mardi 24 août 2010

LA BONNE "COQUILLADA" DE ROQUEFORT.



Où le piquero fait sa loi, sin vergüenza!

Premier Coquilla de SANCHEZ ARJONA
Ici, terrains un peu plus respectés. Mais le cheval n'est pas présenté face au bicho.

Esaü FERNANDEZ : le toreo peut-il être arte, dans une telle attitude ?

Deuxième COQUILLA

Là aussi, le piquero est dans le petit cercle, très loin se son sitio, et enferme le novillo.

Troisième novillo de SANCHEZ ARJONA
Farol de GOMEZ ....

.....et entière.....
avant la double vuelta , malgré les larmes de dépit

Le très beau cinquième exemplaire, que FERNANDEZ va invariablement laisser passer.

Torchonnades de FERNANDEZ

Le sixième COQUILLA
Derechazo timide et profilé de LOPEZ SIMON
Estocade périphérique du même

SANCHEZ ARJONA PEUT ÊTRE SATISFAIT DE SES COQUILLAS.


Quel dommage que ne soit pas exigés des coletudos le respect des règles, de toutes les règles, notamment en matière de piques. Les toros en sortiraient respectés et donc grandis, les hommes aussi. Au lieu de cela, on a encore assisté à quelques assassinats en règle de novillos pour la plupart pétris de qualités, braves ou bravitos, nobles sans être niais, dans une course intéressante de bout en bout, malgré les carences habituelles des aspirants, plus habitués à affronter des bovidés doméquisés, et donc aux abois et désarmés dès que surgissent les problèmes posés par de vrais opposants.


Le 78, premier de la tarde qui échoit à GOMEZ DEL PILAR, tape dans les bois. On a déjà l'eau à la bouche, d'autant qu'il laisse deviner puissance, caste et sentido, après avoir arraché plusieurs capes: malgré la trasera que lui inflige le piquero, il renverse la monture, puis reçoit sa deuxième ration entre les cercles, alors qu'il devait être cité dans les terrains règlementaires. La suite sera assez agréable: série de naturelles croisées de GOMEZ, mais le garçon tombe aussi vite dans le toreo en vogue, marginal, profilé, le novillo n'est pas dominé, il serre et se retourne. Beaucoup de temps pour le cadrer, demi épée tendue, et le novillo se couche.

Son second, n° 72, haut sur pattes, tape lui aussi dès sa sortie dans les planches: farol arodillado du novillero, avant une vara crapuleuse. Cambio demandé et obtenu. GOMEZ cite à l'ancienne et se croise, trouve vite la distance pour un début de faena agréable. Mais les travers reprennent le dessus, le travail devient brouillon. Le novillero se jette dans les cornes pour une entière efficace, et, des larmes plein les yeux, s'accorde une double vuelta fêtée.(Oreille refusée incompréhensivement par le palco, qui venait d'accorder un pavillon à SIMON LOPEZ après un horrible golletazo!!)


Et revoilà ESAÜ FERNANDEZ! Il commence par laisser assassiner son opposant , le n° 72, qui renverse presque la cavalerie, et le piquero recharge et pompe à bout portant. Bouche ouverte, le novillo glisse plusieurs fois, il semble s'être blessé à une patte. Esaü prend la muleta avec la main gauche, mais il donne juste l'illusion de torér, tellement il recule, et tellement le novillo lui bouffe le terrain, maitre du ruedo. De plus, Esaü gueule beaucoup, et beaucoup trop, et çà devient insupportable. Novillo encasté, pourvu de sentido, malgré l'essorage infligé par le piquero, il ne cède rien, au contraire. Et FERNANDEZ s'en débarrasse d'une affreuse entière dans les poumons: le novillo va mourir aux tablas, et le public tape connement dans ses mains. Soulagé, sans doute?

Son second novillo, le 77, negro bien armé, brave et noble, soulève la monture équestre, puis repart pour la seconde charge sans se faire prier. Quelques derechazos de loin et sans se croiser, et le premier avertissement ne tarde pas. Puis essai à gauche, et le novillo semble poursuivre sa charge vers les planches. Problème de vue? Probablement. Il semble en tout cas distrait et ne charge plus. Une atravesada qui ressort sous le ventre: du "grand art" auquel nous habitue FERNANDEZ à chaque tarde. Rideau. Ce garçon devra vite se reconvertir.
Le negro bragado qui échoit à LOPEZ SIMON pousse jusqu'au centre la cavalerie: caste et bravoure là aussi malgré la longue morsure du fer. Très belle pique applaudie. Par la suite, le novillo mangera la muleta de Simon. Aucun sentido, aucun vice , ni sur la droite, ni avec la gauche. Noblesse idéale, sans niaiserie, le Coquilla est le partenaire idéal dont rêvent les toreros. Il pourrait prendre 100 passes et plus. Mais il guette là où on ne l'attend pas: et c'est la cogida, heureusement sans bobo. Bouche fermée, il reçoit lui aussi un très vilain et déloyal golletazo.

