrick Kron, alors PDG d’Alstom, vende 70% de ce groupe stratégique aux Américains de General Electric ? Pourquoi le Président de la République François Hollande, le Premier Ministre Manuel Valls et le jeune secrétaire général adjoint de l’Elysée, Emmanuel Macron, se sont-ils opposés aux propositions d’Arnaud Montebourg de bloquer la vente à General Electric ou de nationaliser – pour tout ou partie – Alstom ? Les procédures judiciaires extraterritoriales américaines, faisaient planer depuis 2010 sur Alstom une menace d’1 milliard d’euros d’amende et des poursuites pénales contre une soixantaine de cadres-dirigeants du groupe, pour des faits de corruption, ont-elles pesé dans la balance ?

Quant aux conditions financières de la vente, de nombreux éléments portent à croire qu’elles ont contribué à favoriser le rachat par les américains, plutôt que par le duo germano-japonais Siemens-Mitsubishi. Pourquoi l’ancien ministre du redressement productif Arnaud Montebourg et le député Les Républicains, Olivier Marleix qui a présidé une commission d’enquête sur la politique industrielle de l’Etat (rachats d’Alstom, Alcatel et STX) entre 2017 et 2018, s’accordent à dire qu’au moment de la vente, "tout Paris avait été loué" ?

Enfin, quel est le rôle joué par Emmanuel Macron devenu Président de la République entre 2017 et 2022, et par son ministre de l’Economie Bruno Le Maire, qui étaient supposés être les "garants" du bon respect des engagements pris par General Electric en 2014 ? Ont-ils joué leur rôle de vigie et surveillé de près les différents engagements du conglomérat américain ?

Entre sous estimation des enjeux de la guerre économique américaine, pantouflage de hauts fonctionnaires et conflits d’intérêts, retour sur un scandale qui implique de hauts cadres d’industrie (Patrick Kron, Jeffrey Immelt), des dirigeants politiques Français (François Hollande, Arnaud Montebourg, Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, Jérôme Pécresse, Clara Gaymard…) et de puissants lobbies (les agences Publicis, DGM et Havas, les banques Rothschild, Crédit Suisse, Bank of America…). A la clé : 5.000 emplois détruits dont 1.200 à Belfort, une défiance grandissante des citoyens vis à vis de la classe politique et un bilan d’Emmanuel Macron entaché.

Pour aller plus loin…

Livres :

  • Jean-Michel Quatrepoint, "Alstom, scandale d’Etat" (Fayard, 2015)
  • Frédéric Pierucci et Matthieu Aron, "Le piège américain" (J’ai Lu, 2020)
  • Arnaud Montebourg, "L’engagement" (Grasset, 2020)
  • Les livres de Marc Endeweld : "L’ambigu Mr Macron" (2015), "Le grand manipulateur" (2019) et "L’Emprise" (2022)

- Documentaires :

  • "Guerre fantôme : la vente d’Alstom à General Electric" (LCP, 2017) réalisé par David Gendreau et Alexandre Leraître
  • "Alstom, les enfants du Lion" (France 3, 2021), réalisé par Vanessa Ratigner et Christophe Bouquet

- Rapports

  • Rapport de la commission d’enquête parlementaire (avril 2019), "chargée d’examiner les décisions de l’Etat en matière de politique industrielle au regard de fusions d’entreprises intervenues récemment (Alstom, Alcatel, STX) ainsi que les moyens susceptibles de protéger nos fleurons industriels nationaux dans un contexte commercial mondialisé". Président : Olivier Marleix (LR). Rapporteur : Guillaume Kasbarian (LREM)
  • "Alstom : racket américain et démission d’Etat", co-écrit par Leslie Varenne et Eric Denécé (CF2R). Le CF2R est un think tank créé en 2010 qui rédige des notes, rapports, ouvrages sur le renseignement, la sécurité internationale et l’intelligence économique.

Si tu veux aller en Russie, on te tire dessus ! par Dmitry Rodionov

Selon ce site russe qui tous les jours publie les nouvelles du front, le SBU empêche l’évacuation des résidents des villes ukrainiennes assiégées. Nous avons ici l’exact parallèle de la description occidentale concernant les forces russes empêchant les couloirs humanitaires. Ce qui est frappant y compris dans les images que l’on nous présente en occident c’est le silence, le refus de s’expliquer de chacun ou alors pour dire des banalités sur l’inquiétude pour des parents et des proches. Les flots de réfugiés font partie de la propagande de guerre et les canaliser dans un sens ou dans l’autre se fait par la pression sous les caméras mais ce qui est frappant c’est le flot des pauvres gens de l’est et du sud, qui contraste avec l’aisance relative de ceux qui sont à l’ouest et dont on a appris le tri sélectif opéré à la frontière sur des critères de race mais aussi de moyens financiers. Le silence s’explique aussi par le fait que personne ne sait ce qu’il adviendra et quelle zone restera sous protection de qui. Par ailleurs, nous plaçons sous cet article traduit par Marianne une photo qui représente à Kherson, la ville du sud conquise par l’armée russe, l’ancien maire (communiste) de la ville qui ose ressortir avec d’autres communistes ne craignant plus pour leur vie.

 (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop)


https://svpressa.ru/war21/article/327931/

Photo : Un civil évacué de Mariupol et un soldat dans un poste de secours de l’EMERCOM de la DNR. (Photo : Alexander Ryumin/TASS)

Des unités du Service de sécurité de l’Ukraine (SBU) effectuent des contrôles de masse parmi les habitants de la région afin d’identifier ceux qui souhaitent être évacués vers la Russie.

