vendredi 6 octobre 2023


Morts de honte !!! par Gérard Garcia

Publié le 04/10/2024 à 11:25 par pcfob Tags : sur moi monde animaux pouvoir

Morts de honte !!!

Comme des animaux qui ont faim, ils pensaient pouvoir profiter eux aussi de l’endroit où coule de l’eau fraîche et pousse l’herbe verte.

Qui aurait pu penser que Marine et Eric voulaient les empêcher de paître.

Que les princes et les rois au festin de Versailles, fixeraient des quotas, décideraient du sort des pauvres misérables.

Même François le pape avait honte de ces fastes indécents avait honte pour eux de tant d’indifférence.

Moi j’ai bien connu ceux qui étaient venus chasser par Franco et ceux de la phalange, tous ceux qu’on appelait les Espagnols de merde.

Ceux qui ont voulu rester, quand la sécheresse dans le sud de l’Espagne les poussaient aux vacances vendanges.

Des bons chrétiens, pourtant il a fallu qu’au quotidien ils prouvent, à nos âmes bien nées qu’ils étaient « plus propres, plus honnêtes, plus vaillants que nous-mêmes. »

Discrimination positive « sans doute » ou juste intolérance, pour bien prouver qu’ici sur la planète terre, il y a toujours des maîtres et des « propriétaires. »

On pourrait même dire que la honte nous gagne quand on pense qu’il reste encore sur notre joli monde « tant de terriens de merde ».

Gérard Garcia

 

A l’internationale, ça branle dans le manche !

dimanche 1er octobre 2023, par Jacques COTTA    "LA SOCIALE"

Ah, si la situation internationale pouvait se limiter aux manoeuvres macroniennes censées redorer le blason présidentiel ! La presse française —singulièrement la presse audiovisuelle— serait alors dans le juste avec le pape venu délivrer la bonne parole migratoire, après le souverain britannique confiant ses préoccupations climatiques, accueilli en grande pompe par Macron notamment dans une réception à Versailles d’un montant évalué à 6 millions 270 milles euros, que les 10 millions de français qui se privent pour manger à leur faim auront appréciée.

Mais si on veut bien quitter les ministres, conseillers, people, et autres parasites venus se remplir la panse au frais de la Nation, la situation internationale pose des sujets des plus préoccupants.

Trois éléments nous concernent directement.

-> D’abord la guerre en Ukraine, banalisée, qui semble être maintenant installée durablement dans les esprits.

Le bruit des armes y est quotidien. Des dizaines de milliers d’Ukrainiens et de Russes y perdent leur vie dans l’indifférence générale …

Les destructions sont massives montrant l’efficacité des armes utilisées.

La coalition semble inébranlable, et dans l’euphorie de la barbarie, au Canada, le parlement en présence de Zelensky, rend hommage à "un des premiers combattants contre les russes", Yaroslav Hunka, âgé de 98 ans, ancien enrôlé dans la Division SS Galicie, accusée d’avoir perpétré de nombreux massacres.

Mais si on revient aux choses qui perdureront après la guerre, les questions économiques et agricoles notamment, les coalisés montrent des failles. Alors que l’OTAN pousse à la roue pour l’adhésion de l’Ukraine, on apprend de Varsovie que le missile qui s’était abattu sur le sol polonais et tué deux civils dans le village de Przewodow, près de la frontière avec l’Ukraine, en 2022, était ukrainien et non russe.

La situation avec la Pologne se tend.

A partir de 2024, Varsovie n’aidera plus les réfugiés ukrainiens. Le gouvernement polonais a quarante millions de citoyens à gérer, et ils sont sa priorité. Parmi eux ses paysans, menacés par l’exportation du blé ukrainien à bas prix, encouragée par l’union européenne. La Pologne réagit, et c’est devant l’OMC où l’Ukraine a déposé plainte au nom de la libre circulation des marchandises que l’affaire est maintenant portée. Avec la Pologne, la Hongrie, la Bulgarie la Roumanie et la Slovaquie font bloc. L’UE a fixé au 15 septembre la date limite de l’ambargo sur les grains ukrainiens, date dont les pays concernés ont déjà déclaré qu’ils n’en n’avaient que faire. Le ton monte. Zelensky accuse sans les nommer ses alliés devant l’ONU. Conséquence, le premier ministre polonais annonce que désormais, son pays, l’ex plus proche allié de l’Ukraine qui a déjà déboursé plus de 3 milliards de dollars en aide militaire ne livrera plus d’armes à l’Ukraine. Les différentes périodes électorales qui s’ouvrent — en Pologne, mais aussi aux USA— et la situation économique dans chaque pays, marqué par l’inflation, rendent fragile un front qui se voulait encore il y a quelques mois inébranlable.

Restent Macron et les forces politiques françaises, unanimes, de la FI au RN en passant donc par LREM Renaissance, et sa serpillère LR, pour voter un plan de financement militaire de 413 milliards d’euros. Pour la gauche l’effort n’est pas suffisant ! Des députés LFI demandent plus ! Ce sont les services publics qui seront satisfaits, car c’est évidemment la politique sociale qui devrait bénéficier au plus grand nombre en France qui va être lourdement pénalisée. Suppressions de poste, diminution des missions, attaques contre la sécurité sociale sur laquelle lorgnent les grands capitalistes, ou encore sur l’assurance chômage… C’est cela l’effort de guerre qui fait les choux gras des marchands d’armes, aujourd’hui comme hier, en Ukraine de nos jours comme en Syrie il y a quelques années.

-> Macron dans la galerie des glaces à Versailles n’a plus de problème avec le Niger.

