mercredi 6 décembre 2023

L'extrême lacheté par G.Garcia

Publié le 06/12/2024 à 11:34 par pcfob Tags : mer bonne vie place monde coup société

L’extrême lâcheté…

 

… commence là où s’arrête le courage de laisser un peuple mourir à petit feu sous une pluie de bombes, de missiles, de gaz, de chars et de bulldozers qui pousse à la mer un tas de cadavres et de ruines fumantes.

D’une pierre deux coups, ici il n’y a pas amalgame, ceux de l’OAS qui voulaient chasser les Arabes de l’Algérie « française », sont aujourd’hui devenus les dépositaires du gouvernement de Vichy, ce sont encore les mêmes qui hier demandaient l’autorisation de participer à la grande mascarade parisienne, contre l’antisémitisme.

Le ménage dans notre pays ne se fera pas sans éclaircir certains points.

Depuis des siècles, des décennies, mais surtout depuis que le capitalisme s’est érigé en système de domination globale et sans partage.

Un système qui perpétue les privilèges et qui propage, les injustices, les inégalités, asphyxie la vie démocratique et foule du pied toutes nos valeurs républicaines.

Même nos institutions, inspirées par la révolution bourgeoise, ne suffisent plus à imposer l’autoritarisme d’un capitalisme désormais à la dérive.

Sous mandat d’arrêt, pour délit d’initié, pour usurpation d’identité, pour fausse représentation de notre peuple, comme non assistance au salariat en danger.

La classe dirigeante est condamnée à gouverner à coups de 49.3 et au Coup d’Etat permanent, à se plier aux injonctions de l’OTAN et aux dictas Américains.

Répondre aux problèmes de notre société et à ce quelle engendre comme « monstres » c’est vouloir retrouver un équilibre dans un monde qui par ses dérives inhumaines produit et aggrave l’instabilité.

Tant que c’est celui qui triche, qui gagne, tant que c’est celui qui vole et qui exploite qui s’enrichit et qui prospère.

Tant que c’est celui qui ment, qui porte la bonne parole.

Tant que l’on chassera le pauvre pour faire de la place aux riches.

Tant que la société restera divisée en classes, les réactions seront celle que sécrète l’antagonisme.

Il n’y a pas d’excuses mais ne pas voir qu’il y a corrélation entre l’injustice flagrante qui frappe le peuple palestinien, et la recrudescence de l’intégrisme, c’est se voiler la face.

Balayons devant notre porte !!! C’est par là que nous devons commencer par faire le ménage.

Gérard Garcia

 

Jusqu'où ira Benyamin Netanyahou ?

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Jusqu'où ira Benyamin Netanyahou ?

Le déluge de feu sur Gaza a repris. Netanyahou sait que les premières victimes sont les civils, comme le révèle l’enquête d’un magazine israélo-palestinien. La communauté internationale s'inquiète alors que les peuples se mobilisent et expriment leur exigence d'un cessez-le-feu immédiat et permanent.

 

L'armée israélienne pilonne de nouveau les populations civiles à Gaza, provoquant la mort de centaines de personnes en premier lieu des civils.  Les services de renseignements israéliens avaient connaissance depuis un an des préparatifs du Hamas, d’après le New York Times. L'allié principal de Netanyahou, les États-Unis, hausse le ton jour après jour, mais Netanyahou a choisi la fuite en avant plutôt que la pause. Faute d’accord à Doha, il a repris la guerre affirmant que « la reprise des combats était nécessaire. ». Les négociations pour la libération de nouveaux otages israéliens détenus par le Hamas ayant achoppé.

 

L’aviation israélienne a aussitôt repris ses bombardements, provoquant la mort de centaines de Palestiniens. De son côté, le Hamas a tiré des dizaines de roquettes et obus de mortiers vers le territoire israélien : les coups portés par l’intervention militaire israélienne ont amoindri sa capacité militaire, mais pas au point de ne pas pouvoir procéder à de tels tirs.

