mercredi 23 août 2017

C'EST QUOI, L'HOMME SANS LIBERTÉ?


Frederico Garcia Lorca, l’ultime poème…

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Stéphane Fouéré à Créateurs d’humanité
Le célèbre poète espagnol Federico Garcia Lorca déclamant son ultime poème, juste avant son exécution durant la guerre civile d’Espagne en Août 1936, par un peloton d’exécution fasciste.
« C’est quoi l’homme sans liberté
O ! Mariana dis moi
Dis-moi comment puis-je t’aimer
Si je ne suis pas libre, dis-moi
Comment t’offrir mon cœur
S’il n’est pas à moi ».
Federico Garcia Lorca
 

MACRON ET LE MÉPRIS DE LA LAÏCITÉ, UN DES FONDEMENTs DE LA RÉPLIQUE


Non au détournement clérical des hommages à Jacques Hamel : défendons les principes de la République, pas les valeurs religieuses !



Comme l’UFAL l’avait souligné dès le 27 juillet 2016, par l’assassinat terroriste de Jacques Hamel, prêtre catholique qui célébrait son culte, ce ne sont pas seulement « les catholiques qui ont été frappés », mais « la liberté de culte qui [était] visée, et donc encore une fois la République laïque ».
Il est donc particulièrement choquant que dans son discours d’hommage du 27 juillet 2017, le nouveau Président de la République n’ait pas une seule fois prononcé le mot « laïcité », ni évoqué les principes de la République. C’est pourtant la laïcité qui constitue le meilleur rempart aux guerres de religion, la liberté l’égalité et la fraternité qui cimentent notre République, au-delà des diverses options philosophiques ou religieuses des citoyens. Il était du devoir de M. Macron de le rappeler, non de réduire les fondements de la République à des valeurs spirituelles, et de rendre un hommage appuyé à « la fraternité et la charité de l’Église de France » – alors que seuls 4 % des Français vont à la messe.

Cet abandon délibéré des principes par la plus haute Autorité de l’État n’a pu que faciliter le dérapage clérical et réactionnaire de l’archevêque de Rouen, Dominique Lebrun, qui n’a pas hésité à assimiler les attentats terroristes à l’IVG ou à l’aide à la fin de vie. De tels propos avaient été tenus après les attentats de janvier 2015, plus crûment, par l’évêque aux armées, Luc Ravel (promu depuis archevêque de Strasbourg). Exactement comme les partisans, terroristes ou non, de l’instauration de la « charia », ces cléricaux n’hésitent pas à proclamer la supériorité de la morale religieuse sur la loi : soit une régression de 112 ans par rapport à la loi de séparation des Églises et de l’État.

L’UFAL proteste contre cette récupération cléricale, facilitée par les Pouvoirs publics, d’un hommage qui aurait dû rester républicain et humaniste. La République laïque, c’est bien autre chose que la réunion des responsables des cultes (monothéistes). Le libre exercice des cultes est une des composantes de la laïcité républicaine, non une référence de la République à quelque valeur religieuse particulière que ce soit. Jacques Hamel n’est un « martyr » que pour ceux qui partagent sa foi : pour tous les Français, il doit rester d’abord une victime d’un terrorisme qui combat la République.
* Le titre est de Pedrito  Voilà un président de la République élu par 18% des citoyens qui se comporte comme un petit chef religieux,  inconscient des obligations de réserve dues à sa fonction.
Déjà sur les pas de Franco............

