samedi 19 mars 2022

Ni La Russie ni l'OTAN ? ou nulle part?

19 Mars 2022 , Rédigé par Réveil Communiste 

Ni La Russie ni l'OTAN ? ou nulle part?

Beaucoup de sympathisants de gauche veulent éviter de soutenir « Poutine » mais aussi de faire chorus avec la propagande de l’OTAN.

D’abord à ceux qui sont vraiment désorientés je conseillerai de prendre du recul et d’attendre que les choses se décantent.

Faute de cette prudence d'autres en sont venus à soutenir les sanctions économiques contre la Russie et même les livraisons d’armes à l’armée ukrainienne. Chercher à se soustraire au narratif de l’OTAN ils ne l’imaginent pas moins clair que la cause de cette guerre réside dans la volonté expansionniste de l’OTAN. Qu’il ne faut pas oublier que l’Ukraine est en guerre civile et en voie de nazification depuis le coup d’État de 2014. Dans ces conditions il faut réfléchir à deux fois avant de prendre parti.

Ensuite de ne pas marcher dans la personnalisation et la psychologisation du conflit. La personnalité de Poutine n’a finalement que fort peu de chose à voir avec la question, sauf à adhérer à une conception carrément zemmourienne - lorantdeutshienne de l’histoire. Il y a des constantes géopolitiques, et aucun gouvernement russe digne de ce nom n’aurait accepté l’intégration de l’Ukraine dans une alliance anti-russe.

De se dire aussi que s’attribuer à soi-même et de distribuer des certificats de bonne moralité idéologique ça ne sert pas à grand-chose ; répéter qu’on est contre les « dictateurs » « pour la paix » etc. ce n’est qu’une manière d’affirmer son excellence morale.

Il est significatif que les seuls crimes des nazis ukrainiens qui ont fait bouger un peu les lignes et troublé l’unanimité dans l’union sacrée en jaune et bleu sont les discriminations, effectivement scandaleuses, qui frappent les réfugiés non européens qui tentent de sortir du pays dans la panique généralisée. Mais ils ont fait bien pire, ils ont fait le pire, depuis huit ans, dans l’indifférence générale, contre des Russes, des Ukrainiens russophones, des militants de gauche.

Que les militants de gauche français ne soient pas solidaires des militants de gauche ukrainiens ce n’est pas très étonnant vu le ton haineux qu’ils emploient pour polémiquer entre eux pour savoir quel est le meilleur candidat de gauche pour perdre les élections. Mais on les a connus plus sourcilleux sur le racisme et l’antisémitisme quand il est assumé sans filtre par des nostalgiques du Troisième Reich.

Retourner au réalisme : on ne peut pas vraiment utiliser la moraline comme boussole pour dire quelque chose de sensé et d’utile dans cette situation où la folie collective de l’Occident va bien plus loin que celle qu’on impute si facilement au président russe.

Il faut en revenir au bon sens matérialiste le plus radical : il s’agit de savoir si on veut vivre la troisième guerre mondiale ou non. Dans le déchainement hystérique entretenus par les médias de masse beaucoup plein d’une excitation morbide qui est le fruit de deux générations d’éducation dans le monde des réalités virtuelles ont l’air de n’espérer que ça.

A toute fins utiles on peut leur rappeler que contrairement à ce qui se passe dans leurs jeux favoris les participants ne se relèveront pas à la fin. Certains volontaires ou mercenaires qui étaient partis la fleur au fusil pour tenter l’aventure ont découverts à leur dépens que la guerre c’est un jeu moins drôle quand c’est l’adversaire qui dispose de l’appui aérien !

Il s’agit de se lancer, ou non, dans une guerre ouverte de l’OTAN contre la Russie « pour l’Ukraine » qui aboutirait à l’anéantissement de ce pays.

Alors les fanfarons des réseaux sociaux le lèvent tous pour hurler à la guerre contre la Russie ! Bien évidemment il ne leur est pas passé dans le ciboulot une seule seconde qu’ils risquent eux aussi de mourir. Ignorance n’est pas innocence et stupidité n’est pas courage.

Les amis des Ukrainiens (qui la plupart du temps ne savaient même pas où placer le pays sur la carte le mois dernier) feraient bien de s’intéresser à l’intérêt national de ce pays : est-ce d’entrer dans une guerre inexpiable avec son puissant voisin en espérant être sauvé par le déclenchement d’une guerre nucléaire, ou de trouver un compromis avec lui sur la base de la démilitarisation de la dénazification et du respect des minorités ?

Le bourrage de crâne qui consiste à faire croire que l’Ukraine peut gagner la guerre contre la Russie est beaucoup plus bête qu’en 1914 et beaucoup plus pervers parce que ça incite des Ukrainiens et des spectateurs crédules atteints de donquichottisme à se faire tuer pour rien dans l’attente d’une aide décisive qui n’arrivera jamais et que ça peut même aboutir à la destruction pure et simple de l’État ukrainien, dessiné par les bolcheviks en 1922 et agrandit vers l’Ouest par Staline en 1945 .

Il ne faut pas oublier qu’avant que les nazis lancent l’épuration ethnique à grande échelle en 2014 environ la moité des Ukrainiens étaient Russes (la seule différence entre les deux peuples étant la langue). Que les habitants de Marioupol que les Ukrainiens empêchent de sortir de la ville assiégée pour qu’ils servent de boucliers humains sont russes. Il y a de fortes chance que l’Ukraine soit démembrée si la guerre dure encore longtemps.

Bien sûr on dira que les Russes peuvent aussi perdre la guerre. C’est peu probable car après tout elle aussi risque son existence dans l’affaire et elle a déjà montré sa détermination. Et cela ne se passerait pas sans conséquences très fâcheuses pour le monde entier.

