mercredi 15 juin 2022

Publié par El Diablo

Bombardements ukrainiens sur Donetsk : une maternité touchée, la RPD et l'ONU condamnent

Les autorités de la République populaire de Donetsk ont indiqué qu'une maternité de la capitale avait été frappée par des tirs d'artillerie, un acte dénoncé par les Nations unies. Le bilan humain des tirs sur un marché s'est par ailleurs alourdi.

Les bombardements massifs des forces armées ukrainiennes sur la capitale de la République populaire de Donetsk (RPD), dans la journée du 13 juin, ont frappé une série de bâtiments, selon les autorités locales. Parmi eux, une maternité a pris feu, comme l'ont constaté des journalistes présents sur place, dont un reporter de RT. L'incendie n'a pas fait de blessés puisque les patients et le personnel avaient été évacués à temps, selon le ministère de la Santé de la RPD.

L'ONU condamne une «violation manifeste du droit international»

«L'ennemi a littéralement franchi toutes les limites, utilisant des méthodes de guerre interdites», a déclaré le dirigeant de la république autoproclamée, Denis Pouchiline, dénonçant ces frappes sur des quartiers résidentiels de Donetsk. Le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, cité par l'agence de presse Tass, a condamné le bombardement sur la maternité de Donetsk, en soulignant que «toute attaque contre des infrastructures civiles, notamment des établissements de santé, constitue une violation manifeste du droit international».

Selon le quartier général de la défense territoriale de la RPD, des pièces d'artillerie de l'OTAN de 155 mm ont été utilisées au cours de ces tirs qui ont touché des civils, le bilan humain s'élevant à cinq morts et 39 blessés d'après la même source. Dans un premier temps, les autorités avaient fait état de quatre personnes tuées – dont un enfant – et de 22 blessés après les frappes sur un marché de Donetsk.

D'autres villes et villages de la RPD ont été touchés par des tirs, également réalisés à l'aide de lance-roquettes multiples. Face à la situation, Denis Pouchiline a aussi affirmé que des renforts de forces alliées, c'est-à-dire russes, étaient nécessaires et qu'un accord avait été trouvé en ce sens, comme le rapporte Tass.

Situées dans le Donbass, les Républiques populaires de Donetsk et Lougansk, reconnues par Moscou depuis février 2022, ont fait sécession avec Kiev depuis le coup d'Etat de 2014. Elles ont régulièrement fait l'objet de bombardements depuis lors.

L'offensive militaire russe en Ukraine, lancée fin février 2022, a notamment pour objectif, selon le chef d'Etat russe Vladimir Poutine, de protéger les populations du Donbass. Mais les alliés occidentaux de Kiev dénoncent quant à eux une invasion russe et multiplient les sanctions économiques contre la Russie. En mars, celle-ci avait été accusée par Kiev d'avoir commis un «crime de guerre» en bombardant une maternité à Marioupol. Moscou avait alors affirmé que le bâtiment servait en fait de refuge et de poste de tirs à des groupes armés, dont le bataillon néonazi Azov.

[Vu sur l’application RT News]

 

LA PHRASE DU JOUR.

 Signée Danielle BLEITRACH, elle concerne Henry KISSINGER, ancien secrétaire d'État Américain, et elle est publiée ce 14 juin sur le blog "histoire et société", sous le titre 

Ukraine : divisions en Occident et impasse stratégique pour le monde

"Il est vraiment étonnant et profondément ironique de voir aujourd’hui l’une des figures les plus criminelles de l’impérialisme américain dans le passé et de la politique internationale pendant tout le XXe siècle, Henry Kissinger lui-même, intervenir dans le rassemblement des élites capitalistes occidentales pour leur dire de faire la paix avec la Russie avant qu’il ne soit trop tard, et même de le faire en acceptant de modifier les frontières ukrainiennes actuellement internationalement reconnues (**). En d’autres termes, accepter qu’il est tout simplement impossible d’inverser les gains de la Russie sur le terrain."



