dimanche 24 juillet 2022

Ukraine : Politique de l’émotion contre réalités économiques et stratégiques

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par Jacques Myard.

« L’émotion nous égare : c’’est son seul mérite ». (Oscar Wilde)

La guerre en Ukraine a profondément bouleversé et choqué l’’opinion publique européenne et occidentale. Pour les opinions publiques et les gouvernements de l’’Union européenne ainsi que des États-Unis, la Russie de Poutine est l’’agresseur : agression militaire d’’un État, indépendant et membre des Nations unies !

C’’est là, prima facie, une évidence pour nombre d’’observateurs qui estiment que la Russie est, sans conteste, l’’agresseur. Relevons qu’’au regard du droit international, cette agression est identique à l’’agression américaine contre l’’Irak le 20 Mars 2003, n’’en déplaise aux oublieux.

Certains experts s’’interrogent néanmoins sur les motivations du Kremlin et émettent l’’hypothèse que cette opération militaire serait une guerre préemptive pour prévenir une attaque ukrainienne contre les deux Républiques du Donbass reconnues par Moscou ; le Donbass russophone est régulièrement bombardé par les Ukrainiens : 15 000 morts !

Guerre préemptive ou non, peu importe au demeurant, car l’’attaque russe est aux yeux du monde une réalité incontestable.

En conséquence, l’’agresseur doit être sanctionné ; pour les États européens et nord-américains, la Russie de Poutine est impardonnable d’’avoir recouru à la force en Europe contre un État.

Les États européens et l’’UE se sont alors lancés avec confiance dans une politique de sanctions tous azimuts pour contraindre la Russie de Poutine à cesser son agression ; on a même entendu le ministre des Finances français tonitruer haut et fort le 1er mars dernier :

« Nous allons provoquer l’’effondrement de l’’économie russe ! » … en attendant Godot …

Et c’’est là que commencent les surprises :

À la demande de l’Allemagne, le Canada accepte de livrer à Berlin des turbines nécessaires au fonctionnement du gazoduc Nord Steam 1, turbines en cours de réparation à Montréal.

Ô surprise, le porte-parole du département d’’État Ned Price affirme sans honte que cette livraison va permettre « à l’’Allemagne et d’’autres pays européens de reconstituer leurs réserves de gaz, ce qui renforcera leur sécurité et leur résilience énergétiques et contrera les efforts de la Russie pour utiliser l’’énergie comme une arme » – Si cela n’’est pas un superbe oxymore …

•Avant les déclarations d’e Emmanuel Macron dans son entretien à l’’Élysée, le 14 juillet, Élisabeth Borne annonce, sans rire, qu’’en raison de l’’arrêt de la livraison du gaz, les Français devront se serrer la ceinture, le gouvernement organisera des délestages et des rationnements, et de surcroît la France devra être solidaire avec ses partenaires européens en leur livrant … du gaz !

C’’est l’’histoire de l’’arroseur arrosé : les sanctions devaient contraindre la Russie de Poutine à cesser le combat, à le mettre à genoux et ce sont les économies française et surtout allemande qui sont directement frappées par les sanctions.

Regardons la réalité en face :

Cette guerre est d’’abord une guerre civile russo-ukrainienne, elle a une proto histoire depuis plus d’’un siècle, chargée de haines et de rancoeœurs.

La Russie, dont l’’état d’’esprit n’’a guère changé depuis l’URSS, ne peut accepter d’’avoir pour voisin immédiat un pays qui serait membre de l’’OTAN. Or, les États-Unis ne cachent pas leur volonté depuis le sommet de l’’OTAN de Bucarest en 2008 de faire adhérer l’’Ukraine à l’’Alliance, conformément au processus du MAP, Membership Action Plan.

À ce titre, le soutien de Washington à l’’armée ukrainienne depuis 2014 après les événements de la place Maïdan ne s‘’est jamais démenti ; à l’’évidence Washington est bien l’’instigateur de ces événements qui s’’apparentent à un coup d’’État anti-russe. Moscou l’’a parfaitement compris.

Le 10 Novembre 2021 Anthony Blinken, secrétaire d’’État américain et son homologue ukrainien Dmitry Kuleba ont signé la Charte de Partenariat stratégique entre les États-Unis et l’’Ukraine, qui illustre parfaitement les liens militaires et politiques entre les deux pays.

Aujourd’hui la réalité est simple, cette guerre est devenue une guerre américano-russe par proxy des Ukrainiens. Washington a besoin de retrouver une crédibilité après ses échecs en Afghanistan, sans remonter jusqu’’à l’’envol de l’’hélicoptère du toit de l’’ambassade américaine à Saïgon le 30 avril 1975.

L’’enjeu de la crédibilité américaine s’appelle aujourd’hui Taïwan face à la Chine !

Quelle doit être notre politique ?

Sur le plan humanitaire, nous nous devons de continuer à aider les réfugiés ukrainiens comme le font de multiples commune de France. Il n’’y a aucune discussion possible sur ce point.

Mais cette guerre n’’est pas la nôtre, armer les Ukrainiens est une faute. C’est une illusion de croire que Kiev peut l’’emporter, comme le dit le professeur américain John Mearsheimer, armer Kiev, c’est « encourager l’’Ukraine à suivre le chemin des victoires imaginaires » comme il le dit dans sa conférence à Florence du 16 Juin dernier.

La stratégie américaine a pour effet immédiat de pousser la Russie à se rapprocher de la Chine, dans une alliance de revers contre l’’Europe et les États-Unis ; n’’oublions pas que la plus grande partie des pays de la planète se désolidarisent de l’’Occident, si tant est que ce dernier concept ait une unité politique.