Une parabole en forme de test pour finir

Quand tu trouves un nid de frelons à coté de ta maison :

tu dis que ce ne sont pas des frelons et qu’il n’y a d'ailleurs pas beaucoup de frelons

tu donnes un coup de pied dedans et tu pars en courant

tu attends que le voisin s’en occupe et tu le critiques quand il le fait parce qu’il ne respecte pas la biodiversité

tu déménages

ou tu le détruis ?

même pas.

Il est clair que c’est la Russie qui a déclenché la guerre le 24 février contre le régime de Kiev. Il n’en est 

 

GQ 17 mars 2022

 


Il peut sembler pour le moins aventureux d'évoquer déjà les scenarii d'après-guerre alors que celle-ci fait rage, mais les nouvelles du front sont tellement abondantes, contradictoires parfois et teintées d'intox (souvent) qu'il nous semble inutile de les rapporter. D'ailleurs, nos fidèles lecteurs ne manquent pas de le faire dans leurs commentaires...

Le premier jour du conflit, nous écrivions :

La table est mise pour la grande explication entre l'empire thalassocratique et le Heartland eurasien, opposition toujours ignorée par l'immense majorité des commentateurs qui multiplient les explications vaseuses pour tenter de répondre à la question : "Que veut Poutine ?"

C'est pourtant simple. Et il suffit d'intégrer le facteur géographique dans la grille de lecture - ce qu'on nomme l'analyse géopolitique - pour comprendre que le maître du Kremlin ne cherche pas à reconstituer l'empire de la Grande Catherine (sic) ou n'est pas tombé dans une folie paranoïaque (re-sic). Il s'agit simplement de neutraliser l'Ukraine pour empêcher une certain grande puissance concurrente de s'y installer [...]

Aussi, le Kremlin a-t-il décidé d'éradiquer définitivement la menace perçue avec un programme d'une ambition assez folle et qui tient en trois points :

  • démilitariser
  • neutraliser
  • dénazifier

Sur ce dernier point, on voit bien qui est visé. S'ils sont attrapés, Azov, Pravy Sektor et autres joyeux drilles risquent de passer un mauvais quart d'heure (notons que Vladimirovitch a mentionné le massacre d'Odessa dans son discours).

Pour le reste, on demeure cois devant l'ampleur de la tâche. Il s'agit ni plus ni moins de changer le régime à Kiev, même si Moscou laisse toujours la porte ouverte pour une reddition à ses conditions (ce qui expliquerait accessoirement que le gros des forces et le matériel le plus moderne n'aient pas encore été engagés).

Quant à la neutralisation future de l'Ukraine, les voies pour y parvenir restent assez mystérieuses. Une occupation directe et de longue durée semble à exclure, même si le gros tiers/la petite moitié russophone du pays poserait moins de problème qu'ailleurs. Installer un gouvernement croupion est possible mais quelle serait sa légitimité ? D'autant que l'attaque actuelle braque forcément la population ukrainienne, même celle qui n'avait pas spécialement d'à priori contre le grand voisin. Inscrire la neutralité dans la constitution serait une solution à court terme mais ne garantit rien à plus long terme et la partie adverse - le Natostan pour ne pas le nommer - ne le reconnaîtra de toute façon jamais.

On imagine que les Russes ne se sont pas engagés dans ce pari risqué sans avoir quelques idées en tête mais bien malin qui pourrait dire exactement comment ces plans seront mis en œuvre.

C'est justement là-dessus que nous allons nous pencher aujourd'hui, afin de réfléchir sur les possibilités de sortie de crise et de recomposition d'après-guerre.

Un mot tout de même sur la situation militaire car elle mène au reste. Les pertes russes, surtout les premiers jours, ont été assez lourdes et s'expliquent par deux facteurs. D'une part, les Américains fournissent aux Ukrainiens des informations satellite en temps réel sur les mouvements des troupes russes, ce qui explique le nombre assez important d'embûches où sont tombées ces dernières.

D'autre part, il y a peut-être eu un problème de renseignement. Non pas, comme le pontifient nos chers médias, sur la population ukrainienne censée accueillir l'envahisseur avec des colliers de fleurs ; on n'a sans doute jamais trop compté là-dessus du côté de Moscou et la population concernée semble de toute façon assez indifférente (très peu de manifestations anti-russes dans les zones conquises pour l'instant). Par contre, le Kremlin s'attendait peut-être à ce que l'armée ukrainienne se retourne contre son propre gouvernement. D'où les ouvertures répétées faites dans sa direction et la relative modération des frappes les premiers jours, alors que les forces ukrainiennes, elles, ne s'en privaient pas.

Toujours est-il que l'ours a corrigé le tir. Et si l'avance n'est pas aussi fulgurante que l'attendaient certains analystes du dimanche pour qui les Russes sont déjà enlisés (!), c'est tout simplement parce qu'il n'a jamais été question d'un blitzkrieg général mais d'une attaque entrecoupée de négociations (trois rounds déjà, soit trois jours de non combat, auxquels il faut rajouter les cessez-le-feu pour évacuer les civils de plusieurs villes).

De fait, comme le dit un bon analyste :

Et encore, les Américains affrontaient-ils un Irak tiers-mondisé après douze années de sanctions, dont l'armée n'était plus que l'ombre d'elle-même. sans aviation ni imagerie satellite. Les Russes en sont à une grosse dizaine de jours de combat effectif (si on enlève les journées de négociations/évacuation) face à un adversaire autrement plus conséquent, bien armé et qui bénéficie d'une aide extérieure.

D'un point de vue strictement militaire, parler d'enlisement voire d'échec est un non-sens, ce que résume bien Scott Ritter :

L'un des objectifs - la démilitarisation de l'Ukraine - est déjà grandement atteint. La dénazification sera mise sur la table à la fin de la guerre, même s'il n'est pas impossible que Zelensky soit tacitement reconnaissant à Poutine de le débarrasser d'une partie des bataillons radicaux dans le chaudron de Marioupol (2 sur la carte) et celui qui se prépare à Mikolaïv (3) :

Stratégiquement parlant, à l'échelle du Grand jeu, c'est évidemment le dernier objectif - la neutralisation - qui occupe tous les esprits. Or les trois fronts que l'on distingue - Kiev, Kharkov, sud - montrent que Moscou n'a pas encore d'idée préconçue sur le règlement du conflit et entend garder toutes les options dans son jeu.

