vendredi 1 juin 2012

VIC FEZENSAC 2012: LE REGARD D'ÉRIC


De retour de Vic, mais je n'ai pas eu le plaisir de t'y voir! Dommage, ce sera pour CERET!  Je te laisse quelques impressions personnelles, que tu pourras, si tu veux, mettre sur ton site dans la partie commentaire :

-Sur la fréquentation des arènes : à la baisse, peu surprenant dans la mesure où l'annulation d'une partie des fêtes, n'a pas permis de remplir quelques sièges supplémentaires. Cependant, cette tendance date de quelques années déjà, et il serait donc trop facile de tout mettre sur le dos du Maire! La crise et surtout me semble t-il de la lente dérive vers une tauromachie présentant de moins en moins d'intérêt explique sans doute mieux ce phénomène. Il serait tant que le CTV réagisse mais cela n'en prend visiblement pas le chemin....Si Vic continue sur cette voie, la désaffection ne fera que s'accentuer.

- Sur la pseudo novillada AOC TERROIR du samedi matin : autosatisfaction et congratulations générales...avant la course ! C'est dire! Quand un club taurin se targue de défendre les VALEURS et la FERIA DEL TORO, et qu'il n'est pas fichu d'organiser une novillada formelle digne de ce nom, il y a un quand même un gros HIC que j'ai du mal à avaler. Allez, le trésorier peut se réjouir. Pas l'aficionado !

- Sur la présentation des toros : plus que limite en général et même un lot et quelques toros indignes de ces arènes (Escolar Gil). Question : Qui décide du choix à Vic? On croit savoir. Quelques exemplaires interessants de La Cruz et Flor de Jara. Vuelta al ruedo pour le deuxième Flor de Jara injustifiéee selon moi!

-Sur la concours : Visiblement, plus grand monde ne joue plus le jeu. On est bien loin, du choix de toros sélectionnés pour représenter HAUT et FORT la devise. C'est le grand bazard, pas bon marché quand même pour l'aficionado, où on y fourgue un peu de tout et surtout beaucoup de rien. Donc, attitudes souvent bien décevantes à la pique, mais applaudies, car le public qui confond pousser, mettre la tête et les reins AVEC se défendre violemment. Mention pour le Fidel San Roman (le plus brave de la concours) mort debout pour la suite et le Moreno (le plus complet).

PS : L'histoire du San Roman (sobrero de Roquefort et ceret 2011) est symptomatique du fait que les toros ne sont plus choisis pour la concours. J'ai entendu de ci de là, quelques critiques acides parce que quelques "enragés" avaient ébruité l'affaire, preuves à l'appui. Mais, sur ce coup, ils n'ont fait qu'informer, sans plus. Le problème n'est pas que ce toro soit lidié. Libre au CTV de faire ce choix, encore faut-il assumer et informer l'aficionado notamment et surtout pour une concours.

-Quelques commentaires sur les piétons : Velasco complètement hors du coup et bouffé par la trouille. Ivan Garcia, perdu aussi à un degré moindre. Mais celà ne saurait justifier les insultes et le mépris vociférés par quelques abrutis bien plus indignes que ceux qu'ils sifflent . L'ennui, comme toujours, au bout de la route avec Bautista qui torée avec la joie, l'envie et le sitio du croquemort de mon village. Barrera, incroyablement courageux et vaillant qui mérite grande ovation, respect et reconnaissance pour son immense pundonor. Mais ne nous trompons pas, et ne nous laissons pas griser. Toréer, c'est savoir dominer et là ....  Lescarret, Josellilo, Moretino, dignes. Mora, de plus en plus éloigné de la vérité du toro, au sens propre comme au figuré.

Voilà, plutôt déçu comme souvent ces derniers temps à Vic et là encore un peu plus à cause de la présentation et du choix des cornus. Pour le CTV, les comptes seront dans le vert, tout a été fait pour, aucun doute là-dessus. Donc il y a fort à parier que celà ne changera pas beaucoup l'année prochaine. Pour la féria del toro, et la soit disant défense des valeurs, il ne suffit pas de s'autoproclamer et de chanter un pseudo-hymne régional. Il faut encourager le CTV à ne pas céder au modernisme ambiant.

