dimanche 25 février 2024

 

Guerre en Ukraine. À Kiev, le G7 salue “l’extraordinaire résistance du peuple ukrainien”

Lors d’un sommet virtuel présidé par Giorgia Meloni, les dirigeants du G7 ont réaffirmé samedi 24 février leur soutien à l’Ukraine et promis de “faire monter le coût de la guerre” pour Moscou. Volodymyr Zelensky, quant à lui, a exhorté ses alliés à livrer davantage de matériel militaire “tant qu’il est temps”.

Justin Trudeau, Giorgia Meloni, Volodymyr Zelensky, Ursula von der Leyen et Alexander De Croo à Kiev le 24 février 2024.
Justin Trudeau, Giorgia Meloni, Volodymyr Zelensky, Ursula von der Leyen et Alexander De Croo à Kiev le 24 février 2024. PHOTO GENYA SAVILOV/AFP
 
 
Note de Pedrito
Légende: Retrouvailles entre foudres de guerre fachos. 
Pourquoi ces gens là ne donnent ils pas l'exemple? Partir au front accompagner les jeunes qu'ils envoient se faire massacrer?  
Ou se faire dégommer, selon les mots de l'ancien apôtre de la Paix Enrico Macias,  qui osa chanter " Enfants de tous pays et de toutes couleurs," et qui aujourd'hui veut "dégommer" tous les enfants de la Palestine!

 

N° 861 20/02/2024 Le journal l'Humanité du 19 janvier publie une longue interview d'Emmanuel Macron et s’en glorifie : « C’est une première qui n’allait pas de soi. En cent-vingt ans d’histoire, l’Humanité n’avait jamais réalisé d’entretien avec un président de la République en exercice. Pourtant, vendredi 16 février, en fin de matinée, quatre de nos journalistes se sont rendus à l’Élysée pour interviewer Emmanuel Macron ». Interview dont le prétexte est l'entrée au Panthéon de Missak et Mélinée Manouchian, des résistants communistes de la FTP-MOI qui furent exécutés par les nazis avec 23 de leurs camarades, comme des milliers de militants communistes qui participèrent et organisèrent la résistance armée contre l'occupation allemande.
Dans son éditorial consacré à cette interview, Fabien Gay, directeur du journal et sénateur communiste s'emploie à justifier cette publication en affirmant :" Nous mettons le chef de l'État face à ses contradictions et le confrontons aux ravages que ses choix font subir au plus grand nombre, aux travailleurs, travailleuses et aux immigrés qui fuient la guerre, la misère et l'oppression comme hier Manouchian."
Cette laborieuse explication ouvre la voie à Macron pour dérouler tout au long de son interview une justification de sa politique, se drapant dans la lutte contre le Rassemblement National et en critiquant vigoureusement -par souci d'équilibre ? - une partie des élus et responsables de LFI. Une manière comme une autre d'adouber le PCF comme un opposant raisonnable et fréquentable.
Toute honte bue, l'homme de la violente répression contre les Gilets Jaunes et les puissants mouvements sociaux, contre la réforme des retraites, explique que :" La république garantit le droit de manifester, de protester ; elle abolit la violence dans la société" et donc circulez, il n'y a rien à voir. La violence patronale, la violence faite à tous ceux, dont la vie est une difficulté permanente faute de moyens, n'ont qu'à se tenir tranquilles !
Si fortuitement les questions de la guerre en Ukraine, de la course aux armements et de la militarisation de la société sont éclipsées, les réponses concernant la question palestinienne : " Pourriez-vous à court terme reconnaître l'État de Palestine", montre toute la duplicité de ce gouvernement qui accorde un soutien inconditionnel à Israël :" J'y suis ouvert mais il faut le bon chemin. Je veux le faire au moment où ce sera utile. Nous allons devoir demander à Israël un effort. Quand le moment sera-t-il utile ? Plus de 28 600 morts, de 68 400 blessés, il en faudra combien ? Macron a renouvelé aux colonisateurs sionistes l'appui de la France impérialiste pour continuer leur génocide du peuple palestinien.
Toutes ces réponses sont évidemment attendues et convenues de la part du premier dirigeant d'une puissance impérialiste appartenant au système d'alliance de l'OTAN dominée par les États-Unis. Les salariés et les retraités qui se battent pour leurs revendications et leurs droits légitimes, les jeunes dans la galère, les militants qui soutiennent les luttes de libération nationale et tout particulièrement celle de la Palestine ne seraient guère étonnés de lire tout cela dans un quelconque torchon capitaliste, le trouver dans l'Humanité en dit long sur les renoncements de ce que fut le Parti Communiste Français !
Blog El Diablo 

En quatre mots, sur cette "interview", sentiment de Pedrito, ancien militant communiste qui n'est plus membre du P(c) mais mourra communiste, ancien CDH, qui a vendu des milliers d'Huma, etc.....:  pitoyable , honteux non évènement.