L'encerclement de la capitale n'a pas de valeur stratégique intrinsèque et vise avant tout à mettre une pression politique sur les autorités ukrainiennes dans le cadre des futures négociations, qui elles-mêmes conduiront à la désotanisation du pays. Idem pour le front sud, même si ici, la pression est économique.

Peu d'observateurs ont remarqué que les méridionales opérations russes visent avant tout à contrôler les infrastructures : ports et centrales nucléaires. Sans débouché maritime et avec une bonne partie de son électricité aux mains de l'ennemi, l'Ukraine serait vite asphyxiée et Zelensky (ou un autre) obligé de négocier.

L'ours a d'ors et déjà annoncé que tant que Kiev ne se rendait pas à ses conditions, il avancerait inexorablement sa patte et l'on peut imaginer que celle-ci atteindra dans quelques semaines le Dniepr et toute la côté sud :

Or il se trouve que cette moitié de l'Ukraine bientôt occupée par les Russes est également le grenier agricole du pays.

Blé :

Orge :

Millet :

Graines de tournesol :

Seul le maïs échapperait partiellement à l'emprise russe :

 

Bref, avec le gros de la production agricole, l'intégralité des ports et les plus importantes centrales nucléaires du pays dans la paume de l'ours, la situation de l'Ukraine deviendrait tout à fait intenable.

A Kiev, les réalistes en sont forcément conscients mais quel est leur poids face aux jusqu’au-boutistes ? Les ingérences du système impérial, qui voudrait quant à lui que la guerre dure indéfiniment afin de créer un Afghanistan bis, ne sont pas faites pour arranger les choses. Pris dans ces remous, Zelensky tente de surnager difficilement, disant tout et son contraire d'un jour sur l'autre.

Et ça, le Kremlin le sait parfaitement, qui reste intransigeant sur ses conditions et continue en attendant son offensive pour avoir toutes les cartes en main. Dans cette optique, le front de Kharkov...

... viserait moins à faire pression sur la direction ukrainienne qu'à créer, le cas échéant, une zone tampon de 200 à 300 km jusqu'au Dniepr, augmentant la profondeur stratégique et mettant Moscou à l'abri d'éventuels missiles otaniens. C'est toute la problématique de cette guerre dont nous parlions dans le dernier billet.

Dans ce plan B, quelle forme politique prendrait cette zone tampon ? Une occupation directe serait possible mais coûteuse et, à terme, contre-productive. Il existe cependant d'autres possibilités et l'une d'elle vient d'être mise sur la table. Si l'on en croit la rumeur, les Russes auraient lancé l'idée d'un référendum d'auto-détermination dans le sud, aboutissant à la création de la République populaire de Kherson, qui s'ajouterait ainsi à ses grandes sœurs de Donetsk et Lougansk.

Ballon-sonde pour mettre la pression sur Kiev ou projet sérieux visant à créer une ribambelle de républiques séparatistes dont, évidemment, celle qui serait stratégiquement la plus importante et engloberait la région de Kharkov ?

Question subsidiaire quoique fondamentale : quelle serait la réaction de la première intéressée, à savoir la population ?

Disons-le tout net, il est impossible de répondre à cette question tant les données sont maigres, contradictoires et finalement peu pertinentes. Le critère linguistique est le seul que nous pourrions prendre en compte mais il pose d'énormes problèmes. Déjà parce qu'on ne peut définir exactement ce qu'est un russophone en Ukraine ; il existe en effet une très grande différence entre le nombre d'habitants qui déclarent le russe comme langue maternelle et ceux qui l'utilisent dans la vie quotidienne. Mis à part dans l'extrême-ouest et l'extrême sud-est, la plupart des Ukrainiens utilisent d'ailleurs indistinctement les deux langues. Ensuite, être russophone ne signifie pas nécessairement être pro-russe.

Bref, il serait aventureux de faire des prédictions sur ce vrai-faux projet et c'est sans doute ce qu'on se dit du côté de Moscou, dont le premier objectif est toujours de forcer la direction ukrainienne à accepter ses conditions et qui, pour cela, continue sa stratégie de stop & go - négociations/avance/négociations/avance.

Il pourrait d'ailleurs prochainement y avoir du nouveau sur ce point car les pourparlers semblent se dérouler plutôt bien - c'est confirmé tant par la partie ukrainienne que russe - et il se murmure qu'une rencontre entre les deux présidents pourrait même voir le jour. Si beaucoup d'inconnues demeurent, on peut déjà imaginer comment l'accord sur la neutralisation sera communiqué.

Le traité stipule que le pays sera libre de toute présence étrangère. Pour sauver la face et faire passer la pilule dans l'opinion publique, les Ukrainiens présenteront cela comme le fruit de l'héroïque résistance qui a permis le retrait des troupes russes. Moscou leur laissera vraisemblablement le bénéfice de cette victoire médiatique à peu de frais puisque, dans le fond, son grand objectif stratégique sera rempli : la fin définitive de la menace otanienne en Ukraine. Une situation où tout le monde trouverait son compte...

