samedi 30 décembre 2023

 

L'Occident déboussolé     pcf littoral

Les États-Unis auraient proposé  au G7 de  confisquer 300 milliards de dollars d'actifs de Moscou, gelés après le lancement de l'invasion de l'Ukraine.

le Financial Times  fait semblant de s'intéresser à la"légalité" de l'opération comme s'il pouvait être légal de geler  l'avoir d'un pays avec lequel on n'est pas en guerre.Au temps de l'unilatéralisme, lorsque les Etats-Unis faisaient ce qu'ils voulaient, la question ne se posait pas. Ils ont par exemple confisqué l'or que le Venezuela avait malencontreusement confié à la Banque Fédérale.

 Désormais, au temps de la dédollarisation,  les ministres des Finances du G7 et leurs adjoints, ont "tenté d'évaluer les risques encourus." L’Europe, où est détenue la majorité des actifs, se montre plutôt prudente. Elle craint les représailles de la Russie. Cette dernière a averti qu’elle mettrait fin à ses relations diplomatiques avec les pays qui confisqueraient ses actifs.

L’UE, le Royaume-Uni et la France ont également souligné "que l’argent ne serait pas facilement disponible et insuffisant pour couvrir les besoins de reconstruction de l’Ukraine." C'est avouer le coût gigantesque de la guerre.

Derrière cette rodomontade, autre chose apparaît, la tentation de ne rien verser pour la reconstruction de l'Ukraine . "La Russie paiera" suppose pourtant la victoire. On est donc en plein délire.

 

 

Les communistes et l'immigration : quels principes adopter?

29 Décembre 2023 Publié dans #GQ, #Réseaux communistes, #Théorie immédiate, #Economie, #Qu'est-ce que la "gauche", #élection 17

Georges Marchais, calomnié sur la question de l'immigration par la gauche petite bourgeoise. Un des articles les plus consultés sur RC

Georges Marchais, calomnié sur la question de l'immigration par la gauche petite bourgeoise. Un des articles les plus consultés sur RC

Texte publié en 2016, toujours actuel, bien que le vent ait commencé à tourner sur la question avec le début de la démondialisation, et qu'elle ait perdu de son importance devant la marche vers la guerre dans le monde.

Il n'y a pas de différence aux yeux des communistes entre travailleurs français et immigrés. Mais les communistes ne devraient pas pour autant défendre la liberté de l'immigration, s'ils veulent renouer avec les masses. La solidarité des militants de gauche avec les réfugiés est louable, mais elle tend à accréditer l'idée qu'ils sont partisans d'ouvrir totalement les frontières à la main d'œuvre de provenance extérieure. Certains militants de la sphère NPA - refondateurs du PCF ont d'ailleurs allègrement franchi le pas depuis longtemps. Or à l'intérieur du système capitaliste, et on ne va pas changer ce système demain matin, ce sont les frontières qui préservent en dernière analyse le niveau des salaires et les acquis sociaux.

Une campagne implicite pour libéraliser les migrations internationales se développe, en exploitant les images terribles des naufragés de la Méditerranée et des migrants maltraités par la police aux frontières de l'espace de Schengen. On veut faire passer les migrations à l'heure de la "mondialisation" pour une nécessité inévitable et en définitive positive de la modernité, et faire apparaître du même coup toute opposition à leur développement comme un signe de sclérose et d'inhumanité. On sait que les militants se laissent facilement prendre par les sentiments de nos jours, depuis qu'ils ont perdu l'intelligence du marxisme. En cédant à la pression morale des médias mainstream, ils font cependant directement le lit de l'extrême droite.

Quelques thèses évidentes pour commencer :

1) Les migrations et les migrants ne sont en soi ni bons ni mauvais. On peut les critiquer sans être considéré automatiquement comme raciste.

2) Voyager et changer de pays sont des libertés individuelles dont jouissent tous les riches, partout dans le monde. Les mesures de limitation de l'immigration ne s'appliquent donc qu'aux pauvres. Il faut tendre à terme à un monde où chacun pourrait choisir librement son pays. Mais ce n'est pas notre monde capitaliste d'aujourd'hui dans lequel il nous faudra vivre encore assez longtemps.

3) La migration d'un pays à un autre peut être revendiquée comme un droit de l'individu, mais dans la limite des possibilités concrètes de l'exercer. Il faut se souvenir que les fameux Droits de l'Homme de la bourgeoisie, auxquels on en revient toujours dans ce débat comme si c'étaient les Dix Commandements, stipulent que chacun est libre de quitter son pays et d'y revenir. Mais ils n'affirment pas le droit de se rendre et de s'installer dans le pays de son choix.

4) L'exercice de ce droit suppose que l'immigrant adopte les usages du pays où il choisit de vivre et en quelque sorte s'y fonde dans la masse. En général il migre justement dans ce but. Sinon au moins qu'il fasse suffisamment de compromis pour pouvoir s'y adapter. Pour les immigrés et leurs enfants, revendiquer une fierté identitaire séparatiste ne peut aboutir qu'au rejet et à la marginalisation. Le racisme plus ou moins prononcé de populations autochtones ne peut pas servir d'argument pour l'affirmation identitaire des groupes qui en sont victimes car le séparatisme en retour agresse l'ensemble des autochtones qui se sentent dépouillés peu à peu de la jouissance de leur territoire et réagissent par la xénophobie (le cas des populations afro-américaines est particulier à cause de l'expérience de l'esclavage et de la ségrégation et ne peut pas servir de paradigme, d'autant qu'elles sont présentes en Amérique depuis Christophe Colomb, et ne peuvent pas être considérées comme des immigrés aux États-Unis).

5) En régime capitaliste les immigrants sont utilisés comme main d'œuvre bon marché, pour faire pression à la baisse sur les salaires et les revenus indirects. Ils sont aussi utilisés comme un capital humain, dérobé par les pays impérialistes aux pays plus faibles, qui perdent ainsi leur investissement en formation dont ils récupèrent une petite partie sous forme de retours financiers au pays natal. L'organisation de l'immigration massive en Europe de réfugiés syriens a également eu pour but de provoquer l'effondrement de la Syrie, sur le modèle de celui de la RDA en 1989. Une politique socialiste réaliste limiterait donc dans les faits le droit à l'immigration (et encore plus, comme il lui a été reproché pendant la guerre froide, à l'émigration).

6) La concurrence entre travailleurs engendre du ressentiment, et chez beaucoup le rejet de l'immigration et des immigrés. Ce rejet est un produit objectif de la situation, et les prêches moralisateurs sont sans effets contre lui.

7) Il faut affirmer clairement qu'être "contre l'immigration" et être "contre les immigrés"  ce n'est pas la même chose. Dans le premier cas on prône un changement de politique économique et démographique qui peut être justifié ou non, qui souvent ne l'est pas, mais qui est une opinion dont l'expression est légitime; dans le deuxième cas on prend des boucs émissaires, attitude qui doit être combattue par les communistes par l'éducation, sauf dans le cas où on a affaire à un raciste idéologique endurci, du genre de ceux qui croient en la suprématie biologique de l'homme blanc [et qui dominent en ce moment le régime ukrainien issu du coup d'État de 2014]. Mais il est totalement abusif et honteux d'amalgamer toutes les critiques de l'immigration à ce type de positions néonazies.

8) Les questions de savoir si l'immigration est bonne ou mauvaise pour la classe ouvrière du pays d'accueil, pour les pays d'origine des migrants, et pour les migrants eux-mêmes sont des questions de sociologie et d'économie scientifique, dont les réponses peuvent varier selon la situation réelle. On doit donc pouvoir en discuter sans préjugés et sans tabou.

9) La France est un pays traditionnel de l'immigration politique et cette tradition d'accueil fait partie de son identité. Mais il n'y a pas de raison ni de mérite à y accueillir des oligarques kleptocrates russes, des terroristes islamistes (ou d'autres causes), des fondamentalistes, ou des pseudo-dissidents cubains ou chinois stipendiés par l'Occident.

10) La revendication de la régularisation automatique de tous les sans-papiers est un mot d'ordre irresponsable, gauchiste, d'essence ultralibérale. Il joue son rôle dans la conjoncture sinistre qui pousse les migrants à risquer leur vie en masse en cherchant à passer en Europe à n'importe quel prix.