Un abrazo

Eric

samedi 26 mai 2012

A. VIARD, A-T-IL VU LE MÊME SPECTACLE QUE LES AFICIONADOS ESPAGNOLS?

Voilà le résumé de qu’a vu ou ressenti Paz Domingo, sur son blog "Toroaficiòn", concernant, entre autres,  la prestation de Castella devant de minables Cuvillitos, lors de la corrida de ce fer à "Las Ventas":

" Mais qu'est-ce qu'ils trouvent au toreo de Castella ? Je ne vois qu’un toreo mécanique, sans intérêt, toujours la même répétition, là où certains voient de la domination et transmission, il m'ennuie. A croire qu’ils hallucinent....Pas moi ! Une tarde soporifique, ennuyeuse à l’excès. Avec ces toros courtisés ( par les figuras ) dont deux furent refusés, et ceux qui restaient furent indignes de Madrid. 
Castella : avec ses éternelles statuaires, suivies des circulaires parfaitement rondes, ses attitudes précieuses, mais aussi beaucoup d’accrochages, allongeant indéfiniment la faena moderne jusqu’à l’overdose. Il écouta deux avis. De mon point de vue, Castella se montra très habile (comprendre qu’il toréa le public qui n’y vit que du feu). Incroyablement. Quand il pincha, les spectateurs sous hypnose le plaignirent. "Que mala suerte"!  Et comme il eut peur d’entendre le dernier avis, il se fendit vite d’un demi bajonazo. La connaissance taurine de certains laisse beaucoup à désirer, mais personne pourtant de ceux qu’il avait endormis ne lui demanda de sortir saluer. Bizarre ! 

Dans « El Pais », A. Lorca déclare que la corrida fut une sardinade, de ces toutes petites sardines des plages malagueñas, dont les toreros s’imaginent pouvoir atteindre les sommets avec de tels petits animaux. Et Carlos Iliàn, dans Marca, qualifie d’imprésentables les bestioles qui défilèrent dans la capitale, première arène du monde, petits animaux sans jeu ni jus, -hors le 3° et le 4° qui émergeaient un peu du lot- qui provoquèrent protestations et broncas : et il conclut en déclarant que cet élevage est sur la mauvaise pente

Voici maintenant la version du caméléon aux vingt casquettes et autant de vestes des Terres taurines, le grand gourou de l’onct que le monde entier nous envie, fervent adepte de la corrida moderne avec figuritas face à des chèvres, qui fait semblant de temps en temps de  donner l’impression qu’il admet que cette pseudo corrida de pseudos toros  que dénoncent les aficionados, nous mène droit dans le mur, puis retourne sa veste pour la ixième fois, finissant par encenser Castella et son toreo « moderne »,  ce même Castella qui déclarait il y a peu en Amérique du Sud qu’il voudrait bien toréer mais sans tuer de toros(!!) : 

Castella a, je cite, « frappé les esprits hier face à un Nuñez del Cuvillo très mobille(sic), dont il aurait coupé l’oreille, voire deux, s’il avait mieux tué . L’impression laissée n’en est pas moins importante, elle est d’abord le fruit de l’engagement d’un torero qui gagnerait sans doute beaucoup à ne pas suivre le peloton des figuras, face à des adversaires sans intérêt »...
Je résume la suite : « En affrontant des corridas susceptibles de mettre en valeur ses capacités il (Castella) pourrait permettre ainsi à la fiesta qui en a tant besoin, de redorer son image » 

Fermez le ban ! 

Beaucoup d’aficionados de la presse et de la toile n’ont vu que des merdasses infâmantes chez ces Cuvillos : le boucalien des terres taurines, lui, est transporté, séduit, charmé, jusqu’au délire, par ces cuvillitos - des sardines imprésentables- qui sont donc pour lui dignes d’intérêt. Et conquis par Castella, qui ne se présente que devant le monoencaste noblissime, faiblissime, débilissime. La preuve par Viard: Castella, au toreo stéréotypé, avec ses statuaires, pendules, et circulaires, conclus d’un bajonazo, a mis en valeur, d'après le gourou du Boucau vieux,  ses capacités (!!!) face à un élevage classé sur la mauvaise pente par des aficionados. 
Pour les uns, les plus nombreux, les intègres, les exigeants salutaires, Cuvillo, c'est de la  merde, indigne, responsable de la fiesta cirque. 
Pour A.V., no pasa nada: tout est bon, qui fait ventre. Faiblesse, indignité, ni trapio, ni jus, il n'a rien vu, ni la porfia, ni le toreo mécanique dénoncé ailleurs, même pas le bajonazo final

Mais puisque c’est le  président de l’onct qui dit que c'était beau et bon, qu’est-ce qui permet d'affirmer qu’il dit n’importe quoi ? 

Comme toujours. Ou presque!

Depuis quelques temps, je ne peux plus m'inscrire au forum de la FSTF: çà ne me gêne pas! Ce qui me chagrine le plus, pour la corrida, pas pour moi, c'est que ces gens-là gardent un tel guignol à la tête de l'onct, son joujou. 

jeudi 24 mai 2012

L'AFICIÒN N'A PAS DE COULEUR !

