vendredi 31 décembre 2021

ROYAUME–UNI : LA MORTALITÉ DES PERSONNES VACCINÉES CONTRE LE COVID-19 DE 10-59 ANS EST EN MOYENNE DEUX FOIS PLUS ÉLEVÉE QUE CELLE DES NON VACCINÉS

  Par Le 27/12/2021 0


Royaume‑Uni:  Doublement du taux de mortalité globale des vaccinés covid 10-59 ans vs les non-vaccinés 

Par Jean-Luc Guilmot



Si vous arrêtez de vous focaliser uniquement sur le goulot d’étranglement des soins intensifs (et ses taux de mortalité Covid-19) et que vous adoptez plutôt une vue d’ensemble (taux de mortalité toutes causes), vous remarquerez que selon l’Office of National Statistics du Royaume-Uni – qui de façon assez unique fournit des données transparentes par statut vaccinal – le taux de mortalité toutes causes des personnes vaccinées contre le covid-19 dans le groupe d’âge standardisé 10-59 ans est en moyenne DEUX FOIS PLUS ELEVE que le taux de mortalité des non-vaccinés. Vous avez bien lu.

 

 

TOUTES CAUSES CONFONDUES

pour les 10-59 ans, en fonction du statut vaccinal au Royaume-Uni.

Source: Table 4 of dataset (xlsx file) https://www.ons.gov.uk/peoplepopulationandcommunity/birthsdeathsandmarriages/deaths/datasets/deathsbyvaccinationstatusengland 

Franchement, y a-t-il un argument plus MASSUE à l’encontre de cette expérimentation de vaccination de masse à l’échelle mondiale? 

N’est-ce pas l’argument le plus percutant et le plus incontournable qui soit ? 

On parle ici d’une (1) augmentation (2) importante (3) du taux de mortalité (4) toutes causes des (5) doubles (6) « vaccinés » Covid-19 (7) versus les « non-vaccinés » (8) sur un grand échantillon de population (9) randomisé (10) sur période de temps prolongée. 

Chaque mot est significatif. 

(1)  Augmentation : oui, les personnes « vaccinées » finissent par mourir plus que les « non-vaccinées ».

(2)  Importante : cela veut dire dans ce cas en moyenne 100 % de plus, un chiffre très, très significatif, n’est-ce pas ?

(3)  Taux de mortalité : oui bien-sur, vous pouvez avoir plus de personnes « vaccinées » que de personnes « non vaccinées » dans une population donnée, mais nous parlons bien ici de taux de mortalité, c’est-à-dire de chiffres relatifs ; les chiffres sont donc opposables.

(4)  Toutes causes : cela signifie qu’ils peuvent être décédés d’une chute d’échelle ou d’un cancer ou de nombreuses autres causes (y compris du Covid-19).

(5)  Doubles : oui, les « vaccinés » 1 dose ne sont pas inclus dans ces données, seulement les « vaccinés » 2 doses (x jours après l’injection).

(6)  « Vaccinés » : eh bien, tout le monde n’est pas d’accord avec ce terme pour ces injections expérimentales principalement à base d’ARNm, d’où les guillemets.

(7)  « Non vaccinés » : désigne ceux du même groupe d’âge standardisé (10-59 ans) qui n’ont pas été injectés (et d’ailleurs constituent un groupe témoin, et devraient certainement le rester). Bien qu’il s’agisse d’un groupe d’âge important, les chiffres disponibles sur la base de données du NHS britannique [1] montrent que les jeunes adultes ont été vaccinés tout autant que les adultes plus âgés, en correspondance avec la pyramide des âges.

(8)  Grand échantillon de population : il ne s’agit pas d’une étude limitée sur une petite zone géographique. Ce sont les chiffres officiels pour l’ensemble de la population du Royaume-Uni, l’un des premiers pays avec Israël à avoir initié l’expérience de la « vaccination » de masse début 2021.

(9)  Randomisé : le terme est discutable, la liberté de choix de se faire ou non injecter une solution expérimentale de contenu non divulgué peut en effet différencier les deux groupes, bien que beaucoup de personnes aient également été contraintes à différents niveaux.

(10) Période longue : les données portent sur une période de 6 mois (mai à septembre 2021) ; pour l’instant la forme de la courbe apparaît assez stable dans le temps

Nous savons qu’il y a BEAUCOUP d’autres signes d’inquiétude, y compris le nombre considérables d’effets secondaires indésirables et de décès attribués aux vaccins Covid-19, publiquement disponibles dans les bases de données VAERS, EUDRAVIGILANCE et Yellow Card. 

