jeudi 28 mars 2024

 

Socialisme, démocratie et système politique à parti unique

28 Mars 2024 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Qu'est-ce que la "gauche", #Front historique, #Théorie immédiate, #Mille raisons de regretter l'URSS, #classe ouvrière, #Élections, #Chine, #Cuba

Socialisme, démocratie et système politique à parti unique

A propos de l’instrumentalisation de la démocratie par l'Occident, alors que la RP de Chine revendique le rôle dirigeant du parti communiste, face aux pressions impérialistes, à lire ici.

Il existe actuellement cinq pays officiellement socialistes dans le monde, qui sont tous dirigés par un parti unique, ou placé institutionnellement au pouvoir, ce qui revient presque au même. Cela ne signifie pas que ces pays ne sont pas des démocraties. Ce sont : Cuba, La RPD de Corée, la RP de Chine, le Viet Nam, et le Laos.

On a toujours martelé l’accusation : les communistes seraient les fossoyeurs de la liberté.

Et en effet, nous sommes les fossoyeurs de la liberté du capital, des capitalistes, et de leurs agents et des hommes et des femmes dont ils ont lessivés le cerveau. Et cela fait de nous des défenseurs presque exclusifs de la liberté réelle dans ce monde sur-aliéné à l'argent, à la marchandise et au spectacle .

La liberté, pour reprendre la rigoureuse définition de Friedrich Engels, c'est la conscience de ce qui doit être fait nécessairement, et non le droit d'ignorer superbement autrui en faisant tout ce qu'on veut (tout ce qu'on a fait vouloir), ou de scandaliser pour se faire remarquer.

Dans la société bourgeoise, loin que la liberté de l’individu s’arrête aux bornes de celle d’autrui, comme l’affirme la déclaration des droits de l’homme, la liberté illimitée de l’argent y écrase complètement la liberté d’autrui.

Si on veut la démocratie, il faut l’imposer aux minorités qui accaparent la puissance politique : les nobles, les riches. Sinon, on n’en aura que l’apparence.

Il ne faut pas confondre démocratie, et régime d’assemblée. Même la démocratie étymologique, celle de Périclès, à Athènes, au Vème siècle avant Jésus Christ, où l’assemblée du peuple était toute puissante, était fondée sur la guerre, l’impérialisme et l’esclavage, et n’en était pas une au sens actuel.

Tant que les partis communistes ont revendiqué et défendu le système de parti unique qui prévalait dans les pays socialistes, ils ont été de puissantes forces politiques, des contre-pouvoirs démocratiques efficaces dans les pays capitalistes, et des bornes posées par la classe ouvrière à la dictature du capital sur ces pays. Les peuples occidentaux comprenaient très bien qu'il était consistant et logique pour un pays socialiste d'interdire aux représentants du capital sous ses formes diverses de briguer le retour au pouvoir. Mais dès que ces partis ont accepté de se soumettre à l’État de droit tel qu’il est défini par le libéralisme politique leur puissance s’est évaporée.

Les pays qui se revendiquent du socialisme méritent le titre quand ils empêchent les capitalistes étrangers ou à domicile de jouer un rôle politique.

Cet interdit, s’il n’est pas suffisant pour préserver le socialisme, est nécessaire. Il comporte des risques mais il est inéluctable pour la maîtrise de l’échelle temporelle de la révolution de longue durée dont il est question. Personne n'a jamais voté pour le remplacement du féodalisme par le capitalisme, et ce ne sera pas le cas non plus quand celui-ci laissera la place au socialisme. Un petit nombre de personnes ont conscience claire de ce qui est décisif, au moment du choix décisif, et même comprennent son caractère décisif.

Le parti communiste, comme Gramsci l'a défini dans les prisons de Mussolini, est la forme moderne et collective du Prince de Machiavel, qui instruit ce petit nombre et le met au service de la classe prolétarienne. Le parti objectif n’est pas toujours celui qui porte ce nom, ce que chacun sait (ce serait trop simple).