 

Toute l'histoire est l'histoire de la lutte des classes !

24 Février 2024 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique, #Théorie immédiate, #GQ, #Russie, #États-Unis, #Mille raisons de regretter l'URSS

Les Arméniens en 1915 sur la route de la mort

Supposons un événement :

"Un homme est mort sur la route". C'est le récit d'un fait. D'un "fait divers".

Un fait divers devient un fait historique quand, par exemple : l'homme qui est mort était important, c'était un roi, un martyr d'une cause juste ou un rebelle prestigieux ; ou sa mort constitue un scandale particulier par ses circonstances ; ou sa mort nous parait particulièrement injuste ; ou ce fait est représentatif de faits semblables et innombrables qui ne doivent pas continuer ; ou ce fait va déclencher, ou va servir de prétexte au déclenchement d'autres faits qui seront d'emblée situés par leurs acteurs au rang historique. Etc.

Mais l'homme n'est pas mort matériellement dans l'histoire même , mais quelque part sur la route, et c'est la réaction sociale au fait matériel qui le place dans l'histoire ... ou le relègue dans la chronique sans fin des faits divers.

L'histoire est donc un récit social qui s'appuie sur les faits, qui constitue leur vérité historique en les extrayant de leur chronique infinie, ou au contraire les y laisse à la mémoire puis à l'oubli.

Aussi, on peut se souvenir que Kojève, le philosophe hégélien libéral avait dit : "en mai 1968? il ne s'est rien passé, il n'y a pas eu de morts" (mais pourtant si, deux ouvriers de Sochaux, un étudiant maoïste à l'usine Renault de Flin ... Kojève ayant décidé de les laisser à l'oubli). Certains types de faits interpellent directement l'histoire, et la mort prématurée et violente notamment. Mais la plupart des morts de l'actualité meurt une deuxième fois dans les vingt-quatre heures.

D'autre part, comme Marx et Engels l'annoncent dès la première ligne du Manifeste du Parti communiste, toute l'histoire jusqu'à nos jours est celle de la lutte des classes. Il y a beaucoup de faits qui se sont produits dans le passé, et de faits importants, qui ne relèvent pas de la lutte des classes, mais ils ne seront pas alors des faits historiques selon notre conception.

Le processus d'extraction, de sélection et d'édition des faits dans le récit historique annoncé, commémoré et enseigné est étroitement lié à la lutte des classes, mais de manière confuse, obscure, déformée dans le domaine de l'idéologie. Nous, intellectuels révolutionnaires, notre rôle critique est de rétablir cette liaison dans la conscience.

Ce processus est réversible : princes, martyrs, rebelles, écrivent leurs noms sur le sable. J'ai eu la surprise il y a quelques temps d'entendre remettre en cause, par un historien ( qui se disait communiste par dessus le marché !), le fait même de l'existence de Spartacus ! Le contenu de l'histoire est aussi un enjeu de la lutte des classes (d'où l'existence, sur Réveil Communiste, d'une rubrique "front historique").

Le but de l'historiographie bourgeoise est de faire régresser l'histoire de la révolution prolétarienne, et celle de l'Union Soviétique, au rang de simples faits divers, de l'ordre du crime organisé, du meurtre de masse, du meurtre en série, ou de la catastrophe naturelle, ou de tout cela à la fois.

Parfois on veut objectiver le caractère historique des faits par leur ordre de grandeur, par le nombre : plus d'un million d'hommes ( et de femmes, et d'enfants) sont morts sur la route en Arménie, en 1915. Mais même dans ce cas il y a eu un choix. Les Arméniens malgré leur grand nombre n'ont été extraits que tardivement de la catégorie du fait de hasard ou d'infortune. Ils ne sont même pas comptabilisés habituellement dans les manuels scolaires dans le bilan de la Première Guerre Mondiale, grand épisode de lutte des classes s'il en fut jamais.

