samedi 27 avril 2024

MACRON AU PIFOMÈTRE

 

Macron soi-disant Mozart de la finance gouverne au pifomètre et le RN ne fera pas autrement

C’est évident aujourd’hui : vous vous êtes fourvoyés en élisant Macron, Jupiter omniscient grâce à qui vous n’auriez plus envie de voter pour le RN. Et vous allez recommencer avec Le Pen et Bardella, les girouettes de la politique.

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Petite indication : quand les sources des informations citées ne sont pas précisées c’est qu’elles émanent du Canard enchaîné qui reprend souvent celles d’autres journaux.

Quelques résultats économiques du Mozart de la finance.
Entre 2019 et 2023 avec 200 milliards d’aides aux entreprises par an, la baisse des impôts des sociétés, des actionnaires, etc., la croissance française a progressé de 1,6% pendant que celle des États-Unis a connu une hausse de 10,5%.Depuis le troisième trimestre 2017, la dette a augmenté de 685,2 milliards pour atteindre 3013,4 milliards d'euros le 31 mars 2023 selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Elle s'élève ainsi à 112,5% du PIB.

Innovation pour la réduire, un plan de 20 milliards d’économies est annoncé, le sixième depuis 2005.
Décembre 2005 le premier ministre Dominique de Villepin lance un plan pour ramener la dette à 60 % du PIB en 2011 : elle passera à 88%.

Juillet 2007, Nicolas Sarkozy met en place la « révision générale des politiques publiques » prévoyant 250 000 suppressions de postes de fonctionnaires pour réduire la dette qui augmentera de 650 milliards et atteindra 90% du PIB.

Juillet 2012 François Hollande lance la « modernisation de l’action publique » : malgré 571 millions économisés la dette a grossi de 400 milliards.

Février 2017 dans un rapport commandé par le gouvernement, Michel Pébereau, ancien patron de la BNP, recommande au ministre de l’économie, Emmanuel Macron, de faire d’urgence des économies : la dette atteindra 100 % du PIB avec 162 milliards en plus.

Juillet 2017, Édouard Philippe premier ministre d’Emmanuel Macron lance « le comité d’action publique 2022 pour éviter les dépenses publiques inutiles » : résultat la dette s’est accrue de 420 milliards sur le quinquennat.
Vous voilà rassurés ! Non ?

Oui mais, le chômage a baissé disent-ils ?
Pour que les jeunes ne se retrouvent pas inscrits au chômage, des centaines de milliers de contrats d’apprentissage sont signés, financés à grand frais par l’État.

Les lois travail ont réduit les montants et les durées d’indemnisation. Elles ont durci les conditions d’indemnisation, ont conduit à une multiplication des contrôles et des radiations autoritaires...
Ce n’est pas le chômage qui a baissé. Ce sont les chiffres des statistiques du chômage qui ont baissé.

On a créé deux millions d’emplois et plus d’un million d’entreprises, disent-ils. Or sont apparus 2 millions d’autoentrepreneurs et travailleurs Ubérisés.
Quant aux créations d’entreprises il s’agit de 689 000 autoentrepreneurs et 394 000 vraies entreprises.
Dans le même temps en 2023 on a compté 55 482 faillites, un niveau jamais vu depuis 2017 après 41 000 en 2022. (Source INSEE)

Champion de l’augmentation des inégalités.
Un exemple.
En 2020, sur la totalité de ses revenus 2019, un peu moins de 1,3 milliard, Bernard Arnaud, l’homme le plus riche du monde, aura été imposé à hauteur de moins de 14%, loin des 49% de la tranche supérieure du barème avec la contribution sur les hauts revenus. Le Canard enchaîné, 1er février 2023

Champion toute catégorie du raconter n’importe quoi.
Un exemple.
Le 16 avril 2022 Emmanuel Macron promet : « Le quinquennat sera écologique ou ne sera pas ».
Le 31 décembre 2022, Emmanuel Macron ahuri s’étonne : « Qui aurait pu prédire (…) la crise climatique aux effets spectaculaires encore cet été dans notre pays ! »

C’est ce prétentieux, plastronneur et outrecuidant personnage que vous avez élu, deux fois !

Selon l’expression latine traduite en français par « l’erreur est humaine, c’est persévérer qui est diabolique », il ne faudrait pas que vous nous refassiez le coup avec Marine Le Pen et Jordan Bardella.

Jordan Bardella a été démasqué dans l’émission Complément d’enquête.
« Apprendre à sourire, paraître avenant, Jordan Bardella l'a appris. Comme de nombreux politiques, il s'est entraîné à s'exprimer dans les médias : ce qu'on appelle du média training. Son ancien coach média de 2018 à 2022, Pascal Humeau - ex-journaliste de BFMTV - témoigne dans "Complément d'enquête". Les deux hommes sont aujourd'hui brouillés. "C'était une coquille vide. En termes de fond, il était plutôt limite. Il ne lisait pas particulièrement, il ne s'informait pas du tout, il ne reprenait que les éléments de langage de Marine le Pen". Alors il a formé Jordan Bardella : "Son aisance, sa décontraction, son enthousiasme qu'on peut ressentir aujourd'hui, il a fallu qu'on le travaille et ça a pris des mois et des mois pour qu’a minima, les gens qui vous détestent se disent : pour un facho, il a l'air sympa". Le conseiller en communication reconnaît que dans ses conseils à Jordan Bardella, quand il met en avant son histoire personnelle, il a pu y avoir des arrangements avec la réalité... »
La Dépèche.fr, 26 avril 2024.

On les entend essentiellement sur l’immigration et peu sur tout le reste, aussi est-il difficile de les prendre en défaut pour les critiquer.

D’ailleurs, Jordan Bardella refuse de participer aux débats. Quand il donne une conférence de presse il s’en va avant que les journalistes puissent lui poser des questions : « Ce jeudi 25 avril, le jeune président du Rassemblement national (RN) s'est dérobé aux questions des journalistes, après avoir récité laborieusement les éléments de langage du parti sur l'Union européenne. »
Marianne, le 25 avril 2024.

 

Pensée critique : La CPI, une entité soumise aux intérêts de l’Occident

24 Avril 2024, 16:58pm

Publié par Bolivar Infos

 

 

Par Pablo Jofre Leal

 

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar infos

 

Quand je pense à l'Occident en relation avec cet article, à son contrôle sur la cour pénale internationale, je rends compte particulièrement de la domination dans de large sphères de notre vie quotidienne : économique, militaire, culturelle, médiatique, par des pays dirigés par les États-Unis et leurs alliés de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) avec des régimes comme le Canada, l'Australie et des entités qui sont utilisées habituellement comme prête-noms comme le régime israélien.

 

Un groupe de pays qui, depuis l'origine de l'Organisation des Nations unies (ONU) et l'établissement de traités, de statuts, de conventions et de différents cadres légaux destinés à garantir le respect des droits de l'homme, utilise à ses fins ces organismes internationaux parmi lesquels on compte, on suppose, des organes de justice indépendants comme la Cour Pénale Internationale (CPI) aussi connue comme Tribunal Pénal International (TPI). Ne pas confondre la CPI avec ce qu'on appelle la Cour Internationale de Justice qui dépend des Nations unies et résout des controverses juridiques entre États. la CPI est le seul tribunal international qui peut enquêter et agir contre des personnes accusées des délais les plus graves contre la communauté internationale.

 

En effet, la CP est une entité dont l'objectif essentiel est de juger toute personne accusée d'avoir commis des crimes de guerre, des crimes d'agression, reconnus comme crimes contre l'humanité. Dans le cadre de cette définition, ces crimes contre l'humanité sont toutes les attaques contre les droits de l’homme fondamentaux. C'est-à-dire, pas seulement contre des victimes particulières, concrètes, mais contre l'ensemble de l'humanité. Évoquer ces crimes, c'est parler d'assassinats, d'extermination, d'esclavage, de déportation ou de déplacement, forcé de population et aussi de privation grave de liberté ou de tortures commises dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique contre une population civile et dont nous avons vu l'exemple le plus concret pendant ces six derniers mois et demi avec le processus d'extermination mené à bien par le régime national-sioniste israélien contre la Palestine, dans la poursuite d'un processus qui dure depuis 76 ans, dans une une politique claire et évidente de solution finale de la « question palestinienne » dans le style de la conférence de Wannsee organisée par les hiérarques nazis en avril 1942 pour faire avancer l'exécution de masse de millions d'êtres humains parmi lesquels des Européens de confession juive, des prisonniers de guerre, des handicapés mentaux, des Gitans, entre autres.

