vendredi 1 avril 2022

Guerre à la guerre !

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Guerre à la guerre !

« Guerre à la guerre », c’est par cette expression que Jean Jaurès ou encore Clara Zetkin résumaient leur engagement internationaliste, pacifiste, opposé aux dominations impérialistes et en faveur du libre droit des nations à disposer d’elles-mêmes. C’est un des cœurs de l’engagement communiste.

Il est plus indispensable que jamais. La décision odieuse et totalement injustifiée du gouvernement russe de recourir à la guerre contre l’Ukraine n’est mue ni par la « dénazification », ni par la « démilitarisation », mais un chauvinisme grand-russe revivifié dans les décombres et les déchets intellectuels de la restauration capitaliste.

Cette invasion entraîne une réaction en chaîne, que montre la conjonction jeudi et vendredi dernier des sommets de l’OTAN, de l’UE et du G7.

L’OTAN devrait donner à une des salles de son quartier-général à Bruxelles le nom de Vladimir Poutine, qui a fait plus pour l’Alliance atlantique et pour la résurgence d’une politique de blocs en quatre semaines que tous les òtaniens en quarante ans.

Les États-Unis, dont l’impérialisme, dans les convulsions de la globalisation capitaliste, cherchait une relégitimation après le fiasco afghan, reviennent en force en Europe en prétendant vouloir prendre la tête du « monde libre ». Quelle hypocrisie quand il s’agit de s’appuyer sur le gouvernement d’extrême droite polonais et sur les milices bandéristes en Ukraine, dont Amnesty International a dénoncé les exactions dans le Donbass comme des crimes de guerre.

S’il est minuit moins une dans le siècle, il n’est pas encore minuit. Mais cela impose de prendre une série d’initiatives politiques et diplomatiques pour stopper l’engrenage belliciste, en s’en prenant concrètement aux fauteurs de guerre. La déclaration adoptée au Conseil national du PCF le 19 mars avance des exigences concrètes immédiates pour contraindre Vladimir Poutine à un cessez-le-feu par les moyens politiques, diplomatiques et économiques.

S’enfoncer encore davantage dans la logique de blocs fait courir un clair risque d’escalade. Le gouvernement français doit jouer un rôle déterminent, en toute indépendance, dans un processus politique et pacifique négocié, nécessaire pour mettre fin à la guerre en Ukraine et au conflit séparatiste dans le Donbass ; ainsi que dans la tenue urgente d’une conférence extraordinaire pour une sécurité collective pan-européenne, sous l’égide de l’ONU, ouverte à tous les pays d’Europe y compris la Russie et l’Ukraine.

Dans un monde interdépendant, la sécurité de chacun dépend de la sécurité de tous. L’indépendance stratégique de la France et celles des pays européens ne peut plus s’inscrire dans un système qui les font dépendre d’une alliance dont ils ne maîtrisent ni la direction, ni les objectifs stratégiques.

L’OTAN n’est pas une force de paix. En recouvrant leur indépendance, notre pays et les autres nations européennes peuvent œuvrer à la mise en place d’un cadre commun pan-européen de coopérations et de partenariats dont le premier but doit être la préservation de la paix et la sécurité collective.

C’est le meilleur moyen de prévenir les guerres et donc d’assurer la protection des peuples européens.

Vincent Boulet
membre de la Commission des relations internationales du PCF
responsable des Affaires européennes

 

Découvrez la nouvelle monnaie de réserve mondiale basée sur les ressources.

Une nouvelle réalité est en train de se former : le monde unipolaire est en train de devenir irrévocablement une chose du passé, un monde multipolaire est en train de prendre forme.

Il fallait voir ça. Dmitri Medvedev, ancien président russe, atlantiste impénitent, actuel vice-président du Conseil de sécurité russe, a décidé de se lâcher totalement dans un déchaînement à la hauteur de la prestation de sieur Khinzal [Khinzal=une des nouvelles armes russes - NdT], qui a provoqué un choc et effroi palpable à travers tout l’OTAN.

M. Medvedev a déclaré que les sanctions occidentales "infernales" non seulement n’ont pas réussi à paralyser la Russie, mais qu’au contraire, elles " retournent à l’Ouest comme un boomerang ". La confiance dans les monnaies de réserve "s’estompe comme la brume du matin", et abandonner le dollar américain et l’euro n’est plus irréaliste : "L’ère des monnaies régionales arrive".

Après tout, a-t-il ajouté, "qu’ils le veuillent ou non, ils devront négocier un nouvel ordre financier (...) Et la voix décisive sera alors celle des pays qui ont une économie forte et avancée, des finances publiques saines et un système monétaire fiable."

Medvedev a relayé son analyse succincte avant même le jour J - comme pour la date limite fixée ce jeudi par le président Poutine, après laquelle les paiements du gaz russe par les "nations inamicales" ne seront acceptés qu’en roubles.

Le G7, comme on pouvait s’y attendre, avait pris une position (collective) : nous ne paierons pas. "Nous" signifie les 4 qui ne sont pas de grands importateurs de gaz russe. "Nous", en outre, c’est l’Empire du Mensonge qui dicte les règles. Quant aux 3 qui seront en grande difficulté, non seulement ils sont de grands importateurs mais ils se trouvent être des vaincus de la Seconde Guerre mondiale - l’Allemagne, l’Italie et le Japon, toujours territoires occupés de facto. L’histoire a l’habitude de jouer des tours pervers.

Le déni n’a pas duré longtemps. L’Allemagne a été la première à rompre, avant même que les industriels de la Ruhr à la Bavière ne se révoltent en masse. Scholz, le chétif chancelier, a appelé Poutine, qui a dû expliquer l’évidence : les paiements sont convertis en roubles parce que l’UE a gelé les réserves de change de la Russie, en violation flagrante du droit international.

