dimanche 17 juillet 2011

PETIT GRILL DE CÉRET: AFICIOUNAT JUSQU'AUX CHEVEUX.

Si vous passez par CÉRET DE TOROS, et que vous souhaitiez trouver un petit restaurant, par exemple après quelques matinées de novilladas émouvantes, vous trouverez dans la rue St Ferréol, qui monte vers le haut de la ville, plusieurs tables accueillantes. Mais il y en a une où le patron, au demeurant fort sympatique, -comme son personnel-, s'est offert une coiffure originale, comme vous pouvez en juger: une tête de taureau de la bouvine, en tout cas un petit chef d'oeuvre de coiffeur.




A une époque où les coiffeurs sévissent surtout avec leurs égoïnes, leurs limes et leurs râpes, la nuit, loin des regards indiscrets, dans les corrales de beaucoup de prétendues "grandes" arènes - par leur capacité, certes, les organisateurs peuvent prétendre qu'elles sont grandes, mais surtout pas par l'intégrité et l'authenticité de la lidia, absentes des pseudos corridas qu'ils organisent, corridas condamnées à disparaitre, tellement tout y est faux, truqué, clinquant, corridas bling-bling, comme dans d'autres domaines, tel celui de Bling-Bling premier, roi des arnaqueurs -, cette aficion m'a paru mériter un petit clin d'oeil et un salut amical à notre hôte, mon ami depuis déjà plusieurs années.

Le "Petit grill", à Céret. Suerte à lui.

samedi 16 juillet 2011

RELENTS TAURINOS MALODORANTS AUTOUR DE LA BLESSURE A RIEUMES DE CONCHI RIOS

Il y a bien quelque chose de pourri, comme me l'écrit mon amie Mireille, de RIEUMES, au "royaume de la tauromachie".
Mais cela, la plupart des aficionados le savent depuis longtemps, c'est la raison pour laquelle- parmi beaucoup d'autres - ils se battent pour que la fiesta brava soit et reste intègre, sinon elle disparaîtra.


Voici le communiqué de presse des chirurgiens qui ont opéré la jeune torera, et qui n'ont reçu en retour des taurinos qui s'occupent de sa carrière professionnelle, comme remerciements à leur professionnalisme et à leur déontologie, que des déclarations insultantes et méprisantes, qui prouvent que ce petit monde taurin pourri ne connait que le fric, le profit, le mépris d'autrui, et rien d'autre.


RIEN!!
Voici le texte de leur communiqué.


BLESSURE DE CONCHI RIOS
"MISE AU POINT SUR LA DÉONTOLOGIE ET LA BIENSÉANCE"

Alimenter la polémique ne servirait à rien, mais il ne nous paraît pas possible de rester sans réaction.

Alors que le respect du secret médical impose dans notre exercice quotidien la plus grande retenue et surtout la plus grande discrétion sur l’état de santé d’un patient car celui-ci demeure le seul destinataire de l’information concernant le diagnostic mais aussi le pronostic d’une pathologie dont il serait atteint, il en est tout autrement dans le milieu taurin.

Pressés par l’entourage, non pas familial mais le plus souvent professionnel d’un torero, les médecins doivent, à peine sortis de l’infirmerie de la plaza, détailler les lésions rencontrées, en prévoir les conséquences et donc les éventuelles complications pour pouvoir anticiper sur les répercussions quant aux contrats signés. Les propos rapportés dans la presse écrite et parlée espagnole après la blessure reçue par Conchi RIOS à Rieumes, nous ont profondément choqué, car à la fois injustes, inappropriés et surtout sans fondement scientifique car divulgués au mépris des règles déontologiques les plus élémentaires et sans aucun respect vis à vis de l’équipe médicale qui est intervenue dans une arène de troisième catégorie, disposant d’une infirmerie parfaitement équipée pour réaliser les soins de première urgence. La présence de deux chirurgiens possédant une expérience particulièrement importante et intervenant à VIC FEZENSAC depuis de très longues années, assistés par deux anesthésistes-réanimateurs, une infirmière instrumentiste et deux autres médecins, tous membres de l’Association Française de Chirurgie Taurine ne permet pas de laisser dire que deux, voire trois trajets auraient pu être « négligés » laissant ainsi entre « 45 et 75cm » (suivant les déclarations) de porte ouverte à l’infection, tantôt abdominale tantôt crurale !!!

