jeudi 29 février 2024

VERS LE FASCISME A GRANDS PAS (°)

 

Répression syndicale

Un dirigeant de la CGT convoqué à la gendarmerie pour un collage d’affiches sur une poubelle

Philippe Vivien de la CGT de Falaise (Calvados) a été convoqué le jeudi 22 février à la gendarmerie après une plainte déposée par un élu local LR pour collage d’affiches sur des containers à bouteilles. Une attaque qui s’inscrit dans une offensive anti-syndicale générale dans le pays.

Dorian Maffei

27 février


Un dirigeant de la CGT convoqué à la gendarmerie pour un collage d'affiches sur une poubelle

Crédits photos : Philippe Vivien

Le jeudi 22 février à 16 h 30, Philippe Vivien, membre de la commission exécutive de l’Union Locale CGT de Falaise (Calvados), a été convoqué à la gendarmerie suite à une plainte pour avoir « collé des affiches sur des containers ». Philippe est syndiqué à la CGT depuis 35 ans, et il a travaillé pendant 40 ans chez PSA-Stellantis. Il nous a raconté comment six gendarmes sont venus à l’entrée de la brigade pour ouvrir la barrière. « C’était comme si j’avais commis un crime : ils ont pris les empreintes de tous les doigts, un relevé ADN et la grandeur de mes godasses ». L’entretien avec l’adjudant-chef a duré « une bonne heure », au cours duquel il lui a été annoncé que la procédure irait chez le procureur de la république qui décidera des suite à donner. « Ils peuvent très bien donner une amende au syndicat, ce qui remettrait le feu aux poudres ».

Si aucune personne venue le soutenir n’a pu l’accompagner dans la gendarmerie, ils étaient quand même une cinquantaine à l’attendre devant en solidarité : des camarades de l’union CGT Retraités de Falaise, d’autres de Lisieux et le secrétaire général de l’union départementale CGT du Calvados Allan Bertu. C’est le maire LR de la commune de Vignats et vice-président de la communauté de communes Kevin Dewaële qui a déposé une plainte contre le syndicaliste après l’avoir photographié en train de coller dans le centre-ville de la Falaise le 17 août dernier. À Ouest-France, l’élu affirme « sans parler du coût, une affiche en appelle d’autres et cela donne l’impression d’un manque d’entretien et [...] favorise le dépôt d’autres déchets ».

Philippe dénonce quant à lui le manque d’emplacement d’expression dans la ville : « Si on a été amenés à coller en sauvage, c’est parce qu’actuellement, ce n’est pas qu’il y a en pas assez, c’est qu’il y en a pas du tout ! J’ai demandé qu’on ait une rencontre avec le maire de Falaise pour nous attribuer des emplacements pour pouvoir coller. On sait très bien qu’il ne le fera pas, donc dans ces cas-là, il y aura des collages sauvages. ». Dans cette affaire, Philippe est le bouc émissaire d’une répression qui vise l’ensemble du syndicat. « En moyenne, je fais un collage tous les trois mois, mais ce que j’ai dit à l’adjudant, c’est que c’est le collectif de l’UL de Falaise qui organise les collages. » nous raconte Philippe, dont cette procédure d’intimidation n’a pas entamé la détermination : « En novembre et décembre, nous avons les élections syndicales dans les TPE. Croyez-moi que je vais tout faire pour mener une campagne à bien, de façon à mobiliser les salariés des petites et moyennes entreprises pour pouvoir les appeler à voter CGT ».

« C’est une attaque contre l’union locale CGT de Falaise, et même contre toute la CGT. Comme ailleurs en France c’est purement de la répression anti-syndicale »

Cette attaque n’est pas la première de la municipalité contre les activités de la CGT. « Quand on fait les distributions à Leclerc et Tartefrais, neuf fois sur dix, on nous envoie les vigiles, la police municipale voire même les gendarmes ». Philippe Vivien a compris qu’à travers lui, c’est le syndicat qui est visé et son implication dans les mobilisations sociales de ces derniers mois : « Falaise était une usine pilote sur le plan national pour les manifestations sur les retraites. On n’a pas désarmé. À ce moment, on faisait deux collages par mois avec deux voitures différentes, on a jamais eu de souci et on collait sur les fameux containers. Le rassemblement du 1er mai on l’a fait l’année dernière à Falaise, et je compte bien en refaire encore un autre d’une plus grande ampleur. Depuis le mouvement des retraites la CGT a plus de 400 nouvelles adhésions sur le département. Le gouvernement, les préfets et les maires, ce qu’ils veulent, c’est affaiblir la CGT. Mais ils ne vont pas l’affaiblir longtemps ! Ils voient qu’à Falaise l’union locale vit ».

Dans le département, les attaques contre les syndicats se multiplient. La semaine avant sa convocation, Philippe avait participé aux côtés de plusieurs autres cégétistes à l’envahissement du conseil municipal de Condé-en-Normandie pour protester contre l’expulsion pure et simple de l’union locale CGT de Condé du local qu’elle occupe depuis plus de vingt ans, sans qu’aucune solution ne soit proposée par la mairie.

Signe de ce climat d’offensive anti-syndicale, Philippe évoque aussi les travailleurs de l’aéroport de Roissy « en pleine bagarre contre la répression syndicale » suite au licenciement du secrétaire de l’union locale. « Ils nous ont tous dans le collimateur pour démobiliser la CGT sur le plan des attaques et des régressions sociales ». Face à la multiplication des cas de répression syndicale dans le pays, l’heure n’est plus au dialogue social avec le gouvernement ou les patrons, mais à la préparation d’une riposte de l’ensemble des travailleurs !

 

 

(°) Titre de Pedrito

 

Aux fous !

mercredi 28 février 2024 par Francis Arzalier /Bruno Drwreski et Retailleau


La guerre anti-russe en Ukraine dure depuis deux ans, alimentée par l’aide en armes, munitions et finances par les USA de Biden et ses alliés-supplétifs européens de l’OTAN.

Nos médias télévisés, privés et publics, supposées par la Constitution informer les citoyens des faits, se comportent depuis des mois en communicants de guerre, en porte-paroles des plus bellicistes de l’OTAN.
Ces derniers temps, ils pleurent sur les réticences des Républicains et de leur candidat Trump aux USA à co-distribuer des milliards de dollars aux Nationalistes ukrainiens.

Nos « experts » télévisuels renchérissent en affirmant que la « pénurie » de munitions explique déjà la stagnation, voire les reculs, des troupes ukrainiennes sur le front, négligeant au passage que cela tient aussi à la fatigue des soldats nationalistes qui ont perdu leurs illusions premières.

Dans ce contexte, les dirigeants de l’Otan et l’UE se sont réunis récemment pour clamer d’une seule voix que l’Ukraine devait gagner, qu’elle combattait pour tous les Européens menacés par la Russie.

Mieux encore, nos dirigeants français, à commencer par le monarque Macron et son clone frétillant Attal, toujours à l’affût de la plus basse démagogie pour remonter dans des sondages en berne, n’ont pas hésité à en rajouter en envisageant l’envoi en Ukraine de soldats français !

Un seul politicien de France, Jean Luc Mélenchon, a réagi honorablement aussitôt en écrivant quand tant d’autres, honteusement, n’ont rien dit : [1]

« Cela ferait de la France un belligérant direct, et entraînerait une réaction russe, voire le début d’une guerre mondiale « 

Ces déclarations sont d’ailleurs tellement aventurismes et incontrôlées qu’elles ont été dès le lendemain démenties par les dirigeants des USA, d’Allemagne, et même par les boute en guerre polonais !

Nos dirigeants, perdant encore une belle occasion de se taire (quand on prépare une guerre, on ne le claironne pas à l’avance), et il ajoute au discrédit et même au ridicule international de notre nation !