HEGEL: la pensée vulgaire est abstraite, la philosophie doit restituer le concret…

En écoutant les chaines en continue nous parler non seulement de l’Ukraine, mais du danger qu’un autre vote que celui pour Macron nous réserverait, il m’est apparu à quel point ce mode d’exposition est primaire, mais également abstrait , ne renvoyant à aucune réalité de l’expérience sensible de chacun. Faire de la Russie ou de la Chine, l’origine de tous nos maux, est déjà une entreprise “hors sol” mais transformer Mélenchon, ce social démocrate, épris d’effets oratoires digne d’un “radical de la troisième république” en péril ultime pour notre progéniture et nos biens est si excessif que nos “élites” et le président lui-même, ont atteint le niveau de la marchande de poisson vindicative selon Hegel; mais lisez plutôt et souvenez-vous que Marx qui n’a jamais renié HEGEL l’a remis sur ses pieds en matière d’origine des faits, et qu’il plaide pour la compréhension d’êtres humains concrets, de sociétés concrètes, c’est à dire synthèse en devenir de nombreuses déterminations. Il accuse Proudhon, comme le capital, de pensées abstraites en matière de “propriétés “à tous les sens du terme. (note de danielle Bleitrach pour histoire et societe)

j’ai perdu le lien avec le site qui publie ce petit bijou, qu’il se fasse connaître pour le rétablir.

En général, on trouve que la philosophie, c’est trop abstrait. Les gens, y veulent du concret. Et ce n’est pas Hegel qui leur donnera tort : « Le sain bon sens exige le concret » dit-il quelque part. Bon, mais encore faut-il savoir ce que c’est, de penser « concret ». Ce que les gens n’aiment pas trop dans la philosophie, c’est que c’est plein d’idées générales, sans grand rapport immédiat avec le réel concret, singulier, celui qu’on a sous les yeux et qu’on peut toucher. Le philosophe disserte sur la Justice en général, alors que lui, l’homme normal (on est toujours un brave type normal), il a affaire à des crapuleries bien concrètes, là, dans le tram, dans le métro, dans la rue. La crapule, elle, elle est concrète, sous mes yeux, je la touche. Vraiment ?

Hegel justement s’est penché sur cette question dans un petit texte très drôle, et un peu polémique comme il faut, écrit en 1807 : Qui pense abstrait ? Il prend l’exemple…concret d’une brave gouvernante qui va acheter des œufs sur le marché pour ses maîtres. Alors elle regarde l’étal d’une marchande, une petite vieille femme, elle fait comme tout le monde, elle vérifie la qualité avant d’acheter. Et elle trouve que quand même la vieille exagère, parce que ses œufs, ils sont pourris. Et là ça devient très concret.

«  »Vieille femme, tes œufs sont pourris », dit la servante à la marchande. « Quoi ? » réplique-t-elle, « Pourris, mes œufs ? Pourrie toi-même ! Tu oses dire cela de mes œufs ? Toi dont le père a couru les grands chemins, dévoré par les poux ? dont la mère est partie avec les Français ? dont la grand-mère est morte à l’hospice ? Achète-toi une vraie chemise pour remplacer ce fichu de pacotille ! On sait bien où elle a trouvé son fichu et ses bonnets ! Si ce n’était de ces officiers, je n’en connais guère qui seraient attifées de la sorte aujourd’hui ! Et si nos nobles dames prenaient plus de soin de leur maisonnée, j’en connais au contraire beaucoup qui seraient en prison à l’heure qu’il est ! Va donc repriser les trous de tes bas ! » Bref, elle ne lui laisse pas un fil sur le dos. Elle pense de façon abstraite et met tout ensemble la femme, son fichu, son bonnet et sa chemise, ses doigts et autres parties de son corps, son père et toute sa famille, simplement parce qu’elle a commis le crime de trouver ses œufs pourris. Tout ce qui la touche prend la couleur de ces œufs. Quant aux officiers dont a parlé la marchande, et si, comme on peut se le demander, il faut ajouter foi à ses dires, ce qu’on leur montre est sans doute très différent. »

Hegel, Qui pense abstrait ? (1807).

