mercredi 15 septembre 2021

Publié par El Diablo

Le coup de gueule de Guillaume Roubaud-Quashie, porte-parole de Fabien Roussel.

Fête de l'Huma et grosse manip'.

Trois jours d'une richesse politique, culturelle et humaine qu'on ne saurait résumer. Mais quel traitement médiatique sur les chaînes "d'information continue" ?

Des heures à tourner sur une phrase prononcée par un chanteur ("Tout le monde déteste la police") et les injonctions d'un ministre à s'en désolidariser. 

1) Si le ministre et ces journalistes avaient prêté une plus grande attention au discours de Fabien Roussel devant la grande scène (le plus grand meeting politique de la campagne qui commence), ils se seraient évité ces sommations ridicules : le Parti communiste défend un service public de police républicaine garantissant la sécurité de toutes et tous. Aucune leçon à recevoir de ceux qui, pour faire des cadeaux aux plus riches, détruisent tous les services publics, celui-ci compris, et contribuent, bien plus qu'un chanteur, à les rendre impopulaires dans une partie de la population.

2) Et puis qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Monsieur le ministre a passé son week-end à écouter tous les concerts de la Fête pour vérifier si tout était bien dans la ligne ? Vite, qu'on rétablisse la censure ! Vite, des commissions de vérification de toutes les chansons avant diffusion ! Qu'on chante, mais qu'on chante des louanges dûment certifiées ! Il y aura 80 ans dans quelques mois, Aragon, pour le poème "Front rouge" (c'était autrement plus violent !), était traîné devant les tribunaux, la revue qui l'avait publié était saisie et le poète risquait jusqu'à 5 ans de prison. En ce temps-là, on savait y faire, ma brav'dame. Misère du "monde d'après" macronien...

Résumons : mesquine manipulation ministérielle pour polluer le fort message et la grande réussite de la Fête de l’Humanité ; lamentable conception de la vie culturelle. Décidément, il est temps de fermer ce chapitre !

 

Publié par El Diablo

De nombreux éditorialistes et politiciens s’offusquent de la mise en examen d’Agnès Buzyn par la Cour de justice de la République pour les carences dans sa gestion de l’épidémie liée au coronavirus. Certains parlent même de la « mise en péril de l’action de l’Etat » et du risque de la paralysie des politiques « hantés par le risque pénal ».

 Quelle emphase, alors qu’il ne s’agit que de rechercher les responsabilités des différentes personnes en poste dans les difficultés rencontrées par notre système de santé et qui ont été à l’origine de décès qui auraient pu être évités si les moyens avaient été au rendez-vous. Bien entendu face à un phénomène nouveau, il est évident qu’il existe des phases d’incertitude et de tâtonnement. Il faut donc avoir l’humilité de reconnaître qu’on ne sait pas et qu’on a pu se tromper, raison pour laquelle il est parfois nécessaire de faire le contraire de ce qui a été dit quelques jours plus tôt.

Une des raisons des plaintes déposées provient de la manière dont le gouvernement a communiqué, sans jamais reconnaître ses erreurs, faisant montre d’une arrogance et d’un mépris vis -à-vis des critiques, qui n’ont fait qu’exacerber les tensions et la colère. L’autre élément à prendre en compte sont les limites de notre système démocratique. La verticalité du pouvoir avec sa concentration dans les mains du président de la République est ici mise en lumière.

En effet, le véritable contre-pouvoir de l’exécutif doit être le parlement qui devrait pouvoir exercer des sanctions sur les membres du gouvernement sur la base de conclusions de commissions d’enquête dotées de réels pouvoirs d’investigations. Ce qui n’est malheureusement pas le cas dans notre pays. Le mécanisme actuel avec une instance judiciaire réservée aux membres du gouvernement est en fait une aberration.

En effet, la justice n’est pas armée pour ce type de procès qui risque de s’enliser en laissant une grande amertume aux milliers de plaignants. Car ces plaintes individuelles ou collectives (la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale fait partie des plaignants) sont légitimes et nécessitent une réponse à la hauteur de la gravité de l’événement et des vies perdues.

Docteur Christophe Prudhomme

Praticien hospitalier- SAMU 93