dimanche 20 août 2017

LEUR DIEU NE FRAPPE JAMAIS LES PALAIS NI LES BANQUES






Solidarité face au théofascisme

Publié le 18 Août 2017


Solidarité face au théofascisme
Qui les arme?
Où les trouvent-ils ? Comment expliquer les moyens sans fond dont ils disposent ?
Les financiers financeurs de E.I.- Daesh and C° entre deux investissements dans le mercato ou des provocations contre la souveraineté des peuples et leurs états  vont-ils pouvoir longtemps poursuivre sans freins leur barbare logistique.
Ils ont encore frappé. comme à Nice ou Manchester, comme au Nigéria, au Burkina fasso, en Russie aux USA ou tout le Moyen orient.
Insupportable!
Après Manchester Canaille le Rouge écrivait ceci : 
"Ils frappent ; pas si aveuglement que celaPersonne qui ne remarque que depuis le 11 septembre jusqu'à ce jour Manchester , à travers la planète les attentats fascistes visent toujours des rassemblements jeunes, festifs et populaires.
Jamais la caste qui les pilote ne s'en prend à l'aristocratie financiaro-industrielle qui porte et impose les politiques impérialistes qui servent d'alibis aux criminels.
Cet attentat arrive juste le lendemain de la visite du 1er responsable de la 1ere puissance impérialiste auprès du principal soutien à l'idéologie wahhabite socle de toutes les branches cette partie du théofascisme. 
Tous ces attentats renvois à des mouvement parés ou pas de façades religieuses tous liés à la mouvance fasciste ici théofasciste ou là, nazie.
Ils frappent et partout les premières réactions, et sans tarder en France, au nom de la sécurité, brider les Libertés.
Notons la réaction immédiate du gouvernement français pour dire maintenir un état d'urgence inadapté à la lutte contre les poseurs de bombe mais d'une grande utilité pour museler tout mouvement populaire appelé à contester sa politique."
Pas besoin d'en changer une ligne tant le cadre est le même tant les causes sont toujours présente.
Reste la question qui devient lancinante :
Va-t-on longtemps encore devoir remplacer le non d'une ville meurtrie par celui de la suivante sur la lite des victimes du théofascisme sans arrêter les assassins et les forcent qui les épaulent ?
depuis le début de 2016, plus de 3000 morts que le théofascime cette variante du fascisme générique sème sur les chemins qui lui sont dégagés par de curieuses alliances  politico économiques. Alliances, à combattre sans faiblesse sous toutes leurs formes, qui le font croître.
Les mêmes subsides qui transitent via les banques du capital mondialisé peuvent acheter des armes à Satory ou des footballeurs sur le marché aux bestiaux de la FIFA ou encore spéculer sur des palaces en direct ou via des fonds de pensions. 
Personne qui exigeant des mesures contre le terrorisme ne propose la confiscation des fortunes qui servent à son financement ou la fermeture les officines qui gravitent autour de ses actes. Personne qui ne dénonce la tolérance avec les régimes qui en Europe ont précédé Trump dans la réhabilitation du nazisme des pays Baltes à l'Ukraine, de Budapest à Varsovie.
Peu ou personne pour rappeler la perméabilité entre fascismes, théofascisme de Charlottesville et Barcelone ou Paris (idées et réseaux de circulation des armes, tolérances officielles etc.)
Cela ressemble un peu à cette drôle de guerre à l'identique de celle de 1939  : l'ennemi est ciblé mais surtout ne pas l'attaquer,. Continuer tel le patronat français en 40 à commercer avec lui, à faire les yeux doux à ceux qui le couvent voir profitent de sa terreur pour accumuler des fortunes.
Lui vendre des armes qui vont se répandre via les convois de Toyota flambant neuves à travers la planète.
Lui reconnaître des mérites (Fabius et la Syrie ou le putsh fasciste de Kiev), encourager ses émules (Erdogan à Ankara, Sissi en Egypte). Et ne rien dire officiellement de celui qui depuis la Maison Blanche instrumentalise la monté globale du fascisme sur la planète.
Vouloir faire croire que l'un serait pire que l'autre renforce et l'un et l'autre.
Dans l'affrontement global mondialisé entre le capital et le travail, le capital déploie l'outil dont il a besoin pour maintenir son hégémonie, ce talon de Fer dont parlait J London.
Urgent que les peuples trouvent le chemin pour hausser le ton et s'attaquent à extirper le mal et toutes ses racines. c'est de lutte de classe qu'il s'agit.

Blog de CANAILLE LE ROUGE

samedi 19 août 2017

LA PHRASE DU JOUR

L’écroulement de l’URSS et des pays satellites en 1990, marqués par le goulag et les crimes, n’invalide pas la portée universelle du communisme, pas plus que la Saint-Barthélemy n’a mis en défaut les valeurs du christianisme: le PCF doit redevenir un parti politique de première division, il doit porter l’étendard du communisme en France où le capitalisme s’est développé, s’est transformé, et a peut-être, historiquement, déjà fait son temps.