Réclamer le multipartisme à Cuba ou en Chine, c’est réclamer le retour au capitalisme. C’est d’ailleurs tout à fait revendiqué par le discours impérialiste dominant des "révolutions colorées" qui tente de pousser les gens à descendre dans rue contre le socialisme au nom du pluralisme, sans autre programme.

Mais alors demandera-t-on avec un peu d’inquiétude : quelles sont les garanties pour la liberté individuelle s’il n’y a pas de pluralisme ?

Il n’y en a pas. Mais ces fameuses garanties n’existent en réalité nulle part : la bourgeoisie pose des règles, et lorsqu’elles ne lui conviennent plus, elle les change. L’inscription dans le marbre des libertés fondamentales des individus ne pèse pas lourd en face des intérêts matériels. Et son pluralisme n'est que celui des grands intérêts.

De toute manière, la démocratie n’est pas individualiste. Son grand paradoxe dans l’histoire est que lorsqu’elle est véritable, elle est toujours aussi une dictature exercée sans faiblesse l’encontre de ses ennemis, contre les classes privilégiées de la naissance et de la fortune et contre leurs agents culturels. Ce qui explique le fait que dans toute la culture politique classique de l’Antiquité à 1848, la démocratie entendue au sens étymologique, « le pouvoir populaire », est détestée et redoutée par les élites qui donnent le ton dans la culture. C’est le règne de la tourbe, de la racaille, de la canaille, de la foule puérile et cruelle de Gustave Le Bon qui opprime la mince couche sociale civilisée et cultivée qui revendique pour elle-même et pour elle seulement le caractère humain.

Or au contraire la démocratie reflète la prise de conscience des masses, et cela ne peut advenir qu’après avoir éliminé la puissance d'influence mécanique de l’argent qui reproduit à l’infini la foule sans conscience des aliénés.

Un exemple actuel particulièrement frappant de cette puissance mécanique est le développement depuis un demi-siècle du courant politique réactionnaire islamiste qui a fait couler tant de sang et encore plus d’encre, et qui n’a pu se développer dans de telles proportions, que grâce à l’injection massive de fonds pétroliers, et sous la haute protection occidentale. Mais ce qui est dénoncé chez "l'autre" islamique existe aussi chez nous.

Ni les réactionnaires religieux musulmans, ni les églises affairistes évangélistes, ni les courants conservateurs de l’Église catholique, ni les partis chauvins de tous les pays n’ont obtenu la moindre influence par leurs mérites éthiques, ou par leurs analyses et leur compréhension du monde réel et de ses enjeux. Leur seule inspiration provient des fonds illimités de leurs donateurs, et leur seule intelligence est le martelage publicitaire à la manière de Goebbels.

Curieusement personne ne se demande pourquoi contre toutes les lois de la probabilité les résultats des élections "libres" convergent en général vers la constitution de deux camps de force à peu près égale, qui obtiennent des scores très proches, de l’ordre de 50 % pour chaque camp [au Pérou, le 6 juin 2021, Pedro Castillo - exception d'une alternance véritable mais éphémère qui confirme la règle - a obtenu 50,12% des voix!], au lieu de présenter une variation aléatoire de résultats suivant une courbe de distribution normale. On présente une victoire à 52% comme un immense succès alors qu'elle comporte une large part de raisons aléatoires qui auraient aussi bien pu justifier le résultat inverse et qu'elle n'implique aucune prééminence morale ou théorique. Cette convergence s’explique par la pratique concrète des partis électoraux  : ils ne mesurent leur action qu'à la résistance du camp d’en face, ce qui fait que chaque effort du coté "bleu" provoque une réaction similaire du coté "rouge" . Autrement dit, ces partis sont complémentaires dans une totalité stable, et ils ont à peu près la même capacité de recueillir des fonds, ce qui se fait toujours en dernier ressort auprès des capitalistes, et participent en commun à la construction, autour d’enjeux factices ou dépassés, d’une vision purement idéologique du monde, sans prise sur le réel.