 

La politique d'extermination menée à bien par l'entité israélienne est une conduite qui viole toutes les lois qui existent pour défendre les droits de l'homme, pour mettre un frein à l'agression et à l'occupation d'un territoire. Une vision du monde qui gouverne ses actes criminels dans lesquels, malgré l'évidence de ces violations, de la politique de solution finale mise en place contre le peuple palestinien, l'entité national-sioniste israélienne, non seulement n’a respecté aucune des résolution de l'ONU concernant la restitution des territoires occupés, l'arrêt de la construction d'installations illégales avec des colons du sionisme le plus extrémiste, la démolition du mur de l'apartheid créé en Cisjordanie, le retour des réfugiés palestiniens, mais n'a pas non plus respecté la détermination à mettre fin à l'agression mise en œuvre depuis octobre 2023 et qui s'est traduite, jusqu'à présent, par 35 000 assassinats - dont 15 000 enfants - 90 000 blessés et la destruction de 75% des bâtiments, maisons, écoles, centres de production, cultures, hôpitaux et routes de la bande de Gaza. Cette réalité a poussé l'Afrique du Sud à accuser devant la Cour Pénale Internationale Netanyahu et son régime de crimes de guerre. Et jusqu'à maintenant,  rien qui sente la détermination d'arrêter le premier ministre sioniste ou de faire avancer la création d'une Tribunal Pénal Internationale pour le juger, lui et les siens.

 

Nous avons constaté la même chose dans d'autres parties du monde depuis 2014, quand le régime d'extrême droite de Kiev a commencé un processus d'extermination de la population du Dombas à partir du coup d'Etat de février de 2014 qui a renversé le Gouvernement de Victor Yanukovich, processus qui a duré jusqu'en février 2022, quant a commencé l'opération militaire de dénazification et de des démilitarisations du régime de Kiev par l'armée de la fédération russe. Ce processus d'extermination avait signifié l'assassinat d'au moins 20 000 habitants russophones des régions de Donetsk et Lugansk,  aujourd'hui nouvelles républiques populaires ayant coupé tout lien avec Kiev. On n’a pas l'habitude de rappeler cela au moment de diaboliser l'opération de défense de cette population russe dans l'aile orientale de l'Ukraine qui a une relation claire et indéniable avec la Russie.

 

La Cour Pénal International Criminelle est née le 17 juillet 1998, sous les auspices de ce qu'on appelle la Conférence Diplomatique des Plénipotentiaires des Nations unies, qui a discuté de la nécessité d'avoir une Cour Pénale Internationale. La Cour a commencé à fonctionner en 2002 et a succédé aux tribunaux had hoc formés dans les années 1990 pour aborder les crime atroces commis dans l'ancienne Yougoslavie et au Rwanda.

 

Lors de cette rencontre, 120 Etats membres de l’ONU ont approuvé ce qu'on appelle le Statut de Rome. 7 ont voté contre et 21 se sont abstenus, ce qui a permis la mise en place de cette CPI qui allait entrer en vigueur le 1er juillet 2002–un vote qui ne s'est pas traduit par un procès-verbal.–Par conséquent, on ne sait pas qui a voté pour, contre ou s'est abstenu, à l’exception de la République Populaire de Chine, des États-Unis et d’Israël.

 

Ces trois pays ont exprimé les raisons qu'ils avaient de voter contre. Le régime israélien a signalé qu'il votait contre car il ne comprenait pas pourquoi « l'acte de déplacer des habitants d'un territoire occupé était inclus dans la liste des crimes de guerre »–évidemment, pour éviter de respecter les résolutions qui empêcheraient la poursuite de sa politique d'occupation, de colonisation et d'extermination de la population palestinienne et de ses territoires. Cela était inclus dans les interdictions comprises, dans le quatrième accord de Genève. La Chine a signalé qu'elle votais contre parce qu'elle préférait une décision au consensus qu'à la majorité et les États-Unis, pour leur part, ont affirmé que les statuts devait reconnaître le rôle du conseil de sécurité dans la détermination dans la qualification d'un acte d'agression, car là, indubitablement, Washington a un droit de véto indiscutable qui a été utilisé pour nier a de multiples occasions, les accusations portées contre ses propres Gouvernements, comme celles portées contre ses pays satellites.

 

Dans un intéressant document intitulé « 10 condamnations en 25 ans : la Cour Pénale Internationale atteint-elle son but ? » On signale que « la première personne que la CPI a jugé avec succès, a été Thomas Lubanga Dylio, l'ancien président de la République Démocratique du Congo. En mars 2012, Dylio a été déclaré coupable de crimes de guerre pour avoir enrôlé et recruté des enfants mineurs de moins de 15 ans et les avoir utilisés pour participer activement aux hostilités. Depuis lors, la CPI a traité 30 cas de plus dont 10 se sont soldés par des condamnations et quatre par des acquittements alors que 16 suspects sont toujours en liberté. La CPI est composée de 18 juges sélectionnés par l'Assemblée des Etats Membres pour un mandat de 9 ans non renouvelable et dispose d'un budget annuel d'environ 200 000 000 d'euros. 25 ans après sa création, on a déclaré : « Aujourd'hui, le monde a besoin de plus de justice que jamais. Les atrocités du XXe siècle qui ont amené à la création de la Cour n'ont pas cessé d'exister et nous assistons à une érosion du multilatéralisme et de l'Etat de droit de plus en plus importante. » Le problème réside dans le fait que la CPI, à une majorité écrasante, juge ceux que Washington et les siens ont désignés.

 

En mars 2023, sous la pression des États-Unis et des pays membres de l'OTAN, la CPI a lancé un mandat d'arrêt contre le président russe, « pour la déportation illégale d'enfants ukrainiens et leur transfert des zones occupées d'Ukraine à la Fédération de Russie. » Le même mandat d'arrêt a été émis contre María Alekseyevna Lvova-Belova, représentante de la présidence russe pour les droits de l'enfant. Une accusation sans fondement au-delà des dénonciations du régime de Kiev amplifiées par les médias occidentaux. Que cherche Washington et les siens avec cette nouvelle provocation contre la Russie et en particulier contre son plus haut dirigeant et des fonctionnaires de son Gouvernement ? D'abord, à utiliser un organisme international, et ainsi donner un visage de sérieux juridique à l'accusation contre Poutine dans le cadre de l'actuel affrontement guerrier en Ukraine, dans lequel les participants échappent à la Russie et à l’Ukraine quand, derrière les forces de Kiev, se trouve l'OTAN qui utilise l'Ukraine comme faire de lance et chair à canon.

 

À mon sens, et malgré l'énorme campagne médiatique, politique et diplomatique que l'Occident pronord-américain mène à bien, il n'existe aucun fondement plausible, aucune raison que nous pourrions qualifier de sérieuse, de véridique, au-delà d'un récit connu pour sa campagne inhabituel de manipulation et de désinformation tissé contre la Russie depuis la fin de l'URSS et intensifiée après la décision russe de mener à bien l'opération militaire pour dedénazification  et de démilitarisation d’une Ukraine devenue le fer de lance des politiques russophobes de Washington, et auquel les pays européens, regroupés dans l'Union européenne et l'Organisation du Traité traité de l'Atlantique Nord se joignent avec un enthousiasme irresponsable.

 

Ces décisions visent clairement à isoler la Russie, à mettre en place une politique de pression maximale et à créer une CPI unilatérale peu fiable et soumise aux intérêts des pays occidentaux. Cela se fait au détriment non seulement des rivaux occidentaux, mais aussi de l'ensemble des pays du Sud mondial.

 

De cette façon, on sape le droit international, la sécurité et la paix. Les mesures prises jusqu'à présent par la CPI sont totalement unilatérales et nous ne les avons jamais vues mises en place quand il s'agit de dirigeants occidentaux, parmi lesquels, dans le cas de l'invasion de l'Irak suite à des informations manipulée, le premier ministre britannique Tony Blair, l'ancien premier ministre espagnol José Maria Aznar, l'ancien président des États-Unis Georges W. Bush, responsables de l'assassinat d’1 000 000 d’Irakiens. Et même le premier ministre sioniste, Benjamin, Netanyahou et une grande partie de son cabinet. Des généraux de l'OTAN, des généraux des armé d'invasion, qui ont provoqué des millions d'assassinats dans le Sahara occidental, en Serbie, en Libye,en Irak, en Afghanistan, en Syrie, au Yémen, en Palestine, dont les responsables sont les Gouvernements occidentaux avec la participation de régimes comme celui de l'Australie, du Canada, d'Israël, de l'Arabie Saoudite, du Maroc, entre entre autres.

