vendredi 4 février 2022

Accusations sans preuve contre la Russie: un journaliste met en difficulté un porte-parole américain


Washington accuse Moscou d’envisager un projet d’attaque sous faux drapeau afin de fabriquer un prétexte pour envahir l’Ukraine. Mais l’administration américaine botte en touche quand lui sont réclamées des preuves étayant une telle allégation.

Le journaliste américain Matt Lee et le porte-parole du secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Ned Price, se sont livrés le 3 février à un vif échange en conférence de presse alors que le premier demandait au second de rendre accessibles des éléments que l’administration américaine affirme détenir pour appuyer l’allégation selon laquelle Moscou envisagerait de filmer une fausse attaque ukrainienne contre la Russie. Un procédé qui, selon Washington, permettrait de créer un prétexte pour envahir l’Ukraine.

Le journaliste de l’agence de presse Associated Press (AP) a posé au haut responsable américain, ex-employé de la CIA, plusieurs questions sur les accusations proférées par Washington contre Moscou.

«Quelle preuve avez-vous pour soutenir l’idée qu’il y a un film de propagande en préparation ?», demande un journaliste

Sommé de faire preuve de transparence, Ned Price s’est d’abord employé à souligner que le gouvernement américain avait récemment déclaré avoir des informations sur de telles actions imputables à la Russie. «Nous vous avons dit il y a quelques semaines que nous avions des informations indiquant que la Russie avait également déjà prépositionné un groupe d’agents pour mener une opération sous faux drapeau dans l’est de l’Ukraine», a-t-il ainsi argumenté sans pour autant convaincre son interlocuteur, qui a insisté en ces termes : «C’est une action que vous dites qu’ils ont menée, mais vous n’avez montré aucune preuve pour le confirmer. […] Quelle preuve avez-vous pour soutenir l’idée qu’il y a un film de propagande en préparation ?», a en effet insisté le journaliste, amenant Ned Price à évoquer des informations «déjà déclassifiées» par son administration.

J’aimerais voir une preuve qui montre que les Russes font [ce que vous dites]. Je me souviens encore de l’histoire des armes de destruction massive en Irak

«Où sont-elles ? Où est l’information déclassifiée ? […] Vous avez [juste] fait une série d’allégations et de déclarations», a encore répliqué Matt Lee, à qui le haut responsable américain a alors proposé, non sans ironie, d’imprimer la retranscription de la conférence de presse au cours de laquelle sont évoquées les allégations en question. «Ce n’est pas une preuve, c’est [juste] vous qui le dites. […] J’aimerais voir une preuve qui montre que les Russes font [ce que vous dites]. Je me souviens encore de l’histoire des armes de destruction massive en Irak», a encore insisté le journaliste, faisant référence aux fameuses allégations sur la base desquelles Washington a enclenché en 2003 son intervention militaire en Irak, avant que les preuves initialement brandies ne soient finalement mises à mal des années plus tard.

Si les Russes ne vont pas plus loin cette fois, ce n’est pas [pour autant] une indication qu’ils n’ont jamais eu de plans pour le faire

Plaidant pour sa part en faveur d’une certaine opacité afin de garantir la protection de «sources», le porte-parole du secrétaire d’Etat américain a alors expliqué que le but de son administration était également «de dissuader les Russes» des pratiques qu’elle leur imputait. «Si les Russes ne vont pas plus loin cette fois, ce n’est pas [pour autant] une indication qu’ils n’ont jamais eu de plans pour le faire», a-t-il encore assuré. «Mais alors c’est indémontrable !», en a pour sa part conclu le journaliste d’AP – à qui le haut responsable américain a finalement reproché son manque de confiance dans le gouvernement de son pays – tout en faisant un parallèle entre les propos de Ned Price et ceux d’Alex Jones, le fondateur du site controversé de droite alternative InfoWars, régulièrement accusé de colporter des théories complotistes.

Source blog "moutons rebelles"

 

8 FÉVRIER 1962: MÉTRO CHARONNE, UN MASSACRE D'ÉTAT



Le groupe Vanguard : le plus grand lobby du monde

vendredi 4 février 2022 par Jeanne Bourdillon et JP-ANC

Qui dirige l’économie du monde capitaliste ? En France par exemple, au lieu de faire travailler la "haute administration" (incapable et surpayée par nos impôts) on se défausse sur des cabinets comme McKinsey. Après avoir accompagné et encouragé la réduction du nombre de personnels et la soumission de l’hôpital public aux contraintes gestionnaires, les grands cabinets de conseil – BlackRock, Boston Consulting Group, Capgemini, McKinsey… – se sont assuré un rôle clé auprès du pouvoir exécutif et de l’administration pour façonner la réponse à la crise sanitaire.

L’un des dirigeants actuels de McKinsey France, Karim Tadjeddine, est réputé proche d’Emmanuel Macron qu’il a côtoyé au sein de la commission Attali. Il l’aurait aidé à préparer le lancement d’En marche ! Sans parler du conflit d’intérêt entre le président du conseil constitutionnel (Laurent Fabius) et son fils (Victor, lui aussi émargeant chez McKinsey), mais ça ne gêne personne.
Bien sûr !!
Et si nous regardons au delà de notre pays, nous trouvons des monstres comme le fond de pension Vanguard capable d’influencer les décisions de la commission européenne, donc les choix économiques français. Si Macron est l’aile marchande du CAC40, les lobbys en sont le fer de lance. Lorsque l’ANC propose de se réapproprier les moyens de productions et d’échange et de ne plus obéir aux lobbyistes, c’est tout simplement parce-que c’est indispensable à un réel changement de société. Oui c’est une révolution, et ils ne se laisseront pas faire sans réagir. Mais le bonheur des peuples ne mérite t-il pas quelques années de luttes. Et comme le dit Jeanne Bourdillon dans l’article ci-dessous : "Vous êtes libre de voter comme vous le souhaitez."