Washington, en désignant la Russie comme l’’ennemi parfait, réussit surtout à rassembler tous les pays d’’Europe sous la tutelle otanienne, l’’Europe est devenue une vassale sous les ordres de l’’Oncle Sam, l’’OTAN est une machine américaine !

Nous devons changer radicalement de politique. Il ne s’’agit pas d’’embrasser Poutine sur la bouche, mais nous devons sortir de ces sanctions multilatérales qui ne font qu’’accroître les tensions avec le risque avéré de l’’escalade, et déstabilisent notre économie !

La France doit retrouver son indépendance, car la Russie fait partie de l’’équilibre européen. Il est urgent de le prendre en compte, même si cela heurte nombre de nos partenaires européens. Il n’’y a de politique que dans une vision de long terme !

« La politique et la stratégie de la guerre ne sont qu’’une perpétuelle concurrence entre le bon sens et l’’erreur ». (Charles de Gaulle)

Il y a urgence à sortir de l’’erreur !

Communiqué de presse de Jacques Myard

Membre Honoraire du Parlement

Maire de Maisons-Laffitte

Président du Cercle Nation et République

Président de l’Académie du Gaullisme

 

Note de P.

La France doit retrouver son indépendance ! Si seulement nos chiens de garde "journalistes" enchainés aux magnats milliardaires de la presse et nos "gouvernants" , en premier lieu Jupiter,  l'arrogant banquier et président des riches, autant que méprisant du peuple,  avaient un brin de conscience politique et civique pour reconnaître que la France obéit aux diktats de  Washington, contrairement à DE GAULLE, dont aujourd'hui beaucoup trop d'usurpateurs s'estiment ou se considèrent toute honte bue les "héritiers"!

Et, comble du sadisme, ces enfoirés, dont la Tatcher macronienne et leurs complices journalistes le répètent à l'envi, sans vergogne: " Il va falloir que les Français se serrent la ceinture" !!

Je ne partage pas tout ce qu'écrit M. Myard, mais je trouve que sa position est celle d'un homme politique plus censé que qui vous savez

L’avenir radieux d’un point de vue arabe…

Ce point de vue anonyme relevé sur facebook dit la manière dont le Moyen Orient et le monde arabe s’éloignent des Etats-Unis et de leurs “esclaves” européens. Il part du constat du camouflet subi par Biden dans sa visite au Moyen Orient et de son incapacité actuelle à activer les conflits habituels, y compris celui des saoudiens avec l’Iran et de ces derniers avec Israël. Néanmoins la transaction n’est pas une rédition mais la volonté de traiter les problèmes quand ils se présentent. L’article va plus loin puisqu’il propose en clair à ceux qui en Europe et ailleurs mènent une guerre par procuration, dans quelque camp que ce soit, qu’ils s’occupent de leurs affaires et les laissent gérer en paix leurs tensions. (note de Danielle Bleitrach pour histoire et societe)

La visite de Biden au Moyen-Orient s’est soldée par un constat, la perte d’influence des EU dans cette région.

La déclaration conjointe du sommet de Djeddah qui a réunit les pays du conseil de coopération du golfe plus l’Irak, l’Egypte, la Jordanie et les EU à appeler l’Iran à coopérer avec les pays de la région, très loin des menaces proférées fut un temps, la présence du gouvernement irakien (proche de Téhéran) est un autre signe d’apaisement. Elle a appelé aussi à ne pas toucher au statut quo prévalant à Al Qods et à la nécessité d’un règlement de la question palestinienne via la solution à 2 États.

Les États arabes producteurs de pétrole ont catégoriquement rejeté la demande américaine d’ouvrir les vannes pour pallier au manque russe. Tout ceci est le signe qu’il n’y aura pas de conflit généralisé avec l’Iran, au grand dam d’une partie de l’établishment militaire israélien.

Les Saoudiens ont clairement conditionné la normalisation avec Israël au règlement de la question palestinienne. Le ministre des affaires étrangères ayant indiqué que l’ouverture de liaisons aériennes ne signifie en aucun cas l’établissement de relations diplomatiques. Les services de sécurité sionistes ont beaucoup critiqué le tourisme des Israéliens vers les pays Arabes, arguant du fait que cela crée de l’empathie, des relations amicales qui “mettaient en danger la sécurité d’Israel”, de fait elle permet aux citoyens abreuvés par la peur et la haine de l’Arabe de se rendre compte de la réalité et du niveau de développement de ces peuples, très loin de la propagande.

Le moment venu, la Chine qui entretient de très bonnes relations avec l’ensemble des pays de la région, remplacera la Pax americana et son pacte d’extorsion et ouvrira de nouvelles routes du commerce qui verront Arabes, Juifs, Perse et Turcs, musulmans, chrétiens et juifs travailler dans la paix et l’harmonie.

La question palestinienne à défaut de pouvoir se régler par la force, se règlera naturellement par la démographie. Israël intégré économiquement à la région devra tenir compte du rapport démographique sur le terrain qui assurera de fait la majorité aux Palestiniens dans moins de 10 ans. Ce sera donc 2 États distincts (solution devenue très difficile à mettre en place dû aux centaines de milliers de colons en Cisjordanie occupée) ou un seul État avec la pleine citoyenneté pour tous.

Dans ce dernier cas, Israël ne sera plus un État juif mais un État arabe avec une forte minorité juive qui conservera ses institutions propres y compris ses propres forces armées, bref 2 communautés avec leurs institutions propres sur une seule nation.

