jeudi 15 juin 2023

Qu’est ma France devenue ?

Comme mes lecteurs le savent, j’aime bien me réunir avec des amis pour des longues soirées de bavardage, qui devient plus sérieux au fur et à mesure que la nuit avance et que l’Armagnac – l’un de mes péchés mignons – fait son effet. Et puis nous sommes tous des mâles blancs de plus de cinquante ans, et arrivons à l’âge où, ne pouvant plus donner des mauvais exemples, nous sommes réduits à donner de bons conseils – et de regretter qu’ils ne soient pas suivis. Les enfants sont grands, nos carrières sont faites – celui qui voulait être artiste, médecin, président de la République ou maire le sont déjà ou ne le seront jamais, et aucun de nous n’est dans le besoin. On peut donc se permettre d’avoir un regard paisible sur le passé et raisonnablement optimiste sur l’avenir – ou du moins sur l’avenir qui nous reste.

Comme il y avait dans la réunion deux de mes plus vieux amis, qui sont parmi les premières personnes que j’ai rencontrées en arrivant en France – et qui, soit dit en passant, ont joué un rôle essentiel dans mon assimilation à ce pays – et que je n’avais pas vues depuis longtemps, la conversation a tourné assez naturellement vers la comparaison entre l’hier et l’aujourd’hui, entre la France qui était celle que j’ai trouvée en arrivant, et celle d’aujourd’hui.

Comme vous pouvez l’imaginer, il y avait dans la conversation un large parfum de « c’était mieux avant », et c’est normal. D’une part, parce que nous étions mieux avant – plus jeunes, plus toniques, plus pleins de projets – mais aussi parce que, comme dit le dessin des « indégivrables », c’était mieux avant, quand nous pensions que ce serait mieux après. Maintenant, nous sommes après, et le moins qu’on peut dire c’est que cet après n’a pas répondu à nos espoirs. Non pas que nous eussions les mêmes : certains d’entre nous ont milité pour une Europe fédérale, d’autres pour une France souveraine et socialiste ; certains ont cru à la révolution mondiale, d’autres à la fin de l’Histoire… mais aucun n’a l’impression d’avoir touché le prix de ses efforts. Quels qu’aient été nos rêves de jeunesse, aucun de nous n’a voulu consciemment ce que nous avons aujourd’hui. Et s’il l’a voulu, n’est pas prêt à l’admettre.

Quelques images me viennent à l’esprit. En arrivant dans ce pays à la fin des années 1970 était une France confiante dans son avenir et fière de son passé. Les billets de banque portaient l’effigie de Voltaire, de Corneille, de Delacroix, de Berlioz, de Pascal. Au lycée, on nous enseignait une géographie amoureuse de nos régions et une histoire qui faisait encore une large place aux grands serviteurs de la patrie. A la télévision, on avait des émissions éducatives et culturelles de qualité : des débats sérieux, des films classiques, des émissions de variété où des artistes venaient pour partager leur art et non pour faire la promo de leur dernier disque ou de leur dernier livre (1). L’enseignant pouvait faire son métier sans risquer de se faire décapiter, le policier n’avait pas peur dans son commissariat, l’idée d’un maire se faisant agresser par l’un de ses administrés était saugrenue. Un film comme « Rabbi Jacob », un classique comme « Les suppliantes » pouvaient être réalisés et présentés au public sans que personne ne se sente « offensé » et cherche à empêcher la projection par la force. Les Français étaient fiers de la qualité des services publics – hôpital, école, chemins de fer, électricité – et du dynamisme de la recherche et de l’industrie, de la capacité de leurs élites à conduire des grands projets – le plan électronucléaire, le TGV, le plan téléphone, le plan calcul. Mais plus que tout, j’avais été séduit par la sociabilité française, à la fois raffinée et ouverte, aimant les belles et les bonnes choses. Je me souviens encore de la première chanson que j’appris alors, « il faut que je m’en aille » de Graeme Allwright, avec son refrain : « buvons encore une dernière fois/à l’amitié, l’amour, la joie ». A côté, Jean Ferrat chantait « que c’est beau, c’est beau, la vie ». Le pays avait confiance dans ses propres capacités, puisque comme le disait un slogan de l’époque « en France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées » et que, la phrase est ancienne mais était fréquemment citée, « impossible n’est pas français ».

