mercredi 23 décembre 2020

 


La mafia italienne mise sur l’Afrique

lundi 21 décembre 2020 par Théotime Chabre blog ANC

En juin 2015, une équipe de journalistes et d’avocats indépendants publie le résultat de ses recherches sur la présence de la mafia dans 13 pays d’Afrique  [1] (cf. carte). Une première qui prouve l’enracinement progressif et durable des activités des plus importantes organisations criminelles italiennes – la Camorra napolitaine, la Cosa Nostra sicilienne et la ’Ndrangheta de Calabre –, mais aussi de clans familiaux, comme les D’Agosta de Sicile, sur le continent, depuis le trafic de drogues et de médicaments jusqu’aux intérêts dans le secteur minier.


L’enquête détaille notamment le rôle clé de clans de la ’Ndrangheta dans le trafic de cocaïne entre l’Amérique du Sud et l’Europe, en passant par le Togo, le Sénégal et le Maroc. La mafia s’associe avec le crime organisé local. Ainsi, au Kenya, elle est impliquée dans le scandale visant la banque Charter House, qui aurait servi à blanchir plus de 1,5 milliard de dollars.

Son enracinement passe également par des activités en apparence légales, en particulier en Afrique du Sud et dans son voisinage proche (Angola, Namibie, Zimbabwe). Vito Roberto Palazzolo, un ancien banquier de la Cosa Nostra condamné pour son implication dans la « Pizza Connection » (réseau de trafic d’héroïne entre 1974 et 1985), a construit un empire durant son exil sud-africain de 1986 à 2012. Il est présent dans plus de 200 entreprises, en Afrique, mais également au Liechtenstein et à Hong Kong.
Une grande partie de sa fortune provient de mines de diamants en Afrique du Sud et en Angola, dont la valeur est estimée à 280 millions de dollars.

Contrôle des diamants

Une constante : la collusion entre la mafia et les autorités locales. En Afrique du Sud, Vito Roberto Palazzolo a su trouver des partenaires aussi bien au sein des gouvernements de l’apartheid (1948-1991) que du Congrès national africain (ANC, depuis 1994). Il échappe ainsi aux six demandes d’extradition émises par la justice italienne entre 1992 et 2007.

Sous l’identité de Robert von Palace Kolbatschenko, il est devenu un homme d’affaires respecté, citoyen sud-africain depuis 1995, connu pour fournir la compagnie aérienne nationale en eau minérale. Au Zimbabwe, la Cosa Nostra s’est associée au régime de Robert Mugabe (1987-2017) pour contourner le processus de Kimberley, interdisant l’exportation de diamants bruts du pays en sanction des massacres commis par les troupes zimbabwéennes pour prendre le contrôle des gisements de Marange. En 2011, l’un de ses hommes de main a fait sortir du pays une cargaison d’un million de carats, estimée entre 70 millions et 450 millions de dollars.

La communauté internationale dispose d’outils limités pour lutter contre ce phénomène. L’arrestation de Palazzolo en 2012 en Thaïlande par Interpol représente un succès indéniable – l’homme est détenu en Italie depuis 2014. Mais il aura fallu attendre qu’il se trouve loin d’Afrique pour l’appréhender. Il aura eu vingt-quatre ans pour consolider l’empire de la mafia sur son nouveau territoire, sans jamais être inquiété.

Carthographie de Laura Margueritte.

Photo  : Alliance des mafias nigériane et sicilienne pour le contrôle de la prostitution africaine.

L'ESCROQUERIE "EUROPÉENNE" AVEC SA "CRIMINELLE ÉQUIVALENCE" !!!!!