André GÉRIN, dans une contribution à la préparation du congrès extraordinaire du Parti Communiste Français pour 2018

lundi 14 août 2017

LE PARTI COMMUNISTE ET "LES PAUVRES"


« Pourquoi le PC a perdu les pauvres ? » (par Franck Marsal)

12 Août Blog histoireetsociete
« Pourquoi le PC a perdu les pauvres ? » (par Franck Marsal)
J’aime bien les questions simples et directes. Celle-ci m’a été posée hier soir sur facebook par un ami Facebook (Ch. Valas) et, il m’a semblé qu’elle méritait une réponse. Voici donc la question (en version complète) :
« On peut se demander pourquoi les pauvres votent et donnent le pouvoir aux riches. Alors qu’ils sont les plus nombreux et qu’ils peuvent aisément remporter toutes les élections et étant au pouvoir organiser la répartition des richesses. Pourquoi le PC a perdu les pauvres? »
Et ma réponse :
Pauvres ? Ou « prolétaires » ?
Définir les gens comme « Pauvres », c’est les définir par ce à quoi ils ont accès, non par ce qu’ils font ni ce qu’ils sont. Dans notre société, les « pauvres » ne sont pas une minorité de marginaux. C’est de plus en plus la masse de ceux qui, comme disait Marx, n’ont pour vivre que la force de leur travail, les prolétaires. Ce sont plusieurs milliards de personnes à l’échelle mondiale de notre système de production. Ils sont les producteurs essentiels de toutes les richesses qui permettent aux « riches » d’être riches et à la société dans son ensemble de vivre et de se perpétuer.
Donc, ceux qui subissent la pauvreté ne sont pas réellement des « pauvres ». Ils sont au contraire très riches, riches de ce qu’ils savent faire, de ce qu’il produisent chaque jour, de ce qu’ils donnent à la société, qui sans eux, ne tient pas. Simplement, ils n’ont pas accès aux richesses qu’ils produisent. Non seulement ils n’y ont pas accès, mais, le plus souvent, ils n’ont pas conscience de la valeur indispensable de ce qu’ils produisent, entre autres parce qu’ils n’ont pas de vision d’ensemble du système de production, ni d’accès aux comptes de leur propre entreprise.
Qu’est-ce que la conscience politique « communiste » ?
Les travailleurs ne sont donc effectivement pas « spontanément » communistes. En fait, personne n’est « spontanément » communiste, et la classe ouvrière, même celle qui correspond à l’image d’Epinal, n’a jamais été communiste par « réflexe spontané ».
Car, pour être communistes, il ne suffit pas d’être « pauvre » ou plutôt prolétaire. Il faut aussi être conscient de sa place dans la société, et du fait que cette pauvreté est le résultat d’une exploitation, d’une spoliation. Et même si on a confusément cette conscience, il faut en acquérir une conscience politique, c’est a dire comprendre d’où cela vient et comment cela.peut être changé. Qui plus est, il faut acquérir la conviction que le renversement complet de l’ordre existant est préférable, ou est la seule voie réaliste pour améliorer son sort de travailleur.
Or, ceci n’a aucun sens sur un plan individuel. Si vous êtes seul à être communiste, à faire grève ou à tenter de renverser le capitalisme, cela n’a aucune chance de marcher. Au contraire, vous avez toutes les chances d’avoir les pires ennuis. C’est pourquoi la conscience politique résulte (bien sûr) d’une analyse politique, économique et historique du capitalisme (dont Marx et Engels ont posé les bases claires, mais qui doit être reformulée à chaque nouvelle étape historique) et néanmoins ne peut être qu’un phénomène social, collectif, organisé, se développant essentiellement sur un temps historique et à travers des expériences collectives.
C’est pourquoi le développement d’une conscience politique communiste, y compris chez les ouvriers, n’a rien d’automatique ni de spontané.
L’expérience historique montre qu’il existe toujours spontanément une fraction des travailleurs qui adhèrent à l’idéologie dominante, aujourd’hui le libéralisme, et une autre qui cherche à négocier, souvent par l’entremise de l’état réputé démocratique, une simple amélioration de ses conditions de vie. Lorsque le capitalisme semble stable et prospère, ces deux tendances sont politiquement dominantes.
L’exemple historique du Parti Communiste Français :
Considérons rapidement l’histoire du PCF : Celui-ci est créé en 1920, lors du congrès de la SFIO, sous l’impulsion politique d’une part de la 1ère guerre mondiale, une expérience politique terrible vécue par les masses et d’autre part de la révolution russe, qui remet au devant de la scène les idées communistes, reformulées par Lénine (et d’autres) pour la période en cours.