Francis Arzalier (ANC)

J’ai lu dans une agence de presse russe que l’annonce tonitruante de Macron a surtout permis à de nombreux chefs d’État européens et nord-américains de souligner qu’ils n’enverront surtout pas de troupes en Ukraine et donc que d’une certaine manière Macron a permis de montrer que l’Union européenne, avec ou sans Trump, était décidée à ne rien faire puisqu’il n’y a pas consensus, à part de prendre des postures verbales tonitruantes. ...Une vision plutôt optimiste donc de leur part. (Bruno Drweski-ANC)





Entre la campagne de Russie, la Berezina et la vente à l’encan de la France, sa culture comme un club de foot, c’est tout Macron et la Macronerie…

Si le parlement britannique comme nous le montrons dans un autre article parait la proie d’un chaos indescriptible, Macron est le chaos à lui tout seul. D’un côté il se lance dans une opération électorale liée aux européennes dans lequel il s’agit pour lui de n’avoir qu’un seul adversaire, le Front National, il ne s’adresse qu’à lui, et donc le fait monter (comme Mitterrand) à travers diverses opérations dont le vote de la loi immigration, les comédies face à la crise agricole, mais dans le même temps il faut acculer le dit Rassemblement national dans l’espace le plus honni face à l’intérêt national (d’où l’opération récupération Manouchian et invraisemblable interview dans l’Humanité). Le Rassemblement national n’est pas l’histoire de la France mais de sa collaboration (ce qui est vrai). Et là on passe, comme cela était totalement prévisible pour ceux qui ont encore le sens politique, de la célébration des héros de la résistance, à ce qui a été longuement médiatiquement préparé à savoir le nouvel Hitler, le nouvel ennemi de la France, de l’Europe, à savoir la Russie. On utilise à plein le clown Zelensky, on se porte tel Napoléon à la tête de la nouvelle Berezina pour exister, mais surtout pour mettre le Rassemblement national dont on invente (malgré Meloni) qu’il représenterait un allié de l’ennemi le Russe à la tête de ses hordes comme papa Le pen avait été l’ami d’Hitler. Quitte à ce que ces manœuvres électoralistes nous mènent tout droit à une guerre nucléaire. Mais comme il faut du fric et qu’à force de ruisseler, de promettre des milliards à Zelensky et comme il s’agit également de récupérer le vote des gens issus de l’immigration, voici sur quoi tombe notre pitre national et son petit état major dérisoire : on vend la France et la culture au Qatar comme s’il s’agissait du PSG (Dati est là pour ça flanquée de Paul Bismuth). Cette conception de la culture de ses “consciences”, ça jette un tout autre éclairage sur la récente cérémonie des Césars, Macron va recevoir Judith Godrèche, par parenthèse je ne vois qu’un seul bénéfice à toutes ces comédies c’est la manière dont les républicains qui s’épuisent à courir derrière ce schtroumpf qui est le président de la France ont fini par accepter de voter pour l’inscription de l’avortement dans la Constitution. Quant à Ghaza dont il est vaguement question dans le cahier des charges du spectacle annoncé voici quelques temps que Macron virevolte comme une danseuse de ballet tout en restant là comme ailleurs le nez rivé sur le cher allié américain. certes percevoir les jeux politicards et leur évolution prévisible a disparu semble-t-il de la mentalité du militant qui est devenu aussi naïf que le spectateur de guignol et qui crie “c’est lui le méchant!” comme le veut la manœuvre, mais il est possible aussi que les “naïfs” se réveillent face au niveau qu’atteignent désormais les jeux électoraux en France. (note de Danielle Bleitrach histoire et société)

Emmanuel Macron reçoit le Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, Emir de l'Etat du Qatar. LP/ARNAUD JOURNOIS

Emmanuel Macron reçoit le Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, Emir de l’Etat du Qatar. LP/ARNAUD JOURNOIS© Le Parisien / Arnaud Journois

Le président Emmanuel Macron a annoncé avoir signé mardi avec l’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al-Thani un accord portant sur des engagements d’investissements qatariens à hauteur de 10 milliards d’euros dans l’économie française à l’horizon 2030.« Nous avons signé un plan ambitieux d’investissements de 10 milliards d’euros », a-t-il déclaré lors de l’échange de toasts en ouverture du dîner donné en l’honneur de l’émir, en visite d’État en France. Ces investissements interviendront dans des secteurs tels que la transition énergétique, les semi-conducteurs, l’aérospatial, l’intelligence artificielle, le numérique, la santé et les industries de la culture. Cette première visite d’État d’un émir du Qatar depuis 15 ans en France, et la première pour Tamim ben Hamad Al-Thani, parfait francophone, depuis son accession au trône en 2013, est un « immense honneur pour la France », a souligné Emmanuel Macron.

« Votre pays est un pays ami de la France, un partenaire fidèle, stratégique, sur lequel elle sait pouvoir compter dans les situations difficiles », a ajouté le président, en rappelant l’agenda commun de « défense et de sécurité » que les deux États sont « en train de renforcer » ou celui dans la « lutte contre le terrorisme ».

Mardi soir, l’émir a dîné à l’Élysée en compagnie du président de la République et du capitaine de l’équipe de France de football Kylian Mbappé.

Durant sa visite de deux jours à Paris, Tamim ben Hamad Al-Thani doit également discuter avec Emmanuel Macron des négociations entre Israël et le Hamas pour une trêve à Gaza


 Note de Pedrito

On ne saurait mieux dire que la note de Danielle Bleitrach : à lui seul Macron est un chaos.

Le CHAOS !!

Mais il y a tant d'autres qualificatifs pour affubler comme il le mérite l'agité du bocal qui prend la France pour un pays d'attardés. Il est tellement surexité qu'il finit par faire peur même à certains de ses dangereux inconditionnels.

Il y a aussi: 

Comédien, tricheur, girouette, menteur, collectionneur de catastrophes, dangereux prétentieux, trublion, va-t-en guerre,  caractériel, agitateur, pitre national, schtroumpf, naïf, guignol, psychopathe, maquignon, narcissique, pion de l'OTAN, danseuse de ballet, et plein d'autres noms d'oiselles que la morale réprouve même pour les Français qui ont les idées larges et qui en ont vu d'autres.

A quoi on peut encore ajouter ce que je viens de lire ici et là en feuilletant les nombreuses chroniques qui lui sont consacrées:  foutriquet, coq , macrotte constamment sous psychotropes, cocaïnomane, à l'ego sur-dimentionné, surtout pas fait pour diriger la France......etc....etc....

Le concours continue! Avis à ses applaudisseurs. Ils vont devoir nous expliquer ce qui les attire chez ce dangereux chef de guerre déjanté et désavoué même par la plupart de ses pairs européens.

Un vrai chaos ! Que dis-je ? 

Un tsunami !!

Il sera dur de remonter le gouffre économique et financier où ce pervers nous aura précipités. Mais au moins aujourd'hui le monde entier parle de la France et de celui qui prépare une guerre mondiale ! 

Comme s'il était sûr qu'il la gagnerait et qu'il serait épargné.  Un vrai fou dangereux!!

 

 

L’autonomie de la Corse à l’épreuve du « en même temps » de Macron

En Corse, Macron s'était montré fidèle à lui-même : pédant et arrogant. Aux aspirations et aux difficultés des Corses, il avait répondu par le conservatisme et plus de centralisation. Lorsque l'on parle à Macron d'avenir humain, il répond par des chiffres et, lorsqu'il utilise les mots, il accumule les symboles, les lieux communs, les incantations et les fausses certitudes. Derrière l'écume de sa pensée, le fond est toujours le même. Il est jupitérien, jacobin, conservateur et ultralibéral. En 2018, Il avait fait peser la culpabilité de la mort du préfet Erignac sur tous les Corses. Toutefois en septembre 2023, il a prononcé le mot « autonomie » pour la Corse mais en le confrontant à son « en même temps » jacobin. Comment les élus corses vont-ils définir ce qu'est « une autonomie dans la République », selon la formule d'Emmanuel Macron qui leur avait donné six mois pour trouver un consensus avec Darmanin ?

Les Corses n’ont pas la mémoire courte et ils ont la rancune Tenace. A peine élu, Macron a voulu humilier les élus insulaires lors de la cérémonie de commémoration de l’assassinat du préfet Erignac en 2018. Emmanuel Macron, au-delà de son pédantisme habituel, avait choisi l'arrogance jacobine dans les discours qu'il a tenus en Corse. Les élus ont même eu droit à des vexations, à des manquements au protocole. Gilles Simeoni a été placé au deuxième rang des élus insulaires, eux-mêmes placés à l'écart du carré VIP de la république française.

« Le meurtre du préfet Erignac, une infamie qui a déshonoré à jamais ses auteurs... ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s’explique pas », a déclaré Macron. Ce propos n’était pas anodin car tenu devant Gilles Simeoni, ancien avocat d’Yvan Colonna. Propos élyséen que condamnera, dans l'après-midi, le bâtonnier d'Ajaccio, y voyant « une atteinte aussi violente qu'infondée aux droits de la défense ». Comment peut-on ainsi attaquer un avocat qui est dans son rôle de défenseur prévu par la Justice ? Est-ce digne de la fonction de Président de la République de refuser toute plaidoirie à un mis en cause ? A l'époque la parole élyséenne de Nicolas Sarkozy était-elle celle de la Justice et devait-elle entraîner de facto la condamnation d'Yvan Colonna désigné comme l'assassin avant d'avoir été jugé ? Drôle de conception de la démocratie et de la justice ! Les propos sont allés plus loin lorsqu'il a dit que cet assassinat avait sali la Corse, comme si sa responsabilité devait être assumée par chaque Corse. C'est une humiliation parmi d'autres qu'avait infligée Macron aux Insulaires.