LA CORRIDA: SPECTACLE FRANQUISTE? 
 Une "légende noire" tenace, entretenue de bonne foi par des progressistes, entoure la corrida. Elle aurait été interdite par les Républicains espagnols parce que "fasciste". Cette affirmation relève de l'ignorance la plus totale. Le 17 juin 1931, pour fêter l'avènement de la République (14 avril), le maire socialiste de MADRID, PEDRO RICO, organise une corrida (8 toreros), présidée par le futur président ALCALA ZAMORA. En avril 1932, nombreuses sont les corridas du "premier anniversaire", dont celles de VALENCIA. Selon JACQUES DURAND, le pertinent critique taurin, à la plume "de lumières", sous la République, la tauromachie se socialise, (*1) toreros et novilleros se structurent; les organisations républicaines célèbrent des corridas pour aider les chômeurs, les déshérités, les œuvres sociales.

En 1934, le gouvernement républicain supprime même l'interdiction faite aux femmes de toréer, au nom de la libération de la femme. La "temporada"(saison) 1935 verra se produire les grands "maestros" MARCIAL LALANDA, LA SERNA, MANOLO BIENVENIDA, ORTEGA DOMINGO, CAGANCHO...., au cours de 242 corridas (*2), pour exercer leur métier. Peu de "figuras" s'engagent politiquement par conviction. DOMINGO ORTEGA défilera le poing levé le 29 août 1936 à VALENCIA pour les milices populaires et le bras tendu lors de la "corrida de la Victoire", le 24 mai 1939 à MADRID. 

Lorsque se produit le coup de force du 18 juillet 1936, beaucoup de toreros se déterminent en fonction de la zone géographique (franquiste ou républicaine), dans laquelle ils se trouvent, même si à MADRID le syndicat des toreros se rallie au gouvernement légal. La plupart des toreros les plus connus se trouvent ou passent en "zone franquiste" (DOMINGO ORTEGA, VICENTE BARRERA? MARCIAL LALANDA...) (*3). Certains sont aussi de grands propriétaires. Si la Guerre d'Espagne relègue en partie la corrida, dans les deux "zones" ont lieu cependant des spectacles taurins (61 en 1937), à "fortes connotations politiques", imposées par le contexte. On ignore le plus souvent que les franquistes, dans les premières semaines de la guerre, dans les régions qu'ils contrôlent, interdisent la corrida et ne la rétabliront que le 2 octobre 1936. 

La guerre, la faim, la haine envers les riches propriétaires-éleveurs, déciment de nombreux élevages. Une trentaine de "fers" disparaissent. La "temporada" 1936 compte 20 corridas en "zone rouge" et 11 côté franquiste. Il est vrai qu'en juillet 1937, MADRID est menacée. Le danger fasciste se précise. Le gouvernement républicain va s'installer à VALENCIA. Il "suspend" la corrida, non par opposition de principe, mais parce qu'il ne reste quasiment plus de toros en zone républicaine (les élevages sont surtout dans le nord, à SALAMANCA, autour de MADRID, dans les zones franquistes), de nombreux toreros s'exilent (CAGANCHO, au MEXIQUE, JUAN BELMONTE, au PORTUGAL...) SILVINO ZAFÒN est le dernier maestro à prendre l'alternative, le 16 mai 1937, en zone républicaine (BARCELONA). 

Les autorités du Front populaire placent sous séquestre de nombreux élevages, désormais devenus "ganaderias du Front populaire". Une minorité de toreros soutiennent la République: ENRIQUE TORRES, MANOLO MARTINEZ, FELIX ALMAGRO, FELIX COLOMO, , SATURIO TORÒN... Ce dernier mourra au combat comme des dizaines de novilleros, de banderilleros, de la 96ième Brigade Mixte de l'Armée populaire républicaine, connue sous le nom de "Brigade des toreros" (*3bis), et qui combattit sur la plupart des fronts... Une épopée décrite par JAVIER PÉREZ GOMES,  (*4) dans un ouvrage documenté. Le 13 août 1936, trois novilleros, à Madrid, avaient dédié leur novillo à LA PASIONARIA - DOLORÈS IBARRURI, sec. du PCE.-  (*5) ANTOÑETE a toujours refusé de toréer devant Franco. Son père fut fusillé par les franquistes en mai 1940. Quant au voile d'infamie dont certains couvrent encore MANUEL RODRIGUEZ MANOLETE, il est tout simplement infondé, insultant, répugnant. MANOLETE ne s'affirme vraiment que dans les années 1940. Il débute à SEVILLA le 26 mai 1938. Comment aurait-il pu "toréer des Républicains" pendant la guerre? MANOLETE n'a jamais pris parti, même si son image (austère), son mythe, ont été instrumentalisés par la dictature. Au MEXIQUE, MANOLETE a souvent rencontré, sans se cacher, des républicains exilés... Il aima follement une femme libre, une artiste à la réputation sulfureuse, LUPE SINO - ANTONIA BRONCHALO LOPESINO -upe Sino , qui fut épouse et veuve d'un officier communiste.  MANOLETE incarnait l'ESPAGNE meurtrie (*6)". 