Ce congrès est en réalité celui du Parti Socialiste, qui s’est divisé suite à ces deux événements. C’est parce que les délégués acquis aux idées communistes y sont majoritaires, que ce congrès décide de changer le nom et l’idéologie du parti, de créer le Parti Communiste. C’est ainsi que « L’Humanité », journal fondé par Jean Jaurès est devenu l’organe central (c’est un peu plus compliqué aujourd’hui) du PCF.
Pourtant, même si la tendance communiste est majoritaire au congrès de Tours en 1920, face à la tendance social démocrate, pendant environ 15 ans, le PC va rester très minoritaire, non seulement sur un plan électoral, mais également dans le mouvement syndical. Ce n’est qu’au plus fort de la crise mondiale, lors des grèves de 36 puis dans la résistance, que le PCF devient progressivement la force prédominante à gauche, sans pour autant être hégémonique d’ailleurs.
On peut constater la traduction de cet historique dans les scores électoraux du PCF lors des différentes élections législatives par exemple. En 1932, le PCF recueille moins de 800 000 voix, 8,3 % et seulement 10 sièges de députés. On pourrait alors conclure que l’expérience du PCF va rapidement s’achever sur un échec et que les « communistes » ont perdu les ouvriers, qui restent très largement acquis aux idées social-démocrates.
Il n’en sera rien. Au contraire. 13 années plus tard, le PCF recueille plus de 5 millions de voix, jusqu’à 28 % et obtiendra en novembre 1946 182 sièges de députés.
Résultats du PCF aux élections législatives (référence Wikipédia)
Le reflux et ses racines économiques et sociales
Après la seconde guerre mondiale, sur la base de la reconstruction, de la fin des empires coloniaux et d’une relative unification économique et technique du monde capitaliste sous la direction américaine, celui-ci connait une longue période d’expansion, de développement et de modernisation.
Lorsque celle-ci commence à porter ses fruits, logiquement, les idées communistes régressent, les idées conservatrices et social-démocrates reprennent le dessus, soutenues puissamment par les institutions capitalistes, les états, les medias et une parties des « intellectuels »… Cela n’est pas une spécificité française, mais une tendance mondiale.
Le PCF s’affaiblit alors ET en même temps subissant la pression idéologique ambiante évolue vers la droite de manière plus ou moins consciente, avec une apogée avec l’arrivée de Robert Hue comme secrétaire national. Cela se traduit sur les plans idéologiques (abandon de la « dictature de prolétariat », du « centralisme démocratique »), organisationnels (rupture du lien « organique » entre le journal ‘L’Humanité’ et le PCF, abandon des « écoles de formation »), syndicaux (rupture du lien entre PCF et CGT) et programmatiques (notamment l’abandon de la notion générale de « nationalisation » au profit de « pôles publics ») …
La gauche « radicale »
La dynamique change à partir de 2008, première crise générale mondiale du capitalisme comparable à celle de 1929. Il est important de comprendre que, même si la France entre dans un ralentissement économique à partir de 1973, l’économie mondiale continue de progresser à un rythme soutenu jusqu’en 2008, s’appuyant notamment sur les pays émergents.
Et c’est tout aussi logiquement – à mon avis – que lorsque la crise mondiale frappe à nouveau le capitalisme (en 2008 au niveau mondial, pas avant), les premières réactions politiques soient d’abord l’émergence de forces social-démocrates « radicales », comme Syriza en Grèce, la FI en France, Corbyn en Angleterre ou Sanders aux USA.
En dépit de leur discours « radical », ces forces au-delà de leur diversité idéologique, appellent à un capitalisme « amélioré », plus démocratique, plus redistributif, plus écologique et plus keynesien.
En effet, le développement d’une conscience communiste nécessite à la fois une reformulation des idées dans le cadre de la période actuelle, et une série d’expériences politiques qui permettent de clarifier les enjeux des différentes options.
Une phase de dissonance cognitive
Il faudra tout un cycle d’expérience politique avant que les idées communistes, correctement reformulées, ne reprennent le dessus. On mesure, avec l’exemple de la Grèce, à quel point, même avec des politiques de régression sociales très violentes, même avec l’échec avéré de l’expérience de la gauche radicale « Syriza », ces évolutions dans les mentalités sont longues et difficiles.