Non seulement Emmanuel Macron avait convié Jean-Pierre Chevènement pour la cérémonie mais il avait fait aussi l'éloge de son action en qualité de ministre de l’Intérieur à l'époque de cette tragédie. Chevènement, ce politicien raté que l'on nous avait sorti de la naphtaline pour en faire le président de la Fondation des œuvres de l'islam de France. A son âge il lui fallait encore un fromage. Sollicité par Macron et une partie de la Presse, il ouvrit encore son clapet pour cracher sur les Corses, allant jusqu'à traiter la Corse d'île maffieuse. En Corse, nul n'a oublié que c'est Chevènement qui avait nommé le méprisable préfet Bonnet en lui donnant carte blanche et en le désignant comme l'homme de la situation, c'est-à-dire mis en place pour mater les Corses. On connaît la suite et que les vieux enfants de la république n’auraient pas dû jouer avec les allumettes. Qui se souvient que Macron était dans le sillage du Mouvement chevènementiste des citoyens et de la campagne de Jean-Pierre Chevènement en 2002 ? Il ne récolta qu'un peu plus de 5% et vit donc sa pépinière se vider. On y trouvait, outre Macron, Florian Philippot et Apolline de Malherbe qui se sont distingués dans leurs propos anti-corses, lors du déplacement de Macron sur l'Île. On y notait aussi la présence d'un certain Eric Coquerel, venu de la ligue communiste révolutionnaire et actuellement député insoumis proche de Jean-Luc Mélenchon. Tout cela figure dans un article du journal L'Opinion. Jean-Pierre Chevènement, Monsieur Anti-Corse, avait été placé au côté de la "Madame Corse du gouvernement", une illustration risible du "en même temps" macroniste.

Macron avait étalé sa méconnaissance de l'histoire corse. Il avait même refusé toute présence de drapeau corse lors de ses interventions publiques. Il avait fait l'éloge vibrant du centralisme jacobin. Il avait lancé des incantations à la République. Sa religion hégélienne de l'État est apparue affligeante. Cela nous fait penser à un petit roman noir écrit par Jean-Bernard Pouy et portant le titre : "Spinoza encule Hegel", où les factions philosophico-idéologiques sont constituées en gangs s'entre-tuant dans une vaste compétition nationale. Julius Puech, alias Spinoza, ou même Spino, est le chef de la Fraction Armée Spinoziste (FAS). Armé, monté sur sa Guzzi 850 California, chaussé de bottes en lézard mauve, et poussé par son amour de l'éthique, ce héros va combattre son ennemi de toujours : Hegel et l'esthétique... Non ! En Corse il n'y a pas de Spino, chef d'une Fraction Armée Spinoziste. Toutefois, l'éthique de chaque insulaire y a une plus grande force que l'esthétique d'une île renvoyée à sa beauté. Les Corses ne se laissent pas abuser par la cosmétique d'un discours égocentrique qui cherche davantage à paraître qu'à comprendre et agir. Macron ne se taillera jamais une réputation de "dur-à-cuire" sur le dos des Corses en allant jusqu'à faire fouiller les élus insulaires venus pour l'écouter prononcer un discours paternaliste dans lequel la seule concession fut de se dire favorable à la mention de la Corse dans la constitution... La Corse mise au même rang que les territoires d'Outre-mer qui y figurent déjà aux articles 73, 72 et 74. Un avis qui ne coûte rien car la décision dépendra du parlement et du conseil constitutionnel.

En dehors de considérations économiques faites pour affirmer le rôle de l'Etat dans le développement de l'Île et donc marteler la dépendance des Corses, Macron avait promis la généralisation du débit 4G pour le réseau Internet. Qu'avons-nous surtout entendu ? Le renforcement de forces de police et de gendarmerie. Rien sur le rapprochement des condamnés corses, malgré l'intervention inattendue de l'épouse d'Yvan Colonna. Le détenu originaire de Cargèse ne reverra jamais la Corse. Il a été assassiné dans la prison d’Avignon par une autre détenu islamiste. La liberté d’aller et venue de ce détenu dangereux et l’absence de surveillance ont jeté la suspicion sur les conditions de cet assassinat.

Macron avait dit son opposition au statut de résident, tout en voulant assouplir les règles d'urbanisme de la loi sur le littoral et la montagne. Quelques maires voulaient accorder plus de permis de construire. Pour qui ? Il faut rappeler qu'un bien immobilier sur deux vendus est acheté par des "pinzutti" et que de nombreux insulaires n'ont pas les moyens d'être propriétaires devant la spéculation immobilière. Même les locations à l'année se sont raréfiées et sont souvent trop chères Pour régler la question du logement - et notamment du logement social - il fallait, selon Macron, adapter les lois littoral et montagne ! Quelle absurdité ! La loi littorale protège les sites et le bien commun qu'est le Domaine Public Maritime. Elle préserve donc les intérêts collectifs contre la spéculation immobilière. La question du logement est d'abord posée par l'absence de documents d'urbanisme locaux et de maîtrise publique d'opérations d'aménagement. L'OFC et l'AUE ne peuvent agir qu'à l'appui des initiatives de l'Etat, des maires ou des intercommunalités. C'est pourquoi la Collectivité de Corse avait demandé lors des discussions sur la Collectivité unique, la possibilité pour elle d'initier des Projets d’Intérêts majeurs, des Zone d'Aménagement Concerté, et autres Zones d'Aménagement Différé. Les ministres Baylet et Cosse avaient répondu favorablement à cette requête. Cependant, les dispositions n'ont pas été inscrites dans la Loi NOTRe. Et le ministre qui a pris la suite de ces questions au gouvernement, M. Mezard, n'a pas donné suite à cette demande.

Comme l'a écrit l'association U Levante : "Rien ne justifie un « aménagement » de cette loi pour « libérer du terrain à construire ». Une telle annonce ne peut que réjouir la mafia, le crime organisé, les divers groupes de pression qui espèrent justement que les terres agricoles et les espaces remarquables des communes du littoral deviennent constructibles, permettant ainsi de réaliser une plus-value fantastique" .Adapter la loi littorale c'est renforcer le risque spéculatif. En quoi cela aidera le logement social à moins que les logements sociaux puissent être construits dans des zones inconstructibles et des zones agricoles par exemple. Macron veut-il remettre en cause le Padduc et donner un signal favorable aux constructeurs de villas les pieds dans l'eau, de villages de vacances et d'hôtels ? Macron voudrait-il rendre légales des constructions illégalement construites comme celles de son ami Pierre Feracci dans la baie de Rondinara ? De toute évidence, d'aucuns sont fondés à penser qu'il veut urbaniser le littoral, urbaniser au maximum la Corse et y mettre le maximum de résidences secondaires, ce qu’on a appelé dans les années 90 faire de la Corse le « bronzodrome » de la France ».

Enfin, Macron s'était dit "tout à fait favorable à l'esprit du bilinguisme", ce qui peut apparaître comme un pas encourageant. À ceci près... qu'il est contre la co-officialité et qu’il n'est pas possible d'obtenir l'un sans l'autre. Comme le relève Michel Feltin-Palas dans l'EXPRESS du 7 février 2018 : "On aimerait croire en effet que l'on peut arriver à une situation de bilinguisme sans donner des droits égaux à la langue corse et à la langue française. Or, toutes les situations internationales montrent que ce n'est pas le cas, comme on peut le voir par exemple sur l'excellent site de l'université de Laval, au Québec. Quand, sur un territoire, deux langues cohabitent, mais que l'une d'elle est favorisée au détriment d'une autre, c'est naturellement vers la plus puissante que les populations se tournent".

« Un discours étriqué, minimaliste et néocolonial » : la phrase n’est pas celle de Gilles Simeoni ou Jean-Guy Talamoni, mais celle de Périco Légasse, rédacteur en chef de Marianne. Macron a été humiliant et absent de ce rendez-vous avec la Corse sur la forme et sur le fond. Autre exemple, il avait refusé de se rendre à la mairie de Bastia pour rencontrer les élus, préférant organiser un déjeuner dit républicain en préfecture. Tout un symbole qui avait entraîné l'absence des élus autonomistes et nationalistes à ce déjeuner. Dans un communiqué, le maire de Bastia, Pierre Savelli avait regretté le « refus » du Président, malgré des demandes réitérées, de s’entretenir à l’Hôtel de Ville avec le Maire et l’ensemble des élus.