Avec une patience taoïste, Poutine a également exprimé l’espoir que cela ne représente pas une détérioration des conditions contractuelles pour les importateurs européens. Les experts russes et allemands devraient s’asseoir ensemble et discuter des nouvelles conditions.

Moscou travaille sur une série de documents définissant le nouvel accord. Essentiellement, cela signifie : pas de roubles, pas de gaz. Les contrats deviennent nuls et non avenus dès lors que vous violez la confiance. Les États-Unis et l’Union européenne ont rompu des accords légaux en imposant des sanctions unilatérales et, de surcroît, ont confisqué les réserves de change d’un pays - nucléaire - du G20.

Les sanctions unilatérales ont rendu les dollars et les euros sans valeur pour la Russie. L’hystérie ne suffit pas : le problème sera résolu, mais aux conditions de la Russie. Un point c’est tout. Le ministère des affaires étrangères avait déjà prévenu que le refus de payer le gaz en roubles entraînerait une grave crise mondiale de non-paiements et de faillites en série au niveau mondial, une réaction en chaîne infernale de transactions bloquées, de gel des actifs collatéraux et de fermetures de lignes de crédit.

La suite des événements est partiellement prévisible. Les entreprises de l’UE recevront le nouvel ensemble de règles. Elles auront le temps d’examiner les documents et de prendre une décision. Celles qui diront "non" seront automatiquement exclues des livraisons directes de gaz russe, avec toutes les conséquences politico-économiques que cela implique.

Il y aura bien sûr des compromis. Par exemple, un certain nombre de nations de l’UE accepteront d’utiliser des roubles et d’augmenter leurs acquisitions de gaz afin de pouvoir revendre le surplus à leurs voisins et réaliser un bénéfice. Et certains pourraient également décider d’acheter du gaz sur le tas sur les bourses de l’énergie.

La Russie n’impose donc un ultimatum à personne. Tout cela prendra du temps - un processus graduel. Avec quelques actions latérales également. La Douma envisage d’étendre le paiement en roubles à d’autres produits essentiels - comme le pétrole, les métaux, le bois, le blé. Cela dépendra de la voracité collective des chihuahuas de l’UE. Tout le monde sait que leur hystérie non-stop peut se traduire par une rupture colossale des chaînes d’approvisionnement à travers l’Occident.

Bye bye les oligarques

Alors que les classes dirigeantes atlantistes sont devenues complètement folles mais restent concentrées sur la lutte jusqu’au dernier Européen pour extraire toute richesse palpable qui subsiste de l’UE, la Russie joue la carte du sang froid. Moscou a été plutôt indulgente en fait, brandissant le spectre d’une absence de gaz au printemps plutôt qu’en hiver.

La Banque centrale russe a nationalisé les recettes en devises de tous les grands exportateurs. Il n’y a pas eu de défaut de paiement. Le rouble continue de monter - et il est maintenant revenu à peu près au même niveau qu’avant l’Opération Z. La Russie reste autosuffisante sur le plan alimentaire. L’hystérie américaine concernant la Russie "isolée" est risible. Tous les acteurs qui comptent en Eurasie - sans parler des quatre autres BRICS et de la quasi-totalité des pays du Sud - n’ont pas diabolisé et/ou sanctionné la Russie.

En prime, le dernier oligarque capable d’exercer une influence à Moscou, Anatoly Chubais, a disparu. Une autre superbe ruse historique : L’hystérie des sanctions occidentales a démembré de facto l’oligarchie russe - le projet favori de Poutine depuis 2000. Ce que cela implique, c’est le renforcement de l’État russe et la consolidation de la société russe.

Nous ne disposons pas encore de tous les faits, mais on peut affirmer qu’après des années d’évaluation minutieuse, Poutine a choisi d’aller jusqu’au bout et de briser le dos de l’Occident, en utilisant ce tiercé (attaque éclair imminente du Donbass, laboratoires américains de fabrication d’armes biologiques, Ukraine travaillant sur des armes nucléaires) comme casus belli.

Le gel des réserves de change devait être prévu, d’autant plus que la Banque centrale russe avait augmenté ses réserves de bons du Trésor américain depuis novembre dernier. Il y a ensuite la possibilité sérieuse que Moscou puisse accéder à des réserves étrangères offshore "secrètes" - une matrice complexe construite avec l’aide d’initiés chinois.

Le passage soudain du dollar et de l’euro au rouble est un acte de judo géoéconomique pur et dur, de niveau olympique. Poutine a incité l’Occident collectif à libérer son hystérie démente pour sanctionner l’attaque - et l’a retournée contre l’adversaire en un seul geste rapide.

Et nous voilà tous en train d’essayer d’absorber tant de développements simultanés qui changent la donne suite à l’armement des actifs en dollars : le roupie-ruble avec l’Inde, le petroyuan saoudien, les cartes Mir-UnionPay co-badgées émises par les banques russes, l’alternative SWIFT Russie-Iran, le projet EAEU-Chine d’un système monétaire/financier indépendant.

Sans parler du coup de maître de la Banque centrale russe, qui a fixé le prix d’un gramme d’or à 5 000 roubles - qui avoisinent déjà 60 dollars et ne cessent de grimper.

Si l’on ajoute à cela le programme "Pas de roubles, pas de gaz", nous avons là une énergie de facto liée à l’or. Les chihuahuas de l’UE et la colonie japonaise devront acheter beaucoup de roubles en or ou acheter beaucoup d’or pour avoir leur gaz. Et il y a mieux. La Russie pourrait ré-arrimer le rouble à l’or dans un futur proche. On pourrait passer à 2 000 roubles, 1 000 roubles, voire 500 roubles pour un gramme d’or.