 



Xi exhorte les États-Unis et l’OTAN à discuter avec la Russie et s’oppose à des sanctions aveugles

Cet article qui est un résumé officiel de la rencontre entre Biden et Xi éclaire complètement la position chinoise et celle-ci a laissé peu d’espace aux Etats-Unis. En gros, l’Ukraine fait partie d’un ensemble et vous devriez éviter de prétendre tout gérer, dans tout imposer votre volonté, le monde ne veut plus de cela et il faudra que vous l’entendiez, vous devez apprendre à négocier. La Chine n’a pas cédé d’un pouce et a montré que si les Etats-Unis songeaient à se mettre sur le dos la Chine après la Russie ce serait folie. La question que l’on peut se poser est comment à partir d’une telle position de la CHINE, la bande d'”experts” qui sévit dans nos médias en déduisent-ils que la Chine ne veut pas soutenir la Russie et continuent leur délire ? (note de Danielle Bleitrach histoire et société)

Par Zhang Hui et Liu Xin Publié: Mar 19, 2022 12:43 AM   Le président chinois Xi Jinping s’entretient avec le président américain Joe Biden lors d’une réunion vidéo vendredi.Photo: Xinhua

Le président chinois Xi Jinping s’entretient avec le président américain Joe Biden lors d’une réunion vidéo vendredi. Photo: Xinhua

Le président chinois Xi Jinping a encouragé les États-Unis et l’OTAN à avoir des conversations avec la Russie pour résoudre les problèmes derrière la crise ukrainienne, et a exprimé son opposition aux sanctions aveugles, lors de sa réunion vidéo avec le président américain Joe Biden vendredi.

La crise ukrainienne n’est pas quelque chose de souhaitable, et les événements montrent une fois de plus que les pays ne devraient pas en arriver au point de se rencontrer sur le champ de bataille. Les conflits et la confrontation ne sont dans l’intérêt de personne, et la paix et la sécurité sont ce que la communauté internationale devrait chérir le plus, a déclaré M. Xi.

Après que Biden a déclaré que les États-Unis ne cherchaient pas une nouvelle guerre froide, des changements dans le système chinois, une alliance plus forte contre la Chine, soutenant le « sécessionnisme taïwanais » ou un conflit avec la Chine, Xi a déclaré qu’il prenait les remarques très au sérieux.

En ce qui concerne les relations sino-américaines, M. Xi a déclaré que la cause directe de la situation actuelle dans les relations sino-américaines était que certaines personnes du côté américain n’avaient pas donné suite à l’importante compréhension commune conclue par les deux présidents et n’avaient pas donné suite aux déclarations positives de Biden. Les États-Unis ont mal perçu et mal calculé l’intention stratégique de la Chine.

La réunion a duré près de deux heures, et Xi et Biden ont convenu qu’elle était constructive et ont exhorté les groupes de travail des deux parties à prendre des mesures concrètes pour ramener les relations bilatérales sur la bonne voie et à faire des efforts respectifs pour résoudre la crise ukrainienne.

Le président Xi s’est concentré sur la situation dans son ensemble – au lieu de simplement parler de la crise ukrainienne. Il a souligné les vues globales de la Chine sur la sécurité et la diplomatie et a réitéré nos principes, a déclaré Lü Xiang, chercheur à l’Académie chinoise des sciences sociales, au Global Times.

Les remarques du président Xi sur la crise ukrainienne ont complètement mis en lumière la position de la Chine et, en se tenant à un niveau plus élevé, il a encouragé les pourparlers de paix entre l’Ukraine et la Russie, et les pourparlers entre les États-Unis, l’OTAN et la Russie, a déclaré Lü, notant que les pressions agressives de certains hauts responsables américains envers la Chine n’avaient jamais affecté le rythme de développement de la Chine.

« Je pense que la conférence de vendredi n’est pas seulement significative pour les relations sino-américaines, mais aussi pour la situation géopolitique mondiale. Les remarques du dirigeant chinois ont montré aux pays qui suivent de près les États-Unis dans l’incitation à une crise ce qu’une grande puissance responsable devrait faire face aux problèmes », a déclaré Lü.

Le président Xi a également fait des remarques sur la question de Taiwan. Lü a déclaré que ce sont des signaux aux États-Unis – s’ils continuent à jouer avec le feu sur la question de Taiwan et violent les intérêts fondamentaux de la Chine, il n’y aura pas d’interactions amicales ou positives entre la Chine et les États-Unis.

La crise ukrainienne est déjà un casse-tête pour les États-Unis et ils n’apprécieront certainement pas un surcroit de confrontations avec la Chine. Les États-Unis et leurs politiciens devraient abandonner le fantasme qui consiste en leur capacité à pouvoir résoudre tous les problèmes en imposant des sanctions ou de la coercition, car il est impossible de résoudre les problèmes mondiaux, y compris les crises politiques ou les problèmes économiques sans la Chine et la Russie, a déclaré Lü.

Quelques heures seulement avant la réunion, la Chine, dans un geste rare, a envoyé des signaux durs, déclarant qu’elle n’accepterait jamais les menaces et la coercition américaines sur la question ukrainienne et promettant de faire une réponse forte si les États-Unis prenaient des mesures portant atteinte aux intérêts légitimes de la Chine.

Dans une interview exclusive accordée au Global Times, un responsable chinois anonyme a déclaré que la Chine acceptait la proposition des États-Unis de discuter sur les relations sino-américaines et la situation en Ukraine pour des raisons de relations bilatérales, de promotion des pourparlers de paix et d’exhortation des États-Unis à adopter la bonne position.

La Chine n’acceptera jamais les menaces et la coercition américaines, et si les États-Unis prennent des mesures qui nuisent aux intérêts légitimes de la Chine et aux intérêts des entreprises et des individus chinois, la Chine ne restera pas les bras croisés et réagira fermement, a souligné le responsable, notant que les États-Unis ne devraient pas avoir d’illusions ou d’erreurs de calcul à ce sujet.

Les signaux forts de la Chine ont été envoyés alors que l’administration Biden a intensifié sa campagne de désinformation sur le « soutien militaire » de la Chine à la Russie et a tenté de menacer la Chine de « conséquences désastreuses ».


Le secrétaire d’État américain Antony Blinken donne un point de presse à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN au siège de l’Alliance à Bruxelles, en Belgique, le 24 mars 2021.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a affirmé que Biden indiquerait clairement lors de l’appel de vendredi que la Chine « portera la responsabilité de toutes les actions qu’elle prendra pour soutenir l’agression de la Russie, et nous n’hésiterons pas à imposer des coûts », a-t-il déclaré lors d’un point de presse.

