vendredi 28 février 2014

PÂQUES 2014: CARTEL D'AIGNAN

L'ami JP.S.  vient de m'annoncer le cartel D'AIGNAN.

Ganaderia VALDEFRESNO, 
pour

David MORA
Thomas DUFAU
Juan DEL ALAMO

Que dire dette affiche? Les Valdefresno du Campo Charro laissent à l'aficionado, partout ou presque, le même sentiment d'inachevé: présentation agréable, certes, mais peu de caste et beaucoup de faiblesse, deux modestes piques le plus souvent, faiblissimes au troisième tiers, pour tout dire impropres à la lidia, selon beaucoup de reseñas, leurs oreilles pèsent peu, et les derniers en date sortis à DAX en septembre n'ont pas dérogé à la règle.
Pas de quoi donc se réjouir sur le choix des toros, encore moins rêver: Comme de coutume, rien d'innovant à espérer de AIGNAN Y TOROS. La déception est donc devenue routinière. Hormis la complaisance dans la corrida pueblerina, où excellent notamment Padilla et Escribano, le choix d'encastes rares n'est pas ici la préoccupation. Pourtant, le créneau ne manque pas d'avenir, comme le prouvent d'autres petites arènes qui savent creuser le sillon de l'aficion.
Enfin, certains  coletudos du jour ne sont pas faits pour nous rassurer. Les revisteros ont beau répéter les mêmes affirmations présomptueuses vantant les qualités prétendues de tel ou tel, elles ne deviennent pas pour autant une vérité: et l'opinion des aficionados ne change pas pour autant.
Sans oublier les décisions scandaleuses que se permettent les palcos, illégitimes, antirèglementaires, mais pour faire plaisir aux amis, que ne ferait-on pas, ici et là?

JUSQU'À QUAND, L'ENFUMAGE EUROPÉEN ?



UNION EUROPÉENNE : L’enfumage ne date pas d’aujourd’hui…Et il faudrait continuer à les croire !


« Si le traité de Maastricht était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

- « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

- « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

- « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

- « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

- « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

- « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)


mardi 25 février 2014

UN AUTRE BLOG A VISITER, DÉFENSEUR DE LA FIESTA BRAVA

Pureza y emoción

C'est un nouveau blog que je viens de découvrir: et je vous invite,  vous tous les amis aficionados, à lui faire une petite visite, vous serez  sans doute conquis comme moi par l'engagement de son jeune auteur, au service de la fiesta intègre. ¡Aficionado con casta!

Ici, le discours n'est pas enrobé d'emphase empruntée et  trompeuse, le style de son  auteur et clair et concis, sans concession pour les tricheurs qui font des passes sans toréer, mais tout entier dévoué à la défense du seigneur TORO-TORO et de la vraie lidia.  

Une nouvelle bouffée d'air pur dans la grisaille de la doméquisation aseptisée et de ses adeptes gourmands d'oreilles injustifiées et d'indultos de m.....

Enhorabuena por tu blog de afición integra, felicidades por tu ànimo, David ZAMORA.  

 

vendredi 21 février 2014

LE CRI DU COEUR D'IMANOL SANCHEZ


Beaucoup d'entre vous connaissent IMANOL: jeune torero au grand coeur, il a reçu l'alternative à CALATAYUD, en Septembre dernier, l'ami Jean L. et d'autres aficionados Français avaient fait le déplacement, tous sont unanimes pour souligner son envie, son courage, sa rage de réussir. 
Il fait partie de ces jeunes qui rament et souffrent pendant que quelques "figuras" milliardaires se gavent et ne manquent pas une occasion d'en vouloir toujours plus. Sans aucun respect pour personne.

Il a réagi aux prétentions et aux rodomontades honteuses du G5, qui a refusé de toréer à SÉVILLE, sous le fallacieux prétexte que l'empresa leur manquait de respect. Lisez: ne les rétribuait pas suffisamment....Eux qui n'affrontent dans les ruedos que des animaux sur mesures, qu'ils choisissent et imposent aux éleveurs et au mundillo. Des gatitos et des borregos, disent les aficionados du pays voisin. Sans aucune honte, ils se posent en victimes.