11) L'idée, fréquemment défendue à la CGT, qu'il suffirait de régulariser tous les travailleurs sans-papiers pour mettre fin à leur surexploitation et à la pression à la baisse qu'ils exercent sur le marché du travail ne résiste pas à l'analyse : une telle régularisation globale déclencherait une nouvelle arrivée massive, et la situation sur le marché du travail serait encore aggravée pour les travailleurs.

Faut-il dire que "l'immigration est une chance pour la France" ? Elle l'est dans le sens où elle a toujours lieu dans l'intérêt de l'économie du pays d'accueil (sinon elle cesse immédiatement comme on a pu voir en 2009 avec la crise). Mais l'intérêt de l'économie pilotée par la bourgeoisie et celui de la classe ouvrière n'est pas le même. Ce n'est pas par bêtise ou par racisme que les prolétaires français ou étrangers installés depuis longtemps en France sont réticents à l'égard des sans-papiers. Ils sont souvent excédés par des campagnes bien intentionnées mais irréfléchies et pensent que "j'ai bien mes papiers, ils n'ont qu'à en avoir eux aussi avant de venir en France". Il faudrait changer de ton à leur égard pour commencer, si on veut combler la fracture entre "la gauche" et le peuple et s'opposer vraiment, et pas qu'en intention, à l'influence du FN et à la désertion des urnes.

La régularisation des sans-papiers ne va pas de soi, ceux qui la défendent doivent convaincre qu'elle est justifiée au cas par cas.

Les communistes pourraient, s'ils avaient un tant soit peu de courage politique [on peut toujours rêver], défendre un programme demandant la limitation ou l’arrêt de l’immigration, sans être confondu aux yeux du peuple (qui voit juste, disait Mao) avec l'extrême droite. Mais pour ceux qui ne comprendraient pas bien, voici explicitement la différence entre une politique restrictive de l’immigration émanant de l’extrême droite, et une telle politique émanant de communistes.

Sans doute d'aucuns vont m'objecter ici avec la mauvaise foi candide que donne la bonne conscience que l'on ne peut pas lutter contre l'extrême droite en reprenant son programme. Mais l'extrême droite n'est pas contre l'immigration mais contre les immigrés, et ce n'est pas une simple affaire de mots.

L'extrême droite veut non pas arrêter l’afflux d’immigrants, mais chasser ou persécuter les immigrants déjà installés et leurs enfants et descendants, et principalement les Noirs et les musulmans. Elle n'est pas opposée, loin de là, à l'immigration de chrétiens et de blancs. Peu lui importe le fait que l’immigration au départ soit une politique destinée à comprimer les salaires par la concurrence entre exploités, ce qui devrait lui plaire, car elle pense parvenir au même résultat par la simple force de la répression, dont elle est fétichiste, et par la persécution du mouvement ouvrier. En fait elle veut détruire la nation française réelle, fondée en 1789, pour revenir à un fantasme de la nation traditionnelle de l'Ancien Régime. Des guerres de la Révolution à la Commune et à la seconde guerre mondiale c'est elle est le parti de la trahison et des puissances étrangères. Aucune réconciliation possible avec cela.

Mais même si certains néonazis sont obsédés par la purification de la soi-disant race blanche, son but réel est la création d’un prolétariat discriminé et d’une société d’apartheid. Si elle avait réalisé son rêve de garder l’Algérie française, il y aurait maintenant 45 millions de citoyens de seconde zone en France. Dans les conditions actuelles, elle est prête à importer des millions d'Ukrainiens encadrés par des groupes néo-nazis. Elle le fait déjà en Espagne. Historiquement, on constate que les militants d'extrême droite, symptomatiquement, se recrutent très souvent parmi les cadres expatriés en Afrique, et dans les directions du personnel de l'industrie, sans parler des syndicats jaunes, qui sont en contact direct avec la main d'œuvre immigrée et organisent son exploitation.

Les communistes devraient défendre la politique migratoire qui permettrait l’intégration la meilleure des immigrés déjà présents et de leurs enfants à la nation française, et plus précisément concernant les ouvriers qui sont largement majoritaires dans l’immigration, leur intégration à la classe ouvrière française, ce qui ne peut se faire que dans la lutte commune pour les intérêts communs de tous les travailleurs.

Ralentir ou faire cesser provisoirement l’immigration est nécessaire pour améliorer l’intégration. Aux États-Unis, ce sont précisément les lois contre l'immigration de 1919, pourtant destinées à préserver le pays de la contagion révolutionnaire, qui ont relancé involontairement le processus d'intégration des Noirs américains au monde du travail industriel et des grandes métropoles, préalable à leur émancipation relative des années 1960.

Une mauvaise intégration massive, avec son corolaire de pauvreté, d’échec scolaire, de chômage, de ghettoïsation, condamne une part importante des immigrés à devenir un nouveau lumpenprolétariat sans espoir, qui remplit les prisons et nourrit des réactions de racisme ordinaire parmi les français sans autre identité particulière qui restent largement majoritaires (plus de 90% de la population).

Les communistes dignes de ce nom devraient s’opposer explicitement à la théorie libérale de la libre migration internationale dans les conditions du capitalisme, qui considère d'ailleurs la nation comme dépassée dans l’ensemble euro-atlantique, et donc l’intégration inutile. Or on finit toujours par s'intégrer à quelque chose. Les groupes gauchistes qui considèrent l'intégration à la culture française des immigrés résidant en France comme une forme de colonialisme moral défendent objectivement à la place l'intégration à la culture de la marchandise et du spectacle, à l'Occident sous la conduites des État-Unis, la patrie globale du capital, ou sinon le repli identitaire-religieux. Bref, à l'empire américain-européen-chrétien-blanc, ou à DAESH.

Enfin des immigrés explicitement antifrançais faisant obstacle à l’intégration de leurs compatriotes ou coreligionnaires n’ont évidemment pas leur place dans le pays. Prendre leur défense aboutirait uniquement à susciter un mépris populaire bien mérité.

Dans l’application de leur politique restrictive de l’immigration, la droite, l’extrême droite, et les "socialistes" proposent essentiellement des pratiques de discrimination et de harcèlement des immigrés, qui sont fondamentalement racistes. Les communistes frapperaient sans merci les employeurs de main d'œuvre étrangère illégale, français ou étrangers, y compris les particuliers, et leurs donneurs d'ordres (surtout français, et parfois même relevant de l'État!). Les communistes lanceraient des politiques de codéveloppement ambitieuses avec les pays d'origine des migrants, qui ne sont possibles qu'en quittant le cadre européen. Lequel cadre introduit, comment ne le voit-on pas, une discrimination intolérable entre les étrangers selon leur origine, leur religion et leur couleur de peau.

Il faut remarquer qu’à part les gauchistes de tendance libertaire et les partisans idéologiques du libéralisme économique cohérents avec leurs idées, personne ne défend réellement la liberté de l’immigration, et donc tous (gauche comprise) doivent aussi assumer la nécessité de procéder à des expulsions.

Mais les travailleurs immigrés ne peuvent pas s'intégrer à une nation sans patriotisme, où la petite bourgeoisie mondialisée et décervelée par les médias mainstream dénigre sans cesse son propre pays, et déstructure son propre langage, dans l'espoir de complaire à l'impérialisme.

Le nationalisme tant reproché aux communistes réels (ceux qui ont réellement agi) est un nationalisme défensif et de libération, et non le chauvinisme impudent et grotesque qui accompagne les tendances impérialistes. On ne peut les confondre que par ignorance crasse, ou en usant de la plus complète mauvaise foi. En fin de compte, la différence est claire entre le pseudo-nationalisme raciste prompt à la trahison et le patriotisme, entre Vichy et la Résistance de l’Affiche Rouge.

Les politiques libérales de migration, qui aident à la dissolution des nations et la suppression des frontières qu’exige la bourgeoisie transatlantique, développent dialectiquement une opposition radicale, parfaitement légitime, mais tout est fait, en particulier par la promotion médiatique des porte-paroles de l'extrême droite, pour que la colère des masses soit récupérée par les mouvements racistes et xénophobes, et ainsi stérilisée, et diabolisée. Le piège est grossier. Certains militants de gauche et d’extrême gauche semblent pourtant bien prompts à y donner. C'est qu'ils sont plus intéressés par la posture morale que par l'action, ou bien qu'ils confondent militantisme politique et aide humanitaire. Ou, tout simplement, qu'ils ne sont pas les révolutionnaires qu'ils prétendent être.