C’est une escroquerie de comparer ceux qui ont allumé les fours d’Auschwitz et ceux qui les ont éteints.

par Sergei Khoudiev, publiciste, théologien

Ce théologien orthodoxe, comme la quasi totalité des Russes, s’insurge contre les dispositions européennes visant à établir un signe d’équivalence entre nazisme et communisme, entre Staline et Hitler – pour mieux soutenir les bandes nazies – et il en appelle au “droit naturel” qui ici est très proche de l’impératif catégorique kantien. Il y a eu un grand débat sur le rapport entre la loi et le droit naturel, celui-ci devrait connaitre un regain de vigueur à la suite de la proposition de Xi Jinping de donner de nouvelles bases au droit international, définir un certains nombres de “besoins” humains correspondant à des défis communs à l’ensemble de l’humanité, mais par ailleurs ne pas prétendre ériger en droit international ce qui relève des mœurs, des lois et des traditions de chaque nation, voire groupe humain. Nul doute que ce débat est promis à un bel avenir avec le développement du multilatéralisme. (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop pour histoireetsociete)

24 novembre 2020

https://vz.ru/opinions/2020/11/24/1071979.html

Le 20 novembre 1945 a commencé le procès de Nuremberg. Devant le tribunal ont comparu 24 accusés faisant partie de la haute direction de l’Allemagne nazie. Comme l’a noté le président russe Vladimir Poutine, « le devoir de la communauté mondiale tout entière est de défendre à jamais les décisions du tribunal des nations, car il s’agit des principes qui sous-tendent les valeurs de l’ordre mondial d’après-guerre ».

En effet, ce procès a façonné (et continue de façonner) le monde moderne, qui repose sur la croyance que le nazisme était le mal ultime de l’histoire humaine, un point de départ négatif – et la conscience morale de l’humanité est basée sur le rejet inconditionnel de ce mal.

La remise en cause de cette conviction est liée au renforcement progressif du point de vue que le nazisme n’était qu’un mal relatif, l’un des maux du XXe siècle, qui pourrait bien être mis sur un pied d’égalité avec le totalitarisme soviétique. Peut-on être d’accord avec ce point de vue?

Malgré le fait qu’une grande indignation puisse être exprimée contre l’URSS stalinienne, il est possible de dire que la guerre à l’Est était un “choc de deux totalitarismes” avec à peu près la même raison que l’on peut dire que les affrontements à l’ouest étaient une lutte entre deux racismes…

L’Empire britannique et les États-Unis des années 1930-1940 étaient sans aucun doute des sociétés racistes, sauf que là-bas les Untermensch, avec qui les mariages étaient impossibles car profanant la race supérieure, n’étaient pas les Slaves, mais les colorés. Cependant l’attitude des nazis envers les «peuples de l’Est» et tout le projet colonial nazi était clairement inspirée par l’expérience de l’Empire britannique.

Photo: collections.ushmm.org

La théorie raciale elle-même, portée à sa limite logique par les nazis allemands, a mûri et a acquis la respectabilité d’une solide science académique – pas tant dans le monde germanique que dans le monde anglophone.

Comme l’a dit l’accusé Ribbentrop: «Pourquoi tout ce tapage sur les traités que nous avons violés? Avez-vous lu l’histoire de l’Empire britannique? Il est plein de traités rompus, d’oppression des minorités, de massacres, de guerres d’agression et tout le reste. “

L’histoire de l’Empire britannique est en effet pleine de crimes, et les Indiens ont tendance à voir Churchill très différemment des Britanniques. Mais cela ne signifie pas que l’Empire britannique et le Troisième Reich sont égaux, et les avocats des accusés, qui rappellent les péchés de la Grande-Bretagne, ne nous impressionnent guère. On peut parler des péchés de la Grande-Bretagne et des États-Unis – mais pas dans ce contexte. Ainsi que des péchés de l’Union soviétique. Lorsque nous passons de descriptions généralisées («racistes», «totalitaires») à des actions spécifiques des nazis, la différence commence à attirer l’attention.

Malgré tous les nombreux et graves péchés des Alliés, la Seconde Guerre mondiale avait un initiateur indéniable, et les atrocités des nationaux-socialistes représentaient un degré de sauvagerie particulièrement profond – d’autant plus que l’Allemagne n’était en aucun cas une tribu sauvage et arriérée, mais l’une des nations les plus développées du monde. Brouiller la distinction entre ceux qui ont allumé les fours d’Auschwitz et ceux qui se sont battus pour les éteindre serait une escroquerie.