Et l’autre soir, après quarante ans d’amitié, nous en étions à nous demander où et comment notre génération – et celle qui nous a précédé, car la faute n’est pas seulement la nôtre – a fait fausse route. Comment cette société cultivée, raffinée, confiante, optimiste, sociable, est devenue ce marigot de rancunes, de reproches, de méfiances, de course à l’échalote victimiste, de médias où l’on étale son ignorance comme si c’était un titre de gloire, où chaque individu, chaque communauté ne pense que « et moi, et moi, et moi ». Comment nos concitoyens sont arrivés à se détester eux-mêmes, à rabaisser leur propre pays, à se convaincre de leur propre impuissance, à ne jurer que par les fausses solutions qui sont l’imitation servile de ce qui se fait ailleurs ? Comment sommes-nous arrivés à abandonner notre belle langue pour parler un français diminué, quand ce n’est pas un « globish » absurde ? Comment en est-on arrivé à ce qu’enseignants et élus doivent être protégés par la police, qu’artistes et écrivains doivent prendre l’avis des avocats et des « consultants en diversité » avant de s’exprimer sur scène ou de prendre la plume ? Pourquoi devons-nous nous résigner à accepter que notre système hospitalier tombe en morceaux, que des coupures tournantes d’électricité soient envisagées, qu’un nombre toujours croissant de nos concitoyens n’aient plus accès à un service public de qualité ? Comment se fait-il enfin que des zones de non-droit se soient installées au vu et au su de tout le monde, qu’on accepte que des marchands de mort continuent à pratiquer leur commerce dans des « points de deal » parfaitement connus de la police et des autorités ? Comment avons-nous perdu la maîtrise des processus industriels, y compris dans des domaines qui étaient pour nous naguère des domaines d’excellence ? Pourquoi nos institutions d’enseignement et de recherche se sont progressivement appauvries jusqu’à n’être respectivement que des parkings à chômeurs ou d’avoir le démantèlement comme seul projet ? Comment sommes-nous arrivés à une situation d’impuissance de nos institutions politiques, devenues un théâtre d’ombres où l’on discute de la couleur de la moquette pendant que les décisions importantes se prennent à Bruxelles ou à Washington ?

On me répondra, refrain connu, que « la France n’a plus les moyens ». Cet argument ne résiste au moindre examen. En cinquante ans, le PIB de la France a presque doublé. Autrement dit, nous produisons sur notre territoire deux fois plus de richesse que dans les années 1970. Et en 1970, nous pouvions non seulement nous payer un réseau ferré parmi les plus denses du monde, un bureau de poste dans chaque village, des médecins et des infirmiers en quantité suffisante dans nos hôpitaux, mais nous offrir le luxe des grands investissements en infrastructure dont nous bénéficions aujourd’hui, et tout ça avec un niveau de dette raisonnable. Pourquoi, avec un PIB double, nous n’arrivons à maintenir – et encore – nos services publics que grâce à une dette qui se creuse à des niveaux inquiétants ? On me dira que l’évolution technologique et scientifique fait qu’un certain nombre de services publics – je pense à la santé, notamment – coûtent de plus en plus cher. C’est vrai, mais à l’opposé, par le même mécanisme certains services coûtent de moins en moins. Le traitement informatique des feuilles de soins ou des feuilles d’impôt, par exemple, permet des économies considérables. Les véhicules de police ou de gendarmerie d’aujourd’hui nécessitent moins d’entretien et consomment moins de carburant que ceux d’autrefois.

Non, la question n’est pas de ne plus avoir les moyens. Les moyens sont là, seulement, ils ne sont plus utilisés de la même manière. D’abord, et c’est une transformation profonde, on constate que les profits distribués par les entreprises ont augmenté beaucoup plus vite que le PIB. Un peu plus de dix points de PIB ont été transférés de la rémunération du travail à la rémunération du capital en un demi-siècle. Et comme les revenus du capital ont été de moins en moins taxés – notamment grâce aux méthodes d’optimisation fiscale généreusement offerts par la réglementation européenne – et partent souvent vers des paradis fiscaux ou des investissements délocalisés, ils ne participent guère au financement de la charge commune. Mais il y a aussi un problème d’utilisation de ce qui reste : dans les années 1960, on coupait sans pitié dans les missions accessoires pour protéger les missions principales. Aujourd’hui, c’est l’inverse. On supprime des postes et on coupe dans les budgets, mais il y a toujours de l’argent pour recruter des « délégués à l’égalité homme-femme » ou des « référents anti-discrimination ». Ces cinquante dernières années, on a vu tous les services de l’État mis à la diète… avec une exception : les services de communication, qui ont gonflé leurs effectifs et leurs moyens année après année.

Et finalement, last but not least, il y eut la fièvre des privatisations. Car lorsqu’on examine la question de la pression fiscale, on oublie souvent ce paramètre. Dans les années 1970, un peu moins de la moitié du PIB était produit par le secteur public. Et les profits ainsi réalisés – car, contrairement à un préjugé bien établi, la plupart des entreprises publiques était rentable – étaient donc versés au trésor public. La privatisation a eu pour effet de priver l’État de cette ressource, et l’a donc obligé de choisir entre augmenter la pression fiscale ou s’endetter… Mais ce n’est là qu’un aspect de la question. Les apôtres de la privatisation soutiennent habituellement que l’entreprise privée utilise plus rationnellement les ressources que l’entreprise publique. Je ne pense pas que cela soit vrai, mais admettons un moment que ce soit le cas. La question suivante est de savoir au service de quel objectif chaque entreprise met cette efficacité. Quand bien même l’entreprise privée serait plus efficiente dans l’utilisation des ressources, elle ne prêtera pas un service de même qualité pour un coût équivalent, tout simplement parce que son objectif n’est pas la satisfaction du client, mais celle de l’actionnaire. Et on le voit bien dans un secteur pourtant très concurrentiel : celui de la fourniture du service internet.