Lui qui accusait de voir l’ambassadeur retenu en otage, nourri par de simples rations militaires —les versaillais d’un soir n’ont pas eu à verser une larme— a donc rapatrié ambassadeur (pas si retenu que cela) et troupes françaises.

L’évènement serait anecdotique s’il ne témoignait du rejet de la France en Afrique. Il y a là évidemment les résidus de la France-Afrique, des belles années de la 5ème république soutenant tout ce que le continent comptait de dictateurs, mais il y a plus, la note macronienne que n’y est pas passée inaperçue.

L’arrogance de Macron, une façon de faire méprisante, mais aussi la dégradation des moeurs qu’il incarne et que les africains ne comprennent et ne supportent pas de la part d’un chef d’état. Le doigt d’honneur tendu par un repris de justice sur l’épaule duquel se prélasse le président français aux Antilles, le tout, qui rappelle plus le cabaret « Madame Arthur » et ses numéros de travestis que le perron de l’Elysée, a été dévastateur. Le spectacle depuis du président français qui « s’enfile » des bières en boite de nuit accentue le trait. Le tout dans un contexte marqué par une idéologie woke portée par nos « élites », people ou autres journalistes qui se veulent à la mode que décidément la grande partie du continent africain, comme de notre pays d’ailleurs, ne comprend et n’accepte pas.

-> Enfin, les états-unis touchés par un véritable typhon social.

Lorsqu’il s’agit de simple météo, les images font rage. Là, la discrétion est de mise.

Pourtant ce qui frappe l’industrie automobile américaine devrait en toute logique préoccuper les « grands » de ce monde, quelle que soit leur nationalité, les grands patrons, les actionnaires et les gouvernants.

Pour répondre à l’inflation, les ouvriers de Détroit chez Ford, General Motors ou encore Stellantis sont en grève depuis la mi septembre pour obtenir une augmentation de salaire de 40% !

Ils expriment avec détermination, imposant leur rythme à leur syndicat des ouvriers de l’automobile UAW, la force de l’unité ouvrière. Ils incarnent tout simplement la loi de la lutte des classes qui oppose le travail au capital pour permettre à des millions de vivre dignement.

On a coutume de dire que les grands phénomènes qui touchent les USA ne tardent pas à déferler sur l’Europe. Les gouvernements, dont celui de Macron, devraient se préoccuper de la situation.

Pour gagner le blocage des prix contre l’inflation, l’augmentation des salaires et leur indexation, les forces sont intactes.

A bon entendeur….

Jacques Cotta
Le 1er octobre 2023

 

Publié par El Diablo

PRÉCISION : L’opinion exprimée dans cet article n’engage que son auteur

Lettre d’excuses à Rudy Reichstadt, pour l’avoir confondu avec Julien Pain, que je confonds aussi avec Emmanuel Macron, que je confonds aussi avec Giscard d’Estaing, etc.

Par Aymeric MONVILLE

Cher Monsieur Reichstadt,

Vous me faites l’honneur de publier une photographie de moi, en compagnie de Michel Collon, en une de votre site intitulé « Conspiracy Watch ». A la dernière fête de l’Humanité, sur le stand du Pôle de Renaissance Communiste en France, j’avais commis, selon, vous le crime de vous avoir confondu avec M. Julien Pain, de France Info. Ce M. Pain a même cru bon d’en faire un sujet télévisé. De cette confusion, passagère et vénielle me semble-t-il, étant donné la proximité idéologique à tu et à toi entre M. Pain et vous-même, vous avez jugé bon, sans doute parce que vous manquiez d’inspiration, de faire rien moins que le « complot de la semaine », en reprenant ce même article dans l’hebdomadaire « Franc-tireur ».

En publiant le même article dans deux médias différents, vous ne craignez donc pas qu’on confonde ainsi « Conspiracy Watch », non plus avec « France Info », mais avec le journal au nom usurpé « Franc-tireur » ? Mais ici, c’est vrai, aucune confusion n’est possible entre vous et M. Christophe Barbier qui dirige « Franc-tireur », car ce dernier prend toujours soin de se distinguer par son écharpe rouge – rouge comme les idées qu’il n’a pas -, et ce, quelle que soit l’ampleur du réchauffement climatique. J’ai donc découvert que dans ce journal « Franc-Tireur » sévit tout aussi régulièrement – ce sont les charmes de l’entre-soi – M. Enthoven. Ce même M. Enthoven à qui j’avais tenté de démontrer il y a quelque temps, sans recevoir bien sûr de réponse de sa part, qu’il y avait une honteuse liste noire à France Culture contre tous les auteurs de la maison d’édition marxiste, Delga, que j’ai cofondée il y a bientôt vingt ans et qui compte plus de deux cent cinquante titres à son catalogue. Car là aussi, même si l’on se réclame de la « France » et de la « Culture », l’entre-soi reste de mise. Quand il s’agit de France Culture d’ailleurs, j’ai tendance à confondre aussi M. Enthoven avec M. Couturier, auteur du livre immortel Macron un président philosophe.

Et je vous confonds presque un peu tous, je l’avoue, avec M. Macron, que je confonds parfois – signe que j’ai déjà un certain âge – avec le président Giscard d’Estaing et avec la bourgeoisie orléaniste de toujours.

J’ai aussi tendance à confondre les différents médias d’État entre eux et il me semble que Conspiracy Watch bénéficie également de financements étatiques, via le Fonds Marianne, n’est-ce pas ? Pour le contenu, j’ai aussi bien du mal à distinguer les nuances entre vous tous ; dans cette idéologie que vous professez, de type première année de Sciences Po, où il s’agit de former les petits cadres de la bourgeoisie à l’anticommunisme pour les nuls. Par exemple, le titre « Une faucille, des marteaux », que vous n’avez pas honte de recycler, vous semble très frais. Si vous voulez mon avis, il est assez rance, mais c’est parce que je commets tous les jours, sans doute, le crime de ne pas penser comme vous.