“Les gens sont constamment obligés de trouver des excuses pour justifier leur désir d’obtenir une protection en Russie”, a déclaré le colonel général Mikhaïl Mizintsev, chef du centre de gestion de la défense nationale russe.

Selon lui, après que la partie russe a commencé à divulguer des statistiques sur les personnes souhaitant être évacuées vers la Russie, le SBU a reçu pour instruction de “recenser tous les appels 24 heures sur 24” et de “procéder à des détentions et à des arrestations, à des fouilles et à des interrogatoires”.

“Nous sommes maintenant contraints d’ordonner à tous ceux qui nous contactent de détruire immédiatement tous les contacts, appels sortants et messages possibles qui pourraient permettre le moindre soupçon qu’ils communiquent avec notre siège de coordination, ainsi qu’avec d’autres organisations et agences de la Fédération de Russie”, a déclaré M. Mizintsev.

Pour rappel, auparavant, la partie ukrainienne avait refusé de convenir de couloirs humanitaires vers la Russie, n’offrant que des directions vers l’Ukraine. Mais pourquoi ? Que veulent-ils obtenir en faisant cela ?

– La tentative d’évacuation vers la Russie est perçue comme une action qui détruit le concept de Kiev d'”agression russe”, explique Larisa Shesler, responsable de l’Union des émigrés et prisonniers politiques d’Ukraine.

– Toute la politique de propagande et d’information des autorités ukrainiennes repose sur l’affirmation selon laquelle tous les Ukrainiens sont plus unis que jamais et haïssent la Russie et les “occupants russes”. Les couloirs humanitaires et les voies d’évacuation vers la Russie sont bloqués pour cette même raison.

” SP : – Qu’est-ce que cela signifie pour les personnes souhaitant évacuer vers la Russie ?

– Aujourd’hui, les personnes qui exprimaient autrefois leur sympathie pour la Russie sont très dangereuses, non seulement pour Kiev, mais dans toute l’Ukraine. Vouloir évacuer vers la Russie est perçu comme une trahison et un crime.

Non seulement les représentants du SBU, mais aussi les nationalistes de la défense territoriale, recherchent ces personnes, les font se repentir, et beaucoup disparaissent sans laisser de traces. Les politologues Yuri Dudkin et Dmitriy Dzhangirov, apparemment malmenés, ont radicalement changé de position. Les célèbres frères Kononovitch, antifascistes, ont été arrêtés, le célèbre écrivain et historien ukrainien Jan Taksyur a disparu.

Pour les personnes moins connues, toute rencontre avec des salauds de la défense territoriale menace de faire vérifier leurs téléphones et leur correspondance.

Si l’on peut être frappé et harcelé simplement parce que l’on a des contacts avec des abonnés sur des téléphones russes, il est compréhensible que les contacts avec les services humanitaires russes responsables de l’évacuation menacent de représailles imminentes.

Au cours de la semaine dernière, l’État ukrainien est devenu véritablement fasciste, avec des méthodes de torture de la Gestapo et des aveux extorqués.

“SP : – Comment les personnes souhaitant être évacuées vers la Russie seront-elles identifiées ?

– Ce n’est un secret pour personne que toute correspondance téléphonique est contrôlée par les services de sécurité ukrainiens, et il n’y a aucun problème pour identifier ceux qui ont des contacts avec les services humanitaires russes. La correspondance dans les messageries de réseaux sociaux est également surveillée.

En outre, une attention particulière est accordée à ceux qui ont des parents proches en Russie ou qui sont vus en contact avec les médias russes.

” SP : – Cela aura-t-il une incidence sur le nombre de personnes souhaitant évacuer vers la Russie ? Où vont-ils finir par évacuer ?

– Regardons les choses en face, il n’y a aucune possibilité physique d’évacuer des personnes vers la Russie depuis Kiev ou Kharkov aujourd’hui.

Même si quelques casse-cou désespérés déclaraient une telle intention, il est impossible de la réaliser sans exposer des personnes à un danger mortel en traversant la ligne de feu.

Aujourd’hui, des gens sont terrés dans les sous-sols à Mariupol, la ville est privée d’eau, de chauffage et d’électricité depuis près de deux semaines, les gens risquent leur vie pour puiser de l’eau dans des flaques d’eau et des tuyaux de chauffage percés, et aucun couloir humanitaire ne peut être ouvert.

Je pense que pour les habitants d’autres villes, la question n’est plus de savoir où aller. Les gens veulent simplement s’éloigner d’un danger mortel pour ne pas être bombardés ou se retrouver dans une épreuve de force avec des bandits armés de la défense du territoire. Naturellement, la seule direction possible est la frontière occidentale de l’Ukraine.

En cas de danger mortel, il n’y a plus de question de choix pour une personne ordinaire.

“SP : – Et où Kiev a-t-il besoin que les gens évacuent ? A l’Ouest ? Mais pourquoi ?

– L’Occident, en injectant une énorme quantité d’armes en Ukraine, cherche à créer un territoire de crise humanitaire en Ukraine. Le gouvernement de Zelensky y trouve son intérêt également. L’énorme flux de réfugiés contribue à créer ce tableau.

– Comme dans tout autre conflit, nous voyons des informations extrêmement contradictoires provenant des différentes parties de ce conflit”, déclare Roman Travin, politologue et responsable du projet Open Analytics.