Tout cela est bien connu, et s’est fait sous nos yeux : nous avons vu passer année après année les lois de privatisation, nous avons vu gouvernement après gouvernement les coupes sombres dans les budgets publics, nous avons suivi directive après directive nos gouvernants consentir à l’action néfaste de l’Union européenne. Et de manière concomitante, parce que la structure finit par agir dialectiquement sur la superstructure, nous avons vu le tissu social se déliter, le communautarisme fleurir, la sociabilité se transformer, notre environnement devenir laid et menaçant.

Comment les gens ont-ils accepté une telle déchéance ? La réponse est tristement simple : tout cela est arrivé petit à petit, sans qu’on le remarque. La cruelle fable mitterrandienne de la grenouille qui se laisse ébouillanter à condition que la température de l’eau augmente lentement trouve ici une illustration éclatante. Par paresse, par négligence, par intérêt, par aveuglement – volontaire – aussi, nous – et quand je dis « nous », je pense à ces classes intermédiaires et aux élites qui avaient tous les moyens de s’y opposer – avons laissé faire. Et puis nous nous sommes habitués : il y a trente ans, on parlait avec horreur des « nouveaux pauvres », aujourd’hui à peine si on remarque la multiplication des mendiants et des SDF.

Ceux qui suivent régulièrement ce blog savent que la force la plus puissante qu’on connaisse est l’envie de croire. Une force capable de faire passer Mitterrand pour un homme de gauche ne saurait être sous-estimée. Mais il y a une deuxième force qui la suit de près au palmarès : c’est celle de l’habitude. Celle qui fait que nous acceptons des choses comme naturelles simplement parce que nous sommes habitués, parce que nous n’avons pas connu d’alternative. Il faut avoir conscience du problème : nous, qui avons dépassé la cinquantaine, nous savons qu’un autre monde est possible, tout simplement, parce que nous l’avons connu. Mais pour les jeunes qui aujourd’hui entrent dans la vie, ce monde-là relève du mythe ou de l’utopie. C’est là qu’il faut chercher l’extinction progressive de l’opposition à l’euro ou à l’Union européenne. Ce ne sont pas les arguments économiques ou politiques qui emportent la conviction. Il n’y a là aucune adhésion, et lorsqu’on interroge les gens on voit que la confiance dans ces institutions n’est guère brillante. Mais le fait est qu’il reste en France de moins en moins de gens qui se souviennent ce que c’est d’avoir sa propre monnaie, sa propre politique économique, sociale, éducative. Les préjugés les plus durs à combattre sont ceux qui « vont de soi ».

Nous n’avons pas tous dit « oui » au désastre, mais nous n’avons pas non plus dit « non » lorsqu’il était encore temps. C’est vrai dans les grandes affaires, mais aussi dans les plus petites. Chacun de nous peut je pense citer des anecdotes qui concernent son club sportif, sa mairie, son association, son quartier, son école. Comment avons-nous pu être aussi aveugles, aussi lâches ? Car les grandes trahisons sont faites de petites démissions quotidiennes, souvent déguisées – surtout à gauche, honte sur nous ! – sous le manteau rassurant de la bonté et de la tolérance. On peut rire de ces proviseurs tatillons qui, avant 1968, se postaient à l’entrée du lycée pour refouler les garçons qui avaient les cheveux un peu trop longs, les filles qui portaient du maquillage. Mais au moins devrait-on leur reconnaître le mérite d’avoir donné de leur temps et de leur effort pour défendre une conception exigeante de l’éducation, plutôt que de rester tranquillement dans leur bureau et laisser faire ou, pire, de s’imaginer que cela faisait d’eux des « progressistes ». Aujourd’hui, la paresse – je n’ose dire la lâcheté, mais je devrais – du « pas de vagues » est devenue, à tous les niveaux, la règle. Des proviseurs qui ferment les yeux sur les « incivilités » et conseillent à leurs enseignants d’éviter de circuler seuls dans les couloirs pour avoir la paix, aux politiques qui, une fois au pouvoir, acceptent de faire ce qu’ils ont toute leur vie combattu – pensez au PCF acceptant sous la « gauche plurielle » la fermeture de Superphénix, la privatisation d’Air France ou l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité – en passant par les maires qui livrent certains quartiers aux « grands frères » en échange d’une certaine tranquillité, et pourquoi pas, d’un soutien électoral.