Vous qualifiez la scène de la fête de l’Huma où M. Pain s’est retrouvé « confondu » dans tous les sens du terme, de digne d’une pièce de Ionesco. J’ai plutôt tendance à voir en vous les juges du procès de Kafka dont Joseph K. ne parvient ni à voir les visages ni à discerner la personnalité.

S’il y a bien un seul visage en tout cas, c’est celui de l’anticommunisme de toujours. Le Parlement canadien l’a bien démontré récemment en applaudissant à tout rompre un vieux nazi. Je terminerai en évoquant Fidel Castro, dont les peuples, au contraire de ce qui arrive avec des gens comme vous, gardent bien la mémoire parce qu’il a, lui, risqué tant de fois sa vie pour les autres. Il avait en effet, trente ans plus tôt, bien résumé notre époque : « La prochaine guerre en Europe sera entre la Russie et le fascisme, sauf que le fascisme s’appellera démocratie. »

J’ai l’honneur d’être, Monsieur, Monsieur comment déjà ? ah oui, M. Pain, M. Prudhomme, non, M. Reichstadt, bref, j’ai l’honneur d’être... ce que vous voulez parce que ça m’est égal.

Aymeric Monville, 1er octobre 2023.

 

Publié par El Diablo

 

Française mariée à un Russe, Karine Bechet-Golovko est docteur en droit, professeur invité à l'Université d'État de Moscou.

 

Qui se bat en Ukraine finalement ?

Par Karine-Bechet-Golovko

Ce n’est pas la guerre des Ukrainiens, c’est une guerre internationale, la Première Guerre globale, qui se joue contre la Russie, mais aussi contre l’État, compris comme organisation nationale de gouvernance d’un peuple, estime Karine Bechet-Golovko.

Le coup d’État du Maïdan avait été dénommé la «Révolution de la dignité», mais cette «dignité» était baptisée au sang de la guerre civile, d’un sang répandu par des hordes néo-nazies décomplexées, entretenues, financées et équipées pour plonger le pays dans le chaos et le peuple dans la terreur. Une étrange conception de la «dignité». Plutôt un acte de langage, qui est censé recréer une réalité, la réécrire.

Tout comme ce Maïdan, la guerre chaude, qui s’est enclenchée sur le territoire ukrainien, est présentée comme une sorte de guerre de libération ou de défense nationale de l’Ukraine contre un agresseur, la Russie. Le narratif reste le même, puisqu’il s’inscrit dans la prolongation : nous sommes toujours dans la consommation de la rupture provoquée entre les peuples frères que sont les Ukrainiens et les Russes, depuis plus d’un millénaire. Ce narratif est entretenu par le mythe du soulèvement populaire patriotique ukrainien.

«Dès l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février, nombre de civils se sont mobilisés pour défendre le pays en s’engageant dans la défense territoriale, la force de réservistes de l’armée», lisait-on par exemple en décembre 2022 dans Marianne. Un exemple parmi d'innombrables autres.

Les pertes ukrainiennes  de l’armée régulière sont particulièrement importantes. En Occident, les personnalités politiques critiques face à cette guerre atlantiste avancent des chiffres exorbitants, allant de 300 000 militaires ukrainiens pour Robert Kennedy à 500 000 pour la députée européenne irlandaise, Claire Daly. Le ministère russe de la défense estime à 71 500 les pertes humaines de l’armée ukrainienne depuis le début de la contre-offensive de juin. Sans entrer dans les détails de chiffres, qu’il est objectivement difficile de saisir dans un conflit armé, toujours est-il que la question de la composition de l’armée qui se bat en Ukraine se pose avec de plus en plus d’acuité. Le renouvellement de la population – et de l’armée ukrainienne – ne peut suivre un rythme aussi effréné.

Nous étions habitués aux volontaires et mercenaires de tout poil et de tout ordre, venus chercher aventures et revenus dans ce conflit. Cet été, le ministère russe de la Défense avançait le chiffre de 11 500 depuis le début du conflit, venus de 84 pays. Ces données ne sont évidemment pas trop diffusées en Occident, car cela effriterait sérieusement le mythe de la grande guerre nationale ukrainienne, qui est objectivement une guerre internationale en Ukraine.

Un équipage allemand sur le front ukrainien?

Ces jours-ci, un cran semble être passé, avec la découverte d’un équipage allemand, dans un tank allemand, selon des sources de l'agence RIA Novosti. En effet, sur le front de Zaporojie, un groupe de reconnaissance de l’armée russe a détruit un char allemand Leopard. Lorsqu’ils se sont dirigés vers lui pour tenter de prendre vivant un membre d’équipage pour en tirer des informations, il s’est trouvé que seul le chauffeur-mécanicien était en vie, mais très gravement blessé. Immédiatement, il s’est mis à parler en allemand, criant de ne pas tirer. Les médecins lui ont apporté les premiers soins, mais son état étant trop grave, il est mort avant d’avoir pu être évacué. Lors de ses dernières minutes de vie, il a déclaré que tous les membres d’équipage venaient d’une même unité de l’armée régulière allemande et il a précisé laquelle.

«Il a déclaré à plusieurs reprises qu'il n'était pas un mercenaire, mais un soldat de la Bundeswehr (...) Il a dit qu’il aimait très fort son enfant et sa femme et qu’il regrettait d’avoir accepté de venir ici. Nous avons commencé à la préparer pour l’évacuation, mais au bout de quelques minutes il est décédé », a déclaré la source militaire à RIA.