Voici ce qu' a écrit Imanol sur le blog de "TOROS EN ANDORRA"


"Je rigole, lorsque j’entends les figuras parler de leurs problèmes. C’est nous, au bas de l’échelle, qui pouvons pour ce qui nous concerne nous plaindre de  véritables problèmes.
Dès que je découvris la déclaration ( du G5 ), j’éprouvai un drôle de sentiment, et je voulus le lire jusqu’au bout.
Un article qui prétend être guidé par la seule rigoureuse vérité. Le texte traite des thèmes habituels inhérents aux toreros qui débutent leur carrière. (Malheureusement, ceci est vrai pour eux seuls) Je vous invite à me lire.
Ami-e-s, je retourne à l’écriture, j’aurais préféré le faire sur un autre ton avec beaucoup plus de plaisir, mais aujourd’hui  c’est pour parler d’une dure réalité, que malheureusement les aficionados ne peuvent imaginer, encore moins les medias taurins qui n’accordent ni ne veulent nous accorder aucun écho. Nous qui sommes au bas de l’échelle, parler des dures conditions que nous endurons. Non pas pour inspirer la pitié, mais seulement pour que vous preniez conscience de la dureté de notre profession, la plus belle, c’est vrai, mais la plus ingrate, si l’on pouvait peser les peines et les joies. Il n’y a rien de mieux, n’en parlons pas. Je vais vous faire rire, si je m’indigne de ce que les figuras se chamaillent avec un empresario et décident ensuite de ne pas toréer à Séville, qualifiant de « problème » ce non événement alors que du point de vue financier et professionnel tous ces toreros sont bien pourvus, ils n’en ont aucun, de problème, ils savent par avance qu’ils auront la saison bien remplie de contrats, d’une manière ou d’une autre, et quoi qu'il arrive.
Le problème, c’est nous qui le vivons chaque jour, ceux du bas de l’échelle, les sans grades, les modestes, nous qui luttons pour nous faire un nom dans la toreria, nous qui consacrons notre vie à lutter pour réaliser notre rêve d’exister, mais qui sommes raides,  sans un radis, vivant chichement. Notre problème à nous c’est qu’avec 200 euros sur notre compte, nous devons attendre une opportunité pour toréer – une corrida, dans mon cas – ce qui peut donner des mois d’attente, si cela arrive, parfois même chercher un travail quelconque, pour gagner quelque argent qui nous servira à entretenir nos doutes, en  premier lieu à remplir le réservoir de la voiture pour continuer à pouvoir nous entrainer afin d’être toujours fin prêts pour un éventuel tentadero, sinon, nous n’avons même pas de quoi accomplir le minimum, comme par exemple nous préparer  au campo, quelque maigres moyens pour acheter un capote et participer à une quelconque activité taurine où nous pourrions être un jour invités.  Nous endurons en permanence le même problème, en ne travaillant pas, nous tentons de vivre de cette profession, parfois en combinant menus travaux et entrainements, pour pouvoir toréer 3, 2, ou 1 seule corrida l’an. Notre problème à nous, c’est que malgré tout cela il nous faut tout de même nous lever chaque jour à 7 heures, même si nous ne toréons pas, pour nous maintenir en forme et être toujours prêts, à attendre ce jour fabuleux où un empresario nous appellera pour nous annoncer qu’il nous met sur une affiche, nous profitons alors des derniers jours pour peaufiner notre travail, pour réussir cette corrida  qui pourrait changer notre vie.  Problème encore pour nous que de se consacrer à toréer tous les encastes, même si au sein de notre dure condition des sans grades nous nous faisons traiter de fous, alors que ce que nous recherchons, que je recherche, c’est que l’aficionado croie en moi, m’admire, et me respecte.

Voilà la situation qui est la nôtre, à nous, ceux du bas de l’échelle, chers amis, c’est la seule et unique réalité que vous devez connaître, dans la plupart des cas afin que quelques empresas nous considèrent au moins avec le moindre respect qui nous est du. Voilà ce qui est réellement notre problème, ou tout au moins pour mon cas personnel, l’envie d’être enfin considéré comme une être humaibn, et la possibilité de pouvoir être prêt à 200 pour 100 à tout moment pour pouvoir faire mon métier, l’envie de continuer à pouvoir apporter quelque chose de moi à ce métier, en recherchant des collaborateurs pour développer la tauromachie, selon nos – mes – humbles  moyens et possibilités.
Publié par IMANOL SANCHEZ, sur le blog de TOROS EN ANDORRA

MANOUCHIAN! VINGT TROIS RÉSISTANTS GRÂCE A QUI NOUS VIVONS LIBRES!