En Corse, Macron s'était montré fidèle à lui-même : pédant et arrogant. Aux aspirations et aux difficultés des Corses, il avait répondu par le conservatisme et plus de centralisation avec, en filigrane, les subventions comme seuls intérêts de la Corse et de son économie. Lorsque l'on parle à Macron d'avenir humain, il répond par des chiffres et, lorsqu'il utilise les mots, il accumule les symboles, les lieux communs, les incantations et les fausses certitudes. Derrière l'écume de sa pensée, le fond est toujours le même. Il est jupitérien, jacobin, conservateur et ultralibéral. Son pacte girondin n'était qu'une expression, un leurre, le cache-sexe de ses convictions jacobines.

N'oublions pas que le produit médiatique Emmanuel Macron est coulé dans le moule de l'ENA (même s'il s'en défend). Il fait preuve de conformisme intellectuel, sans personnalité et sans convictions affirmées. Sa formule "en même temps" en est l'illustration. Il choisit le confort "apparent" des formules convenues reprises. Il a son propre vocabulaire. Il a tendance aussi à tirer les questions posées vers la restitution de "fiches" préalablement établies et étudiées. Il essaie de faire passer des vessies pour des lanternes. Il pratique la dialectique éristique pour avoir toujours raison per fas et nefas ( par tous les moyens possibles) et va jusqu'à la malhonnêteté intellectuelle.

Pour reprendre des termes pédants utilisés par Macron, aucun signe de disruption, dans un discours où il fut beaucoup question de 4G et de fibre, de sécurité et d’hôpitaux, d’agriculture bio et d’Internet… Il avait récité un palimpseste, un discours éculé. Il n'a rien compris de l'ipséité corse. Il oppose un ultralibéralisme à l'illibéralisme, même en Corse, tout en se montrant illibéral lorsqu'il s'agit d'autonomie. Il est certain que l'on ne peut pas le taxer d'irénisme naïf car ce n'est pas la paix et la concorde qu'il est venu chercher en Corse. Par contre, il a tendance à prendre les Corses pour des naïfs et il est naïf de le penser. Il a fait preuve d'un œcuménisme poujadiste d'un autre temps. Macron n'est pas moderne, à moins de faire de la modernité un mot de la novlangue qui la présente comme un idéal supposant que soient intériorisées les précieuses valeurs occidentales du libéralisme économique. Macron a son vocabulaire, sa grammaire et sa syntaxe. Sa grammaire est l'ultralibéralisme. Il vide les mots de leur sens, en élimine et en réinvente d’autres. Pour cela deux langues lui suffisent le français et l'anglais. Pour lui, le corse doit faire partie du folklore. Il va jusqu'à dire que les résultats de l'apprentissage de la langue corse ne sont pas à la hauteur des investissements réalisés. Il met un prix sur tout. Là, encore c'est son cynisme qui ressort et sa manière de vouloir toujours culpabiliser les gens qui n'entrent pas dans ses projets si ce n'est pour les casser.

Dans la partie de bonneteau que Macron leur avait jouée, les élus corses n'avaient rien trouvé sous les gobelets de la co-officialité de la langue, du statut de résident et du sort des prisonniers corses. Ils avaient reçu comme une obole politique, l'avis favorable de Macron à la mention de la Corse dans la constitution. L’autoritarisme était la réponse globale aux revendications portées par la majorité territoriale de Corse. A la demande de « plus de responsabilités et plus d'autonomie », Emmanuel Macron apportait comme solution « plus d’Etat français », plus de contrôle administratif et plus de police.

Nous n’allons pas revenir sur tous les déplacements de Macron en Corse. Les quatre premiers ont été décevants. Il s’est passé quelque chose de nouveau au 5ème. Fin septembre 2023, le locataire de l’Elysée, ayant obtenu un second bail de 5 ans non renouvelable une troisième fois, est revenu en Corse. Il y est resté du mercredi 27 au vendredi 29 septembre 2023. Ce déplacement était l’occasion de poursuivre le cycle mémoriel consacré à la résistance comme manifestation de la résilience du peuple français. Cette visite était organisée dans le cadre des 80 ans de la libération de la Corse en 1943. La Corse a été le premier département libéré. De grands résistants insulaires avaient participé à la Résistance. Pour l’occasion, Macron a prononcé, pour la première fois, le mot « autonomie » mais une autonomie sous condition. Devant l’Assemblée de Corse. Il lançait : « Ayons l’audace de bâtir une autonomie à la Corse dans la République, a lancé Emmanuel Macron, jeudi 28 septembre, à Ajaccio, aux 63 élus de la collectivité insulaire. Ce ne sera pas une autonomie contre l’Etat, ni une autonomie sans l’Etat, mais une autonomie pour la Corse et dans la République. » Il ajoutait : « Je suis favorable à ce qu’une nouvelle étape soit franchie… Pour ancrer pleinement la Corse dans la République et reconnaître sa singularité, nous devons avancer et il faut pour cela l’entrée de la Corse dans notre Constitution. C’est votre souhait, je le partage et je le fais mien car je respecte et je reconnais l’histoire, la culture, les spécificités corses dans la République ». Il donnait 6 mois aux élus corses et à son premier ministre pour trouver un « consensus », mot qu’il affectionne et qui s’accommode du « en même temps » macronien.

Aujourd’hui, où en est-on ? Lundi dernier Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin recevait des élus corses pour avancer sur le statut d'autonomie promis par Emmanuel Macron en septembre dernier. Pour cela, une réforme de la Constitution devra être engagée pour y inscrire la spécificité de l'île. La délégation corse a été conduite par Gilles Simeoni et Marie-Antoinette Maupertuis, respectivement président du conseil exécutif et présidente de l'assemblée de Corse. La réunion de lundi soir devait être déterminante parce que le processus n'aurait jamais été aussi loin pour aboutir à l'autonomie et qu'il pourrait s'interrompre à tout moment. Dans cette affaire, Darmanin montre la franchise de l’âne qui recule. Après l’occupation momentanée de la résidence corse du ministre de la Justice, il a refusé de retourner sur l’Île. Comment vont-ils définir ce qu'est « une autonomie dans la République », selon la formule d'Emmanuel Macron qui leur avait donné six mois pour trouver un consensus. Gérald Darmanin avait donné un coup de pression sur les élus corses dans Corse-Matin le 16 février et ils ont trouvé un accord sur le fil, en fin de semaine dernière. Ils sont unanimes sur une « communauté insulaire, historique, linguistique et culturelle ayant développé au fil des siècles un lien fort et singulier avec sa terre : l'île de Corse ». Ces termes précis devraient permettre de donner plus de place à la langue corse, à côté du français. Ils veulent faire évoluer aussi le statut de résident pour faciliter l'accès à la propriété sur l'île. Ainsi, les élus réclament « la constitutionnalisation du lien à la terre et de l'accès équitable à la propriété foncière et immobilière », ce qui pourrait conditionner l'accès à la propriété sur l'île à une qualité de résident depuis une durée déterminée. Ils veulent aussi instaurer un « statut de la langue corse et la mise en œuvre d'un bilinguisme réel et vivant » et « le principe de l'autonomie fiscale ». Pour Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Corse, « il ne peut y avoir autonomie sans pouvoir législatif. C'est un corollaire ». Jusqu’à présent, Gérald Darmanin a parlé seulement de la possible attribution d'une "capacité normative" pour l'Assemblée de Corse. Les nationalistes veulent aller plus loin et obtenir un vrai pouvoir législatif sur l'île, pour adapter les lois à la Corse. Mais les forces de droite, majoritaires au Sénat s'y opposent et participent à toute modification de la constitution en congrès. En outre, la langue corse et le statut de résident sont des points de crispation pour Macron. Finalement, c’est le ministre de l’Intérieur qui, in fine, proposera un projet de texte constitutionnel permettant « l'autonomie » de la Corse. Ce n’est toutefois pas ce que réclament les Indépendantistes qui voient dans ce processus un abandon des revendications d’indépendance. Les indépendantistes n’ont pas pour objectif d’ancrer la Corse dans la constitution française ; Cet objectif est toujours le même : prendre le large. Pour eux, l’autonomie proposée est un abandon de leur combat et donc une trahison de leurs idéaux. Ils considèrent que l’autonomie est l’acceptation de la disparition du peuple corse favorisée par la spéculation immobilière. Pour eux, l’autonomie proposée est une forme de régionalisation. Ils réclament « une autonomie pleine et entière avec la possibilité d'un transfert de pouvoir législatif, même par étapes si elles sont connues et planifiées ». 

Sous le titre Affaires de Corse, un ouvrage associé à la correspondance de Jean-Jacques Rousseau avec le capitaine Buttafoco, est une édition critique des manuscrits dans lesquels Rousseau a travaillé à un "plan de gouvernement bon pour la Corse". Sous le titre apocryphe « Projet de constitution pour la Corse », trois manuscrits avait été édités. Ils avaient été rédigés en 1765 par Rousseau, après que le capitaine Buttafoco l'eut invité à tracer le "plan du système politique" de la Corse. Ces manuscrits ne sont pas une œuvre de Rousseau mais des pièces successives et inachevées d'un dossier dans lequel il conservait sa documentation sous l'intitulé Affaires de Corse. Matteo (dit parfois Matthieu) Buttafoco, ou comte de Buttafoco, est un aristocrate et député corse, capitaine au Régiment Royal Corse puis Maréchal de camp, à l'origine du Projet de constitution pour la Corse dont il demanda la rédaction détaillée à Jean-Jacques Rousseau en 1764.