Incidemment, la phrase attribuée à Staline, "la mort d'un homme est une tragédie, celle d'un million d'hommes n'est qu'une statistique", est apocryphe. Il ne l'a jamais prononcée.

Les terroristes cherchent à s'objectiver dans l'histoire par la cruauté de leurs actes et le nombre de leurs victimes. Mais ni eux-même ni leurs victimes n'y entrent réellement. Le "Onze Septembre" , quels que soient les fauteurs des attentats, reste un fait divers spectaculaire qui n'entre dans l'histoire que par le biais de son utilisation diplomatique par les États-Unis pour revendiquer le droit d'intervention universel et donc, de facto, l'Empire mondial.

L'écriture de l'histoire (et sa représentation par des images) a toujours été un enjeu de l'histoire elle-même, et elle est devenue de nos jours un de ses principaux champs d'affrontement, puisqu'il n'est plus réellement possible à cause de l'arme nucléaire d'aller à l'affrontement ultime sur le champ de bataille - jusqu'à la guerre d'Ukraine, qui a peut être modifié les choses sur ce point : puisque le discours de propagande de l'Empire ne suffit pas, il revient à la guerre réelle.

L'histoire écrite par la bourgeoisie est une science sans conscience. C'est une apparence d'histoire et une histoire de l'apparence. Ça tourne en rond. Les marxistes le savent. Mais ce qu'ils ne savent pas toujours, c'est qu'ils sont devenus du même coup les seuls dépositaires de la conscience, les seuls qui restent dans le monde, et c'est un fardeau imprévu pour les matérialistes qu'ils sont.

Sa dernière adresse connue était à Moscou, au milieu du siècle dernier, et depuis, certains la cherchent encore.

G.Q.

 

L'Empire occidental rêve d'une guerre mondiale contrôlée pour réinstaurer son millénaire

24 Février 2024 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Théorie immédiate, #Impérialisme, #lutte contre l'impérialisme, #Ukraine, #Corée

La Trosième guerre mondiale a déjà eu lieu, en Corée, de 1950 à 1953

La Trosième guerre mondiale a déjà eu lieu, en Corée, de 1950 à 1953

La guerre d’Ukraine semble démontrer qu’une nouvelle règle du jeu  particulièrement dangereuse dans les relations internationales commence à se mettre en place, où la guerre conventionnelle entre puissances militaires majeures devient possible et même souhaitable pour les élites gouvernantes – comme à l’époque impérialiste avant 1914 et dans l’Allemagne du IIIème Reich – alors que tous les efforts de la diplomatie professionnelle consistaient justement à faire progresser les intérêts nationaux en évitant toute guerre majeure avec des adversaires vraiment redoutables.

On exprime en effet de plus en plus dans les médias mainstream qu’une telle guerre est inévitable et programmée, et il est manifestement sous-entendu par cette campagne de presse que même si elle se produit entre puissances nucléaires elle restera une guerre conventionnelle, en tout cas une guerre non-nucléaire. Après deux années de guerre acharnée sur le terrain ukrainien impliquant des pertes au combat de même ordre de grandeur que celles du premier conflit mondial, et sans atteindre de décision, la seule solution pour l’Occident qui refuse radicalement de traiter avec les Russes  - au point que tous ceux qui font mine de le proposer sont immédiatement ostracisés - est une intervention directe, et la menace apocalyptique qu’elle implique forcément semble être complètement sortie de la tête du grand public.

S’il n’y avait pas la RPD de Corée pour la brandir résolument face aux empiétements impérialistes personne n’y croirait plus. Et ce n'est pas un hasard.

La confrontation directe en champ clôt entre superpuissances a déjà eu lieu dans le passé, circonscrite au territoire national de la Corée, entre 1950 et 1953, avec l’affrontement militaire entre les États-Unis et la République populaire de Chine. Une réédition de ce scénario exterminateur en Ukraine, puis sur d'autres territoires - Pays Baltes, Scandinavie, Taïwan, etc. est non seulement envisageable mais probable car on ne voit pas comment une désescalade pourrait avoir lieu quand l’Occident en est venu à jouer sa crédibilité sur sa capacité à faire céder ses adversaires sur des questions vitales, à traverser délibérément toutes leurs « lignes rouges » dans le seul but de montrer que lui seul à le droit d’en imposer, et à les faire reculer dans les cordes jusqu’à l’abandon de leur souveraineté. Seul l’envoi sur le terrain des troupes de l’OTAN, éventuellement sous la forme d’une coalition « ad-hoc », comme en Corée en 1950,  peut empêcher l’effondrement du protégé ukrainien.