SOUVENONS-NOUS : IL Y A 70 ANS, le 21 février 1944 , 23 résistants du groupe Manouchian tombaient pour la France [image: groupe-manouchian.jpg] [image: memoire-manouchian.jpg] [image: derniere-lettre-de-manouchian.jpg] * Le Groupe Manouchian* *Ces étrangers et nos frères pourtant


      Le Groupe Manouchian
Ces étrangers et nos frères pourtant

lundi 17 février 2014

LA PHRASE DU JOUR, DE DON CELESTINO CUADRI.


Je connais des gens capables de perdre de l’argent en fréquentant des arènes où très souvent il ne se passe rien. . Notre langage taurin fait accomplir ceci : des personnes parcourent des milliers de kilomètres pour découvrir les élevages, apprenant ainsi à mieux connaître leurs cartes génétiques sans être eux-mêmes éleveurs, ils ont choisi de tenter de comprendre le pourquoi des choses, en étudiant une science que notre langue seule leur permet de comprendre, comme un venin qui court dans leurs veines. Ce langage tourne autour d’un totem, qui n’est autre pour nous qu’un animal, fort de sa puissance, un symbole qui ne peut pour nous éveiller aucune quelconque pitié, un animal qui est seulement ceci : un toro.

Don Fernando CUADRI
Source : El Chofre.com

samedi 15 février 2014

"BELLAS ARTES" Y VERGÜENZA....


Durant l'hiver, après ses prestigieux exploits taurins de la temporada, face aux redoutables fauves - entendez par là gatitos -petits chats- et borregos -agneaux  invalides- qu'il a affrontés dans les ruedos, comme l'atteste cette photo prise à MEXICO, juli le roublard remet çà, il soigne son carnet mondain comme savent le faire les pipoles, il organise chez lui, à MADRID, des coktails qui font parler de lui, pour que les organisateurs de la fiesta-circo ne l'oublient pas dans leurs calendriers des "grandes" ferias où se presseront les VIP et tous les publics  friqués avides de se montrer, et d'agiter des mouchoirs, à défaut d'apprécier la lidia de toros intègres. Mais pourquoi se gênerait-il,puisque les Casas de ce monde lui permettent tout et même le pire, en le programmant à coups de milliers d'euros, comme un héros incontournable, alors qu'il n'est que le roi des margoulins et des tricheurs? 
Voici ci-dessous  la carte d'invitation qui circule sur le net. 

Si le coeur vous en dit, il est encore temps, pour le 26 Février...
Prévoir un habit adéquat. Surtout ne pas poser de question qui pourrait fâcher. Chez les ganaduros milliardaires, toute honte bue, on lisse son image en préparant la caisse: et qu'importe l'avenir de la FIESTA BRAVA!



 

vendredi 14 février 2014

JUAN PEDRO, DOMECQ, ET COMPAGNIE: LE FRIC, RIEN QUE LE FRIC!