La liberté des migrations est une idée bourgeoise, une idée stratégique de la bourgeoisie, et ne peut pas figurer au programme d'une organisation prolétarienne !

 

GQ, 18 juin 2015, mis à jour 5 septembre 2016, relu le 27 décembre 2023

 

 

Général de division israélien sur la situation réelle à Gaza

vendredi 29 décembre 2023 par Al Manar (Liban)

Informations en provenance de l’autre côté du miroir comme le dit BD de l’ANC. Ce général est-il antisémite ? En tout cas il n’aurait pas été publié en France ! (JP-ANC)

Le journal israélien Haaretz a publié un article d’opinion de l’ancien général de l’armée israélienne Yitzhak Brick, dans lequel il affirme que « l’armée israélienne et certains analystes présentent une fausse image de l’assassinat de milliers de combattants du Hamas cachés dans les tunnels ».

Le général de réserve Brick a déclaré « qu’il était parvenu à cette conclusion, sur la base d’informations recueillies auprès des soldats et des officiers combattant dans la bande de Gaza ».

« La plupart des batailles ne se déroulent pas frontalement, comme le prétendent le porte-parole militaire ou les analystes, et la plupart des morts et des blessés ont été touchés à la suite des tactiques militaires du Hamas, dont les combattants sortent des ouvertures des tunnels pour affronter les soldats et les blindés israéliens, puis retournent dans les tunnels », a-t-il ajouté.

L’article indique que « l’armée israélienne ne dispose pas de solutions rapides pour faire face à ce problème ». Selon le général israélien, « de nombreux officiers combattant à Gaza lui ont avoué qu’il serait très difficile, voire impossible, d’empêcher le Hamas de se reconstruire, même après toutes les destructions que l’armée israélienne a infligées à ses bases ».

Selon Brick, « les hauts responsables de l’establishment sécuritaire et militaire veulent présenter la guerre comme une victoire majeure avant que le paysage ne devienne clair ».

Il a noté « qu’Israël coopère avec d’importantes chaînes de télévision pour obtenir une image de victoire », et a souligné que « cette guerre pourrait être la guerre la plus documentée au monde par des enregistrements vidéo ».

Brick a écrit « qu’il aurait été préférable que les objectifs militaires soient plus modestes, car la destruction du réseau de tunnels souterrains du Hamas pourrait prendre des années et coûterait de nombreux morts à l’État israélien, car les tunnels du Hamas sont reliés à la péninsule du Sinaï sous la ville de Rafah ».

L’auteur souligne que l’armée sera obligée de quitter les zones urbaines surpeuplées et de recourir à un mécanisme de « chirurgie militaire » à travers des incursions terrestres et de frappes aériennes précisément dirigées par les services de renseignement.

À la fin de son article, l’écrivain s’interroge sur la capacité des politiques et des hauts responsables de sécurité à envisager « des solutions originales » pour se créer une meilleure image que celle des "plus grands perdants".

Photo  : Il parait que les israéliens connaissaient parfaitement l’existence de ce fameux "plus grand tunnel" construit par le Hamas ??? Apparemment, ils n’ont pas l’air d’en trouver beaucoup d’autres !!!(JP-ANC)

 

Les crypto-sionistes

Autour du sionisme, il y a cette zone grise de ceux qui soutiennent Israël mais se défendent avec vigueur d'être sionistes. Ce sont les crypto-sionistes.

Le crypto-sioniste n’est pas sioniste. Il n’est pas non plus antisioniste. Mais il n’existerait pas sans l’existence du sionisme. L’un ne va pas sans l’autre. Le crypto-sioniste est indéfinissable. On ne peut le saisir qu’à travers la description de ses comportements.

Le crypto- sioniste n’est pas juif, par définition. Mais il peut l’être. Le crypto-sioniste est un être rationnel. Il ne recourt pas à un droit de propriété biblique, messianique, religieux sur la terre. S’il parle de la Shoah, c’est pour souligner la nécessité d’un État pour protéger les juifs, d’un refuge national. Il est toujours laïc mais il est bien plus indulgent envers l’extrémisme religieux juif qu’envers l’islamisme. Que l’État d’Israël soit un État juif ne le gêne pas. Mais que l’État palestinien soit un État islamiste l’incommoderait au plus haut point, et même déclenche son indignation laïque.

Le crypto-sioniste et l’islamisme

Le thème récurrent du crypto-sioniste est le danger de l’islamisme. Il veut englober la question palestinienne dans un conflit contre l’islamisme mondial. II fait le pont entre le 11 septembre, l’attentat du " Bataclan" à Paris, le 7 octobre récent, bref entre ce qui se passe en Palestine et la lutte globale contre le "terrorisme islamiste" Il dissout la question palestinienne dans un grand complot islamiste, une guerre de civilisation.

Il le répète, il n’est pas anti palestinien, il est anti islamiste. Il peut se prononcer, à certains moments, pour un Etat palestinien mais il n’acceptera jamais un État islamiste palestinien. Le crypto sioniste ne mène pas la lutte contre le peuple palestinien mais contre Hamas. Vous me direz que cela revient en pratique au même puisque les palestiniens soutiennent aujourd’hui Hamas. Mais cela, il le nie.

Le crypto-sioniste est donc devenu, à posteriori, un admirateur de l’organisation palestinienne Fatah, "martyrisée" à son sens, par Hamas. Il ne tarit pas d’éloges pour "la tendance laïque de l’OLP" qu’il qualifiait naguère de "dangereux terroriste".

Le crypto-sioniste est plutôt de gauche mais il peut être de "droite" et même d’extrême droite, ces notions étant tout à fait relatives et évoluant suivant le lieu et le temps. Bref, on en trouve dans toutes les familles politiques occidentales. Mais il est dans tous les cas occidentaliste et aussi atlantiste. C’est le corpus idéologique du crypto-sioniste, l’idée maitresse, chez lu i : qu’Israël est un" bastion avancé de l’occident".

Étant avant tout occidentaliste, et dans la mesure où l’Occident a dominé ou influencé à des degrés divers tous les pays du monde, le crypto-sioniste, peut se manifester à travers toute appartenance culturelle ou religieuse, chrétienne ou autre. On peut donc, tout aussi bien le retrouver, parfois, dans les élites occidentalistes des pays arabo-musulmans. Celles-ci partagent certains traits du crypto- sioniste européen, notamment l’hostilité épidermique à tout islamisme. On reconnait le crypto-sioniste, dans les pays arabo-musulmans, à ce qu’il se distingue notamment par une réserve et un silence prudents sur le génocide de Gaza, et à la sympathie qu’il trouve dans des milieux occidentaux pro-israéliens influents ainsi qu’ en Israël. L’Occident et les États arabes affiliés savent récompenser et entretenir ces élites par des récompenses et une notoriété factice. C’est l’histoire du Faust de Goethe qui ne cesse de se répéter à travers les âges.

Le crypto-sioniste est plutôt un intellectuel. Il a un haut niveau culturel. Son idéologie demande, en effet, l’élaboration d’un argumentaire culturellement assez compliqué. Elle nécessite de manier le paradoxe comme par exemple qu’Israël libère les palestiniens du Hamas en les bombardant, que "c’est Hamas qui est responsable du carnage de Gaza et de tout ce qui se passe" etc.

Le crypto-sioniste se réclame, avant tout, d’un humanisme. Il se rattache souvent à des traditions de la gauche européenne. Ainsi, il a par exemple ses références dans les "kibboutz socialistes". Il verse des larmes de tendresse sur ces kibboutz, autour de Gaza , qui ont été, pourtant, déplore-t-il, "les premières cibles" des habitants de Gaza. "Les ouvriers palestiniens de Gaza venaient y travailler, ils y étaient soignés", soupire le crypto-sioniste de gauche, déçu par tant d’ingratitude. Mais le même ne supportera pas que ces Palestiniens, qu’il aime tant, lui rappellent que les Kibboutz sont sur leurs terres.