Dans cette situation bloquée où l’Empire occidental ne connaît plus comme stratégie que la fuite en avant, justifiée par un discours de croisade, les agressions militaires de l’OTAN et de ses alliés contre l’Iran ou contre la Chine sont quasiment inévitables, une fois que les conditions auront été réunies pour les justifier sur le terrain de l’opinion publique - et cela bien que les armées de l’alliance ne soient pas prêtes à un tel affrontement, sans parler des citoyens qui sont maintenus dans un état d'aveuglement complet.

L’Empire militarisé est en effet la condition de la prospérité matérielle du bloc occidental - dit du"milliard doré" - qui fonctionne maintenant ouvertement par l’exaction d’un tribut monétaire et par l’ingérence ouverte et continue en dehors de son territoire métropolitain. Il fonctionne aussi par la production d’un récit d’auto-légitimation qui imbibe totalement la culture mondialisée. Mais ce récit, comme la monnaie, n’a plus cours que parce que l’Empire fait de manière récurrente des exemples brutaux pour monter sa puissance. Il redoute (peut-être à tort d’ailleurs, car dans le passé, il a survécu à sa défaite au Viet Nam) qu’un contre-exemple entraîne l’effondrement de sa puissance comme un château de cartes. Elle n’est plus en effet étayée par une quelconque domination économique, technologique ou scientifique.

Le rêve d'une guerre mondiale conventionnelle est particulièrement illusoire, car l'Empire a encore moins de chance de la gagner qu'une guerre totale déchainant le feu nucléaire, ce qui risque donc d'être la marche ultime de l'escalade insensée voulue par les néoconservateurs qui dominent la politique étrangère en Occident, pour conserver au nom du libéralisme économique et sociétal sa domination cinq fois séculaire.

 

GQ, 2 février 2024

 

10 milliards “d’économies” : un véritable carnage social

vendredi 23 février 2024 par Stéphane Ortega/Contre Attaque. Blog A.N.C.


Quand l’économie de guerre prend le pas sur toutes les autres ! Pour rappel, en France chaque année, l’État vers sous forme « d’aide aux entreprises » entre 150 et 200 milliards d’euros aux patrons. L’évasion fiscale est évaluée autour de 100 milliards par an. Pour la guerre en Ukraine : 3 milliards ont été débloqués il y a quelques jours.(JP-ANC)

En quatrième vitesse, le gouvernement vient de décréter une cure d’austérité de 10 milliards d’euros. Les ministères de l’Écologie, de l’éducation et de la recherche vont payer le plus lourd tribut, avec à la clef, des milliers d’emplois publics en moins. En revanche, pas touche aux cadeaux faits aux entreprises.

Aussitôt annoncé, aussitôt fait. Ce jeudi matin, le décret signé par le Premier ministre détaillant, ministère par ministère, les 10 milliards d’euros de coupes budgétaires a été publié au Journal officiel. Soit quatre jours après l’annonce surprise d’une cure d’austérité faite par Bruno Le Maire, dimanche au journal de TF1. Et ce n’est peut-être pas la dernière de l’année puisque l’exécutif n’exclut pas, en plus du décret – lui évitant l’utilisation d’un énième 49-3 budgétaire – de procéder à un projet de loi de finances rectificatif autour de l’été.

Mais pourquoi un tel tour de vis précipité ? Le ministre de l’Économie a mis en avant une baisse de ses prévisions de croissance pour 2024, de +1,4 % à +1 %, tout en maintenant son objectif d’un déficit budgétaire de 4,4 % cette année. Pour y parvenir, le gouvernement s’entête dans son dogme libéral de baisse des prélèvements obligatoires – comprendre des recettes de l’État – avec des mesures particulièrement favorables aux entreprises et aux détenteurs de patrimoine, dont celle de la fin des impôts de production.

Une saignée sur l’emploi public

Derrière le chiffre un peu abstrait de 10 milliards d’euros se cache des réalités bien concrètes. Le décret publié ce jeudi précise poste par poste les économies arbitrées entre le Premier ministre et celui de l’Économie au cours de la semaine. Les politiques publiques en matière d’écologie, de développement et de mobilité durables sont rabotées de plus de deux milliards d’euros. Le travail et l’emploi sont allégés de plus d’un milliard, la recherche et l’enseignement supérieur de 904 millions, l’aide au développement de 742 millions, la cohésion des territoires de 736 millions et l’éducation de 691 millions.