Qui ne méritait pas l'oreille injustement accordée.

Le dernier, n° 88, est un manso perdido: il est placé sous le cheval pour recevoir une première râclée, puis est poursuivi jusqu'au centre par le piquero pour recevoir la seconde ration. Simon se découvre et se fait rapidement avertir: le novillo a une tête et il s'en sert pour se défendre. Le toreo de profil n'est toujours pas et ne sera jamais la solution pour régler de tels problèmes. Le novillo a appris le latin, et jusqu'à la fin, bouche fermée, il imposera sa volonté: après avoir longtemps reculé, c'est lui qui avance et mange le terrain du novillero. . Pinchazo, vilaine épée hasardeuse, deux descabellos

Tous les arrastres ont été applaudis.

Tarde intéressante, par la qualité de l'encaste, même s'il y eut quelques insuffisances, et surtout MALGRÉ les lacunes des coletudos.


Ces quelques images ci-dessus ont été prises DESDE LOS TENDIDOS. A ne pas comparer, bien sûr, à celles bien plus élaborées et soignées des petits veinards invités, "professionnels" ou pas, autorisés, eux, à squatter les callejons.
Qui affichent en plus l'exclusivité de leurs images.

dimanche 22 août 2010

QUELQUES CLICHÉS DEPUIS LES TENDIDOS DE PARENTIS

La señora ganadera des PRIETO DE LA CAL, dimanche 8 Août
Premier exemplaire de MORENO DE SILVA

Derechazo de ORTIZ
Qui veut bien s'approcher?


Suerte de matar de PALENCIA: à réviser !

No comment.
Un bon puyazo....
.... malheureusement repris sans le novillo ne décolle du peto

Toreo "lejano"
Les mises à mort se ressemblent toutes, dans leur approximation

Batacazo....
.... et novillero aux abonnés absents. Alain BONIJOL au quite de son cheval par la cola

CASQUINHA ....
....dans le même acte suprême hasardeux.

Estocade d' Esaü FERNANDEZ à son premier novillo

De la présence en piste, des vrais novillos toros!

La même que ci dessous, pour Javier HERRERO

Luis MARTIN NUÑEZ: pas très orthodoxe, et ne méritait pas la vuelta auto décernée
Javier HERRERO : entière, après un avis¿ Suerte de picar, o suerte de matar ? Pique pompée, carioquée, sortie fermée, dans le rond!! n° 68 Premier de PRIETO DE LA CAL, jabonero























jeudi 19 août 2010

PARENTIS: SUITE ET FIN

DIMANCHE 8 AOÛT: LES MORENO DE SILVA.



9/10° d'arène. Grand beau temps.


Le premier, n° 19, est mis en suerte à 2 mètres du cheval: pas terrible, pour le prix pour la meilleure pique. Carioqué, sortie savamment fermée.... Deuxième pique prise elle aussi à l'arrêt, toro posé sous les étriers. A croire que la prime aura été directement prélevée sur l'enveloppe de CASQUINHA, pour les basses oeuvres du piquero aux ordres. Alguazil peu présent.

Le novillero débute sa faena par naturelles, avec petits pas en arrière stylés. Lui aussi torée avec beaucoup de pico, sur le passage. Une envie certaine, mais bagage insuffisant, le novillo ne s'en laisse pas compter. Il gratte le sol, collabore peu, et reçoit illico un bajonazo de gala après deux pinchazos. N° 19, le second adversaire du Portugais pousse les trois fois avec force et bravoure sous la morsure du fer. Trois grosses piques, dont une forte carioca, sans que le Portugais ne bronche ni ne lève le petit doigt. Solide, sur des pattes d'acier, le novillo garde la bouche fermée, malgré le châtiement. Devant un tel animal, Casquinha ne peut opposer qu'une faena en trompe l'oeil, sur le passage du cornu, il se fait déborder, dominer, le novillo restera le maitre du rond jusqu'à la fin, jusqu'à l'entière qui le couche, après un pinchazo. Mais c'est vrai qu'il faut du courage, à défaut de métier!