Le palestinien errant depuis des décennies de la Palestine, à la Jordanie, et de la Jordanie à Beyrouth, et de Beyrouth à Tunis, et puis dans le monde entier, a remplacé le mythe du juif errant. Mais cela n’attire aucune compassion chez le crypto-sioniste. Il est d’ailleurs contre le retour de la diaspora palestinienne pour des raisons "objectives", car cela renverserait, dit-il, l’équilibre démographique.

Le crypto-sioniste est un démocrate

Preuve que le crypto-sioniste est plein de bons sentiments envers les Palestiniens, il est contre l’extrême droite israélienne contre laquelle il n’a pas de mots assez durs. Le crypto-sioniste est toujours un démocrate.

Il s’évertue à voir en Israël une droite et une gauche. Il dénonce l’extrême droite, le gouvernement de Netanyahou comme seul responsable de la situation. Cela lui permet, du coup, de dépeindre Israël comme un État "normal" et de cacher ses problèmes structurels en tant qu’État en fait colonialiste, ce qui y rend impossible toute démocratie, sauf celle au bénéfice de la population coloniale. Un tour de passe-passe. Dans le discours crypto-sioniste, il ne s’agit donc, au fond, que d’attendre simplement que la gauche et la démocratie triomphent en Israël pour que le conflit israélo-palestinien soit réglé. Cela fait 75 ans.

Mais dès que l’affaire devient sérieuse, dès qu’Israël entre en situation de crise, comme ce fut le cas le 7 Octobre et en bien d’autres occasions, lorsqu’on en arrive au concret, au crucial, au passage à l’acte, c’est l’union sacrée, le crypto sioniste fait front avec la droite et l’extrême droite israéliennes, car Israël, clame-t-il, a "le droit de se défendre". Il n’est plus question alors pour lui que des Israéliens et de l’existence d’Israël. On s’aperçoit alors que le crypto sionisme n’est que le visage soft du sionisme. Il en est le versant gauche. Tout son rôle est de faire accepter, par sa présence, l’autre versant, celui de la droite et de l’extrême droite, et convaincre qu’il les contrebalance. Dès lors son existence apparait, comme la justification de la droite sioniste, voire comme son alibi. Le sionisme ne devient plus alors qu’une opinion, un courant, une tendance, dans "un État de droit, où se fait le débat démocratique, dans la seule démocratie de la région".

L’idéologie victimaire

La posture victimaire est le point de rencontre entre le sioniste et le crypto-sioniste. Le crypto-sioniste est très sensible à l’argument du sionisme du Juif éternellement persécuté. Le crypto-sioniste fonde l’existence de l’État d’Israël sur les persécutions dont ont été victimes les Juifs. Le sionisme a largement utilisé cette idée d’un État juif, protecteur des Juifs, victimes de tous temps de discriminations. C’est donc un point très fort de rencontre, de convergence, notamment dans les périodes de crise où cet esprit victimaire s’exacerbe, comme cela a été le cas le 7 Octobre, où il a été exploité intensément dans la propagande sioniste et crypto-sioniste.

Les choses en effet ne sont pas simples. Cette idéologie victimaire est restée très vivante chez les Juifs malgré la création de l’État israélien. Son armée est la plus forte de la région et, en principe, ce danger n’existe pas. Cela n’empêche pas les sionistes de crier à la volonté d’effacer Israël. La propagande décrit de nouveaux pogroms fantastiques et bat le rassemblement autour d’un point de sensibilité extrême, une sorte de blessure historique jamais fermée car entretenue. L’inversion est totale car s’il y a victimes et danger existentiel pour un peuple, c’est bien du côté du peuple palestinien.

Cela n’empêche pas cette idéologie victimaire, non seulement d’exister, mais de justifier les pires massacres des Palestiniens, dans une pathologie évidente de délire paranoïaque collectif, où le paranoïaque, comme c’est connu, passe à la violence parce qu’il se sent menacé, et qu’il vit dans un sentiment permanent de persécution.
Le crypto-sioniste croira dur comme fer à la version officielle israélienne sur les évènements du 7 Octobre, bien qu’elle soit de plus en plus mise en doute. C’est d’ailleurs un indice aussi pour le reconnaitre. On croit à ce qu’on veut croire.
Le crypto-sioniste, bien dans son rôle, ajoutera à ce récit, des détails de psychologie de masse, "la sidération qu’aurait ressentie Israël". Il y puisera des excuses aux bombardements et au carnage qui va suivre, voire leur légitimation. Il dira bien sûr quelques généralités sur les victimes palestiniennes, mais il ne désavouera jamais les tueries massives à Gaza, oubliant que c’est la population de Gaza qu’Israël élimine, et pas le Hamas comme il feint de le croire. "Il faut bien d’abord éradiquer le Hamas", l’éliminer, ou alors comment faire pour que le 7 Octobre ne recommence pas ?", dira le crypto- sioniste l’air désolé, sans même songer une seconde à l’habit de paix et d’une solution politique qu’il revêt les autres jours de l’année.

Quand donc Israël estimera-t-il que le Hamas est éliminé et quand arrêtera-t-i cette tuerie de masse ? Un objectif aussi imprécis donne évidemment tout loisir à Israël aussi bien de continuer le massacre que de l’arrêter, comme il le veut. Mais surtout, de masquer le véritable objectif, celui d’éliminer, d’une façon ou d’une autre, physiquement ou par l’exil, la population de Gaza, et, pourquoi pas, de proche en proche, tous les Palestiniens.

Il n’y a plus alors qu’un seul point de différence entre le sioniste et le crypto-sioniste : le sioniste assume, cyniquement, son projet d’effacer le peuple palestinien de la Palestine, le crypto-sioniste en fait porter la responsabilité aux "extrémistes" palestiniens. Dans les situations de crise aigüe, le crypto-sioniste n’est même plus la version soft du sionisme.

Le juif anti-sioniste versus le crypto-sioniste

Le crypto-sioniste se reconnait aussi à cela qu’il ne parlera jamais, ou rarement, des causes du conflit israélo-palestinien, de ses causes profondes historiques et actuelles, mais préfèrera toujours centrer le débat sur la question de la violence. C’est ce qu’il fait en permanence dans sa propagande, comme, dernièrement, en faisant commencer la tragédie actuelle à ce qu’il appelle "le pogrom du 7 Octobre".
Le crypto-sioniste est l’antithèse du juif antisioniste. Celui-ci se manifeste actuellement de plus en plus dans le monde au fur et à mesure de l’escalade de la violence israélienne. Le Juif antisioniste refuse cette propension sioniste de considérer le martyre du peuple palestinien comme une réparation du martyre juif. Il refuse de considérer l’État d’Israël comme une solution à l’identité juive. Il refuse de relier l’existence de la religion juive à un État, et il veut qu’elle soit comme toutes les religions, à vocation universelle.

Enfin, le crypto-sioniste voit l’antisémitisme partout. Il le décèle là où personne ne le voit. Il recherche avec obsession tous les masques derrière lesquels se cache l’antisémite. Et pour terminer, voici à ce sujet, une perle de l’argumentaire crypto-sioniste. C’était le 20 décembre dernier, sur le plateau de la chaine d’information française LCI, un intellectuel et journaliste français bien connu qui expliquait, dans un raisonnement laborieux que : "dire qu’Israël commet un génocide à Gaza est une affirmation antisémite car elle fait référence sans le dire au fait que les Juifs ont été victimes d’un génocide et que donc ils en commettent à leur tour un.".

Il faut le faire !

 

Un accord douteux entre le mouvement sioniste et l’Allemagne nazie

À l’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir en janvier 1933, l’Allemagne est menacée par une campagne de boycott international. Pour tenter de la contrecarrer, le nouveau pouvoir va signer un accord avec le mouvement sioniste, qui survivra jusqu’à l’éclatement de la guerre en 1939. Et le sionisme sera le seul mouvement politique juif autorisé en Allemagne durant cette période.

Dès son origine à la fin du XIXème siècle, le mouvement sioniste se construisit contre deux ennemis, l’antisémitisme et l’assimilationnisme. Le second était considéré comme le plus dangereux à long terme puisqu’il aboutit à une disparition progressive de l’identité juive par abandon du judaïsme, par mariages mixtes et éventuellement par conversion. Bien sûr, l’antisémitisme était honni quand il s’agissait d’actes de violence comme les terribles pogroms de l’empire russe, mais s’il se limitait à des faits d’opinion ou à des discriminations, il pouvait paradoxalement être vu comme positif, car il maintenait les juifs concernés dans leur identité spécifique.