Cette paresse, cette lâcheté sont le résultat d’une dialectique. Elle est la contrepartie d’une solitude de plus en plus grande, d’une société d’individus-îles. Il y a cinquante ans, un proviseur qui reprenait un élève pouvait compter sur la solidarité inconditionnelle de ses pairs, du corps enseignant, et même de l’ensemble des parents. Un maire qui combattait les trafics avait le soutien, y compris physique, de ses administrés. L’adulte qui demandait à un jeune de céder sa place à une personne âgée ou de baisser le son de son ghettoblaster avait l’appui de l’ensemble du bus. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. On le voit bien dans l’affaire de ce collège qu’on voulait nommer Samuel Paty : la « communauté éducative » a dit non, au motif qu’un tel acte impliquait pour eux un risque. Un risque minime, mais que seule une minorité semble-t-il parmi les enseignants ou les parents d’élèves est prête à prendre. On rend hommage à Jean Moulin, mais personne n’a envie semble-t-il de suivre son exemple, même lorsqu’il s’agit de prendre un risque minime. C’est que chacun de nous est seul devant le monde. Vous ne pouvez compter sur personne, parce que personne n’est prêt à se battre pour vous. Plus les « corps » et l’esprit qui s’y attachait s’efface, et plus il devient difficile de cultiver cette grande qualité qu’est le courage sans faire preuve de témérité.

Cette solitude ouvre la porte à une dégradation générale de notre espace quotidien. Elle nous force à voyager dans des trains couverts de graffitis et de tags, à écouter dans le bus le dernier rap que notre voisin passe sur son portable, à accepter l’occupation de notre hall d’immeuble par des trafiquants de toute sorte, à jouer à la roulette russe de Parcoursup l’avenir de nos enfants, à se voir dicter ce qu’on a le droit de boire, de manger, de voir ou de dire par des dragons de vertu, qu’ils soient communautaires, religieux, écologistes, féministes ou autres. Nous sommes en pratique renvoyés chaque fois plus vers notre intérieur, notre famille, notre petite communauté d’amis, seul lieu dans lequel on peut encore s’exprimer sans crainte, échanger sans méfiance, plaisanter sans censure.

Descartes

(1) Je pense notamment au « grand échiquier » de l’époque, où l’on pouvait entendre un Brassens ou un Menuhin, qui n’avaient plus rien à vendre. Je pense aussi aux « dossiers de l’écran », qui proposaient un film pour introduire ensuite un débat sérieux entre des gens sérieux. Je pense aussi au « cinéma de minuit » qui proposait systématiquement des classiques et des films d’auteur.

 

 

capture d'écran

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Elle ne l'est plus, devenue secrétaire d'Etat à l'économie sociale et solidaire. Tout un programme dans un gouvernement au service du capital. Mais lorsqu'elle était en charge de la Citoyenneté en France -tout un programme également dans un gouvernement au service du capital-, il y aurait eu des choses pas très claires, telles que l'Inspection générale de l'administration y a mis son nez dedans.

Pour rappel, après l'assassinat de Samuel Paty en 2021, le fonds Marianne (doté de 2,5 millions d’euros) avait été créé sous la houlette de Marlène Schiappa pour "promouvoir les valeurs de la République". A grands renforts de pub dans les médias et sous la houlette du palais de l'Elysée.

Or, des sous, beaucoup, ont été distribués à des associations dont 355 000 euros d'argent public à l’Union des sociétés d’éducation physique et de préparation militaire -peut-être là aussi tout un programme- et  330 000 € à une association nouvellement constituée- peut-être pour la circonstance?-

En tout cas, dans son rapport d'enquête de 34 pages, l'Inspection générale de l'administration pointe: "L'appel à projets n'a été ni transparent, ni équitable". Ou bien "L'USEPPM n'était pas éligible au bénéfice d'un financement, tant du fait de son objet que des manquements dans ses obligations déclaratives." Ou alors, le comité de sélection des projets s'est déroulé dans des conditions obscures. Et le rapport d'enquête explique que l'Inspection générale de l'administration "n'a retrouvé aucun document daté et signé attestant de la date et de la composition précises du comité de sélection", expédié en une heure trente maximum.

Autre rappel: l'Inspection générale de l'administration ne s'est pas auto-saisie. Mais les enquêtes d'investigations menées par Médiapart et Marianne...

Auditionnée par le Sénat sur cette affaire gazeuse mais prolifique en argent public envers certains, Marlène Schiappa dit ne s'être occupée de rien, sauf a fonder la chose. Ce qui est pour une ex-ministre chargée de la Citoyenneté est bien bêta. Non?

L'enquête sénatoriale a-t-elle admis les coups de pieds en touche d'une ministre de la République dans sa gestion de fonds publics? Son rapport nous le dira

Pour l'heure, le préfet Christian Gravel a démissionné. Il était chargé du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation et dépendait du maroquin ministériel de Marlène Schiappa.

Le coffret à fusibles dans un ministère quelconque de la République est-il toujours conséquent?

#Politique blog de Roger Colombier

Nous n’allons pas frapper à des portes fermées ambassadeur de Russie en Finlande 

Blog faire vivre le PC


L’ambassadeur russe en Finlande Pavel Kuznetsov a répondu à la menace occidentale liée à l’Ukraine

L’Occident a trahi la Russie, mais ne peut plus la trahir. Des leçons ont été tirées des expériences qui ont conduit à la catastrophe. 