Ça, c’est une dispute de marché. Au Boulingrin, on est poli, on en fait pas des comme ça. Mais quelle leçon générale (abstraite ?) tirer de cet exemple (concret?) ? La vielle, dit Hegel, elle est abstraite. Pourquoi ? Parce que sous le coup de la colère, enfin plutôt du ressentiment, comme dirait Nietzsche, « tout ce qui la touche (elle, la servante) prend la couleur des œufs ». Elle ne voit plus une femme, là, devant elle, en chair et en os, mais la servante qui a osé dire que ses œufs étaient pourris. Peut-être la servante l’a-t-elle aidé hier, peut-être étaient-elles à l’école ensemble, qui sait ? Tout ça est oublié, mis de côté, ça n’existe plus. Elle n’a plus face à elle qu’une servante effrontée, et elle s’en venge. La vieille oublie tout cela… Elle oublie. Elle fait abstraction de tout ça. Elle ne juge plus une femme. Elle ne voit plus une femme. Elle s’est perdue dans sa haine.

Faire abstraction, c’est négliger tout un aspect des choses. Si, par exemple, je prends une roue de vélo, et que je fais abstraction de sa matière, le caoutchouc, il reste le rond, et presque le cercle. Le mathématicien enlève quelque chose du monde, il oublie la matière, à la fin, il ne reste plus que des cercles et des droites parfaites. C’est exactement ce que fait la vieille : elle oublie, dans la femme qu’elle a en face d’elle, la totalité qu’est cette femme, pour ne retenir qu’un aspect éphémère : la servante effrontée. Et c’est pour ça qu’elle est abstraite, et c’est pour ça qu’elle est injuste.

Être abstrait, ce n’est pas se perdre dans des idées générales. C’est faire abstraction de la totalité qui compose un être pour le réduire à un de ses aspects. Alors quand les gens croient être « concrets », en fait, ils sont complètement, mais alors complètement abstraits. Ils n’ont aucune conscience de la totalité des choses qui composent ce qu’ils se permettent de juger. C’est comme juger un homme à ce qu’il vient de faire en oubliant, en faisant abstraction de toute son histoire.

La suite du texte est bien aussi.

« Passons de la servante au serviteur. Aucun n’est plus mal placé que celui qui sert un homme d’une classe inférieure et d’un petit revenu ; et plus noble est son maître, mieux il s’en trouve. L’homme du commun, encore une fois, pense plus abstraitement, il se donne des airs nobles devant son serviteur, et dans ses rapports avec lui ne connaît que le valet ; il s’en tient à ce seul prédicat. Le serviteur qui a la meilleure place est celui qui sert un maître français. Le gentilhomme est familier envers son valet, le Français amical. Lorsqu’ils sont seuls, c’est le valet qui parle. Voyez Jacques et son Maître de Diderot. Le maître se contente de priser et de regarder l’heure, et laisse son valet s’occuper du reste. Le gentilhomme sait que son serviteur est plus qu’un serviteur, qu’il est au courant des dernières nouvelles de la ville, qu’il connaît les filles, qu’il a de bonnes idées en tête. Il s’informe auprès de lui et lui permet de dire tout ce qu’il sait sur ce qui l’intéresse, lui son maître. Avec un maître français, le valet peut se permettre encore plus ; il a le droit d’aborder lui-même un sujet, d’avoir des opinions personnelles et de s’y tenir ; et lorsque le maître a un désir, il ne lui suffit pas de donner un ordre pour qu’il soit exécuté, il lui faut d’abord discuter et convaincre son serviteur, puis ajouter une bonne parole afin de s’assurer que son opinion prévaudra. »

Hegel, Qui pense abstrait ? (1807).

Ah…Les gentilshommes français… Il n’oublie que son valet n’est pas qu’un « valet », un « serviteur », il sait de trucs, genre, où trouver des filles… Il est même de bon conseil. Le valet est plus qu’un valet : c’est le hasard de l’histoire, son malheur ou celui de son arrière grand-père qui l’a réduit à cette condition sociale. Et le gentilhomme n’est ce qu’il est qu’un de ses ancêtres a rendu service à un type important. D’où viennent ces distinctions sociales ? Mérite ? Hasard? Mais le valet n’est pas qu’un valet, et le gentilhomme a tout intérêt à ne pas l’oublier, s’il veut fréquenter les filles. N’y a-t-il pas quelques enseignements généraux, dans ces petites histoires concrètes sur la pensée abstraite, pour mieux comprendre la relation entre le maître et le serviteur ? Pour mieux comprendre, en somme, ce que certains appellent … la « lutte des classes » ?

Et pour commencer avec Hegel, je ne saurai que conseiller ce petit recueil de textes de Hegel intelligemment choisis par le grand Jacques D’Hondt.