 

Le premier ministre israélien a déclaré que les combats allaient continuer jusqu’à ce que « tous ses objectifs soient atteints ». Quels sont-ils ? Officiellement, il s’agit d’« éradiquer le Hamas ». Mais selon les autorités israéliennes elles-mêmes, entre 1 000 et 3 000 combattants de l’organisation ont été tués jusqu’ici.

 

Le bilan global s’établit, lui, à 15 000 morts (plus de 300 familles gazaouies ont perdu dix proches). Avec un tel ratio, combien de civils gazaouis devraient être tués pour « éradiquer le Hamas » et ses 30 000 combattants ? Cette stratégie qui tue cinq à dix fois plus de civils que d’ennemis désignés s’attire des critiques, y compris des américains.

 

« Dans ce genre de combat, le centre de gravité est la population civile. Si vous la poussez dans les bras de l’ennemi, vous remplacez une victoire tactique par une défaite stratégique », a déclaré le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, ajoutant : « J’ai donc fait comprendre à plusieurs reprises aux dirigeants israéliens que la protection des civils palestiniens à Gaza est à la fois une responsabilité morale et un impératif stratégique. »

Washington hausse le ton, mais les actes ne suivent pas la parole : aucune mesure concrète n’a été prise pour contraindre Tel-Aviv à mettre fin au génocide. D’autant que l’on sait désormais que l’armée israélienne fait délibérément le choix de procéder à des tirs et des bombardements sur des cibles tout en sachant que des civils s’y trouvent. C’est le magazine israélo-palestinien +972 qui l’a révélé. « Leur nombre (de civils – NDLR) est calculé à l’avance par les services de renseignements. Ils savent ainsi exactement, avant même la mise en œuvre d’une attaque, combien de civils vont périr », souligne Yuval Abraham, l’un des journalistes auteurs de l'enquête.

 

Non seulement le commandement israélien approuve le massacre de civils palestiniens lorsqu’il estime qu’un responsable du Hamas peut être touché en même temps (il s’avère souvent qu’il n’était pas présent sur les lieux), mais il ouvre délibérément feu sur des « power targets » (littéralement « cibles de pouvoir », soit des écoles, universités, hôpitaux) afin de terrifier la population dans le calcul qu’à terme elle se retourne contre le Hamas.

 

Cette méthode glaçante s’appuie sur l’IA (intelligence artificielle), une première à cette échelle dans une guerre. D’après le média d’investigation, c’est l’utilisation de cette technologie, via un algorithme baptisé « Gospel », qui a permis à l’armée israélienne de bombarder la bande de Gaza à un rythme aussi effréné (15 000 cibles durant les seuls 35 premiers jours de bombardement).

 

C’est ce même plan qui est appliqué depuis vendredi, avec désormais le sud de la bande de Gaza dans le viseur du déluge de feu. Après avoir échoué à prouver la présence du commandement du Hamas à Gaza City, l’armée israélienne argue qu’il est situé à Khan Younès.

L’immense majorité des Gazaouis se trouvent dans la partie méridionale de Gaza, puisque un million de personnes ont quitté le nord sur l’ordre d’évacuation d'Israël. Piégés, ils n’ont plus d’autre endroit où se réfugier.

 

Jusqu’où peut aller le cabinet de guerre emmené par un Netanyahou qui joue d’autant plus sa survie politique qu’une enquête du New York Times a révélé que les services de renseignements disposaient depuis un an de toutes les informations nécessaires pour établir que le Hamas préparait une attaque d’ampleur ?

 

Lors d’une conférence de presse à Dubaï en marge de la COP28, Emmanuel Macron a mis en garde sur le fait qu’une « destruction totale du Hamas » entraînerait « dix ans » de guerre.