’Pour les États-Unis, l’enjeu n’est pas la survie de l’État, mais la préservation de son hégémonie. Pour nous, le problème, c’est l’existence de la Russie.’

’La confrontation entre l’Occident et la Russie peut devenir longue et difficile. Nous sommes prêts pour cela. Voyons si l’Occident, mené par Washington, est prêt. Je ne suis pas sûr de cela.’

’Nous n’allons pas frapper à une porte fermée.’

JPEGL’ambassadeur de Russie en Finlande, Pavel Kuznetsov, s’est exprimé lors de l’événement Naapuriseura (association de bon-voisinage) à Helsinki, samedi 20 mai, devant une salle comble.

Pavel Kuznetsov, ambassadeur de la Fédération de Russie à Helsinki, lors de l’événement de la société voisine le 20 mai 2023, a ouvert la réflexion du Kremlin sur la situation en Ukraine et aussi sur les relations détruites entre la Russie et la Finlande. 

’C’est amer pour moi de voir à quel point les événements récents se reflètent dans nos relations bilatérales, au développement desquelles j’ai consacré au moins 25 ans de ma carrière diplomatique’, a déclaré Pavel Kuznetsov, connu comme un ami chaleureux de la Finlande.

Nous publierons également le discours de l’ambassadeur sous forme de vidéo. Voici son contenu central en texte :

’ Après la dissolution de l’Union soviétique, l’Occident dirigé par les États-Unis a annoncé haut et fort la ’fin de l’histoire’ et qu’une nouvelle ère avait commencé, où lui, en tant que vainqueur de la guerre froide, aurait un droit illimité à l’hégémonie en promouvant ses valeurs et son mode de vie partout dans le monde.

Comme nous pouvons le voir aujourd’hui, son motif principal est la poursuite égocentrique d’intérêts financiers. Pendant un certain temps, les dirigeants de la nouvelle Russie se sont fait des illusions sur la sincérité des intentions de l’Occident, à savoir que la Russie serait accueillie dans les rangs des soi-disant démocraties occidentales.

Dans les années 1990, la Russie croyait que l’Occident était sérieusement intéressé à développer notre pays économiquement prospère et démocratique, et a suivi aveuglément les soi-disant recommandations de nos partenaires.

Les ministères centraux responsables de l’économie russe et des fonds publics ont pris des décisions importantes selon les instructions de conseillers étrangers, principalement britanniques et américains. La politique étrangère était fondée sur la nécessité de fusionner avec l’Occident dans tous les domaines de la vie internationale.

Les intérêts nationaux russes ont été ignorés. Où la Russie s’est-elle retrouvée ? Au désastre financier, à l’effondrement complet du bien-être russe, du séparatisme régional et de la guerre dans le Caucase du Nord. La richesse de la nation a été volée. La plus grande partie était exportée vers l’Ouest. L’armée était en pleine décadence, le pays perdait sa souveraineté étatique.

Délires et changements de pouvoir

Comme vous vous en souvenez peut-être, à l’époque, nous n’avions pas de problèmes particuliers avec l’Occident. La Russie a été saluée, ses réalisations démocratiques et la ligne adoptée par les dirigeants russes, considérée comme correcte par les Américains et les Européens, ont été saluées.

Des problèmes sont survenus au début des années 2000, lorsque la Russie a commencé à s’éloigner de la ligne où les conseils étrangers avaient été suivis sans compromis ; quand nous avons commencé à revenir à nos intérêts nationaux et à nos traditions, quand nous avons commencé à soutenir un dialogue égal au lieu de nous contenter de la situation où l’Occident gardait la Russie dans sa poche.

Les plus gros problèmes sont apparus lorsque Washington s’est rendu compte que la formation d’un monde multipolaire devenait irréversible, ce qui constitue une menace mortelle pour l’hégémonie américaine. La Russie est un facteur dans ce processus. Maintenant, il y a aussi la Chine et la plupart des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. 

Puis le monde a vu une nouvelle forme d’expansion occidentale, la soi-disant révolution des couleurs. Le ’soft power’ a été introduit, c’est-à-dire les instruments de soft power, à l’aide desquels les Américains ont provoqué un changement de pouvoir dans des pays indésirables par des intermédiaires et ont créé une illusion du cours naturel des événements.

Toutes les révolutions de couleur ont suivi le même schéma général. Au début, des réseaux cachés de mouvements de protestation se sont formés dans le pays avec l’aide des investissements d’un milliard de dollars des fonds Soros. Après certains événements comme les élections, les manifestants sont descendus dans la rue et ont rassemblé autour d’eux une foule, au nom de laquelle des ultimatums ont été présentés au gouvernement.

Aujourd’hui, nous voyons les traces des actions destructrices des Américains partout dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, jusqu’aux États qui ont émergé à la suite de la dissolution de l’Union soviétique.