Le temps de la souveraineté

Depuis les sommets des BRICS dans les années 2000, auxquels ont participé Poutine, Hu Jintao et Lula, le Saint Graal des discussions sur un monde multipolaire a toujours été de savoir comment contourner l’hégémonie du dollar. Cette solution se trouve maintenant sous les yeux de l’ensemble du Sud, sous la forme d’une apparition bénigne arborant un sourire de chat du Cheshire : le Rouble-or, ou Rouble adossé au pétrole, au gaz, aux minéraux, aux exportations de matières premières.

La Banque centrale russe, contrairement à la Fed, ne pratique pas l’assouplissement quantitatif (1) et n’exporte pas d’inflation toxique vers le reste de la planète. Non seulement la marine russe sécurise toutes les lignes maritimes russes, mais les sous-marins russes à propulsion nucléaire sont capables de surgir partout sur la planète à l’improviste.

La Russie est loin, très loin en avance, mettant déjà en œuvre le concept de "puissance navale continentale". Décembre 2015, sur le théâtre syrien, a changé la donne stratégique. La 4e division de sous-marins basée en mer Noire est la vedette du spectacle.

Les flottes navales russes peuvent désormais employer des missiles Kalibr dans un espace comprenant l’Europe de l’Est, l’Asie occidentale et l’Asie centrale. La mer Caspienne et la mer Noire, reliées par le canal Don-Volga, offrent un espace de manœuvre comparable à celui de la Méditerranée orientale et du golfe Persique réunis. 6 000 km de long. Et il n’est même pas nécessaire d’accéder aux eaux chaudes.

Cela couvre environ 30 nations : la sphère d’influence traditionnelle de la Russie, les frontières historiques de l’empire russe et les sphères de rivalité politique/énergétique actuelles.

Pas étonnant que Washington soit furieux.

La Russie garantit le transport maritime à travers l’Asie, l’Arctique et l’Europe, en tandem avec le réseau ferroviaire "Belt and Road Initiative" à l’échelle de l’Eurasie.

Et enfin, mais pas des moindres, on ne badine pas avec un ours nucléaire.

Voilà en substance ce qu’est la politique de puissance pure et dure. Medvedev ne s’est pas vanté lorsqu’il a déclaré que l’ère d’une monnaie de réserve unique était révolue. L’avènement d’une monnaie de réserve mondiale basée sur les ressources signifie, en résumé, que 13 % de la planète ne domineront plus les 87 % restants.

C’est le NATOstan contre l’Eurasia à nouveau. Guerre froide 2.0, 3.0, 4.0 et même 5.0. Cela n’a pas d’importance. Toutes les anciennes nations du Mouvement des non-alignés (MNA) savent de quel côté soufflent les vents géopolitiques et géoéconomiques : le moment est venu d’affirmer leur véritable souveraineté alors que l’"ordre international fondé sur des règles" mord la poussière.

Bienvenue à la naissance du nouveau système mondial. Le ministre des affaires étrangères Sergei Lavrov, en Chine, après avoir rencontré plusieurs homologues de toute l’Eurasie, n’aurait pas pu mieux le décrire :

"Une nouvelle réalité est en train de se former : le monde unipolaire est en train de devenir irrévocablement une chose du passé, un monde multipolaire est en train de prendre forme. C’est un processus objectif. Il est irréversible. Dans cette réalité, plus d’une puissance "gouvernera" - il sera nécessaire de négocier entre tous les États clés qui ont aujourd’hui une influence décisive sur l’économie et la politique mondiales. En même temps, conscients de leur situation particulière, ces pays veilleront à respecter les principes de base de la Charte des Nations unies, y compris le principe fondamental - l’égalité souveraine des États. Personne sur cette Terre ne doit être considéré comme un acteur mineur. Tout le monde doit être égal et souverain."

Pepe Escobar

(1) NdT : L’assouplissement quantitatif, ou quantitative easing (QE) en anglais, est un outil de politique monétaire non conventionnelle. Utilisé pour lutter contre le risque de déflation et de récession, il consiste, pour une banque centrale, à intervenir de façon massive, généralisée et prolongée sur les marchés financiers en achetant des actifs (notamment des titres de dette publique) aux banques commerciales et à d’autres acteurs. Ces achats massifs entraînent une baisse des taux d’intérêt. (source Banque de France)

 

ET SI ON PARLAIT UN PEU PLUS DE MC KINSEY

MC KINSEY aux 500.000 morts aux USA a-t-elle été choisie pour la santé publique française par Macron et ses séides ?

Censuré en France ! Pourquoi ? Responsable de 500.000 morts aux USA, MCKinsey conseille la France en matière médicale ! ! ! EM Fous ou criminels ?


C’est un énorme scandale qui revient régulièrement à la une de l’actualité, et pour cause : il a fait 500.000 morts aux USA avec des conséquences énormes dans les états US victimes de cette société. Et d’autre part, le PDG est grand copain de Macron qui claque un pognon de dingue pour qu’elle remplace ministres et hauts fonctionnaires. Ci-dessous des extraits de différents journaux, dont certains ont été déjà publiés par RAS par le passé.