Rapidement, les médias occidentaux ont lancé une vague de discrédit de ce qui est une révélation de taille. Soi-disant, le char n’est pas allemand, ce ne serait pas le bon modèle, il ressemblerait aux Leopard suédois. Dans le même élan de survie politique, l’Allemagne dément.

What else ? Comment les pays atlantistes, pourraient-ils reconnaître que des chars – et bientôt des avions ? – sont livrés avec le personnel militaire qui va avec ? Formellement, ils ne se reconnaissent pas en guerre. Ils n’auraient d’ailleurs pas le soutien de la population. L’excuse donnée est celle de l’aide apportée à l’Ukraine dans son combat contre la Russie.

Les forces ukrainiennes s’épuisent

En réalité, les forces ukrainiennes s’épuisent et suffisamment pour que la question d’une conscription à 16 ans soit ouvertement évoquée. Les ressources humaines ne sont pas inépuisables et les Ukrainiens sont difficilement formables au maniement des tanks et des avions de chasse occidentaux. Or, la destruction de cette artillerie sur le champ de bataille est une très mauvaise publicité pour leur vente sur le marché international.

Politiquement, le mythe de la guerre nationale ukrainienne s’effondrerait si les médias occidentaux levaient la question de la participation étrangère au conflit et le rôle de commandement, pardon conseil, joué par les instructeurs étrangers sur place. Mais, les médias ne sont pas plus courageux que les politiciens, de nos jours.

De leur côté, les États-Unis annoncent l’arrivée d’une partie des chars Abrams. Va-t-on également trouver des équipages de l’armée régulière américaine ou bien les pseudo armées privées seront – pour l’instant – suffisantes pour combler le vide ?

Cette guerre en Ukraine n’est pas la guerre d’un peuple, le peuple ukrainien, contre la Russie. C’est bien une guerre menée en Ukraine, contre la Russie, mais aussi contre ce peuple ukrainien. Qui se bat finalement en Ukraine, et pour défendre quelle cause ? Les faits qui se révèlent remettent de plus en plus en cause le discours politico-médiatique atlantiste. Ce n’est pas la guerre des Ukrainiens, c’est une guerre internationale, la Première Guerre globale, qui se joue contre la Russie, mais également contre l’État, compris comme organisation nationale de gouvernance d’un peuple. 

 

La Chine au bout du rouleau, vraiment ?

Guy Mettan. Photo LDD

« La Chine, ce pays qui ne fait plus rêver les jeunes », « Pourquoi la Chine ne dépassera jamais les USA », « Chômage record en Chine », « Xi Jinping a lui-même provoqué la fin du miracle économique » : pendant tout l’été les médias ont répété en boucle le mantra selon lequel l’économie chinoise serait au bord de l’effondrement, tout en insistant, histoire d’en rajouter une couche, sur le déclin démographique et le vieillissement inexorable de la population chinoise.

C’est vrai que l’économie chinoise, après un bref rebond à la sortie de la pandémie, a rapidement montré des signes d’essoufflement et n’a pas renoué avec les taux de croissances à deux chiffres d’avant 2020. L’immobilier, notamment, est en crise tandis que le volume des exportations et des investissements étrangers, bases de la croissance chinoise, est en baisse.

Mais ce pessimisme est-il vraiment crédible ? N’est-ce pas prendre ses désirs pour des réalités ?

Voyons les chiffres. Durant les huit premiers mois de l’année, le surplus de la balance commerciale entre la Chine et les Etats-Unis a diminué, passant de 79 milliards de dollars en 2022 à 68 milliards pour les huit premiers mois de 2023. En consolidé, sur la même période, la balance commerciale chinoise affiche un bénéfice de 553 milliards dont 215 rien qu’avec les Etats-Unis. Y a-t-il vraiment de quoi titrer sur « la baisse considérable du surplus chinois » ?

De même pour la croissance économique. Selon Trading Economics, la croissance de l’Europe pour l’année 2023 est anticipée à + 0,8% (Allemagne – 0,4%, Suisse +2%) et celle des Etats-Unis à +1,9% alors que les mêmes agences pronostiquent celle de la Chine à +5% ! Le différentiel d’inflation est pareil : 5,6% pour l’Europe, 3,2% pour les Etats-Unis et 0,1% pour la Chine. On connait beaucoup de pays qui aimeraient faire d’aussi piètres résultats.

Sur le plan démographique aussi, l’alarmisme semble largement exagéré. Le taux de fécondité chinois est certes en forte baisse à 1,16% et le vieillissement de la population s’accélère. Mais la Corée (0,81%), le Japon (1,25%), l’Italie (1.24 %) ou l’Espagne (1,23%) font pire ou guère mieux. Quant à la pyramide des âges chinoise, elle est fort semblable aux nôtres. Afrique mise à part, ces phénomènes affectent l’ensemble des pays du monde, la France et les Etats-Unis s’en tirant pour l’instant un peu mieux que les autres pays occidentaux.

Enfin, la Chine n’a-t-elle pas surpris tout le monde fin août en annonçant que Huawei avait pu produire un smartphone compatible 5G à 7 nanomètres alors qu’on jugeait cette performance impossible ? En mars dernier, Reuters affirmait sur la base d’une étude de l’Australian Strategic Policy Institute, que la Chine dépassait les Etats-Unis dans 37 domaines technologiques sur 44. C’est sans doute exagéré, ce genre d’annonces cherchant aussi à attirer de nouvelles subventions pour la recherche. Mais la tendance est là.