La plupart des matadors qui occupent – ou ont occupé – un rang important dans l’escalafon, se sont découverts une passion commune: l’élevage de toros.
Leur rêve à tous, aujourd’hui : à chacun sa finca, à chacun son fer, entrer dans la cour des grands! Rien que de très normal....
Mais pas élever n’importe quels toros : curieusement, ils choisissent tous ou presque des animaux du même encaste, d’origine Domecq, ils ont laissé de côté les encastes dits « minoritaires », ceux qui peuvent apporter à la corrida le piquant et l’imprévu qu’en attendent les aficionados, pour leur préférer, presque tous , les produits doméquisés, que la génétique, les croisements, la nourriture, au seul service de l’affairisme et de la cupidité des hommes, ont transformé en collaborateurs décastés et noblissimes, le plus souvent scandaleusement invalides, pour remplir les arènes de spectateurs gogos qui se pâment devant les toreros, sans accorder la moindre importance à la puissance et à la fiereza disparues des vrais toros de combat, les seuls fauves dignes de justifier le sens profond de la CORRIDA DE TOROS, sans lesquels les spectacles tournent à la parodie, à la « fiesta circo », à mauvais traitements à des animaux sans défenses.
Ainsi disparaissent les ganaderias de l'honneur, - on a tous en mémoire entre autres celle des Coquillas de Mariano CIFUENTES-  pour laisser place au seul négoce de la honte de bovidés, faibles, mutilés, impropres à la lidia.
Le « toro » que veulent ces pseudos aficionados n’est qu’un symbole, une image, quatre pattes, des cornes, mais pas trop, du trapio, sans plus, peu importe, de la graisse, il leur faut juste un faire valoir, aucune importance s’il s’affale au moindre picotazo, si sa langue touche terre au moindre muletazo, s’il s’agenouille sans pouvoir se relever seul, comme un bovidé qui se couche pour une sieste à l’ombre des arbres du campo.... Pourvu que le maestroooo le fasse défiler cent fois et coupe deux oreilles ! Ou mieux : qu’il indulte le petit animal dont la « bravoure » aura consisté à boire le leurre pendant une faena aussi insipide qu ‘interminable.
Des DOMECQ ! Ces ombres de toros pour la « corrida » d’aujourd’hui, c'est ce que nous mijotent les nouveaux commerçants ganaderos, après qu'ils aient raccroché leur traje de luces.
Voici quelques exemples de ces toreros qui se consacrent exclusivement à l’élevage du mono encaste Domecq, cause principale de la disparition des élevages variés et réputés pour leur caste, qu’ils refusent d’affronter eux-mêmes, pour s’enrichir avec le moins de risques possibles, et s’ensuit, parallèlement à leur lucre personnel, la désertion inéluctable des arènes et dont nous sommes témoins

Dans sa finca « Los Almorchones », (BADAJOZ ), Antonio FERRERA élève quoi ? Du Juan Pedro DOMECQ !

Dans sa finca « Los Prados », (ALBACETE), Qu’élève Dàmaso GONZÀLEZ CARRASCO ? Du DOMECQ !

Dans sa finca de LEDESMA (SALAMANCA), Domingo LOPEZ CHÀVEZ élève des DOMECQ !

Dans la sienne, « Cetrina », à NAVAS DE SAN JUAN, Enrique PONCE ne déroge pas : avec du DOMECQ DIEZ. !

ESPARTACO, à « Majavieja », et à « Cerrojorras », (CONSTANTINA), s’adonne aux JPD y DIEZ !

RUIZ MIGUEL, le gladiateur adulé des Vicois, dans sa finca « El Algarrobo » (ALGECIRAS) et à CADIZ, « Los Barrios », possède des produits Manuel ALVAREZ GÒMEZ, origine DOMECQ !

Chez Roberto DOMINGUEZ , à « Valdeterrazo de Marqués » (BADAJOZ), on trouve du Daniel RUIZ YAGÜE, et du JANDILLA (JPD) !

Chez Paco CAMINO , à Talayula ( CACERES), on trouve une branche des Marqués de DOMECQ
à côté des Santa Coloma de BUENDIA !

A BADAJOZ, TALAVANTE possède des JPD et des CUVILLO, ce que Javier SALAMANCA traduit par : TALAVANTE – DOMECQ, via GUATELES Y CUVILLO !!

A AVILA, dans sa propriété «  Los Tomillares », César JIMENEZ élève du Santa Coloma et du DOMECQ !

A JAEN, à « El Toconal », c’est du MATILLA DOMECQ qu’élève EL FANDI !

A « El Freixo », (BADAJOZ ), le JULI ne pouvait que posséder des DOMECQ !

Fran RIVERA , à « Buenvecino » ( BADAJOZ), a choisi des NUÑEZ (origine JPD, donc très recherchés par les « figuras ») !

Jesulin de UBRIQUE , « Dehesa Ambiciones », (CADIZ), ne déroge pas à la règle de ce petit monde : DOMECQ !

Pour Jimenez FORTÈS, « La Fiscala », ( MALAGA), c’est également des NUÑEZ, JPD et TORESTRELLA.