 

mardi 14 juin 2022

Accueil du site > Actualités > Politique > La meute ou le troupeau ?
#45 des Tendances

La meute ou le troupeau ?

La meute, c’est sauvage, le troupeau, c’est domestique

Que choisir lorsqu’à la tête de l’état un petit roi tente de n’en faire qu’à sa tête ?

Rester silencieux, se taire, suivre, ou quitter le troupeau ?

La question mérite d’être posée, mais avant d’y répondre, il faut tenter de comparer les deux attitudes sociales proposées : être dans le troupeau, ou vivre avec la meute ?

Commençons par la meute, souvent mal comprise, comme par exemple celle des loups : au contraire du troupeau de moutons, elle dépasse rarement le nombre de 10 membres, sauf quand 3 familles décident de s’unir, souvent provisoirement.

La meute est dirigée par le couple reproducteur, et lorsque les jeunes ont atteint leur maturité, ils couvrent des centaines de kilomètres pour fonder leur propre meute.

Tout à l’inverse du troupeau de mouton, c’est le mâle dominant qui conduit la file indienne, à la queue leu-leu (rappelons au passage que le mot « leu » est le mot loup en vieux français…).

Le hurlement du loup qui a angoissé tant de populations, est seulement destiné à marquer son territoire ou signaler la présence d’une éventuelle proie, et s’ils hurlent en chœur, c’est aussi pour créer l’illusion qu’ils sont plus nombreux que l’on pourrait le croire.

Quant au loup solitaire, tueur d’humains, il est plus proche de la légende que de la réalité, car le loup a plus peur de nous que le contraire...lien

Robert Hainard, le grand naturaliste, que j’ai eu le privilège de rencontrer grâce a des liens familiaux, évoquait avec un grand respect cet animal si décrié : « je comprends mon irrépressible révolte lorsque je vois supprimer la nature, on me tue mon infini  », écrivait-il. Lien

Et quid du mouton ?

On connaît le sens du mot moutonnier (qui suit aveuglement les autres, les imite sans discernement), qui à lui seul montre bien l’opposition que l’on peut faire entre la meute et le troupeau…

La meute étant portée, on l’a vu, par la prudence, l’écoute, l’intelligence, l’observation, alors que le troupeau ferait aveuglement le contraire, quoi qu’il lui en coûte.

Ce comportement est porté par l’idée qu’en se déplaçant très serrés, les moutons sont persuadés qu’il sont plus forts en cas de danger imminent…

Pourtant il y a une autre différence essentielle entre la meute (de loups) et le troupeau (de moutons) : le premier étant mené par un mâle et le second par une femelle, souvent la plus vieille du troupeau... même si des vigiles se placent en bordure du troupeau de moutons, afin de prévenir de tout danger.

D’ailleurs, au-delà de la caricature, le chercheur Xavier Boivin, veut attirer notre attention en affirmant que le mouton est un éternel mal compris, et que la nature de son comportement est plus compliquée que l’on pourrait le croire : il a un excellente mémoire, et s’il est vrai que face au danger, il pratique le plus souvent la fuite, il arrive tout de même qu’ils chargent ou ruent pour protéger leurs petits. lien

Autre donnée mentionnée par le chercheur, s’il est vrai qu’il voit moins bien que nous, il a un odorat et une ouïe plus développée que les nôtres…

De plus, il fait partie des animaux ayant le plus de mémoire : il peut mémoriser une cinquantaine de leurs congénères, et il peut reconnaître un visage humain, tout en identifiant nos émotions. Lien

Mais c’est sur le terrain social de notre humanité qu’il faut tenter un parallèle…

La macronnie lors de son 1er mandat avait mis en place un troupeau de députés moutonniers qui, avec un bel ensemble de godillots, votaient, les yeux fermés, toutes les décisions du petit roi... sous les yeux impuissants de la petite meute des opposants…

à la veille du second tour, la donne pourrait bien changer, car le chef de l’état voit son influence considérablement diminuée, et rien ne permet d’assurer qu’il pourra récolter une majorité, les derniers sondages mettant la NUPES en réelle progression. lien

D’une part, ses alliés semblent moins solides : un modem fatigué d’avaler des couleuvres suite aux promesses non tenues (proportionnelle, etc.) et le mouvement «  Horizon », porté par l’homme politique le plus populaire du pays, un certain Édouard Philippe, qui, avec son nouveau positionnement pourrait bien faire de l’ombre à son ancien patron.