Les analystes chinois ont déclaré que la déclaration claire de la Chine sur sa position était très nécessaire et opportune, alors que les États-Unis cherchent à manipuler les discussions de vendredi pour contraindre la Chine à changer sa position diplomatique, provoquer les relations sino-russes et salir l’image de la Chine, qui est sinistre et vicieuse.

La Chine envoie un avertissement sévère à l’administration Biden de ne pas nourrir d’illusions sur le changement de la Chine dans les discussions de vendredi soir, et exhorte Biden à se calmer sur les questions pratiques des deux pays, ont déclaré des analystes.

Quelques jours seulement après la réunion de Rome entre le diplomate chinois Yang Jiechi et le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan, les États-Unis ont de nouveau tendu la main à la Chine pour une réunion de plus haut niveau, ce qui, de l’avis de certains analystes chinois, reflétait l’inquiétude croissante des États-Unis face aux conséquences incontrôlables de l’aggravation de la crise ukrainienne, en particulier après l’échec de leur tentative de changer la position de la Chine à Rome et que les États-Unis ont un besoin urgent de l’aide de la Chine pour faire face à l’aggravation de la crise ukrainienne, chaos qu’ils ont créé mais n’ont pas réussi à gérer.

La réunion de vendredi se déroule alors que les États-Unis sont pris dans une double situation: s’inquiéter d’un éventuel conflit nucléaire avec la Russie avec sa pression extrême contre elle et le risque d’une escalade rapide des conflits avec la Chine sur la question de Taiwan, ont déclaré des analystes chinois, notant que la question de Taiwan et la question ukrainienne seront en tête de l’ordre du jour de l’échange.

Derrière la pression conçue par l’administration Biden sur la Chine, il y avait sa profonde anxiété et son besoin pressant d’aide de la Chine sur la crise ukrainienne, a déclaré Li Haidong, professeur à l’Institut des relations internationales de l’Université des affaires étrangères de Chine, au Global Times.

« La réunion de vendredi pour les États-Unis est beaucoup plus urgente que d’autres questions que Biden a traitées depuis son entrée en fonction. L’échange a eu lieu alors que les États-Unis, dans des circonstances extrêmement urgentes, ont demandé à avoir des échanges avec la Chine sur l’Ukraine », a déclaré M. Li.

Certains médias américains sont également conscients du dilemme des États-Unis. En couvrant l’échange de vendredi, Bloomberg News a déclaré dans son titre que « Biden se tourne vers la Chine pour obtenir de l’aide avec Poutine ». Un article d’opinion pour Bloomberg a déclaré que plus la Russie fait mal, « plus les risques auxquels l’Amérique et ses alliés européens peuvent être confrontés sont grands ».

La question ukrainienne est la conséquence de problèmes accumulés entre les États-Unis et la Russie ou de la pression et de la contestation continues de la sécurité de la Russie par l’OTAN dirigée par les États-Unis, de sorte que les États-Unis, au fond d’eux-mêmes, ne s’attendent pas à ce que la Chine les résolve, mais ils veulent toujours entraîner la Chine dans son pétrin ou demander à la Chine de l’aider puisque la situation actuelle est au-delà de ses attentes et qu’il deviendra plus difficile pour les États-Unis d’éviter d’être directement impliqués, dit Lü.

Lü a souligné que Biden a été naïf de penser que la Russie ne ripostera pas face aux provocations des États-Unis, et maintenant il jette de l’huile sur le feu pour éteindre l’incendie en Ukraine tout en craignant que le feu n’atteigne l’OTAN.

Cependant, les États-Unis, d’une part, demandent l’aide de la Chine pour l’aggravation de la crise ukrainienne qu’ils ont créée mais qu’ils n’ont pas réussi à gérer; d’autre part, il font pression sur la Chine et la menacent, ce qui est une pratique américaine typique, a déclaré M. Li, notant que c’était imprudent et contre-productif.

« Si les Etats-Unis nourrissent l’illusion que la Chine cédera à sa pression sur la crise ukrainienne et les relations sino-russes, cela ne fait que refléter que les Etats-Unis ont une compréhension trop superficielle des situations internationales complexes actuelles et du bien et du mal des faits », a déclaré M. Li.

De nombreuses sanctions des États-Unis et de l’Occident contre la Russie ont été prises uniquement par le biais d’une juridiction au bras long sans l’autorisation de l’ONU. Et une telle pratique consistant à encadrer les relations avec d’autres pays sur la base de son droit interne et à forcer les pays tiers à l’accepter est sans aucun doute contraire à l’esprit du droit international et aux principes de la Charte des Nations Unies, ont déclaré des analystes chinois.

Yang Jiechi (1er L), membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et directeur du Bureau de la Commission des affaires étrangères du Comité central du PCC, rencontre le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan (1er R) à Rome, en Italie, le 14 mars 2022.Photo: Xinhua

Yang Jiechi (1er L), membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et directeur du Bureau de la Commission des affaires étrangères du Comité central du PCC, rencontre le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan (1er R) à Rome, en Italie, le 14 mars 2022. Photo: Xinhua

Tout en essayant d’entraîner la Chine dans le désordre créé par les États-Unis, Washington salit également les relations sino-russes avec des rumeurs et de la désinformation pour semer la discorde entre les deux.

Après que Sullivan a averti la Chine qu’elle « ferait absolument face à des conséquences » si elle aidait Moscou à échapper aux sanctions, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a dénoncé jeudi les remarques de Sullivan, affirmant qu’il s’agissait d’une autre manifestation des ambitions impérialistes et hégémoniques de Washington. Les relations sino-russes ont une forte dynamique interne, qui ne sont pas affectées par les changements internationaux, a-t-elle déclaré.