Il faut rappeler que, avant d’être achetée et conquise militairement par la France, la Corse avait écrit sa constitution adoptée par des représentants corses le 18 novembre 1755. Elle organisait les institutions de la République corse, proclamée au même moment. Initiée par Pascal Paoli, elle avait donc marqué l'indépendance corse. Elle établissait la séparation des pouvoirs : pouvoir exécutif, pouvoir à la fois judiciaire et législatif. Cette constitution fut en vigueur de 1755 à 1769 (bataille de Ponte-Novo et défaite militaire face aux troupes françaises).

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Les États-Unis prolongent leur série de défaites face à la Chine dans le Pacifique

Les îles Salomon, Nauru et la Papouasie-Nouvelle-Guinée sont toutes sous l’emprise de la Chine, tandis que les États-Unis ne parviennent pas à allouer des fonds à leurs principaux partenaires du Pacifique. Par parenthèse, franco-française, on peut s’interroger sur l’influence dans le groupe communiste de députés du Pacifique qui vivent cette évolution, comme ils dénoncent la manière dont ils ont été le lieu d’essai des bombes nucléaires ? dans l’évolution du groupe communiste avec le discours remarquable d’André Chassaigne, il y a l’influence de la résistance cubaine mais aussi peut-être l’évolution de toute la zone pacifique décrite ici. Notez que si l’auteur oppose l’évolution pro-chinoise des îles du Pacifique, à ce qui se passe à Taiwan, en Corée du sud, et au Japon, il faut comme nous l’avons fait relativiser l’idée d’une otanisation des vassaux apparents des USA : ça freine des quatre fers (l’Otan européenne manifeste d’ailleurs une propension également au retropédalage. Parfois rien ne vaut l’analyse d’un adversaire pour éclairer ce que le système de propagande a créé en France, une unanimité dans la désinformation qui vous interdit de voir la réalité de l’inexorable changement. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Par GRANT NEWSHAM27 FÉVRIER 2024


Des foules accueillent le président chinois Xi Jinping lors de sa visite à Port Moresby pour le sommet de l’APEC de 2018. Crédit photo : Piscine

J’ai commencé ma vie en tant que fan d’une malheureuse équipe de baseball appelée les Senators de Washington, alors je reconnais la défaite quand je la vois. Il y a beaucoup de pertes dans le Pacifique alors que les Chinois cherchent à saper les positions américaines et australiennes. Si vous perdez le Pacifique, peu importe les armes que vous donnez à Taïwan ou la façon dont vous renforcez la soi-disant première chaîne d’îles qui s’étend du Japon à Bornéo en passant par Taïwan et les Philippines. Les Chinois dirigent des anneaux autour des États-Unis, de l’Australie et de tous les autres pays du Pacifique. Dans le dernier revers, la Papouasie-Nouvelle-Guinée serait en pourparlers avec la Chine au sujet d’un accord qui permettrait à la police de la République populaire de Chine (RPC) de fournir des équipements de formation et de surveillance aux forces de police de la PNG.

Les Américains et les Australiens pensaient peut-être que nous étions les meilleurs amis de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Mais cela ne devrait pas être une surprise, même après que les Américains ont signé un accord de sécurité global avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée l’été dernier et que les Australiens ont signé un accord plus récent avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée concernant le maintien de l’ordre et la sécurité. L’Australie serait censée être le « partenaire de choix » de la Papouasie-Nouvelle-Guinée lorsqu’elle aurait besoin d’aide.

Lorsque les Américains ont signé l’accord, c’était une bonne chose dans l’ensemble et offrait des avantages aux deux pays, en particulier sur le front de la sécurité entre les militaires de chaque pays. Mais on se demandait si les Américains avaient anticipé la contre-attaque de guerre politique chinoise que l’on savait imminente.

Lorsque la nouvelle de l’accord a été annoncée, des groupes de citoyens ont commencé à le contester. Ce n’est pas une surprise. Les Chinois sont toujours sur le terrain en Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans le Pacifique, toujours en train d’influencer et de pousser, et ce, à tous les niveaux et dans toutes les parties de la société.

Tout est graissé avec de l’argent – une grande partie, sinon la plus grande partie, sous la table, bien sûr – mais une grande partie de l’influence financière provient de la présence commerciale chinoise dans tous ces pays du Pacifique, jusqu’au niveau des magasins du coin. Les présences commerciales américaines et australiennes ? Il y en a, mais ça ne fait pas si bien face aux Chinois.

En fait, le président ou le chef d’une entreprise chinoise d’exploitation forestière ou de pêche en Papouasie-Nouvelle-Guinée (ou dans tout autre pays du Pacifique) a probablement plus d’influence réelle sur le terrain que l’amiral quatre étoiles commandant le commandement américain pour l’Indo-Pacifique.

Pour l’instant, la Chine ne verra pas d’inconvénient à ce que les Australiens et les Américains soient encore là en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou ailleurs dans la région. Cela leur donne l’occasion d’observer et d’apprendre leurs comportements. Et cela ne les dérange pas d’avoir signé des accords.

Un accord n’est qu’un morceau de papier (comme les responsables de la RPC vous le diront) qui peut être abandonné ou ignoré à tout moment. La RPC n’a qu’à mettre un pied dans la porte et elle partira de là aussi longtemps qu’il le faudra.

La Chine fait des percées en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Photo : Asia Times Files / AFP

Malheureusement, les Américains (et les Australiens) ne comprennent pas vraiment (ou ne s’en soucient même pas) la guerre politique, ce qui est un mystère – si ce n’est un juron – à Washington et à Canberra. La Chine s’en réjouit.

La guerre politique fait référence à une nation qui utilise tous les éléments de la puissance nationale, à l’exception d’un conflit armé pur et simple, pour arriver à ses fins. Il s’agit notamment de guerre économique, financière, commerciale, par procuration (amener les habitants à défendre vos intérêts), de propagande, psychologique, juridique et cybernétique.

C’est ce que font les Chinois. Vous remarquerez même que l’Armée populaire de libération (APL) n’est pas très active dans la région et que la Chine n’a pas tiré un coup de feu – pourtant elle prépare lentement le terrain pour des capacités de puissance dure.

Les nations libres ne font pas grand-chose, voire rien, pour bloquer les efforts de guerre de la Chine. Et fournir des alternatives attrayantes à ce que les Chinois font ou offrent semble trop difficile. Nous sommes champions olympiques pour admirer les problèmes, mais nous ne faisons pas grand-chose pour nous affirmer. Et nous comptons rarement pour voir comment nous nous en sortons.

Pendant ce temps, nous observons ce qui se passe dans tout le Pacifique, même dans les territoires américains du Commonwealth des Mariannes du Nord et de Guam. Et aussi dans les États stratégiquement indispensables – les Îles Marshall, les États fédérés de Micronésie, les Palaos – avec lesquels les États-Unis ont conclu des accords formels autorisant les droits de défense américains dans le cadre d’un ensemble complexe qui comprend également un soutien financier et autre.

Aéroport international de Pohnpei dans l’État de Pohnpei, Micronésie. Crédit photo : Wikimedia Commons
Aéroport international de Pohnpei dans l’État de Pohnpei, États fédérés de Micronésie. Crédit photo : Wikimedia Commons

On note également le rôle de la corruption dans l’effort de guerre politique chinois. Elle est efficace car rarement dénoncée et est encore plus rarement punie. Les forces de l’ordre et les services de renseignement américains sont assez paresseux sur ce front et ont leurs priorités ailleurs.

Il y a cependant eu un succès partiel impliquant les îles Marshall il y a quelques années lorsque deux Chinois qui avaient obtenu la citoyenneté marshallaise sont passés à deux doigts de soudoyer la législature des Marshall pour qu’elle mette en place une zone de libre-échange – presque un pays dans un pays – près de la base de missiles américaine de Kwajalein. Ils ont plaidé coupable de corruption devant un tribunal de New York et ont été condamnés à des peines de prison.

Puis les vieilles habitudes ont repris le dessus et, après que l’une des criminelles ait terminé sa peine de prison aux États-Unis, elle a été expulsée – vers les îles Marshall, où elle est maintenant libre.

Les Américains sont peut-être paresseux ou occupés ailleurs, mais je n’arrive pas à croire que les Australiens ne savent pas grand-chose de ce qui se passe dans le Pacifique Sud-Ouest.