Cependant, nous sautons par-dessus cette éternelle pierre d’achoppement qu’est la détermination exacte et toujours discutable de la cause du décès. On n’a pas de temps à perdre. 

Aussi, la question demeure. 

Pourquoi ces données incontestables ne sont-elles toujours pas plus largement utilisées comme ARGUMENT N°1 pour mettre un terme immédiat à cette expérience de « vaccination » de masse si controversée ? Avec une attention toute particulière et bienveillante pour les enfants.

Soit dit en passant, rappelez-vous que le Covid-19 présente un taux de mortalité mondial ne dépassant pas 0,15% – et encore moins en cas de traitement précoce – et qu’il est désormais largement établi et démontré qu’il peut être soigné, d’autant mieux qu’il est pris précocement, avec une vaste gamme de traitements largement disponibles et principalement génériques, sans effets secondaires indésirables notoires. 

Vos commentaires documentés et constructifs sont les bienvenus. Merci.

Jean-Luc Guilmot

 

CINQ CENT HUIT FOIS LE SMIC, C'ÉTAIT EN 2013.

Il s’appelle Serge WEINBERG, il a 70 ans, il est énarque, bien sûr- ami d’un autre énarque, MACRON - et il est président de Sanofi depuis 2010 jusqu’en 2023. Son vaccin contre le Covid, prévu pour courant 2020, sera peut-être sorti, il faut le croire, de ses labos pour 2022. Alors qu’il a déjà raté le vaccin ARN. Heureusement qu’on a pas attendu le sien pour être vaccinés.

Mais ne craignez rien pour Sanofi : il continue de gagner malgré ses lacunes en matière de santé beaucoup beaucoup de fric, puisque, par exemple, Sanofi labo a versé 4 milliards – QUATRE MILLIARDS – à ses actionnaires en 2020. Pas de quoi s’inquiéter pour ce monde de vautours. En 2013, déjà, le directeur général gagnait CINQ CENT HUIT fois – 508 FOIS  !- le SMIC. Il paraît que cet ancien du cabinet FABIUS serait même de gauche ! OUI ! De gauche!!! Comme sans doute FABIUS, HOLLANDE, MACRON…. Bien que ses chercheurs seraient très mal traités, - voir émission « Cash Investigations » de Lise LUCET, en 2013 - les hauts dirigeants de cette prétendue gauche se servent grassement, eux.

(Et quelqu’un - de mal intentionné, c'est certain !- voudrait nous faire voter pour un candidat de cette « gôche » ?)

L’ennui, c’est que l’entreprise Sanofi ne cesse de fermer ses centres de recherche, en France, après moult plans sociaux et autant de valses de directeurs généraux. «  A la place de dirigeants d’envergure, WEINBERG, qui n’y connaît rien, a fait venir des médiocres, obsédés à l’idée de s’implanter toujours plus aux USA, et qui ont vite montré leurs limites », dixit un industriel.

C’est sans doute pour ses talents que monsieur SANOFI, ancien de chez PINAULT, a été promu commandeur de la Légion d’honneur par son grand ami MACRON en 2020, puisque ce dernier est entré chez Rothschild grâce au premier. Puis WEINBERG a lancé un fonds d’investissements, où PINAULT a investi du fric, et quand FABIUS revient à Bercy en 2000, il fait engager comme directeur de cabinet un cadre dirigeant de PINAULT-PRINTEMPS-REDOUTE, au moment où débutent des investigations sur la situation fiscale de François PINAULT.

Tout çà est bien étrange……..Mais tout s'imbrique aussi parfaitement, dans ce monde. Et dire que des gens dits de gauche ne savent plus distinguer ce qui est de gauche de ce qui ne l'est surtout pas....

Comme quoi, le bilan de SANOFI a beau ne pas être brillant ni glorieux pour la FRANCE, il suffit d’avoir les bons amis qu’il faut pour réussir à faire fructifier le magot et rester en haut de l’affiche. Les amis du panier aux crabes, où le PS ne cessera de patauger, puisqu’il a été créé pour cela. Même en faisant la démonstration de ses incapacités, le patron de Sanofi administre la preuve que, sous le règne de MACRON comme sous l’ancien système qu’il devait abolir, les honneurs et les distinctions ne seront jamais attribués à la piétaille.

Mais surtout, pour faire confiance à une gauche vraie, authentique, débarrassée des oripeaux de la collaboration de classe qui la soumettent au diktat des milliardaires, il y aura encore pour les années à venir du pain sur la planche.

Bonne année 2022 quand même à toutes et tous ! Une année de luttes sociales et de décisions sages, d’analyses politiques sérieuses, pour retrouver le chemin de la fraternité et de respect fondamental de la nature.