Ce dimanche 26 juin vers 18h, tout le monde a craint le drame lorsque la corne du deuxième novillo de l’après midi est venue pénétrer en tout début de faena, par un trajet ascendant dans la partie supéro-interne de la cuisse droite de la torera qui fut soulevée et traînée sur une vingtaine de mètres, face contre terre, en restant accrochée au piton qui venait ainsi de faire une rotation de plus de 180 degré dans la cuisse pour effectuer désormais un trajet de haut en bas, vers le genou ouvrant ainsi très largement le triangle de scarpa. Le premier souci a été de s’assurer par une exploration minutieuse, de l’intégrité des vaisseaux fémoraux et de la grande saphène, depuis la partie supérieure de la cuisse y compris la région inguinale, jusqu’à sa partie inférieure, sus-gonale. Les différents trajets ont ainsi été reconstitués méticuleusement par sept paires d’yeux concertées et une chirurgie à quatre mains, particulièrement expérimentées, réalisée, la plaie étant abondamment nettoyée, parée puis largement drainée. Une double antibio-prophylaxie destinée à prévenir une infection était instituée car malgré la rapidité de la prise en charge, les médecins savent bien que les cornes ne sont « limpios » que pour les ganaderos et non pour les bactériologistes.


Alors qu’une grande dignité et une profonde reconnaissance était manifestées par la maman et les grands-parents de Conchi aux membres de l’équipe médicale, à la porte de l’infirmerie, l’entourage professionnel n’avait comme seul souci que le rapatriement le soir-même de la novillera vers Murcia où des contacts médicaux avaient déjà été pris, alors que l’intervention était à peine commencée !!!

Dès son réveil, Conchi fût transportée par hélicoptère vers l’unité de soins intensifs d’une clinique toulousaine où exercent au quotidien, l’un des chirurgiens, l’un des anesthésistes ainsi que l’infirmière instumentiste de l’équipe médicale des arènes de Rieumes. A 21h, Conchi est à nouveau examinée par les deux médecins puis le lendemain matin dès 7h. La torera se sent bien, n’exprime aucune plainte et l’entourage professionnel réitère le désir de regagner l’Espagne dans la matinée, ce qui ne paraît pour le moins pas raisonnable. Une échographie et un doppler vasculaire sont réalisés en fin de matinée le lundi, ne révélant aucune anomalie, le pansement refait avec une plaie propre et indolore. L’absence d’écoulement suspect par les drains, l’absence de fièvre sont constatés. Conchi a faim et mange sans aucun trouble ni nausée. Sa famille reste auprès d’elle et accepte les réserves d’usage et la nécessité d’une surveillance chirurgicale à Toulouse car la cornada a été forte et les soins prodigués il y a moins de 24h. Mais « parte facultativo » en mains, le conseil professionnel, invoquant un engagement pour toréer le dimanche 10 juillet à "Las Ventas" organise le départ en voiture particulière, alors qu’il fait 38° dans les rues de Toulouse et sur toute la côte catalane et que le trajet va durer plus de onze heures !!! Même en connaissant le grand pouvoir de récupération des toreros après une « cornada », comment ne pas s’indigner devant une telle décision, sûrement prise contre l’avis familial ? N’était-il pas prévisible qu’à son arrivée à Murcia vers 3h du matin le mardi 28 juin, Conchi se sente mal, prise de vomissements ? Une (ré)-intervention est décidée alors qu’elle ne présente ni fièvre ni complication au niveau de la cuisse ! Sur quel critère objectif de gravité ?

Serions-nous ré-intervenus à Toulouse alors que tout médecin infectiologue nous confirme qu’une infection se déclare habituellement entre le sixième et le dixième jour. Le reste n’est qu’une escalade de déclarations alarmistes où l’on se plait à affirmer que restant en surveillance à Toulouse, la torera pouvait « perdre la vie » ou dans le moins pire des cas « terminer sa temporada » !!!

Qu’il paraît facile alors de céder aux sollicitations mal intentionnées et de se laisser guider par un tout autre motif que l’état de santé de la blessée mais plutôt satisfaire un besoin de publicité gratuite au mépris du respect de la courtoisie élémentaire quitte à salir la réputation et les compétences de ceux qui ont réalisés les soins de première urgence. En ne permettant pas à une équipe médicale, quelle qu’elle soit de ne pas pouvoir assurer la surveillance et les suites d’une intervention chirurgicale, on doit faire preuve de davantage de retenue et d’un minimum d’humilité et de bienséance et ne pas mettre sur le dos de ces médecins les décisions irréfléchies et irraisonnables d’un voyage éprouvant.