On peut, comme à la Bourse, parier à la baisse et miser sur l’effondrement chinois. Mais le réveil risque d’être difficile pour ceux qui miseraient tout sur cette stratégie. Le dragon chinois bouge encore.

Guy Mettan, journaliste, auteur et député, Genève

 

L’eau un enjeu essentiel des politiques publiques par Pierre Alain Millet

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

A l'occasion des grands rendez-vous citoyens organisés par la ville de Vénissieux du 27 au 30 septembre, Pierre Alain Millet est intervenu sur l'enjeu que constitue l'eau. Nous vous donnons à connaître son intervention que Pierre Alain a publié sur son blog.

 "Merci à tous, merci à Anne Grosperrin [1], merci à Philippe Laurent [2]. Permettez-moi une citation en introduction parce qu’elle fait le lien entre plusieurs thèmes de notre grand rendez-vous et cette table ronde sur l’eau. La conclusion du petit livre de Anne Le Strat, adjointe au maire de Paris qui a créé la régie de l’eau de Paris Pourquoi ne pas repenser notre système démocratique malade en partant de la gestion et du partage des ressources naturelles au premier rand desquelles l’eau ? Elle a le mérite de mettre en avant une question essentielle, l’eau est un sujet très politique, au sens noble, au sens d’un enjeu démocratique.

 L’actualité médiatique cet été a rappelé que l’eau était un enjeu aussi vital que l’énergie… Ce n’est pas sans rapport avec la décision de la majorité métropolitaine de revenir à une gestion 100% publique de l’eau en 2020.

 Il s’agissait bien sûr de transparence et de droit des usagers à maitriser une des fonctions vitales de la ville, mais il s’agissait aussi de mieux préserver la ressource, de pouvoir garantir le droit de tous à l’eau dans le contexte du changement climatique…

 Et on peut tous se féliciter de la réussite de la régie publique de l’eau. Vous en avez peu entendu parler, ce qui prouve que le travail est réussi, mais vous devriez pourtant en entendre plus parler, parce-que les questions des ressources comme des usages vont demander des décisions importantes, et nous voulons associer largement les usagers à ces décisions. C’est pour cela que nous avons créé une structure originale, l’assemblée des usagers de l’eau, qui désigne les représentants des usagers au conseil d’administration de la régie de l’eau et qui permet de partager les réflexions sur les grands projets de la régie, et notamment cette année sur la mise en place d’une tarification sociale et environnementale. J’en profite pour vous inviter à vous inscrire sur la plateforme de participation de la métropole.

 Je voudrais insister sur un point, l’eau n’est pas quelque chose de naturel qui fonctionne tout seul. On s’en rend vite compte quand il y a une coupure, une eau qui parait de mauvaise qualité ou encore un arrêté sécheresse ou encore une alerte pollution. La distribution de l’eau est un énorme système technique complexe, des milliers de kilomètres de tuyaus, des milliers de vannes, etc, qui demandent beaucoup de sciences, d’investissements, de travail… Et ses usages eux aussi font aussi appel à beaucoup de compétences, de savoir-faire, comme l’ont montré les deux intervenants.

 Et tout cela est fortement impacté par les changements climatiques. On pourrait penser que le changement climatique, c’est d’abord des sécheresses, mais la vidéo comme les intervenants ont rappelé qu’il y a aussi des inondations, parfois catastrophiques, et on l’a connu à Vénissieux l’été 2022 avec un orage sur le plateau qui a transformé l’avenue d’Oschatz en torrent qui est venu remplir les sous-sols de la médiathèque.

 C’est pourquoi, même si ce n’est pas le débat, il faut redire qu’il y a urgence à décarboner et donc en premier lieu d’arrêter la production d’électricité au charbon, ça concerne d’abord l’Allemagne et le Pologne en Europe, et il faudrait un énorme plan international pour accélérer la décarbonation dans ces pays.

 Mais on sait aussi qu’il faudra s’adapter parce-qu’il y a déjà dans l’atmosphère de quoi augmenter la température moyenne pratiquement jusqu’au 2°C de plus.. Et c’est notamment vrai pour l’eau, il y aura demain plus de sécheresses et plus d’inondations. Mais il y a plusieurs attitudes sur ces sujets.

 Pour une part, les riches pensent qu’ils s’en sortiront toujours, c’est le point de vue d’une partie des américains, catastrophique pour 99% de la population.

 Pour d’autres, l’humanité doit s’adapter en se réduisant ou en arrêtant le développement des pays du sud, il y a même des experts qui font des calculs sordides qui disent qu’il ne faudrait que 3 milliards d’êtres humains… comme si un bonne guerre mondiale, ou une énorme épidémie était une solution

 Entre ces deux extrêmes, l’humanité cherche comment concentrer tous ses moyens sur la décarbonation et l’adaptation au changement climatique. Malheureusement, pour l’instant, elle les concentre sur la guerre et la concurrence. Pour l’eau, ce qui domine, c’est plutôt que chacun cherche comment garder l’eau pour ses propres usages.

 Au contraire, ce devrait être la solidarité, la coopération qui déterminent les politiques de l’eau, depuis la gestion des ressources, jusqu’à la gestion des usages et de l’assainissement.