Par exemple, il est largement admis que le Premier ministre des Îles Salomon, Manasseh Sogavare, ou ses proches collaborateurs ont transféré beaucoup d’argent à travers l’Australie au fil des ans et ont également acheté des biens immobiliers australiens.

On pourrait dire la même chose de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et des Australiens. Mais personne ne s’attaque jamais à cette graisse qui est si importante pour la guerre politique de la RPC. Les excuses ? Nous ne voulons pas mettre Untel en colère. Nous pouvons le manipuler et le contrôler. Si nous soulevons la question, cela nuira à nos relations – et à nos relations avec d’autres fonctionnaires corrompus de la région. Nous ne ferons donc rien.

Cela ressemble à du grain à moudre pour une émission comique « Yes Minister ». Cela rappelle également la réponse du Royaume-Uni et des États-Unis à Robert Mugabe au Zimbabwe. Ils savaient ce qu’il faisait, mais ils n’ont rien fait – jusqu’à ce qu’il soit au pouvoir depuis plus de 20 ans. À ce moment-là, il était trop tard.

D’autres pertes sont à venir

Il semble qu’il y ait d’autres pertes à venir, car certains à Tuvalu – une autre petite mais importante nation insulaire du Pacifique – envisagent de déplacer leurs relations vers la Chine et de s’éloigner de Taïwan.

Il ne l’a pas encore fait, mais je pense que nous savons ce qui s’en vient. Tout comme il était évident ce qui allait arriver à Nauru il y a quelques semaines lorsqu’il a rompu ses liens avec Taïwan et reconnu officiellement la RPC – et ouvert le pays à davantage de percées chinoises.

Il y a quelques mois, il fallait au moins sourire quand l’Australie a conclu un accord avec Tuvalu. Fondamentalement, Tuvalu a promis de ne pas avoir de relation (sécuritaire ou autre) avec d’autres pays sans l’approbation de l’Australie. En échange, les Tuvaluans ont obtenu le droit de faire émigrer 280 personnes ou moins en Australie chaque année.

Source: Facebook

Les Australiens chantaient pratiquement – mais plutôt comme un coq au sommet du tas de fumier de la basse-cour. On avait le sentiment qu’il ne faudrait pas longtemps aux Chinois pour saper l’accord – et le nouveau gouvernement de Tuvalu parle de le faire.

Ce n’est pas que Pékin aurait eu grand-chose à faire, l’accord déséquilibré était si impopulaire localement qu’il a probablement joué un rôle dans le fait que le Premier ministre de Tuvalu qui a signé l’accord n’a même pas été réélu.

Canberra (et Washington) devraient vraiment savoir qu’avoir un « accord » ne signifie pas grand-chose. Un effort global de guerre politique dirigé par des gens qui savent ce qu’ils font serait mieux.

Ce n’est pas comme si nous n’avions pas eu l’occasion de maintenir ou d’améliorer nos positions. À un moment donné, il faut dire que certaines des personnes qui dirigent les affaires du Pacifique (en Australie et aux États-Unis) ne sont tout simplement pas très bonnes.

Ce qui compte, ce sont les résultats et ce n’est pas le cas. Les gens de première ligne sont mitigés, mais ils sont parfois très bons. Quoi qu’il en soit, ils reçoivent peu de soutien du siège social à Washington – ou même de la Maison Blanche et du Congrès. Je ne parlerai pas au nom des Australiens.

Un ami australien a commenté qu’il semble que l’Australie fasse un pas en avant et deux pas en arrière en essayant de contrer l’influence chinoise dans la région.

Depuis qu’il l’a mentionné… Il semble que ce soit le cas. Il n’était pas sage pour Washington de sous-traiter des choses dans le Sud-Ouest et le Pacifique Sud à l’Australie pendant 30 ans. Nous aurions difficilement pu faire pire.

Plus étrange encore, les Australiens semblent s’indigner de la présence renouvelée des États-Unis dans leur région. Allez comprendre.

Quoi qu’il en soit, considérez les îles Salomon. La Chine a ses griffes dans le pays et, par l’intermédiaire de son mandataire actuellement favori, le Premier ministre Sogavare, elle a orchestré un transfert de Taïwan vers la RPC en 2019.

Les faux pas australiens ont même aidé Sogavare à rester au pouvoir après les émeutes de 2021 – donnant à Sogavare une ouverture pour conclure un accord avec Pékin qui accueillerait la police de la RPC (comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée envisage maintenant de le faire) et permettrait potentiellement aux forces militaires chinoises d’entrer dans le pays.

Le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre des îles Salomon Manasseh Sogavare. Image : SBS News / Capture d’écran Twitter

L’Australie n’a pas fait grand-chose lorsque l’impopulaire Sogavare a reporté les élections prévues pour 2023 – officiellement afin que le pays puisse accueillir les Jeux des îles du Pacifique en novembre 2023. La Chine a financé les jeux et les installations à hauteur de plus de 100 millions de dollars. (Les élections sont enfin programmées, pour avril 2024).

Peu de temps avant l’ouverture des jeux, l’ambassadeur d’Australie à Honiara a présidé à l’ouverture d’un parc aquatique financé par l’Australie qui serait utilisé pour certains événements de jeu.

C’est bien, je suppose. Mais l’Australie aurait peut-être mieux fait de faire de l’hôpital national de référence voisin son projet de prédilection au cours des dernières décennies et de dépenser ce qui était nécessaire pour le transformer en un hôpital décent et le maintenir en bon état de fonctionnement.

Cela aurait été bien mieux qu’un parc aquatique. Et aurait fait plus pour les Salomon – et pour les intérêts australiens aussi. Cela aurait pu être fait à n’importe quel moment au cours des dernières décennies. Ce n’était pas le cas. Oubliez la Chine ; à elle seule, Cuba a formé au moins une douzaine d’habitants des îles Salomon pour qu’ils deviennent médecins. L’Australie n’en a pas produit un seul.

Parfois, il semble qu’au moins certains Australiens et fonctionnaires responsables de la région ressemblent aux anciens Sud-Africains dans la façon dont ils considèrent et traitent les habitants. Ils ne semblent pas non plus avoir une idée de la façon dont ils sont considérés – pensant qu’ils sont appréciés ou même aimés.

Peut-être parfois. Mais parfois, vous seriez surpris de ce que les habitants disent quand vous n’êtes pas là. Si Canberra et Washington continuent à faire ce qu’ils font dans le Pacifique, ils seront perdants.

Et étant donné que l’administration Biden et le Congrès ne se contenteront pas d’obtenir la misère requise pour les accords avec les Palaos, la Micronésie et les Îles Marshall, il semble que Washington, en fait, veuille perdre.

Ils jouent comme les Sénateurs de baseball. Je ne sais pas quel est l’équivalent australien des Sénateurs. Mais vous voyez où je veux en venir.

Grant Newsham est un officier des Marines américains à la retraite et un ancien diplomate américain. Il est l’auteur du livre When China Attacks : A Warning To America

mardi 27 février 2024

 

Airbus s’excuse auprès de la Chine (édifiant)

Airbus s’excuse d’avoir interdit aux visiteurs chinois de visite au salon aéronautique de Singapour et s’engage à optimiser la procédure face à la réaction forte du public chinois et les menaces pesant sur la coopération entre Airbus et le marché chinois. Le diable se niche dans les détails, ce qui est décrit ici dans le détail d’un “événement” qui a fait grand bruit en Chine, même s’il est totalement ignoré en France y compris par les salariés d’Airbus c’est le fait que l’avion était surveillé par des militaires allemands, soucieux de faire appliquer les sanctions et les interdits de la commission européenne. Que cette soldatesque ne reflétait en rien les intérêts et la politique industrielle du groupe Airbus et que ce qui a prévalu c’est la logique commerciale comme souvent. Il serait temps là aussi que les illusions “bellicistes” dignes de la guerre froide de la propagande ordinaire cède la place à la réalité. Par Global Times Publié : 26 févr. 2024 12 :39    Un membre du personnel discute avec des visiteurs au salon aéronautique de Singapour Photo : @PLAN_DOG172 utilisateur de Weibo

Un membre du personnel discute avec des visiteurs au salon aéronautique de Singapour Photo : @PLAN_DOG172 utilisateur de Weibo

L’avionneur français Airbus a déclaré dimanche soir qu’il était désolé au constat d’un incident survenu au salon aéronautique de Singapour, alors qu’il avait été déclaré que certains visiteurs chinois n’avaient pas le droit de visiter un avion de transport A400M.