Le second de la tarde, applaudi longuement à sa sortie, est un manso qui voudrait bien trouver l'issue de secours. Il est faible, semble trainer ses pattes arrières. Il prend deux belles piques DE FRENTE ( ¿ Contentos, los compañeros QUINTANA ?), bien poussées, et galope depuis le centre du ruedo pour une troisième embestida, sans être touché. Le novillo est noble, plein de ces qualités qui font un grand toro. ORTIZ cite de loin et de face, tente une faenita agréable, mais qui sera brève, il étouffe trop vite son toro qui s'éteint sans exprimer ces qualités entrevues. Entière ladeada.


Il reçoit son second par farol. Le novillo parait tardo, distrait, puis fuse et renverse la cavalerie. Deuxième pique, levée, puis reprise, troisième reçue sans répondre. Avec la flanelle, Ortiz sera vite en danger: quelques passes, puis il est bousculé, se permet aussitôt un desplante alors qu'il est lui aussi, comme ses copains de cartel, dominé par la caste du Silva. Mais le novillo fuse sur lui à nouveau, ne laisse aucun répit: débandade habituelle....Une entière dans les poumons.

Une oreille !!!! Honte au palco incompétent pour ce non-sens taurin!
S'il le faut, et IL LE FAUDRA BIEN, si l'on veut sauver la corrida avec des arguments aficionados irréfutables, puisque des "spectateurs" hurlent pour réclamer un pavillon pour une épée de voyou, hors des règles et des canons, pourquoi ne pas expliquer au micro que cette récompense totalement imméritée ne peut-être et ne sera pas décemment attribuée? Cela ferait réfléchir : 1°les petits tricheurs qui se prennent déjà pour des vedettes en nous prenant pour des jambons, 2° le public commencerait aussi à ouvrir les yeux!
Le 8 est un manso qui cherche lui aussi la sortie. Daniel PALENCIA est impressionnant d'inaptitude ou d'incompétence, comme on voudra. Il regarde distraitement son peon conduire la lidia, pas concerné pour deux sous à ce qui se passe. Pourquoi est-il là? Le sait-il mui-même? Une honte, qui se prolonge alors qu'il laisse assassiner son novillo par le piquero de turna, avec une deuxième pique infligée à l'animal collé au cheval, sans embestida, puis une troisième, poussée avec bravoure. Palencia prend la flanelle, fait deux ou trois gestes à reculons, puis va chercher l'épée, tente six pinchazos, jusqu'à ce que le novillo se couche, avant d'être relevé plusieurs fois par l'estoc et la puntilla. Sin vergüenza! Quel gâchis!!!
Son dernier, n°4, trottine vers les tablas. Puis échappe évidemment aux capes - l'inaptitude de Palencia n'est pas un phénomène passager - et se présente au cheval au trot pour une bonne rencontre appuyée, deuxième pique dans l'épaule, -dans l'indifférence, vaya aficion -,la troisième pour la forme. L'animal se révèle très noble, toréable à souhait, mais la faena sera exclusivement droitière, en abusant du pico. Le garçon fait des passes, quelques séries sans relief, ni transmission, puis loge une épée dans les côtes, sans aucun complexe, ni honte, puis un pinchazo, puis deux tiers d'épée.
Grosse marge de progression pour les 3 actuants: un seul accèdera-t-il au grade supérieur? Et pour combien de temps?
Comme Florent, j'ai beaucoup pensé à Diano, le frère de ces Moreno de Silva, qui sema la terreur dans le ruedo Carcassonnais en 2009. Qui n'eut même pas droit à une vuelta, alors que des chèvres de merde sont régulièrement "grâciées" sans avoir reçu une seule VRAIE pique. Les Moreno de Silva du jour étaient de belle prestance, mais furent gâchés par les piqueros aux ordres de novilleros très en-dessous des novillos.
Très intéressante tarde, malgré tout, pour les aficionados a los toros. Vive PARENTIS 2011!