Mais surtout pas de luttes d’ego. La nature en crèvera, et le monde, NOUS, avec.


Article inspiré d’un papier d’Anne-Sophie Mercier, dernier « Canard Enchaîné »

 

 

Une analyse sur les élections au Chili

mercredi 29 décembre 2021 par Jean Pierre Page

Il y a un débat ici en France sur les leçons à tirer de l’élection présidentielle au Chili, ci-dessous l’analyse de Jean-Pierre Page participant de ce débat dans lequel il pointe un « manque de lucidité délibéré, ce qui n’est même pas certain, [et] consiste à vouloir faire croire que la »gauche« par un miraculeux coup de balancier repartirait de l’avant et que par effet domino la »gauche« en France va ou pourrait bénéficier de ce mouvement. »
Il poursuit...

Cela me conduit à faire quatre remarques !

1) Certes, l’on ne peut que se féliciter de l’échec des Etats-Unis et de l’extrême droite au Chili, au Honduras, au Pérou, possiblement en Colombie et sans doute prochainement au Brésil. Mais de là à considérer ces succès du mouvement populaire comme acquis et synonymes obligatoirement de progrès social, voire plus, il y a une marge. D’abord comme le souligne le petit-fils d’Allende il y a la réalité des positions politiques des uns et des autres et leur référence à la "gauche" sont extensibles selon les circonstances. Ce qui ne veut pas dire que ces élections ne traduisent pas une évolution positive du rapport des forces. Cela exige d’être lucide et prudent pour ne pas avoir à se mordre les doigts par la suite. Ce qui sera décisif c’est la force et l’intelligence du mouvement populaire comme c’est le cas ces derniers mois à Cuba, au Chili, au Nicaragua, au Venezuela et en Bolivie. En sont la démonstration : Cuba ou l’on constate l’échec des manifestations "pro démocratie", l’isolement des forces manipulées par Washington et en Bolivie, la marche de 200 kms à travers le pays d’1 million de personnes à l’appel des communautés indigènes, des syndicats, des forces progressistes, etc.

2) Toutefois l’impérialisme n’a pas pour habitude de rester l’arme au pied. De plus il y a les contradictions au sein du mouvement populaire. Au Venezuela sans sous estimer le succès politique de Maduro aux récentes élections mais avec une abstention massive, il ne faut pas perdre de vue le pragmatisme des forces de la bourgeoisie et par ailleurs les critiques fortes du PC et les discriminations dont il fait l’objet, ainsi que les faiblesses structurelles du syndicalisme. Au Honduras, au Pérou, en Colombie et au Chili et même au Brésil les forces extrêmes de la droite fasciste et nostalgique des dictatures sont en recul mais demeurent très influentes.
Elles ont même repris du poil de la bête après leur victoire électorale en Uruguay et récemment en Argentine. La cause de ces échecs étant comme souvent les dérives social-démocrate d’autant qu’en Amérique latine comme ailleurs, en Europe, la "gauche" adore le moindre mal, les demi mesures, les conversions au libéralisme et aux préoccupations sociétales au détriment des luttes de classe. Nous n’en avons
pas l’exclusivité. Il faut donc raison garder. Il ne s’agit pas de faire la fine bouche, mais de garder les yeux grands ouverts comme le font les Cubains qui ont une longue expérience et qui bénéficient en ce domaine des leçons politiques de Fidel. D’ailleurs je remarque que Lula même si il est donné gagnant, à condition qu’il se présente, ce qui n’est pas encore le cas, souligne que vaincre Bolsonaro et les américains exigera une longue et dure bataille sur le contenu autant que sur l’ampleur de la mobilisation. On ne saurait tout réduire aux alliances d’autant que celles-ci surtout en Amérique latine sont changeantes. Il faut espérer que l’on aura tiré les leçons des causes des échecs et des défaites précédentes en particulier au Brésil au sein de son mouvement politique et syndical du PT à la CUT. C’est donc à voir !