– Cependant, le fait que la partie ukrainienne s’oppose à l’ouverture de couloirs humanitaires vers la Russie est déjà un fait évident. Il sera très difficile d’expliquer l’ouverture de ces couloirs aux autorités ukrainiennes dans les médias : beaucoup la percevront comme une trahison. En outre, il n’est pas certain que tout le monde sur le terrain soit prêt à exécuter un tel ordre de Kiev.

La position réelle des pays occidentaux sur cette question n’est pas claire non plus – ils peuvent aussi être contre. Il faut dire qu’aujourd’hui, la plupart des Ukrainiens ne sont pas non plus prêts à aller vers la Russie, qu’ils considèrent comme un ennemi. Mais il y a aussi un grand nombre de personnes qui souhaitent se rendre en Russie aujourd’hui, et j’espère que nous pourrons nous mettre d’accord pour ouvrir des corridors vers la frontière russe.

” SP : – Est-il problématique pour eux que beaucoup aillent en Russie et non en Pologne ? Ce serait mieux s’ils allaient en Pologne ? Pourquoi ?

– Ce serait étrange si c’était différent. Parce que la Pologne est l’un des principaux alliés officiels de l’Ukraine et qu’elle mène des opérations de combat actives contre l’armée russe. Et il y a aussi une campagne d’information à grande échelle, dans le cadre de laquelle l’ouverture de couloirs réellement opérationnels vers la Russie serait une défaite.

“SP : – Que vont-ils faire de ceux qui souhaitent être évacués vers la Russie ?

– Sur la base des informations objectives disponibles, il est difficile de se prononcer de manière définitive. Si un tel ordre est effectivement donné, le résultat dépendra beaucoup des auteurs spécifiques – des conversations aux violences physiques. Et, compte tenu de ces massacres extra-légaux de pillards et de la perte définitive par l’État ukrainien de son monopole sur l’usage légal de la violence, il est clair qu’une nouvelle “chasse aux sorcières” peut commencer.

“SP : – Comment vont-ils identifier ceux qui sont prêts à être évacués vers la Russie ? Et cela réduira-t-il leur nombre ?

– Il n’est même pas question de savoir comment ils les identifieront. Mais le fait que le nombre de ceux qui veulent évacuer vers la Russie va diminuer est certain, même si rien n’est réellement fait, mais que de telles actions sont simplement annoncées. Les gens auront peur et réfléchiront à deux fois avant d’y aller ou pas. De plus, même si les structures officielles ne s’en mêlent pas, il y aura des “activistes”.

“SP : Est-il important pour Moscou que les gens aillent en Russie ? Peut-elle influencer la situation ?

– La Russie tente d’influencer la situation par des négociations. Les couloirs humanitaires sont l’une des questions à l’ordre du jour. En outre, Moscou ne cesse de montrer publiquement qu’elle est prête à organiser ces couloirs – les opérations militaires sont suspendues, les transports sont préparés. La Russie est certainement intéressée par le fait que les gens puissent se rendre dans la Fédération de Russie. Même en laissant de côté la composante humanitaire, il est dans l’intérêt de la Russie, tant sur le plan politique que sur celui de l’information.

PS, par ailleurs, voici une photo transmise depuis Kherson avec son commentaire en anglais, le personnage au centre est l’ancien maire communiste de Kherson : Kherson, southern Ukraine. The city under Russians’ control. Yesterday’s communist rally in the city organized by its former mayor V. Saldo (pictured in the centre). Ukrainian communists reappear on Russian controlled territories after 8 years of ban.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est chine-et-Russie-47.jpg.
Print Friendly, PDF & Email

Vues : 343

 

 UN PEU D'IMMERSION DANS LE MONDE DU PRÉSIDENT DES RICHES.

On nous avait assuré que de son premier mariage, B. MACRON avait eu trois enfants: deux filles, l'une avocate et l'autre cardiologue, qui s'investissent , à des degrés divers et avec des fortunes diverses, dans la vie publique, sans doute en évitant de se prévaloir de leurs liens familiaux?

Et un garçon, dont on disait qu'il avait choisi l'anonymat, la discrétion par rapport à ces mêmes liens familiaux.

Anonymat, discrétion, mais en même temps qu'en est-il de la réalité? 

Les élections se préparent, lentement, mais sûrement à tout instant, entre candidat et président, allez savoir......

grâce à qui?

Pour une part importante grâce aux instituts de sondage qui servent à manipuler les citoyens qui écoutent tout ce qu'on veut bien leur raconter. Par matraquage permanent. Sondages dont on nous assomme- le mot est faible, on nous asphyxie, on nous tue - depuis des mois, et grâce auxquels "on" nous fabrique des candidats d'autant plus repoussoirs qu'ils vont faire réélire plus facilement celui qui représentera entre 10 et 12 % des citoyens.

Devinez qui est le vice-président des sondages Kantar? 

C'est Sébastien AUZIÈRE,! Cela ne vous dit rien? 

C'est le beau-fils de MACRON!!²    

Vous saurez dorénavant ce qu'il advient de vos opinions, et même si l'on ne saura jamais comment peut-on organiser et publier des "sondages" dont tout le monde se fout, mais qui remplissent des poches avec notre fric.