La Chine et la Russie ont réitéré qu’il n’y avait pas de coopération militaire, et le partenariat stratégique de haut niveau entre les deux pays n’a jamais ciblé une tierce partie, et ne sera affecté par aucune tierce partie. C’est un point clé que les États-Unis et l’Occident ne comprennent jamais, ont déclaré des analystes.

La Chine a développé des relations bilatérales avec la Russie et les États-Unis respectivement et elle n’utilise pas les relations bilatérales pour cibler la Russie ou les États-Unis. Actuellement, les conflits entre les États-Unis et la Russie et entre la Chine et les États-Unis ont tous des racines aux États-Unis, et les États-Unis tentent de semer la discorde entre la Russie et la Chine, a déclaré Lü, notant que c’est pourquoi la Chine a réitéré que les actions des États-Unis devraient correspondre à ses remarques.


Problème explosif sur les relations sino-américaines

La mauvaise gestion de la question de Taiwan aura un impact perturbateur sur les relations bilatérales, et la Chine espère que les Etats-Unis accorderont l’attention voulue à cette question, a déclaré M. Xi dans la conférence vidéo.

Tout en poussant la Russie dans un coin sur la question ukrainienne, les États-Unis ont également tenté de pousser la Chine dans un coin avec le « problème le plus explosif » pour les relations bilatérales – la question de Taiwan, a déclaré Yang Xiyu, chercheur principal à l’Institut chinois d’études internationales, au Global Times.

Les États-Unis ont rapidement fait progresser leur stratégie indo-pacifique en utilisant Taïwan comme pion et ont continué à envoyer de mauvais signaux aux sécessionnistes taïwanais en envoyant d’anciens diplomates américains visiter l’île, ce qui montre que leur conflit avec la Chine sur la question de Taiwan s’intensifie rapidement, a déclaré Yang.

Certains responsables américains ont également souligné la pertinence de la question ukrainienne avec la question de Taiwan, mais les deux sont fondamentalement différents.

Le général de l’armée de l’air américaine Kenneth Wilsbach a lié la situation en Ukraine à la question de Taïwan, affirmant que l’une des « leçons clés » que les Chinois tirent de la situation en Ukraine est la « solidarité de la communauté mondiale » et que si la Chine se comporte de la même manière contre l’île ou un autre voisin, « quelque chose de plus robuste se produira ».

Si les États-Unis ne prennent pas au sérieux les préoccupations de la Chine mais veulent simplement demander l’aide de la Chine à ses propres fins, un tel modèle d’interaction ne fonctionnerait pas, mais ne ferait qu’injecter plus d’incertitude dans les relations sino-américaines, ont averti les analystes.


 

Des mots inappropriés 

Des mots inappropriés

Avec une demande de droit de réponse

 cet article sera envoyé à INFO-CHALON

Je reçois d’un contact que j’ai à Chalon-sur-Saône, non il ne s’agit pas de mon ami Michel Dandelot… il ne diffuse pas ce genre de document, du moins pas sans commentaire critique, un article Ils avaient 20 ans là-bas en Algérie ! -  de la presse du cru. Il y est question des 30 000 soldats « morts pour la France » et de la « pacification ».

Déjà en 14-18 l’expression « Mort pour la France » était sujette à contestation. Anatole France a notamment écrit « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels » ! En Algérie c’était bien pire : que faisions-nous à des centaines de kilomètres de nos frontières ?

Eh bien on n’y défendait pas la France mais un système social, le colonialisme, qu’on avait imposé sur des terres qu’on avait conquises par la force des armes. Les soldats qui ont perdu la vie dans cette guerre anachronique ont été victimes de l’imbécillité des dirigeants politiques de l’époque qui refusaient de voir que l’Algérie française était une fiction que l’on maintenait contre le vent de l’histoire.

Le même article fait état de la pacification dans laquelle nos troupes étaient engagées. Avec la torture, les corvées de bois, les camps de regroupement, l’utilisation du napalm, du gaz serin, les douars incendiés, les viols aussi ? Eh oui, la puissance coloniale avait créé les conditions d’une guerre civile en Algérie ! Il ne fallait pas s’y fier !

Il eut été mille fois préférable qu’on évite ce conflit chargé de souffrances et qu’on négocie la fin du colonialisme et la guerre menée pour tenter de le perpétuer. Finalement c’est ainsi qu’on a pu régler les questions qui se posaient. On aurait dû le faire tout de suite !

Je ne connais pas spécialement le journaliste qui a pondu cet article Ils avaient 20 ans là-bas en Algérie ! complètement déphasé par rapport au souci de paix et d’amitié entre les peuples ainsi qu’à la recherche de la vérité dans le devoir de mémoire auquel nous sommes invités en ce 60ème anniversaire du cessez-le-feu. J’estime qu’il est complètement à côté de la problématique du moment !

Un point avec lequel je suis toutefois d’accord avec lui, c’est la place qu’occupent les appelés du contingent dans cette réflexion sur notre passé. Ils sont, c’est vrai, absents du débat !

Je signale une vidéoconférence sur le sujet organisée ce samedi 19 mars à 19 h par le Mouvement de la Paix. Elle est accessible à tous, voici le lien :

https://zoom.us/j/7585066971 

Et naturellement je rappelle notre rendez-vous ce samedi 19 mars à Béziers, à 15 h, à l’entrée de la rue anciennement nommée Rue du 19 mars 1962.

Jacques CROS

Ancien appelé de la guerre d’Algérie

 

 Blog CESSENON  de Jacques CROS, ancien appelé en ALGÉRIE, comme moi,Pedrito, pendant 806 jours.