Le verdict sur les crimes nazis a établi une certaine barre morale. Ayant condamné le racisme et les guerres agressives dans le cas du Troisième Reich, les gens ont progressivement appris à les condamner partout. Le nazisme a commencé à être perçu comme un pôle du mal, à partir duquel l’humanité a pu formuler des principes moraux et juridiques communs à tous.

Comme indiqué dans le préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies de 1948, “prenant en considération que le non respect et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes barbares qui scandalisent la conscience de l’humanité.”

Brouiller ce point de référence négatif en disant “Qui n’est pas un barbare, messieurs du jury?” peut être dans l’intérêt à court terme de certains groupes restreints. En particulier, ces forces politiques d’Europe de l’Est, dans la mythologie desquelles les collaborateurs nazis – et pas seulement les personnes qui ont combattu aux côtés des nazis, mais aussi les participants directs aux crimes contre la population civile – se voient attribuer le statut de héros nationaux et de combattants pour l’indépendance. On ne peut pas dire que ces collaborateurs soient idéologiquement proches de l’élite libérale mondiale – non, bien sûr – mais ils sont utiles; une version maladive du nationalisme, pervertie et compromise dès ses débuts, comme nous le voyons dans l’exemple ukrainien, est idéalement combinée avec la subordination la plus complète aux centres mondiaux de pouvoir.

Cependant, une telle dilution n’est guère conforme aux intérêts à long terme de l’humanité dans son ensemble.

D’autre part, le procès de Nuremberg a soulevé la question de la nature de la loi –ainsi que du bien et du mal en général. Il était évident pour tout le monde que les nazis avaient commis des atrocités inouïes. Cependant, par quelle loi devaient-ils être jugés?

Cette question a donné lieu à la vieille controverse entre deux approches du droit: la théorie du positivisme juridique, d’une part, et la loi naturelle, d’autre part.

Le positivisme juridique procède du fait que la volonté du souverain dicte la loi – les autorités existantes établissent les lois, et les citoyens sont obligés de leur obéir, sans se demander si elles sont morales ou non.

La morale et la loi sont des concepts fondamentalement distincts. La loi est obligatoire et contraignante non pas parce qu’elle se conforme à une norme morale qui la dépasse, mais simplement parce qu’elle reflète la volonté du souverain – c’est-à-dire des autorités d’une société donnée. Bien sûr, il vaut mieux que les exigences de la loi et de la moralité coïncident – mais la moralité de la loi n’a rien à voir avec sa force obligatoire. Les références à la conscience individuelle ou aux convictions religieuses ne peuvent être acceptées, car si les gens commencent à rejeter les exigences de la loi sur la base de leurs convictions personnelles, la société plongera dans le chaos.

Au positivisme juridique s’oppose l’idée d’une loi naturelle qui n’est pas créée par les gens et qui ne peut être abolie par aucune autorité humaine.

Comme l’écrit Cicéron à ce sujet, «Il existe une loi conforme à la nature, commune à tous les hommes, raisonnable et éternelle, qui nous commande la vertu et nous défend l’injustice. Cette loi n’est pas de celles qu’il est permis d’enfreindre et d’éluder, ou qui peuvent être changées entièrement. Ni le peuple, ni les magistrats, n’ont le pouvoir de délier des obligations qu’elle impose. Elle n’est pas autre à Rome, autre à Athènes, ni différente aujourd’hui de ce qu’elle sera demain ; universelle, inflexible, toujours la même, elle embrasse toutes les nations et tous les siècles. Cette loi, on ne peut l’infirmer par d’autres lois, ni la rapporter en quelque partie, ni l’abroger en entier ; il n’est ni sénatus-consulte, ni plébiscite qui puisse délier de l’obéissance que nous lui devons ; elle n’a pas besoin du secours d’un interprète qui l’explique et la commente à nos âmes. Celui qui ne s’y soumet pas sera un fugitif de lui-même et, méprisant la nature humaine, il subira le plus grand châtiment, même s’il évite d’autres tourments qui sont considérés comme tels » (Marcus Tullius Cicero, « Sur l’État », livre III, chapitre XXII).