Donc encore une fois les esclaves qui moisissent en Europe sans aucune forme de perspectives devraient penser à s’occuper d’abord de leur cas, s’ils ne veulent pas subir le châtiment qui est en train de s’abattre, quant aux peuples du Moyen-Orient après avoir beaucoup souffert de l’impérialisme, un avenir radieux s’ouvre à eux.

 

La crise climatique au secours du capitalisme

Un article qui ne devrait pas laisser indifférent tant la question du réchauffement climatique est de l'ordre du sacré, relevant de la religion.

Je suis athée.

Pascal Dubellé alias Antoine Grangeac.

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 Depuis la disparition du grand rival communiste et soviétique en 1991, le monde s’est installé dans l’économie capitaliste et libérale. Après cette date historique qui succéda à la chute du Mur, ce système économique et social ne semble plus connaître d’alternative pour régner en maître. Toutefois, chacun sait bien que rien ne saurait être éternel. C’est pourquoi, comme Cassandre, je peux annoncer sans crainte de me tromper que le capitalisme aura une fin, ce dont chacun de nous a plus ou moins conscience, même si nous nous laissons bercés par l’illusion d’éternité des institutions. Mais pour ceux qui maîtrisent l’ordre des choses et pour ceux à qui profite le système, imaginer l’après capitalisme est une réelle inquiétude, et tenter d’y apporter des adaptations significatives avant terme est une obsession dont rend compte, entre autres, la publication du Great Reset de Klaus Schwab.

 Deux périls menacent l’avenir du capitalisme, le premier concerne la production en raison de l’épuisement des réserves naturelles de la planète, le second concerne la croissance quand recule la pauvreté dans le monde. Si chacun perçoit le premier des dangers, pour le second, le rapport entre pauvreté et croissance peut sembler moins évident et cela mérite de s’y attarder.

 Le capitalisme repose sur la notion de profit que traduit la croissance économique  ; sans cette croissance, dont rend compte le PIB, le système ne fonctionnerait plus ou serait pour le moins grippé, comme on le dit d’un moteur. Or, pour alimenter la croissance en volume de production, il faut augmenter en proportion le volume de la consommation. Cette donnée essentielle est clairement rappelée par les économistes et fait l’objet d’un chapitre entier du Great Reset où est évoquée la crainte d’une baisse de ce que les auteurs appellent la consommation ostentatoire du fait, notamment, d’une prise de conscience des dégâts occasionnés sur la planète par ce type de comportement. Il y a, en effet, une contradiction de fond entre les exigences du système capitaliste et celles d’une planète à sauvegarder. Ainsi, suivre l’exemple d’un sage comme Pierre Rabhi, récemment décédé, est sans doute profitable à la planète, mais cela mettrait assurément à terre le système économique autour duquel s’organisent le monde et nos existences. Le message de sagesse délivré par le père fondateur de Colibris que l’on peut résumer en cette formule : « N’achetez que ce dont vous avez besoin  » est sans aucun doute profitable à l’environnement, il est aussi une invitation à se détacher du matérialisme de l’époque pour accéder à d’autres valeurs, mais il est surtout proprement révolutionnaire, car il n’y a pas plus anticapitaliste que cette consigne.

 Accroître le niveau de consommation pour soutenir la croissance répond à la dynamique inspirée par le système. Et le souci des économistes, et de ceux qui nous gouvernent, est de savoir comment favoriser cette dynamique. Parmi les actions requises, ce peut être de veiller au maintien du pouvoir d’achat des consommateurs dont on nous rebat les oreilles en ce moment  ; ce peut être aussi d’inciter à dépenser plutôt qu’à épargner ainsi qu’on a pu s’en rendre compte quand, du fait du confinement dû à la Covid, ont été engrangés des milliards d’euros d’économies, une épargne qui loin d’être valorisée, était convoitée pour la relance d’une économie post-covidienne. Un mot d’ordre : dépensez !

 Mais toutes ces mesures aussi classiques qu’éculées ne sauraient suffire et elles ne sont ni sans conséquences ni sans contreparties. En réalité, le meilleur moyen d’augmenter le niveau de croissance est de faire en sorte que ceux qui n’ont rien et qui, comme les désigne très justement le philosophe Alain Badiou, sont des laissés pour compte, entrent dans le système en devenant des consommateurs à défaut d’être également des travailleurs, un principe qui se retrouve notamment dans l’idée défendue par certains d’établir un revenu universel. On peut donc dire, ce qui peut paraître étonnant, que les pauvres sont l’avenir du capitalisme ; ils constituent une réserve de consommateurs indispensable au soutien de la croissance.

 Dans une économie mondialisée, accorder du pouvoir d’achat à ceux qui n’en n’ont pas, nécessite la mise en œuvre d’actions politiques plus ou moins complexes, locales ou globales. Au niveau des États, ce sont, par exemple, les aides attribuées aux nécessiteux qu’ils soient originaires, immigrés ou réfugiés. Plus globalement, c’est le recours à des plans comme fut le plan Marshall pour l’Europe dans l’après-guerre ou, plus général encore, l’établissement de règles permettant l’ouverture au monde de la production et des échanges. C’est la ligne politique et économique qui fut élaborée et mise en place dans les années 1944-45, suivie dans un premier temps par le monde non communiste avant d’être élargie au reste de la planète après l’effondrement de l’URSS. C’est la mondialisation des années 90 qui connaît son plein essor en ce début de siècle, aidée en cela par les acquis techniques. 