3) Quant à l’OEA, il y a et c’est tant mieux de nombreuses critiques, mais elle est toujours en place, la CELAC peut être une alternative mais la CELAC est très composite et elle va de gouvernements de droite jusqu’à la gauche. Donc ce n’est pas si simple car en Amérique latine on peut chasser la droite et la droite extrême y compris par opportunisme politicien, mais ensuite connaître les compromis, les freins et réticences qui conduisent aux remises en cause, aux désespérances, aux regrets et aux démobilisations. Par conséquent là aussi il ne faut pas se raconter d’histoires. Quant à la Chine et la CELAC, oui certes, mais là aussi il faut avoir une photographie réelle des choses. La Chine a vu ses relations sensiblement progresser en Amérique latine où des pays, même comme le Brésil de Bolsonaro ont 30% de leurs échanges commerciaux avec celle-ci. Mais la Chine se garde bien d’exporter son système. Disons plutôt que de nouveaux gouvernements progressistes en Amérique Latine y compris par leur politique pragmatique peuvent contribuer à isoler les Etats-Unis dans leur campagne de diabolisation de la Chine, et de mise en échec du programme des "nouvelles routes de la soie" dont Cuba entre autre est maintenant totalement partie prenante, ce qui est une très bonne chose.

4) Biden depuis son arrivée à renforcé l’étau sur Cuba et a repris à son compte la politique de Trump. Il n’y a que les gogos qui pensent qu’il a changé ou qu’il ne respecte pas ses promesses. C’est d’ailleurs ce que fut la politique d’Obama capable de se rendre à La Havane, rétablir le statut de son Ambassade, s’abstenir pour la première fois sur la résolution condamnant le blocus US à l’assemblée générale des Nations Unies et avant son départ approuver une directive contre Cuba plus contraignante encore que les précédentes. Ce qui a permis à Trump d’enfoncer le clou.

Cela dit, la radicalisation de la crise systémique, le déclin des USA, la montée en puissance de la Chine, l’exigence de multilatéralisme dans les relations internationales, les progrès des alliances anti hégémoniques conjuguées aux actions du mouvement populaire peuvent créer des situations permettant aux forces conjuguées de l’antiimpérialisme et de l’anticapitalisme de marquer des points. L’espace existe et il faut l’occuper. Entre risques et opportunités, il serait inconcevable que les forces révolutionnaires ne trouvent pas dans ces conditions des raisons supplémentaires de se mobiliser et agir.

Comme on le sait on a rien sans rien, sans luttes et surtout sans clairvoyance et clarification. Le texte du petit-fils d’Allende a cette utilité

Fraternellement, JP Page

(4) Le surligné est de Pedrito

   

LE BLOG DE

DESCARTES

Le PCF fait sa révolution

 

Pour ceux qui me reprochent de voir tout en noir, voici un papier résolument optimiste. Pourquoi un tel changement, me direz-vous ? Parce que dans ces temps difficiles où l’on voit l’ensemble des organisations politiques laisser de côté la décision collective pour se vautrer dans les délices de l’égo-politique, c’est une grande consolation de voir qu’il reste au moins un village gaulois qui résiste. Il reste en France un parti politique, un vrai. C’est-à-dire, une organisation où les candidatures et les programmes sont débattus dans des instances constituées conformément à des statuts, et où les militants ne sont pas réduits au rôle de groupies dans les meetings du Grand Leader ou de colleurs d’affiches – quelquefois achetés avec leurs propres deniers – mais gardent un véritable pouvoir de décision. Vous comprenez que je fais référence au Parti communiste français, mieux connu – même si ces dernières années beaucoup l’ont oublié – par son sigle « PCF ».

Bien sûr, le PCF n’est pas sorti indemne du processus qui a vu les « classes intermédiaires » prendre le contrôle de la politique française. Après la longue marche qui commence avec le règne du père UbHue et qui se termine avec celui de l’homme invisible Laurent, le PCF n’est aujourd’hui que l’ombre de ce qu’il a été. Et ses péchés sont nombreux, même si le simple fait d’avoir gardé malgré toutes les pressions les mots « communiste » et « français » dans son nom a lieu de choisir un nom insipide du genre « Table Ouverte » ou « tous ensemble » devrait lui valoir à mon sens une demie-indulgence.

Ah, hypocrite lecteur, tu t’attends ici à ce que je parle du stalinisme… mais ce n’est pas là à mon sens le pire de ses écarts. Il n’est pour le PCF qu’un péché mineur. Après tout, les communistes français n’ont tué, n’ont torturé, n’ont déporté personne. Leur responsabilité dans la mise en place du Goulag est à peu près la même que celle de Serge July et consorts dans la « Grande révolution culturelle prolétarienne ». Dans l’affaire, le crime du PCF est, comme l’écrit Aragon « d’avoir aimé la flamme jusqu’à y devenir lui-même l’aliment » (1).