La démocratie véritable ne résultera jamais de la confrontation électorale où le slogan anti-apartheid « one man, one vote » est retraduit « one dollar – one vote ». La démocratie en action ne provient pas de la confrontation et des compromis de clans ou de partis qui sont autant de mafias, et dont le jeu libre ferait apparaître magiquement l’intérêt général ou l’optimum politique. Il ressort au contraire du cirque électoral presque universellement méprisé du bon sens populaire mais révéré avec idolâtrie par la culture des Instituts d'études politiques un spectacle complètement nul qui est le contraire parfait de la participation véritable et en connaissance de cause du peuple aux décisions qui le concernent.

Toutes les associations, des confréries mystiques aux clubs de supporters, prétendent partager un idéal, ou une éthique, ou pour parler avec les concepts relâchés de l’époque, « des valeurs », mais on constate que dans l’univers libéral cet affichage moralisant cède le pas aux relations concrètes qui lient entre eux les individus ambitieux qui les constituent, et dont l’ambition personnelle est souvent la seule qualité. Les organisations du pluralisme ont comme objectif rationnel rien autre chose que le beefsteak de leurs adhérents. La franc-maçonnerie est l’archétype de ce fonctionnement à deux vitesses : un idéal commun fumeux à la limite de la puérilité qui recouvre des relations d’affaire et des conflits d’intérêt, avec un double recrutement de naïfs et de pourris, et de naïfs qui pourrissent sur pied au fur et à mesure qu’ils s’affranchissent.

Donc l’idéal du parti communiste n’est pas de ce type. Le parti n’est pas un trafiquant d’influence qui produit des discours et des récits trompeurs mais un maître d’œuvre qui recrute des membres à l’esprit constructif, pour reconstruire le monde.

Le parti bourgeois, par contre, (y compris le parti bourgeois d’extrême gauche) est en fait un lieu de survie tissé par des réseaux d’ordre économique, des trafics, et par des réseaux sexuels.

Pour éviter de lasser le lecteur, concluons : le socialisme et la démocratie réelle qu’il permet et qu’il implique ne sont pas un système libéral, parlementaire, où les représentants du peuple s’insultent en public et magouillent amicalement en privé, et dont les fausses querelles peuvent malheureusement pousser les gens ordinaires à s’entre-tuer, comme hier en Yougoslavie, et en 2019 dans le Caucase (et même aux États-Unis !) .

Simple question : la démocratie règne-t-elle davantage maintenant en Arménie, et en Azerbaïdjan ? Ou régnait-elle plutôt sans en avoir l’air à l’époque où ces deux pays formellement indépendants, aujourd’hui engagés dans un conflit absurde, étaient deux des républiques soviétiques, au sein de l’Union, sur un pied d’égalité avec la Russie ? Et a fortiori, en Ukraine et en Russie ?

Le plus mauvais gouvernement socialiste vaut mieux que la meilleure démocratie libérale, parce qu’en cette pseudo-démocratie, c’est le capital qui gouverne. Il vaut mieux être gouverné par des êtres humains que par des choses. Et ce n’est pas la montée en puissance l’Intelligence Artificielle qui va nous démentir !

GQ, 17 novembre 2020, relu le 27 mars 2024

PS : L'intention de l'article, qui est destiné aux nouvelles générations de militants, n'est pas forcément de promouvoir le système de parti unique, qui a des défauts, comme c'est indiqué dans le texte sans développer, mais de leur montrer qu'y recourir quand c'est nécessaire pour préserver le but est parfaitement légitime. C'est un système que les bolcheviks ont été contraints d'appliquer pour faire face à la contre-révolution, à partir de l'été 1918, et qui a perduré parce que jamais la bourgeoisie mondiale n'a admis la légitimité de l'État issu de la Révolution d'Octobre, ni des autres États socialistes fondés par la suite au XXème siècle. Si le gouvernement américain actuel n'admet pas la légitimité du gouvernement chinois sous la conduite du parti communiste, ce n'est pas parce qu'il n'est pas pluraliste, mais parce qu'il est socialiste et souverain dans une mesure qu'il trouve déjà excessive, et il réclame l'introduction du pluralisme en Chine (ou à Cuba) pour pouvoir y favoriser librement l'action de ses agents, qu'ils le soient objectivement ou qu'ils soient directement patentés. Le pluralisme considéré comme fétiche dans le système de l'Empire globalisé est la garantie qu'à long terme ses clients, financés , publicisés, et légitimés par ses médias et se diplomates l'emportent partout.