La longue déception de l’Occident

Vous vous souvenez du discours de Poutine à Munich en 2007, lorsqu’il a clairement nommé les problèmes sans confrontation, qui exigeaient des solutions basées sur un dialogue égal et non sur des ultimatums, des dictées et la violation de toutes les obligations qui ont été données, par ex. traitant de l’avenir de l’Allemagne à la fin des années 1980 et de l’Union soviétique ayant cessé d’exister. Le principe de l’indivisibilité de la sécurité a été solennellement proclamé au plus haut niveau. On nous a dit qu’aucun membre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe ne renforcerait sa propre sécurité aux dépens des autres. Et on nous avait juré que l’OTAN ne s’étendrait pas d’un pouce vers l’est.

Malheureusement, nous avons été négligents en croyant ces promesses sans en rechercher la confirmation légale. Le fait est que l’Occident nous a laissé tomber. Contrairement aux promesses, l’OTAN a commencé à pousser activement vers l’est et à déplacer littéralement son infrastructure militaire jusqu’à nos frontières. Tout cela a été fait bien avant les événements en Ukraine et même avant la Géorgie.

En 2008, la déclaration du sommet de l’OTAN à Bucarest stipulait que l’Ukraine et la Géorgie rejoindraient l’OTAN. Nous avions alors averti l’OTAN et nos partenaires qu’il s’agissait d’une route très dangereuse ; qu’il crée des illusions pour les dirigeants de ces pays. C’est ce qui s’est passé en Géorgie, lorsque Mikhail Saaksvili a conclu que tout était désormais permis et a envoyé ses forces armées en Ossétie du Sud contre des civils. Au final, ce pari monté à Washington a échoué et la Géorgie a perdu non seulement l’Ossétie du Sud mais aussi l’Abkhazie. 

L’Occident a choisi l’Ukraine comme l’arme la plus importante contre la Russie. L’Ukraine est devenue l’opposé de la Russie, l’anti-russe. Il faut avouer que nos adversaires s’en sont plutôt bien sortis. Les événements de 2004-2005, qui ont été un exemple classique de révolution de couleur et d’ingérence ouverte de l’Occident dans les affaires intérieures d’un État souverain, ont rendu l’Ukraine misérable.

Le changement de pouvoir illégal lors du coup d’État de 2013-2014, soutenu et directement soutenu par les élites américaines et européennes, a été suivi de tensions croissantes parmi la population radicale, nationaliste et orientale de Kiev. Le nouveau gouvernement n’a pas été reconnu par les habitants de la République de Crimée, qui voulaient rejoindre la Russie, ni par les habitants de la région du Donbass, qui ont exigé le respect de leurs droits légaux.

Afin de résoudre le problème, le gouvernement de Kiev a choisi des moyens puissants et a lancé une opération militaire contre les habitants de la région sud-est de leur pays. Pendant huit ans, de 2014 à 2022, les hostilités de l’Ukraine contre les habitants du Donbass ont entraîné la mort de milliers de civils.

Les pays occidentaux, toujours aussi sensibles à toutes les violations des droits de l’homme, n’ont presque rien fait pour sauver la vie des citoyens du Donbass et n’ont pas condamné le régime de Kiev, mais ont au contraire tenté de jouer dans sa poche en encourageant la prochaine militarisation et radicalisation de l’Ukraine.

Les déclarations de Zelenskyi et des ex-dirigeants allemands et français prouvent que l’accord de Minsk n’était pas du tout destiné à être mis en œuvre, mais à être utilisé comme un moyen de renforcer la préparation militaire de Kiev en particulier.

L’Ukraine est devenue une sorte de terrain d’essai pour les actions anti-russes. La présence militaire des pays de l’OTAN sur le territoire de l’Ukraine a augmenté et un nombre croissant d’équipements de l’OTAN ont participé aux batailles contre la Russie. L’Occident a continué à prétendre que rien d’inhabituel ne se passait. 

Il nous est apparu clairement qu’aucun de nos partenaires n’avait l’intention de mettre en œuvre l’accord de Minsk.

En décembre 2021, la Russie a transmis ses propositions concernant les garanties de sécurité aux États-Unis, à l’Union européenne et à l’OTAN. Ce n’était pas un ultimatum, comme cela a été interprété, mais un message indiquant que nous prenons très au sérieux l’expansion militariste de l’Occident, y compris les projets d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.

C’était notre dernière tentative pour faire entendre nos voix à Washington et à Bruxelles. Nous n’avons pas été entendus. En conséquence, la Russie a été forcée de prendre la décision difficile d’une opération militaire spéciale pour démilitariser l’Ukraine.

Pas d’espace pour se retirer

Quand tout cela finira-t-il en Ukraine ?

Je pense que cela arrivera lorsque l’élite politique occidentale réalisera que cela doit cesser.

Pour le moment, cependant, nous voyons le soi-disant la politique de la crème glacée du milliard d’or qui dit qu’il n’y aura pas de fin tant que tout ce qui menace les États-Unis ne sera pas éliminé.