Non, le péché fondamental du PCF est d’avoir laissé sur le bord du chemin les couches populaires pour chercher à flatter les lubies – et les intérêts – des classes intermédiaires. Dérive qui a culminé avec le règne d’UbHue 1er (et unique) et son « parti d’un nouveau type » qui aboutit à la féodalisation du Parti avec le pouvoir des « notables » et des élus soucieux d’abord de leurs positions et de leur réélection, et des structures locales qui vivent au service d’un « grand élu ». Qui a abouti aussi à la quasi-destruction de l’appareil de formation militante et d’éducation populaire qui avait fait du PCF un « parti à part » dans le paysage politique français, le seul qui ait compris que l’accès des ouvriers aux responsabilités impliquait non pas une « discrimination positive » mais un effort d’éducation qui les mette au même niveau que les bourgeois occupant ces postes. Un appareil qui produisit une génération d’autodidactes brillants, de Leroy à Krasucki, de Paul à Seguy.

Il est impossible de comprendre le naufrage du PCF ces trente dernières années sans prendre en compte ces évolutions. Cependant, les efforts considérables faits par Hue, Buffet et consorts n’ont pas réussi à effacer certains réflexes qui tiennent à l’histoire communiste et à son insertion dans le mouvement ouvrier. Malgré des dirigeants qui n’hésitaient pas à expliquer que votes et textes ne servaient à rien – souvenez-vous de Buffet parlant avec mépris « des heures passées à examiner des amendements au texte de congrès qu’on aura oublié le lendemain » – et qui se sont assis sur les textes quand cela les arrangeait – la liste « bouge l’Europe ! » en est un bon exemple – les communistes ont gardé une saine passion par le débat, une attention particulière aux procédures démocratiques et à la capacité de leur organisation de fonder son action non pas sur des décisions opportunistes de leaders éclairés, mais sur des textes discutés et votés collectivement. Le PCF reste l’une des rares organisations – pour ne pas dire la seule – dont les congrès ne sont pas seulement un prétexte pour le discours de clôture du Grand Dirigeant, mais l’aboutissement d’un véritable processus démocratique interne, avec pour le préparer des textes d’orientation examinés par les conférences de section et les conférences fédérales avant d’arriver au congrès lui-même.

Tout cela compte à l’heure de décider de la stratégie à suivre pour l’élection présidentielle de 2022. Car, contrairement à ce qui se passe dans d’autres organisations, les militants communistes ont sur cette question leur mot à dire, et ce n’est pas une simple formalité. En 2012, Mélenchon fut le candidat du Front de Gauche regroupant le PCF, le Parti de gauche et une myriade de groupuscules divers. Mais pour que cette candidature voie le jour, le soutien énamouré de Marie-George Buffet n’a pas suffi : il fallut que la stratégie de Front de Gauche soit validée par un congrès, et que le choix du candidat soit approuvé par un vote des militants communistes (2). En 2017, alors que l’ensemble de la direction du PCF milite activement pour le ralliement au candidat « insoumis », la conférence nationale convoquée conformément aux statuts pour examiner les propositions aboutit, après un débat fort intéressant, à un vote négatif donnant la préférence à une candidature communiste séparée. Elle sera désavouée – là encore conformément aux statuts – par le vote des militants, qui choisissent le ralliement à 53%. Cependant, ce débat laissera des traces. Les communistes se sont affrontés sur un point fondamental : est-ce que le ralliement implique l’effacement ? Autrement dit, est-il possible tout en se ralliant (3) à un candidat de faire avancer lors de l’élection présidentielle les projets, les propositions, les thèmes et les valeurs portées par le PCF ? La direction prétendait que oui, qu’une « campagne autonome » parallèle à celle de Mélenchon était possible. L’expérience leur a donné tort, et pas seulement à cause du comportement du candidat Mélenchon. Lors d’une élection, toute l’attention se focalise sur le candidat et personne d’autre. C’est lui qui est invité à la télévision, c’est lui que les journaux interviewent. Et toute expression différente dans son camp est soit ignorée, soit montée en épingle comme facteur de division. Si l’on ajoute à cela la tendance mélenchonienne à occuper personnellement toute la place, il est clair que la « campagne autonome » était vouée à l’échec.

Pour 2022, le PCF semble avoir tiré les conclusions qui s’imposent. Dans la préparation du 38ème congrès de 2018 – preuve là encore d’une démocratie vivante – les militants relèguent en deuxième position la proposition de « base commune de discussion » très prudente présentée par la direction du PCF, et ne donnent que 11% au texte proposant un rapprochement avec la « France insoumise ». Ils mettent en tête le texte issu d’un travail collectif et porté par Fabien Roussel et André Chassaigne proposant de prendre ses distances avec LFI, et notamment à travers d’une candidature communiste à l’élection présidentielle. C’est la ligne adoptée par le Congrès, qui élit par ailleurs Fabien Roussel secrétaire national en remplacement de Pierre Laurent.