 

Comment les médias manipulent "le temps de cerveau humain disponible"

jeudi 28 mars 2024 par Contre Attaque blog ANC

Exemple : Préparer l’opinion à la casse de l’assurance chômage en une leçon.
C’est très simple : dans un premier temps vous bombardez l’opinion d’une info formatée aux besoins du système, et dans un second temps par sondage ou micro-trottoir vous obtenez la réponse souhaitée. De la servitude volontaire aurait dit La Boécie. [1](JP-ANC)

« Alors que le gouvernement prépare une nouvelle réforme de l’assurance chômage, 32% des Français estiment qu’il faudrait tailler dans les allocations des chômeurs pour baisser les dépenses publiques » explique BFM, qui publie en gros titre : « près d’un tiers des Français favorables à des coupes budgétaires sur les allocations chômage ».

Une magnifique manière de préparer les esprits à l’un des plus grands reculs sociaux des dernières années : la diminution drastique de l’assurance chômage, une mesure gravissime de Gabriel Attal, qui vise à baisser des droits pour lesquels les travailleurs ont cotisé !
Cette mesure va plonger des centaines de milliers de personnes dans la misère, mais le gouvernement peut compter sur BFM pour fabriquer le consentement.

Pour affirmer cela, BFM se base sur un sondage de l’institut Elabe que la chaîne a financé. Une question demande aux sondés « par quels moyens faudrait-il réduire la dette publique française ? », et leur propose trois choix. C’est ce résultat qui est utilisé dans son titre par BFM.

On vous le donne en mille : la proposition qui arrive en tête ne concerne pas le chômage mais les aides aux patrons. En numéro 1, 36% des français veulent « baisser les dépenses sur les aides aux entreprises ». Ce qui est logique : l’État français verse quasiment 200 milliards d’euros par an sous forme d’aides aux secteur privé, sans contrepartie, ce qui est le braquage du siècle.

L’argent public sert ainsi à « soutenir » des entreprises qui réalisent souvent d’énormes profits et ne se privent pas pour licencier leurs employés, ou qui utilisent une main d’œuvre précaire. En fait la baisse des allocations chômage arrive en troisième position. Et si elle arrive si haut, c’est déjà dû au matraquage systématique contre les « assistés » par les médias depuis des années.

En d’autres termes, BFM stigmatise méthodiquement les chômeurs, puis commande un sondage pour bien montrer que les français pensent comme eux et le gouvernement. Sauf que le résultat n’était pas conforme à ses attentes. Et comme BFM n’avait pas l’intention de titrer : « Les français veulent baisser les aides aux patrons », la chaîne réalise une manipulation pure et simple avec un titre racoleur.

Une autre question du sondage demande : « Par quels moyens faut-il réduire la dette publique ? »
Dans l’ordre, c’est une « réduction du train de vie de l’État » qui arrive en premier, une « hausse des impôts sur les entreprises ayant fait le plus de profits » en deuxième, une baisse « globale » des dépenses et en quatrième position une « hausse des impôts des particuliers les plus aisés ».
Sur les quatre réponses les plus citées, deux visent à taxer les riches. Cela non plus, BFM ne le mentionne pas.
C’est plus utile de cogner sur les pauvres.

C’est un cas d’école de fabrique de l’opinion : la désinformation par les milliardaires, pour les milliardaires.

Merci au journaliste Pierre Jequier-Zalc d’avoir repéré cette manipulation.