Personne ne peut accepter ces critiques qui encore une fois n’ont aucun fondement scientifique.

Et si nous cherchons depuis quelques années les raisons susceptibles d’expliquer le manque d’attrait des jeunes anesthésistes et jeunes chirurgiens pour intégrer les équipes médicales qui interviennent dans les différentes infirmeries des arènes françaises, nous avons probablement ici une des raisons essentielles expliquant cette situation.

Un novillo de « La Laguna » a failli mettre un terme à la jeune carrière d’une torera. Une équipe médicale particulièrement expérimentée est intervenue avec diligence et sérieux. Les propos mesurés de Conchi, le réconfort et la reconnaissance manifestée par ses soins ainsi que par sa proche famille lors des nouvelles prises par téléphone depuis l’accident, permettront peut-être aux membres de l’équipe médicale d’oublier les mots durs et autres abus de langage nourris par les médias qui n’ont fait que rapporter les déclarations anti-déontologiques, comme si soudain une partie de leurs auteurs avait perdu la mémoire, ne se souvenant plus de certains drames ou n’étant jamais eux-mêmes ré-intervenus sur leurs propres patients.

Nous resterons au sein de l’A.F.C.T. toujours conscients des difficultés de l’exercice médical si particulier que nous avons acceptés de prendre en charge, en ne méconnaissant pas les conséquences et implications extra-médicales qui en découlent lorsque la déontologie et la courtoisie sont ainsi baffouées.

Nous souhaitons nos vœux les plus chers à Conchi pour une prompte guérison et une temporada pleine de succès et remercions sa famille pour son soutien.

Le reste n’a finalement plus grande importance.

Dr Claude GIRAUD Dr Jacques LESTRADE
Président de l’A.F.C.T. PrésIdent d’honneur de l’A.F.C.T.
Président de la Société Internationale de Chirurgie Taurine

jeudi 14 juillet 2011

ESCOLAR GIL: LE RAMAGE ET LE PLUMAGE DES ALBASERRADA









Particularités cérétanes: la devise s'affiche partout, sur le ruedo, sur les burladeros....






























































































































Lot homogène, puissant et armé, la caste à fleur de cuir et de cornes.

Photos du haut, sous la devise, le toro de vuelta de Javier CASTAÑO: à sa sortie du toril, à la cape, à la pique, au recibir.




Photos des piqueros: sur la première, mauvaise réception du toro, collé cul à cul au cheval. Sur la seconde, cheval poussé aux planches, le toro peut s'épuiser: personne au quite .
ROBLEÑO m'a paru titulaire d'un CDD à Céret: remplir son contrat de présence, pas plus!Alberto AGUILAR, - deux photos du bas-, en chute libre!

On a beau se dire que les toreros qui viennent à Céret "en" ont, on est chaque fois un peu plus déçu de Fernando ROBLEÑO. Il est vrai que tout le monde ne s'appelle pas ESPLA, et la leçon qu'il infligea à Padilla il y a deux ans lors de sa cogida de Céret ne s'effacera pas de sitôt de notre mémoire. Après deux piques, dont une seule poussée, administrées à son toro, Robleño s'est cantonné au minimum syndical, toréant sur le voyage un animal qui n'avait il est vrai que peu de charge. (Bravo le piquero!!) . Il a étouffé son toro qui s'est vite avisé. Trois quart de lame et deux puntillas.




Le premier de Javier CASTAÑO, un cinqueño càrdeno bragado - fév. 2006- commence par démonter la barrière. Puis le torero le met en suerte au cheval pour deux belles embestidas, la troisième à 25 mètres de la cavalerie: CASTAÑO lui lance sa montera, ce qui provoque la longue charge, plus symbolique que poussée, mais spectaculaire, piquero applaudi. La faena sera allurée, templée, derechazos croisés, naturelles profondes, les olé et la cobla accompagnent une lidia très torera, achevée genou ployé devant un animal noble, mais sans soseria. Une entière, al recibir, un peu de travers, mais le public est debout. Deux oreilles, mouchoir bleu pour la vuelta al toro, Javier appelle son piquero et l'associe à son triomphe.