 Le plan Marshall a permis à l’Europe de l’Ouest, comme on l’appelait, de se relever des ruines laissées par la guerre et de devenir un partenaire (obligé) de l’économie américaine  ; c’était du win/win, du gagnants/gagnants, pour l’Amérique qui affirmait son leadership économique, mais aussi politique et culturel et pour l’Europe qui allait connaître la période bénie des Trente Glorieuses. Quant à la mondialisation ou globalisation de l’économie, elle a permis à d’immenses pays comme la Chine et l’Inde, entre autres, de s’extraire du tiers-monde pour devenir des pays en voie de développement avant d’être de véritables puissances économiques, voire des rivaux pour l’Amérique et peut-être même, pour le système.

 Cette organisation planétaire de l’économie réalisa, à partir de la fin des années 80, une gigantesque opération de redistribution des richesses qui, naturellement, s’est faite au détriment des pays où était concentrée cette richesse. Durant cette période, l’Europe est sortie cruellement des Trente Glorieuses pour entrer dans une crise dont elle ne perçoit toujours pas la sortie et la classe moyenne américaine souffre, une situation dont a su profiter Donald Trump en 2016. D’ailleurs, en termes de classes, on peut dire que si cette redistribution des richesses a profité à la masse de pauvres - ainsi qu’à une infime partie de riches devenus archi-milliardaires -, ce fut grâce à la classe moyenne et aux petits possédants. Cette moitié de la population mondiale a supporté le coût de la redistribution non par philanthropie, mais parce qu’elle est captive et l’obligée d’un système qui lui permet de rêver d’enrichissement, mais qui, également, lui fait craindre de sombrer dans la pauvreté ; servile, elle en est la variable d’ajustement.

 En quelques décennies seulement, la mondialisation de l’économie a eu pour effet de réduire singulièrement la pauvreté dans le monde, comme elle a contribué à restreindre les réserves naturelles de la planète, toutes choses qui, demain, feront cruellement défaut au système capitaliste. On pourrait considérer alors que la dynamique du système le conduit inéluctablement à sa perte, ce dont beaucoup d’économistes se soucient. Mais comme tout système contraint par sa dynamique propre, le capitalisme ne saurait emprunter une autre voie, étant réduit à quelques adaptations comme celles envisagées par le Great Reset. Pas d’alternative, proférait à l’envie Madame Thatcher. L’expansion étant l’essence même du capitalisme, il lui faut absolument atteindre les « laissés pour compte » pour en faire des consommateurs. Ceux-ci sont environ deux milliards dont une partie est concentrée sur le continent africain qui, on le constate, après une trentaine d’années de mondialisation de l’économie, échappe au système. Ni les aides accordées au développement (mesurées et souvent détournées), ni les politiques en faveur de l’immigration visant à pousser ces déshérités vers les pays riches comme le préconisent certains responsables européens qui souhaitent accueillir 60 millions d’immigrés et autres réfugiés, n’ont porté leurs fruits. Si une telle masse d’immigrés est pour l’Europe un apport démographique considérable qui n’est pas sans poser de multiples problèmes, celle-ci est notoirement insuffisante au soutien de la croissance mondiale au moment où la politique de mondialisation de l’économie atteint ses limites. Il faut donc trouver et mettre en place une organisation de niveau planétaire qui permette d’exploiter cette réserve de pauvreté qui échappe au système. 

 Mais ceci suppose aussi qu’il faille encore solliciter la classe moyenne et les petits possédants quand ceux-ci ont déjà été largement mis à contribution par la mondialisation et sont inquiets pour leur avenir. Comment amener cette population à accepter d’autres sacrifices après avoir subi de plus ou moins bonne grâce les méfaits d’une mondialisation qui a notamment accru le chômage de masse ? La mondialisation était censée réguler et stabiliser les prix pour le plus grand bénéfice des consommateurs ; elle était aussi une garantie de paix substituant à l’enchaînement tragique qui veut que la misère fasse le lit des conflits et des guerres qui, eux-mêmes, engendrent à leur tour plus de misère, un cercle vertueux qui, inversement, veut que le développement économique favorise la paix, celle-ci permettant à son tour le développement. Lutter contre la pauvreté n’a pas seulement pour objet le soutien du système par la consommation, c’est aussi préserver la paix  ; mettre en cause cette politique, c'est mettre en danger le monde, c’est risquer l’embrasement des conflits qui, s’ils venaient à concerner les puissances nucléaires, pourraient avoir des conséquences apocalyptiques. Telle est la caution morale d’un système auréolé d’un rôle de bienfaiteur mis en avant par les moralistes et autres propagandistes alors que, bien entendu, un système économique n’a que faire de la morale ; il roule pour lui-même. Loue-t-on le moteur d’une voiture pour le bienfait qu’il nous apporte en nous transportant sans peine  ? 

 Pourtant, comme on peut le voir, servir une grande cause est un argument essentiel à qui veut mobiliser les foules. Sauvegarder la paix entre les nations a été un thème largement utilisé lorsqu’il s’est agi de créer l’Union européenne que nous connaissons. Aussi, invoquer la sauvegarde d’une planète menacée par les activités humaines est, au même titre que le maintien de la paix du monde, de ces grandes causes qui autorisent, en les justifiant moralement, les sacrifices demandés à près de la moitié de la population mondiale.