 

L’Europe est somnambule face à ses propres dilemmes, par Vijay Prashade

Le diagnostic de cet intellectuel indien de renommée internationale correspond à celui d’un nombre grandissant des pays du sud sur la manière dont l'”Europe” est en train de s’aligner sur le plan social mais aussi climatique à un choix des USA qui peut “détruire” tout en étant désormais incapable de gagner les guerres qu’il crée partout. Légitimement, les déclarations menaçantes du gouvernement français contre le pouvoir d’achat et l’annonce d’une politique de rigueur a suscité quelques émois dans l’opposition de gauche mais toujours pas la moindre remarque sur le choix parallèle de l’économie de guerre. Pourtant comme en témoigne l’article tout est étroitement lié. La France connait un plafond d’endettement comme d’autres états européens alors même que le désengagement des USA en Ukraine est en fait dans le cadre de la vassalité assumée l’obligation d’une réorientation des économies, le sacrifice des plans sociaux comme des investissements climatiques. Sur ce dernier point, Macron qui a manifesté son adhésion totale à une politique qui sacrifie tout aux investissements militaires va jouer “la communication” sur la déforestation au Brésil, et tout se joue sur ce mode qui interdit de parler des véritables contraintes telles qu’elles sont mises en œuvre en Europe. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Photo 



Le mot de Pedrito .

Photo/: Tout un symbole ! L'allemande que l'Allemagne a congédiée aussitôt embauchée à Bruxelles, entourée de Macron haï par 80 % des Français.  Elle est belle l'Europe du fric, de la guerre, des milliardaires et des armuriers, l'Europe colonie de l'impérialisme US, et qui marche au pas sous la baguette du sénile Biden pour verser des milliards à l'Ukraine corrompue!

Mais qui n'est pas corrompu à Bruxelles ?  Et tout çà n'est-il pas voulu pour achever d'asservir les peuples anesthésiés par les corrupteurs?

PAR VIJAY PRASHADFacebook (en anglais seulementGazouillerSur RedditMessagerie électronique

Source de la photographie : Dati Bendo – CC BY 4.0

L’Europe est somnambule face à ses propres dilemmes

Le 19 mars 2024, le chef des forces terrestres françaises, le général Pierre Schill, a publié un article dans le journal Le Monde, au titre sans ambages : « L’armée se tient prête ». Schill a fait ses armes dans les aventures de la France à l’étranger en République centrafricaine, au Tchad, en Côte d’Ivoire et en Somalie. Dans cet article, le général Schill écrit que ses troupes sont « prêtes » à toute confrontation et qu’il pourrait mobiliser 60 000 des 121 000 soldats français en un mois pour n’importe quel conflit. Il a cité la vieille phrase latine – « si vous voulez la paix, préparez-vous à la guerre » – puis a écrit : « Les sources de crise se multiplient et comportent des risques de spirale ou d’extension. » Le général Schill n’a mentionné le nom d’aucun pays, mais il était clair qu’il faisait référence à l’Ukraine puisque son article a été publié un peu plus de deux semaines après que le président français Emmanuel Macron a déclaré le 27 février que les troupes de l’OTAN pourraient devoir entrer en Ukraine.

Quelques heures après la déclaration intempestive de Macron, le conseiller à la sécurité nationale du président américain, John Kirby, a déclaré : « Il n’y aura pas de troupes américaines sur le terrain dans un rôle de combat en Ukraine. » C’était direct et clair. La situation des États-Unis est sombre, le soutien à l’Ukraine diminuant très rapidement. Depuis 2022, les États-Unis ont fourni plus de 75 milliards de dollars d’aide à l’Ukraine (47 milliards de dollars d’aide militaire), de loin l’aide la plus importante au pays pendant sa guerre contre la Russie. Cependant, au cours des derniers mois, le financement des États-Unis – en particulier l’aide militaire – a été bloqué au Congrès américain par des républicains de droite qui s’opposent à ce que davantage d’argent soit donné à l’Ukraine (il s’agit moins d’une déclaration sur la géopolitique que d’une affirmation d’une nouvelle attitude des États-Unis selon laquelle d’autres, comme les Européens, devraient assumer le fardeau de ces conflits). Alors que le Sénat américain a voté un crédit de 60 milliards de dollars pour l’Ukraine, la Chambre des représentants des États-Unis n’a autorisé le vote que de 300 millions de dollars. À Kiev, le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a imploré le gouvernement ukrainien de « croire aux États-Unis ». « Nous avons apporté un soutien énorme, et nous continuerons à le faire chaque jour et de toutes les manières possibles », a-t-il déclaré. Mais ce soutien ne sera pas nécessairement au même niveau que lors de la première année de la guerre.