Les moutons montreront-ils leurs dents, et les loups vont-ils avoir plus d’appétit ?

L’avenir nous le dira, car comme dit mon vieil ami africain : «  si tu vois une chèvre dans le repaire d’un lion, aie peur d’elle ».

le dessin illustrant l’article est de Karim

Merci aux internautes pour leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

 

The independant : la situation se gâte en Ukraine.


Les forces ukrainiennes ont été dépassées jusqu’à 40 contre une par les forces russes, révèle un rapport de renseignement, les cas de désertion se multiplient et alors que les procès de soldats de part et d’autre dénoncent les fauteurs de guerre, Kiev est sérieusement handicapé dans l’échange vu que l’Ukraine n’a que 550 prisonniers et il y a 5600 captifs ukrainiens et mercenaires (en comptant les 2500 d’AZOV à Mariupol).

Exclusif : Le conflit dans l’est « démoralise sérieusement » les forces ukrainiennes, selon le dossier des renseignements britanniques.

Kim Sengupta à Kiev

La Russie affirme qu’elle contrôle maintenant plus de la moitié de la région ukrainienne du Donbass

Les troupes ukrainiennes subissent des pertes massives car elles sont dépassées 20 à un dans l’artillerie et 40 contre une dans les munitions par les forces russes, selon de nouveau rapport des services de renseignement brossant un tableau sombre du conflit sur la ligne de front.

Un rapport de responsables des services de renseignement ukrainiens et occidentaux révèle également que les Ukrainiens sont confrontés à d’énormes difficultés pour répondre aux bombardements russes avec leur artillerie limitée à une portée de 25 kilomètres, tandis que l’ennemi peut frapper à partir de 12 fois cette distance.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, on s’inquiète maintenant de la désertion. Le rapport, consulté par The Independent, indique que l’aggravation de la situation dans le Donbass, avec jusqu’à une centaine de soldats tués par jour, a « un effet gravement démoralisant sur les forces ukrainiennes ainsi qu’un effet matériel très réel : les cas de désertion augmentent chaque semaine ».

Dans le même temps, alors que les Russes s’emparent de territoires à l’est et consolident leur contrôle sur les villes saisies de Marioupol et de Kherson, la position de négociation du gouvernement ukrainien est affaiblie par une disparité aiguë dans le nombre de prisonniers détenus par chaque partie.

Le nombre total de soldats russes détenus par l’Ukraine est passé de 900 en avril à 550 après une série d’échanges. Moscou, quant à elle, compte plus de 5 600 soldats ukrainiens en captivité, le chiffre agrandi par la reddition de 2 500, dont des membres du bataillon Azov, à Marioupol.

Cette différence de nombre entre les deux parties est révélée alors que Kiev et Moscou tiennent des procès très médiatisés de prisonniers de guerre.

Les tribunaux ukrainiens de Kiev et de Kharkiv ont condamné des soldats russes pour crimes de guerre, infligeant de longues peines. Iryna Venediktova, procureure générale du pays, a déclaré mercredi qu’elle avait déposé huit autres dossiers.

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Un militaire ukrainien conduisant à Donetsk mercredi (EPA)

Deux Britanniques, Aiden Aslin et Shaun Pinner, capturés alors qu’ils servaient avec les forces ukrainiennes à Marioupol, sont jugés dans la République populaire séparatiste de Donetsk, où les procureurs affirment qu’ils risquent la peine de mort pour « terrorisme » et être des « mercenaires ».

Les médias d’Etat russes ont annoncé mercredi que plus de 1.000 prisonniers de Marioupol avaient été transférés en Russie pour « enquête ». Les politiciens de Moscou et des républiques séparatistes ont menacé de mener des procès « à la Nuremberg » contre les prisonniers d’Azov qu’ils accusent d’être des néonazis.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui s’est rendu lundi sur la ligne de front dans le Donbass, a exigé que le Kremlin remette les prisonniers de Marioupol. Les négociations sont en cours, a-t-il dit, mais « elles sont malheureusement entre les mains de la Fédération de Russie, à laquelle on ne peut pas faire confiance ».