« Nous sommes conscients que lors de la journée publique du salon aéronautique de Singapour 2024, certains visiteurs ont protesté à cause des conditions de l’accès à un avion de transport A400M. Nous avons immédiatement joint et coordonné le règlement de nos équipes Airbus sur le salon pour nous assurer que l’avion était ouvert à tous les visiteurs pour le reste du salon », a déclaré Airbus dans un communiqué au Global Times.

« Nous sommes désolés pour la gêne occasionnée », a ajouté Airbus.

Airbus a déclaré au Global Times que les visiteurs chinois pouvaient monter à bord et visiter l’avion librement à partir de samedi après-midi.

La remarque a été faite via le compte officiel d’Airbus sur Sina Weibo, un réseau social chinois de type X, à propos de certains internautes affirmant qu’un avion de transport militaire construit par Airbus et affilié à l’armée de l’air allemande avait été exposé au salon aéronautique de Singapour et que les participants chinois avaient été interdits des visites payantes à bord.

Un internaute chinois du nom de « Qianzhan Qifei » a posté samedi sur Sina Weibo qu’à l’avant de l’avion de transport A400M se trouvaient des soldats de l’armée allemande et des membres du personnel d’Airbus. Ils ont interrogé les passagers qui faisaient la queue pour la visite sur leur nationalité et ils ont déclaré que « les ressortissants chinois et russes ne sont pas autorisés à monter à bord de l’avion ».

Un autre utilisateur de Sina Weibo nommé « PLAN-DDG172 » a également publié un message concernant une situation similaire, et il a déclaré que les soldats allemands à bord l’avaient attaqué physiquement. Il a envoyé une lettre de plainte à l’organisateur du salon aéronautique de Singapour.

L’internaute chinois nommé « Qianzhan Qifei » a déclaré qu’il avait capturé des images du personnel d’Airbus le repoussant violemment devant la caméra.

Il y avait aussi un clip vidéo qui est devenu viral sur WeChat, dans lequel un participant demandait au membre du personnel si des ressortissants chinois pouvaient monter à bord de l’avion, et le membre du personnel répondait “Non”.

Un utilisateur de Sina Weibo nommé « Tianhuile Qing Biyan 128 » a déclaré que cette décision avait fait ressentir des regrets et du dégoût aux fans d’aviation chinois.

Certains internautes ont commenté sous les clips vidéo que les commandes d’avions Airbus devraient être annulées et que la Chine devrait plutôt encourager les avions locaux.

Deux avions C919 et trois ARJ 21, développés par Commercial Aircraft Corp of China (COMAC), ont fait leurs débuts au salon aéronautique de Singapour.

Les experts chinois ont déclaré que la participation à grande échelle au salon témoignait de la forte confiance de la Chine dans ses avions commerciaux. La Chine est en mesure de fabriquer et de lancer l’exploitation sur le marché d’avions commerciaux nationaux.

Au total, quatre avions C919 ont été livrés et ont transporté en toute sécurité plus de 110 000 passagers depuis que l’avion a effectué son vol commercial inaugural le 28 mai 2023. La production de masse et le développement de la série se déroulent sans heurts, selon le communiqué de la COMAC.

Les experts chinois ont également déclaré que cette année serait une période clé pour accélérer la production et les livraisons de masse du C919, et pour COMAC d’intégrer l’industrie, les chaînes d’approvisionnement et d’innovation de l’avion de ligne tout en se développant sur le marché étranger.

Airbus s’est toujours engagé d’être un partenaire fiable à long terme de l’industrie aéronautique chinoise, a déclaré la société dans une déclaration au Global Times, ajoutant que son empreinte industrielle croissante dans le pays démontre pleinement son respect et son engagement envers la Chine.

« Nous nous engageons à une coopération gagnant-gagnant avec l’industrie aéronautique chinoise et continuerons à travailler avec ses partenaires chinois pour promouvoir le développement de haute qualité de l’industrie aéronautique chinoise, tout en établissant un modèle pour les échanges économiques et commerciaux entre la Chine et l’Europe tout en construisant des ponts de communication entre les deux parties », a-t-il noté.

Global Times (en anglais seulement)

 

COMMENT ET POURQUOI, POUR LES CITOYENS ÉPRIS DE JUSTICE SOCIALE  ET DE BIEN ÊTRE DANS UN MONDE DE PAIX, NE JAMAIS SE TROMPER DE VOTE?  NE JAMAIS VOTER FASCISTE, LE CAMP DE LA HAINE ET DE LA VIOLENCE?



L'explication, limpide, dans cette phrase claire, éminemment explicite, extraite de l'article publié le 27 février 2024 dans Agora Vox et signé Robert GIL

 

Le fascisme a toujours été la roue de secours du capitalisme, il est né après la révolution bolchevique de 1917 ; c’est à ce moment que la grande bourgeoisie a eu réellement peur d’une contagion révolutionnaire à travers l’Europe et elle a donné les clefs de son salut à Mussolini, puis à Hitler.

 

Note de Pedrito

Voter Le Pen, Zemmour, Bardella et consorts, c'est voter fasciste. La peur de la contagion révolutionnaire.

C'est donc voter pour les milliardaires responsables du désordre actuel.



 

Nos « démocraties » mènent au fascisme

 

Les médecins cubains : une solution aux déserts médicaux en France

La France est confrontée à la réalité des déserts médicaux et se retrouve dans l’incapacité d’offrir à l’ensemble des citoyens une couverture médicale suffisante. Un rapport du Sénat souligne l’insuffisance des politiques publiques pour lutter contre les inégalités territoriales d’accès aux soins : « La fracture sanitaire continue de s’accroître entre les territoires ». Les déserts médicaux ne concernent pas seulement les régions rurales. Ils sont une réalité dans les villes moyennes et les zones périurbaines et une commune sur trois est affectée par ce fléau. Entre 9 et 12% de la population française vit aujourd’hui dans un désert médical, soit entre 6 et 8 millions de personnes. 

Cuba pourrait apporter une solution à ce problème. Depuis l’avènement de la Révolution en 1959, l’île a fait de la santé une priorité nationale et a construit un système public, universel et gratuit, en plaçant le patient au centre du projet médical. Reconnu par les institutions internationales comme étant le modèle prééminent pour les pays en voie de développement, le système de santé cubain est également considéré comme une potentielle source d’inspiration pour les nations les plus riches, notamment grâce à son modèle préventif. En plus de soigner ses propres citoyens, Cuba propose depuis plus d’un demi-siècle son expertise médicale à travers le monde et soigne les populations de tous les continents, faisant de ce service sa première source de revenus. 

En 1963, La Havane a envoyé sa première brigade médicale composée de 55 professionnels en Algérie pour aider la jeune nation indépendante à faire face à une grave crise sanitaire. Depuis cette date, Cuba a étendu sa solidarité au reste du monde, en particulier à l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie. L’île a réalisé plus de 600 000 missions dans près de 160 pays du monde avec la participation de plus de 325 000 professionnels de la santé. Ces derniers ont effectué près de 2 milliards de consultations médicales, 15 millions d’opérations de chirurgie et 5 millions d’accouchements. Aujourd’hui, la coopération médicale internationale constitue la première source de revenus de Cuba avec plus de sept milliards de dollars par an. 

Suite à la pandémie de Covid-19, plusieurs pays européens, dont Andorre et l’Italie, ont sollicité l’aide médicale de Cuba. Pour la première fois, les médecins cubains sont intervenus sur le Vieux continent. La Havane a ainsi envoyé une brigade de 52 médecins et infirmiers en Lombardie, durement touchée par le virus. Après deux mois de labeur, les membres du contingent Henry Reeve sont retournés à Cuba. 

Très impressionnées par le travail des professionnels cubains, d’autres régions d’Italie ont sollicité leur concours pour répondre aux insuffisances du système de santé du pays. Depuis 2023, la région de Calabre bénéficie de la présence des docteurs cubains. Une première brigade de 51 personnes est arrivée en janvier 2023, suivi d’un autre groupe de 120 médecins en août 2023 et d’un autre de 98 en février 2024. Au total, 500 médecins cubains œuvreront à terme dans cette région du Sud de l’Italie. La Repubblica, principal quotidien du pays, a exprimé son enthousiasme dans un titre : « Voici les médecins cubains qui sauveront le système de santé calabrais ». Le gouverneur de la région, Roberto Occhuito, a fait part de sa gratitude : « Les Calabrais vous sont extrêmement reconnaissants car vous nous avez permis de garantir les services essentiels pour les soins des citoyens, en empêchant la fermeture de services et d’hôpitaux. Vous avez sauvé les hôpitaux ».  

La France avait également autorisé les départements d’outre-mer de Martinique, Guadeloupe, Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon à solliciter l’aide des médecins cubains pour faire face à l’urgence sanitaire due à la Covid-19. Une équipe de quinze docteurs a effectué une mission de trois mois en Martinique de juin à septembre 2020 pour renforcer les équipes médicales en place dans la lutte contre la pandémie, à la demande d’Alfred Marie-Jeanne, Président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique. Le Professeur François Roch, président de la commission médicale du CHU de Martinique, a exprimé sa satisfaction : « L’ensemble du bilan est positif ». 