Cette ligne sera d’ailleurs confirmée par les votes du Comité national convoqué le 13 mars 2021 (4) pour élaborer le texte préparatoire (5) à la Conférence nationale qui devait examiner la question. Le texte est on ne peut plus explicite : « (…) nous décidons de proposer à notre peuple une candidature communiste ». Et tous les amendements proposés – soit pour retarder la décision, soit pour modifier le texte – ont été largement rejetés. La Conférence nationale elle-même s’est tenue le 10 avril, et a approuvé à une majorité des deux tiers le principe d’une candidature communiste, et proposé à la majorité des trois quarts le nom de Fabien Roussel. Une position que les militants communistes auront confirmé par leur vote les 9 et 10 mai derniers à plus de 80% des 30.000 votants…

Quelle importance, me direz-vous ? Avec leurs débats, leurs textes et leurs votes, les communistes sont-ils autre chose qu’une secte de dinosaures pratiquant des rituels oubliés de tous et qui ont perdu leur sens ? Avec de la chance, le candidat communiste fera un score à un chiffre. Pour aller plus loin, il faudrait au PCF reconquérir l’électorat populaire et donc, pour reprendre la formule consacrée, de partir de ce que ces couches sociales ont dans la tête. Quand on lit dans le texte proposé à la Conférence nationale que « les défis à relever appellent de profondes ruptures. La France a besoin d’une grande révolution démocratique, faite d’avancées décisives, de conquêtes de pouvoirs faisant reculer toutes les dominations sur nos vies et nos libertés : celles du capital, du patriarcat, du racisme, des LGBTI-phobies… », on se dit que ce n’est pas demain la veille que le PCF va reconquérir l’électorat populaire. Le communiste de cœur que je suis a envie de pleurer en voyant la « domination du capital » mise au même niveau que les « LGBTI-phobies » ou le « patriarcat ». Un énorme chemin reste à parcourir pour que le PCF redevienne un parti portant les intérêts des couches populaires. Mais on peut se réjouir de voir que le PCF a au moins réussi à préserver son capital institutionnel, la culture procédurale si essentielle pour qu’il y ait un véritable débat démocratique. Pour que le débat politique existe, il faut des enceintes institutionnelles, et une confiance que ce qui est dit dans ces enceintes a un effet sur la réalité. Le contraste avec les « conventions » organisées avec pour seul but de faire tamponner des décisions prises par le Grand Dirigeant – et que celui-ci peut ensuite changer selon son bon plaisir d’ailleurs – sont des exercices de communication, pas de débat.

Bien sûr, la décision des communistes de présenter un candidat donnera lieu aux critiques acerbes de tous ceux qui, à l’extérieur du PCF mais aussi à l’intérieur – où cette ligne peut compter sur les solides cohortes des « bébés-Hue » enkystés dans l’appareil – en sont restés au rêve d’intégration de l’ensemble des organisations de la « gauche radicale » pour donner naissance à une organisation unique, capable dans leur imagination de conquérir le pouvoir. Ce sont les mêmes qui, après le fiasco de la liste « Bouge l’Europe ! » et des « comités antilibéraux » en 2007, ont organisé dans le cadre du Front de Gauche l’OPA ratée de Jean-Luc Mélenchon sur le PCF, et qui en 2017 ont obtenu l’effacement du PCF aux élections présidentielles, cédant à Mélenchon le leadership de fait de la « gauche radicale ».

Il n’est pas inutile de revenir sur la logique sous-jacente à ce courant de pensée. Leur logique est simple et peut-être résumée dans les termes suivants : les divisions de la « gauche radicale » – certains diront « la gauche » tout court – sont largement artificielles. Elles sont le résultat des batailles d’égos entre les dirigeants et des blessures d’une histoire ancienne dont les nouvelles générations, à supposer qu’elles la connaissent, n’ont rien à faire. Ces divisions cacheraient en fait une profonde unité d’intérêts, de projets politiques, de valeurs. Après tout, ne sommes-nous pas tous anti-libéraux, anti-racistes, féministes, « diversitaires » ? Ne voulons-nous pas tous un monde bisounoursien ou les conflits auront été bannis et les êtres humains vivront en parfaite harmonie entre eux et avec la nature, rejetant toute « domination », toute « aliénation » ? Dans ces conditions, pourquoi nous diviser, nous opposer ?