Le gel de l’Europe

Le 1er février, les dirigeants de l’Union européenne se sont mis d’accord pour fournir à l’Ukraine 50 milliards d’euros de « subventions et de prêts très concessionnels ». Cet argent doit permettre au gouvernement ukrainien de « payer les salaires, les retraites et de fournir des services publics de base ». Il ne s’agira pas directement d’un soutien militaire, qui a commencé à s’essouffler dans tous les domaines, et qui a provoqué de nouveaux types de discussions dans le monde de la politique européenne. En Allemagne, par exemple, le chef du Parti social-démocrate (SDP) au parlement, Rolf Mützenich, a été critiqué par les partis de droite pour avoir utilisé le mot « gel » lorsqu’il s’agit de soutien militaire à l’Ukraine. Le gouvernement ukrainien était impatient de se procurer des missiles de croisière à longue portée Taurus auprès de l’Allemagne, mais le gouvernement allemand a hésité à le faire. Cette hésitation et l’utilisation du mot « gel » par Mützenich ont créé une crise politique en Allemagne.

En effet, ce débat allemand sur de nouvelles ventes d’armes à l’Ukraine se reflète dans presque tous les pays européens qui ont fourni des armes pour la guerre contre la Russie. Jusqu’à présent, les données des sondages à travers le continent montrent de larges majorités contre la poursuite de la guerre, et donc contre la poursuite de l’armement de l’Ukraine pour cette guerre. Un sondage réalisé pour le Conseil européen des relations étrangères en février montre qu’« en moyenne, seulement 10 % des Européens de 12 pays pensent que l’Ukraine va gagner ». « L’opinion dominante dans certains pays », ont écrit les analystes du sondage, « est que l’Europe devrait imiter les États-Unis qui limitent leur soutien à l’Ukraine en faisant de même, et encourager Kiev à conclure un accord de paix avec Moscou. » Ce point de vue commence à entrer dans les discussions, même celle des forces politiques qui continuent de vouloir armer l’Ukraine. Le parlementaire SPD Lars Klingbeil et son chef Mützenich disent tous deux que des négociations devront commencer, bien que Klingbeil ait déclaré que cela n’aurait pas lieu avant les élections américaines de novembre, et jusque-là, comme Mützenich l’avait dit, « je pense que la chose la plus importante maintenant est que [l’Ukraine] obtienne des munitions d’artillerie ».

L’armée, pas le climat

Peu importe que Donald Trump ou Joe Biden remporte l’élection présidentielle américaine en novembre. Quoi qu’il en soit, les vues de Trump sur les dépenses militaires européennes ont déjà prévalu aux États-Unis. Les républicains demandent que le financement américain de l’Ukraine soit ralenti et que les Européens comblent le vide en augmentant leurs propres dépenses militaires. Ce dernier point sera difficile car de nombreux États européens ont des plafonds d’endettement. S’ils devaient augmenter les dépenses militaires, ce serait aux dépens de précieux programmes sociaux. Les données des sondages de l’OTAN montrent un manque d’intérêt de la part de la population européenne pour le passage des dépenses sociales aux dépenses militaires.

Ce qui est encore plus problématique pour l’Europe, c’est que ses pays ont réduit leurs investissements liés au climat et augmenté leurs investissements dans le domaine de la défense. La Banque européenne d’investissement (créée en 2019) est, comme l’a rapporté le Financial Times, « sous pression pour financer davantage de projets dans l’industrie de l’armement », tandis que le Fonds européen de souveraineté – créé en 2022 pour promouvoir l’industrialisation en Europe – va s’orienter vers le soutien aux industries militaires. En d’autres termes, les dépenses militaires dépasseront les engagements en matière d’investissements climatiques et d’investissements pour reconstruire la base industrielle de l’Europe. En 2023, les deux tiers du budget total de l’OTAN, qui s’élève à 1 200 milliards d’euros, provenaient des États-Unis, soit le double de ce que l’Union européenne, le Royaume-Uni et la Norvège ont dépensé pour leurs forces armées. La pression exercée par Trump sur les pays européens pour qu’ils consacrent jusqu’à 2 % de leur PIB à leurs armées déterminera l’ordre du jour, même s’il perd l’élection présidentielle.