 

Mais n'est ce pas l’objectif de Benyamin Netanyahou : imposer une guerre permanente qui maintiendrait sa coalition de droite et d’extrême droite au pouvoir lui permettant d'annexer et d'occuper militairement la bande de Gaza, de chasser les palestiniens de leur terre livrée aux colons, de faire main basse sur les importantes réserves de gaz et de pétrole présentes dans les eaux territoriales palestiniennes et mettre en oeuvre le canal Ben Gourion pour concurrencer le canal de suez et acheminer le gaz et le pétrole. Le tout dans une impunité diplomatique absolue.

 

Derrière toute guerre, il y a toujours des enjeux économiques de plus en plus liées aux réserves des sous-sols.

 

Lula pleure quand il parle de Gaza et défend une fois de plus les changements au Conseil de sécurité de l’ONU

Le président a critiqué « l’insensibilité des dirigeants » et a déclaré qu’une trêve serait attendue si la résolution brésilienne n’était pas rejetée, mais n’a pas rappelé que les États-Unis étaient responsables du seul vote contre elle. S’il est difficile de nier l’antisémitisme qui sévit en Amérique latine y compris dans des pays comme l’Argentine, Lula est un des dirigeants qui n’a jamais cédé à cette infamie. C’est ceux qui, comme lui, se battent sur des bases claires pour que coexistent deux Etats qui aujourd’hui refusent de se résigner à une entente internationale qui de fait laisse les mains libres aux Etats-Unis et à l’extrême droite israélienne. Mais un gauchisme radical qui a joué de fait une stratégie d’isolement derrière l’apologie du Hamas et un antisémitisme non caché revendiquant l’expulsion des juifs une fois de plus va-t-il offrir une nouvelle “victoire” à cette extrême-droite cautionnée par les USA, une entente de fait au Moyen Orient ? Ce ne sont que des victoires temporaires qui approfondissent les contradictions, le blocage du conseil de sécurité a montré la nécessité de sa transformation et accordé un nouveau statut à l’Assemblée générale de l’ONU. Mais est-il bien utile de faire payer la politique du pire à ceux qui depuis tant d’années souffrent un martyre ? (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et société)

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ROCIO PAIK

São Paulo (Brésil)
4 déc. 2023 à 18 :40

« Parfois, j’ai l’impression que nous cessons d’être des humanistes, que nous renonçons à la fraternité, que nous renonçons à la solidarité, que nous oublions que l’être humain est né pour vivre en paix », a déclaré Lula en retenant ses larmes lors de la cérémonie de déclaration commune d’intentions et d’accords avec l’Allemagne à Berlin. ce lundi (04/12).

En réponse aux questions de la presse, le président de la République, Luiz Inácio Lula da Silva (PT), a de nouveau évoqué le conflit entre Israël et Gaza, qui s’est intensifié depuis le 7 octobre, date à laquelle le Hamas a lancé la première offensive contre le territoire israélien.

Par rapport aux dernières déclarations sur le scénario, données dans une interview avec la chaîne qatarie Al Jazeera, cette fois-ci, son discours avait un ton plus passif et émotionnel. Le dirigeant a versé des larmes lorsqu’il a évoqué le manque de « fraternité » et de « solidarité » entre les dirigeants, des principes considérés comme fondamentaux pour le candidat du PT : « Je viens d’un pays avec une importante communauté juive et arabe. Et nous sommes en paix. C’est le modèle de paix que j’aimerais voir en Israël.

Lula a souligné que la position du Brésil est, avant tout, celle du respect de la Charte des Nations Unies, qui stipule qu’« aucun pays n’a le droit d’envahir l’intégrité territoriale d’un autre ».