Les premiers chefs du mouvement sioniste ont des relations plutôt bonnes avec les antisémites avoués, en tout cas en Europe de l’Ouest. Theodor Herzl (1) fréquente à Paris des antisémites notoires, tandis que Chaim Weizmann (2) joue constamment sur l’antisémitisme. Ainsi, lors de son premier entretien avec Lord Balfour, en décembre 1914 (avant que celui-ci entre au gouvernement britannique), il se déclare d’accord avec bien des points de vue des antisémites allemands : la tragédie est que les juifs allemands abandonnent le judaïsme sans être reconnus comme vraiment allemands par les autres Allemands. Durant toute son action politique, y compris dans les années 1920, il évoque le côté destructeur du judaïsme que seul le sionisme peut remettre sur la bonne voie.

Dans les premières décennies du mandat britannique sur la Palestine, les bâtisseurs du « foyer national juif » se heurtent à des difficultés presque insurmontables. L’émigration juive est conditionnée aux moyens financiers et ceux-ci sont insuffisants. On est fort loin de pouvoir espérer un jour constituer une majorité juive à même d’établir son État sur le pays. En 1929, la création de l’Agence juive qui associe au projet les juifs non sionistes permet d’espérer une amélioration de la situation financière, mais la crise mondiale entraîne plutôt un affaiblissement des contributions de la diaspora.

Il est difficile aujourd’hui d’aborder la question des juifs allemands sans avoir à l’esprit l’extermination de la Seconde Guerre mondiale. Ils étaient certes exposés à des formes plus ou moins ouvertes d’antisémitisme, avec des discriminations de fait dans la fonction publique, mais l’Allemagne restait un État de droit. Ils étaient particulièrement représentés dans les professions libérales et dans les milieux de la création culturelle. En ce qui concerne l’assimilation, dans les années qui précèdent 1933, la proportion de mariages avec des conjoints non juifs était supérieure à 33%, plusieurs fois celle des juifs français « républicains » de la même période. Ceci combiné avec une faible natalité explique une stagnation, voire une diminution de la population juive par rapport aux dernières décennies du XIXe siècle (autour de 500000 personnes). L’arrivée des juifs dit « étrangers » a compensé en partie ce déclin, mais on pouvait s’inquiéter du risque de voir la communauté juive disparaître par assimilation. Autour de 1930, on comptait approximativement une quarantaine de milliers de juifs convertis au christianisme et une centaine de milliers d’« étrangers ».

Depuis plusieurs décennies, les institutions communautaires combattent l’antisémitisme de différentes façons, tandis que les sionistes très minoritaires s’en abstiennent en concentrant l’essentiel de leur action sur l’émigration en Palestine, avec relativement peu d’effets (entre 1920 et 1932, 42 000 juifs quittent l’Allemagne dont seulement 3 000 pour la Palestine).

Hitler au pouvoir

La prise de pouvoir par les nazis en Allemagne à partir du 30 janvier 1933 constitue un terrible choc dans un monde déjà bien ébranlé par la crise mondiale. Les premiers actes de terreur du nouveau régime allemand visent en priorité non pas les juifs, mais les communistes pour qui les premiers camps de concentration sont ouverts. Les violences antijuives commencent en mars 1933. Les protestations internationales donnent ensuite prétexte à un boycott des commerces juifs. Les intellectuels juifs rejoignent les intellectuels de gauche dans l’exil.

Immédiatement se pose le problème des réactions internationales. Les dirigeants juifs allemands, y compris les sionistes, implorent les responsables juifs de l’extérieur de ne pas se lancer dans des actions hostiles à l’Allemagne, qui ne pourraient qu’aggraver la situation des juifs allemands. L’attitude est identique de la part de la direction du Foyer national qui envoie un télégramme à la chancellerie du Reich pour affirmer qu’aucun organisme sioniste n’avait appelé à un boycottage commercial de l’Allemagne. Néanmoins ces appels n’empêchent pas de fortes manifestations de protestation dans le monde, souvent de la part des anciens combattants juifs, alors que le boycott des commerçants juifs en Allemagne semble avoir été rapidement un échec.

Il n’en reste pas moins que les juifs sont chassés de la fonction publique et des fonctions juridiques ainsi que d’un grand nombre de professions. Beaucoup ont l’illusion de croire que c’est une crise temporaire et que tout rentrera dans l’ordre rapidement. Certains envisagent, comme les sionistes, une entente entre « nations » séparées. Après tout, ils considèrent que les mariages mixtes sont bien plus dangereux que la persécution en cours.

Boycott ou transfert

Les premières mesures antijuives provoquent une forte réaction internationale. La droite sioniste dite « révisionniste » milite particulièrement contre les actions des nazis tandis que les notables dans les pays occidentaux ne veulent pas créer de troubles. Ils espèrent une action diplomatique de leurs gouvernements.

Le mouvement de boycott des produits allemands vient plutôt de la « base ». Pour les nazis, il rappelle le terrible blocus de la Première Guerre mondiale et entre dans le cadre de leur vision complotiste d’une puissance juive mondiale. Au moment où la dévaluation du dollar affaiblit encore plus les échanges mondiaux, la crise de change frappe particulièrement l’Allemagne, lourdement endettée envers les États-Unis. La chute du crédit allemand ne permet plus d’emprunter pour pouvoir rembourser les emprunts précédents. Durant l’été 1933, les réserves de change ne couvrent qu’un mois d’importations alors que le régime nazi a refusé de suivre le Royaume-Uni et les États-Unis dans une politique de dévaluation. De surcroît, l’Allemagne a suspendu le paiement de ses dettes envers l’étranger, puis l’a repris partiellement. Or les importations sont vitales pour faire tourner la machine économique : l’agriculture est loin de fournir la totalité des besoins alimentaires, l’industrie a besoin de minerai de fer et les transports dépendent du pétrole et du latex venus de l’étranger.

L’une des solutions envisageables est de se passer de la monnaie en échangeant de la marchandise contre de la marchandise, ce qui implique un équilibre entre les importations et les exportations, procédé de plus en plus courant dans les années 1930.

Il est certain que le mouvement de boycott lancé au printemps 1933 a eu un impact sur les exportations allemandes déjà atteintes par les dévaluations des compétiteurs et la baisse de la demande mondiale. Dans ce contexte, un homme d’affaires audacieux, Sam Cohen, propose dès mars 1933 un accord de transfert : les juifs qui voudraient émigrer en Palestine pourraient mettre sous séquestre leurs biens en Allemagne et recevoir en compensation la contrepartie en marchandises allemandes. On obtiendrait des visas dits « capitalistes » conditionnés à l’importation d’un capital d’au moins 1000 livres sterling. Après un certain nombre de péripéties, il est rejoint dans ce projet par des cadres de l’Agence juive. L’accord est finalisé en août 1933. Il est entendu que le mouvement sioniste mettra tout son poids pour mettre fin au boycott. C’est ce qui se passera dans les faits. Le troc sera très approximatif, les émigrants perdant une part de leur capital qui devient de plus en plus importante à fur et à mesure que l’on se rapproche de 1939.

Seul mouvement juif autorisé

Il y a incontestablement là une convergence d’intérêts entre le mouvement sioniste qui manque de capitaux et d’émigrants (l’ensemble est indissociable) et le nazisme qui veut une Allemagne vide de juifs. Cette dimension explique pourquoi l’accord de transfert fonctionnera pleinement jusqu’au début de la seconde guerre mondiale en septembre 1939. L’accord de troc sera élargi à l’ensemble de l’économie palestinienne, juive et arabe. L’Allemagne deviendra un importateur majeur d’agrumes palestiniens en échange des marchandises allemandes.

Il y aura ainsi durant toute cette période une relation de travail entre les sionistes et les nazis. Le sionisme sera le seul mouvement juif politique autorisé dans l’Allemagne nazie. L’immigration dite « capitaliste » permet par le mouvement économique induit d’obtenir des visas conditionnés par la capacité d’absorption qui ont bénéficié surtout à des juifs polonais. L’idée d’un sauvetage in extremis d’une population en danger de mort est une illusion rétrospective. La détérioration de la situation en Palestine à partir de l’été 1936 conduit à une forte réduction de l’émigration, mais le mouvement sioniste s’oppose fermement à la conclusion d’un accord équivalent de transfert de juifs dans d’autres pays. Pour les responsables sionistes, le transfert doit s’étaler sur une vingtaine d’années.