Ils peuvent détruire des pays, mais pas gagner des guerres

Malgré toutes les fanfaronnades européennes sur la défaite de la Russie, les évaluations lucides des armées européennes montrent que les États européens n’ont tout simplement pas la capacité militaire au sol pour mener une guerre d’agression contre la Russie, et encore moins pour se défendre de manière adéquate. Une enquête du Wall Street Journal sur la situation militaire européenne portait le titre stupéfiant : « L’alarme grandit au sujet des armées affaiblies et des arsenaux vides en Europe ». L’armée britannique, ont souligné les journalistes, ne dispose que de 150 chars et « peut-être d’une douzaine de pièces d’artillerie à longue portée utilisables », tandis que la France a « moins de 90 pièces d’artillerie lourde » et que l’armée allemande « a assez de munitions pour deux jours de bataille ». S’ils sont attaqués, ils ont peu de systèmes de défense aérienne.

Depuis les années 1950, l’Europe s’est appuyée sur les États-Unis pour effectuer des bombardements et des combats intensifs, y compris lors des récentes guerres en Afghanistan et en Irak. En raison de la puissance de feu terrifiante des États-Unis, ces pays du Nord sont capables d’aplatir des pays, mais ils n’ont pas été en mesure de gagner des guerres. C’est cette attitude qui produit la méfiance dans des pays comme la Chine et la Russie, qui savent que malgré l’impossibilité d’une victoire militaire du Nord contre eux, il n’y a aucune raison pour que ces pays – dirigés par les États-Unis – ne risquent pas l’Armageddon parce qu’ils ont la force militaire pour le faire.

Cette attitude des États-Unis, qui se reflète dans les capitales européennes, produit un exemple de plus de l’orgueil et de l’arrogance des pays du Nord : un refus même d’envisager des négociations de paix entre l’Ukraine et la Russie. Pour Macron, dire des choses comme l’OTAN pourrait envoyer des troupes en Ukraine est non seulement dangereux, mais cela met à rude épreuve la crédibilité des pays du Nord. L’OTAN a été vaincue en Afghanistan. Il est peu probable qu’elle fasse de grands gains contre la Russie.

Cet article a été produit par Globetrotter.

Le livre le plus récent de Vijay Prashad (avec Noam Chomsky) s’intitule The Withdrawal : Iraq, Libya, Afghanistan and the Fragility of US Power (New Press, août 2022).

 

Oui nous avons un gouvernement d’escrocs mais comment échapper au piège du “consensus” de la Macronie ?

Il arrive un moment ou sans remettre en cause les voix qui refusent que la classe ouvrière, les plus pauvres, fassent les frais d’une telle politique, on ne peut pas en rester là… Si l’on ne peut qu’approuver la dénonciation de ces gens qui chassent les plus démunis en bande organisée, cautionner si peu que ce soit cette querelle de succession de la Macronie, tirant à droite et à gôche” dans l’entente parfaite sur la vassalisation de l’UE, le militarisme sans ressources réelles et la toute puissance des marchés financiers, trusts de l’armement, Zelensky bis… Le fait est que prétendre limiter la dénonciation sans remise en cause géopolitique, et sans élucidation des “fondamentaux” de la dite bande c’est non seulement leur faire un cadeau, à eux et à l’extrême-droite (qui peut centrer son “opposition” sur la défense de la suprématie raciale occidentale), mais s’interdire la recherche de solutions en rupture avec les leurs. C’est ce qui oriente désormais ma démarche qui n’est pas “contre” le peu qui est tenté, mais qui s’intéresse plus aux perspectives déjà là… Il m’est impossible de ne pas penser l’action “ailleurs” que dans le cadre actuel du consensus de ces élections européennes, dans le refus de l’OTAN, de l’économie de guerre qui se substitue aux dépenses sociales, à celles sur le climat, à l’exigence du socialisme et au moins à la conscience d’enjeux planétaires de coopération dont l’écho est national, local… Un certain nombre de publications d’histoireetsociete sont de ce fait totalement en dehors du “champ du politique” électoral actuel et doivent être lus comme tels, la perspective est au-delà.. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Face au dérapage du déficit public annoncé ce mardi 26 mars, Bercy agite la menace de nouvelles économies, de l’assurance-chômage aux arrêts maladie.