JP-ANC


Le groupe Vanguard : le plus grand lobby du monde

Mesdames et Messieurs,

Je vous écris parce que lorsque j’ai entendu parler des vaccins ce printemps, la première chose que j’ai faite a été de trouver qui étaient les principaux actionnaires. Pour moi, qui ne domine pas les débats scientifiques, c’était une information cruciale : qui me les vend ?

À qui je les achète ?

C’est ce que j’ai trouvé en tapant simplement le nom de l’actionnaire et de la société sur Google et en cliquant sur un site boursier.
Vous pouvez donc facilement vérifier ce que je vous dis.

Le premier actionnaire de Pfizer est le groupe Vanguard.

Le premier actionnaire de Johnson & Johnson est le groupe Vanguard.

Le troisième actionnaire d’AstraZeneca est le groupe Vanguard.

Le quatrième actionnaire de Moderna est le groupe Vanguard.

Le troisième plus grand actionnaire de Sanofi est le groupe Vanguard.
Le 1er est L’Oréal, mais le 3e est Vanguard Group.

Le groupe Vanguard est un fonds de pension américain. Il gère la bagatelle de 7 000 milliards de dollars de plus que le PIB de la France et de l’Allemagne réunies. Elle doit encore peser au niveau du lobbying international.

Le premier actionnaire de Google (YouTube, Googlemaps, WhatsApp, etc.) est Vanguard Group.

Le premier actionnaire de Facebook est le groupe Vanguard.

Le principal actionnaire de Microsoft est le groupe Vanguard.

Le principal actionnaire d’Apple est le groupe Vanguard.

Ce n’est que le deuxième d’Amazon.
En bref, le GAFAM, c’est lui. Donc au niveau du lobbying pour nous vendre quelque chose, c’est sans doute très, très puissant.

Le principal actionnaire d’Akamai est le groupe Vanguard.

Akamai est la première entreprise mondiale de stockage de données numériques. C’est elle, avec l’imprimerie nationale, qui stocke les données de l’application tousanticovid et donc je pense (je vous laisse vérifier) qu’elle stocke aussi les données du code QR qui est utilisé par tous les lieux où il se trouve pour appliquer le laissez-passer sanitaire.

Le premier actionnaire de MacDo est le groupe Vanguard.

Le premier actionnaire de Coca-cola est le groupe Vanguard.

Le principal actionnaire de Disney est le groupe Vanguard.

Et enfin, la cerise sur le gâteau

Le premier actionnaire de Philip Morris est le groupe Vanguard.

Philip Morris est le plus grand fabricant de tabac du monde. Le tabac tue 8 millions de personnes par an avec l’approbation de l’État. Et dans les pays où elle le peut, les enfants sont la principale cible.
Ironiquement, Champix est l’un des médicaments de Pfizer les plus rentables pour le sevrage tabagique ...

La carte de santé ou de vaccination (peu importe) avec 3 doses de 19,50 € en 6 mois pour 50 millions de français, c’est une bagatelle de 2,975 milliards de dollars (pour la France seulement) pour les laboratoires pharmaceutiques et donc indirectement pour Vanguard Group et donc pour Google, Facebook et Phillip Morris pour récupérer notre liberté.

Vous êtes libre de voter comme vous le souhaitez.

Jeanne Bourdillon

 

 

démocrates ukrainiens du bataillon Azov

"démocrates" ukrainiens du bataillon Azov

QUI MENACE LA PAIX EN UKRAINE ?

La propagande de guerre froide ne fait pas dans la nuance. Voilà des mois que tout ce que l’Occident compte de porte-parole martèle d'une seule voix que la Russie va envahir l’Ukraine, que la guerre est imminente et qu’il faut se préparer à l’affronter. Vieille rengaine ! Au temps de l’affrontement Est-Ouest, on prétendait en Occident que la menace soviétique était suspendue comme l’épée de Damoclès au-dessus des démocraties. On affirmait même que l’arsenal militaire de l’URSS était nettement supérieur à celui des États-Unis, et qu’elle risquait d’exploiter cette supériorité pour envahir et soumettre l’Europe.....

....(La suite de l'article sur le blog de Jean LÉVY " Tout çà n'empêche pas Nicolas")

Note de P.

La photo ci-dessus se passe de commentaires: c'est bien l'URSS qui a payé le prix de 20  millions de morts au nazisme hitlérien, et ce sont bien des "démocrates" ukrainiens pro nazis qui paradent sur l'abjecte photo, prêts à remettre l'Europe à feu et à sang pour installer leur régime fasciste pro nazi revanchard en Ukraine....Puis partout ailleurs, ce qui nous pend au nez

Et ce salopard de Poutine qui ne veut pas protéger sa Russie contre eux et l'impérialisme US qui tire les ficelles : quel culot !!!

Publié par El Diablo

Il y a 4 ans, nous lancions Sabrina Ali Benali, Patrick Pelloux et moi-même une pétition sous le titre « Dignité des personnes âgées, des moyens pour nos EHPAD » qui avait recueilli près de 700 000 signatures. Elle a déclenché une auto-saisine du Conseil économique social et environnemental qui a publié un rapport validant la revendication syndicale de la création de 200 000 postes, pour obtenir un ratio d’un soignant par résident.