 C’est pourquoi personnellement, je suis convaincu qu’il faut éviter tout catastrophisme, tout discours reposant sur la peur, qui ne provoque que le repli sur soi et l’acceptation de la concurrence. Par exemple, je préfère pour ma part ne pas dire que « l’eau est rare », car en fait, nous sommes bien sur la planète bleu, comme il était dit dans la vidéo, la quantité d’eau sur terre est constante [3], la pluviométrie en France au total est constante. Par contre, l’eau est très inégalement disponible dans le temps et l’espace, ce qui explique les sécheresses comme les pluies exceptionnelles, et les restrictions de plus en plus fréquentes pour l’agriculture, ou la végétation urbaine

 Et donc, de son grand cycle entre nuages et océans, jusqu’à la gestion des ressources, la distribution et les usages, ce sont les politiques de l’eau qu’il faut abord interroger.

 J’ai été personnellement impressionné par la découverte du fonctionnement d’eau du Grand Lyon avec la mise en place de la régie. Il y a à la régie des professionnels passionnants, engagés, qui maitrisent un système dont on n’a pas idée quand on ouvre le robinet… Il y a des travaux qui se sont accumulés au fil des générations, des siècles parfois, comme les digues du Rhône ou l’usine de saint-clair, et il faut évidemment poursuivre et réfléchir à la gestion de la ressource dans le contexte climatique.

 Les étiages bas des fleuves seront beaucoup plus bas, il y aura moins de fonte de glaciers, mais il y a aura plus de pluie. Comment faire en sorte qu’on puisse garantir un volume d’eau dans toutes les agglomérations le long du Rhône ? S’il faut des restrictions, qui va les définir, les répartir, notamment au plan international. Et ne faut-il pas réfléchir à de nouveaux barrages pour lisser cette répartition irrégulière de l’eau ?

 J’ai écouté il y a quelques années un géologue, après de grandes crues de la Seine qui avaient immobilisé la région parisienne. Il disait que la prochaine crue millénaire aurait des conséquences humaines et économiques catastrophiques et qu’il fallait étudier de nouveaux grands barrages en amont. Je ne crois pas que la France ait une réflexion sur l’aménagement des cours d’eau à la hauteur de ce défi de l’adaptation au changement climatique.

 Mais c’est aussi sur l’eau pour l’agriculture qu’il faut interroger, aller vers une agriculture à faible consommation d’eau, et qui contribue à des paysages favorable à l’infiltration pour réduire la perte d’eau par ruissellement qui ne remplit plus les nappes. Car si le réchauffement conduit à la fois à des sécheresses et des pluies torrentielles, c’est qu’il augmente l’évaporation, il y a donc plus de vapeur d’eau dans l’air, donc plus de pluie et que quand il pleut l’agriculture intensive et l’artificialisation des terres réduit l’infiltration, l’eau ruisselle et inonde au lieu d’aller remplir les nappes.

 La première réponse politique à ces transformations du cycle de l’eau devrait être une politique d’aménagement du territoire qui vise à infiltrer, stocker et réguler l’eau…

 Pour le système de distribution, le rendement est plutôt bon à Lyon, mais on veut aussi accélérer l’amélioration des réseaux pour penser à l’avenir. Ce qui nous pose une question sur le financement des investissements et sur le prix de l’eau. Question importante pour les années à venir.

 Et à la fin du cycle, c’est toute la question des usages de l’eau, qui doit reposer sur un principe d’égalité et de justice sociale, mais aussi environnementale. Par exemple, les restrictions préfectorales doivent prendre en compte la nécessité d’aider nos arbres à tenir. On parle beaucoup des plantations d’arbres, moins souvent de leur mortalité, alors que nous y faisons face dans tous les parcs notamment ces dernières années. Je pense donc qu’il faut arroser un peu les arbres pour ne pas les laisser s’affaiblir trop. Évidemment, en période de sécheresse, il faut le faire de manière maitrisée, adaptée presque arbre par arbre.

Et sur les besoins humains, la vérité est qu’on n’est pas égaux dans l’accès à l’eau de loisir, thalasso, piscines, jeux d’eau, points de rafraichissement publics… Personnellement, je pense qu’on ne peut pas dire serrez-vous la ceinture, n’allez plus à la piscine, à la thalasso, réutilisez votre eau de cuisine… car ce sont toujours les riches qui seront gagnants qui auront accès à une thalasso de luxe, qui souvent consommera plus d’eau par personne qu’une thalasso pour tous !

 Nous aurons cette discussion à la régie de l’eau avec la tarification sociale et environnementale, ce ne sera pas simple, mais c’est un débat nécessaire sur les usages, une question très politique.

 C’est mon message de conclusion, il n’y a rien de naturel, de fatal et ce qu’on appelle les catastrophes naturelles sont toujours des catastrophes politiques. Ainsi du drame Libyen avec la rupture d’un barrage dont la réhabilitation avait été engagée avant l’intervention militaire occidental, et nous avons ramené ce pays au moyen-age et à la guerre des seigneurs. Ce n’est pas la nature qui a tué des milliers de personnes mais bien le choix de la guerre par l’occident il y a 10 ans…

 Je m’éloigne un peu, mais pas tant que ça, car l’eau c’est très politique, et les réponses à ce qu’on peut appeler une crise de l’eau sont très collectives, très politiques !

 

 

Annie Lacroix-Riz présente son livre : Les origines du Plan Marshall : le mythe de "l'aide" américaine

5 Octobre 2023 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Publications, #Front historique, #États-Unis, #Impérialisme, #L'Europe impérialiste et capitaliste, #Initatives et rendez-vous

Annie Lacroix-Riz présente son livre : Les origines du Plan Marshall : le mythe de "l'aide" américaine
 

Chers amis,

 

Vous trouverez ci-jointe la table des matières de l’ouvrage Les origines du Plan Marshall : le mythe de « l’Aide » américaine, à paraître le 11 octobre chez Armand Colin. Le lien du site de l’éditeur en présente la couverture et un sommaire, https://www.dunod.com/histoire-geographie-et-sciences-politiques/origines-du-plan-marshall-mythe-aide-americaine.