Parfaite illustration de cette logique est le papier publié par la Fondation Jean Jaurès le 24 avril dernier sous le titre « La gauche française et l’Europe. Une synthèse possible pour 2022 ? ». La conclusion est révélatrice :

« On l’a vu, la divergence majeure est stratégique. Elle concerne la méthode de négociation vis-à-vis de nos partenaires européens. Du côté de la gauche radicale, on s’interroge : peut-on faire confiance aux réformistes pour porter sincèrement ces combats communs ? Du côté des socialistes et des écologistes, on demeure opposés à une approche jusqu’au-boutiste, proposant, in fine, un référendum sur l’appartenance à l’Union. En définitive, cette question tactique divise des formations qui, si on s’en tient aux idées, pourraient faire alliance. Ou, formulé autrement, la gauche pourrait – non sans esprit d’ouverture –concevoir un dessein commun pour l’Union européenne d’ici à 2022. »

C’est beau, n’est-ce pas ? Cet irénisme n’est pas le fruit du hasard. Quand le monde politique était structuré par les conflits entre les intérêts des différentes classes sociales, une telle vision aurait été impensable. Socialistes, communistes et radicaux ne se posaient pas la question de la légitimité de leurs identités séparées parce qu’ils avaient conscience de représenter des groupes sociaux et des classes différentes, aux intérêts divers, souvent conflictuels, quelquefois antagoniques. Si l’on peut aujourd’hui proposer la fusion des identités politiques spécifiques dans un grand gloubi-boulga consensuel, c’est parce que toutes ces organisations représentent aujourd’hui des nuances du même groupe social, à savoir, les classes intermédiaires. Dès lors que la lutte des classes disparaît comme élément structurant, que la lutte contre la « domination capitaliste », qu’on conserve pour des raisons traditionnelles, est mise sur le même plan que la lutte contre le patriarcat, le racisme ou les discriminations contre les LGBTIQ+ on devrait tous pouvoir se mettre d’accord.

Dans ce contexte, la prise de position du PCF est doublement remarquable, parce qu’elle se pose en rupture de ce raisonnement en réaffirmant que ce n’est pas parce qu’on est tous « de gauche » qu’on veut les mêmes choses, qu’on est préparé à accepter les mêmes compromis. Que nos différences ne portent pas seulement sur des questions tactiques, mais touchent aux buts mêmes de l’action politique. Et qu’il vaut mieux perdre l’élection en défendant ses idées que de se fondre dans un magma informe derrière un candidat qui prendra vos voix et ignorera vos idées et vos intérêts.

Si l’objectif est de reconquérir son rôle de parti populaire et tribunicien, le PCF a besoin d’être seul pour réfléchir. Seul pour constituer un projet qui ne soit pas limité par le besoin de plaire à tel ou tel allié, qui ne soit pas effacé par l’obligation de faire une campagne sur un programme et des thèmes choisis par d’autres. Seul pour montrer qu’il est capable de faire des choses, de défendre une ligne, d’occuper une place sans béquilles. Et pour montrer aux « dissidents » de toutes sortes qui vont là où la soupe est bonne – non, je n’ai pas mentionné Elsa Faucillon – qu’on ne peut être à la fois dedans et dehors. Car une candidature communiste, c’est aussi l’obligation pour un certain nombre de personnalités habituées à jouer personnel de se positionner clairement.

Le choix d’une candidature communiste est d’autant plus logique que la « gauche radicale » a de toute évidence l’élection perdue. Non pas parce que le système électoral serait injuste ou parce que les médias sont méchants, mais parce qu’elle n’a pas de base sociologique permettant de rêver à la victoire. Qui a intérêt aujourd’hui à amener un candidat de la « gauche radicale » à l’Elysée ? Pas les couches populaires, puisque la « gauche radicale » ne porte plus et cela depuis longtemps les préoccupations et les intérêts de ces couches sociales, et l’a largement démontré à chacune de ses participations au pouvoir depuis les années 1990. Pas les classes intermédiaires dans leur ensemble, qui se trouvent fort bien servies par les politiques mises en œuvre par les gouvernements qui, de Hollande à Macron, se sont succédés ces dernières années. La « gauche radicale » ne peut compter que sur certains secteurs des classes intermédiaires, qui par affinité intellectuelle se donnent un petit frisson « révolutionnaire » en montrant leur cul en attendant de devenir notaires.

Dans ce contexte, le choix n’est pas entre la victoire dans l’union et la défaite tout seul. On peut aller à la bataille avec ses idées, bénéficier d’une petite exposition médiatique, faire 2% et toucher un peu d’argent au titre du financement public des partis politiques. Ou l’on peut se fondre dans un magma qui fera un score à deux chiffres mais sans possibilité de défendre ses idées, et sans recevoir un sou, comme cela s’est fait en 2017. Roussel a raison de choisir la première option, avec une logique imparable : soit il fait un bon score, et ce sera une belle surprise, soit il s’étale, et cela ne changera rien.