 Dans le même temps les députés Caroline Fiat et Monique Iborra s’étaient saisies du dossier et validaient cette demande. Ce qui était déjà décrit à l’époque était un manque criant de personnel qui ne permettait pas de s’occuper dignement des personnes âgées dans les EHPAD. Il était souligné que malgré un prix moins élevé dans les structures du secteur public, le taux d’encadrement y était légèrement supérieur. Cela signifiait clairement que le secteur privé lucratif faisait payer plus cher ses prestations pour un service rendu de moindre qualité.

Déjà quelques années plus tôt, nous avions été un certain nombre à nous émouvoir publiquement du fait que le président de la République de l’époque avait embarqué avec lui en Chine des dirigeants de groupes gestionnaires d’EHPAD pour y vendre leurs services. Nous disions alors que cela n’était possible que grâce aux bénéfices faits en France sur le dos de la Sécurité sociale, des retraités et de leur famille. Si nous revenons quelques années en arrière, nous comprenons mieux la situation. En effet, à la fin des années 1980, le vieillissement de la population nécessitait de rénover les maisons de retraite et d’en construire de nouvelles.

Le choix politique fait alors a été d’ouvrir le marché au secteur marchand pour limiter les dépenses de l’Etat et de la Sécurité sociale. Ainsi a débuté la saga de l’or gris avec la création de groupes qui très rapidement se sont développés, se sont internationalisés pour devenir des leaders mondiaux avec des chiffres d’affaires de plusieurs milliards. Le scandale d’ORPEA était prévisible et il est heureux qu’il éclate aujourd’hui. En effet, l’erreur originelle est de n’avoir pas empêché les libéraux au pouvoir de livrer la prise en charge de la dépendance au marché.

Il y a ici une contradiction majeure entre un secteur qui doit relever du service public et de la solidarité nationale et des investisseurs dont l’objectif premier est le meilleur retour sur leur investissement. Quand en plus, ils se comportent comme de vrais prédateurs sans âme, nous obtenons ORPEA. La conclusion est simple : le secteur de la dépendance ne peut relever du secteur privé à but lucratif.

Docteur Christophe Prudhomme

Praticien hospitalier - SAMU 93

Sur sa page Facebook :

 


 

Tensions Est-Ouest autour de l’Ukraine : Pourquoi n’entend-on pas ce que dit la Russie ?

On nous répète comme une mantra que la Russie serait une ennemie de la démocratie aux traditions irrémédiablement autoritaires alors que son système politique actuel résulte d’une constitution adoptée en 1993 certes au pas de charge, mais sur les conseils d’Occidentaux qui avaient alors leurs entrées à tous les niveaux de l’administration russe et même de ses bases militaires et du KGB. Peu nombreux sont d’ailleurs ceux qui sont prêts à admettre que les puissances capitalistes occidentales qui se sont crues « victorieuses » en 1991 ont alors humilié les Russes. Quant à l’équilibre des forces entre la Russie et les pays de l’OTAN il n’y a qu’à regarder la carte pour constater que l’URSS finissante puis la Russie ont accepté de reculer systématiquement depuis 1989 et que ce « vide » a été rempli par l’OTAN aujourd’hui quasiment aux portes de Moscou. La tension autour de l’Ukraine n’est donc que la conséquence d’une Russie qui considère qu'elle s’est vue obligée de faire montre de fermeté après tant de reculades. Ne doit-on pas au moins essayer de comprendre la source de ce sentiment ?

On doit savoir que si la Russie n’a pas été intégrée dans l’Occident ce n’est pas uniquement à cause de l’arrogance occidentale et de la surestimation de leurs forces par les élites occidentales, de leurs moyens. La Russie n’a pas non plus été "vaincue" en 1991, contrairement à ce que dictait le sentiment d’’autosatisfaction aux dirigeants des pays occidentaux égocentrés de l’époque, car la classe dirigeante soviétique a "librement" décidé de dissoudre le communisme et l’URSS pour des raisons d’intérêts de classe ...mal perçus.

Mais ce "mépris" pour la Russie a été et reste surtout dû au fait que le capitalisme avait besoin en Russie et dans toute l’Eurasie d’un marché captif et passif, mais certainement pas d’un partenaire, car un partenaire cela voudrait dire un concurrent de plus au sein du système unipolaire, un conflit intra-impérialiste de plus. Les USA peuvent accepter des petits chienchiens bien dressés et avec de petites arrière cours néocoloniales comme l’Angleterre, la France, la RFA depuis sa réunification, car ces pays sont pénétrés depuis 1945 par des agents d’influence US, soft ou hard, sans parler des autres petits pays européens, mais ne serait-ce que par sa taille, la Russie ne pouvait être réduite à un chienchien, donc il était illusoire d’envisager son intégration dans le capitalisme/impérialisme unipolaire.

C’est pour cela que Brzezinski militait ouvertement pour que la Russie survivante soit cassée en quatre ou cinq Etats. Mais bien sûr à cette époque les élites russes et post-communistes, passées du matérialisme à l’idéalisme, Poutine compris, n’ont pu le comprendre tout de suite, et se sont laissées avoir ...sauf les gros capitalistes russes (dits "oligarques") qui, eux, ont pu placer les produits de leur pillage intérieur dans les "paradis fiscaux" sous protection du gendarme OTAN. Le parti pro-otan existe toujours à la cour du Kremlin, en particulier l’inamovible présidence de la banque nationale et plusieurs ministères économiques en conflit permanent avec les "ministères de force", les « siloviki", les diplomates russes navigant entre les deux.