Alberto AGUILAR reçoit son Escolar Gil à genoux. Première pique: le toro est placé à 20 mètres du piquero, il pousse et recharge assez longuement. Deuxième mise en suerte à 25m: pique carrément dans le dos, puis reprise. Troisième embestida à 25 m: l'animal sort seul. Il gratte ensuite le sol: mais faut-il s'étonner? Le manso est encasté, mais il a été copieusement esquinté. La faena d'AGUILAR sera assez décousue, passes saccadées, désarmé, le torero s'arrime avec ses moyens, mais l'animal reste le maitre du ruedo. Bouche fermée, il a conservé tous ses moyens. Une épée hasardeuse qui ressort sur le flanc, après un cadrage laborieux: retirée depuis le callejon par un sbire sans scrupule. 2 pînchazos, avis, entière dans le dos.

Après une novilleria illusoire, encore un qui doit compter sur une forte marge de progression.


Pour le second toro de ROBLEÑO,, belle estampe càrdeno bragado, veleto, nouvelle pique assassine, puis seconde charge, avant une faenita profilée. Une oreille qui ne s'imposait pas, certainement comprise dans le contrat.


Avec le quinto, qui échoit à Javier CASTAÑO, on sent la fin de la feria, c'est la médiocrité qui achève d'envahir le ruedo: faena bâclée, conclue par deux épées qui ressortent sous le ventre. Qu'importe: la sortie à hombros est assurée.


Fin de feria que ne relèvera pas la prestation quelconque d'AGUILAR: horrible trasera du piquero de turna, après une première bien poussée aux planches. Puis le torero se met à toréer les gradins, sans se croiser, évidemment, ce que ne manque pas de lui faire remarquer un aficionado que j'ai reconnu. Faenita profilée jusqu'à l'entière habile et efficace.


A part le premier, un bloc de marbre, le lot dans son ensemble fut bien présenté, limpio (!!!!!), fit preuve d'alegria et de noblesse, mais avec cette pointe de danger permanent dans la lidia qui ravit les aficionados, afin que la corrida, combat antique, conserve son mystère, sa beauté, son sérieux, son intégrité.


P.S. J'ai omis de le préciser hier, mais le sixième MORENO DE SILVA de la matinée m'a paru le meilleur du lot, et aurait mérité pour moi le mouchoir bleu. Le mayoral appelé à saluer, cela n'aurait été également pour moi que justice.


VIVE CÉRET 2012 !!

mercredi 13 juillet 2011

MORENO DE SILVA N'A PAS PERDU SON LUSTRE.






































Les MORENO DE SILVA du dimanche matin: des novillos sérieux, puissants, ils ont pris dix neuf

piques sans trop se faire prier, certaines assassines,comme le premier novillo de TORRÈS, la plupart étaient plus lourds que le lot de toros de MAZA combattus la veille. Il semblerait que l'ADAC ait, hélas, éprouvé les pires difficultés pour faire face au forfait de Cayetano ORTIZ, et lui trouver un remplaçant,ce qui confirmerait que la novilleria actuelle marche hardiment sur les pas de son ainée de la toreria; toréer, certes, mais juste les bestioles que se l'on choisit, pour gagner beaucoup de fric à moindre risque, c'est-à-dire sans risque du tout si possible. Dernier avatar connu: pourquoi un toro de Pampelune a été retiré d'un lot, puis isolé, et écarté, et même interdit de photographier par le clan du petit seigneur July?


Le premier novillo de "EL DANI" est nerveux, avec du poder, il cueille le garçon à l'occasion d'une glissade: grande peur, mais le torero revient au bout de quelques minutes. Le piquero en a profité pour administrer au saltillo une ration de voyou, ce qui n'empêche pas le quadrupède de revenir par deux fois au carapaçon en poussant. Ensuite, il s'avèrera noble, mais de peu de charge. Quelques séries templées tout de même, jusqu'à ce l'animal s'avise, et reçoive l'estoc dans le poumon en s'agenouillant. Salut.

Sergio BLANCO - ne pas confondre avec un Biarrot célèbre- canalise difficilement la charge de son oposant, un manso qui freine des quatre fers sur la cape, rue contre les planches, et reçoit en récompense une pique ultra trasera, qu'il repousse avec entrain. Deux, puis trois rations. La quatrième sera prise de trop près, dommage de gaspiller ses forces pour ne rien démontrer. La faena sera impossible, le toro ayant choisi les planches, le novillera réussira à le coucher d'une entière hasardeuse, après une longue course poursuite autour du rond.