Ce monsieur est donc le fils ainé de de Brigitte TROGNEUX, madame MACRON par épousailles. Selon l'expression à la mode chez les chiens de garde couchés de la "presse", la "première dame"!!!! A 42 ans, AUZIÈRE  est devenu en 2016 sénior vice président  de Kantar + TNS -SOFRES, filiale de WPP, leader mondial des études d'opinion, - basé depuis 2009 à JERSEY.... les impôts y sont très très très modérés, MACRON ne doit pas être au courant - Sûr que ce type a du réussir un concours d'entrée sur mesure....

KANTAR: fonds de capitalisation du Golfe qui a racheté SOFRÈS: on s'assure ainsi de confortables revenus et aussi que les sondages soient bien distillés et orientés. Merci MACRON. Vous avez maintenant l'un des "instituts" de sondages sur mesure pour influencer l'opinion des citoyens .

Il est impossible de savoir comment ces sondages sont conçus, qui les dirige, les trafique, c'est sûr , il doit être facile de leur faire dire ce que l'on veut. Qui contrôle? Qui peut dire le contraire? Qui peut contester? 

On dit aussi que l'épouse du beau-fils est chez SANOFI.... Vous savez, SANOFI, les labos qui ont fait un don au candidat MACRON en 2017. Et qui en feront d'autres, toujours aux mêmes. Le président des riches - c'est pas une légende!!!- qui veut être réélu en 2022 pour s'attaquer en priorité à l'âge de la retraite. A retarder au plus vite, pendant  que des milliardaires de plus en plus nombreux s'engraissent de plus en plus vite. C'est vrai que dans ce monde-là, qui prétend et répand la légende abjecte, qu'en France on travaille moins que dans d'autres pays, on a une vraie compassion pour le monde du travail, et de ceux qui bossent dur, toute leur vie. 

Pour une retraite dont l'échéance s'éloigne, pour une société avec des riches de plus en plus riches, et des pauvres de plus en plus nombreux et plus pauvres: votez MACRON ....


Là et pas là, en même temps

mars 2022 | PAR Ysope Blog LE RAVI
Faire campagne sans le Président, mais avec les nouveaux alliés venus LR, c'est le nouveau chemin des Marcheurs !

A Marseille, les militants, autour de 400 personnes, ont du se contenter d’un message vidéo de Manu… Mais ils ont eu le bonheur d’assister à la communion de leurs nouveaux amis, les ex-LR Renaud Muselier, président de la Région, Martine Vassal, présidente du CD13 et de la métropole marseillaise et Hubert Falco, le maire de Toulon et de sa métropole… « En même temps » à droite toute !

 

 

Guennady Ziouganov (KPRF)

Il s'appelle Guennady Ziouganov, il dirige la deuxième force politique en Russie, et qui est arrivée systématiquement en deuxième position à toutes les élections présidentielles depuis la chute de l'URSS : le Parti communiste de la Fédération de Russie.

Contrairement à une idée reçue, ce parti n'est pas composé uniquement de nostalgiques de l'URSS, vu qu'il a considérablement augmenté ses scores aux dernières législatives d'automne 2021. Notamment du fait que Ziouganov a su habilement montrer autre chose que le passé, en pointant les succès patents du socialisme à la chinoise, succès qui ne sont pas pour rien dans la capacité d'autonomie actuelle de la Russie.

Contrairement à d'autres idées reçues, l'opposition communiste n'est pas une opposition factice à Vladimir Poutine si l'on en juge par l'ampleur des récentes manifestations contestant vigoureusement la légitimité des résultats des dernières élections.

Ce sujet de la fiabilité des élections en Russie n'est pas tel, contrairement à ce que sous-entendent nos médias, qu'il remettrait drastiquement en cause la réalité de l'ancrage de Vladimir Poutine dans la population, mais revêt son importance lorsqu'il s'agit d'évaluer le réel niveau du PC, et notamment le fait qu'il aurait dépassé les 30% de consensus réel et non les 19,8% reconnus, ce qui est de toute façon déjà considérable.

Par exemple en 1995, il était évident que les élections devaient être remportées par ce dernier et le "Time" s'était même réjoui de l'intervention américaine dans les élections. Et ce coup de semonce, à l'époque, annonçait la fin de l'ère Eltsine. La montée actuelle du PC russe n'est pas non plus pour rien dans la volonté de V. Poutine de prendre récemment une décision stratégique majeure, apte à fédérer la nation autour de sa personne, afin d'éliminer, en quelque sorte, la concurrence.

Quoi qu'il en soit, Russie Unie, le parti présidentiel, et le PCFR sont bien ces deux forces qui représentent la très forte majorité de la population russe, environ 70% des votants, quoi qu'on pense de la façon dont ces 70% se répartissent. Et ces deux forces, malgré leurs intenses divergences au plan national, convergent souvent à l'international dans une sorte de consensus patriotique. Le PC de la Fédération de Russie est à l'initiative de la proposition, votée à la Douma, de l'indépendance non seulement des Républiques de Donetsk et de Lougansk mais de tout le Donbass. Il reprend terme à terme le mot d'ordre de "dénazification" et de "démilitarisation" de l'Ukraine. Récemment, dans sa dernière déclaration dans la Pravda, Guennady Ziouganov dit texto que la Russie monte la garde pour l'humanité dans la lutte contre le fascisme. Et il pense notamment aux laboratoires biologiques américains découverts en Ukraine, en soulignant que même les nazis avaient reculé devant l'usage des armes chimiques alors que les Etats-Unis visiblement non.