Dans ce contexte, si la bourgeoisie compradore russe a poursuivi et poursuit jusqu’à aujourd’hui, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’appareil gouvernemental russe, sa stratégie de ramener la Russie à l’état de chienchien néo-eltsinien, la bourgeoisie nationale russe (voir "les contradictions au sein du peuple" de Mao Zedong), elle, a compris que la Russie devait avoir son capitalisme national concurrentiel avec le capitalisme USAno-occidental, à l’abri d’ailleurs de la puissance économique chinoise et d’autres partenaires "contre-hégémoniques" pour faire le poids.

L’observation des événements depuis 1989 semble donc démontrer que les USA/OTAN ont besoin de guerres permanentes car les délocalisations + la financiarisation du capitalisme "post-unipolaire" ont fait que la seule production réelle toujours bien concentrée à l’ouest, c’est celle des armements, et donc le lobby militaro-industriel y est incomparablement plus puissant qu’à l’époque où Eisenhower mettait déjà en garde son peuple contre lui. D’où la téléguidage vers l’administation politique des USA de porte-serviettes soit "alzheimériens avancés" soit fous furieux "autistes" et incultes style Blinken/Sullivan/Pelosi/mrs. Clinton/Power/Nuland et autres neocons ...dans tous les sens de cette dernière syllabe.

L’Ukraine en soi est une faillite économique et étatique aujourd’hui, et la Russie n’a qu’à attendre que le fruit mur ...et déjà un peu pourri tombe de l’arbre, mais le Kremlin ne peut accepter que, via l’Ukraine, Moscou soit à 4 minutes des missiles US/OTAN qui seraient basés en Ukraine (la Russie a déjà accepté d’avaler la couleuvre que la Lettonie pas tellement plus éloignée de Moscou soit dans l’OTAN, et sur ce terrain elle exige un retrait des troupes US&co. ltd.), alors il fallait pour Moscou faire d’une pierre deux coups :

1/ montrer que la Russie ne reculerait plus comme elle l’avait fait à chaque élargissement de l’OTAN, donc montrer ses dents, "coûte que coûte" comme dirait l’autre. Un pari hasardeux, mais la Russie ne peut plus se payer le luxe de reculer, l’ennemi potentiel est aux portes de Moscou, comme en 1941.

2/ Achever d’essouffler l’économie ukrainienne car la mobilisation de l’armée ukrainienne actuelle coute très cher et Kiev ne tiendra pas six mois à ce rythme, elle s’effondrera ...les USA sont mis devant un dilemme, ...mieux ! une contradiction !!! : soit ils entretiennent l’Etat-failli ukrainien à fonds perdus (ce qui satisfera le lobby militaro-industriel US qui vendra des armes au gouvernement US qui les donnera gratuitement à Kiev incapable de payer), soit le contribuable US (et Trump qui risque de gagner les "mid terms" et déclare déjà que l’appui US à Kiev est une stupidité très coûteuse) ne pourra pas tenir dans une économie en crise, et Washington devra se retirer d’Ukraine la queue basse, ce qui explique la mise en orbite de l’idée de la vice-directrice de l’institut Delors d’accepter une "finlandisation" de l’Ukraine (voir son interview cette semaine dans "Le Soir"). A ce moment là, et les Chinois y travaillent déjà et Poutine semble l’envisager, il sera temps de sauver la face des USA pour qu’ils acceptent de se replier sur une politique à "l’autrichienne post-Sadowa" : faire semblant d’être toujours une grande puissance tout en remettant les bijoux de famille dans le coffre du vainqueur que l’oncle Sam devra suivre désormais, dans le cadre d’un monde multipolaire où Washington sera un joueur de moins en moins influent et de moins en moins consulté. A ce moment là, les diverses petites puissances européennes résiduelles devront envisager de se positionner par rapport aux nouvelles puissances. Et là, on verra bien s’il existe encore une "opinion" européenne capable de sortir de sa léthargie et de son apparente mort cérébrale (visible avec les phénomènes Zemmour, Salvini, Johnson, Kaczynski et autres, aux côtés des pitoyables ...Macron, new old new Labour, Draghi, Van leyen et autres « lamentables », pour paraphraser lady Clinton.).

D’ailleurs, dans ce contexte, l’action de Poutine exacerbe les divergences entre Washington et Berlin malgré la walkirie guerrière vert ...de gris, au Ministères des Affaires étrangères allemand. Stolz a refusé de rencontrer Biden et fermé son espace aérien pour les envois d’armes anglaises vers l’Ukraine, ce qui montre que la RFA n’accepte pas, derrière ses paroles otanistes, de suivre passivement la ligne guerrière de Washington.

Pour ce qui est du Donbass, la ligne est toujours la même, imposer par la force le respect des accords de Minsk, ce qui passe par l’appui de Berlin et de son supplétif parisien.