La ligne commune des pays occidentaux est que la victoire doit être obtenue sur le champ de bataille. Ici, l’Ukraine n’est qu’un moyen d’atteindre l’objectif, c’est-à-dire la solution de la question russe. Tout comme les nazis cherchaient à résoudre la question juive. Vous savez comment cela s’est passé. 

Les possibilités de mettre fin aux hostilités par des moyens politiques existaient encore à la fin du mois de mars de l’année dernière. Cependant, Kiev n’a pas été autorisé à le faire. Les pays occidentaux ont chassé Kiev du processus de négociation, qui a ensuite été lancé à Istanbul.

Depuis lors, personne n’a même tenté de persuader l’administration de Kiev de négocier. Personne ne s’est opposé au fait que l’automne dernier Zelenskyi a interdit toutes les négociations avec la Russie dans son décret. L’attitude de nos partenaires occidentaux laisse donc présager que l’affrontement entre la Russie et l’Occident sera long et rude. Nous sommes prêts pour cela. Voyons si l’Occident, mené par Washington, est prêt. Je ne suis pas sûr de cela.

Nous avons des motivations légèrement différentes. Pour les États-Unis, l’enjeu n’est pas la survie de l’État américain, mais la préservation de son hégémonie sans fin dans le monde. Pour nous, il s’agit de l’existence même de l’État russe, du monde russe. Ce n’est un secret pour personne que certains soi-disant occidentaux les groupes de réflexion travaillent déjà sérieusement sur des plans de démembrement de la Russie, et sur les pays occidentaux qui contrôleront les parties d’une Russie fragmentée.

Nous n’avons pas d’espace pour nous retirer. Il n’y a nulle part où finir. Tout comme ce n’était pas le cas pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Savez-vous qui et quand a dit : « On aurait pu prévoir il y a longtemps que cette haine féroce, de plus en plus attisée contre la Russie depuis 30 ans, dégénérera un jour. Ce moment est venu. On a simplement proposé à la Russie un suicide, renoncer à sa propre base d’existence, reconnaître solennellement qu’elle n’est rien de plus qu’un phénomène sauvage et laid, un mal qui doit être corrigé. Maintenant, il n’y a aucune raison de se tromper. La Russie devra très probablement faire face à toute l’Europe.’

Pouvez-vous deviner qui l’a dit et quand ? 

Ces mots n’ont pas été prononcés hier. Ils ont été écrits par le grand poète russe Fyodor Tyutshev en 1854 pendant la guerre de Crimée. C’est-à-dire, quand vous les Finlandais et nous vivions dans le même pays. Quelque chose a-t-il changé en 170 ans ? Je pense que la question est rhétorique. 

La bataille pour la domination du monde

Les attentes de l’Occident selon lesquelles la pression sans précédent des sanctions conduirait à l’effondrement de l’économie russe, à la montée de l’humeur de protestation et finalement au changement de l’actuel gouvernement russe, ne sont pas fondées sur la réalité. Cela ne s’est pas produit, l’effet a été le contraire. La politique des dirigeants russes bénéficie d’un fort soutien public.

Il n’était pas non plus possible d’isoler la Russie sur le plan international. Même nos adversaires doivent l’admettre. Dans nos plans à long terme, nous partons systématiquement du fait que le monde moderne est depuis longtemps multipolaire. Les pays d’Asie, du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Amérique latine, qui constituent la majorité du monde, ne veulent plus vivre dans un système occidentalo-centré, qui ne repose pas sur le droit international mais sur les règles les plus strictes inventées par les Ouest. Washington, Bruxelles et Londres réinventent toujours ces règles en fonction de leurs propres intérêts.

Avec le soi-disant ordre mondial fondé sur des règles, on tente d’établir un système standard national de relations internationales, dans lequel les autres États ont tout droit et les autres n’ont qu’à suivre leurs instructions. 

Vous souvenez-vous qu’aucun politicien occidental n’a jamais pleuré les centaines de milliers de victimes causées par l’aventure de Washington au Moyen-Orient sous prétexte de menaces à la sécurité nationale à des milliers de kilomètres des frontières américaines ? Personne non plus n’a jamais proposé d’imposer des sanctions économiques et autres contre les États-Unis.

La situation en Ukraine n’est qu’une manifestation d’un problème mondial plus vaste lié aux tentatives d’un petit groupe de pays occidentaux de maintenir leur domination mondiale. La déclaration de Josep Borrell est très descriptive : « L’Europe est toujours un jardin et le reste du monde est une jungle.

Ce n’est pas un hasard si d’autres pays que la Russie sont la cible de menaces et de chantage. Endiguer la Chine a été érigé en objectif systématique. L’ingérence dans les affaires intérieures des pays souverains se poursuit. En conséquence, nos relations avec les États-Unis et l’UE sont désormais fondamentalement différentes depuis la fin de la confrontation bipolaire.