A son tour, Adriàn de TORRES est pris par son Saltillo, heureusement sans mal. Le novillo pousse pour une vraie pique de gala, monumentale, la seconde est ratée, puis repiquée sans honte à bout portant, la troisième est copieusement pompée- pourquoi se gêner?- et repoussée avec alegria. TORRES se permet de s'avancer pour brinder, le public le renvoie à de meilleurs sentiments: apprendre à ne pas laisser assassiner ses toros par le varilarguero, quelle leçon ! Il est d'ailleurs plus facile de brinder et d'apprendre à tricher que de toréer, ses attitudes profilées en apportent la preuve: TORRES se met le novillo dessus, muleta plusieurs fois accrochée et arrachée, la faenita est fade. Dommage que les apoderados ne leur conseillent pas de toréer d'avantage les toros que les publics. A l'épée, une entière, après deux avis. Le garçon est bousculé, touché à la jambe.

Le quatrième, une estampe, très armé, échappe à DANI pour foncer vers la cavalerie: il pousse peu. Seconde échappée vers le piquero, qui pompe sans retenue, "à l'ancienne", troisième pique plus légère - heureusement, pourrait-on dire -. Le novillero accomplit ensuite une faena méritoire, par notamment naturelles templées, conclue plus laborieusement par 1/3 d'épée, retirée, puis deux pinchazos, un avis. Une vuelta qui ne s'imposait pas. Mais on voit tellement pire, dans les plazas mondaines....

Càrdeno, le quinto s'avère aussi violent qu'il est beau, il sème vite la panique en fonçant sur tout, et partout: il poursuit les peons, le piquero, prend trois varas dans le désordre. Surtout, il fonce droit, mais au contraire d'un rugbyman, qui cadre et déborde, lui déborde et cadre ses opposants au dernier moment. C'est dire qu'il fait chaud en piste. Il garde la bouche fermée, la tête haute, tout au long de la faenita, qui sera courte, et difficile, et il restera le maître du ruedo: un vrai tio. Deux pinchazos et deux épées tendues, deux descabellos pour conclure, mettent fin au calvaire de BLANCO, qui resta très vert jusqu'à la fin, mais fallait-il s'étonner, avec pareil novillo?

Avec le dernier de la tarde, càrdeno, puissant, nouvelle déconvenue pour le TORRES peu habitué aux réactions vives et justes des aficionados intègres, qui refusent de se laisser endormir: il se verra à son tour refuser son brindis par le public, il brinde alors au ciel, et repose vite ses trastos à la barrera. Parce que son toro a renversé la cavalerie avec poder et violence, ce qui lui vaut le châtiment habituel du piquero de turna, puis, parce que l'animal refonce sur le cheval qu'il fait presque chavirer à nouveau, puis qu'il reprend une troisième ration de fer, sans que le novillero n'intervienne: le public n'est pas d'accord, et le fait savoir. L'animal s'avère aussi noble que puissant, il répond bien aux cites de la muleta, il garde lui aussi la bouche fermée, mais TORRES finit vite par être dépassé et mangé par cet opposant encasté, il se le met dessus, il l'étouffe, sans lui donner la distance pour le mettre en confiance et en valeur, c'était certainement le meilleur toro du lot de Saltilla, qui n'aura pas lui non plus trouvé opposant à sa hauteur.

Un infâme golletazo, suivi d'une entière, un peu plus académique, met fin à son beau combat.


Les MORENO DE SILVA n'ont pas déçu, et ont encore un bel avenir.

mardi 12 juillet 2011

LES CONDE DE LA MAZA DE LA TARDE DU SAMEDI .









Quelques images d'une tarde de mansos qui ne restera pas gravée sur les rétines













Décevants, les Conde de la Maza, le premier fut changé pour faiblesse de pattes arrières, le sobrero , même s'il démolit les planches du callejon, s'avéra aussi invalide que celui qu'il remplaçait. Si l'on ajoute le goût morbide des piqueros à suivre les ordres de leurs petits chefs qui les invitent à massacrer consciencieusement leurs opposants quadrupèdes, ce dont ils s'aquittent sans état d'âme, comment s'étonner ensuite que les faenas se résument à quelques coups de torchons distribués à des animaux décomposés, qui plus est, par des mises en suerte interminables? Et comment s'étonner que les aficionados, de plus en plus écoeurés, se lassent, et plient bagages?