 

McKinsey condamnée à payer 596 millions US$ pour 500.000 Américains morts d’usage abusif d’opioïdes
McKinsey, société US de conseil, proche d’Emmanuel Macron, qui supplante l’administration française en termes de projets – santé, covid, éducation etc…- condamné, après accord avec la justice américaine à, verser 573 millions de dollars pour 500 000 Américains morts d’usage abusif d’opioïdes
L’entreprise criminelle McKinsey qui travaille avec le gouvernement français — très convenablement payée avec les deniers du peuple — a été condamnée conclu un accord de 573 millions US$, avec les procureurs généraux de 47 États, du district de Columbia et de 5 territoires. Des accords distincts ont été annoncés dans l’État de Washington, pour 13 millions US$, et en Virginie-Occidentale, pour 10 millions US$…

 

La société McKinsey & Company a dû accepter cette transaction pour avoir incité l’entreprise Purdue Pharma — elle même condamnée à payer 4,28 milliards US$ — à vendre ses opioïdes hors de toute indication médicale…
http://canempechepasnicolas.over-blog.com/2022/02/mckinsey-condamnee-a-payer-596-millions-de-dollars-pour-500-000-americains-morts-d-usage-abusif-d-opioides.html
 
Après Johnson & Johnson, condamné lundi à plus de 500 millions US$ d’amende. Purdue Pharma prête à payer un montant de 10 à 12 milliards US$ (11,5 à 13,8 milliards €) pour mettre fin à plus de 2 000 plaintes.
https://www.leparisien.fr/societe/sante/crise-des-opiaces-aux-etats-unis-d-autres-laboratoires-vont-payer-28-08-2019-8140602.php
Purdue Pharma avait songé à mettre la clef sous la porte plutôt que de payer. Elle a finalement opté pour le paiement, il faut que çà rapporte un max !

https://www.nytimes.com/2019/07/25/business/mckinsey-johnson-and-johnson-opioids.html

Mc Kinsey avait trouvé une « merveilleuse » technique pour booster les ventes d’opiacés, et les morts ont suivi exactement la courbe des ventes ; une excellente référence pour Macron !

Lire l’article : Le Monde : McKinsey, un cabinet dans les pas d’Emmanuel Macron

https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/02/05/de-la-creation-d-en-marche-a-la-campagne-de-vaccination-mckinsey-un-cabinet-dans-les-pas-de-macron_6068833_4500055.html

 

 

Voter utile.... ou  voter efficace.

Or donc, si l’on écoute la voix unanime des oracles de l’anticommunisme, ceux qui ont pignon sur toutes les chaines du service dit "public" et les autres, le seul vote qui vaille serait le vote « utile », entendez le vote pour le candidat de gauche qui aurait théoriquement, d’après les  "sondages", le plus de chances de figurer au second tour, et donc de sortir le sortant. 

Sortir le sortant: qui ne le voudrait pas? Mais en même temps: à quel prix? 

Faut-il pour cela, rassembler, ce que refuse l'"Insoumis", ou plutôt, diviser la gauche, par l'insulte et l'anathème?  JAURÈS, l'immense tribun, rassemblait. Ce n'est pas le cas du diviseur d'aujourd'hui, qui préfère tuer le PC, comme celui dont il s'inspire: Mitterrand.

Voter pour cet écraseur? Autant renier père et mère !!! Pardon à vous!!

Mais avant toute chose, il faut que l’on m’explique : Que serait donc une élection, sans la possibilité de choisir SON propre candidat, celui qui correspond à SA propre sensibilité ? 

MA sensibilité? Vous croyez pouvoir me la voler, comme çà, pour plaire à un aventurier sans scrupule?

Si l’on m’oblige à déterminer mon choix en fonction de prétendus sondages, - dont d’abord NUL NE POURRA M’ASSURER LA VÉRACITÉ, L’HONNÊTETÉ, CELLE DE CEUX QUI LE COMMANDENT, L’ORGANISENT, ET EN VIVENT, PUISQUE TOUT AUJOURD’HUI OBÉIT AUX SEULES RÈGLES DU MARCHÉ, C’EST À DIRE DU FRIC -, on me permettra de douter intimement de ces bidules, de ces outils de matraquage et d’abêtissement, ou d’abrutissement, comme on voudra, il n’est qu’à voir la croissance régulière des taux d’abstention, pour se rendre compte du désintéressement, de l'immense lassitude des citoyens, fatigués d’avoir été depuis des décennies roulés dans la farine par LA classe politique, de droite ou de la pseudo gauche, depuis les années Mitterrand, ce grand socialiste qui nous promettait un monde de justice sociale comme on en avait jamais connu.

Jusqu'à ce qu'il fut élu et qu'il finisse par trahir ses promesses et ses engagements. Ce qui provoqua la démission des ministres communistes.

Aujourd’hui, à en croire l’insoumis en chef, il faudrait donc que je vote « utile ». Utile pour qui ? Pour lui, bien sûr, puisqu’il pourrait éventuellement être élu, et entreprendre la grande lessive politique et sociale dont nous avons tant besoin, nous, peuple Français. Les plus modestes, surtout, ceux qui travaillent et payent TOUT, rubis sur l'ongle.

Éventuellement être élu: car le réservoir des voix de gauche parait trop faible pour que la possibilité soit un tant soit peu plausible.

Mais, et il y a un autre "mais", et de taille: Méluche n'est pas un perdreau de l'année, et il a déjà trop  de dégâts à son actif dans la passé. Par exemple,  quand je votais NON à l'Europe du fric et de l'OTAN, il votait OUI!! Et plein de choses comme çà! Et vous lui feriez confiance?

Et je devrais, nous devrions lui faire confiance? Et être étonnés de ce tsunami politique qui secoue la planète?

Et le problème, c’est que, contrairement à cette gauche aisée qui ne retire aucune leçon de l’Histoire, qui tend la joue gauche après avoir reçu une baffe sur la joue droite, ou inversement, et bien, moi, après avoir reçu plusieurs baffes et insultes de monsieur le fils spirituel de Mitterrand, moi, électeur communiste depuis soixante années, je ne tendrai pas l’autre joue.