Environ 53 000 juifs allemands émigrent en Palestine, des gens jeunes pour la plupart ; 140 000 d’entre eux périront dans la Shoah, ce qui veut dire qu’au moins 300 000 ont pu se sauver par d’autres moyens.

Des polémiques qui durent

Pour réintégrer l’accord de transfert dans son contexte historique, il faut rappeler que la violence politique est endémique en Allemagne durant cette période. Il y a probablement plus de morts dus à des actes politiques de 1918 à 1932 que de 1933 à 1938. Aussi répugnant que le régime nazi puisse paraître, il n’a fait « que » quelques milliers de victimes jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale quand le stalinisme dans le même moment en faisait des millions. La rupture de 1933 est ainsi moins importante pour les contemporains que pour nous.

Les tentatives d’accommodement du sionisme avec le nazisme étaient de même nature que celles de l’Église catholique, qui a conclu un concordat, et celles des politiques d’apaisement des démocraties. La discussion sur l’efficacité du boycott confond deux éléments essentiels. Le boycott n’aurait pas en soi entravé la reprise économique intérieure allemande qui avait déjà commencé en 1932 et qui ensuite a été relayée par la politique de réarmement à outrance. C’est la thèse générale des défenseurs de l’accord dans l’historiographie actuelle. Elle ne prend pas en compte la question du change. Durant l’été 1934, la couverture des importations est tombée à une seule semaine : un mouvement de boycott en Amérique du Nord et en Europe éventuellement soutenu par les syndicats ouvriers constituait bien un risque majeur pour l’économie allemande. On ne peut pas aller plus loin dans le contre-factuel.

Il faut ajouter que dans la même période les milieux dirigeants sionistes évoquaient aussi un « transfert » d’au moins une partie de la population arabe en dehors de la Palestine.

À un moment où une école pseudo-historique évoque les relations entre le nazisme et les nationalistes arabes, qui sont pratiquement nulles dans les années 1930, il est bon de rappeler que c’est le mouvement sioniste qui a une relation de travail avec les nazis, y compris les SS. Il ne s’agit pas d’assimiler l’un à l’autre, mais de remettre les uns et les autres dans leurs cadres historiques.

Henry Laurens (Agrégé d’histoire et diplômé d’arabe littéraire de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), Henry Laurens est depuis 2004 professeur au Collège de France, où il est titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe.)

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1. Theodor Hertzl (1860-1904) est le fondateur du mouvement sioniste au congrès de Bâle en 1897. Il est l’auteur de Der Judenstaat (L’État des Juifs) en 1896.

2. Chaim (ou Haïm) Weizmann (1874-1952) fut l’un des premiers à se rallier au mouvement sioniste. À la tête de l’Organisation sioniste mondiale en 1920, il deviendra le premier président de l’État d’Israël, entre 1949 et 1952.

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Ce texte peut se lire comme une réponse à Benjamin Netanyahou qui a justifié sa politique raciste en assimilant dirigeants arabes et mouvements de résistance palestiniens aux idées nazies. Sur la page Wikipédia (qui n’est pas réputé pour des tendances antisémites) consacrée à Chaim Weizmann, le premier président de l’État hébreu, on trouve cette ligne par exemple : « Lors de sa seconde rencontre avec Benito Mussolini en 1934, ce dernier déclare que Jérusalem ne peut être une capitale arabe ; Weizmann propose de mettre à disposition de l’Italie fasciste une équipe de savants juifs ». À l’instar du texte ci-dessus, cela tend à démontrer que le sionisme n’a jamais été regardant sur ses alliances quand il s’agissait d’atteindre ses objectifs. Merci à Danael qui a su donner cet éclairage. (XP)

 

L’Union européenne adopte la politique de l’extrême droite en matière de réfugiés

« Le 20 décembre 2023 entrera dans l’histoire », a déclaré Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, après que les représentants des États membres de l’UE et du Parlement européen se sont finalement mis d’accord sur une réforme du régime d’asile européen commun (RAEC) quelques jours avant Noël. Elle était « très fière que nous ayons trouvé et mis en œuvre des solutions avec le Pacte sur l’immigration et l’asile ». Donc il faut bien resituer le projet de Macron dans un contexte européen. Celui d’un échec total de cette orientation européenne derrière l’OTAN qui partout fait monter les foyers de tensions et devient le continent qui paye les crimes du saigneur américain qui allume partout des foyers de guerre dont il faut entretenir les haines en transformant l’ennemi à la fois en terroriste et en communiste totalitaire… pourquoi pas en “violeur” … que ce soit des femmes qui soit chargé de cette besogne là prouve à quel point on peut transformer les victimes en bourreaux. Il faut que chacun se reprenne et mesure dans quoi il est incité à prendre place et à quel point il en est le dupe, c’est vrai pour certains juifs qui ne mesurent pas à quel point ils sont devenus les otages de l’impérialisme, ça l’est d’une certaine gauche qui entretient la guerre, ceux qui payent ce genre de notes ce sont les immigrés, le racisme , tous les conservatismes montent. (note et traduction de danielle Bleitrach dans histoireetsocieté)
Johannes Sternil y a un jour

La première ministre italienne d’extrême droite, Giorgia Meloni, accueille la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à son arrivée à une conférence internationale sur la migration à Rome, dimanche 23 juillet 2023. [AP Photo/Gregorio Borgia]

Ce jour entrera en effet dans l’histoire comme celui où l’UE et ses gouvernements nationaux ont ouvertement adopté le programme anti-réfugiés de l’extrême droite. La mise en œuvre des « solutions » approuvées par l’UE signifie l’abolition du droit d’asile, l’expansion de la forteresse Europe, des déportations massives et la détention même de femmes et d’enfants dans des centres de déportation semblables à des camps de concentration.

Immédiatement après l’annonce de l’accord par Metsola, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) s’est réjoui sur X/Twitter :

Le Parlement et le Conseil de l’Europe se sont mis d’accord sur une action plus décisive contre les migrants illégaux. Contrôles, enregistrement de tous les citoyens non européens sans passeport, sans exception, et centres d’asile directement aux frontières extérieures pour expulser les immigrants des pays sûrs le plus rapidement possible. L’AfD réclame tout cela depuis longtemps.

Les mesures prévues sont barbares et rappellent les périodes les plus sombres de l’histoire européenne. Avec cet accord, « la vision dystopique d’une Europe de centres de détention […] deviendra réalité », écrit l’organisation de défense des réfugiés Pro Asyl. Eve Geddie, directrice du Bureau des institutions européennes d’Amnesty International, met en garde :

Cet accord fera reculer le droit d’asile européen de plusieurs décennies. Le résultat probable sera une augmentation des souffrances à chaque étape du parcours d’une personne demandant l’asile dans l’UE.

L’accord prévoit notamment qu’à l’avenir, les réfugiés pourront être détenus directement aux frontières extérieures de l’UE. Le communiqué de presse publié par le Conseil européen et le Parlement européen le 21 décembre indique que le règlement relatif aux procédures d’asile (RPA) introduira une « procédure frontalière obligatoire » visant à « évaluer rapidement aux frontières extérieures de l’UE si les demandes d’asile sont infondées ou irrecevables ».

Les personnes soumises à ces procédures d’asile aux frontières ne sont « pas autorisées à entrer sur le territoire de l’État membre ». Elles doivent « rester à la disposition des autorités sur le lieu de l’examen » et « peuvent être placées en détention ».

Ce que cela signifie concrètement est clair. Les réfugiés seront enfermés dans des centres de détention entourés de barbelés, comme c’est déjà le cas aux frontières extérieures de l’Europe, où ils peuvent s’attendre à être expulsés à tout moment.

Dans son communiqué de presse, l’UE demande à ses États membres de créer « des capacités adéquates, en termes d’accueil et de ressources humaines » – en particulier, 30.000 places de détention – afin de « leur permettre à tout moment de mener à bien la procédure à la frontière et d’exécuter les décisions de retour pour un nombre déterminé de demandes ».À l’occasion du 25e anniversaire du World Socialist Web SiteDans cette vidéo, le président du comité de rédaction international du WSWS, David North, explique le contexte de la création du WSWS, examine son bilan et son importance contemporaine et lance un appel à tous les lecteurs pour qu’ils fassent des dons au WSWS et élargissent son lectorat.