Tels sont les faits, rien que les faits, au-delà du contre-productif et bruyant débat "pros" et "antis". La corrida n'est ni de droite ni de gauche, mais un art où se jouent la vie, la mort. Elle exige et mérite le silence. " Il n'y a pas solitude plus sonore ni musique plus muette, que celle du toro dans la nuit de son âme" (José Bergamín) (*7). JEAN ORTIZ  - universitaire Université de PAU, JACQUES  DURAND, "Sous la cape rouge", Libération, PARIS, 10/06/2004.  BARTOLOMÉ  BENNASSAR, Histoire de la tauromachie, ed. Desjonquières, PARIS, 1993. Dir. BÉRARD, Robert, La tauromachie. Histoire et dictionnaire., ed. ROBERT LAFFON obert Laffon, PARIS, 2003, p. 60. PÉREZ GÓMEZ, Javier, La brigada de los toreros, Almena ed., MADRID, 2005. DURAND, Jacques, ibid. Dir. BÉRARD, Robert, op. cit., p. 63. BERGAMÍN, José, "La claridad del toreo", in Ecrire la corrida, Actes Sud, Avignon, 1987, p. 59. *3 bis- note du Taure Roge : La 96eme brigade mixte del’Armée populaire républicaine (dite des Toreros rouges) composée de 4 bataillons est mise en place en juin 1937 à MURCIA à partir du bataillon de FRANCISCO GALÀN et de « milices taurines ». Elle comprend plusieurs corps militaire d'où sa "mixité": infanterie, cavalerie, artillerie, avec 3 700 soldats (beaucoup issus du monde des arènes) et 150 officiers, la plupart de ces derniers sont des toreros. La 96 eme brigade interviendra sur le front de TERUEL entre juin 1937 et le 1er avril 1939, date à laquelle la guerre prend fin, la République est vaincue. La 96 eme brigade rend les armes au village de TORO, près de CASTELLÒN; ses soldats et officiers subiront la répression franquiste (emprisonnés, torturés, fusillés...).

Ni blanche, ni rouge, ni noire, l'aficion n'a pas de couleur: blancs ou rouges, certains de mes proches sont aussi anti-corrida que je peux être passionnément aficionado.

Là est la  vérité, et chacun avance la sienne. Pourvu que l'une et l'autre, cohabitent encore longtemps.

CORRALES VICOIS 2012 VUS PAR PEDRITO

















PHOTOS DU HAUT: LES FLOR DE JARA DU LUNDI MATIN




LES TOROS DE LA CRUZ DU DIMANCHE (TARDE): DE BELLES ENVELOPPES....






LES TOROS DE LA CONCOURS DIMANCHE MATIN 11H : CI-DESSUS, SAUF ERREUR, L'ALCURRUCEN
LES ESCOLAR GIL DU SAMEDI  APRÈS MIDI ( 18H ): TOUTES LES ESPÉRANCES AFICIONADAS

mercredi 23 mai 2012

NOVILLADA DES YONNET D'AIRE SUR ADOUR

Le quinto: LE novillo annoncé par Juanique de Collioure, ce qui s'avéra exact. Il mangea Gomès, trop vert et sans envie

Faiblesse.... endémique 
Javier et Miguel: rencontres sympa, et toujours présents pour la - bonne- cause!
Castañeda: de l'esbroufe, sans toréer
Il est des images qui se passent de commentaires! Bravo à Guillon.... et à ceux qui lui font un melon, encore une brillante carrière annoncée!
De que sirve cargar la suerte?

Fin de violin:  plus spectaculaire qu'orthodoxe, mais toujours hors du berceau.
Ne serait-ce pas MONSIEUR Fritero, le seul piquero qui ait opéré ce jour dans les règles? Les autres: pires que tout!

Suerte de matar in toreo moderno de Dias Gomes

Destorear con el pico, sin arrimarse: el mismo  que encima....

Autre exemple de la suerte de matar à la sauvette! Il s'agit de la future vedette française - cocorico ! -  Guillon. 
Les Christophe Yonnet du jour: sans trapio ni bravoure
Le sympathique palco, qui oublia de déclencher son chronomètre pour les avis: il entendit qu'il y avait des aficionados, peu nombreux, certes, - dans un petit tiers d'arène-  mais pointilleux .....

Parfois dans le berceau.... mais ici,  c'est le grand pont de l'Adour