 

Dans un article publié sur  www.segundopaso.es, on signalait il y a plus d'un an–et cela n'a pas changé d'un iota–que la CPI est une organisation au service de l’Occident, des intérêts hégémoniques de Washington et des siens, un instrument destiné à essayer de faire perdurer un monde qui exige des changements à hauts cris. Une organisation qui s'est consacrée à émettre des mandats d'arrêt contre des dirigeants africains, mais aucun contre les dirigeants politiques et militaires occidentaux responsable d'agressions, d'invasions, d'occupation et de colonisation de territoires. Responsables de la mort, par exemple, de 600 000 êtres humains en Syrie lors d'une guerre d'agression menée à bien par des troupes étrangère et des groupes terroristes depuis 2011. Un Occident qui a donné son aval aux crimes commis par le Gouvernement ukrainien à partir de février 2014 contre la population russophone du Donbass.

 

Une CPI qui ne juge pas et n'a émis aucune condamnation contre le régime civil et militaire sioniste pour 76 ans d'occupation et de colonisation qui se sont soldés–des estimations très en dessous de la réalité–par la mort d'au moins 150 000 Palestiniens pendant ces 76 dernières années auxquels il faut ajouter les 35 000 morts pendant ces 95 derniers jours. La déportation forcée des habitants, l'arrestation, la torture, l'assassinat, les enlèvements, entre autres crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour lesquelles nous n'avons pas vu cette CPI émettre de mandat d'arrêt contre les criminels Benjamín Netanyahu, Avigdor Liberman, Benny Gantz, Ayelet Shaked, Itamar Ben Gvir, Bezalel Smotrich ou le ministre de la guerre israélien Yoav Gallant. « Quelle crédibilité peut avoir la CPI si elle est restée muette sur la souffrance du peuple irakien après 20 ans d'agression de la part des États-Unis et de la Grande-Bretagne, ou du peuple afghan ?

 

La CPI qui s’est tue quand les États-Unis ont imposé des sanctions à un procureur de la CPI pour avoir enquêté sur des crimes de guerre commis en Afghanistan par des militaires étasuniens. Washington a aussi menacé d'arrêter de sanctionner les les magistrats et d'autres fonctionnaires du tribunal pour la même affaire. Le 2 septembre 2020, l'administration a annoncé que les États-Unis avaient imposé des sanctions à la procureur de la CPI Fatou Bensouda et au chef de la division de juridiction, de complémentarité et de coopération du bureau du procureur, Phakiso Mochochok. Cette action concrétisait un ordre exécutif émis le 11 juin 2020 par le président Donald Trump qui déclarait une urgence nationale surréaliste et autorisait le gel des actifs et l'interdiction d'entrée des familles qui pourrait être imposée contre certains fonctionnaires de la CPI.

 

L'ancien président des États-Unis, Trump a qualifié à son époque la CPI « d'irresponsable » et de «  dangereuse » pour  le pays et a appelé à « limiter les larges pouvoirs » de la CPI. En cette année 2024, le président actuel des États-Unis, Joe Biden, soutient la décision du tribunal contre Vladimir Poutine. Washington, à l'époque, avait adopté une loi qui autorisait l'utilisation de « tous les moyens nécessaires et appropriés pour obtenir la libération », d'un militaire ou d'un fonctionnaire arrêté à la demande du tribunal de  La Haye. L'ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, John Bolton, sous le gouvernement de Trump, soutenait en 2018 : « Nous laisserons la CPI mourir d'elle-même. Après tout, la CPI est morte dans tous les sens du terme ». Quand il y a des aveux, il n'y a pas besoin de preuve. La CPI et sa conduite unilatérale et en faveur de l’Occident « est sur la voie de l'autodestruction ».

 

Ces paroles coïncide pleinement avec celle de l'ambassadeur de Russie, devant le conseil de sécurité de l'ONU, qui soutenait que cet institution, appelait CPI, au moment où elle se taise face au crime, de qui, des États-Unis et de l'OTAN, le Donbass, ainsi que devant les crimes commis pendant des décennies par l'Occident, est une institution politisée qui agit de façon déséquilibrée et incompétente, et a à nouveau démontré son infériorité. « La CPI est une marionnette aux mains de l'Occident collectif, toujours prête à exercer une pseudo justice sur demande. » il est évident que le monde marche, inexorablement vers le multilatéralisme et que l'empire agonisant ne peut rien faire de plus que donner des coups de poing dans l’eau.

 

Source en espagnol :

https://www.resumenlatinoamericano.org/2024/04/22/pensamiento-critico-cpi-una-entidad-sometida-a-los-intereses-de-occidente/

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2024/04/pensee-critique-la-cpi-une-entite-soumise-aux-interets-de-l-occident.html

 

Publié par El Diablo

 

 

 

Les lois sur l'histoire quelque soit le prétexte invoqué sont destinées à imposer un récit anticommuniste officiel

26 Avril 2024 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique, #L'Europe impérialiste et capitaliste, #Théorie immédiate, #GQ, #Russie, #Europe de l'Est, #Chine

La propagande ne perd pas de temps dans l'exploitation du filon.

La propagande ne perd pas de temps dans l'exploitation du filon.

 

Si on examine l’histoire des sciences, on constate que la viabilité de la théorie de l’évolution darwinienne n’a pas été affaiblie mais renforcée au contraire par les attaques des créationnistes. Les interdire sous prétexte qu’elles rallieraient les suffrages d’intégristes religieux d’extrême-droite qui font la police dans les écoles outre-atlantique aurait précisément obtenu l’effet inverse à celui souhaité.

Ce n’est pas semble-t-il l’analyse - ni l’intention - de ceux qui ont promulgué en Europe et particulièrement en France des lois qui instaurent un délit d'opinion en interdisant de remettre en cause certains récits historiques. Ce qui est visé explicitement c’est le négationnisme de la Shoah, mais l’opprobre s’étend aussi au révisionnisme historique en général qui pourrait y conduire, craint-on.

Or le révisionnisme de théories traditionnelles ou dépassées est la démarche qui consiste à reconsidérer un récit historique vu les progrès de la recherche, et qui est si on y réfléchit l’essence même du travail de l’historien. L'idée qu’il y a des faits et des interprétations historiques définitivement acquises, à tort ou à raison et que ça plaise ou non est étrangère à la mentalité de l’historien scientifique professionnel.

Presque aucun récit historique un peu complexe n’est prouvé à 100 %. et on peut même se demander si une telle exigence aurait un sens. Mais cette particularité de la science et du récit historiques qui en diffusent le résultat n’est pas bien comprise même d’un public a priori plus sage ; j’avais tenté un jour (en vain) d’expliquer ce point de vue au philosophe Jacques Bouveresse après une de ses leçons au Collège de France et il m’avait assimilé avec colère, devinez à qui ? Aux négationnistes des chambres à gaz.

Cela dit, les faits historiques concernant la Shoah sont  pour l'essentiel parmi les mieux établis ; l’interdiction du négationnisme et la remise en cause du révisionnisme ont donc été non seulement inutiles, mais ils ont introduit dans le public des soupçons et alimentés les argumentaires paranoïaques des antisémites, complètement marginalisés depuis 1945, qui n’en demandaient pas tant.

La meilleure façon soit dit en passant de lutter contre les théories et les interprétations irrationnelles ou malveillantes est de les laisser se développer pour pouvoir les réfuter explicitement.

Mais la loi Gayssot de 1990, du nom d’un communiste repenti des années de la mutation du PCF - célèbre bien malgré lui pour s’être, littéralement , tiré une balle dans le pied dans une partie de chasse - qui est censée empêcher l’expression des idées des négationnistes des camps de la mort et des chambres à gaz nazies est en fait dirigée contre un autre objectif : les communistes eux-mêmes.