La dénazification débarrassera l’Ukraine des oligarques

Le capital privé ukrainien a parié sur les nationalistes en 2014. Les milliardaires Kolomoisky, Firtash et Akhmetov ont financé la création d’unités militarisées et la guerre dans le Donbass. L’une de ces unités, Azov, a atteint la taille d’un régiment et tient Mariupol depuis des semaines. Pourquoi est-il impossible pour les forces armées russes de réussir son opération spéciale sans frapper les personnes les plus riches d’Ukraine ? Il y a un double mouvement historique, celui de la perte de l’hégémonie occidentale au profit d’un monde multipolaire et celui de l’avancée des peuples vers le socialisme. Ce qui est intéressant dans l’affaire ukrainienne, comme le montre cet article, c’est que non seulement les buts russes annoncés passent nécessairement par l’attaque contre les oligarques ukrainiens particulièrement gratinés, mais il semble que la conscience s’accélère en Russie de la nocivité de leurs propres milliardaires. La déclaration de Poutine contre la “cinquième colonne” qui a fait grand bruit et a été interprétée comme un signe de plus de ses problèmes psychologiques mais c’est autre chose. Ce qu’il faut considérer en France et dans tout l’occident c’est le retard dans la conscience de ce que sont nos propres capitalistes limités à ceux qui pratiqueraient l’évasion fiscale. Quand l’on voit la publicité accordée à l’occupation des biens des oligarques russes, on songe à l’analyse de Politzer (pendant qu’ils s’occupent des capitalistes juifs, ils fichent une paix royale aux autres capitalistes), on mesure à quel point le fascisme qui prend en ce moment l’allure d’une union sacrée autour de l’otan est destiné à faire oublier qui est l’ennemi principal et combien il est d’abord dans son propre pays. C’est cette vision erronée qui condamne en ce moment la gauche dominée par la social démocratie et pire que tout les verts à une fois de plus trahir dans un moment historique, comme à la veille de quatorze dix-huit… Cela montre aussi la nécessité d’une réflexion en profondeur sur une stratégie. (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop)

illustration : Les milliardaires Kolomoisky et Akhmetov qui ont financé la création d’unités militarisées et la guerre dans le Donbass.

https://vz.ru/politics/2022/3/18/1149085.html

18 mars 2022, 14:54
Photo : facebook.com/egor.firsov
Texte : Andrei Rezchikov,
Mikhail Moshkin

Le capital privé ukrainien a parié sur les nationalistes en 2014. Les milliardaires Kolomoisky, Firtash et Akhmetov ont financé la création d’unités militantes et la guerre dans le Donbass. L’une de ces unités, Azov, a atteint la taille d’un régiment et tient Mariupol depuis des semaines, protégée par des civils. Pourquoi est-il impossible pour les forces armées russes de réussir une opération spéciale sans frapper les personnes les plus riches d’Ukraine ?

Le député de Crimée Mikhaïl Sheremet a suggéré que les biens russes des oligarques ukrainiens qui s’opposent à la Russie, financent des groupes nationalistes et soutiennent le régime du président ukrainien Zelensky soient confisqués. “Ces biens devraient être confisqués et vendus. Les recettes peuvent être utilisées pour reconstruire le Donbass”, a recommandé le député.

Quant aux biens des oligarques en Ukraine, ils “devraient être traités de la même manière et les fonds devraient être utilisés pour restaurer les infrastructures et l’économie du pays”. “Tous leurs biens sont la conséquence du parasitisme et du vol. Il est maintenant temps de répondre de ce qu’ils ont fait”, a conclu le député de Crimée.

Le sénateur de Crimée Sergey Tsekov estime qu’une telle confiscation serait une réponse aux décisions de Zelensky, qui a précédemment signé une loi visant à confisquer les biens de la Russie et de ses entités juridiques en Ukraine. “Oui, je soutiens l’idée de Sheremet, cela devrait être fait en Crimée, sur le territoire de la Fédération de Russie. Ce serait une réponse symétrique aux actions des autorités ukrainiennes. Cela s’applique à Zelensky et à tous les oligarques ukrainiens”, a déclaré le sénateur au journal VZGLYAD.

Rappelons qu’il y a une semaine, Zelensky a signé une loi sur les principes de la saisie obligatoire des biens russes. En outre, il a menacé de confisquer les biens des “propagandistes russes” sans expliquer à qui il faisait exactement référence. Il a été soutenu par le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, qui estime qu’un fonds destiné à restaurer l’Ukraine devrait être constitué sur la base des actifs russes confisqués. À cette fin, un mécanisme est en cours d’élaboration pour confisquer les 415 milliards de dollars gelés de la Banque centrale russe.

Il est probable qu’un grand nombre de biens en Russie pourraient théoriquement être saisis si l’idée de Sheremet se concrétise. Moscou a souligné à plusieurs reprises que d’importants hommes d’affaires ukrainiens, y compris ceux affiliés au régime actuel, font des affaires en Russie depuis le coup d’État de 2014.

“L’État même d’Ukraine, qui désigne officiellement la Russie comme un agresseur depuis 2018, nous verse de l’argent”, a déclaré en juin 2021 Dmitri Kozak, chef adjoint de l’administration présidentielle russe. – Les citoyens proches du pouvoir, dont Porochenko, Yatsenyuk, Pinchuk, Firtash, Akhmetov, Kolomoyskyy, paient tous pour des produits fabriqués en Russie.

Dans le même temps, les grandes entreprises ukrainiennes, d’une part, ne veulent pas se séparer de leurs actifs en Russie et, d’autre part, comme leurs “collègues” allemands du début des années 30, ont investi dans le nazisme. Tout le monde connaît les “bataillons” de Kolomoisky. Selon Gennadiy Korban, chef adjoint de l’administration de Dnipropetrovsk, en 2014, chaque bataillon national recevait environ 650 000 dollars par mois par le biais du Fonds de défense, qui était financé à 70 % par Benya Kolomoisky.

L’homme le plus riche d’Ukraine, Rinat Akhmetov, est probablement aussi directement impliqué dans le financement de l’unité néo-nazie Azov, qui a été créée et opère dans le fief d’Akhmetov, Mariupol. C’est là que se déroulent actuellement les batailles les plus féroces dans le cadre des opérations spéciales de la Russie.