« Siéger au Conseil de sécurité de l’ONU n’est pas l’apanage de cinq pays »

Bien qu’il ait confirmé qu’il s’était entretenu avec au moins 12 dirigeants mondiaux au sujet du scénario dans la bande de Gaza et qu’il ait insisté sur le fait que tous les pays devaient respecter pleinement les Nations Unies, il a de nouveau critiqué le système de l’organisme en citant la résolution que le Brésil a présentée alors qu’il était président du Conseil de l’ONU en octobre. mais qui a fini par faire l’objet d’un veto :

« L’ONU devrait intervenir pour trouver une solution. Le Brésil était président du Conseil de sécurité, le Brésil a présenté une proposition pour qu’il y ait une trêve humanitaire, pour gagner du temps, pour évacuer les enfants », a déclaré Lula, rappelant que la décision présentée par Itamaraty avait eu 12 voix pour, deux abstentions (Royaume-Uni et Russie) et une voix contre, cette dernière étant des États-Unis – un pays avec un droit de veto.

« Qui sait, si j’avais voté pour la position du Brésil, nous aurions eu une trêve beaucoup plus tôt, beaucoup moins de gens seraient morts », a déploré le président, sans mentionner directement les Etats-Unis, ajoutant que l’instance devait « changer de représentation » avec l’entrée d’autres nations, comme l’Allemagne, le Japon, l’Inde, des pays d’Afrique et d’Amérique latine.

« Siéger au Conseil de sécurité de l’ONU n’est pas le privilège de cinq pays. La géopolitique de 1945 n’est pas la géopolitique de 2023 », a déclaré Lula.

Président de la République du Brésil
: Lula pleure en parlant de l’insensibilité des dirigeants face au conflit israélien dans la bande de Gaza

102 Brésiliens dans la bande de Gaza

Lula a rappelé que le Brésil avait réussi à rapatrier 34 Brésiliens et a brièvement déclaré que le pays était toujours en retard sur les 102 citoyens qui restent dans la bande de Gaza.

En ce qui concerne une solution possible à la guerre, le dirigeant a une fois de plus défendu la consolidation des deux nations : « Je respecte la position de chaque pays et j’ai continué à la défendre historiquement depuis que j’ai supposé une certaine compréhension. Je suis sûr que la seule solution est la consolidation de deux pays pour vivre en paix et en harmonie.

Ce qui, dans la pratique, semble être « loin d’être terminé », selon le PT, puisqu’il a confirmé qu’il avait rencontré et discuté avec les autorités israéliennes et palestiniennes, mais qu’« il semble qu’il y ait des gens qui ne veulent pas la paix ».

À la fin de son discours, le président a déclaré que le conflit entre Israël et la Palestine serait à l’ordre du jour de la réunion du G20 : « Nous ne pouvons pas abandonner des questions comme celle-ci. »

Poutine invité au G20 au Brésil

Avant le dernier point, Lula a répondu à l’une des premières questions posées par la presse, concernant la participation de Vladimir Poutine, président de la Russie, au sommet de Rio de Janeiro.

Malgré le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale, le président brésilien a déclaré que le chef du Kremlin était invité au G20 l’année prochaine : « Qu’il y aille ou non, il a un processus. Il doit en mesurer les conséquences. Ce n’est pas moi qui peux le dire. C’est une décision judiciaire, et un président de la République ne juge pas les décisions judiciaires. Soit il obtempère, soit il ne s’y conforme pas. Et donc, Poutine est invité au G20 au Brésil et aux BRICS au Brésil. Et s’il le fait, il sait ce qui va se passer. Cela peut se produire ou non. Il ne fait pas partie de ce tribunal. Il n’est pas abonné. Les États-Unis non plus. C’est le cas du Brésil. Donc, en tant que signataire, le Brésil a une responsabilité.

 

Où va la France ?

mercredi 6 décembre 2023 par Jean-François Bayart blog A.N.C.

Quand la presse libérale suisse analyse le comportement dictatorial du régime français, on ne peut que commencer à se poser des questions sur le raccourcissement de la base sociale du régime au pouvoir en France et la fascisation du pays.(BD-ANC)

La France est bel et bien en train de rejoindre le camp des démocraties « illibérales » juge Jean-François Bayart, professeur à l’IHEID, pour qui Emmanuel Macron vit dans une réalité parallèle et joue avec le feu.