Ce fait paradoxal s’explique aisément si l’on réfléchit à l’importance prise dans la philosophie et dans l’histoire enseignées aujourd’hui par une catégorie de pensée ad-hoc imaginée en 1945 par Hannah Arendt (principalement) et conjointement avec les théories de Georges Orwell et de Karl Popper, pour amalgamer communisme et nazisme, le « totalitarisme ».

S’il est interdit par la loi de nier l’existence de crimes nazis il va forcément l’être aussi de nier les crimes "totalitaires" généreusement imputés au communisme par la pensée hégémonique depuis la chute du Mur de Berlin, qui reprend telles-quelles les assertions de la propagande nazie et occidentale développées puis 1917 avec une imagination digne de Stefen King – lequel aurait bien voulu d'ailleurs devenir un porte plume de la propagande ukrainienne. Puisque nazisme et communisme sont censés être les deux faces de la même chose horrible.

La loi Gayssot a eu peu d’effet contre les fascistes patentés qui n’ont aucun souci de cohérence et qui peuvent sans problèmes promouvoir le fascisme en affectant de s'y opposer –  mais elle affecte indirectement les communistes parce qu’elle les gène pour utiliser le bilan réel de l’URSS et des autres pays socialistes dans leur argumentaire, ce qui nécessiterait la révision des montagnes de propagande qui tiennent lieu d'historiographie, sans provoquer des amalgames hystériques et une mise en quarantaine.

Toute tentative de réfuter les légendes urbaines qui courent les rues concernant Lénine, Staline, et qui déforment de manière tératologique l’histoire réelle des famines, du Goulag, des purges, l’histoire de l’économie de l’URSS, de la Chine maoïste, etc. peuvent être aisément stigmatisées comme une forme de révisionnisme, et du coup de négationnisme totalitaire.

Ainsi l'historienne Annie Lacroix-Riz a-t-elle fait l’objet d’une tentative de diabolisation et de mise au ban de l'Unniversité de la part des sympathisants des nazis d'Ukraine, en ce qu’elle contestait la légende noire du Holodomor - la "famine génocidaire" de 1932. Ce n’est pas comme on voit une affaire sans importance car le discours victimaire des néo-nazis ukrainiens est maintenant devenu une pièce maîtresse de la propagande belliciste et impérialiste pour prolonger le massacre de la guerre insensée contre la Russie qui s'y déroule en ce moment.

La théorie du totalitarisme et la tentative de proscrire et de criminaliser les idéologies stigmatisées comme totalitaires  - qui visent toujours en pratique les mouvements marxistes-léninistes , non seulement porte atteinte aux libertés de pensée, d’expression et de recherche, mais risque de nous conduire tout droit à la troisième guerre mondiale.

Une tentative de censure des esprits ab ovo du même genre est en cours actuellement - sous couvert de lois instituant le délit d'apologie du terrorisme - pour criminaliser la critique du sionisme, et de protéger l'existence de l'État d'Israël contre toute critique par une loi d’exception qui en ferait un autre délit d'opinion. Les grands esprits de l'impérialisme se retrouvent.

Le but de cet article n'est pas de montrer que la propagande nazie ou raciste devrait être autorisée, bien que je ne crois pas que son interdiction soit efficace dans le cadre d'une société libérale et capitaliste. Il s'agit de montrer aux communistes que les lois de ce type sont dirigées principalement contre eux et qu'ils doivent cesser de les invoquer dans leur matériel de propagande s'ils veulent cesser de se tirer des balles dans le pied.

Le fascisme, le racisme, et d'autres formes extrêmes de l'oppression des classes exploiteuses du travail sont les produits dans la superstructure des rapports de production matériellement déterminés à une époque données et ne peuvent pas être modifiés fondamentalement par des campagnes menées dans le champ de l'idéologie ou plus ridiculement de la morale. Lorsqu'on croit le faire avec efficacité, c'est qu'on s'attaque à des survivances du passé qui ont déjà perdu leur substance. Pour le dire autrement, c'est quand on enfonce des portes ouvertes - au risque de créer des précédents dangereux.

GQ, 4 novembre 2023, relu le 21 avril 2024

PS Toute autre tentative de sanctuariser ou de renverser par la loi ou par des règlements universitaires un récit historique, avec de bonnes intentions, est tout aussi mal inspirée que celle de la loi Gayssot et provoque de la même manière l'effet inverse de celui escompté.

Et risque d'aboutir à rien de mieux qu'aux théories oh combien subversives de ces révolutionnaires de campus qui repoussent Marx et Lénine hors du champ des études, parce qu'ils étaient des mâles blancs de plus de cinquante ans.

 

Les étudiants américains ont les yeux rivés sur les campus universitaires : Gaza est la raison de notre présence ici 

« Il n’y a plus d’université à Gaza » : de Paris à New York, les étudiants se mobilisent pour la Palestine

samedi 27 avril 2024 par Defend Democracy Press

La résistance de la Palestine sauve la conscience du monde, en particulier la partie honnête et socialement ancrée dans les réalités productives des sociétés occidentales globalement dégénérées politiquement, et elle permet de réarmer et de réorganiser la vraie gauche, la gauche sociale, la gauche ayant une base de classe. Tout en démontrant de façon incontestable l’hypocrisie de la morale droidelommiste occidentale.
...Les Palestiniens ont permis de relire l’article de Karl Marx à la New York Herald Tribune sur l’insurrection des Cipayes aux Indes et de repartir de l’avant. [1]
La Palestine est (re)devenue le Vietnam des années 2020. (BD-ANC)

La célèbre école Sciences Po Paris s’est mise à l’heure des universités américaines où les manifestations propalestiniennes se sont multipliées. Les cours n’ont pas pu reprendre, vendredi 26 avril au matin. L’école est à nouveau inaccessible et occupée par plusieurs dizaines d’étudiants en pleine période d’examens. On attend beaucoup des autres sites universitaires partout en France...(JP-ANC)

L’attention mondiale s’est tournée vers les universités des États-Unis, où les étudiants ont érigé des campements pour exiger que des mesures soient prises pour mettre fin à la guerre d’Israël contre la bande de Gaza.

Les manifestations de plus en plus nombreuses ont pris racine sur les campus de certains des plus grands établissements universitaires du pays, dont Columbia et Harvard.

Au cours des dernières semaines, elles ont suscité de vifs débats sur la liberté d’expression, la solidarité avec les Palestiniens aux États-Unis et l’usage de la force pour disperser les étudiants protestataires, entre autres.

Mais les étudiants au cœur du mouvement affirment que la raison pour laquelle ils ont commencé leurs manifestations - la nécessité urgente de mettre fin aux bombardements meurtriers d’Israël sur Gaza - risque de se perdre dans une cacophonie de voix et de distractions.

"Gaza est la raison pour laquelle nous sommes ici. Gaza est la raison pour laquelle nous faisons cela", a déclaré Rue, étudiante à la New School de New York, qui a demandé à n’être identifiée que par son prénom par crainte de représailles.

Les étudiants pro-palestiniens promettent de "désoccuper" Princeton après que l’administration ait mis fin au campement.

25 avril 2024

Quelques heures après que les administrateurs aient mis fin à un campement naissant à l’Université de Princeton jeudi matin, des centaines d’étudiants ont pris le contrôle d’une cour centrale de l’institution de l’Ivy League, jurant de rester jusqu’à ce que l’université se sépare des entreprises qui profitent de l’occupation israélienne des Palestiniens.

Des étudiants, des professeurs et des membres de la communauté ont apporté des couvertures, des livres, des ordinateurs portables et des toiles vierges sur les pelouses situées en face de la chapelle de l’université, dans la cour McCosh, jeudi, mettant en place une "Université populaire pour Gaza" pour repousser la décision de l’université de fermer le campement anti-guerre, comme leurs pairs l’ont déjà fait dans plus de 30 autres universités à travers les États-Unis au cours de la semaine écoulée.


Là-bas aussi. Répression et diffamation ! (JP-ANC)

Faisant écho au président Biden, M. Netanyahu a qualifié les manifestations d’"antisémites".

par Dave DeCamp
24 avril 2024

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appelé mercredi à une répression contre les Américains qui protestent contre le massacre des Palestiniens de Gaza par Israël dans les campus universitaires des États-Unis.

"Ce qui se passe sur les campus universitaires américains est horrible. Des foules antisémites ont pris le contrôle de grandes universités", a déclaré M. Netanyahu. Ses propos font écho à ceux du président Biden, qui a qualifié les manifestations de "protestations antisémites".