Fini ! Terminé ! Assez joué, monsieur le politicien..  Libre à ceux qui se détournent de leur combat théorique de classe, je ne lui servirai pas comme vous de paillasson. A partir d’aujourd’hui, basta: je ne serai plus, ni idiot ni non plus maso, au point de prendre des nouveaux coups et de dire "vas-y, continue, méluche, te gênes pas, prends nous encore une fois pour des cons, çà fait mal, mais du moment que çà ne gêne pas grand monde."

 Pour moi, c’est trop !!!..»

Je vais donc choisir de voter efficace. Pas utile, mais efficace. Parce qu’il faut reconstruire la gauche. Et la gauche sans un vrai et grand parti communiste, sur des bases de lutte des classes, elle n’aura jamais aucune chance de faire triompher les idées socialistes, le combat pour le socialisme, un monde de partage, de respect des êtres et de la nature, de l’environnement, de la biologie, de l’écologie, tout ce qui est à des années lumière des capitalistes, des bobos verts des villes, et de leurs alliés et complices de tout bord

Méluche,  mais aussi tous les politiciens qui nous prennent pour des glands. 

Et pour le second tour, je ne suivrai pas non plus le conseil de celui pour qui je vais voter au premier. 

Désolé, Fabien ROUSSEL, mais cinq ans d'enfumage, de sales coups, de régression sociale, par un type au service des milliardaires et des impérialistes :  ÇÀ SUFFIT !!!

Entre la peste et le choléra, pas le choix ! ABSTENTION !


 


Publié par El Diablo

 

L'INTÉGRALITÉ DU DOCUMENTAIRE CI-DESSOUS:

 

Redressement suite à non-paiement de l'impôt sur la fortune, non déclaration d'une créance de 350 000 euros sur son épouse Brigitte, « claquage » de près de 1,5 millions d'euros en trois ans (un SMIC par jour), déclaration peu crédible sur les honoraires perçus chez Rothschild and Co lors d'une « deal » de 9 milliards d'euros conclu en 2012, depuis 2014, les déclarations de patrimoine et d'intérêt d'Emmanuel Macron suscitent beaucoup de questions. Était-il réellement plus pauvre que Benoit Hamon et Nathalie Arthaud lors de la présidentielle de 2017 alors qu'il avait fait fortune au sein de la banque Rothschild ? A-t-il toujours dit la vérité sur son patrimoine ? Enquête.

Réalisation : Jean-Baptiste Rivoire et Gauthier Mesnier

 


 


Poutine et les oligarques, par Franck Marsal

Un texte excellent et éclairant, qui donne une leçon à tout ce qu’on a entendu non seulement des experts des plateaux de télévision mais de tout le petit monde politicien, inculte, petit bourgeois, opportuniste. Décidément histoireetsociete, ses articles, et ses commentateurs est devenu un club de réflexion qui préfigure ce que pourrait être la reconstruction d’un PCF que décrit Xuan, si les liquidateurs et leur censure ne l’empêchaient pas, à la veille de cette élection complètement hors sol. D’autres sites vont dans le même sens, mais histoire et societe a choisi depuis longtemps de s’intéresser au “basculement” du monde dans lequel nous sommes aujourd’hui. Il nous faut réfléchir à partir de cet apport possible, qui autre atout, correspond de plus en plus à l’évolution de la base du parti. Roussel a eu au moins ce mérite, même si pour le moment il n’arrive pas à se dégager d’un compromis ancien qui ne mène nulle part, il y a eu au 38e congrès et avec une candidature communiste, un début de prise de conscience, une volonté de comprendre pour agir qui continuera à produire ses fruits en dénonçant le compromis social démocrate pro-OTAN et seulement électoraliste sur lequel le PCF a vivoté jusqu’à sa propre fin et qui n’a plus aucun sens quand les USA et l’OTAN courent à la destruction de leur propre ordre hégémonique vers un monde multipolaire. Ce qui exige un changement de société, le socialisme, donc un parti, un syndicat, des organisations de masse tendus vers ce but, des facteurs de paix et de minimisation des souffrances populaires et qui ne tombe pas dans le piège fasciste, rouge brun qui tente de s’approprier sécurité et collectif. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Il me semble que ce que le marxisme nous enseigne, c’est que lorsqu’un pouvoir étatique est fort, exercé par un homme fort, c’est souvent pour masquer des contradictions de classes qui ne parviennent pas à se résoudre. C’est le “bonapartisme”.
Bien sûr, une telle configuration politique peut recouvrir des situations extrêmement diverses. Un tel pouvoir, c’est le choix d’un équilibre instable, que l’on gèle, plus ou moins dans un sens ou dans un autre.
Et il me semble que cela décrit bien la situation de la Russie et la place prise par Vladimir Poutine depuis maintenant plus de deux décennies.
La phase que l’on considère comme “rétablissement du capitalisme” en Russie, avec la folie de la privatisation massive et de l’ouverture impréparée aux marchés mondiaux ayant atteint rapidement des résultats catastrophiques, il a fallu tout aussi rapidement stabiliser la situation. La guérilla islamiste en Tchétchénie menaçait l’intégrité du pays et on se rendit compte également rapidement que les “conseillers” américains n’étaient pas des amis bienveillants.
Au contraire, les USA ont très vite profité de la garde baissée à Moscou pour avancer rapidement sur tous les fronts : on parle beaucoup de l’extension de l’OTAN vers l’Est (et c’est le cas, jusqu’aux portes de Leningrad), il faut se rappeler aussi l’implantation massive dans les années 90 des USA au moyen orient et en Asie centrale, avec les guerres dès 1991 en Irak qui implique dès cette époque l’implantation de bases américaines nouvelles dans la péninsule arabique ainsi que les guerres contre la Yougoslavie qui entraîneront la disparition complète de cet état.
La situation interne était difficile en Russie. La reconstruction du parti communiste comme force de masse (aujourd’hui, c’est – me semble-t-il le seul parti capable de disputer le pouvoir au parti dominant “Russie Unie”), l’instabilité du pouvoir d’Eltsine, son impopularité, la prise d’assaut du parlement … tous ces événements politiques montraient que la poursuite du programme libéral pro-américain en Russie était intenable. Économiquement, la crise financière de 1998 et l’effondrement du rouble avaient montré qu’il en était de même. La “restauration du capitalisme” n’a en réalité pas créé une économie capitaliste stable, ni une société capitaliste stable en Russie.