La théorie de la loi naturelle est profondément enracinée dans l’Europe chrétienne – Dieu a mis la loi morale dans le cœur des gens (Rom. 2: 14,15), et les institutions de l’État ne devraient pas la contredire. Par exemple, «on ne doit pas tuer des innocents» fait partie de la loi naturelle et l’État ne peut pas l’abolir. Une personne peut être justifiée de désobéir aux autorités et à leurs institutions si celles-ci l’obligent à enfreindre cette loi.

Le problème qui se posait à Nuremberg était que, du point de vue du positivisme juridique, il était impossible de faire des reproches aux nazis: ce qu’ils avaient fait était directement prescrit par le souverain au pouvoir à l’époque – Adolf Hitler – et était en plein accord avec ses décrets. La ligne de défense «ils ne faisaient que suivre les ordres», à laquelle les avocats ont eu recours au procès, était impeccable du point de vue du positivisme juridique.

Bien entendu, les actions des accusés auraient pu être monstrueuses d’un point de vue moral; mais légalement ils n’avaient pas violé les lois de leur pays – et il était impossible de les juger d’après les lois des pays victorieux, parce qu’ils n’avaient jamais été leurs citoyens. De plus, dans le cadre de ce concept de droit, ce sont précisément les antifascistes allemands qui s’opposaient à la volonté du souverain et violaient ses lois qui avaient été condamnés.

Le Tribunal a dû déployer des efforts considérables et pas toujours juridiquement certains pour affirmer ce qu’exigeait une justice évidente. Les nazis de haut rang sont des criminels qui doivent être punis.

Ainsi, le tribunal a approuvé – qu’il le veuille ou non – la thèse selon laquelle au-dessus de l’État et au-dessus des gens en général, il y a une loi morale que personne ne peut abolir. Une personne qui enfreint cette loi est coupable même si elle obéit aux lois de son État; celui qui l’observe a raison, même si les autorités le persécutent pour cela.

Il est particulièrement important de s’en souvenir maintenant, lorsque le spectre d’un nouveau totalitarisme hante le monde, qui, comme tous les mouvements totalitaires, cherche à détruire la famille et la religion – mais, en plus, tente d’abolir même les idées les plus fondamentales sur la nature humaine. Derrière ce mouvement se cache une énorme puissance politique, financière et de propagande capable de manipuler les élections dans des pays puissants et de réécrire les lois à son avantage.

Alors voici le moment de se rappeler que la loi naturelle ne peut pas être réécrite et que les règlements qui la contredisent ne peuvent pas nous contraindre. Le procès de Nuremberg mérite d’être rappelé pour diverses raisons – en particulier pour celle-là.

Note: le titre set de Pedrito

 

FLICS BLANCHIS DANS LA VILLE ROSE.

QUATRE MOIS AVEC SURSIS: c'est la peine dont a écopé, le 27 Novembre, un commandant de police toulousaine. En mars 2019, lors d'une manif de gilets jaunes, ce film facétieux avait été filmé en train d'asperger de gaz lacrymogène un tétraplégique en fauteuil roulant - "arme par destination ( contre le policier)- a plaidé sans rire son avocat. Fumeux .....

Avant cette sanction, l'administration avait collé un blâme au commandant. Mais son directeur départemental de la sécurité publique ( DDSP), lui, l'a promu. De responsable d'une compagnie de sécurité et d'intervention, il est devenu chef de service à Saint-Gaudens. 

Comme sur des roulettes ! 

Le DDSP ( nommé début novembre à Lyon ) savait bien tenir ses troupes toulousaines. Le 9 janvier dernier, lors d'un rassemblement contre la réforme des retraites, un major fait un croche-pied à une manifestante. Cette fois encore, la scène est filmée. Amende sévère: 1500   euros AVEC SURSIS. Trois jours plus tard, les troupes de la DDSP 31 dégoupillent les grenades lacrymogènes, comme au carnaval et enfument un jardin d'enfants. Le 1er février, façon Rambo, les mêmes évacuent des gilets jaunes réfugiés dans une église. Le 26 avril, un policier frappe au visage avec une muselière pour chien un individu qu'il veut interpeller. Pas de sanction! 

A la niche? 

(Exploits et "sanctions" relevés sur le Canard Enchainé du 16 décembre. Caractères gras de Pedrito)