Il s’appuie sur le croisement systématique des archives françaises et américaines et sur l’apport d’une bibliographie anglophone remarquable, mais censurée ici par la non-traduction systématique, ensemble absolument fatal à la thèse de « l’Aide » américaine. Les lecteurs en jugeront…

Je dédicacerai l’ouvrage, le 6 octobre, au salon du Livre, à Blois, au stand d’Armand Colin, de 15h à 16h30 (qu’on se rassure sur l’état de ma production, la communauté bien-pensante ne m’y a pas invitée, comme c’est le cas depuis la création des Rendez-vous de l’Histoire).

Je le présenterai :

le 10 octobre, à 19 h à la Librairie Tropiques, 63, Rue Raymond Losserand, 75014 Paris, (métro Pernety) avec des exemplaires déjà disponibles)

le 14 octobre au « café marxiste », au café Sputnik , 14 rue de la Butte aux Cailles, 75013 Paris (métro Corvisart) 13h30-15h30 (attention, plus tôt que d’habitude, par égard pour les aficionados de rugby!)

le 17 octobre, en zoom, à l’émission « Michel-Midi » de Michel Collon (Investig’Action, https://www.investigaction.net/fr/category/videos/michel-midi/), à midi.

Les auditeurs n’entendront pas le même discours, le dossier étant fort vaste…

D’autres présentations sont prévues après le mois d’octobre.

Je profite de l’occasion pour remercier chaleureusement les nombreux lecteurs et auditeurs qui se sont dressés, au printemps 2023, contre les calomnies de Médiapart contre la « complotiste » et même « négationniste dure » que je serais.

Amitiés,

Annie Lacroix-Riz

 

 

Droite, Gauche… et le prolétariat dans tout cela ?

, par  Michel Sautel 

Le déchainement parfois jusqu’à l’hystérie de divers insoumis contre le PCF et Fabien Roussel en particulier, appelle une réflexion sur les enjeux de fond de la crispation. Certes on pourra dire que cette attitude politique de l’invective, l’insulte et la menace n’est pas sans rappeler des comportements observés de la part d’une prétendue ultra gauche proche du lambertisme, déjà observés dans d’autres circonstances. Mais, en réalité, et sans vouloir prétendre boucler le débat, il nous faut aller chercher ailleurs les racines de cet assaut d’acrimonie, réel aveu d’incompréhension voire d’impuissance.

Finalement tout était dit dans l’intervention de Yann Brossat, sur la Fête de l’Huma, qui, en marxiste définit le prolétaire par le travail et invite à rassembler sur cette base, et non dans une fumeuse association d’un homme éclaté vision intersectionnalité défendue par Rousseau, Mélenchon comme Ruffin au nom d’une conception moralisée de la « Gauche ».

Oui, eux ont parfaitement compris la bataille de fond qu’engage le PCF pour une nouvelle hégémonie culturelle du prolétariat dans son essence comme sa globalité ; une hégémonie de la lutte de classe, venant enfin se substituer à son enferment dans une morale woke le culpabilisant dans toutes ses dimensions culturelles.

Nous assistons depuis les années 1970 à la montée de cette hégémonie woke conduisant à imaginer que le citoyen substitué au prolétaire, serait défini autrement lorsqu’il sort de son rapport direct à l’exploitation de sa force de travail. Conception diviseuse qui, s’appuyant une prétendue indépendance de justes luttes sociétales diverses, voudrait le redéfinir dans chacun des aspects de sa vie.

Cette hégémonie devenant le plus sûr moyen de lui interdire de faire le lien entre son exploitation dans et hors travail, entre son statut de dominé pisseur de plus-value et celui d’exploité dans ses divers rapports sociaux. Mais également de l’exploser dans des luttes opposables faute de lien théorisé.

Le hiatus énorme s’est installé entre la masse du prolétariat qui vit quotidiennement les conséquences de sa position de classe, toujours plus dominé durant toute sa vie, et sa frange préservée qui s’adonnant à cette schizophrénie sociale en vient à se comporter en allier objectif de la bourgeoisie par les divisions qu’elle génère.…

Pire, une part progressivement plus grande se tourne vers la droite, car heurtée par les divisions culturelles et l’incompréhension sociétale de sa souffrance, qu’elle croit plus tolérée dans la dimension conservatrice de la droite.

C’est cette division idéologique que refuse, à très juste titre idéologique, le parti communiste et avec lui Fabien Roussel. Ainsi, lorsqu’ils indiquent vouloir rassembler « citoyens de droite et de gauche », en réalité ils usent de mots faisant écho chez les électeurs, mais en perte de sens pour des prolétaires exploités et culturellement rejetés.

Mais pour cela nous devons revenir sur le sens des mots. Le concept de gauche n’est pas marxiste. Le marxisme définit 2 classes sociales antagoniques : le prolétariat et la bourgeoisie.

Ce qui conduit à, d’une part des partis bourgeois et leurs allies objectifs, souvent réformistes ou gauchistes… d’autre part, en face, se tenant en face la social-démocratie et le Parti communiste. Ce sont ceux-ci qui ont vocation à s’unir pour révolutionner la société. Le reste est terminologie installée par la bourgeoisie pour asseoir sa conception de la démocratie et son pouvoir !

Ce concept de « gauche » doit être redéfini car il sert aujourd’hui de fourre tout trompeur permettant de noyer l’enjeu de classe et d’installer des diviseurs au sein du prolétariat, fourre-tout dans lequel naviguent pas mal de provocateurs alliés objectifs de la bourgeoisie.. Faute d’être recentré sur la conscience de classe.