Après le paseillo, Serafin MARIN, matador catalan, invita ses deux compagnons de cartel RAFAELILLO et Paco UREÑA à coiffer les barretinas empruntées aux areneros et à saluer le public avec ces monteras improvisées, pour rappeler aux politiques catalans d'Espagne que l'aficion et la catalanité sont indissociables, et ne doivent pas être l'objet de marchandages politiciens qui se foutent bien du fallacieux prétexte des intégristes végétaliens sur la condition et la souffrance animales.

Le sobrero était donc invalide: il ne put démontrer quelconque poder ni bravoure contre le cheval, puis s'avéra trop dangereux au goût de Rafaelillo, qui expédia rapidement les affaires courantes. Mal lui en prit, le toro gardant la tête haute, et le torero s'escrimant à vouloir le puntiller à vif, en négligeant l'épée règlementaire, il asséna à l'animal pas moins de 20 descabellos. Autorité totalement absente, impuissante ou sans volonté. Inadmissible, mais lorsqu'on est matador attitré dans une plaza, comme un certain Fundi à VIC, on se permet tout, et même trop.

Le second toro prend ses trois rations de fer, bien dans la tradition et la culture Cérétane, il gardera malgré tout la bouche fermée. Puis il se couche d'un seul coup, sans raison apparente, on apprendra plus tard qu'il avait reçu une cornada grave sous le ventre. Il se fige, et MARIN le trucide d'un méchant golletazo.

Le toro de Paco UREÑA est un très beau cardeno claro, blanc moucheté de gris; après une mise en suerte très approximative, c'est-à-dire bâclée, il prend sa troisième pique de loin, avec l'alegria qui ravit et soulève les tendidos; toreo profilé, avant de se croiser pour quelques naturelles, UREÑA peut profiter d'une bête assez noble, la première du lot, malgré cela il échoue à l'épée par trois fois, sans s'engager, avant de loger 1/3 d'épée, et après avoir écouté 2 avis.

Le picador de Rafaelillo fera un si sale boulot, avec sa vara, que le public fera savoir au matador que son brindis n'est pas du tout apprécié: sifflets au torero qui marchait vers le centre du rond avec ses trastos, qui rebrousse vite chemin, voilà une leçon que peu de figuras doivent connaitre, et rendons grâce au public de CERET de réagir avec vivacité dès que les tricheurs se moquent de lui, comme c'est le cas lorsqu'un torero laisse assassiner son toro par le picador à ses ordres, puis tente de faire oublier, en brindant au public son toro esquinté, qu'il est le seul responsable de ce massacre injustifiable. Avec le pico et beaucoup de cris, le torero use de beaucoup de gestes et de mimiques, au cours d'une faena qui laisse un sentiment d'inachevé. Jusqu'à l'épée entière qui le couche, le toro gardera la bouche fermée, signe d'un fond de caste salué par quelques applaudissements à sa dépouille.

Le 6° est un cinqueño, beau colorado, armé, mais de peu de forces et de peu de charge. Il sort seul de sa très légère rencontre avec la cavalerie. Sa noblesse perceptible alliée à cette faiblesse autorisent Marin à oser deux derechazos à genoux, mais la faena sera inconsistante, et conclue d'une demi sur le côté, plate et sans relief, comme le travail du catalan.

Manso comme on ne peut l'être, le dernier saute dans le callejon, dont il ressort aussitôt, grâce à la présence d'esprit du torilero. La "punition" infligée par le tueur de service sera à la hauteur de son "insolence", et le matador se montrera ensuite incapable de dominer son sujet, au contraire, par ses hésitations et ses reculades, Ureña s'envoie carrément plusieurs fois l'animal sur lui. Un bajonazo dans l'indifférence du plus grand nombre, une nouvelle épée honteuse qui choque de moins en moins de monde, et la tarde s'achève.
Ici aussi, le public évolue vers le clinquant et la trophéite.


A revoir: les inscriptions sur les panneaux annonçant les toros sont trop petites, illisibles, même avec des lunettes, et tout le monde n'a pas des jumelles.

La suite bientôt....