Où va la France ? se demande la Suisse.

La mauvaise réponse serait de s’arrêter à la raillerie culturaliste des Gaulois éternels mécontents. La crise est politique. Emmanuel Macron se réclame de l’ « extrême centre » qu’incarnèrent successivement, dans l’Histoire, le Directoire, le Premier et le Second Empire, et différents courants technocratiques saint-simoniens. Il est le dernier avatar en date de ce que l’historien Pierre Serna nomme le « poison français » : la propension au réformisme étatique et anti-démocratique par la voie de l’exercice caméral et centralisé du pouvoir.

Le conflit des retraites est le symptôme de l’épuisement de ce gouvernement de l’extrême centre. Depuis trente ans, les avertissements n’ont pas manqué, que les majorités successives ont balayés d’un revers de main en criant aux corporatismes, à la paresse, à l’infantilisme du peuple. Administrée de manière autoritaire et souvent grotesque, la pandémie de Covid-19 a servi de crash test auquel n’ont pas résisté les services publics dont s’enorgueillissait le pays et qui lui fournissaient, au-delà de leurs prestations, une part de ses repères.

Emmanuel Macron, tout à son style « jupitérien », aggrave l’aporie dans laquelle est tombée la France. Il n’a jamais rien eu de « nouveau », et sa posture d’homme « providentiel » est une figure éculée du répertoire bonapartiste. Il n’imagine pas autre chose que le modèle néolibéral dont il est le pur produit, quitte à le combiner avec une conception ringarde du roman national, quelque part entre le culte de Jeanne d’Arc et la fantaisie réactionnaire du Puy-du-Fou. Son exercice du pouvoir est celui d’un enfant immature, narcissique, arrogant, sourd à autrui, plutôt incompétent, notamment sur le plan diplomatique, dont les caprices ont force de loi au mépris de la Loi ou des réalités internationales.

Ce pourrait être drôle si ce n’était pas dangereux.
L’interdiction de l’ « usage de dispositifs sonores portatifs » pour éviter les casserolades des opposants, le bouclage policier des lieux où se rend le chef de l’Etat, le lancement de campagnes de rectification idéologique contre le « wokisme », la « théorie du genre », l’ « islamo-gauchisme », l’ « écoterrorisme » ou l’« ultra-gauche » sont autant de petits indices, parmi beaucoup d’autres, qui ne trompent pas le spécialiste des régimes autoritaires que je suis.
La France est bel et bien en train de rejoindre le camp des démocraties « illibérales ».

Un arsenal répressif à disposition des pouvoirs suivants

D’aucuns crieront à l’exagération polémique. Je leur demande d’y regarder à deux fois en ayant à l’esprit, d’une part, l’érosion des libertés publiques, au nom de la lutte contre le terrorisme et l’immigration, depuis au moins trois décennies, d’autre part, les dangers que revêtent de ce point de vue les innovations technologiques en matière de contrôle politique et l’imminence de l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national auquel les gouvernements précédents auront fourbi un arsenal répressif rendant superflues de nouvelles lois liberticides.

Il n’est pas question, ici, de « bonnes » ou de « mauvaises » intentions de la part du chef de l’Etat, mais d’une logique de situation à laquelle il se prête et qu’il favorise sans nécessairement la comprendre. Macron n’est ni Poutine ni Modi. Mais il prépare l’avènement de leur clone hexagonal. Au mieux sa politique est celle de Viktor Orban : appliquer le programme de l’extrême droite pour éviter son accession au pouvoir.

