lundi 13 août 2018


Un collectif milite pour l'entrée de l'ouvrière Martha Desrumaux au Panthéon
Un collectif milite pour l'entrée de l'ouvrière Martha Desrumaux au Panthéon
Sur le site Atlantico 
repris par front de classe
Un mois après l'entrée de Simone Veil au Panthéon, un collectif souhaite y honorer une autre femme : Martha Desrumaux, figure du mouvement ouvrier, féministe et résistante, ayant été de tous les combats, depuis les usines textiles du Nord jusqu'au camp de concentration de Ravensbrück.
35 ans après sa mort,  l’association lilloise, "Les ami.e.s de Martha Desrumaux" milite pour qu'elle y soit honorée.  "Nous voulons sortir cette femme de l’oubli", explique l’éditrice Laurence Dubois, présidente de l’association.
"Elle a sa place au Panthéon car elle appartenait à cette classe ouvrière qui a construit la France. Je suis ravie que Simone Veil soit entrée au Panthéon, mais il n’y a personne du peuple."
Née 18 octobre 1897 à Comines dans le Nord de la France, Martha Desrumaux est le sixième des sept enfants d'une famille pauvre. À 9 ans, elle perd son père, pompier volontaire écrasé lors d'une intervention, et part travailler comme "bonne à tout faire" dans une famille bourgeoise dans la banlieue de Lille. Elle s'enfuit très vite et devient ouvrière du textile de l'usine Cousin de Comines où elle travaille le lin. Consciente des conditions de travail difficiles auxquelles elle est confrontée, Martha Desrumaux adhère à la CGT à 13 ans. Elle obtient notamment que ses collègues ouvrières aient des sabots de bois pour se protéger des flaques d’eau et d’huile.
Membre du Parti communiste depuis 1921, elle est en 1936, la seule femme membre de la délégation ouvrière aux accords de Matignon.
Pendant la Seconde Guerre mondiale alors que le Nord-Pas-de-Calais est occupé par la Wehrmacht, elle réorganise le Parti clandestinement et impulse en juillet 1940 le projet d'une grève des mineurs. C'est un succès : après plusieurs arrêts de travail de septembre 1940 à mai 1941, du 27 mai au 9 juin 1941, cent mille mineurs sont en grève et la production est totalement arrêtée. Dénoncée par le préfet Carles, elle est arrêtée par la Gestapo à Lille et envoyée au camp de Ravensbrück, où elle continue de résister. "Sa première qualité, c’est sa non-résignation. Elle ne s’est jamais résignée que ce soit devant le patronat, le régime de Vichy et l’occupant allemand", souligne Laurence Dubois. 
Après la guerre, son engagement continua au du conseil municipal de Lille, où elle fut élue dès 1945, de la CGT ou encore du mouvement féministe de l’Union des femmes françaises, devenu Femmes Solidaires.
Si cette femme est peu connue du grand public, c'est car "Martha était une ouvrière. Elle n’a pas laissé d’écrits. Elle n’était pas non plus mariée avec quelqu’un de connu. Pourtant, l’historien Pierre Outteryck, qui lui a consacré un ouvrage, dit que c’est la plus grande figure du mouvement ouvrier au XXe siècle", répond la présidente des ami.e.s de Martha Desrumaux. 
L’association a lancé une pétition et va, à la rentrée, remettre "en mains propres" au président Emmanuel Macron une demande pour que la militante fasse son entrée au Panthéon.Tag(s) : #Lutte de Classe, #Histoire