Il y a un vrai travail théorique à reconstruire pour déjouer le piège de la primauté de « l’union » électorale de la gauche qui passe par perte et profil l’essentialité de la lutte de classe, et ainsi une gde part du prolétariat que nous devons rassembler pour mener un changement révolutionnaire : on ne cassera pas le capitalisme avec 30% de celui-ci.

C’est tout le prolétariat qui doit retrouver sa boussole de classe en se réappropriant une conscience collective de classe et en rejetant les divisions sociétales fondées sur le wokisme !! Le projet est beaucoup plus vaste que celui défendu depuis 60 ans en réduisant le rassemblement du prolétariat à celui de la gauche.

Les errements unitaires par le haut enclenchés en 1965 et la candidature unique de Mitterrand ont été théorisés, en substituant à son rôle historique la notion de « rassemblement du peuple de France par des accords unitaires » de sommet en 1967 avec la Conférence de Champigny.

Le PCF a donc commencé à s’effacer devant le PS au nom de l’unité et à tiédir son programme politique pour le rendre « unitaro compatible ».
Bilan : le prolétariat d’abord illusionné (mais vite ramené aux réalités, lui), s’est progressivement divisé et éloigné du cirque électoral et le PCF s’est effondré. Une part de plus en plus grande se trouvant déconsidérée par la « morale » universaliste de « gauche », portée également par le parti, s’est même tournée vers la droite puis l’extrême-droite qui ont su elles jouer, en version populiste, cette petite musique.

Malgré les retournements opportunistes vers les besoins de la bourgeoisie de la part de prétendus « alliés », le mythe s’est pérennisé, convertissant et absorbant toute l’énergie militante vers un rassemblement politique d’en haut sur un projet et des attendus de moins en moins partagés dans le prolétariat ; creusant le fossé, réduisant les effectifs des prolétaires se sentant citoyens, seule la fuite en avant a été envisagée faute d’accepter une révision théorique de la stratégie poursuivie ;.

Cela d’autant plus qu’incapable d’analyser la réalité des pays socialistes et les causes de leur destruction le PCF s’est laissé berner par l’Histoire réécrite par la propagande de la bourgeoise et de la social-démocratie mondiale.

Ayant tourné le dos à son rôle, jusqu’à la lie et les 1,8% de Buffet, il s’est encore obstiné avec les errements du Front de Gauche dans lequel il est allé au bout de son renoncement en construisant une usine à gaz, marche pied d’un opportuniste débarqué du trotskismes lambertiste après avoir commis pis que pendre avec le PS.

Résultat, le PCF a semé l’illusion (dans laquelle trop se situent) que le changement révolutionnaire pourrait émerger des seules urnes, avec une part « progressiste » du prolétariat ; sans l’intervention massive et dirigeante de celui-ci et sans s’unifier dans la conscience de classe. La masse de celui-ci se trouva finalement incomprise, soumise à cette hégémonie culturelle « woke » la jugeant inculte, beauf, inepte à percevoir les luttes sociétales et attentiste au point de pouvoir se contenter de petites miettes bien vite reprises par le combat de classe de la bourgeoisie (« union de la gauche », « gauche unie », « gauche plurielle », « Front de gauche »…) (France, Grèce, Espagne, Chili, Venezuela, Portugal….)….

Aujourd’hui le PCF retrouve ses fondamentaux après 60 ans d’impasse et s’adresse de nouveaux à tout le prolétariat (toute identification politique hormis dans le racisme), non dans le but de le représenter mais de l’inviter à intervenir lui même pour révolutionner le système. Gramsci décrit très bien cette responsabilité qui incombe aux révolutionnaire de mener la guerre idéologique sur le terrain même de la lutte de classe, pour substituer l’hégémonie des intérêts révolutionnaires du prolétariat à ceux du capital. C’est tout le sens des interventions multiples de Fabien Roussel et des dirigeants actuels du parti.

Je comprends que cela gêne les habitudes de soumission attendue, mais il va falloir s’habituer à cela.

Nous présenterons partout des candidats communistes pour rassembler tous ces millions de travailleurs devenus muets devant les mensonges, fausses promesses et délégations de pouvoir vaines et que nous continuerons d’accompagner dans leur lutte de classe, avec leurs syndicats (et non contre ou en concurrence).

Mais, ne nous y trompons pas, il ne suffira pas d’aller, comme y invite RUFFIN, dans les quartiers et campagnes populaires, ni même d’y tenir un discours de classe. Il faudra d’abord accepter tout ce prolétariat perdu, éclaté, divisé et facticement opposé et méprisé en prenant en compte sa culture, ses attentes réelle et respecter son identité explosée. Alors nous pourrons l’aider à se rassembler dans sa TOTALITÉ (Manifeste du parti communiste-Marx Engels). Il faudra cesser de le renier ou de lui faire la « morale » sur ses modes de vie, ses cultures et ses mœurs. Les évolutions conceptuelles de masse ne se distribuent pas comme « des bons points » mais se construisent ensemble dans les luttes de défense de sa classe sociale, dans le respect et dans l’échange collectif.

C’est pour cette raison que Mélenchon perd sa 3ème élection présidentielle ; non à cause de ses « alliés » possibles, mais de par son incapacité à rassembler l’électorat populaire prolétaire, tant son expression comme son programme les divise et les ignore.

Alors ? Alors, que nul n’attende aucune démission de notre part. Finis les romans photos, les explications politiciennes et anti communistes. Le PCF est de retour pour TOUT le prolétariat.

Il y travaillera comme bon lui semble, sans demander d’autorisation à qui que ce soit.