Édifiant, non ?
(Source: "El Toro de CENICIENTOS"  - Javier SALAMANCA-)

La "lista negra 2014" de ganaderias publiée par l'association "EL TORO DE MADRID" sera publiée ici sous peu.

mercredi 12 février 2014

FAUT-IL VOTER AVEC LES COCUS MONÉTAIRES EN LEUR LAISSER CROIRE QUE NOUS GOBONS LEUR "CONFIANCE DES MARCHÉS"?

Emmanuel Todd: « L'euro, un veau d'or français »
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Vue de Washington ou de Tokyo, la zone euro est le trou noir de l'économie mondiale. Il faut en sortir. Aux élections européennes, l'abstention sera la seule arme contre le FN et les européistes.
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Marianne : A quel moment s'est formée votre conviction selon laquelle nous devions sortir de l'euro ?

Emmanuel Todd : J'ai commencé par dire qu'il ne fallait pas y entrer. Quand débute le débat sur Maastricht en 1992, je suis en train d'étudier la divergence des sociétés industrielles sur l'immigration - France, Allemagne, Grande-Bretagne -, où je mesure des taux de mariages mixtes très différents. Je n'imagine pas ces nations dans une monnaie unique, je vote non. Le oui l'emporte. Je m'intéresse alors à la façon dont l'euro dysfonctionne, et, bon citoyen, je milite pour un protectionnisme européen capable de sauver cette monnaie mal pensée. Dans Après l'Empire (2002), j'ai de grands projets d'unité franco-allemande, j'écris que la France devrait partager avec l'Allemagne son siège au Conseil de sécurité. Enfin, vers 2009, influencé par la lecture d'économistes mainstream comme Xavier Timbeau et Patrick Artus, j'admets que l'Allemagne est sur une trajectoire nationaliste et utilise l'euro pour détruire ses partenaires. Nous devons sortir de ce rapport monétaire sadomasochiste avec l'Allemagne.

 
Même les économistes qui souhaitent la sortie de l'euro évoquent un recul provisoire du niveau de vie et une grosse déstabilisation... Pensez-vous que les peuples soient prêts à accepter cela, même transitoirement ?

E.T. : Jusqu'ici les peuples étaient tenus par la peur, celle de perdre leurs économies, notamment. Beaucoup de gens s'imaginaient jusqu'à il y a très peu de temps qu'ils avaient plus à perdre qu'à gagner à un choc chirurgical monétaire. Mais les choses changent car le niveau de vie a commencé à baisser. Il y a un élément magique dans la monnaie. Les gouvernants français, intellectuellement, ne sont pas au niveau. Ils n'ont pas lu Knapp, indispensable auteur allemand d'une Théorie étatique de la monnaie (1905), que Keynes avait fait traduire. Nos benêts d'énarques n'ont jamais envisagé les conséquences concrètes du transfert de souveraineté monétaire en Allemagne. Une sortie de l'euro provoquerait certes une désorganisation temporaire mais, surtout, des effets économiques bénéfiques et rapides, avec en prime une révolution sociale, le nettoyage d'élites mal formées, vieillissantes, archaïques, quelque chose de comparable à ce qui s'est passé en 1945.

 
Pourquoi le débat sur la sortie de l'euro prend-il aussi peu chez les politiques, notamment au PS ou au Front de gauche ?

E.T. : L'euro ne marchera jamais. Il n'y a guère qu'en France qu'on ne s'en rend pas compte. Les non-débats hexagonaux sont fastidieux, les dirigeants français sont fades (Hollande, Moscovici, Fabius, Mélenchon, Juppé, Bayrou, etc.), et je me suis remis à voyager. Vu de Washington, de Tokyo ou de Berne, la zone euro est le trou noir de l'économie mondiale, l'un des deux grands facteurs dépressifs planétaires, l'autre étant l'excédent commercial chinois. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon font des politiques de relance monétaire et regardent d'un air navré l'euro, cette construction archaïque, qui interdit toute relance monétaire à la France. La Suisse, quant à elle, achète à n'importe quel taux des bons du Trésor français libellés en euros pour empêcher la hausse du franc Suisse. Eh oui, c'est cela que nos dirigeants appellent «la confiance des marchés» ! Quels cons ! De véritables cocus monétaires !