Les divergences avec le parti du président russe n'en demeurent pas moins. Et lorsque Vladimir Vladimirovitch s'en prend, y compris dans ses discours récents, à Vladimir Illitch, lui reprochant son supposé laxisme envers le particularisme ukrainien, notamment linguistique, il fait beaucoup moins d'histoire que de politique intérieure. On peut aussi prendre le problème dans l'autre sens, voir la bouteille à moitié pleine et non à moitié vide, et constater que, précisément, de par sa culture et son histoire, le PC de la Fédération de Russie, campant sur ses fondamentaux patriotes, ne sera pas tenté par une surenchère nationaliste et une fuite en avant dans l'annexion totale de l'Ukraine, avec l'abcès de fixation qui ne manquerait pas de se créer.

Qu'en conclure? Ce que vous voulez, à chacun de donner son opinion sans hystérie et dans la mesure où c'est encore possible en France. Mais il est certain que la Russie ne peut pas se résumer à deux syllabes, "pou" et "tine", comme l'aiment à le faire lesdits kremlinologues, dont le nom même montrent qu'ils ne veulent rien comprendre à la Russie. Opposer un président russe bunkerisé d'un côté et un peuple ressemblant à ladite société civile de chez nous de l'autre, est erroné. Si Ziouganov figure d'ailleurs dans les personnalités visées par les sanctions alors qu'il n'apparaît guère dans les radars de nos médias, c'est qu'il représente une donnée inconfortable pour le narratif occidental : l'opposition à Poutine c'est bien davantage lui que Navalny, ou encore les oligarques en colère.

A ces données s'ajoute le contexte global : l'opposition de plus en plus marquée entre un Occident capitaliste sidéré, s'effondrant sur ses contradictions et un monde des BRICS et croissance et où les communistes jouent un rôle croissant.

Dans ce contexte, si les communistes russes sont un élément du problème, ils sont aussi peut-être un élément de la solution. Il est donc à déplorer que les dirigeants du PCF aient choisi une politique d'alignement sur le narratif occidental, jusqu'à parler de Tribunal pénal international pour V. Poutine, rappelant ainsi à tous ceux qui ont encore un peu de mémoire leur politique de soumission complaisante envers l'OTAN et de maintien de leur participation gouvernementale au moment des bombardements contre la Yougoslavie.

Les liens historiques entre PC français, russe et chinois auraient été l'occasion d'un dialogue. Sans nier le moins du monde les intérêts français, bien au contraire, mais en les pensant dans le cadre d'une nécessaire désescalade, notamment au plan nucléaire, et ce pour hâter un règlement pacifique du conflit actuel tout en évitant le repliement autarcique des économies.

Le cap, ce serait un repositionnement des forces de gauche autour du communisme, à l'endroit où il compte le plus, c'est-à-dire les BRICS, et aussi pour maintenir la paix, éviter la surenchère et les crispations militaristes. Tous les observateurs s'accordent sur le fait que ce qu'on désigne symboliquement sous le terme de "téléphone rouge" fonctionnait beaucoup mieux du temps de l'URSS que maintenant. C'est pourquoi il ne faut surtout pas laisser comme légitimes et incontournables les seuls canaux de la diplomatie bourgeoise.

C'est ce à quoi doivent s'atteler les militants en France dans l'ensemble de la mouvance communiste. C'est une tâche non négligeable en même temps que réaliste et à notre portée dans l'immédiat.

Aymeric Monville,

Éditeur et écrivain

Le 15 mars 2022

 


 

 

 

           INVESTIG'ACTON

 

 

Dans ce nouveau numéro de Michel Midi, Michel Collon reçoit un militant pour la paix des Etats-Unis, John Catalinotto. Il explique les raisons qui ont conduit Wahsington à chercher la confrontation avec Moscou et quelles pourraient être les conséquences de la guerre en Ukraine.

Tag(s) : #Opinion Guerre

 
 

“En Ukraine, chaque semaine, deux bébés naissent par GPA de parents français”


"En Ukraine, chaque semaine, deux bébés naissent par GPA de parents français"
Chaque mois, une petite dizaine de nourrissons issus de parents français naît sur le territoire ukrainien.
AFP
en parlant de maternité, voilà qui éclaire la réalité de ce pays de cocagne, des ventres à louer, des réseaux mafieux pour les vendre… Les mêmes réseaux mafieux par lesquels sont recrutés les mercenaires néo-nazis venus se former in situ dans l’attaque des populations du Donbass. Quel que soit le niveau de misère que le blocus impose à Cuba, vous ne trouverez pas ces filières là… (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Entretien

Propos recueillis par Violaine Des Courières



La guerre en Ukraine met au jour le volume de contrats de gestation pour autrui signés par des Français. Anne Genetet, députée LREM des Français établis hors de France et médecin fait le point pour Marianne.

Marianne : Quelle est la situation des parents français, qui ont fait une gestation pour autrui en Ukraine ?

Anne Genetet : Pendant les premières semaines du conflit, des parents partis chercher leur bébé né par gestation pour autrui sont restés bloqués sous les bombes russes. Certains étaient en double situation d’illégalité : ils avaient signé un contrat avec une agence, alors que la gestation pour autrui est illégale en France. Par ailleurs, ils avaient outrepassé la réglementation ukrainienne, qui interdit la gestation pour autrui aux couples homosexuels. Selon le quai d’Orsay, aujourd’hui, ces Français sont tous rapatriés sur notre territoire.