ME GUSTAN LAS NOVILLADAS DE PARENTIS EN BORN

SAMEDI 7 AOÛT: PRIETO DE LA CAL.
Lleno absolu pour cette novillada d'ouverture de la San Bertomiu.
Trois piques pour le novillo d'ouverture, n° 68: forte, la première, sort seul de la seconde, hésite longuement puis pousse peu pour la troisième. Peu de charge ensuite pour une faenita assez compliquée, et profilée, de Javier HERRERO, dont la muleta tutoie souvent la corne du Prieto, qui garde la bouche fermée jusqu'à la mort, après une entière et un avis. Le n° 20, sorti en quatrième position, tape dans les planches. Il prendra lui ausi trois piques, et poussera avec force trois fois, les deux dernières après un galop depuis le centre du ruerdo. Puis gardera la maitrise des débats. Hérrero torée de profil, en criant beaucoup, et beaucoup trop, c'est assez insupportable. Il est promené et désarmé plusieurs fois, sa prestation s'achève en eau de boudin. Ce qui ne l'empêche pas de descabeller son novillo après 4 pinchazos, sans une seule épée.
Le second de la tarde, n° 40, prend lui aussi trois bonnes rations de fer. Il parait un peu faible, glisse plusieurs fois, il est noble à souhait. Quelques derechazos de Luis MARTIN NUÑEZ, ajoutez-y les bêlements de la cuadrilla de service - bièèèènnnn!!!!-, et le palco déclenche la musique! Protestation sonore de M. CHAVANIEU à l'adresse de la peña: " La musique ne doit pas jouer tant que le torero n'a pas toréé de naturelles!!!" (Et c'est vrai que des stages pratiques devraient être sérieusement organisés pour la Présidence: car ces gens-là, du palco, se prennent souvent pour plus aficionados que nous.... Il y en a un qui a su me l'écrire, il y a peu... Être président, c'est une référence. Comique! Tenez: celui qui sévissait à VIC, le vendredi soir, et qui a distribué des paniers d'oreilles de compassion ou de reconnaissance, accumulant conneries ou magouilles, et bien vous le voyez souvent et vous continuerez de le voir partout, à AIRE, à RIEUMES ou ailleurs. A croire qu'ils ont un contrat d'exclusivité, qu'ils sont uniques, indispensables, irremplaçables. ) Et comme la plupart de ses compañeros, Nuñez fait des passes, sans toréer, se découvre beaucoup, se profile, et se fait bouffer. Deux pinchazos, une entière qui ressort, et le gamin s'octroie une vuelta imméritée, avec la complicité du palco silencieux. Son second opposant cherche lui aussi l'issue de secours: il prend d'autorité une sévère pique trasera, puis une autre dans l'épaule, des rations de voyoux. Pour le reste, ce sera bis repetita: avec le pico, essentiellement, dont il abuse, Nuñez fait des passes, sans imposer son poignet, se fait promener, subit la loi de la caste. Entière. Circulez....
Le troisième, jabonero, n° 50, est reçu par farol à genoux par Esaü FERNANDEZ. C'est la signature du chaval. Pour le reste, pas grand chose, si ce n'est presque rien.Après deux piquettes et un embestida ratée, c'est surtout en gueulant que le garçon tente de faire croire qu'il torée, alors qu'il subit lui aussi la loi du Prieto de la Cal. Aucune transmission du torero vers le respectable, puis l'animal se fige très vite. Pinchazo, un tiers d'acier tendu, entière sur le côté. Le dernier est accueilli comme son premier: afarolada arodillada! Puis le novillo ira trois fois au cheval, mais ne poussera qu'une fois. Et comme au premier, Esaü nous sert sa cambiada dans le dos: çà donne un frisson sur les gradins, les "oh" fusent, puis le feu s'éteint aussitôt, le toro, très noble, se figeant très vite. Sans se croiser, le garçon torée de la droite, -musique à nouveau, sans que Fernandez ne donne UNE naturelle, aberration que soulignent les voisins de tendido !-, puis le garçon se découvre, est poursuivi, puis loge enfin une épée hasardeuse sur le côté, loin de la croix. Le novillo va mourir aux planches. Oreille scandaleuse qui laisse croire au novillero qu'il a un avenir!
Seize piques, tarde de toros, mansos con casta la plupart, donc intérêt soutenu malgré le trop léger bagage des garçons.
Fin du premier acte.

vendredi 13 août 2010

EN RUSSIE, AILLEURS, CHEZ NOUS.....CE N'EST PAS FINI !!!

 par Armen Oganessian

Publié 13 août 2010 Russie



pour RIA Novosti La fumée des incendies en Russie, l’inquiétude pour soi et ses proches, nous détourne pour un temps du tableau planétaire peu réconfortant. D’énormes éruptions volcaniques, des tremblements de terre, suivis d’une canicule record en Russie, d’inondations en Europe. Une suite pratiquement ininterrompue de catastrophes. Une question légitime se pose : quelle est la suite? À quoi faut-il se préparer? Malheureusement, la réponse est simple : à tout.

Aujourd’hui, les manifestations de folie « éclairée » sont nombreuses. Dans notre cas elles se traduisent par la certitude qu’il faut « contrôler le climat », tandis qu’il faudrait apprendre à se contrôler soi-même. S’y joignent « les complexes de supériorité » historiques qui se traduisent pas une démagogie futile (un désir étrange d’avoir le beau rôle dans le contexte des cataclysmes imminents), par exemple, par la thèse « Le défi des changements climatiques propose un rôle global à l’Union Européenne ».