Pratiquement tous les réfugiés qui survivent à leur traversée mortelle de la Méditerranée sont concernés par ces mesures. La procédure frontalière sera appliquée lorsqu’un réfugié « présente une demande à un point de passage frontalier extérieur après avoir été appréhendé en relation avec un franchissement illégal de la frontière et après avoir été débarqué à la suite d’une opération de recherche et de sauvetage en mer », selon le communiqué de presse de l’UE.

L’application de ces procédures frontalières est « obligatoire » pour trois groupes de personnes demandant une protection :

  • Les personnes originaires de pays d’origine avec un « taux de reconnaissance inférieur à 20 pour cent »
  • Les personnes – y compris les mineurs non accompagnés – considérées comme « une menace pour la sécurité nationale ou l’ordre public »
  • Les personnes en quête de protection qui sont accusées d’avoir « induit les autorités en erreur par de fausses informations ou par la dissimulation d’informations »

Pro Asyl qualifie de « particulièrement dramatique » le fait qu’il n’y ait pas d’exception, même pour les enfants et leurs familles. Cela « signifie en fin de compte la détention de mineurs pendant des mois, ce qui est incompatible avec la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant ».

Aux yeux de l’UE, les réfugiés ne sont pas des personnes ayant des droits et nécessitant une protection, mais des ennemis potentiels qui doivent être surveillés, déportés et éradiqués.

« Un autre pilier du pacte est la réglementation sur le contrôle », se vante l’UE. Son objectif est de « renforcer les contrôles des personnes aux frontières extérieures ». Il « garantit également que la procédure adéquate – telle que le rapatriement vers le pays d’origine … – est engagée ». Les contrôles comprennent « des vérifications d’identité, de santé et de sécurité, ainsi que la prise d’empreintes digitales et l’enregistrement dans la base de données Eurodac ».

En outre, la nouvelle loi comprend des règles qui s’appliquent lorsque « les migrants sont instrumentalisés à des fins politiques, c’est-à-dire lorsque des acteurs étatiques étrangers utilisent les flux migratoires pour tenter de déstabiliser l’UE et ses États membres ». Dans ce cas, les États membres seront autorisés à détenir tous les demandeurs d’asile à leurs frontières.

Il s’agit d’une novlangue orwellienne qui renverse la réalité. En fait, c’est l’UE qui « instrumentalise » les réfugiés de plusieurs manières, ce qui a des conséquences meurtrières. Après avoir détruit des pays entiers avec leurs guerres néocoloniales en Afrique et au Moyen-Orient, les principales puissances européennes de l’OTAN et les États-Unis ont décidé de laisser mourir les réfugiés afin de dissuader les autres et de les éloigner de la « forteresse Europe ». Selon les chiffres officiels, plus de 28.000 personnes se sont noyées en Méditerranée rien que depuis 2014. Cette année a été la plus meurtrière depuis 2020, avec plus de 2500 morts.

Aujourd’hui, les mêmes gouvernements européens qui ont cyniquement justifié les guerres passées en les qualifiant d’interventions « humanitaires » organisent un bain de sang encore plus grand. Ils intensifient l’offensive de guerre de l’OTAN contre la Russie en Ukraine, qui a déjà coûté des centaines de milliers de vies. Au Moyen-Orient, ils soutiennent ouvertement le génocide des Palestiniens par Israël et préparent une guerre plus large contre l’Iran et ses alliés, qui transformera toute la région en un véritable brasier.

La terreur contre les réfugiés et l’escalade de la guerre sont directement liées. Plus les classes dirigeantes poursuivent agressivement leurs objectifs de guerre impérialiste et font avancer l’austérité sociale qui y est associée, plus elles s’appuient sur la dictature et le fascisme pour réprimer l’opposition sociale et politique croissante à l’intérieur du pays. Par leur agitation incessante, les politiciens et les médias cherchent à faire des réfugiés et des immigrés les boucs émissaires de la profonde crise sociale, tout en renforçant l’extrême droite.

Les attaques contre les réfugiés ne sont que le fer de lance d’une attaque globale contre les droits démocratiques de l’ensemble de la classe ouvrière. Ces dernières semaines, des efforts ont été déployés dans toute l’Europe pour réprimer les manifestations de masse contre le génocide à Gaza. En Allemagne, en particulier, ce processus est bien avancé : les interdictions de manifester, les attaques contre les artistes critiques, les opérations policières brutales contre les étudiants dans les universités et les raids contre les groupes de gauche font désormais partie de la routine quotidienne.

L’offensive réactionnaire est menée en particulier par les partis soi-disant « de gauche » et libéraux.

En Allemagne, les sociaux-démocrates (SPD) et les Verts du gouvernement organisent l’offensive guerrière et autoritaire et célèbrent le durcissement des lois sur l’asile. « Nous limitons ainsi l’immigration irrégulière et soulageons les pays particulièrement touchés, dont l’Allemagne », a écrit le chancelier Olaf Scholz (SPD) sur X/Twitter. L’accord est une « décision très importante », a-t-il ajouté.

La ministre verte des Affaires étrangères Annalena Baerbock a également salué l’accord, publiant une déclaration décrivant l’accord comme « nécessaire de toute urgence et attendu depuis longtemps ».

En France, le président Emmanuel Macron a formé une coalition avec le parti d’extrême droite de Marine Le Pen, le Rassemblement national, afin de faire adopter par le Parlement l’une des lois les plus strictes de l’UE en matière d’immigration. Les mesures adoptées sont racistes de part en part. La loi bloque l’accès des immigrés aux prestations sociales pendant cinq ans, et même les jeunes nés et élevés en France ne recevront plus automatiquement la nationalité française à l’âge de 18 ans.

La pseudo-gauche européenne ouvre la voie à cette politique. Par exemple, la réforme du régime d’asile européen commun (RAEC) a été élaborée sous la direction de la coalition espagnole PSOE/Sumar, qui occupe actuellement la présidence du Conseil européen et continue d’être soutenue par le parti de pseudo-gauche Podemos.

À bien des égards, Madrid, Berlin et Bruxelles ont pris pour modèle le gouvernement grec de la pseudo-gauche Syriza. Syriza a massivement durci la politique d’immigration entre 2015 et 2019, en alliance avec les Grecs indépendants (Anel), un parti d’extrême droite, et a introduit des mesures similaires à celles actuellement mises en œuvre par l’UE. Ces mesures comprenaient l’entassement des réfugiés dans des « hotspots » semblables à des camps de concentration, tels que Moria, des refoulements illégaux et l’utilisation de l’armée contre les migrants dans la mer Égée.

L’accord européen sur l’asile, qui doit être définitivement adopté avant les élections européennes, qui se tiendront du 6 au 9 juin 2024, menace des millions de personnes, mais il clarifie aussi la situation. Le fait que toutes les sections de la classe dirigeante soutiennent une politique de terreur contre les réfugiés montre que les travailleurs et les jeunes ne sont pas simplement confrontés à l’un ou l’autre gouvernement, mais à l’ensemble de la classe dirigeante et à son système social.

Le capitalisme européen ne peut être réformé. Il doit être aboli par un mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière européenne et remplacé par les États socialistes unis d’Europe.

Le Sozialistische Gleichheitspartei (le Parti de l’égalité socialiste) et ses organisations sœurs à travers l’Europe utiliseront la campagne électorale européenne pour armer les protestations et les grèves croissantes des travailleurs européens avec un programme socialiste international, et pour construire la Quatrième Internationale à travers le continent et dans le monde en tant que nouvelle direction politique. Ce n’est qu’ainsi que les droits démocratiques pourront être défendus, que les guerres et les génocides pourront être stoppés et que la barbarie capitaliste pourra être abolie.

(Article paru en anglais le 28 décembre 2023)


vendredi 29 décembre 2023

 

Palestine, Khalida Jarrar palestinienne arrêtée par l'armée israélienne ...