Nous n’allons pas frapper à une porte fermée, encore moins faire des concessions unilatérales. Si l’Occident reprend ses esprits et propose de reprendre les contacts, alors nous verrons quel est le problème et prendrons des décisions en fonction des intérêts de la Russie. Tous les accords possibles avec des partenaires occidentaux sont alors juridiquement contraignants. Leur mise en œuvre se fera par le biais d’un mécanisme clair. 

C’est doux-amer à regarder

Il en va de même pour l’avenir des relations entre la Russie et la Finlande. Je suis amer de voir à quel point les événements récents se reflètent dans nos relations bilatérales, au développement desquelles j’ai consacré au moins 25 ans de ma carrière diplomatique. 

Maintenant, force est de constater que tout ce qui a été accumulé au fil des décennies grâce au bon voisinage qui profite aux deux parties, a été détruit en un instant. Les décisions prises par les dirigeants finlandais ont conduit à un effondrement véritablement catastrophique dans tous les domaines de l’interaction internationale et ont causé des dommages structurels à long terme au voisinage de nos pays.

Les autorités finlandaises ont clairement décidé - comme elles disent - d’être plus saintes que le Pape, et ont commencé à couper les relations même au-delà de ce que les responsables de l’Euro à Bruxelles ont exigé.

Il est très regrettable que de nombreux politiciens finlandais commencent à écouter de plus en plus attentivement les signaux provenant, par exemple, de Tallinn et d’autres pays baltes comme une sorte de vérité nouvelle et supérieure. Nous entendons des déclarations comme si les Baltes avaient raison et nous avions tort.

Il semble que la nouvelle génération de politiciens finlandais soit prête à jeter toute l’expérience acquise à l’époque de leurs prédécesseurs. Au lieu de cela, ils proposent des approches empruntées aux partis les plus radicaux des pays baltes, qui font une carrière politique en spéculant sur les complexes de l’histoire et en incitant au nationalisme et à la xénophobie chez leurs électeurs.

De nombreuses entreprises investissent sur notre marché depuis des décennies. Aujourd’hui, même ceux qui ne sont pas touchés par les sanctions actuelles et futures fuient notre pays dans la panique. Maintenant, les entreprises finlandaises, confuses, apprennent que leurs concurrents d’autres pays de l’UE ont continué à opérer avec succès en Russie.

Les liaisons entre les régions, les villes et les municipalités finlandaises et russes ont été complètement coupées. Les opportunités pour les gens ordinaires de traverser la frontière se sont réduites à néant. Un tel rideau de fer entre nos pays n’a jamais existé auparavant, sauf peut-être dans les années 1920 et 1930.

La campagne hystérique de la presse finlandaise attise les sentiments russophobes dans la société. Les conséquences sont claires. On entend de plus en plus souvent parler d’agressivité dans la vie de tous les jours, de ne pas servir les clients russophones, de discrimination à l’égard des citoyens finlandais détenteurs d’un passeport russe lors de la recherche d’un emploi et même lors du choix d’événements culturels et sportifs. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les monuments commémoratifs des Russes tombés ont été dégradés, ce qui ne s’était jamais produit auparavant. 

A mon avis, la direction finlandaise est également consciente de ces phénomènes et les considère comme inappropriés. Cependant, il est extrêmement difficile de combattre de tels sentiments une fois qu’ils ont déjà pénétré la conscience de masse.

Quel genre de politique de l’OTAN ?

Un facteur à long terme qui affectera nos relations internationales est l’adhésion de la Finlande à l’OTAN. Je n’en parlerai pas longtemps. Je dis simplement que ceux qui pensent que cela renforcera la sécurité de la Finlande se trompent. Je suis convaincu que le contraire est vrai.

De plus, l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’alliance fera définitivement de la mer Baltique, qui était la zone la plus pacifique, une zone de tensions croissantes et de conflits potentiels.

D’un autre côté, l’adhésion à l’OTAN en soi ne signifie pas que nous ne serons pas en mesure de construire des relations de voisinage normales à l’avenir. Tout dépend de ce que sera la politique de la Finlande au sein de l’OTAN et de l’intensité avec laquelle les pays de l’OTAN utiliseront le territoire finlandais à leur avantage. Je veux dire l’infrastructure de l’OTAN, comme le transfert de bases militaires permanentes et d’armes lourdes - sans parler des armes nucléaires - vers le territoire finlandais.

En général, cependant, je crois que la majorité des Finlandais comprennent qu’il n’y a rien à faire en matière de géographie et que tôt ou tard les intérêts positifs des peuples de nos pays nous inciteront à reconstruire au moins des relations de voisinage normales.

Maintenant, il est très important que, poussés par des sentiments anti-russes, aucune action ne soit entreprise qui rendrait cette réalisation très difficile, voire impossible.

L’association de bon voisinage soutient spécifiquement ce type de réflexion. Nous apprécions hautement les personnes qui pensent patriotiquement aux relations entre la Finlande et la Russie.

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