De façon transversale à l’ensemble des ministères, les dépenses du titre 2, à savoir les dépenses en personnels de l’État, sont diminuées de plus de 780 millions d’euros. Sur celles-ci, l’Éducation nationale paye le plus lourd tribut : 306 millions, soit 40 % des économies totales de personnel. Conséquence : des milliers de postes d’enseignants en moins, bien plus que ceux annoncés au moment du projet de loi de finances à l’automne.

Une mesure en totale contradiction avec les annonces de Gabriel Attal fin décembre. A l’époque, le Premier ministre avait revu le « schéma d’emploi » en réduisant le nombre de suppressions dans le premier degré et en créant 594 postes dans le secondaire, pour accompagner son « choc des savoirs ».

Retournement de situation aujourd’hui. Selon les calculs de François Jarraud, le directeur de la publication du site Café pédagogique, les économies inscrites dans le décret publié ce matin équivalent à 2620 emplois d’enseignants non financés dans les écoles, 1740 dans les collèges et lycées et à 4600 postes d’AED et d’AESH. Soit presque 9000 emplois auxquels il faut ajouter 1760 postes dans le privé sous contrat, pour un total approchant les 11000 postes.

Mais les coupes dans l’emploi ne se limitent pas à l’éducation. Le ministère de l’Agriculture connaîtra aussi sa saignée avec 60 millions d’économies de personnels. D’autres emplois sont menacés par les coupes budgétaires dans la recherche. Ici, ce ne seront pas des emplois de fonctionnaires, mais plusieurs milliers de postes dans des organismes de recherche financés par l’État, comme le CNRS ou l’INRA, explique à Rapports de force, Arnaud Bontemps du Collectif nos services publics.

La transition écologique attendra, les territoires aussi

Ce doit être cela « l’écologie à la française », vantée par Emmanuel Macron. Après la mise sur pause du plan Ecophyto 2030, visant à diminuer de 50 % l’usage de pesticide dans six ans, puis l’abandon, annoncé hier par Gabriel Attal, de l’indicateur permettant de mesurer leur diminution, c’est au tour de la rénovation thermique de faire les frais des choix gouvernementaux.

Ainsi, le programme « Écologie, développement et mobilité durables » est amputé de plus de deux milliards, dont la moitié proviendra de « MaPrimeRévov » pour les propriétaires qui souhaitent réaliser des travaux de rénovation énergétique au sein de leur logement. Ensuite, près d’un quart des économies sera réalisé sur le Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires, puis 341 millions sur les infrastructures et services de transports.


Autre ambition revue à la baisse : la cohésion des territoires. Elle se verra amputée de 358 millions d’euros sur son poste dédié à l’urbanisme, les territoires et l’amélioration de l’habitat. De même, les aides à l’accès au logement perdront 300 millions d’euros, malgré une crise du logement criante et après l’annonce controversée d’une remise en question de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU), par Gabriel Attal au moment de son discours de politique générale.

Le champ du travail et de l’emploi n’est pas épargné avec plus d’un milliard de coupes. Les demandeurs d’emploi, déjà dans le viseur du gouvernement depuis des années, seront probablement encore concernés par la suppression de 227 millions de dépenses pour l’accès et le retour à l’emploi. De même que les salariés souhaitant se former ou se reconvertir, puisque 863 millions vont s’envoler pour « l’accompagnement des mutations économiques et développement de l’emploi ». Déjà, le gouvernement a annoncé que, dès cette année, les salariés devront participer au financement de leur formation dans le cadre du CPF pour 10 % de son coût.

Il n’est pas possible pour l’heure de détailler ici l’ensemble des conséquences qu’auront ses coupes budgétaires, qui s’étalent sur pas moins de 29 champs d’intervention de l’État. Mais il est certain qu’elles réserveront leurs lots de surprises désagréables pour les moins fortunés, les salariés, les chômeurs, etc. Parmi elles, l’aide au développement pour les pays les plus pauvres, déjà sous-dotée, sera encore réduite de 742 millions.