L’opinion occidentale ? ...Elle n’existe tout simplement plus aujourd’hui, elle est tétanisée pour le moment, on n’a donc pas à compter avec elle, elle suivra ce qu’on lui dit de suivre, Macron, Zemmour, Le Pen, Pecresse, Johnson & Labour "modéré’, verts de gris allemands, Draghi, Berlusconi, et autres fantômes ...sauf aux USA avec le phénomène Trump qui, certes, la fait dévier mais qui joue sur elle. Les Européens sont amorphes et vieillis, ils n’ont plus aucune force constitutive en tant que masses constituées, et donc ce qui compte pour la Russie, ce sont les vraies opinions mobilisables, Afrique, Amérique latine, Asie. Et sur ce plan là, le Kremlin a marqué des points incontestables malgré la relative faiblesse de ses atouts économiques. Et pour marquer des points en Afrique, le Kremlin doit apparaître comme un lion vis à vis des anciennes puissances coloniales néo- et postcoloniales et les USA. C’est ce qu’il fait en défendant la paix mondiale et en facilitant les nouvelles routes de la soie chinoises qui apportent sur le terrain de l’économie productive ce que la Russie saccagée après 1991 n’est toujours pas vraiment en état d’apporter. Ce n’est pas parce que Poutine est un ange ...il en est loin !!! C’est parce que Poutine ne peut pas ne pas tenir compte des intérêts de sa bourgeoisie nationale qui soutient un Etat protecteur ...contre l’économie prédatrice made in USA et ...aussi, contre son peuple qui demande un Etat social et qu’il faut un peu flatter par orgueil national pour lui faire avaler les couleuvres genre réforme des retraites imposées sur la demande du FMI.

Il est clair que la Russie n’a aucun intérêt à la guerre, elle profite des cours du pétrole et du gaz pour renflouer ses caisses et faire pression militaire sur l’OTAN et son factotum kiévien qui fonctionne à fonds perdus. La Russie doit donc maintenant tenir fermement six mois, d’ici là l’Ukraine se sera effondrée économiquement à moins que les pays occidentaux ne la renflouent ...ce qui accélérerait l’effritement, voire le crash selon certains(?), de l’économie occidentale. Poutine joue donc gros car il parie sur la faiblesse de caractère des fous autocentrés, egocentrés et ethnocentrés au pouvoir à l’ouest. Il n’a pas intérêt à l’effondrement trop rapide du dollar mais il a déjà testé l’état d’autisme politique des élites occidentales actuelles qui n’entendent aucun argument rationnel et qu’on ne peut donc pas convaincre de faire des compromis en utilisant la raison. Ces fous, il faut les amener à la limite de la faillite pour que les "réalistes" au sein du Pentagone, de la CIA et des rares entreprises encore productives civiles en Occident fassent un coup d’état (peu importe le nom qu’on lui donnera ou l’apparence démocratique qu’on conservera) pour renverser la coalition "autistes-alzheimeriens" au pouvoir dans les grandes capitales occidentales (avec un bémol pour la RFA où il semblerait que Stolz ne soit pas aussi caricaturalement stupide qu’on pensait à la lecture du programme de la nouvelle coalition allemande puisque, lui, il semble capable d’écouter la voix de son patronat qui a intérêt à mener une politique d’investissements industriels dans l’immense marché russe et eurasiatique en convergence avec les Chinois ...car l’Allemagne est quasiment la seule puissance industrielle non militaire survivante à l’Ouest, elle a donc une bourgeoisie productive d’autres choses que de jouets militaires dispendieux ...et souvent inefficaces. Voir le F-35 qui se casse la gueule de façon récurrente, alors que les armes russes montrent leur efficacité en Syrie et ailleurs pour bien moins cher). Pour le moment, vu l’état d’effritement des forces populaires, prolétariennes, révolutionnaires, l’axe de la vie politique tourne autour des rapports entre bourgeoisies impérialistes, bourgeoisies compradores et bourgeoisies nationales. D’où les convergences entre pays contre-hégémoniques aux systèmes sociaux très différents.

Et pour terminer artistiquement, voilà un des chanteurs les plus populaires du Burkina Faso, ...révélateur :

Almamy kJ Impérialisme :

https://www.youtube.com/watch?v=VsRIdz-siAQ</

Bruno DRWESKI

 


Info - La LFP a validé une proposition de la chaine Canal Plus qui récupère l'intégralité des droits de la L1 et de la L2 - Vincent Bolloré - Remise du prix Bretagne ou prix Breizh, parrainé par le groupe Bolloré au siège de Vivendi à Paris le 26 juin 2017. © Pierre Perusseau / Bestimage

Eric Zemmour, une autre carte de l'oligarchie lancée par Vincent Bolloré ?

Comment Vincent Bolloré mobilise son empire médiatique pour peser sur la présidentielle

ENQUÊTE

En quelques mois, le milliardaire breton a bâti un pôle réactionnaire qui s’étend de l’audiovisuel à l’édition. Avec comme fer de lance le polémiste vedette Eric Zemmour, dont les obsessions identitaires et anti-islam colonisent le débat public.

Vincent Bolloré a demandé à passer par la grille du Coq, l’entrée des visiteurs secrets, et il est furieux. Nous sommes en juin 2021 et l’actionnaire principal de Vivendi a rendez-vous avec Emmanuel Macron. « J’entends beaucoup dire que vous me prêtez des intentions qui ne sont pas les miennes », lance le PDG du groupe Bolloré au locataire de l’Elysée

Près d’un an auparavant, un dîner avait déjà réuni le grand patron, le président, son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, et leurs épouses. L’atmosphère avait été conviviale et Carla Bruni avait filmé quelques bribes de la soirée. Cette fois, le déjeuner est expédié plus rapidement que prévu dans une atmosphère glaciale et c’est peut-être là, juste avant l’été, que s’est joué le premier acte de la prochaine présidentielle.