Dans certaines universités américaines, la police a arrêté et dispersé les manifestants, mais M. Netanyahu a déclaré qu’il fallait faire plus. "Heureusement, les autorités étatiques, locales et fédérales ont réagi différemment, mais il faut faire plus. Il faut faire plus", a déclaré M. Netanyahu.

Le chef de l’opposition israélienne et ancien Premier ministre, Yair Lapid, a également appelé à une répression des manifestations. "Ce qui se passe sur les campus universitaires américains est impardonnable", a-t-il écrit sur X. "C’est de l’antisémitisme, c’est du soutien au terrorisme, c’est du soutien au Hamas qui assassine des personnes LGBT et opprime les femmes. L’administration ne peut pas rester les bras croisés, elle doit intervenir".

Des policiers de l’État du Texas ont dispersé une manifestation à l’université du Texas, à Austin, mercredi, et auraient arrêté au moins dix étudiants. Les manifestants exigeaient que l’université se désengage des entreprises manufacturières qui fournissent des armes à l’armée israélienne.

Les partisans d’Israël aux États-Unis ont également qualifié à tort les manifestations organisées dans tout le pays d’"antisémites", alors que de nombreux étudiants juifs participent à l’activisme pro-palestinien sur les campus universitaires, y compris à la manifestation organisée à l’université de Columbia. M. Netanyahu a poussé la diffamation un peu plus loin en affirmant que les manifestants voulaient "tuer des Juifs".

"Nous assistons à une montée exponentielle de l’antisémitisme en Amérique et dans les sociétés occidentales, alors qu’Israël tente de se défendre contre des terroristes génocidaires qui se cachent derrière des civils", a déclaré M. Netanyahu.


Des centaines de personnes arrêtées et agressées par la police américaine alors que les manifestations contre le génocide de Gaza s’étendent sur les campus universitaires

Un campement anti-guerre se développe à l’université de Pittsburgh : "Biden, Trump, Bush et Obama, tous sont déterminés à poursuivre la guerre.
Des centaines de personnes arrêtées et agressées par la police américaine alors que les manifestations contre le génocide de Gaza se multiplient sur les campus universitaires
"Le droit de manifester est en jeu", déclare un étudiant de Columbia au WSWS
Des centaines d’étudiants se rassemblent contre le génocide à Washington, D.C.
La police de Boston évacue par la force un campement de tentes à Emerson College
Jerry White, candidat à la vice-présidence du Parti de l’égalité socialiste, dénonce le déchaînement de la police à Austin, au Texas.
"L’antisémitisme, c’est l’amalgame entre l’État d’Israël et les juifs", déclare un membre de la faculté de Columbia à WSWS.
Les manifestations étudiantes contre le génocide de Gaza et la répression policière s’étendent à l’Italie et à la France
La police de Los Angeles procède à une arrestation massive sur le campus de l’Université de Californie du Sud

Blog ANC

 

Le nazisme et le fascisme n’ont jamais été l’ennemi des Etats-Unis

L’un des mythes européen et étasunien est que le fascisme a été vaincu pendant la Seconde Guerre mondiale par les démocraties libérales, et en particulier par les États-Unis. Alors que les archives suggèrent que loin d’être éradiqué à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le fascisme a en fait été réaffecté, ou plutôt redéployé, pour remplir sa fonction historique première : détruire le communisme athée et sa menace pour la mission « civilisatrice capitaliste ». Les diverses officines de sécurité nationale ont fait que le fascisme, loin d’être vaincu lors de la Seconde Guerre mondiale, a été internationalisé avec succès.

Lorsque les États-Unis sont entrés dans la Seconde Guerre mondiale, le futur chef de la CIA, Allen Dulles, a déploré que son pays combattait le mauvais ennemi. Les nazis, comme il l’a expliqué, étaient des chrétiens aryens pro-capitalistes, alors que le véritable ennemi était le communisme athée et son anticapitalisme résolu. Après tout, les États-Unis avaient, seulement 20 ans auparavant, participé à une intervention militaire massive en URSS, avec quatorze pays capitalistes pour, selon Winston Churchill : « étrangler le bébé bolchevique dans son berceau ».

Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, le général Karl Wolff, ancien bras droit de Himmler, est allé voir Allen Dulles à Zurich. Il voulait éviter d’être traduit en justice. Wolff, qui était l’officier SS le plus haut gradé à avoir survécu à la guerre, offrit à Dulles la promesse de développer, avec son équipe nazie, un réseau de renseignement contre Staline pour lutter contre le communisme. Wolff est loin d’être le seul responsable nazi protégé et réhabilité par la CIA. Le cas de Reinhard Gehlen est particulièrement révélateur. Ce général du IIIe Reich avait été responsable du service de renseignement nazi dirigé contre les Soviétiques. Après la guerre, il a été recruté et a ensuite été nommé à la tête du premier service de renseignement allemand, réorganisé par la CIA, où il a commencé à employer un grand nombre de ses collaborateurs nazis. On ne sait pas combien de criminels de guerre ce nazi décoré a engagé, mais Eric Lichtblau estime que quelque quatre mille agents nazis ont été intégrés dans le réseau supervisé par l’agence d’espionnage étasunienne. Dès 1945, l’armée et les services de renseignement EU ont recruté sans état d’âme d’anciens criminels nazis : « les États-Unis venaient de vaincre les nazis avec l’aide des Soviétiques. Ils prévoyaient désormais de vaincre les Soviétiques avec l’aide d’anciens nazis ». La situation était similaire en Italie, l’accord de Dulles avec Wolff faisait partie d’une entreprise plus vaste, appelée « Opération Sunrise », qui a mobilisé les nazis et les fascistes. Dulles a travaillé main dans la main avec le futur chef du contre-espionnage de l’Agence, James Angleton, qui était alors stationné en Italie. Ces deux hommes, qui deviendront deux des acteurs politiques les plus puissants du XXe siècle, ont montré de quoi ils étaient capables dans cette étroite collaboration entre les services de renseignement étasuniens, les nazis et les fascistes. Valerio Borghèse était l’un de ses principaux contacts parce que ce fasciste pur et dur du régime de Mussolini était prêt à servir les EU dans la lutte anticommuniste, et il est devenu l’une des figures de proue internationale du fascisme d’après-guerre.

Une fois la guerre terminée, de hauts responsables du renseignement EU « ont œuvré pour que la dénazification n’ait qu’une portée limitée », selon Frédéric Charpier : « Des généraux, des hauts fonctionnaires, des policiers, des industriels, des avocats, des économistes, des diplomates, des universitaires et de véritables criminels de guerre ont été épargnés et remis à leur poste ». Dulles a rédigé une liste de hauts fonctionnaires de l’État nazi à protéger et à faire passer pour des opposants à Hitler. La CIA a procédé à la reconstruction des États administratifs en Allemagne et en Italie avec leurs alliés anticommunistes. Eric Lichtblau estime que plus de 10 000 nazis ont pu immigrer aux États-Unis dans la période d’après-guerre (au moins 700 membres officiels du parti nazi avaient été autorisés à entrer aux États-Unis dans les années 1930, alors que des réfugiés juifs étaient refoulés). En plus de quelques centaines d’espions allemands et de milliers de SS, l’opération Paperclip, qui a commencé en mai 1945, a amené au moins 1 600 scientifiques nazis aux États-Unis avec leurs familles. Cette entreprise visait à récupérer les grands esprits de la machine de guerre nazie et à mettre leurs recherches sur les fusées, l’aviation, les armes biologiques et chimiques, etc., au service de l’empire américain. Le programme a permis l’immigration de chimistes d’IG Farben (qui avait fourni les gaz mortels utilisés dans les exterminations de masse), de scientifiques qui avaient utilisé des esclaves dans les camps de concentration pour fabriquer des armes, et de médecins qui avaient participé à des expériences sur les Juifs, Roms, communistes, homosexuels et autres prisonniers de guerre. Ces scientifiques, qui ont été décrits par un fonctionnaire du département d’État opposé à Paperclip comme « les anges de la mort d’Hitler », ont été accueillis à bras ouverts dans le pays de la liberté. Ils ont reçu un logement confortable, un laboratoire avec des assistants et la promesse d’une citoyenneté si leur travail portait ses fruits.