 Notre planète brûle. La Terre se réchauffe parce que nous émettons du CO2, un gaz à effet de serre. Nous devons réagir vite et fort. Le temps nous est compté. L’avenir de nos enfants est en question. Réagir, c’est lutter contre le réchauffement et favoriser la transition énergétique. Il nous faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Sont principalement concernés les pays ayant une économie avancée, en Amérique du Nord et en Europe, là où est concentrée la richesse. Sur eux se concentrent les efforts à consentir par le biais d’incitations à dépenser plus pour l’acquisition de produits propres (la voiture électrique par exemple), ou en payant pour l’installation d’éoliennes, de panneaux solaires… ainsi que pour une énergie plus chère, ou encore, par le biais d’impôts et autres taxes comme la taxe sur le CO2 qui était de 22 euros la tonne en 2016 et qui devrait atteindre demain, en 2030, les 100 euros la tonne. En revanche, comme le préconise les COP pour le climat, les pays les plus démunis, et notamment ceux de l’Afrique subsaharienne où, selon un rapport de 2015 fourni par la Banque mondiale, résident près de la moitié des pauvres du monde, seront aidés massivement pour aller vers un développement vertueux. À cet effet, se sont près de 90 mille milliards de dollars qui sont provisionnés par la Banque mondiale, une somme record mise à disposition pour lutter contre le réchauffement climatique et pour financer la conversion énergétique ce qui, par le biais de programmes planétaires, générera une gigantesque redistribution des richesses au profit des “laissés pour compte”. 

 Ainsi, la lutte à engager contre le réchauffement climatique et la sauvegarde de la planète est une véritable aubaine pour l’avenir du capitalisme ce que ne démentent ni ses principaux acteurs ni ses soutiens réunis en forum mondial à Davos. Que ce réchauffement soit ou non aussi important et durable qu’annoncé et qu’il soit ou non lié à l’activité humaine, peu leur chaut, grâce à lui et aux moyens mis en œuvre à l’échelle du monde, le capitalisme pourra repousser l’échéance de sa finitude. On comprend mieux pourquoi cette thèse climatique lui tient à cœur alors que, par nature, sa visée lui est antinomique. On comprend aussi pourquoi sont, disons-le sobrement, écartées les contradictions apportées à la thèse officielle sur l’origine et la gravité du réchauffement. La survie du système est en jeu à défaut de survie de la planète ; il s’agit de gagner de précieuses années avant que n’interviennent, espèrent les économistes et autres responsables, de nouvelles avancées techniques offrant de nouvelles perspectives. La maîtrise de la fusion nucléaire, qui est en route, pourrait être de ces avancées essentielles en mettant fin à notre dépendance à l’égard des énergies fossiles tout en limitant nos émissions de CO2. Mais d’ici là, le système capitaliste devra tenir bon en alimentant sans cesse la croissance tout en tentant de limiter les conséquences désastreuses de la mondialisation pour l’environnement  ; il lui faudra continuer à compter sur la classe moyenne et conserver son soutien malgré les sacrifices imposés ; il lui faudra assumer les répercussions démographiques, sociologiques et politiques des solutions retenues ; il lui faudra, enfin, surmonter les problèmes occasionnés par l’effacement voulu des prérogatives des États-nations, par la migration de masse et par la paupérisation croissante des populations des pays “riches” mis à contribution par les nouveaux plans climats tout en continuant d’être soumis à la concurrence mondiale engendrée par la globalisation de l’économie.

 En guise de conclusion, je dirai, paraphrasant Winston Churchill, que le capitalisme libéral est le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres. 

 

 

Les fonds de pensions américains se jettent sur ce qui reste de l’Ukraine : les terres agricoles !

samedi 23 juillet 2022 par ANC/RFI

L’Ukraine a été achetée par l’Amérique !
Savez-vous pourquoi les USA envoient autant d’armes à l’Ukraine ? Pas pour la charité chrétienne, certes, mais simplement parce que 3 grandes multinationales américaines ont acheté 17 millions d’hectares d’excellentes terres à Zelensky.
Ce sont Cargill, Du Pont et Monsanto (qui est formellement germano-australien mais avec la capitale américaine).

Pour comprendre ce que sont 17 millions d’hectares, pensez que toute la Roumanie possède 14,8 millions d’ha de terres agricoles.


Le pays faisait partie des six derniers pays dans le monde à interdire la vente des terres agricoles. Un moratoire en place depuis vingt ans qui gelait les transactions foncières sur un territoire grand comme une fois et demi la France.

Jusqu’à présent, environ 70% des terres agricoles étaient exploitées en location, ce qui entraînait un sous-investissement chronique et un manque de productivité. Or l’Ukraine est potentiellement le plus grand pays agricole d’Europe : le pays est recouvert à 60% de ce qu’on appelle les « tchernoziom », les fameuses terres noires ukrainiennes (Voir carte ci-dessus). Ce sol est particulièrement riche en humus, et très fertile pour toutes sortes de cultures.

Source RFI.


Et qui sont au-dessus de ces trois entreprises ?

Toujours eux : Vanguard, Blackrock, Blackstone, c’est-à-dire les trois mêmes colonies financières qui contrôlent toutes les banques du monde, et toutes les grandes industries de guerre de l’univers.

Voilà pourquoi le fourrage (Cargill et Du Pont) et le fourrage (Monsanto-Bayer) ont subi des augmentations sensationnelles depuis avant la guerre : parce qu’ils savaient déjà tout, ils savaient tout.

Et savez-vous quand la guerre prendra fin ?

Quand les grandes compagnies financières auront enlevé leurs stocks d’armes payés par nous, les stupides européens, déjà pressés par la même bande qui, pendant ce temps, spéculent blé, riz, fourrage, fourrage.

Les médias font bien sûr la promotion de la guerre parce qu’ils appartiennent aux mêmes Vanguard, Blackrock et Blackstone !!!