Nous sortons d’une période où l’anti-communisme dans toutes ses formes a été inculqué très en profondeur. Je pourrais en citer des dizaines d’exemples, depuis le travail théorique de Marx et Engels sur le capitalisme, très occulté ou déformé, notamment dans les parcours scolaires et universitaires jusque, bien sûr les expériences socialistes du 20 ème siècle.
Il est frappant de constater que, malgré l’échec patent du « nouvel ordre mondial » impulsé par les USA après l’effondrement de l’Union Soviétique, il reste difficile de parler sereinement et objectivement de ce que fut l’expérience soviétique. Pourtant, quel est le bilan de ces 25 ans sans URSS ?
Nous devions avoir la paix universelle. Tous les problèmes géopolitique de la guerre froide allaient être résolus. Non seulement, l’OTAN n’a pas été dissous, mais, depuis la chute de l’URSS, les USA et leur alliance militaire principale n’ont cessé d’augmenter leur budgets militaires et de semer la guerre et le chaos. Il y eu la 1ère guerre d’Irak, l’éclatement forcé de la Yougoslavie et trois guerres (Croatie, Bosnie, Kosovo) s’en suivirent. Puis l’invasion de l’Afghanistan et la seconde guerre d’Irak. Aujourd’hui, la guerre fait rage de Tombouctou a Kaboul (voire au-delà) et de Bangui à l’Ukraine.
Nous devions avoir la prospérité générale. Il faut se souvenir qu’un des principaux arguments utilisé pour discréditer les pays socialistes était la vétusté de leurs automobiles. Si vous choisissiez le socialisme, on vous promettait des « Trabants », vieilles voitures est-allemandes peu confortables, si vous choisissiez le capitalisme, vous pouviez avoir des Mercédès, des BMW ou des Audi. Pourtant, le monde capitaliste a connu, environ quine ans après la chute de l’URSS sa pire crise économique depuis celle de 1929. Presque partout sauf en Chine, la pauvreté et misère sont en progression constante. Quant à la Chine, rappelons qu’ à l’époque, il était dit qu’avec Deng Xiaoping, elle avait déjà fait le choix du capitalisme et que l’effondrement du Parti Communiste n’était qu’une question de temps – on voit là aussi que cette prédiction était fausse.
Les marchés libérés et les privatisations allaient nous libérer des Etats. Nous n’aurions quasiment plus d’impôts à payer puisque l’ensemble des services publics privatisés seraient devenus prospères et tellement plus efficaces.
Enfin, on nous promettait une démocratie universelle. En guise de quoi, l’ensemble des systèmes politiques sont revenus au stade des années 30, gangréné par les « affaires », la corruption, la montée des nationalismes, le contrôle de plus en plus visible des grands intérets financiers sur les médias et la diffusion des idées.
En filigrane de tout cela, on dressait le portrait du communisme. L’Union Soviétique menaçait la paix et voulait « nous envahir » pour imposer son modèle. Les services publics nationalisés étaient inefficaces. Les fonds de pension seraient le système de retraite moderne qui allait remplacer notre vieille sécurité sociale. Les partis communistes, qui comptaient pourtant des millions de militants, entrainant autour d’eux un vaste mouvement social n’étaient que des simulacres…
Ce discours est en train de craquer. Nous sommes sur le point de réviser tout ce qui nous a été dit depuis 50 ans sur le communisme et le capitalisme. C’est ce pourquoi précisément cette question m’a été posée. Si la restauration globale du capitalisme depuis la fin de l’URSS avait été le succès annoncé, personne ne prendrait même la peine de poser la question, de discuter du communisme, … On ne se poserait d’ailleurs pas la question de savoir si les « pauvres votent PC », puisqu’il n’y aurait plus de pauvreté.
Il faut avoir milité dans ces années-là pour mesurer combien inconsciemment le rapport que nous avons collectivement avec le communisme a changé. Chaque jour ou presque apporte une nouvelle de l’échec du capitalisme. L’espoir dans un monde de paix et de prospérité s’est transformé en une sourde inquiétude.
Nous sommes dans la phase de la dissonance cognitive. Les informations que nous recevons ne sont plus compatibles avec les croyances que nous avons. Cela suscite une grande perplexité, des interrogations, mais à l’échelle historique, les grands événements n’ont pas encore eu lieu. Nous n’avons pas encore assez d’éléments pour, à une large échelle, reconsidérer ces croyances. Pas encore. Simplement pas encore.