La CIA, mais également le MI6 ont travaillé avec l’OTAN et les services de renseignement de nombreux pays d’Europe occidentale pour construire une vaste organisation clandestine. Les chiffres varient selon les pays, mais ils sont estimés entre quelques dizaines et plusieurs centaines, voire quelques milliers, par pays. Selon un reportage de l’émission de télévision « Retour aux sources », il y avait des réseaux clandestins stay-behind en Norvège, en Allemagne, en Italie, en France. Ces militants entraînés commettront également des attaques terroristes contre la population civile, qui seront ensuite imputées aux communistes. C’est en Italie que cette stratégie de la « tension » a été particulièrement intense, entre 1969 et 1987, les actes de violences ont fait 491 morts et 1 181 blessés. En 2000, une commission parlementaire italienne qui a mené une enquête sur les armées stay-behind en Italie est parvenue à la conclusion suivante : « Ces massacres, ces bombes, ces actions militaires ont été organisés, promus ou soutenus par des hommes au sein des institutions de l’État italien et, comme on l’a découvert plus récemment, par des hommes liés aux structures du renseignement des États-Unis. »

Les Etats-Unis ont exfiltré des milliers de fascistes d’Europe. Le cas de Klaus Barbie n’est qu’un cas parmi des milliers : ce spécialiste des « tactiques d’interrogatoire renforcées », connu pour avoir torturé à mort le coordinateur de la Résistance française, Jean Moulin. Mais après la guerre, l’homme que ces mêmes auteurs décrivent comme le troisième sur la liste des criminels SS les plus recherchés, travaillait pour le Counter Intelligence Corps (CIC) de l’armée des EU. Il a été engagé pour aider à construire les armées stay-behind en recrutant d’autres nazis et pour espionner les services de renseignement français dans les régions contrôlées par la France en Allemagne. En 1951, il est envoyé en Amérique Latine, où il a pu poursuivre son illustre carrière. Installé en Bolivie, il a travaillé pour les forces de sécurité de la dictature militaire du général René Barrientos et pour le ministère de l’Intérieur et la branche contre-insurrectionnelle de l’armée bolivienne sous la dictature d’Hugo Banzer, avant de participer activement au coup d’État de la cocaïne en 1980 et de devenir le directeur des forces de sécurité sous le général Meza. Tout au long de sa carrière, il a maintenu des relations étroites avec ses sauveurs étasuniens, jouant un rôle central dans l’opération Condor, le projet de contre-insurrection qui a réuni les dictatures latino-américaines, avec le soutien des États-Unis, pour écraser violemment toute tentative de soulèvement. Il a également contribué au développement de l’empire de la drogue en Bolivie, notamment en organisant des gangs de narco-mercenaires qu’il a nommés Los novios de la muerte (les fiancés de la mort), dont les uniformes ressemblaient à ceux des SS, et il a très probablement joué un rôle dans la chasse à l’homme organisée par l’Agence pour tuer Ernesto « Che » Guevara.

Le même schéma d’intégration des fascistes est facilement identifiable au Japon, où l’État de sécurité nationale des États-Unis supervisait et gérait l’organisation KATO. Ce réseau de renseignement privé, très semblable à l’organisation Gehlen, était rempli d’anciens membres éminents de l’armée et des services de renseignement, y compris le chef du renseignement de l’armée impériale (Arisue Seizō), qui partageait avec son gestionnaire étasunien (Charles Willoughby) une profonde admiration pour Mussolini. Citons aussi, le cas remarquable de Nobusuke Kishi. Grand admirateur de l’Allemagne nazie, Kishi a été nommé ministre des Munitions par le Premier ministre Hideki Tojo en 1941, afin de préparer le Japon à une guerre totale contre les États-Unis. Après avoir purgé une brève peine de prison en tant que criminel de guerre, il a été réhabilité par la CIA, avec son compagnon de cellule, le caïd du crime organisé Yoshio Kodama. Kishi, avec le généreux soutien financier de ses gestionnaires, a pris le contrôle du Parti libéral, en a fait un club de droite d’anciens dirigeants du Japon impérial et est devenu Premier ministre. « L’argent de la CIA a coulé à flots pendant au moins quinze ans, sous quatre présidents américains », écrit Tim Wiener, « et il a contribué à consolider le régime du parti unique au Japon pour le reste de la guerre froide. »

Les services de sécurité nationale des États-Unis ont également mis en place un « réseau éducatif » mondial pour former les combattants pro-capitalistes, parfois sous la direction de nazis et de fascistes expérimentés, aux techniques éprouvées de répression, de torture et de déstabilisation, ainsi qu’à la propagande et à la guerre psychologique. La célèbre École des Amériques a été créée en 1946 dans le but explicite de former une nouvelle génération de guerriers anticommunistes dans le monde entier. Cette école a la particularité d’avoir formé le plus grand nombre de dictateurs de l’histoire du monde. Il vaut la peine de mentionner, par exemple, les contributions éducatives du Programme de sécurité publique : « Pendant environ vingt-cinq ans », écrit l’ancien officier de la CIA John Stockwell, « la CIA, a formé et organisé des officiers de police et des paramilitaires du monde entier aux techniques de contrôle de la population, de répression et de torture ». Des écoles ont été créées aux États-Unis, au Panama et en Asie, d’où des dizaines de milliers de personnes ont obtenu leur diplôme. D’anciens officiers nazis du Troisième Reich ont été utilisés comme instructeurs.

L’imperium étasunien a ainsi joué un rôle central dans la construction d’une internationale fasciste en protégeant les militants de droite et en les enrôlant dans la Guerre mondiale contre le « communisme », une étiquette élastique étendue à toute orientation politique qui entrait en conflit avec les intérêts de la classe dirigeante capitaliste. Cette expansion internationale des modes de gouvernance fascistes a conduit à une prolifération de campagnes terroristes et de torture, de guerres sales, de régimes dictatoriaux, de groupes d’autodéfense et de réseaux criminels organisés dans le monde entier. Les exemples pourraient être énumérés ad nauseam, mais voici simplement le témoignage de Victor Marchetti, qui fut un haut responsable de la CIA de 1955 à 1969 : « Nous soutenions tous les dictateurs, juntes militaires, oligarchies qui existaient dans le tiers-monde, tant qu’ils promettaient de maintenir le statu quo d’une manière ou d’une autre, ce qui serait bien sûr bénéfique pour les intérêts géopolitiques, les intérêts militaires, les intérêts des grandes entreprises et d’autres intérêts particuliers ». L’Association for Responsible Dissent, composée de 14 anciens officiers de la CIA, a calculé que leur agence était responsable de la mort d’au moins 6 millions de personnes dans 3 000 opérations majeures et 10 000 opérations mineures entre 1947 et 1987. Il s’agit de meurtres directs, sans comptabiliser ce que l’on désigne pudiquement comme des « dommages collatéraux », lors de coups d’Etat par exemple.

Pour s’établir comme l’hégémon militaire mondial et le chien de garde international du capitalisme, le gouvernement des EU et ses officines se sont appuyés sur l’aide d’un nombre important de nazis et de fascistes qu’ils ont intégrés dans leur réseau mondial de répression. Des dizaines de milliers de personnes ont été réintégrées dans les régimes fascistes d’après-guerre, un grand nombre a eu le libre passage dans l’arrière-cour de l’Empire (l’Amérique latine), ainsi que des milliers ou des dizaines de milliers ont rejoint les armées secrètes de l’OTAN. Ce réseau mondial d’assassins anticommunistes chevronnés a également été utilisé pour entraîner des armées de terroristes dans le monde entier à participer à des guerres sales, des coups d’État, des efforts de déstabilisation, des sabotages et des campagnes de terreur. Tout cela s’est fait sous le couvert d’une démocratie libérale et avec l’aide de ses puissantes industries culturelles. Le véritable héritage de la Seconde Guerre mondiale, loin d’être celui d’un ordre mondial libéral qui avait vaincu le fascisme, est celui d’une véritable internationale fasciste développée sous couvert libéral pour tenter de détruire ceux qui avaient réellement combattu et gagné la guerre contre le fascisme : les communistes. Aujourd’hui, sous couvert d’aider l’Ukraine dans son conflit avec la Russie, on forme une véritable colonne vertébrale néo-nazis qui se répandra en Europe, prônant ouvertement la violence contre les minorités, et servira de nervis pour combattre les salariés en lutte et les militants communistes... en attendant peut-être des attentas terroristes !