Les bataillons nationaux Shakhtersk, Aidar et Tornado, connus pour leurs atrocités pendant la campagne 2014-2015, “selon les experts, appartiennent à un autre oligarque, Dmytro Firtash”, a noté l’analyste politique Igor Shatrov. Kolomoysky a également investi dans ces bataillons nationaux, et il aurait également soutenu le Secteur droit*, qui est interdit en Russie. Le milliardaire Viktor Pintchuk, gendre du deuxième président ukrainien, Leonid Kutchma, finance également des unités des forces armées ukrainiennes et les unités de défense territoriale récemment créées.

Ainsi, si l’idée du député Sheremet est mise en œuvre, la dénazification de l’Ukraine s’accompagnera de sa “désoligarchisation”, du moins en ce qui concerne les fonds et les biens des hommes d’affaires ukrainiens qui financent les nationalistes et soutiennent le régime de Kiev. “La dénazification n’est pas seulement l’expulsion des nationalistes des forces armées, de la fonction publique, de la culture et de l’éducation. Elle prive également la base économique des forces nationalistes “, a expliqué l’économiste et politologue Ivan Lysan. –

Si la Russie n'exécute pas le volet économique de la dénazification, elle annulera tout l'effet de l'opération spéciale en cours".

L’expert a noté que l’oligarchie, qui après le Maidan a mis la main sur une partie importante des actifs commerciaux russes en Ukraine, est largement responsable de la montée du sentiment nationaliste et de “l’enfer dans lequel le pays a été plongé après 2014”.

“La confiscation des biens des milliardaires a également un arrière-plan purement économique – nous constatons aujourd’hui que Kiev a perdu le contrôle de la région de Kherson et refuse déjà de payer les pensions et les salaires aux résidents locaux. Par conséquent, le fait de remettre les biens des oligarques en faveur du budget régional permettra à la région de Kherson de retrouver des sources de financement. Je pense que la nationalisation dans chaque région ukrainienne devrait suivre le modèle du Donbass”, a souligné l’interlocuteur.

En ce qui concerne les personnalités, Kolomoysky et Akhmetov s’inscrivent définitivement dans le processus de dénazification économique, a souligné l’analyste. “Le premier, je m’en souviens, parlait d’une récompense de 10 000 dollars pour la ‘tête d’un Moskal’, tandis que le second sponsorisait un certain nombre de partis politiques et de personnalités promouvant des opinions nationalistes, y compris le radical Oleg Lyashko”, a rappelé l’analyste politique.

En outre, a ajouté M. Lizan, M. Akhmetov a utilisé les services des combattants d’Azov – le milliardaire a payé les nationalistes au moins 600 000 dollars pour la protection de la majorité de ses installations. “En fait, nous pouvons voir ce que les nationalistes ont fait de Mariupol – le fief d’Akhmetov -“, a souligné l’expert.

En outre, selon lui, les biens de Yuriy Kosyuk, qui est l’un des plus grands latifundistes d’Ukraine, devraient également être confisqués. “En général, beaucoup d’oligarques ukrainiens sont liés à l’histoire d’aider les nationalistes ou de soutenir les projets correspondants de Porochenko”, a souligné le politologue.

Dans le même temps, il est important que les petites et moyennes entreprises ne soient pas menacées de confiscation, a déclaré l’analyste. “La nationalisation de leurs actifs pourrait provoquer le mécontentement social d’une partie de la population. Je pense qu’il faut les rééduquer, introduire la responsabilité personnelle et les sanctionner s’il y a des faits de volontariat du côté des nationalistes”, a souligné l’interlocuteur.

“L’Ukraine devrait vraiment s’inspirer de l’expérience du Donbass en matière de nationalisation des actifs des oligarques. Pendant les deux premières années, nous avons eu un “pacte de non-agression” entre les administrations du LNR et les oligarques. Ensuite, Kiev a imposé un blocus commercial et économique de la région, de sorte que les populations de Donetsk et de Lougansk n’ont eu d’autre choix que de prendre les entreprises sous leur contrôle”, a rappelé Vladimir Kornilov, analyste politique de Donetsk. En même temps, il déclare :

“Officiellement, ces entreprises appartiennent toujours à des oligarques, mais toutes les taxes vont aux budgets de la DNR et de la LNR, et il est peu probable que les usines reviennent à la propriété des milliardaires.

“Maintenant, Akhmetov a lancé des chasseurs Azov et des véhicules blindés lourds sur le territoire contrôlé par les forces armées ukrainiennes. C’est pourquoi les batailles y sont très dures. Et il ne peut pas coopérer avec les troupes russes, car sa solution de repli est à Londres. Il sera immédiatement inscrit sur toutes les listes de sanctions de l’Occident. Cela s’applique d’ailleurs aussi à d’autres oligarques ukrainiens. Ils ne seront pas en mesure de changer leur position”, a déclaré l’interlocuteur.

Cependant, curieusement, on peut s’attendre à une coopération avec les forces armées russes de la part de M. Kolomoysky, principal sponsor et créateur du Front national en Ukraine, a ajouté l’expert. “Kolomoisky n’a nulle part où fuir – il a plusieurs affaires pénales en cours contre lui aux États-Unis, et n’importe quel pays l’extradera vers Washington, y compris Israël. Par ailleurs, d’autres oligarques ont tout simplement quitté le pays”, a conclu le politologue.

Nous aimerions ajouter que les oligarques ukrainiens subissent déjà des pertes, tant financières (selon Forbes, la valeur des actifs d’Akhmetov a été divisée par trois pour atteindre 4,2 milliards de dollars depuis le début de l’opération spéciale russe, la fortune de Pintchuk est passée de 2,6 milliards de dollars à 1,9 milliard de dollars, et Poroshenko s’est retrouvé avec 700 millions de dollars) que physiques. Les combats à Mariupol se déroulent actuellement dans la zone industrielle d’Azovstal, propriété du groupe Metinvest d’Akhmetov.