La colère de Vincent Bolloré couve depuis plusieurs mois. C’est un homme que les gouvernants n’impressionnent pas. Adolescent, il jouait au gin rami avec Georges Pompidou, que ses parents, industriels bretons, recevaient, comme François Mitterrand, dans leur maison du Finistère. D’ailleurs, il a croisé presque tous les présidents de la Ve République. Dans certains pays africains ou en Asie, il est reçu avec les égards d’un chef d’Etat.

C’est peut-être la raison pour laquelle il n’a pas goûté la petite phrase de Brigitte Macron, qui se voulait aimable : « Comment peut-on vous aider ? » La réponse a fusé, bien sèche sous la formule de politesse : « Je vous remercie, Madame. En rien. » Comment peut-on vous aider ? Il ignore que l’épouse du président pose rituellement cette question à ses visiteurs, comme si son mari pouvait tout régler, et ces mots anodins ont résonné pour lui comme un affront, raconte-t-il à un ami. D’autant qu’il a justement le sentiment que l’Elysée cherche à « l’agresser » plus qu’à l’aider.

« Mais, enfin, arrêtez, vous achetez tout ! »

Quatre mois plus tôt, le 26 février, le tribunal de Paris a décidé, à la surprise générale, de renvoyer l’homme d’affaires devant un tribunal correctionnel, alors même qu’il avait accepté de plaider coupable et négocié le paiement des 12 millions d’euros d’amendes dues dans une affaire de corruption au Togo. Vincent Bolloré s’est convaincu que le président est derrière cette décision judiciaire. C’est encore Emmanuel Macron, s’exaspère-t-il, qui a poussé le leader mondial du luxe, le puissant patron de LVMH, Bernard Arnault, à entrer dans la bataille pour le contrôle du groupe Lagardère que Bolloré s’apprête à dévorer.

Pour couronner le tout, Nicolas Sarkozy assure que le chef de l’Etat a demandé à Angela Merkel d’empêcher le géant allemand Bertelsmann de céder sa filiale M6 à Bolloré, finalement tombée en mai dans l’escarcelle du groupe TF1. Le milliardaire voudrait être certain qu’au sommet de l’Etat on ne lui met pas de bâtons dans les roues. 

« Mais, enfin, arrêtez, vous achetez tout ! », rétorque le président au-dessus de la table du déjeuner.

Ce qui se noue ce jour-là à l’Elysée est bien plus qu’une simple brouille : une déclaration de guerre d’un capitaine d’industrie de 69 ans, le déclenchement d’un blitzkrieg contre ce jeune chef de l’Etat qu’il ne supporte plus et aimerait voir battu en avril 2022. Au palais, on a longtemps joué avec le feu, au nom de la fameuse « triangulation » qui veut que l’on puise dans le discours de l’adversaire pour mieux le neutraliser.

L’animateur vedette de CNews, Pascal Praud, a été convié à dîner à l’Elysée, Emmanuel Macron lui a souhaité ses vœux par texto pour le Nouvel An 2021. Dix fois, les collaborateurs de Brigitte Macron ont raconté à la presse comme elle téléphonait fréquemment à Cyril Hanouna, une des stars de Bolloré sur une autre chaîne, C8. C’était avant l’offensive du milliardaire pour étendre son empire médiatique. Avant la tournée électorale du quasi-candidat Eric Zemmour.

Retour au réel depuis la rentrée, alors que le polémiste a fait une percée dans les sondages. Désormais, dans les couloirs de la présidence de la République, on parle d’« EZB », comprendre « Eric-Zemmour-Bolloré ». On n’est pas plus aimable du côté des proches du capitaine d’industrie. « Tous ces gens à l’Elysée, ce n’est pas possible. Il y en a marre de cette technocratie, de ce système autour du président », peste en privé le président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine. Le « boss », lui, place le défi bien au-delà : « Macron a perdu le combat civilisationnel », répète-t-il autour de lui.

Une machine de guerre médiatique

Rarement un groupe de médias ne se sera construit aussi vite. Jamais il n’aura été mis aussi rapidement au service d’un dessein politique. En quelques mois, la quatorzième fortune professionnelle de France (selon Challenges) a bâti un pôle réactionnaire qui s’étend jusqu’à l’édition. Pour la première fois, début novembre, Yannick, deuxième des fils Bolloré, PDG d’Havas et président du conseil de surveillance de Vivendi, trône à la Foire du livre de Brive, en Corrèze, où il explique que la prochaine prise de contrôle de Hachette par Vivendi, « c’est dans l’intérêt de la France ».

Vincent Bolloré a déjà fait de Lise Boëll, éditrice historique d’Eric Zemmour chez Albin Michel, la patronne de Plon (propriété de Vivendi), mais le fer de lance dans la campagne électorale qui s’annonce s’appelle CNews, cette petite chaîne d’info en continu à laquelle Vincent Bolloré a voulu donner, dès 2017, un nom « à l’américaine ». Comme Fox News, son modèle outre-Atlantique, mise à disposition de Donald Trump et des plus ultras du Parti républicain par le puissant milliardaire Rupert Murdoch.

Il l’a mariée avec Europe 1, quasi absorbée en une rentrée après l’arrivée fracassante de l’actionnaire breton au sein du groupe Lagardère en septembre. Vivendi avait alors annoncé une OPA sur ce groupe de médias – propriétaire notamment de Hachette, d’Europe 1, de Paris Match et du Journal du dimanche (JDD) –, qui devrait aboutir d’ici à la mi-décembre 2022. En un éclair, il a évincé Hervé Gattegno de la tête de Paris Match et du JDD et l’a remplacé – jusqu’à la présidentielle du moins – par deux hommes sûrs, deux journalistes septuagénaires qu’il aimerait voir grossir les rangs des « yesmen », comme on appelle dans le groupe Bolloré ces cadres à très gros salaires qui ne décident rien sans en référer au patron et exécutent les licenciements à coups de « Je te comprends, mais Vincent veut… ».