Source :
https://www.facebook.com/100015119804931/posts/pfbid08qdGCQApsFpiJARbhFwi4R8MEX4ACWqHubQasz8SJthkbg3Cg61UHEoZF7NiBxpql/?sfnsn=scwspmo

Le cadavre de l’Ukraine n’est pas encore froid que déjà les hyènes du capitalisme américain se partagent les restes.

 

Ils ont changé ma chanson

On le sait, les historiens aiment raconter des histoires, inventant parfois des légendes, souvent cruellement éloignées de la vérité historique, et, en ces temps de 14 juillet, il est temps de découvrir une manipulation préoccupante

J’avais évoqué, par le passé, la légende, qui perdure encore sur Napoléon, grâce aux « Michelet et consorts », faisant de l’empereur « un grand homme », alors que, comme l’a prouvé Guillemin, authentique historien détesté par les siens, Bonaparte, alors à l’école militaire de Brienne, écrivait sa haine des français. lien

Le même Henri Guillemin amenait d’autres preuves sur la bonne lorraine, qui n’aurait jamais été brûlée vive, produisant des documents dans laquelle on apprenait qu’elle s’était mariée à un nobliau quelques années après. Lien

Mais revenons au 14 juillet

au-delà de la réalité de l’histoire qui prouve que, si le peuple a pris La Bastille, c’est qu’il a été armé par la bourgeoisie, laquelle ne supportait plus les décisions royales concernant Necker, le grand argentier du Roi, et on sait aussi que le défilé du 14 juillet, c’était à l’origine le peuple lui même qui défilait, et non pas cette vulgaire démonstration militaire destinée à asseoir le pouvoir du roi/président.

à quand un défilé de toutes les corporations du pays, de tous nos artisans, de tous ceux qui sont en réalité la Nation...sans limiter ce défilé à un hommage aux militaires ?

Par contre on sait moins que cette célébration nationale est bien plus récente, qu’elle n’est officielle que depuis 1880, et qu’elle a même été interdite en 1872 par Thiers, lequel l’avait déclarée « hors la loi », car elle servait « probablement de prétexte à des réunions et banquets politiques ». lien

Et pourtant il y a pire.

J’écoutais récemment, sur les ondes de Fr Culture, une émission sur La Marseillaise, et en fin d’émission, était diffusé un enregistrement ancien de l’hymne national, interprété par une grande chorale, accompagnée par un orchestre, et malgré les quelques craquements du disque, en tendant bien l’oreille, j’ai fais une découverte passionnante : les paroles de la marseillaise que nous connaissons aujourd’hui n’étaient pas les mêmes que celles que nous connaissons aujourd’hui.

Dans le doute, j’ai fais une recherche et j’ai trouvé le texte initial, sous la forme d’un manuscrit de la main même de l’auteur, ce cher Rouget de l’Lisle, qui a bien confirmé ce que j’avais entendu.

La différence est de taille, et a une portée considérable, car, alors qu’aujourd’hui nous chantons « marchons, marchons, qu’un sang impur etc », le texte initial disait : « marchez, marchez…. ».

Pas besoin de lire entre les lignes pour découvrir que l’autorité nous enclin à « MARCHER », tout en restant bien à l’abri sur son trône…

ce qui change évidemment tout.

Dès lors, en modifiant par la suite le texte initial, le pouvoir s’est bien sûr associé à la marche, mais on sait bien que, comme l’a écrit en 1931 Harrison Charles Yal, « les généraux meurent dans leurs lits ». lien

Décidément plus on fouille l’histoire, en cherchant des preuves de ce que des générations « d’historiens » nous ont raconté, plus on découvre finalement que l’histoire réelle est bien moins glorieuse que la légende que l’on a voulu nous imposer...

Comme dit mon vieil ami africain : « celui qui a été mordu par un serpent aura peur d’une corde ».

L’image illustrant l’article vient de histoire-image.org

Merci aux internautes pour leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

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Justice - dissolution - RPD - poursuites pénales - Russia - Navalny

La justice française ordonne la dissolution de l’association “Représentation de la RPD”

Le tribunal d’Aix-en-Provence a ordonné le vendredi 22 juillet 2022 la dissolution de l’association “Représentation de la République Populaire de Donetsk” (RPD) en France siégeant à Marseille.

Pour rappel, en 2018, le parquet français avait demandé la dissolution de la première association du centre représentatif de la RPD en France.  Après un premier jugement en faveur du centre représentatif de la RPD, l’ordonnance de dissolution de l’association avait été prononcée le 23 mars 2021 par la cour d’Aix-en-Provence.

Une deuxième association avait été créée en 2018 en prévision de ce cas de figure et avait pris le relais après la dissolution de la première. C’est la dissolution de cette deuxième « Représentation de la RPD en France » que le parquet français avait demandé en mai 2022. Dissolution que le parquet a obtenu lors du jugement rendu le 22 juillet 2022.

Je viens de recevoir la notification du jugement. Notre association est dissoute“, a déclaré le président du Centre de représentation, Hubert Fayard.

Beaucoup d’autres pays non reconnus par la France ont le droit d’avoir pignon sur rue sauf une, la République de Donetsk“, a-t-il indiqué, précisant que les centres représentatifs de la Catalogne et de la République d’Artsakh (la République du Haut-Karabakh) étaient enregistrés en France sans que les autorités exigent leur dissolution.