Sur fond d’évidement des partis de gouvernement, un « flibustier » – pour reprendre le qualificatif de Marx à propos du futur Napoléon III – s’est emparé du butin électoral à la faveur de la sortie de route de Nicolas Sarkozy, François Hollande, Alain Juppé, François Fillon, Manuel Valls. Il a cru « astucieux », pour continuer à citer Marx, de détruire « en même temps » la gauche et la droite pour s’installer dans le confort d’un face-à-face avec Marine Le Pen.

Mais Emmanuel Macron n’a été élu et réélu que grâce au concours des voix de la gauche, soucieuse de conjurer la victoire du Rassemblement national. Son programme, libéral et pro-européen, n’a jamais correspondu aux préférences idéologiques que du quart du corps électoral, hormis même la part croissante des non-inscrits et des abstentionnistes qui sape la légitimité des institutions.

Un président aveugle et méprisant

Nonobstant cette évidence, Emmanuel Macron, ignorant de par son éducation et son itinéraire professionnel les réalités du pays profond, primo-élu à la magistrature suprême sans jamais avoir exercé le moindre mandat local ou national, a entendu faire prévaloir la combinaison schmittienne d’un « Etat fort » et d’une « économie saine » en promulguant ses réformes néolibérales par voie d’ordonnances, en court-circuitant les corps intermédiaires et ce qu’il nomme l’« Etat profond » de la fonction publique, en s’en remettant à des cabinets privés de conseil ou à des conseils a-constitutionnels tels que le Conseil de défense, en réduisant la France au statut de « start-up nation » et en la gérant comme un patron méprisant ses employés, « Gaulois réfractaires ».

Le résultat ne se fit pas attendre.
Lui qui voulait apaiser la France provoqua le plus grave mouvement social depuis Mai 68, celui des Gilets jaunes dont le spectre continue de hanter la Macronie. La main sur le cœur, Emmanuel Macron assura, au début de la pandémie de Covid-19, avoir compris que tout ne pouvait être remis aux lois du marché. A plusieurs reprises, il promit avoir changé pour désamorcer l’indignation que provoquait sa morgue.
De nouvelles petites phrases assassines prouvèrent aussitôt qu’il en était incapable. Il maintint son cap néolibéral et fit alliance avec Nicolas Sarkozy en 2022 pour imposer une réforme financière de la retraite en dépit de l’opposition persistante de l’opinion et de l’ensemble des forces syndicales, non sans faire fi de leurs contre-propositions.

Face au nouveau mouvement social massif qui s’est ensuivi, Emmanuel Macron s’est enfermé dans le déni et le sarcasme. Il argue de la légitimité démocratique en répétant que la réforme figurait dans son programme et qu’elle a été adoptée selon une voie institutionnelle validée par le Conseil constitutionnel.

Une réalité parallèle

Sauf que :

  • 1) Emmanuel Macron n’a été réélu que grâce aux voix de la gauche, hostile au report de l’âge de la retraite ;
  • 2) le peuple ne lui a pas donné de majorité parlementaire lors des législatives qui ont suivi le scrutin présidentiel ;
  • 3) le projet portait sur les « principes fondamentaux de la Sécurité sociale », lesquels relèvent de la loi ordinaire, et non d’une loi de « financement de la Sécurité sociale » (article 34 de la Constitution), cavalier législatif qui a rendu possible le recours à l’article 49.3 pour imposer le texte ;
  • 4) le gouvernement s’est résigné à cette procédure parce qu’il ne disposait pas de majorité positive, mais de l’absence de majorité pour le renverser au terme d’une motion de censure ;
  • 5) le Conseil constitutionnel est composé de personnalités politiques et de hauts fonctionnaires, non de juristes, et se préoccupe moins du respect de l’Etat de droit que de la stabilité du système comme l’avait déjà démontré son approbation des comptes frauduleux de la campagne électorale de Jacques Chirac, en 1995 ;
  • 6) le détournement de la procédure parlementaire a suscité la désapprobation de nombre de constitutionnalistes et s’est accompagné du refus de toute négociation sociale.