Descartes

 

Bush a aidé Eltsine lors du coup d’État de 91, selon un nouveau rapport

Le Washington post reprend des informations de 1994. Si le fait qu’Eltsine comme Gorbatchev ont toujours agi en parfaite harmonie avec les présidents des Etats-Unis est désormais un secret de Polichinelle , on voit que Bush est très vite passé du soutien à Gorbatchev à celui d’Eltsine, il n’y avait pas de grandes différences entre les deux. Le second étant peut-être plus opportuniste, moins idéologue que le premier. Quant aux auteurs du coup d’Etat ce qui est dit là sur leur incompétence en la matière donne de la force à la remarque de Fidel “-la prochaine fois on leur enverra un lieutenant bolivien!” (La Bolivie étant renommée par le nombre de ses coups d’Etat militaires) L’ensemble est à mettre en relation avec l’analyse du parti communiste chinois sur la crise idéologique et la désorganisation du parti qui avait suivi l’attitude de Khrouchtchev… (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoire et societe)

29/12/2021

Par Walter Pincus

15 mai 1994 Au moment de la tentative de coup d’État d’août 1991 contre le président soviétique de l’époque, Mikhaïl Gorbatchev, l’administration Bush a fourni un soutien dans le domaine des renseignements à Boris Eltsine, ce qui a aidé le président russe à apparaître comme un héros de cet événement, selon un article paru dans The Atlantic Monthly. Des responsables américains à Moscou, ayant accès aux interceptions américaines des communications de défense soviétiques, ont reçu l’ordre de la Maison Blanche de Bush de dire à Eltsine que les unités militaires soviétiques ne répondraient pas aux appels des dirigeants du coup d’État qui étaient alors le ministre de la Défense Dmitri Yazov et le président du KGB Vladimir Kryuchkov, selon l’article du journaliste de Washington Seymour Hersh. En outre, écrit Hersh, un spécialiste américain des communications a été envoyé au siège d’Eltsine dans le bâtiment du parlement russe « avec du matériel de communication et IL a été affecté pour aider Eltsine et ses partisans à sécuriser leur propre des appels téléphoniques aux différents commandants militaires. Eltsine a exhorté les commandants à ne pas se joindre au coup d’État, dit Hersh.

Bien que des rapports publiés précédemment aient raconté comment le président de l’époque, George Bush, en juin 1991, avait averti Gorbatchev qu’un coup d’État était planifié contre lui, l’article de Hersh est la première indication que le soutien du renseignement a ensuite été apporté à Eltsine pendant l’événement réel.

Ni la CIA ni la Maison Blanche de Clinton n’ont voulu commenter hier l’article.

L’historien Michael R. Beschloss, dont le récent livre sur les relations Bush-Gorbatchev, « At the Highest Levels », a été coécrit par le secrétaire d’État adjoint Strobe Talbott, a déclaré hier qu’il était au courant des avertissements de coup d’État antérieurs de Bush à Gorbatchev et Eltsine, mais pas de la canalisation ultérieure des données du renseignement.

Beschloss a ajouté qu’il ne serait pas surpris que Bush ait ordonné que l’aide ait été apportée à Eltsine à Moscou pour éviter le coup d’État d’août parce que Gorbatchev, que Bush soutenait, était isolé dans sa maison de vacances en Crimée. En aidant Eltsine, Bush continuait à: « s’inscrire dans le modèle de l’administration Bush dont nous avons parlé » selon Beschloss .

Dans son livre, Beschloss a rapporté que le premier jour du coup d’État d’août, le plus grand expert soviétique de la CIA avait examiné le matériel de satellite espion américain et les interceptions de communications et avait constaté qu’il n’y avait pas de mouvement majeur de troupes ou de chars soviétiques dans tout le pays, ni aucune tentative de rassembler des opposants politiques.

Beschloss a également écrit que le premier jour du coup d’État, Bush s’est entretenu par téléphone avec le plus haut diplomate américain à Moscou, qui venait de rencontrer Eltsine dans les bureaux du président soviétique en face du complexe de l’ambassade américaine. Le diplomate a rendu compte à Bush de l’humeur d’Eltsine, qui venait de dénoncer le coup d’État et de traiter ses dirigeants de traîtres.

Hersh écrit que le Congrès n’a pas été informé du soutien du renseignement accordé à Eltsine malgré la législation récemment signée qui obligeait le président à le faire.

Publié sur www.washingtonpost.com