Un jour, la France devra reconnaître l’existence des deux Républiques [Donetsk et Lougansk]. Car aujourd’hui, malgré le tsunami médiatique, des femmes et des hommes en France continuent de soutenir les deux Républiques. Et pour ma part, je suis fier d’avoir pu contribuer à mon humble niveau à la lutte pour l’existence de la République Populaire de Donetsk“, a poursuivi Hubert Fayard. “Cette décision de justice n’effacera jamais cet espoir qui grandit chaque jour de voir la République dans ses frontières, d’offrir à sa population prospérité et liberté de choisir son avenir, liberté de pouvoir vivre loin des fantasmes néo nazis.

C’est la deuxième fois que la justice dissout notre association sous le prétexte des accords de Vienne“, a-t-il fait remarquer.

Hubert Fayard a souligné qu’il n’avait pas cette fois d’autre association et qu’il n’était pas prêt pour le moment à faire part de ses projets, mais qu’il avait un mois pour interjeter appel. Il a précisé qu’il “attendrait la décision” de la ministre des Affaires étrangères de la RPD, Natalia Nikonorova.

Je suis Français, mais aussi Russe de cœur. J’espère un jour appartenir à la grande communauté du monde russe“, a-t-il noté pour conclure.

Christelle Néant

 


 

« Les pénuries arrivent » – Philippe Herlin

Pour l’économiste Philippe Herlin, les mesures envisagées par le gouvernement pour soutenir le pouvoir d’achat risquent de faire « exploser le déficit budgétaire » et d’entretenir l’inflation.

« Plus il y a d’inflation, plus on donne des aides, plus il y a de déficits, plus on fait tourner la planche à billets pour financer ces déficits publics. C'est sans fin, et ça peut se terminer par de l'hyperinflation, c'est extrêmement dangereux. »

D’après Philippe Herlin, les mesures prévues par le gouvernement pour accélérer la transition énergétique risquent également d'accroître l'inflation en renchérissant le prix de l'énergie et de détruire l'économie.

« Nous connaissons la cancel culture qui consiste à détruire tous les fondements de la civilisation occidentale dans l'enseignement, l’éducation, les arts, etc. La cancel economy consiste à faire la même chose au niveau de notre économie. Il y a une volonté de destruction de la part des élites qui nous dirigent, c'est une forme de suicide qui est assez effrayante. On veut détruire les fondements de ce qui a fait la puissance de l'Europe et de l'Occident. »

« L' Europe pèse environ 10% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. La France, c’est moins de 1%. On nous dit qu'il faut faire des efforts alors que lors des accords de Paris, la Chine, l'Inde et les pays émergents ont obtenu de pouvoir continuer à augmenter leurs émissions jusqu'en 2030, et ensuite de vaguement s'engager à commencer à les diminuer. Tous les efforts que nous faisons en Europe sont complètement annihilés par l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre en Asie. »

Alors que le spectre de pénuries liées à une potentielle interruption des livraisons de gaz russe pousse certains dirigeants européens à réfléchir à des dispositifs de rationnement de l’énergie, Philippe Herlin estime que la mise en place d’un passe écologique dans les années qui viennent paraît de moins en moins invraisemblable.

« Rationner l'énergie revient plus ou moins à établir un passe. Peut-être pas individuel au début, mais pourquoi pas. C'est assez facile à mettre en place, il suffit d'activer la géolocalisation sur son Smartphone et on peut tout de suite voir si vous êtes dans le métro, dans les transports en commun ou en voiture. On peut reconstituer assez facilement votre consommation de CO2, on peut tracer tout le monde. »

Retrouvez l'intégralité de notre entretien avec Philippe Herlin dans la vidéo.

Céréales : ce que l’on sait de l’accord signé entre l’Ukraine et la Russie

Même si l’invraisemblable Biden feint de se féliciter de cet accord comme s’il correspondait à sa politique, les faits sont têtus, ils montrent que désormais il ne peut y avoir de solutions pacifiques à des problèmes précis qu’en écartant de leur discussion ceux qui ne savent que les rendre ingérables et accroitre les tensions, déverser sur les brasiers des munitions. Certes les discussions ont toute chance de porter sur des points limités, mais elles ont le mérite de révéler à quel point chacun à partir d’un intérêt bien compris peut faire avancer une solution dans un contexte de souveraineté régionale, c’est ce que proposent et mettent en oeuvre les Chinois et qui a de plus en plus d’adeptes. Au passage cette dépêche de l’AFP nous révèle que l’origine du blocage n’est pas la méchanceté ontologique russe mais bien que les ports aient été minés par les Ukrainiens, encore un effort et on découvrira à quel point les dirigeants ukrainiens pratiquent la terre brulée et les bombardements contre leur propre peuple sous la houlette de l’OTAN et de la CIA. Comment les trois quarts de l’humanité sont convaincus que si la Russie n’était pas intervenue, l’OTAN préparait une attaque contre elle. (note de Danielle Bleitrach histoireetsociete)

Publié le : 22/07/2022 – 12:02Modifié le : 22/07/2022 – 16:56

Le ministre ukrainien des Infrastructures Oleksandr Kubrakov signe l’accord sur les céréales le 22 juillet 2022 à Istanbul © Umit Bekta, Reuters

Texte par :FRANCE 24Suivre|Vidéo par :FRANCE 24Suivre5 mn

L’Ukraine et la Russie ont fini vendredi par signer, avec la Turquie et l’Onu, l’accord sur l’exportation des céréales ukrainiennes en mer Noire, lors d’une cérémonie inédite entre pays en guerre, le vendredi 22 juillet à 15 h 30 (heure de Paris). Voilà ce que l’on sait sur cet accord.  