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

 

L'avocate Khalida Jarrar, du bureau politique du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), a été arrêtée hier à Ramallah. Sa maison a été envahie par des soldats pendant la nuit, faisant exploser la porte à la dynamite sans avertissement et l'enseignante a été traînée de force, comme l'a raconté son mari.

 

Khalida Jarrar est une progressiste laïque de gauche. Il est interdit aux Palestiniens de soutenir toutes les organisations palestiniennes, pas seulement le Hamas.

 

Membre du FPLP, elle milite contre la colonisation israélienne et au sein de la société palestinienne, pour un État démocratique et laïque et pour les droits des femmes. Elle a également été directrice de l'association Addameer de soutien aux prisonniers palestiniens. En 2006, elle est élue membre du Conseil législatif palestinien.

 

Elle est arrêtée par les autorités israéliennes en chez elle, à Ramallah (Cisjordanie). Ayant reçu un ordre de détention administrative, elle est incarcérée pendant 14 mois. Les motifs de son emprisonnement sont d'avoir incité « à la violence et au terrorisme » ; le FPLP, dont elle est membre, est considéré comme terroriste par Israël.

 

Elle est à nouveau arrêtée en par l'administration militaire israélienne, un an après sa libération, et condamnée sans procès à six mois de prison (peine renouvelable indéfiniment) au motif d’être membre du FPLP. Sa détention est prolongée pendant 20 mois.

 

Elle est incarcérée pour la troisième fois à partir d' avec une dizaine d'autres personnes arrêtées en Cisjordanie occupée. Sa fille, Suha, meurt en juillet 2021 d’un arrêt cardiaque. Les autorités israéliennes refusent de la laisser assister à ses funérailles. Elle est libérée en septembre 2021. Elle a été arrêtée à Ramallah par l'armée israélienne le mardi 26 décembre 2023.

 

Khalida Jarrar a été emprisonné administrativement à plusieurs reprises par le régime génocidaire israélien.

mardi 26 décembre 2023

 

Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien estime que "Une fois que le Hamas sera détruit, que Gaza sera démilitarisée et que la société palestinienne entamera le processus de déradicalisation, Gaza pourra être reconstruite et les perspectives d'une paix plus large au Moyen-Orient deviendront une réalité".

Selon le Premier ministre, l'idée de détruire le Hamas "est soutenue par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et de nombreux autres pays", et sa réalisation nécessite de "démanteler le potentiel militaire" du groupe, ainsi que de "mettre fin à son pouvoir politique à Gaza".

C'est à dire la victoire militaire  que nous savons impossible. Donc c'est une déclaration de guerre.

Sa déclaration a au moins un mérite. Elle prouve que seul le soutien de l'occident permet à Israël de continuer ses massacres à Gaza.    En Palestine se joue en réalité l'avenir de l'occident dans le monde.    Si le gendarme du monde  reste l'objectif, l'Europe le paiera très cher. 

pcf littoral

 

Publié par El Diablo

 

À la faveur du départ de fabricants de voitures occidentaux dans le sillage des sanctions, la Chine s'est taillée la part du lion sur le marché automobile russe.

«La Russie est devenue le principal importateur de voitures chinoises et la Chine le principal fournisseur de voitures à la Russie», a déclaré le 19 décembre l'ambassadeur chinois à Moscou Zhang Hanhui, lors d'une interview à RIA Novosti. Le diplomate tirait un bilan de l'année écoulée le jour de la rencontre qui se tenait à Pékin entre le Premier ministre russe Mikhail Michoustine et le président chinois Xi Jinping.

Zhang Hanhui a ajouté qu'au-delà du seul secteur automobile, la coopération pratique russo-chinoise «se développait ces dernières années tant au point de vue quantitatif que qualitatif» et enregistrait «des succès remarquables». Il a rappelé en outre que la Chine était «pour la treizième année consécutive le plus important partenaire commercial de la Russie», avant de souligner que la sphère de la coopération bilatérale «s'élargissait en permanence» et que l'intérêt des entreprises chinoises en la matière était «croissant».

Le 18 décembre, le Premier ministre russe avait estimé les échanges entre les deux pays à «plus de 201 milliards de dollars» pour les 11 premiers mois de 2023. Selon les prévisions, ils devraient atteindre 300 milliards en 2030.

86% des importations de voitures

Selon l'agence nationale Avtostat, dédiée au marché automobile russe, sur les 81 000 véhicules neufs importés en septembre dernier, 86% provenaient de Chine. Il s'agit d'ailleurs d'un record historique, le pic précédent datant de juillet avec 80 300 véhicules importés.

En parallèle, on apprenait récemment que les importations de voitures japonaises avaient chuté de 45% au mois de novembre, en comparaison avec la même époque l'année dernière. Et, en raison des sanctions datant de 2014, les voitures européennes ne sont plus désormais qu'un lointain souvenir : alors qu'en 2013 les véhicules français et allemands captaient ensemble 23% du marché, ils en avaient disparu en 2023.

Toujours selon Avtostat, en septembre, le marché russe était dominé par le champion national Avtovaz (fabricant de la marque Lada) qui représentait 31,7% des ventes. Néanmoins, il est notable que les six constructeurs suivants en taille de part de marché étaient tous chinois et totalisaient ensemble 46% du marché. Il s'agit de Chery, Haval, Geely, Changan, Omoda et Exeed.

Un dynamisme qu'il convient toutefois de nuancer : les ventes de voitures chinoises auraient chuté de 60% depuis le mois d'octobre suite au passage du taux directeur de la Banque centrale de 13 à 15%. «Aujourd'hui, acheter une voiture à un taux de 20%, c'est de la folie», estimait auprès de RIA Novosti Ilia Titov, expert du comité sino-russe d'amitié, de paix et de développement. Selon lui, il est plus avantageux de recourir à «l'autopartage dans les grandes villes et au taxi dans les petites». Il conclut en affirmant que n'achètent une voiture que «les personnes à qui elle est indispensable» ou ceux qui peuvent le faire «sans crédit ou avec un emprunt minimum».

Pour autant, la Russie est demeurée en novembre le cinquième marché automobile d'Europe, derrière l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et l'Italie par ordre décroissant.

Une vaste gamme de marques et de modèles

Dans un article daté du 12 décembre, l'agence Avtovaz dénombrait pas moins de 60 marques chinoises et plus d'une centaine de modèles. Un foisonnement de noms encore inconnus du grand public, qui n'est pas sans susciter des interrogations.

«Compte tenu du rythme d'intégration de la production automobile chinoise sur notre marché, nous nous habituerons vite à leurs noms», a toutefois tenu à rassurer au micro de RIA Novosti la directrice du développement stratégique chez le service de location de voitures Ultima Yandex Go Maria Révinskaïa, rappelant qu'à une époque des marques comme BMW ou Mercedes semblaient aussi «bizarres et incompréhensibles».

Les atouts chinois : options, prix et distribution

Du côté des atouts des véhicules chinois, les consommateurs apprécient, selon la presse spécialisée, leurs nombreuses options, leur prix plus accessible (bien que le haut de gamme fasse aussi partie de l'offre), un bon réseau de distribution et la disponibilité de pièces détachées. À l'inverse, les points négatifs sont des problèmes de finitions dans l'ergonomie, la direction et le châssis. De plus, la réputation des premières voitures chinoises n'étant guère flatteuse, il est très difficile de revendre son véhicule sur le marché de l'occasion. Enfin, certains clients reprochent à la production chinoise une certaine monotonie en se contentant de quatre modèles principaux reproduits sans grande originalité. Les innovations sont toutefois présentes dans l'offre chinoise : en 2024, la marque Chery mettra sur le marché sept nouveaux modèles électriques ou hybrides.

Soutenant l'essor des ventes d'automobiles chinoises à Moscou, il faut noter l'ouverture le 19 décembre du centre «Moscou-Tiania», où des centaines de voitures de plus de 40 marques différentes sont mises en vente sur 135 000 mètres carrés. Lors de son inauguration, il a été annoncé l'ouverture en 2024 d'un centre de services et de mise à disposition de pièces détachées, d'accessoires, de pneus et d'huile. Un autre volet de cette expansion chinoise sur le marché russe est le lancement de la production sur le site d'Avtotor se trouvant à Kaliningrad, qui servait auparavant à l'assemblage de BMW, mais aussi de voitures sud-coréennes, à l'instar de Hyundai et Kia.

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