Après le doublement, dès le 31 mars, du reste à charge des patients sur les médicaments, les transports sanitaires ou les consultations médicales, qui doit rapporter 800 millions d’euros de recettes annuelles, plusieurs postes de dépenses sont dans le viseur.

Le freinage des dépenses liées aux arrêts maladie est une « priorité », a déclaré mardi Bruno Le Maire« C’est le sujet sur lequel nous allons concentrer nos efforts » car « chacun voit bien qu’il y a des abus », a précisé le ministre de l’Economie et des Finances à des journalistes.

Depuis plus d’un an, le gouvernement répète qu’il juge nécessaire une réforme. L’Assurance-maladie estime à 13,5 milliards d’euros (hors maternité) la dépense d’indemnités journalières hors Covid en 2022, soit une hausse moyenne de 3,8 % par an depuis 2010, que ni la croissance démographique ni la hausse des salaires ne suffisent à expliquer.

Les médecins libéraux, qui négocient actuellement des hausses de rémunération avec l’Assurance-maladie, pourraient s’engager, dans leur convention, à maîtriser leurs prescriptions d’arrêts de travail. Parmi les « engagements collectifs » réclamés par l’Assurance-maladie, figure l’objectif de « ralentir » de 2 points de pourcentage la croissance annuelle, actuellement estimée à 6 % selon Thomas Fatôme, le directeur général de l’Assurance-maladie.

Par l’intermédiaire de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, l’exécutif a déjà limité à trois jours la durée des arrêts prescrits par téléconsultation (sauf exceptions, notamment lorsque la téléconsultation est faite par le médecin traitant).

BIENTÔT PENTECÔTE !

 

 LA "FERIA DEL TORO" DE VIC FEZENSAC  APPROCHE.

 

 

 

 

.....Elle a inspiré à mon ami   aficionado "a los toros " péruvien POCHO  PACCINI BUSTOS cette honteuse image de "destoreo" du "maestro"  Ponce récompensée de meilleure faena de la temporada 2014.

Une ignominie !!!

En cautionnant cette pantomime de faena qui voit le matador se contorsionner pour garder el culo à un mètre des cornes au lieu d'avancer la jambe pour provoquer la charge de l'animal vers la muleta et accomplir ainsi une faena autrement gracieuse et courageuse, beaucoup de spectateurs s'imaginent défendre les traditions et garantir la pérennité de la fiesta brava.

En réalité, en nous traitant de talibanes et autres gentils noms d'oiseaux parce que nous exigeons autre chose que ce destoreo ennemi de la corrida intègre,  ils prêtent le flanc aux adversaires de la corrida qui ne voient là qu'un spectacle, un jeu facile et cruel  pour abuser de la faiblesse et la souffrance d'un animal.  

Ils scient la branche fragile sur laquelle sont assis les publics et ceux qui vivent de la tauromachie: éleveurs, empresas, toreros, ainsi que ceux qui occupent les callejones. Tous !!!!

Merci amigo POCHO de rappeler  que la corrida n'est pas un jeu avec un toro noble et faible, mais un drame lorsque le torero affronte selon les canons de la fiesta brava un vrai toro encasté, puissant, et sauvage, pour le dompter dans les règles, par une fena respectable, un véritable travail de domination, quels que soient les  qualités et défauts du toro, avant la mise à mort. 

Une faena à conclure tout aussi scrupuleusement, hors de tout golletazo crâpuleux ou infâme bajonazo.

Vive la fiesta brava !!! 

En souhaitant que VIC garde cet esprit de la corrida intègre qui s'émousse hélas de plus en plus. Jusqu'au temple de las Ventas!