Il y eu une première tentative de redressement avec le gouvernement d’Evgueni Primakov. L’ironie de l’histoire soviétique veut que Primakov soit né à Kiev et ait grandi à Tbilissi, en Géorgie, les deux points chauds de la frontière russe actuelle. Primakov fait rentrer des ministres communistes au gouvernement et entreprend le redressement du pays en rupture avec la politique libérale et favorable au capital étranger menée jusqu’ici par le président Eltsine. La crise couve cependant encore. Les communistes tentent d’obtenir la destitution d’Eltsine (dont chacun s’accorde à dire aujourd’hui que l’élection a été truquée), échouent ; Primakov refuse de les limoger et est renvoyé. C’est dans ce contexte-là que Poutine parvient au pouvoir, comme successeur désigné, puis élu d’Eltsine.


Le compromis qui se réalise est me semble-t-il le suivant : une politique prudente de redressement national, qui va progressivement donner plus de place à l’état dans l’économie, et imposer (cela ne se fera réellement qu’à partir de 2006,) que les recettes du gaz et du pétrole soient affectées au développement du pays tout en maintenant une structure générale capitaliste. L’autre volet du compromis, c’est de laisser le parti communiste dans l’opposition. Les oligarques sont globalement maintenus en place mais doivent “obéir” à l’état et au président en particulier. Ceux qui tentent de s’opposer au pouvoir finiront en prison ou en exil. Sur le plan international, la Russie reprend son indépendance et va reconstruire son armée et sa diplomatie avec un certain nombre de succès. En même temps, elle maintient son adhésion aux principes de l’économie de marché, adhère à l’OMC et noue des partenariats économiques très importants permettant, notamment, aux multinationales européennes et américaines d’accéder aux immenses ressources énergétiques et minières de la Russie à bon prix.


Poutine n’est donc pas juste Poutine. Il est l’incarnation de ce grand compromis (tacite), économique, social, politique, compromis qui n’est pas seulement russe mais également international. C’est pourquoi chercher à expliquer la situation actuelle par la psychologie de Poutine est vain et absurde. En réalité, c’est l’évolution des contradictions et des termes de ce grand équilibre qui dicte même l’évolution psychologique de Poutine et de toute la structure de pouvoir russe. Pour n’en donner qu’un exemple, Poutine a cherché longtemps un rapprochement avec l’OTAN. Il y eut des coopérations et même des exercices militaires conjoints. C’est l’évolution des contradictions et notamment la politique américaine qui a conduit à la situation actuelle.


J’en viens au départ de Tchoubaïs. Que nous dit-il ? A mon avis, plusieurs choses :
1° Tchoubaïs, le père détesté de toutes les privatisations, faisait donc encore partie, jusqu’à cette dernière semaine de l’équipe de Poutine. Il était probablement un marqueur et un agent important du compromis politique entre le grand capital international, les oligarques, l’état russe et les populations du pays. Et manifestement, il incarnait au sein de l’équipe Poutine (probablement pas seul, on voit également le rôle de “négociateur” d’Abramovitch) la défense de puissants intérêts financiers nationaux ET internationaux. Le Kremlin a confirmé le rôle de négociateur d’Abramovitch. Celui-ci est donc encore dans la course.

2° Au delà du départ de Tchoubaïs, ce qui est frappant, c’est que ce sont finalement les USA et l’Europe qui ont, par leurs mesures inouïes de rétorsion économiques, privé de base et pour ainsi dire sacrifié au moins une partie des oligarques. Un des éléments clés de l’évolution politique de la Russie depuis vingt ans, c’est la marginalisation progressive de l’opposition libérale. Les partis libéraux, ceux qui défendaient en quelque sorte la politique de privatisations et d’ouverture illimitée des marchés, l’intégration de la Russie n’ont cessé de perdre du terrain. La stratégie de la “révolution de couleur”, de manifestations massives qui entraîneraient un effondrement du pouvoir semblent l’avoir encore plus discréditée. Mais le courant libéral demeurait au sein même de Russie Unie et du pouvoir russe en s’appuyant sur la part internationale du compromis. Aujourd’hui, avec l’interdiction affichée du commerce et des liens avec la Russie, c’est la base économique même des oligarques qui est enlevée sous leurs pieds, non par Poutine, mais par l’Occident lui-même.

3° Les dernières fonctions officielles de Tchoubaïs étaient consacrées au développement des nouvelles technologies. Il présidait la société Rosnano, et avait pour mission de développer des centres de recherche développement et production de produits technologiques avec en particulier la nécessité d’attirer des fonds de capitaux américains pour financer ce développement. Je ne sais pas si cela marchait très bien (il avait cessé cette activité en 2000, pour se voir confier le strapontin – à mon sens “honorifique” de conseiller pour le développement durable) mais son départ signe néanmoins la fin d’une époque. Ce qui est confirmé par les conditions de son départ : très discret, quasiment aucune déclaration. Il aurait été aperçu en train de retirer de l’argent à Istanbul. Une fuite.