Vincent Bolloré n’ignore rien de leur parcours. A 20 ans, Patrick Mahé militait au sein d’Occident, mouvement d’extrême droite dissous en 1968 – comme Michel Calzaroni, le conseiller com’ de Bolloré, qui s’amuse aujourd’hui d’avoir commencé « à l’extrême droite de Vincent et de se retrouver à sa gauche ». Longtemps proche de Jean-Marie Le Pen, Mahé est aussi un ancien de Jeune Europe, groupuscule ultra-nationaliste et antiaméricain de « fafs », disait-on à l’époque, dont l’emblème était la croix celtique.

A Jeune Europe, « Patrig » côtoyait l’éditeur Jean Picollec, un autre Breton qui habitait à vingt kilomètres du fief familial des Bolloré et auquel Vincent et son oncle Gwenn-Aël Bolloré avaient confié en 1987 leur chère maison des Editions de La Table ronde – avant que Picollec ne publie lui-même dans sa propre maison des auteurs sulfureux, comme l’ancien combattant SS belge Léon Degrelle.

Sympathique et bon conteur, ami des photographes et toujours à l’affût d’un coup médiatique, Patrick Mahé a déjà travaillé à Paris Match, dès 1981. Il y a laissé un drôle de souvenir. N’avait-il pas poussé le magazine, en 1983, à acheter pour 400 000 dollars un faux scoop sur les « carnets » d’Adolf Hitler ? Trente-cinq pages pour des cahiers bidons et une gigantesque campagne d’affichage dans le métro parisien avec ce slogan : « L’authenticité de notre document est controversée. Achetez-le, lisez-le, faites vous-même votre opinion ! »

Le buzz, comme on dit désormais, plutôt que la vérité : c’est, à peu de chose près, et avec près de trente-cinq ans d’avance, le slogan imaginé pour la chaîne CNews par BETC, l’agence de pub du groupe Havas dirigé par Yannick Bolloré : « C’est en confrontant les opinions qu’on s’en fait une. »

« Zemmour est une entreprise, avec des résultats financiers, soutenue par un groupe de médias. Trump est passé de la télé-réalité à la Maison Blanche, mais il était le candidat du Parti républicain, tandis que Zemmour est le candidat d’un groupe audiovisuel. » François Hollande au « Corriere della Sera »

A 74 ans, Patrick Mahé présente le double avantage de bien connaître Paris Match et son nouveau patron. Né à Vannes, dont il est d’ailleurs l’un des élus à la mairie, il est de longue date juré du prix Breizh, doté depuis plus de cinquante ans par la famille Bolloré et qui récompense chaque année « un auteur breton ou ami de la Bretagne ». Mahé est aussi très lié à Arnaud de Puyfontaine, passé par Le Figaro, le groupe Emap (TéléPoche, L’Auto-journal) et Mondadori (Grazia, Closer) avant de devenir l’homme de Bolloré chez Lagardère. Si Arnaud Lagardère a officiellement organisé le rendez-vous et proposé la direction de Match à Patrick Mahé, cette décision a reçu auparavant l’agrément du vrai patron : Vincent Bolloré lui-même.

La seconde recrue, Jérôme Bellay, désormais à la tête du JDD, appelle Bolloré « le cousin ». Sa quatrième épouse, Isabelle Morizet, alias Karen Cheryl, serait, aime rire Bellay devant ses collaborateurs, une parente éloignée du premier actionnaire de Vivendi. Le couple partage d’ailleurs quelques cocktails sur le pont du Paloma, lorsque le yacht du milliardaire mouille l’été dans la baie de Cannes.

C’est un tout autre style que Mahé. A 79 ans, engoncé dans un éternel blouson de cuir noir, il est respecté dans les médias depuis qu’il a lancé la première radio en continu, Franceinfo, participé à la création de LCI et produit en 2000 « C dans l’air », l’une des émissions quotidiennes les plus regardées du service public. Son retour sonne comme une revanche. Lui aussi retrouve, à la tête du JDD, un poste qu’il avait dû quitter en 2016. Il avait été évincé après une couverture affichant le portrait pleine page de Marine Le Pen sous le titre « Un Français sur trois prêt à voter pour elle » (« une » du 11 octobre 2015)A l’époque, elle avait choqué la rédaction et le propriétaire du titre, Arnaud Lagardère…

Une complicité inédite entre Zemmour et Bolloré

La véritable arme de Vincent Bolloré dans sa bataille politique était elle aussi journaliste. Eric Zemmour, condamné pour « provocation à la discrimination raciale » et pour « provocation à la haine » envers les musulmans, défenseur de la peine de mort et du Pétain de la collaboration, adversaire des contre-pouvoirs, de l’Europe et de la Constitution de la Ve République est le phénomène de la campagne présidentielle qui s’annonce.