et aussi sur : https://2ccr.wordpress.com/

Ref :

Histoire et société, le 02/01/2024 : « Les États-Unis n’ont pas vaincu le fascisme pendant la Seconde Guerre mondiale, ils l’ont discrètement internationalisé »

Lire Le boomerang américain , aux éditions Delga

Réseau International, le 11/04/2024 : « Voici Centuria, l’armée néo-nazie ukrainienne entraînée par l’Occident »

 


Le dégagisme ne doit surtout pas déboucher sur le communisme…

On connaissait les décharges de déchets atomiques et chimiques dans les pays du Tiers monde, sur ce modèle la Grande-Bretagne utilise le Rwanda pour y transférer ses immigrés refoulés… mais voici ce que l’on découvre en Albanie dont les réseaux mafieux étaient connus – actifs dans la prostitution, les trafics de drogue et les trafics d’armes – liés à la mafia italienne. Kouchner le copain de Glucksmann, proconsul installé par l’OTAN et la CIA, dans ce qui va devenir le Kosovo, et naviguait dans les mêmes eaux des basses œuvres de l’OTAN a sciemment utilisé ces réseaux pour créer le Kosovo et achever la Serbie qui résistait et que l’on a alors accusée de “purification ethnique”. Aujourd’hui le remugle remonte à la surface, les peuples montés les uns contre les autres, balkanisés veulent se débarrasser de ceux qui les ont spoliés et les ont stigmatisés, les plaçant en orbite de l’UE sans jamais les admettre, des pays pillés et dont la jeunesse n’a d’autres voie que l’immigration… Un vent de “dégagisme” dont il ne faut surtout pas qu’il aille vers le socialisme, alors on a recours aux mêmes mafias, on crée des dirigeants à la Glucksmann faux opposants de la Meloni, pour partout tenter de garder les mêmes… et on tente de trafiquer la mémoire avec des opérations à la Stéphane Courtois… Cela se passe dans les Balkans, en Italie mais on a les mêmes en France …

La candidate à la présidence du principal parti d'opposition VMRO DPMNE, Gordana Siljanovska Davkova, salue ses partisans lors du rassemblement du premier jour de la campagne présidentielle à Skopje, le 4 avril 2024.

La candidate à la présidence du principal parti d’opposition VMRO DPMNE, Gordana Siljanovska Davkova, salue ses partisans lors du rassemblement du premier jour de la campagne présidentielle à Skopje, le 4 avril 2024.© AFP – ROBERT ATANASOVSKI

Ce printemps, les électeurs de Macédoine du Nord se rendent deux fois aux urnes, le 24 avril et le 8 mai, pour la présidentielle et les législatives. Les nationalistes conservateurs du VMRO-DPMNE partent favoris face aux sociaux-démocrates de la SDSM, minés par les scandales. Mercredi, Gordana Siljanovska Davkova a largement dominé le premier tour de la présidentielle, avec 40% des voix, deux fois plus que le président sortant Stevo Pendarovski

Allié tantôt de la gauche, tantôt de la droite, le BDI a participé à tous les gouvernements de Macédoine du Nord depuis 2002, mais son monopole de la représentation de la communauté albanaise est ébranlé, comme le confirment les résultats du premier tour de la présidentielle.

Réseaux criminels et bétonisation en Albanie

Les médias italiens s’intéressent aux dessous de l’accord conclu par Giorgia Meloni et Edi Rama pour « délocaliser » en Albanie les demandeurs d’asile en Italie, pointant la figure sulfureuse de l’avocat Engjëll Agaçi. Cela a provoqué la colère du Premier ministre albanais, qui a même essayé de faire pression sur la RAI.

Le Parc naturel de Drilon, sur les rives du lac d’Ohrid, est un joyau de l’Albanie, mais il est menacé par des projets de « développement touristique », accélérés par une nouvelle loi qui ouvre la voie à la bétonisation des zones protégées.

À écouter aussiAlbanie: soulèvement contre un projet de détournement de l’eau d’une rivière

Bras de fer au Kosovo

Les électeurs serbes du nord du Kosovo ont, comme prévu, boycotté le référendum qui aurait pu désavouer les maires albanais élus en 2023. Entre Belgrade et Pristina, le bras de fer se poursuit et s’accélère depuis que le Conseil de l’Europe a entrouvert ses portes au Kosovo.

La libéralisation des visas Schengen devrait s’étendre à tous les citoyens du Kosovo, y compris les détenteurs d’un passeport délivré par le « corps de coordination » du gouvernement serbe. Le Parlement européen a voté mardi la fin de cette discrimination, au grand dam de Pristina.

Recep Tayyip Erdoğan a reçu samedi dernier à Istanbul le chef du Hamas, alors que la société civile se mobilise pour que les autorités envoient de l’aide humanitaire à Gaza et coupent les relations commerciales de la Turquie avec Israël. Dans les Balkans, la question palestinienne continue de diviser. Seule la Slovénie est en pointe pour la reconnaissance de l’État palestinien.

La Roumanie connaît aussi une « super-année électorale », qui commence le 9 juin, avec les municipales et les européennes. Dans la ville industrielle de Câmpulung, l’extrême droite a le vent en poupe. Les sympathisants de l’AUR rêvent d’une Roumanie « vraiment roumaine », basée « sur la famille, la foi, la liberté et la nation ». Dans tous les pays des Balkans, les extrêmes droites ont le vent en poupe, y compris les groupes les plus radicaux

le gouvernement bulgare – pro-occidental implose en plein “vol”, nouvelles élections anticipées (six en 3ans)

En Bulgarie, Maria Gabriel (à g.) et Nikolai Denkov (dr.) n'ont pas réussi à prolonger l'accord de partage du pouvoir qui tenait depuis neuf mois..

En Bulgarie, Maria Gabriel (à g.) et Nikolai Denkov (dr.) n’ont pas réussi à prolonger l’accord de partage du pouvoir qui tenait depuis neuf mois..© REUTERS – STOYAN NENOV

La Bulgarie se retrouve à nouveau plongée dans une crise politique après l’implosion de la majorité et de son gouvernement. Des législatives anticipées s’y tiendront le 9 juin 2024, en même temps que les européennes. Un nombre record de partis et coalitions y participeront.

Avec notre correspondant à Sofia, Damian Vodénitcharov

Six législatives anticipées en trois ans. Ce n’est pas un climat politique normal, mais l’instabilité est la nouvelle normalité en Bulgarie. Le cabinet sortant des partis pro-occidentaux reposait sur une formule exotique de partage du pouvoir : la rotation gouvernementale. Ce mariage n’a pas duré.

Accusations de corruption

Neuf mois après sa conception, au moment de la passation de pouvoir, les accusations mutuelles de corruption et d’incompétence ont repris de plus belle. Le grand gagnant, c’est le troisième partenaire de cette coalition, le parti ethnique turc, dirigé désormais par le magnat des médias, Delyan Peevski.Sanctionné par les États-Unis pour corruption, cet homme d’affaires est devenu le porte-parole et l’allié incontournable de la majorité dans un des pays où l’attachement à la Russie et à l’expérience de l’URSS est le plus manifeste, les élections risquent de ne donner que des résultats fragmentés dominés par des clientélismes pratiques dans lesquelles la Turquie d’Erdogan est imbattable…

Mémoires du communisme : on fait à nouveau appel aux Stephane Courtois, à ceux qui ont inventé le livre noir du communisme… et pas seulement sur les plateaux de LCI …

On reparle des mémoires contrastées de l’époque communiste. Le Monténégro va-t-il enfin réhabiliter et indemniser les derniers survivants du bagne de Goli Otok, comme l’ont fait la Croatie, la Slovénie ou la Serbie ? Les Monténégrins furent particulièrement nombreux dans ce « goulag yougoslave » destiné à « rééduquer les staliniens », ou supposés tels. S’il est vrai que beaucoup de Yougoslaves résistèrent à la rupture titiste avec l’URSS en s’enfuyant, d’autres subirent l’enfermement… Mais paradoxalement cette histoire qui illustre pourtant la manière dont les compromis avec l’occident durant la scission du mouvement ouvrier engendra une collaboration avec l’occident qui, comme en Roumanie finit par se retourner contre le socialisme… Le cas de l’Albanie est encore plus parlant… Mais le révisionnisme qui accompagne cette pseudo réhabilitation fait que des pays qui au contraire ont témoigné d’une fidélité à toute épreuve comme la Bulgarie sont déjà l’objet de pseudos révélations que nous avons connues avec une opération comme le livre noir du communisme et son auteur dont peu de gens défendent désormais le caractère scientifique des travaux. En Bulgarie, un “historien” et vrai agent de la CIA et d’un pouvoir de plus en plus contesté tant il est corrompu, mafieux et a laissé le pays dans un état de misère, Stefan Ivanov prétend révéler à partir d’un accès aux archives de la police que la criminalité violente était plus élevée en Bulgarie socialiste qu’après la chute du communisme… Un discours qui peut avoir une audience chez les corrompus au pouvoir, la petite frange bénéficiaire de cette corruption mais qui se heurte à ce dont les Bulgares se souviennent… Il s’agit ici comme partout de convaincre des jeunes générations que l’on a abruti avec la propagande qui a été la même que chez nous et a été menée en priorité par la “gauche”… D’où le choix des conservateurs…


 

La Russie et la Chine se débarrassent du dollar et Moscou annonce l’ouverture de nouvelles routes commerciales.