À LIRE AUSSI :GPA : l’Ukraine croule sous les bombes, ces clients français s’inquiètent… pour leur contrathttps://dd403e7b8a54b684ec408e4bd6c43bb3.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

Mais nous sommes confrontés à une seconde problématique : les naissances à venir d’enfants actuellement portés par des Ukrainiennes. Les chiffres de la gestation pour autrui de Français sont très élevés : chaque mois, une petite dizaine de nourrissons issus de parents français naît sur le territoire ukrainien. C’est en moyenne, l’équivalent de deux bébés par semaine. Cette fourchette est basse, car je ne compte pas les grossesses gémellaires dans ces statistiques.

L’agence ukrainienne Biotexcom a publié une vidéo sur Youtube où elle évoque un « ramassage » de bébés dans les bunkers de plusieurs villes pour les amener vers les pays frontaliers. Savez-vous si des nourrissons sont actuellement bloqués à la frontière ?

Actuellement, je n’ai pas de chiffres exacts. Mais le quai d’Orsay a déjà été contacté à plusieurs reprises par les parents français, qui demandent à aller chercher leurs nouveau-nés sur le territoire ukrainien. Tout sera fait pour faciliter la sortie de ces nourrissons. Ces enfants ne sont pas responsables de la situation d’illégalité dans laquelle leurs parents les ont positionnés. De même, ils n’ont pas de papiers, car les états civils ukrainiens sont actuellement fermés. Des mesures exceptionnelles administratives seront mises en place pour protéger ses nourrissons. Ce qu’ils vivent est une tragédie.

Vous êtes en première ligne pour observer le processus de la gestation pour autrui en Ukraine. Quel est votre retour d’expérience ?

Cette crise met en lumière la misère des mères porteuses, victimes de la marchandisation des corps. Dans un même temps, elle met à jour le désir incommensurable d’avoir un enfant chez des Françaises qui souffrent de stérilité. En tant que médecin, j’établis un parallèle entre ce désir d’enfant et un rouleau compresseur, qui altérerait le raisonnement de celles qui font appel à la gestation pour autrui. Par ailleurs, j’observe que la marchandisation des corps des Ukrainiennes est totalement édulcorée par les agences spécialisées dans la gestation pour autrui. Ces dernières font passer leur démarche pour vertueuse, alors qu’elles ne sont là que pour faire de l’argent.

Est-ce à l’État de répondre à cet incommensurable désir d’enfants, que vous évoquez ?
Hier, la douleur de ne pas avoir d’enfants était acceptée par les couples infertiles. Mais aujourd’hui, elle est considérée comme impossible à supporter. Ce basculement pose plusieurs questions. Quelle est l’origine de cette intolérance à la frustration ? Toute souffrance doit-elle déboucher sur une réponse étatique ? Est-ce la responsabilité de l’État de faire en sorte à ce que chaque citoyen vive sur une Olympe, dans lequel il n’a ni froid, ni chaud, ni mal ? Je ne le crois pas. Je pense même que c’est un écueil.

À LIRE AUSSI : Enquête sur les réseaux français de la GPA

Depuis le début de mon mandat parlementaire, je perçois une attente toujours plus forte des Français établis hors de France vis-à-vis de l’État. Ces derniers ont tendance à rejeter leur responsabilité individuelle pour la déléguer à la France, lorsqu’ils ne sont pas sur notre territoire. Cela m’interpelle sur une confusion des frontières entre les responsabilités individuelles et celles de l’État.

Quelle est votre position personnelle ? Dans les derniers débats bioéthiques, vous vous étiez positionnée pour la PMA pour toutes.

Je suis sensible au désir d’enfants et à la souffrance des couples infertiles, mais je suis radicalement opposée à toute marchandisation des corps. En France, le don du sang et des organes sont gratuits. Ce principe-là est pour moi fondamental.

 

La politique étrangère des États-Unis est diabolique

samedi 12 mars 2022 par Diana Johnstone

Vladimir Poutine est-il le seul responsable de la crise qui a conduit à la guerre ? Ne faut-il pas désigner ceux qui dans l’établissement américain, et leurs complices dans les pays de l’OTAN, ont provoqué les Russes en les attirants dans un piège ?

À l’époque de la première reine Elizabeth, les cercles royaux britanniques aimaient regarder des chiens féroces tourmenter un ours captif pour le plaisir. L’ours n’avait fait de mal à personne, mais les chiens étaient dressés pour provoquer la bête emprisonnée et l’inciter à riposter. Le sang coulant des animaux excités ravissait les spectateurs.

Cette pratique cruelle a depuis longtemps été interdite car inhumaine.

Et pourtant, aujourd’hui, une version du « bear-baiting »* [appâtage d’ours, Ndt], est pratiquée chaque jour contre des nations entières à une gigantesque échelle internationale. C’est ce qu’on appelle la politique étrangère des États-Unis. C’est devenu la pratique habituelle de l’absurde club sportif international appelé OTAN.

Les dirigeants des États-Unis, à l’abri dans leur arrogance en tant que « nation indispensable », n’ont pas plus de respect pour les autres pays que les Élisabéthains n’en avaient pour les animaux qu’ils tourmentaient. La liste est longue des cibles du bear-baiting américain, mais la Russie se distingue comme un excellent exemple de harcèlement constant. Et ce n’est pas un accident. L’appâtage est délibérément et minutieusement planifié.