 
L'échec de l'euro a déjà des effets géopolitiques. Pas seulement l'effondrement de l'influence française à l'intérieur et à l'extérieur de la zone, mais aussi une perte d'influence de l'Europe entière. La Russie se sent assez forte pour tenter de reprendre le contrôle de l'Ukraine parce que l'Europe, ravagée par l'austérité germanophile, n'exerce plus une force d'attraction suffisante.

 
Mais alors, je vous repose la question : pourquoi cette paralysie de la classe politique française sur la question ?

 
E.T. : Je relis Astérix en ce moment. C'est excellent pour comprendre l'attachement à l'euro des élites françaises. Il s'agit tout simplement d'un provincialisme de petit village gaulois. Des Gaulois qui auraient choisi de se soumettre aux Goths ! [Rires]

 
Le discours sur l'euro se teinte désormais bizarrement d'une nuance franchouillarde. Ce qui m'a frappé, et choqué, je dois le dire, dans la conférence de presse du vice-chancelier Hollande, c'est son appel inattendu et incongru au patriotisme français. Il a du reste associé ce patriotisme à la nécessaire collaboration avec l'Allemagne. Question pour jeu télévisé : qui a déjà fait ça dans l'histoire ? Pourtant, la conférence de Hollande m'a rempli d'espoir. Bon, on voyait qu'il se sentait bien, heureux de son nouveau statut de sex-symbol, mais j'ai senti une tension, du pathos, quand il s'en est pris aux «extrémistes» qui veulent la fin de l'euro. Pour comprendre cette émotion, il faut voir la nature religieuse de l'euro, veau d'or, monnaie sacrificielle. L'ébranlement d'une croyance religieuse s'accompagne toujours d'une résistance intérieure qui engendre des fondamentalismes de transition : jansénisme, islamisme, intégrisme monétaire hollandiste. Je sens chez Hollande un ébranlement dans les couches profondes, préconscientes. Son inconscient sait, et il a peur. Peur de perdre sa foi, peur peut-être d'être un jour accusé de non-assistance à nation en danger. Le concept d'immunité semblait aussi le passionner.

 
En matière d'ultime argument, les partisans du TCE s'étaient appuyés, lors du référendum de 2005, sur la nécessaire sauvegarde de la paix entre les peuples européens. Aujourd'hui, on voit la haine monter partout, notamment entre la Grèce et l'Allemagne...

 
E.T. : Durant un symposium sur le libre-échange à Kyoto, écoutant un économiste japonais, j'ai admis la simplicité de ce qui nous arrivait. Celui-ci voyait l'étalon-or et la fixité des changes comme la condition d'une compétition maximale entre nations. On nous vend l'euro comme un espace de protection contre la mondialisation. Mais la monnaie unique, en interdisant, comme l'étalon-or, la dévaluation, définit une zone d'affrontement maximal, une guerre économique. Sortir de l'euro, c'est la paix. Cessons cette guerre ridicule avec l'Allemagne.

 
Vous avez récemment commencé à appeler à l'abstention aux prochaines européennes. Quel est votre pronostic pour ces élections ?

 
E.T. : Le verrouillage de la question monétaire par les oligarchies partisanes crée un sentiment d'impuissance. Le Front national, dont la fonction est en fait de sécuriser le système, souille toutes les solutions économiques raisonnables. Mais les élections européennes nous offrent un puissant moyen d'action. L'idéologie européiste a mis en place une institution bidon, le Parlement européen, feuille de vigne du pouvoir réel. Le Parlement se prétend incarnation de la démocratie au moment même où la machine européenne devient la domination implacable des petites nations du Sud par les nations plus puissantes situées au Nord. Les députés européens ne servent à rien, même s'ils sont eux-mêmes très motivés pour être élus : une mandature de cinq ans à ne rien faire, rémunérée 10 000 € par mois (impôts déduits, primes intégrées) leur permettra d'acheter un appartement ou une maison de campagne. Les citoyens français peuvent refuser d'entrer dans ce jeu dégradant. S'abstenir, ce sera voter à la fois contre les partis européistes et contre le FN. Au-dessus d'un certain niveau, le taux d'abstention vaudra référendum. Le ridicule tuera l'idéologie.
 Propos recueillis par Aude Lancelin