L’issue de cette séquence diplomatique était incertaine. Mais vendredi 22 juillet, l’Ukraine et la Russie ont signé, à Istanbul, un accord permettant d’exporter les céréales ukrainiennes bloquées dans les ports de la mer Noire par la guerre, et qui font cruellement défaut aux marchés mondiaux. Vingt millions de tonnes de blé sont bloquées en Ukraine, soit 1 % de la consommation mondiale, selon Les Échos. Ce blocage menace le monde, et l’Afrique en particulier, d’une lourde crise alimentaire.

Kiev et Moscou ont signé deux textes identiques mais séparés, à la demande de l’Ukraine qui refusait de parapher tout document avec la Russie.

Les quatre délégations se sont retrouvées dans l’enceinte du palais de Dolmabahçe, sur le Bosphore à Istanbul, en présence du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, du président turc Recep Tayyip Erdogan ainsi que des ministres turc et russe de la Défense et du ministre ukrainien des Infrastructures, Oleksandr Kubrakov.

Voici ce que l’on sait du contenu de cet accord, âprement négocié depuis deux mois, quelques minutes après la cérémonie de signature tenue à 13 h 30 GMT (15 h 30, heure de Paris) au palais des sultans de Dolmabahçe, à Istanbul.

Cet accord, négocié avec Kiev et Moscou et encouragé par Antonio Guterres, arrivé en urgence à Istanbul jeudi soir, doit permettre de soulager les marchés mondiaux, les deux belligérants pesant à eux seuls 30 % du commerce mondial de blé.

Des inspections au départ et à l’arrivée en Turquie

Des couloirs sécurisés permettront le trafic des navires marchands en mer Noire, dont Moscou et Kiev s’engagent à respecter la stricte neutralité. 

Kiev estime que ses exportations pourraient commencer depuis trois ports –  Odessa, Pivdenny et Tchornomorsk –et espère pouvoir étendre leur nombre à l’avenir.

L’inspection des navires transportant les céréales constituait une exigence de Moscou qui voulait s’assurer qu’ils ne délivreraient pas simultanément des armes à l’Ukraine.

Ces inspections n’auront pas lieu en mer, comme envisagé un temps pour des raisons pratiques, mais se feront en Turquie, vraisemblablement à Istanbul, qui dispose de deux importants ports de commerce, l’un à l’entrée du Bosphore (à Haydarpasa, sur la rive asiatique d’Istanbul) et l’autre sur la mer de Marmara (à Ambarli).

Conduites par des représentants des quatre parties, ces inspections auront lieu au départ et à l’arrivée des navires.

Des couloirs de navigation sécurisés

Les négociateurs ont toutefois renoncé à débarrasser la mer Noire des mines – principalement posées par Kiev pour protéger ses côtes –, faute de temps. Mais les chargements seront escortés par des bâtiments ukrainiens jusqu’à la sortie des eaux territoriales.

En vertu de l’accord, si un déminage est requis, il devra être réalisé par un “pays tiers” – autre que les trois impliqués.

Au départ d’Ukraine, les navires seront escortés par des bâtiments ukrainiens (probablement militaires), ouvrant la voie jusqu’à la sortie des eaux territoriales ukrainiennes.

L’accord est signé pour quatre mois et automatiquement reconduit. Si 20 à 25 millions de tonnes de céréales sont actuellement en souffrance dans les silos des ports ukrainiens, et à raison de huit millions de tonnes évacuées par mois, cette durée de quatre mois devrait suffire à écouler les stocks.

Une contrepartie pour les céréales et engrais russes

Un mémorandum accompagne cet accord, signé par les Nations unies et la Russie, garantissant que les sanctions occidentales contre Moscou ne concerneront pas les céréales ni les engrais, de manière directe ou indirecte.

Il s’agissait là d’une exigence de la Russie qui en faisait une condition sine qua non à la signature de l’accord.

Un premier round de négociations entre experts militaires des trois pays concernés et de l’ONU avait eu lieu le 13 juillet à Istanbul, d’où avait percé un certain optimisme. Mais il a laissé place à l’incertitude après des exigences formulées en début de semaine par Moscou à l’issue du sommet tripartite Iran-Russie-Turquie à Téhéran.

La Russie a obtenu la garantie que les sanctions occidentales ne s’appliqueraient pas, ni directement ni indirectement, à ses propres exportations de produits agricoles et d’engrais.

“Même si les produits [agricoles] russes ne sont pas concernés par les sanctions, il y a des blocages concernant le transport maritime, les assurances et le système bancaire”, faisait valoir jeudi le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.

“Renforcer l’espoir”

Par ailleurs, selon un diplomate à New York, les États-Unis ont offert des garanties afin que des navires de gros tonnage soient fournis à la Russie pour faciliter l’exportation de ses céréales et engrais.

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Les États-Unis avaient salué jeudi cet accord et exhorté Moscou à le mettre en œuvre, prévenant qu’il revenait à la Russie, en responsabilité, de le mettre en œuvre.

Le patron de l’Onu a remercié la Russie et l’Ukraine qui ont “surmonté leurs divergences pour faire place à une initiative au service de tous”. Maintenant, l’accord “doit être pleinement mis en œuvre”, a-t-il plaidé.

© AFP @FRANCE24

Le président Erdogan a reconnu qu’il n’avait “pas été facile” d’en arriver là, et espéré que la signature de cet accord, qui intervient près de cinq mois après le début du conflit, allait “renforcer l’espoir de mettre fin à cette guerre”.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), 47 millions de personnes supplémentaires sont exposées à “une faim aiguë” depuis le début de la guerre.

Avec AFP