Avant même d’être candidat, il en insuffle le rythme, les mots, les polémiques. « Zemmour est une entreprise, avec des résultats financiers, soutenue par un groupe de médias, a analysé l’ancien président François Hollande dans le quotidien italien Corriere della Sera le 31 octobre. Trump est passé de la télé-réalité à la Maison Blanche, mais il était le candidat du Parti républicain, tandis que Zemmour est le candidat d’un groupe audiovisuel. »

Avant même d’être candidat, il en insuffle le rythme, les mots, les polémiques. « Zemmour est une entreprise, avec des résultats financiers, soutenue par un groupe de médias, a analysé l’ancien président François Hollande dans le quotidien italien Corriere della Sera le 31 octobre. Trump est passé de la télé-réalité à la Maison Blanche, mais il était le candidat du Parti républicain, tandis que Zemmour est le candidat d’un groupe audiovisuel. »

Quand il aime, Vincent Bolloré a le coup de fil et le texto faciles. Bolloré et Zemmour déjeunent ensemble près d’une fois par mois et se téléphonent tous les jours, et c’est comme si CNews s’était mise à la disposition du presque candidat. Il faut dire que depuis l’arrivée du journaliste d’extrême droite, en octobre 2019, la chaîne d’opinion a triplé ses audiences, talonnant BFM-TV et distançant LCI et Franceinfo. Entre le Breton catholique et le juif pied-noir d’Algérie s’est tissée une complicité inédite, dont la droite classique a fini par s’émouvoir.

En septembre, la candidate à la primaire du parti Les Républicains (LR) Valérie Pécresse s’en inquiète d’ailleurs directement devant Vincent Bolloré. Elle connaît l’industriel depuis longtemps. En 2007, le père de l’ancienne ministre, professeur reconnu de l’université Paris Dauphine, Dominique Roux, avait été nommé président de Bolloré Telecom. Soutenir la candidature Zemmour serait une impasse, insiste-t-elle. « Justement, je l’ai retiré de l’antenne », répond avec un culot désarmant le propriétaire de CNews. En vérité, dans la perspective de la présidentielle, il a juste dû se soumettre à la décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de décompter le temps de parole du chroniqueur de « Face à l’info » contraignant Zemmour au départ.

Marine Le Pen s’indigne

Qu’importe que le polémiste soit présent ou pas : son nom est partout, dans la bouche des invités, sous les questions posées ou les titres des débats. « Les autres candidats n’intéressent personne », justifie Pascal Praud sur son propre plateau, « L’heure des pros ». Ses thèses nourrissent chaque jour davantage l’antenne. Le 19 octobre, Jean-Marc Morandini questionne le père d’une des victimes du Bataclan. « Patrick Jardin, vous n’appelez pas à des actes violents contre les musulmans ? », lui demande-t-il tout à trac.

Le 10 novembre, dans « L’Heure des pros 2 », le journaliste polémiste du Figaro Ivan Rioufol s’interroge tout haut : « Est-ce qu’on doit tirer ou non sur les migrants à la frontière biélorusse ? C’est une vraie question ! » Et que dire de ces bandeaux qui parient sur « un second tour Marine Le Pen/Eric Zemmour ? » en brandissant des enquêtes biaisées, au point que CNews a été rappelée à l’ordre par la commission des sondages. Le ministre de l’économie Bruno Le Maire en reste stupéfait : le 18 octobre, alors qu’il réfute le « déclinisme » de Zemmour devant l’intervieweuse star d’Europe 1, Sonia Mabrouk, celle-ci le coupe : « Vous n’êtes pas d’accord avec le diagnostic qui est posé par Eric Zemmour ? (…) Vous ne voulez pas voir la réalité alors ! »

Zemmour par-ci, Zemmour par là… Poussé à la porte, le polémiste revient par la fenêtre. C’est tellement voyant que, le 29 octobre, invitée de Laurence Ferrari sur CNews, Marine Le Pen décide de protester. Qui aurait imaginé pareille scène il y a quelques années ? En marge de l’émission, la patronne du Rassemblement national réclame de « voir le patron de CNews » pour s’indigner. Elle n’a jamais rencontré Bolloré et veut faire savoir son indignation à la direction de la chaîne : les chiffres du CSA sont formels, elle ne dispose pas du même temps d’antenne ni du même traitement que le journaliste du Figaro (en retrait du quotidien depuis septembre, officiellement pour la promotion de son livre). 

« La seule ligne éditoriale que je respecte, c’est celle du patron. » Serge Nedjar, directeur général de CNews

La direction ne veut rien entendre et lui tourne les talons. Dire qu’en septembre 2020, lors d’un déjeuner avec le directeur général de BFM-TV, Marc-Olivier Fogiel, et la directrice de la rédaction, Céline Pigalle, Marine Le Pen les avait menacés de « se passer de BFM », où elle se trouvait mal traitée : « On ira sur CNews et ce sera très bien. »

Deux jours plus tard, le 31 octobre, un nouveau pas symbolique est franchi. Le directeur général de CNews, Serge Nedjar, valide la présence de Renaud Camus sur sa chaîne malgré de « vifs débats internes », reconnaît l’éditorialiste Ivan Rioufol, à l’origine de l’invitation dans son rendez-vous hebdomadaire sur CNews, « Les points sur les i ». « La seule ligne éditoriale que je respecte, c’est celle du patron », dit souvent Nedjar – surnommé sous cape « le général Tapioca » (le cruel dictateur de Tintin) au sein de la rédaction. Le promoteur du « grand remplacement » déroule donc, vingt minutes durant et avec l’approbation de Rioufol, cette théorie raciste et complotiste qui a notamment inspiré en 2019 le terroriste responsable de l’attentat qui a fait 51 morts et 49 blessés à Christchurch, en Nouvelle-Zélande.