Rien dans cet article que nous ne connaissions déjà. De la dédollarisation à la naissance d’un ‘Sud global’ refusant l’hégémonie états-unienne, en passant par la création de nouvelles routes commerciales sillonnant la vaste masse terrestre eurasiatique, tout a déjà été passé en revue dans de nombreux articles, dans ce blog ou d’autre médias indépendants.

Mais le mérite de cet article est de nous donner en quelques paragraphes une photo grand angle saisissante de ce monde nouveau qui cherche à émerger en s’affranchissant de la tutelle dévastatrice de l’empire occidental. Et, en prenant pour bases les ‘réflexions’ d’un membre éminent de l’Atlantic Council, un think tank des plus acquis à la suprématie occidentale, il nous amène à une conclusion qui nous échappe parfois : il n’est plus possible de comprendre comme de l’aveuglement la continuation obstinée de politiques impériales qui échouent à atteindre leurs objectifs déclarés. Les stratèges de l’empire sont tout aussi conscients que nous que le ‘monde multipolaire’ qui menace leur hégémonie, loin de s’affaiblir, se renforce de par les sanctions et les guerres par procuration qu’il lui impose.

Comment expliquer alors cet entêtement qui les pousse à débloquer des milliards de dollars pour pousser Taiwan, Israël, l’Ukraine et d’autres vers un choc frontal avec les piliers des BRICS+ tout en menaçant de nouvelles sanctions Byte dance, les banques chinoises et les gardiens de la révolution iranienne (il ne reste plus de sanctions à imposer aux intérêts russes, on en est réduit au vol pur et simple) ? C’est qu’il s’agit de préparer – au pas de guerre, c’est le cas de le dire – nos populations et nos économies occidentales à la phase d’affrontement ouvert qui s’approche maintenant à grande vitesse, couronnement de deux décades de préparation intense par les administrations états-uniennes successives.

Cet affrontement généralisé nécessite une rupture quasi-totale des multiples liens économiques, académiques, culturels, politiques et même militaires tissés lors de l’utopie néo-libérale de la ‘mondialisation’. La polarisation des forces est devenue indispensable à un impérialisme en crise, incapable de maintenir sa domination mondiale par le seul jeu de sa puissance financière et de sa suprématie technologique depuis longtemps battues en brèche. Sa seule porte de salut maintenant est l’utilisation tout azimut de sa suprématie militaire. Ou de ce qu’il pense être sa suprématie militaire.

La Russie et la Chine se débarrassent du dollar et Moscou annonce l’ouverture de nouvelles routes commerciales.

Afin d’échapper aux sanctions occidentales, le Kremlin cherche à redessiner le commerce mondial

Par Maya Krainc, publié le 24 avril 2024 dans The Responsible Statecraft https://responsiblestatecraft.org/china-russia-trade/

La Russie a annoncé la semaine dernière que le commerce bilatéral avec la Chine s’était presque totalement affranchi du dollar US, mettant en lumière l’intention des deux pays de réduire leur dépendance au système économique dirigé par les Etats-Unis.

Il ne cherchent pas seulement à réduire leur dépendance à une monnaie dominée par l’Occident. Leurs efforts pour ‘dédollariser’ leur permettent aussi d’échapper à la myriade de sanctions interdisant à la Russie d’utiliser les marchés internationaux.

Depuis 2022, les sanctions occidentales ont suscité un véritable boom dans les relations commerciales entre Moscou et Beijing, avec une augmentation cette année de 26%, pour un total de 240 milliards de dollars US. La Chine est maintenant le premier importateur de pétrole russe.

Mais pour échapper aux sanctions écrasantes de l’Occident, la Russie ne compte pas que sur la seule dédollarisation. Dans une réunion aux Nations Unies la semaine dernière, des responsables russes expliquaient que le Kremlin investissait des milliards de dollars pour développer de nouvelles routes commerciales en Asie.

Le plan comprend deux nouveaux corridors : entre la Russie et le Kirghizstan, via la Mer Caspienne, d’une part et entre la Biélorussie et le Pakistan d’autre part. Ces projets contribuent à rediriger les flux économiques et viennent renforcer des projets déjà bien avancés tels que le Corridor Nord-Sud.

Cette voie ferroviaire, conçue en l’an 2000, reliera la Russie à l’Océan Indien en passant par l’Iran. Après des années de retard, Moscou a avancé l’an dernier 1,3 milliard d’Euros à Téhéran pour qu’il construise sa section de la voie ferrée. Sergei Ivanov, le délégué présidentiel pour les questions environnementales explique que ce corridor permettra à la Russie un accès direct au Golfe Persique, et qu’il est ‘entièrement à l’abri des sanctions’.

La capacité de la Russie et de la Chine à développer leurs relations commerciales repose sur le rapprochement de leurs systèmes bancaires, tous les deux soumis à des sanctions restreignant leur interaction avec l’occident.

Depuis son invasion de l’Ukraine en 2022, les Etats-Unis et l’Europe ont imposé des sanctions draconiennes à la Russie. Ces sanctions ont touché en particulier la capacité du Kremlin à exporter son pétrole vers l’Occident et à le vendre à un prix compétitif. Selon Markus Jaeger, du Conseil de l’Atlantique, si la Russie peut transporter les marchandises par le biais de corridors terrestres en dehors de la juridiction des pays à l’origine de ces sanctions, l’Occident ne sera plus en mesure de les imposer. Il ajoute que « leur but est de réduire leur dépendance et leur vulnérabilité aux parties tierces antagonistes ».

Toutefois, si l’on en croit l’histoire, la partie n’est pas encore gagnée pour la Russie. Les sanctions imposées à l’Iran, et en particulier le régime de sanctions maximum instauré sous l’administration Trump, a joué un rôle central dans le retard pris par le Corridor Nord-Sud. Aujourd’hui, la Russie avance les capitaux à l’Iran, et, selon le premier ministre adjoint, Marat Kashnulin, la Russie a prévu un budget d’environ 3,5 milliards de dollars pour ce projet d’ici à 2030.

Pour Jaeger, la pression états-unienne a aussi impacté le rapprochement économique entre la Russie et la Chine qui craint les conséquences venues d’Occident si elle soutient ouvertement Moscou. Il cite en particulier la visite du secrétaire d’état états-unien, Anthony Blinken, à Beijing cette semaine. Il aurait l’intention d’avertir le président Xi JinPing que Washington ne voit pas d’un bon œil le soutien que la Chine apporte à l’appareil militaire Russe.

Pour Jaeger, le fait que la Chine soit de plus en plus impliquée économiquement avec des pays – ou des entités en Iran et en Russie – déjà sanctionnés augmente le risque qu’elle soit visée par des sanctions occidentales.

« Les Etats-Unis ont conscience que l’imposition de sanctions secondaires à des entités chinoises sera vu comme une démarche profondément antagoniste par la Chine, qui ne peut que conduire à une majoration des tensions entre ces deux pays ».

Maya Krainc accomplit un internat en journalisme au sein de Responsible Statecraft. Elle a publié dans Evanston RoundTable. Elle est senior à la Northwestern University où elle étudie le journalisme et la science politique. Elle écrit pour le magazine Stitch et est éditrice du magazine North by Northwestern. 

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