La conclusion que j’en tire est que le compromis politique sur lequel s’est construit le pouvoir de Poutine ne peut plus exister durablement. Bien sûr, personne ne parle de reconstruire une économie socialiste. Pourtant, ce qui est frappant, c’est de constater à quel point cela pourrait être mené désormais rapidement. Ce ne serait pas du tout la même économie que l’économie soviétique précédente. On pourrait se rapprocher en revanche très facilement d’une économie socialiste de marché à la chinoise, dont il existe déjà quelques bases : un secteur économique et financier d’état important, des grandes sociétés nationales impliquées dans le développement du pays, Ce qui manque principalement, c’est en réalité deux choses : 1. la direction politique et en particulier le retour du parti communiste au pouvoir ; 2. un contexte international dans lequel une économie de type socialiste de marché, moins forte que ne l’est l’économie chinoise puisse raisonnablement s’intégrer.

Sur le premier point : Près de 30 ans après la “restauration du capitalisme”, après les privatisations massives de Tchoubaïs, le caractère artificiel de cette organisation sociale apparaît de manière manifeste. Au fond, les “oligarques” sont-ils réellement une classe sociale implantée et ancrée dans leur pays ou une construction sociale artificielle et précaire ? Une classe bourgeoise inachevée, ce qui explique qu’on continuent à les désigner comme une oligarchie.


Tchoubaïs a privatisé rapidement. Sa technique principale fut de distribuer des actions gratuitement à l’ensemble de la population. Ceux qui n’avait rien et avaient faim les ont vendues pour une bouchée de pain. Ceux qui avait un peu d’argent et d’entregent les ont rachetées et sont devenus les oligarques. Une sorte de super classe compradore, ultra-riche, très étroite et un peu suspendue en l’air, entre les grands centres occidentaux et la Russie. A partir du moment où la Russie et l’Occident s’écartent, ces gens là font le grand écart, au dessus du vide.


Sur le second point : Le compromis social et politique sur lequel s’est établi le pouvoir de Poutine n’est (n’était ?) pas seulement un compromis interne à la Russie. Au contraire, c’était un compromis à la fois interne et international, entre les classes sociales russes d’une part, entre la Russie et l’occident d’autre part. En choisissant de sacrifier le commerce avec la Russie, ce sont les occidentaux qui ont dénoncé le compromis. L’oligarchie russe, crée par Tchoubaïs est (était ?) le médiateur entre les grandes firmes occidentales, le négoce des matières premières, les banques, les institutions financières et le pouvoir russe (cf. Abramovitch).


La première réaction russe fut très classique. On demanda aux compagnies réalisant du commerce international de déposer une partie de leurs recettes en devises auprès du gouvernement, afin que celui-ci puisse centraliser et orienter cette ressource stratégique. Puis, Poutine a annoncé que le commerce du pétrole et du gaz se ferait désormais obligatoirement en roubles. Cette deuxième étape a littéralement effaré les responsables politiques occidentaux et provoquée une remontée rapide du rouble face au dollar et à l’euro. Ce n’est plus à l’état russe d’aller récupérer des devises étrangères, c’est désormais aux compagnies étrangères de se procurer des roubles pour acheter du gaz. Et le Kremlin vient d’indiquer que l’on pourrait se procurer des roubles … sur le marché financier de Moscou.


Je ne sais pas si la manœuvre réussira et qui sortira vainqueur de la confrontation. Néanmoins, si la Russie parvient à tenir cette orientation, il est clair que ce ne sera plus aux compagnies russes d’ouvrir des guichets à Londres, pour réaliser leur commerce, mais aux compagnies acheteuses d’ouvrir des guichets et des comptes auprès des banques et opérateurs moscovites.

Si la part internationale du compromis social et politique s’effondre, qui plus est, par la faute de l’occident, que reste-t-il de légitimité de la part proprement russe de celui-ci ? Quelle légitimité à maintenir le Parti Communiste Russe hors du pouvoir ? La Russie ne pourrait-elle pas alors, en partenariat avec la Chine, les BRICS, l’Iran et d’autres pays mettre sur pied un système de commerce et de finance international ouvert, dégagé de pressions politique et de l’interventionnisme américain ?


Il me semble qu’en partant, Tchoubaïs donne en fait son avis sur ses questions…

 

NAISSANCE D'UN NOUVEL ORDRE MONDIAL

L’objectif de la Russie en Ukraine: un peu de bon sens que diable! par Eamon Dyas

Catherine Winch -notre correspondante à Londres- nous adresse le texte d’un ami qu’elle a traduit pour histoireetsociete. En fait “les objectifs” de Poutine ont toujours été définis par les USA et l’OTAN pour rendre crédibles le refus de toute négociation et la guerre vu d’un point de vue occidental, mais l’analyse militaire va a contrario de cette interprétation. Je voudrais souligner que ce “bon sens” n’est pas isolé, nombreux sont les militaires français qui le disent hors plateau de télé, il y a même de temps en temps sur LCI, un général qui parait au supplice et tente de corriger les bulletins des autres intervenants concernant les buts, les moyens, l’échec supposé russe. (note de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Le secrétaire de presse du Pentagone : “Jusqu’à récemment, nous avions encore estimé que leur plan [la Russie] était d’occuper et d’annexer l’Ukraine” – 29 mars 2022.

C’est la base de la narration US/OTAN depuis le début. Il était nécessaire de construire cette narration afin de projeter les intentions russes dans une zone où le comportement irresponsable de Kiev et les encouragements des États-Unis et de l’OTAN ne pouvaient être jugés correctement par le public.

“La Russie avait l’intention d’envahir l’Ukraine dans le simple but de l’annexer”. Aucune autre explication n’a eu de place dans le récit des médias et, par conséquent, aucune autre explication des actions de la Russie n’est possible.