Comme en 2018, Emmanuel Macron répond à la colère populaire par la violence policière. Atteintes à la liberté constitutionnelle de manifester, utilisation de techniques conflictuelles de maintien de l’ordre, usage d’un armement de catégorie militaire qui cause des blessures irréversibles telles que des éborgnages ou des mutilations ont entraîné la condamnation de la France par les organisations de défense des droits de l’homme, le Conseil de l’Europe, la Cour européenne de justice, les Nations unies.

Face à ces accusations, Emmanuel Macron s’enfonce dans une réalité parallèle et radicalise son discours politique. A peine réélu grâce aux voix de la gauche, dont celles de La France insoumise, il place celle-ci hors de l’ « arc républicain » dont il s’arroge le monopole de la délimitation. Il voit la main de l’ « ultragauche » dans la contestation de sa réforme. Il justifie les violences policières par la nécessité de lutter contre celles de certains manifestants.

Sauf que, à nouveau :

  • 1) le refus, récurrent depuis l’apport des suffrages de la gauche à Jacques Chirac en 2002 et le contournement parlementaire du non au référendum de 2005, de prendre en considération le vote des électeurs quand celui-ci déplaît ou provient d’une autre famille politique que la sienne discrédite la démocratie représentative, nourrit un abstentionnisme délétère et pousse à l’action directe pour faire valoir ses vues, non sans succès pour ce qui fut des Gilets jaunes et des jeunes émeutiers nationalistes corses auxquels il fut accordé ce qui avait été refusé aux syndicats et aux élus ;
  • 2) le non-respect des décisions de justice par l’Etat lorsque des intérêts agro-industriels sont en jeu amène les écologistes à occuper les sites des projets litigieux, au risque d’affrontements ;
  • 3) la stigmatisation d’une ultragauche dont l’importance reste à démontrer va de pair avec le silence du gouvernement à propos des voies de fait de l’ultra-droite identitariste et des agriculteurs productivistes qui multiplient les agressions contre les écologistes.

« Ce n’est pas être un black bloc que de dénoncer les excès structurels de la police »

Ce n’est pas être un « amish » et vouloir retourner « à la bougie » que de s’interroger sur la 5G ou sur l’inconsistance du gouvernement quand il défend à grand renfort de grenades les méga-bassines alors que se tarissent les nappes phréatiques du pays. Ce n’est pas être un black bloc que de dénoncer les excès structurels de la police.
Ce n’est pas être un gauchiste que de diagnostiquer la surexploitation croissante des travailleurs au fil de la précarisation des emplois et au nom de logiques financières, de repérer le siphonnage du bien public au profit d’intérêts privés, ou de déplorer le « pognon de dingue » distribué aux entreprises et aux contribuables les plus riches.
Point besoin non plus d’être grand clerc pour comprendre que la Macronie n’aime pas les pauvres. Elle n’a plus d’autre réponse que la criminalisation des protestations.
Elle souhaite maintenant dissoudre la nébuleuse des Soulèvements de la terre que parrainent l’anthropologue Philippe Descola, le philosophe Baptiste Morizot, le romancier Alain Damasio !

Quand Gérald Darmanin entend le mot culture il sort son LBD.

Dans cette fuite en avant, un pas décisif a été franchi lorsque le gouvernement s’en est pris à la Ligue des droits de l’homme.
Ce faisant, la Macronie s’est de son propre chef placée en dehors de l’ « arc républicain ». Cette association, née, faut-il le rappeler, de l’affaire Dreyfus, est indissociable de l’idée républicaine.
Seul le régime de Pétain avait osé l’attaquer.

Sur la planète, ce sont bien les Poutine et les Orban, les Erdogan et les Modi, les Kaïs Saïed ou les Xi Jinping qui tiennent de tels propos.
Oui, la France bascule.


Nous vous proposons cet article afin d’élargir notre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici