jeudi 16 décembre 2021

4,1 millions de téléspectateurs pour un candidat crédité de 2 % dans les   sondages. C'est le record absolu pour la chaîne,pour ce type d'interview  dans une atmosphère de discrédit de la politique.

   Le paradoxe n'est qu'apparent : parler travail,salaires c'est rare, parler santé en termes de moyens de même. Et le puissant mouvement de la justice  prouve que la compréhension des causes de la crise actuelle sont de mieux en mieux perçues.

   Deux réactions s'ensuivent

     -   Macron s'invite sans scrupule  dans la campagne sans être officiellement candidat pour vanter la France qui gagne.

    -  Jadot propose  tout à coup à  Anne Hidalgo d'être sa première ministre pour assurer l'union des gauches modérées.

La preuve est apportée : la candidature  communiste fait bouger les lignes, et c'est une très bonne nouvelle.

 

 

Note de P.

Je  ne sais pas si l'on peut parler de preuve, mais une chose est sûre: la candidature de Fabien ROUSSEL redonne à la politique propre telle  que nous l'avons pratiquée avant "l'union de la gauche mitterrandienne", et telle qu'elle peut aujourd'hui éveiller et mobiliser les consciences ainsi que  le civisme piétinés  par le capitalisme oppresseur, ses lettres de noblesse.

Et peut-être créer la surprise.  

 

 


par Jean LEVY

Le petit chaperon rouge : Charles Perrault, Lydie Lacroix, Compagnie du  Savoir: Amazon.fr: Livres audio Audible & Originals

Les coulisses de l'interview d'Emmanuel Macron : ces coupes effectuées au  montage par TF1 et LCI - Voici

Avant de croquer le peuple

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Une fois le petit chaperon rouge dévoré

Illustrations - Conte du Petit Chaperon rouge

Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu'on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien que partout on l'appelait le petit Chaperon rouge.
Un jour sa mère, ayant cuit et fait des galettes, lui dit : « Va voir comme se porte  ta mère-grand, car on m'a dit qu'elle était malade, porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. » Le petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand, qui demeurait  dans un autre village. En passant dans un bois elle rencontra compère  le loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n'osa, à cause de quelques bûcherons  qui étaient dans la forêt. Il lui demanda où elle allait ; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu'il est dangereux de s'arrêter à écouter un loup, lui dit : « Je vais voir ma mère-grand, et lui porter une galette avec un petit pot de beurre que ma mère lui envoie. »
— Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le loup.
— Oh ! oui, dit le petit Chaperon rouge, c'est par -de -là le moulin que vous voyez tout là-bas, à la première maison du village.
— Hé bien, dit le loup, je veux l'aller voir aussi ; je m'y en vais par ce chemin ici, et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera. »
Le Petit Chaperon rouge - illustration 1
Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et la petite fille s'en alla par le chemin le plus long, s'amusant à cueillir des noisettes, à courir après des papillons, et à faire des bouquets des petites fleurs qu'elle rencontrait.
Le loup ne fut pas longtemps à arriver à la maison de la mère-grand ; il heurte : Toc, toc. « Qui est là ?
— C'est votre fille le petit Chaperon rouge (dit le loup, en contrefaisant  sa voix) qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie. »
La bonne mère-grand, qui était dans son lit à cause qu'elle se trouvait un peu mal, lui cria : « Tire la chevillette, la bobinette cherra. »
Le loup tira la chevillette, et la porte s'ouvrit. Il se jeta sur la bonne femme, et la dévora en moins de rien ; car il y avait plus de trois jours qu'il n'avait mangé. Ensuite, il ferma la porte et s'alla coucher dans le lit de la mère-grand, en attendant le petit Chaperon rouge, qui quelque temps après vint heurter à la porte. Toc, toc. « Qui est là ? »
Le petit Chaperon rouge, qui entendit la grosse voix du loup, eut peur d'abord, mais croyant que sa mère-grand était enrhumée, répondit : « C'est votre fille le petit Chaperon rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie. » Le loup lui cria en adoucissant un peu sa voix : « Tire la chevillette, la bobinette cherra. » Le petit Chaperon rouge tira la chevillette, et la porte s'ouvrit.
Le loup, la voyant entrer, lui dit en se cachant dans le lit sous la couverture : « Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche , et viens te coucher avec moi. » Le petit Chaperon rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa mère-grand était faite en son déshabillé . Elle lui dit : « Ma mère-grand, que vous avez de grands bras !
— C'est pour mieux t'embrasser, ma fille.
— Ma mère-grand, que vous avez de grandes jambes !
— C'est pour mieux courir, mon enfant.
— Ma mère-grand, que vous avez de grandes oreilles !
— C'est pour mieux écouter, mon enfant.
— Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux !
— C'est pour mieux voir, mon enfant.
— Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents !
— C'est pour mieux te manger. »
Et en disant ces mots, ce méchant loup se jeta sur le petit Chaperon rouge, et la mangea.

A vous de tirer la morale de l'histoire,

si vous ne voulez pas être dévoré...!

 

Fabien Roussel a bien joué ses cartes et déjoué les provocations au JT mardi soir

 (et une note de GQ)

16 Décembre 2021 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Qu'est-ce que la "gauche", #Élections, #Economie, #Ce que dit la presse, #GQ

Fabien Roussel a bien joué toutes ses cartes, et a déjoué les provocations, au JT de France 2 du 14 décembre 2021.

Il a tiré le meilleur parti possible du format de l'émission de grande audience (plus de 4 millions de spectateurs), et d'un programme qui a pourtant des faiblesses intrinsèques, notamment sur l'Europe. Des militants du PCF réagissent en se plaignant qu'on ne lui a pas laissé développer longuement les propositions contradictoires et européistes de "sécurité emploi formation" escogitées par la "cellule éco", mais c'est tant mieux si ce qu'on retient c'est qu'il veut sécuriser l'emploi de tous !

Si les journalistes étaient "gentils", c'est alors qu'il faudrait s'inquiéter !

Le thème de la sécurité est revenu au premier plan sous l'heureuse présentation de "droit à la tranquillité", tandis que la tentative des journalistes de remettre sur le tapis la polémique sur Z a été habilement esquivée.

Fabien Roussel est sans doute le meilleur candidat qui pouvait sortir du PCF et même de la gauche, tels qu'ils sont. C'est un très bon communiquant, et on ne peut pas l'être sans un minimum de vraies convictions, ce qui manquait cruellement à ses prédécesseurs à la tête du PCF. Il est cependant  limité dans son potentiel par la nécessité de ménager une base militante à la fois frondeuse et conformiste, qui vit repliée sur soi en réunion de section, ou pire comme les gauchistes en chambre d'écho sur Internet. Comme l'a dit son directeur de campagne Ian Brossat, conseiller de Paris qu'on n'attendait pas sur ce terrain "le problème de la gauche n'est pas qu'elle est divisée, mais qu'elle est coupée du peuple".

Il est interdit de dire du bien de la Chine dans les médias, sous peine de lynchage, mais France 2 a fait le travail sans le vouloir. Le montage destiné à diaboliser Roussel en le représentant comme un ami de la Chine a fait pschitt, grâce à l'habilité du candidat, qui en a profité pour dire que, lui, il relocaliserait en France les industries délocalisées dans ce pays. Du coup le message qui est passé involontairement de la part de France 2, c'est que la Chine, si elle n'aurait pas fait disparaitre la pauvreté, l'a considérablement diminuée. Et que Roussel président ne serait pas de ceux qui poussent à la guerre contre le grand pays d'Asie !

En somme, ce n'est pas le candidat rêvé d'un parti communiste authentique (et rêvé), mais c'est d'une façon surprenante le candidat de gauche idéal dans cette difficile conjoncture politique, vu ce qu'il en est de la gauche.

GQ, 16 décembre 2021

 

A BOUT DE SOUFFLE

Comaguer nous adresse ce très pertinent article sur l’épuisement de Macron, qui est aussi celui de la classe dirigeante, et que l’on transforme en “déclin de la France”, comme si le sort de cette dernière était nécessairement confondu avec le leur… On change le personnel faute de changer de politique… C’est d’ailleurs l’analyse que nous faisions quand nous prévoyions la tentative d’une partie du patronat de lui substituer en décembre un autre sauveur. Alternative, qui serait, elle au moins, en capacité d’imposer les “réformes”. L’actuel hôte de l’Elysée, à bout de souffle, ne parait pas en état d’affronter le mouvement social que ces réformes susciteront, en particulier celle concernant les retraites. Mais l’enjeu n’est pas que français, il est européen dans son rapport à un monde en pleine mutation. L’alliance atlantique n’est pas loin et sa méfiance de Macron, qui, comme le souligne Comaguer dit tout et son contraire sur l’OTAN (1). Le Pen, Zemmour sont des leurres et la candidate de droite est donc repartie à l’assaut, mais pour lui créer le terrain, il faut continuer premièrement à donner un statut d’opposant à Zemmour, tout en le disqualifiant à droite; deuxièmement empêcher que la gauche adopte un véritable rassemblement de résistance à la politique du capital. Nous en sommes à des années lumières avec des verts et la social démocratie la plus bête du monde et la concurrence est rude. C’est pourquoi d’ailleurs voir le problème de la gauche dans sa “division” et pas dans la réalité de sa collaboration avec le capital est une erreur fondamentale. Oui Macron est à bout de souffle, mais il faut comprendre les tentatives patronales pour lui trouver un successeur plus efficace. Efficace en matière de “réforme” et d’atlantisme, dans le cadre d’une UE totalement vassalisée, avec le nouveau chancelier social démocrate. Macron, “le toujours pas candidat mais follement amoureux de la France et des Français” selon sa dernière opération de com. Mais pourquoi cette déclaration amoureuse parait d’abord destinée à ses bailleurs de fond pour les convaincre qu’ils ont besoin de lui en se déplaçant légèrement vers une “goche” qui aurait la fibre de gauche et les actes pour la finance ? (note de Danielle Bleitrach histoire et société)

Voir le Président de la République se féliciter du résultat d’un référendum où le taux de participation a été de 44% en baisse de 41% sur le taux du référendum organisé précédemment sur le même sujet est révélateur de son état d’extrême fébrilité et de surmenage. L’ONU ne pourra que refuser les résultats de ce référendum.

Parler de l’OTAN comme une organisation en « état de mort cérébrale » et dans le même temps être toujours le premier à en défendre les débordements impérialistes, aller à Tel Aviv pour se faire l’avocat des positions israéliennes anti iraniennes les plus folles et les plus guerrières, reproduire à quelques jours de la présidence tournante de l’Union Européenne le même discours ambitieux et inopérant tenu à la Sorbonne en 2017 en s’aveuglant soi-même sur l’état de dépendance accru de la France par rapport à l’Allemagne qui domine économiquement et financièrement l’Union autant, de témoignages d’une incohérence profonde et d’un désarroi qu’une agitation permanente ne peut plus masquer.

Quoi qu’il dise aujourd’hui la magie du verbe n’opérera plus. Elle ne fera pas oublier Benalla, les gilets jaunes éborgnés, la justice sans moyens, les soldats français morts pour rien au Sahel, les chômeurs affamés, le copinage effronté avec les émirs corrupteurs, les pires régurgitations coloniales car faire voter par le parlement français la création d’une nouvelle monnaie l’ECO pour des pays africains souverains est un signe  de profond mépris colonial pour les peuples de ces pays.

Avec un tel bilan qui pourrait être alourdi indéfiniment sur quantité de dossiers car nous n’avons pas encore bien mesuré toutes les conséquences sociales à moyen et long terme de la multitude de textes adoptés à la va-vite par un parlement majoritairement inexpérimenté et domestiqué, tout individu raisonnable ne se représenterait pas à la magistrature suprême.

Mais il va le faire.

Ça ne doit pas être un cauchemar. Le personnage est à bout de souffle, son « parti » est épuisé, le nouveau gouvernement allemand s’est précipité à Paris pour lui rappeler ses règles du jeu, l’oncle Biden ne le prend pas au sérieux et sachant son goût prononcé pour les prestations télévisées lui laisse le rôle d’agitateur occidental médiatique tout en lui infligeant des camouflets historiques quand il s’agit d’affaires sérieuses.

La dernière séquence – sublime – du film de Jean-Luc Godard A BOUT DE SOUFFLE met en scène un jeune voyou incarné par Jean -Paul Belmondo. Poursuivi par la police qui vient de le repérer il tente de lui échapper et s’enfuit en courant dans la rue. Claque un coup de feu. Touché dans le dos Belmondo titube mais sa course ivre continue pendant plusieurs secondes, déhanché, déséquilibré il va  finir par s’écrouler.  

Nous en sommes là. Comme les Kanaks, gardons notre calme. L’Histoire reste ouverte.

comaguer

(1) note de Danielle Bleitrach, je suis d’accord avec l’analyse de Franck Marsal sur ce blog, que je rappelle ici : Je crois que l’Ukraine, ni la Russie ne sont pas l’enjeu principal de cette terrible menace d’une nouvelle guerre en Europe. Je crois que le véritable enjeu, c’est le maintien de l’Europe occidentale dans la zone d’influence américaine. La Grande Bretagne est sortie de l’UE, l’Allemagne y a construit patiemment son influence déterminante : industrielle, monétaire. Si l’Allemagne continue à se développer, et si elle obtient : 1. le soutien durable de la France et ses capacités d’industrie militaire et nucléaire, 2. l’accès négocié aux ressources naturelles de la Russie 3. La capacité à commercer avec la Chine en développant les routes de la soie, hors d’atteinte des porte-avions américains, le monde multipolaire est achevé, les USA deviennent une puissance régionale parmi d’autres et devront faire face à leurs contradictions internes. C’est inacceptable pour les USA.
Dès lors, la guerre en Ukraine présente de nombreux avantages, notamment : bloquer le développement des liens commerciaux entre l’Europe, la Russie et la Chine et priver l’Europe de l’accès aux matières premières russes, rendre l’Europe dépendante des USA tant sur le plan énergétique que militaire (car pour l’instant, l’Europe, ni la France ni l’Allemagne ne dispose d’une défense pleinement autonome des USA). Si l’Europe est contrainte de refuser le gaz russe et si les routes commerciales sont coupées, le monde redevient centré sur l’Atlantique et le Pacifique, deux océans encore dominés par les USA. Sans énergie bon marché, l’industrie européenne ne pourra concurrencer les USA, qui conserveront leur prééminence mondiale. Avec le temps, sans guerre, la relation UE – Russie se normalisera nécessairement. Plus les américains mettront le feu entre l’UE et la Russie, plus il sera facile aux politiciens pro-américain en Europe (il y en a pléthore) de s’opposer à l’émancipation de l’Europe vis-à-vis des USA et à la stabilisation de sa relation avec la Russie. Nous reviendrons au bon vieux temps de la guerre froide. L’Europe restera dépendante des USA et la Russie n’aura plus d’autre débouché que la Chine, Chine qui se trouvera elle-même très isolée … et plus fragile face aux attaques commerciales et médiatiques des USA.