À titre de preuve, j’attire l’attention sur un rapport de 2019 de la société RAND au chef d’état-major de l’armée US intitulé « Extending Russia ». En fait, l’étude RAND elle-même est assez prudente dans ses recommandations et avertit que de nombreuses astuces perfides pourraient ne pas fonctionner. Cependant, je considère l’existence même de ce rapport comme scandaleuse, non pas tant pour son contenu même, que pour le fait que c’est à cela que le Pentagone paie ses meilleurs intellectuels : trouver des moyens d’attirer d’autres nations dans des problèmes que les dirigeants étatsuniens espèrent exploiter.

La ligne officielle des États-Unis est que le Kremlin menace l’Europe par son expansionnisme agressif, mais lorsque les stratèges parlent entre eux, l’histoire est très différente. Leur objectif est d’utiliser des sanctions, de la propagande et d’autres mesures pour inciter la Russie à prendre le type même de mesures négatives (« surextension ») que les États-Unis peuvent exploiter au détriment de la Russie.

L’étude RAND explique ses objectifs :

  • « Nous examinons une série de mesures non violentes qui pourraient exploiter les vulnérabilités et les angoisses réelles de la Russie, comme une manière de mettre sous tension l’armée et l’économie russes, et la position politique du régime dans le pays et à l’étranger. Les mesures que nous examinons n’auraient ni la défense ni la dissuasion comme objectif principal, bien qu’elles puissent contribuer aux deux. Ces mesures sont plutôt conçues comme des éléments d’une campagne visant à déséquilibrer l’adversaire, amenant la Russie à concourir dans des domaines ou des régions où les États-Unis ont un avantage concurrentiel, et amenant la Russie à se sur-étendre militairement ou économiquement, ou faisant perdre au régime prestige et influence nationaux et/ou internationaux. »

De toute évidence, dans les cercles dirigeants US, cela est considéré comme un comportement « normal », tout comme les taquineries sont un comportement normal pour le harceleur de la cour d’école, et comme les opérations sous couverture sont normales pour les agents corrompus du FBI.

Cette description correspond parfaitement aux opérations américaines en Ukraine, destinées à « exploiter les vulnérabilités et les angoisses de la Russie » en faisant avancer une alliance militaire hostile à sa porte, tout en décrivant les réactions totalement prévisibles de la Russie comme une agression gratuite. La diplomatie consiste à comprendre la position de l’autre partie. Mais ce bear-baiting verbal nécessite un refus total de comprendre l’autre, et une mauvaise interprétation délibérée et systématique de tout ce que l’autre partie dit ou fait.

Ce qui est vraiment diabolique, c’est que, tout en accusant constamment l’ours russe de comploter pour s’étendre, toute la politique vise à l’inciter à s’étendre ! Parce qu’alors, nous pouvons imposer des sanctions punitives, augmenter le budget du Pentagone de quelques crans et resserrer davantage le collet de la protection de l’OTAN autour du cou nos précieux « alliés » européens.

Depuis toute une génération, les dirigeants russes ont fait des efforts extraordinaires pour construire un partenariat pacifique avec « l’Occident », institutionnalisé comme Union européenne et par-dessus tout, OTAN. Ils ont vraiment cru que la fin de la guerre froide pourrait produire un voisinage européen épris de paix. Mais les arrogants dirigeants des États-Unis, malgré les conseils contraires de leurs meilleurs experts, ont refusé de traiter la Russie comme la grande nation qu’elle est, et ont préféré la traiter comme l’ours harcelé dans un cirque.

L’expansion de l’OTAN a été une forme d’appâtage, le moyen évident de transformer un ami potentiel en ennemi. C’est la voie choisie par l’ancien président américain Bill Clinton et les administrations suivantes. Moscou avait accepté l’indépendance des anciens membres de l’Union soviétique. Le bear-baiting impliquait d’accuser constamment Moscou de comploter pour les reprendre par la force.

Frontière de la Russie

L’Ukraine est un mot signifiant « régions frontalières », essentiellement les régions frontalières situées entre la Russie et les territoires à l’ouest qui faisaient parfois partie de la Pologne, ou de la Lituanie, ou des terres des Habsbourg. En tant que partie de l’URSS, l’Ukraine a été élargie pour inclure de larges pans des deux côtés.

L’histoire a créé des identités très contrastées aux deux extrémités, avec comme résultat que la nation indépendante d’Ukraine, qui n’a vu le jour qu’en 1991, était profondément divisée dès le départ. Et dès le départ, les stratégies de Washington, de mèche avec une importante diaspora anticommuniste, antirusse hyperactive aux États-Unis et au Canada, ont tenté d’utiliser l’amertume des divisions de l’Ukraine pour affaiblir d’abord l’URSS, puis la Russie.
Des milliards de dollars ont été investis afin de « renforcer la démocratie » – c’est-à-dire l’Ouest de l’Ukraine pro-occidental contre l’Est à moitié russe.

Le coup d’État de 2014 soutenu par les États-Unis qui a renversé le président élu Viktor Ioukanovitch, solidement soutenu par l’est du pays, a porté au pouvoir des forces pro-occidentales déterminées à faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN, où la désignation de la Russie comme ennemi principal était devenue de plus en plus flagrante. Cela a provoqué la perspective d’une éventuelle capture par l’OTAN de la principale base navale russe à Sébastopol, sur la péninsule de Crimée.

Comme la population de Crimée n’avait jamais voulu faire partie de l’Ukraine, ce risque a été évité en organisant un référendum au cours duquel une écrasante majorité de Criméens a voté pour le retour en Russie, dont ils avaient été séparés par une décision autocratique de Khrouchtchev en 1954.