Les entreprises peu touchées par les 10 milliards d’économies

Un seul exemple illustre la dissymétrie des mesures prises selon qu’elle vise la population en général ou les entreprises. En matière de formation, les salariés seront mis à contribution pour la financer (CPF) pour un montant de 10 % de son coût. Cette mesure fera économiser 200 millions à l’État sur un dispositif total d’un montant de 2 milliards d’euros. A l’inverse, les aides aux entreprises pour l’apprentissage, dont se gavent indûment certains grands groupes, seront proportionnellement moins ponctionnées : 200 millions également, mais sur un montant global de 20 milliards d’euros. Soit 1 % au lieu de 10 % pour les salariés utilisant leur CPF.

De même, la recherche et l’enseignement supérieur se voient retirer 904 millions sans que le très controversé crédit d’impôt recherche, très favorable aux grandes entreprises, ne soit sollicité malgré son coût de 7 milliards en 2023. De même, la baisse, puis la fin, des impôts de production n’est pas remise en question à l’occasion de cette cure d’austérité. Elle représente pourtant un manque à gagner de sept milliards d’euros pour les recettes budgétaires. Plus globalement, c’est l’ensemble des politiques dispendieuses à l’égard des entreprises qui perdure. Pourtant, « pour faire des économies, il suffirait de s’attaquer aux 200 milliards d’aides aux entreprises. Mais pour cela il faut oser affronter les multinationales », s’est agacé Sophie Binet (N’est-ce pas ! NDLR), la secrétaire générale de la CGT, ce jeudi matin sur Twitter.

 

Virer Jens Stoltenberg maintenant avant qu’il ne soit trop tard

C’est nécessaire mais est-ce que ça sera suffisant ? Ce qui est clair c’est qu’avec les individus de ce type, notre Macron n’est pas mal non plus, non seulement la guerre va devenir un abcès de fixation, un gouffre abyssal, mais comme prévient l’article l’OTAN joue avec l’élargissement de la guerre. Où l’on retrouve d’ailleurs les mercenaires français qui sont bel et bien des militaires français. Il y a quelque chose de proprement fascinant et inquiétant dans la cécité dont fait preuve ou feint de faire preuve le milieu politico-médiatique français et le caractère inexorable de ce à quoi conduit la surenchère de ces gens-là… (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Par STEPHEN BRYEN 25 FÉVRIER 2024

Le Secrétaire général, Jens Stoltenberg, s’exprime lors d’une conférence de presse au sommet de l’OTAN à Bruxelles. Photo : Asia Times files / AFP / Frederic Sierakowski / Isopix

Jens Stoltenberg, ancien Premier ministre norvégien et aujourd’hui secrétaire général de l’OTAN, devrait être limogé maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Il a annoncé qu’il donnait à l’Ukraine la « permission » d’utiliser ses F-16 qui seront bientôt livrés pour lancer des attaques à l’intérieur de la Russie. C’est l’équivalent d’une déclaration de guerre de l’OTAN. Il s’agit d’une décision irrationnelle et dangereuse qui doit être annulée le plus rapidement possible. Non seulement Stoltenberg est un faucon uber, mais il ne comprend pas du tout l’objectif de l’OTAN. S’il est autorisé à rester au pouvoir, il entraînera l’OTAN dans une guerre européenne qui pourrait bien inclure des armes nucléaires. Par-dessus tout, Stoltenberg ne comprend pas que l’OTAN est une alliance défensive et non offensive.

L’OTAN dérive dans la mauvaise direction depuis des années. Elle s’est impliquée dans des guerres en dehors du domaine défensif de l’OTAN, sur la base d’une sorte de politique grossière qui satisfait les dirigeants des États-Unis et de l’Europe, par ailleurs inertes et myopes. Ces guerres, qui incluent désormais l’Ukraine, épuisent les défenses de l’OTAN et affaiblissent la responsabilité fondamentale de l’alliance, qui est de protéger le territoire de ses membres.

Il n’y a aucune disposition dans le Traité de l’OTAN autorisant des opérations offensives à l’extérieur des frontières.

Aujourd’hui, les Russes disent que bon nombre des soi-disant « mercenaires » en Ukraine sont, en fait, des soldats de l’OTAN hautement entraînés. Ils portent des uniformes ukrainiens avec des écussons nationaux les identifiant. Ils sont « nécessaires » pour faire fonctionner les armes de haute technologie que l’OTAN a envoyées à l’Ukraine. Lorsque les Russes ont récemment pris le contrôle d’Avdiivka, ils ont trouvé les corps de ces mercenaires, certains américains et d’autres polonais.

Plus tôt, ils avaient tué au moins 60 mercenaires français dans un hôtel de Kharkiv.