Des contingents de médecins cubains pourraient parfaitement être déployés sur le territoire hexagonal dans des délais relativement brefs. De nombreuses régions y sont favorables, comme dans les Côtes-d’Armor où les autorités locales souhaitent éviter la fermeture de l’hôpital de Guingamp. Les autorités cubaines ont fait part de leur disposition, par la voix de leur ambassadeur en France, Otto Vaillant, à apporter leur concours. Il suffit simplement d’un décret gouvernemental pour cela, qui permettrait d’apporter une solution durable à la question des déserts médicaux et permettre à tous les citoyens français d’avoir un accès égal aux soins.  

Salim Lamrani

 

 

Donald Trump sème l’effroi au sein des dirigeants occidentaux

Trump

La scène se déroule le 10 février, en Caroline du Sud (Etats-Unis). Donald Trump est en campagne électorale pour les primaires républicaines, qu’il est désormais sûr de remporter ; et surtout pour le scrutin de novembre prochain, qui pourrait – peut-être – le faire revenir à la Maison-Blanche.

L’ancien président évoque, devant ses partisans chauffés à blanc, un de ses sujets favoris : il faut, martèle-t-il, que les Européens financent davantage à l’effort militaire transatlantique. Il raconte à cet effet une conversation – à l’évidence inventée – qu’il aurait eue avec un dirigeant du Vieux Continent. A celui-ci, qui l’interrogeait sur la protection de son pays qu’assurerait l’Oncle Sam en cas d’offensive russe, il aurait répondu : « si vous n’avez pas payé, non, je ne vous protégerais pas. En fait, je les encouragerais (les Russes) à faire ce qu’ils veulent. Vous devez payer vos factures ».

En quelques heures, la phrase fait le tour du monde et provoque un véritable séisme au sein des chancelleries occidentales. L’ancien président américain faisait déjà figure d’épouvantail dans les milieux pro-atlantistes. Désormais, les pires cauchemars de ceux-ci sont en train de prendre corps. Ils n’ont pas manqué de hanter les deux réunions majeures qui se tenaient dans les jours suivants : celle des ministres de l’OTAN, puis la Conférence pour la sécurité de Munich, fréquentée chaque année par le gotha politico-militaro-diplomatique des dirigeants occidentaux.

Pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, un potentiel chef du « monde libre » a menacé de laisser tomber ses alliés, voire de les « livrer aux griffes des Russes »… Bien sûr, chacun connaît le côté provocateur du personnage. D’autant que les « factures » que les Etats européens sont accusés de ne pas régler n’existent pas : Donald Trump fait en réalité allusion à un engagement (politique, non juridique) pris par les membres de l’OTAN en 2014, de porter leurs efforts militaires nationaux à au moins 2% de leur Produit intérieur brut (PIB).

Et surtout, le scénario évoqué est purement imaginaire. Mais le simple fait qu’il soit évoqué détruit la crédibilité de l’Alliance atlantique, crédibilité fondée sur l’automaticité de l’engagement militaire réciproque en cas d’agression. Si un doute apparaît, c’est cette crédibilité qui est mise à mal.

L’idée d’une « Union européenne de la défense » devient la marotte de la présente période. En clair, une structuration du complexe militaro-industriel à l’échelle de l’UE

Dans ces conditions, le secrétaire général de l’OTAN fut l’un des premiers à réagir : « toute suggestion selon laquelle les Alliés ne se défendront pas les uns les autres sape notre sécurité à tous, y compris celle des États-Unis », a martelé Jens Stoltenberg. Il a ajouté, comme pour s’en convaincre : « je suis convaincu que les États-Unis resteront un allié fort et engagé au sein de l’OTAN, quel que soit le gagnant de l’élection présidentielle ».

Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’UE n’a pas voulu être en reste : « une alliance militaire ne peut fonctionner au gré de l’humeur du président des Etats-Unis ». Pour sa part, le ministre polonais de la Défense – Varsovie est connu pour son attachement ultra-atlantiste – a tempêté : « la devise de l’OTAN “un pour tous, tous pour un” est un engagement concret. Saper la crédibilité des pays alliés revient à affaiblir l’ensemble de l’OTAN ».

Le président du Conseil européen a pour sa part affirmé que les déclarations de Donald Trump « ne servent que les intérêts de Poutine ». Mais comme d’autres dirigeants européens, Charles Michel a saisi l’occasion pour tenter de faire progresser « l’Europe de la Défense ». Proche de l’état d’esprit d’Emmanuel Macron, le Libéral belge a affirmé que tout cela « souligne à nouveau la nécessité pour l’UE de développer de toute urgence son autonomie stratégique et d’investir dans sa défense ». Sans employer les mêmes termes, Annalena Baerbock, qui dirige les Affaires étrangères allemandes, a abondé dans le même sens.

Un argument également défendu par le Commissaire européen Thierry Breton. Le Français, chargé à Bruxelles du marché intérieur mais aussi de l’armement, a estimé qu’on « ne peut pas jouer à pile ou face notre sécurité tous les quatre ans en fonction de l’élection américaine ». Conclusion : l’UE doit « augmenter ses dépenses en matière de défense et de capacités militaires ». Si Bruxelles considère (à regrets) que la perspective d’une armée européenne est hors d’atteinte (de même qu’une arme nucléaire de l’UE, comme l’a évoquée stupidement la tête de liste du SPD aux européennes, déclenchant un tollé, même parmi ses camarades), en revanche, l’idée d’une « Union européenne de la défense » devient la marotte de la présente période. En clair, une structuration du complexe militaro-industriel à l’échelle de l’UE.

Comment, dans ces conditions, analyser les menaces formulées par Donald Trump ?

M. Breton est cependant l’un des seuls à avoir rappelé qu’« on a déjà entendu ça » de la part de M. Trump, particulièrement lors de sa présidence, et qu’il n’y avait dès lors « rien de nouveau sous le soleil ».

En réalité, l’exigence américaine visant à faire payer plus les Européens est bien antérieure. Elle avait déjà été exprimée, certes plus poliment, notamment par Barack Obama, et reste l’un des refrains des sommets de l’Alliance. D’ailleurs, M. Stoltenberg vient de rappeler que l’engagement des 2% du PIB est désormais tenu par dix-huit des trente et un Etats membres. Berlin a longtemps été réticent quant à cet objectif ; le gouvernement Scholz a désormais levé toute réserve. Quant à la France d’Emmanuel Macron, elle prévoit d’augmenter son effort militaire pluriannuel de 40% pour la période 2024-2030 par rapport à la précédente.

Comment, dans ces conditions, analyser les menaces formulées par Donald Trump ? L’interprétation doit être double.

Il y a d’une part une certaine constance à Washington dans ses relations avec ses vassaux européens. Non pas tant dans le rééquilibrage du « fardeau financier » proprement dit, mais plutôt dans la rivalité industrielle et commerciale qui se joue en arrière-fond entre marchands de canons des deux côtés de l’Atlantique. Sous couvert d’exiger le « paiement des factures », Donald Trump escompte surtout que les pays européens augmentent leurs commandes auprès des grands groupes américains de l’armement. Un état d’esprit qui restera pressant quoiqu’il arrive.

A l’inverse, les firmes européennes espèrent bien prendre leur part dans des marchés militaires d’autant plus considérables et rentables que les tensions géopolitiques s’accroissent dans le monde. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les appels du président français et de quelques autres dirigeants européens en faveur d’une « souveraineté européenne ».

Il y a d’autre part une dimension liée à la campagne électorale que Donald Trump espère gagner. Il devine suffisamment le sentiment des électeurs pour avoir compris qu’une large partie d’entre eux donne la priorité aux questions intérieures, sociales notamment, plutôt que de souhaiter voir des dizaines de milliards de dollars engloutis dans des guerres ingagnables, en Ukraine particulièrement. C’est ce que les médias dominants qualifient, avec un mépris courroucé, de « tentation isolationniste » des citoyens américains.

En deux ans, l’Occident a déjà consacré environ 100 milliards d’euros au soutien militaire à Kiev. Dès lors, de leur côté, les dirigeants de l’UE seraient bien inspirés de s’intéresser à ce que pensent « leurs (propres) citoyens » de la poursuite de cette saignée monumentale, a fortiori à un moment où l’austérité budgétaire renforcée fait son grand retour.

En attendant, même hautement hypothétique, le spectre d’un prochain président américain adressant un bras d’honneur à l’OTAN terrorise Bruxelles. Ne boudons pas notre plaisir.