Les propagandistes occidentaux a dénoncé sans relâche cet acte d’autodétermination comme une « invasion russe » qui préfigurait un programme de conquête militaire russe de ses voisins occidentaux – un fantasme soutenu ni par les faits ni par la motivation.

Consternés par le coup d’État renversant le président pour lequel ils avaient voté, par des nationalistes qui menaçaient d’interdire la langue russe qu’ils parlaient, les habitants des provinces orientales de Donetsk et Lougansk ont ​​déclaré leur indépendance.

La Russie n’a pas soutenu cette décision, mais a plutôt favorisé l’Accord de Minsk, signé en février 2015 et approuvé par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. L’essentiel de l’accord était de préserver l’intégrité territoriale de l’Ukraine par un processus de fédéralisation qui rendrait à l’Ukraine les républiques séparatistes en échange de leur autonomie locale.

L’Accord de Minsk définissait quelques étapes pour mettre fin à la crise ukrainienne interne. Premièrement, l’Ukraine devait adopter immédiatement une loi accordant l’autonomie aux régions orientales (en mars 2015). Ensuite, Kiev négocierait avec les territoires de l’Est sur les lignes directrices pour des élections locales à tenir cette année-là sous supervision de l’OSCE.
Ensuite, Kiev mettrait en œuvre une réforme constitutionnelle garantissant les droits des régions orientales. Après les élections, Kiev prendrait le contrôle total de Donetsk et Lougansk, y compris la frontière avec la Russie.
Une amnistie générale couvrirait les soldats des deux côtés.

Cependant, bien qu’elle ait signé l’accord, Kiev n’a jamais appliqué aucun de ces points et refuse de négocier avec les rebelles de l’Est. Dans le cadre de ce qu’on a appelé ‘Format Normandie’, la France et l’Allemagne devaient faire pression sur Kiev pour qu’elle accepte ce règlement pacifique, mais rien ne s’est passé.

Au lieu de cela, l’Occident a accusé la Russie de ne pas mettre en œuvre l’accord, ce qui n’a aucun sens dans la mesure où les obligations de mise en œuvre incombent à Kiev, pas à Moscou. Les responsables de Kiev réitèrent régulièrement leur refus de négocier avec les rebelles, tout en réclamant de plus en plus d’armements aux puissances de l’OTAN pour régler le problème à leur manière.

Pendant ce temps, les principaux partis de la Douma et l’opinion publique russe expriment depuis longtemps leur inquiétude pour la population russophone des provinces de l’Est, qui souffre de privations et d’attaques militaires du gouvernement central depuis huit ans.
Cette préoccupation est naturellement interprétée en Occident comme un remake de la volonté d’Hitler de conquérir les pays voisins. Cependant, comme d’habitude, l’inévitable analogie hitlérienne est sans fondement. D’abord parce que la Russie est trop grande pour avoir besoin de conquérir un Lebensraum.

Vous voulez un ennemi ? Maintenant, vous en avez un

L’Allemagne a trouvé la formule parfaite pour les relations occidentales avec la Russie : êtes-vous ou n’êtes-vous pas un « Putinversteher », un « comprenant-Poutine ?

Par Poutine, ils entendent la Russie, puisque le stratagème standard de la propagande occidentale consiste à personnifier le pays ciblé par le nom de son président, Vladimir Poutine, nécessairement un autocrate dictatorial. Si vous « comprenez » Poutine, ou la Russie, alors vous êtes profondément soupçonné de déloyauté envers l’Occident.
Alors, tous ensemble maintenant, assurons-nous de NE PAS COMPRENDRE la Russie !

Les dirigeants russes prétendent se sentir menacés par les membres d’une immense alliance hostile, organisant régulièrement des manœuvres militaires à leur porte ?
Ils se sentent mal à l’aise face aux missiles nucléaires visant leur territoire depuis les États membres voisins de l’OTAN ?
Mais pourquoi, c’est juste de la paranoïa, ou un signe d’intentions sournoises et agressives. Il n’y a rien à comprendre.

Ainsi, l’Occident a traité la Russie comme un ours appâté. Et ce qu’il obtient, c’est une nation ennemie dotée d’armes nucléaires et militairement puissante, dirigée par des gens beaucoup plus réfléchis et intelligents que les politiciens médiocres en poste à Washington, Londres et quelques autres endroits.

Le président étatsunien Joe Biden et son État profond n’ont jamais voulu de solution pacifique en Ukraine, car une Ukraine en trouble agit comme une barrière permanente entre la Russie et l’Europe occidentale, assurant le contrôle US sur cette dernière.

Ils ont passé des années à traiter la Russie comme un adversaire, et la Russie tire maintenant la conclusion inévitable que l’Occident ne l’acceptera que comme un adversaire.

La patience est finie. Et cela change la donne.

Première réaction : l’Occident punira l’ours par des sanctions ! L’Allemagne suspend la certification du gazoduc Nordstream 2. L’Allemagne refuse donc d’acheter le gaz russe dont elle a besoin afin de s’assurer que la Russie ne pourra pas couper le gaz dont elle a besoin dans le futur. C’est une astuce astucieuse, n’est-ce pas !
Et pendant ce temps, avec une pénurie croissante de gaz et des prix en hausse, la Russie n’aura aucun mal à vendre son gaz ailleurs en Asie.

Lorsque « nos valeurs » incluent le refus de comprendre, il n’y a pas de limite à ce que nous pouvons ne pas comprendre.

Traduction : Olinda/Arrêt sur info