Attentat qui a tué des mercenaires français, selon la Russie, à Kharkiv le 16 janvier 2024.

Les Français ont dénoncé l’attaque, affirmant qu’il s’agissait de désinformation. Mais les Français ont également convoqué l’ambassadeur russe pour se plaindre des morts français en Ukraine.

La guerre en Ukraine est en train de se transformer rapidement en une guerre de l’OTAN, non seulement grâce à la fourniture de renseignements, à la formation des troupes et à l’armement, mais aussi à la fourniture de techniciens expérimentés. Il est tout simplement impossible pour l’Ukraine d’utiliser des systèmes de défense aérienne tels que Patriot et NASAM, des systèmes de lancement de roquettes tels que HIMARS, ou de soutenir les missiles de croisière britanniques et français Storm Shadow, sans une aide extérieure considérable.

La plupart des morts de membres du personnel de l’OTAN sont dissimulées. Lorsqu’ils sont signalés, ils disent généralement que le « bénévole » fournissait une assistance médicale.

Aujourd’hui, les Russes commencent à croire que les F-16 livrés à l’Ukraine (probablement opérationnels d’ici le début de l’été) seront pilotés par des pilotes de l’OTAN.

Les Russes font cette affirmation en se basant sur leurs propres performances passées. La Russie a habillé ses pilotes avec des tenues chinoises pour piloter des Mig-15 pendant la guerre de Corée. Dans la guerre d’usure de 1970 entre l’Égypte et Israël, les pilotes russes ont effectué des missions, parfois ouvertement (car seuls les Russes pouvaient piloter le Mig-25) et parfois en prétendant être des pilotes égyptiens.

Il est extrêmement dangereux d’utiliser des pilotes de l’OTAN en Ukraine. Mais aujourd’hui, Stoltenberg a « donné l’autorisation » à l’Ukraine de faire voler ses F-16 au-dessus du territoire russe. La guerre a déjà été élargie avec des drones, des missiles de croisière et des roquettes fabriqués par l’OTAN qui attaquent des cibles en Russie. L’ajout du F-16 est une expansion qualitative car les F-16 peuvent attaquer les villes russes.

La Russie ne se contentera pas d’essayer d’abattre des F-16 pilotés au nom de l’Ukraine. Ils attaqueront certainement les aérodromes ukrainiens (en fait, ils le font déjà). Mais cela va-t-il s’arrêter là ? Probablement pas : la Russie interprétera le survol de son territoire par des F-16 comme une déclaration de guerre à la Russie, en fait la Russie le dit déjà.

Le F-16 est un excellent avion, mais les avions que l’Ukraine reçoit ont environ 20 ans et ne sont pas vraiment en première ligne. C’est pourquoi les pays qui les fournissent sont passés à autre chose. Bien qu’ils puissent être améliorés avec des armes plus récentes, de meilleurs ordinateurs de contrôle de tir et peut-être même de meilleurs radars, ils ne sont pas capables de survivre contre les défenses aériennes russes et les avions russes haut de gamme tels que le Su-35. Les faire voler au-dessus de la Russie n’est donc qu’une provocation susceptible d’entraîner une guerre plus large qui s’étendra à l’Europe.

Un avion de chasse F-16 néerlandais prêt à décoller. Photo : Ministère néerlandais de la Défense

L’OTAN fait monter les enchères avec la Russie depuis un certain temps, notamment en fournissant des systèmes à longue portée à l’armée ukrainienne. Il n’y a pratiquement aucune justification militaire, car le harcèlement de la Russie ne peut conduire qu’à une escalade et ne renforce généralement pas l’armée ukrainienne, qui manque de plus en plus d’effectifs et de munitions.

Zelensky espère probablement qu’il sera sauvé par une intervention de l’OTAN. Mais du point de vue de la Russie, l’OTAN est déjà intervenue et les choses ne peuvent qu’empirer.

Il n’est pas clair qui, le cas échéant, a dit à Stoltenberg de faire une déclaration aussi imprudente sur l’utilisation du F-16. Ce qui est clair, c’est que l’« autorisation » doit être retirée et que Stoltenberg doit être limogé.

Stephen Bryen a été directeur du personnel du sous-comité du Proche-Orient de la Commission des relations étrangères du Sénat et sous-secrétaire adjoint à la Défense pour la politique. Cet article a été publié pour la première fois sur son sous-stack Weapons and Strategy et est republié avec autorisation.