Les événements dans le monde ne proposent plus à personne de rôles. Le rideau est tombé.

Le syndrome obsessionnel d’optimisme est un autre type « d’inadéquation ». Il s’exprime dans l’espoir qu’un esprit collectif, réuni dans un local bien climatisé, puisse trouver une solution à tous les problèmes. Le problème n’est pourtant pas seulement dans les limites de l’esprit humain face à l’Univers, mais dans le fait que chacun de nous en particulier est, sans aucun doute, « un citoyen du monde ». Mais quand nous nous réunissons ensemble, bonjour les dégâts !
En décembre de l’année dernière, les représentants de 115 pays, armés d’avis d’expert en tout genre, se sont rendus au Sommet climatique à Copenhague. Au final, ils n’ont réussi qu’à s’entendre sur le fait qu’il serait bien de limiter la hausse de la température dans le monde de deux degrés Celsius.

Ce serait bien, en effet. Mais la réalité, comme toujours, a devancé de loin « la sagesse des sages ». Il serait intéressant de savoir de quelle manière les événements de cette année influenceront l’ordre du jour et les décisions du futur forum mondial, qui se déroulera cette fois à Mexico. Je crains que les lobbyistes de la croissance économique tentent de nouveau de saboter le travail du sommet au profit de la croissance économique.

« Il existe une relation directe entre la prospérité de l’homme et la santé de la planète », affirme Walter Reid, professeur à l’institut d’écologie de Stanford, en se basant sur les résultats d’une étude approfondie menée par ses collègues. Depuis 50 ans, les gens vivent plus longtemps et se nourrissent mieux. « Le nombre d’édifices qui seront construits au XXIe siècle sera égal au nombre d’édifices construits dans toute l’histoire de l’humanité ». Les méthodes modernes d’agriculture, axées sur la croissance de la productivité grâce à l’utilisation des produits chimiques, restent à l’heure actuelle « la plus grande modification de la Terre par la main de l’homme et le plus grand consommateur d’eau douce ». Un tel progrès, selon les auteurs du rapport, coûte cher aux ressources naturelles et la diminution des ressources telles que les forêts ou l’eau douce vont avoir (ont déjà!) un sérieux impact sur la qualité de vie, en particulier des populations pauvres. En étant cohérent, l’économisme moderne devrait reconnaître que les crises et les récessions ne sont pas un mal absolu mais une saignée nécessaire du « progrès » contemporain.

Comme nous pouvons le voir, la boucle est bouclée. À l’avenir, la croissance globale du bien-être économique de l’humanité ne conduira pas seulement à une impasse. Elle deviendra une force destructrice de ce même bien-être, à commencer par les périphéries, par les plus vulnérables et les plus pauvres. Toutefois, ses conséquences négatives atteindront irrémédiablement les métropoles du monde contemporain. Cependant, au lieu de procéder par étapes, « la vengeance des éléments » pourrait s’abattre sur tout le monde en même temps, à l’instar d’un « violeur de nuit ».

« Celui qui croit que la croissance exponentielle peut continuer éternellement est soit fou, soit économiste », a noté l’économiste britannique Kennet Boulding. Par ailleurs, dans l’histoire de l’après-guerre, le général de Gaulle a été le seul à ne pas utiliser le slogan de l’amélioration du bien-être social en tant que crédo sociopolitique (à ne pas confondre avec la lutte nécessaire contre la pauvreté et la famine). Il estimait qu’un tel objectif était indigne de la nation française. À ses yeux, c’aurait été le retour de la civilisation à la profession de foi païenne : « Leur Dieu est leur ventre! »

Toutefois, l’Europe et le monde n’ont pas partagé l’idéalisme sain du grand Français et jusqu’à aujourd’hui, les discours magistraux des chefs d’Etat comprennent obligatoirement les fameuses « prospérités » et les clichés de ce genre. C’est vrai que, d’autre part, à un moment donné, face à la déficience évidente d’une interprétation aussi simpliste du progrès, une béquille idéologique a été inventée sous forme de « qualité de vie ».

Il a été suggéré aux personnes les plus sensibles d’interpréter les procédés modernes de manière extensive, pour ménager leur perception non-matérialiste du sens de la vie.

Une autre chose est encore plus surprenante. Même face aux crises dévastatrices et aux éléments, peu ont le courage de reconnaître, et c’est d’autant plus vrai des politiques et des grands de ce monde, que toute l’idéologie moderne de l’évolution de l’humanité, la conduit à sa perte.