Le discours des médias a été maintenu malgré les multiples déclarations de la Russie selon lesquelles ses objectifs n’incluent ni l’occupation ni l’annexion du pays. Ses objectifs sont liés à ses préoccupations concernant la relation de l’Ukraine avec l’OTAN – préoccupations qui ont été rejetées avec arrogance par les États-Unis et l’OTAN lors de la préparation de l’incursion.

Le discours des médias a été maintenu en dépit du fait qu’il aurait été impossible pour les 150 000 soldats russes de prendre temporairement le contrôle, et encore moins d’occuper, de l’ensemble de l’Ukraine.

Le récit a été maintenu en dépit du fait que l’invasion russe prévue n’a pas eu lieu en décembre – au moment où tous les avis militaires des États-Unis et de l’OTAN prévoyaient qu’elle se produirait, car c’est à ce moment-là que la dépendance de l’Occident à l’égard des approvisionnements énergétiques russes était la plus forte et avant que l’afflux d’armements de l’OTAN dans le pays n’ait eu lieu.

Le récit a été maintenu malgré le fait que l’incursion russe n’a pas été initiée par une blitzkrieg ou une opération “Shock and Awe” similaire à ce que les États-Unis et le Royaume-Uni ont fait en Irak, où l’objectif était effectivement d’occuper le pays.

Elle a été maintenue en dépit du fait que la Russie n’a pas utilisé sa puissance aérienne à un niveau proche de celui qu’exigerait une invasion à grande échelle.

Elle a été maintenue malgré le fait que la Russie ait évité d’endommager gravement l’infrastructure ferroviaire de l’Ukraine.

Ensuite, plutôt que d’admettre que toutes les preuves indiquaient un objectif russe différent et beaucoup plus limité, le récit des États-Unis et de l’OTAN a été déformé et contourné pour expliquer les preuves d’une manière qui défie toute logique.

Dès le départ, des questions ont été posées sur l’incapacité de la Russie à mettre en œuvre la stratégie Blitzkrieg /Shock and Awe nécessaire. Mais les réponses à cette question n’ont été considérées comme valables que si elles pouvaient être intégrées dans le récit, désormais bien établi. L’absence de blitzkrieg russe était due à une défaillance de l’appareil militaire russe ou à une incapacité à établir des lignes d’approvisionnement.

Nos journalistes et nos médias n’ont jamais expliqué ou demandé comment de telles défaillances pouvaient être compatibles avec le fait que les troupes russes se trouvaient aux frontières de l’Ukraine depuis des mois, vraisemblablement en vue d’une invasion, et qu’elles n’ont pourtant pas réussi à mettre en place des machines fiables et des lignes d’approvisionnement adéquates.

Des questions similaires ont été soulevées par le fait que la Russie n’a pas engagé la totalité de sa puissance aérienne dans cette “invasion”. Mais, là encore, les réponses ne pouvaient être que celles qui s’inséraient dans le récit existant. La raison en est l’efficacité des systèmes antiaériens mobiles que l’OTAN avait fournis à l’Ukraine avant l’invasion. On n’a jamais expliqué comment ces systèmes antiaériens mobiles avaient la portée nécessaire pour atteindre et abattre des avions russes capables de frapper une cible “au-delà de l’horizon”. Si de tels systèmes anti-aériens peuvent être efficaces pour réduire l’activité aérienne de l’ennemi dans certains scénarios, ils ne sont pas capables de diminuer sérieusement la stratégie aérienne d’une puissance militaire déterminée de premier ordre, avec toute la capacité et la technologie dont dispose l’armée de l’air russe.

Ensuite, après avoir mis des semaines à déplacer leurs colonnes de chars jusqu’à la périphérie de Kiev, les Russes se sont arrêtés sans monter d’assaut sérieux sur la ville – ce qui serait nécessaire si l’objectif était d’occuper et d’annexer le pays – la seule explication jugée acceptable a été une fois de plus celle qui est conforme au récit initial. C’était dû à une défaillance des généraux russes, à une défaillance du moral des troupes russes et, bien sûr, aux efforts héroïques de l’armée ukrainienne.

Ce sont toutes des explications qui pourraient expliquer la frustration d’un effort complet de l’ennemi pour prendre Kiev. Ce sont toutes des explications qui seraient valables s’il y avait des preuves que tel était l’objectif russe. Mais malheureusement, de telles preuves n’existent pas. On ne nous a jamais fourni d’estimation du nombre de troupes que la Russie a “lancées” sur Kiev dans son effort pour prendre la ville. Nous savions que des chars se trouvaient à la périphérie, mais ces chars ont rapidement adopté la stratégie associée à un ” retranchement ” statique (il a été admis qu’ils se sont dispersés dans les bois environnants) plutôt que d’adopter des formations indiquant qu’ils fournissaient une couverture pour un assaut de troupes. Et où était l’artillerie et le soutien aérien nécessaires ? De l’aveu de tous, relativement peu d’obus ont “plu” sur Kiev.

La vérité est qu’il n’y a jamais eu à l’extérieur de Kiev le nombre de troupes russes nécessaire pour prendre la ville, pour la simple raison que cela n’a jamais été un objectif russe. Et la prise de Kiev n’a jamais été un objectif parce que l’occupation et l’annexion de l’Ukraine n’ont jamais été l’objectif de l’incursion russe.

Le fait que les preuves indiquent cette réalité et que le comportement des forces russes depuis qu’elles ont franchi la frontière en février est cohérent avec ce fait n’a pas empêché les médias obéissants de conférer une crédibilité imméritée au récit des États-Unis et de l’OTAN, recit qui semble chaque jour plus fragile.