Le rapport des services de renseignement dit : « Les Russes insistent sur un échange de prisonniers un pour un. Cela signifie qu’en vertu du statu quo, 4 500 prisonniers ukrainiens pourraient être dans les prisons russes jusqu’à ce qu’il y ait un accord de paix. Moscou est susceptible d’utiliser cela comme un levier pour déstabiliser l’Ukraine à moins qu’il n’y ait une protection sociale pour leurs familles et des communications claires.

L’évaluation a été compilée avant l’annonce par le gouvernement britannique qu’il fournira un petit nombre de systèmes de fusées à lancements multiples M270, mais après la fourniture annoncée par les États-Unis de systèmes de fusées de mobilité basés sur des camions Himars.

La Grande-Bretagne n’envoie que trois des systèmes pour le moment, et Washington en a envoyé quatre. Les responsables ukrainiens disent qu’ils ont besoin de beaucoup plus pour arrêter l’avance russe, sans parler de récupérer le territoire perdu, et qu’il faudra du temps pour déployer les systèmes sur la ligne de front pendant que le Kremlin poursuit son offensive féroce dans le Donbass.

<p>les militaires ukrainiens se reposent alors qu’ils patrouillent à Donetsk, dans l’est de l’Ukraine </p>
Des militaires ukrainiens se reposent alors qu’ils patrouillent à Donetsk, dans l’est de l’Ukraine (EPA)

« Nous sommes, bien sûr, très reconnaissants à nos alliés pour leur soutien », a déclaré un responsable ukrainien. « Les nouvelles armes sont les bienvenues, mais lorsqu’ils annoncent qu’ils envoient de l’aide militaire à l’Ukraine, le gouvernement occidental devrait peut-être clarifier à leur public les quantités impliquées. »

Les reportages sur le terrain confirment les affirmations selon lesquelles les pertes ukrainiennes augmenteraient en raison de la puissance de feu russe. La semaine dernière, The Independent a été témoin de pertes infligées à l’armée ukrainienne et du manque de puissance de feu à longue portée pour riposter; un soldat interrogé à Lysychansk a depuis été tué et trois autres blessés.

Le rapport du renseignement déclare : « Il est clair qu’une guerre conventionnelle ne peut pas être gagnée si votre camp a plusieurs fois moins d’armes, si vos armes frappent l’ennemi à une distance plus courte et si vous avez beaucoup moins de munitions que l’ennemi. »

Il poursuit : « La situation tactique sur le front de l’Est est la suivante… la partie ukrainienne a presque complètement épuisé les stocks de missiles pour les MLRS de type Smerch et Uragan, qui avait permis de dissuader efficacement les offensives russes dans les premiers mois de la guerre à des distances de [37 à 50 miles].

« Aujourd’hui, la portée maximale des tirs des forces armées ukrainiennes est de [15,5 milles]. C’est la portée à laquelle l’artillerie de calibre 152/155 mm et les unités Grad MLRS restant en service peuvent tirer.

« Dans le même temps, l’ennemi frappe des concentrations de forces ukrainiennes à une distance de [186 miles] avec des missiles balistiques tactiques Iskander, [43 à 50 miles] en utilisant le Smerch MLRS et Tochka-U, de [25 à 37 miles] en utilisant MLRS Uragan. »

<p>les militaires ukrainiens se reposent après avoir creusé des tranchées près de la ligne de front à Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, mercredi </p>
Des militaires ukrainiens se reposent après avoir creusé des tranchées près de la ligne de front à Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, mercredi(AP)

Le rapport poursuit : « Cela crée une situation d’inégalité absolue sur le champ de bataille, sans parler de la domination complète des avions ennemis dans les airs, qui ne peut parfois être corrigée que par l’utilisation du Stinger [missiles sol-air] et les erreurs des pilotes russes. »

L’évaluation avertit que les Russes sont pleinement conscients qu’un nombre relativement faible d’armes occidentales ont été envoyées et que la livraison dans les positions de combat est lente. « Les Russes cherchent à utiliser leur avantage dans le temps dont ils disposent en utilisant leur artillerie pour essayer de percer les défenses ukrainiennes dans le Donbass », dit-il.

Il souligne que les systèmes antichars Javelin et NLAW fournis par les États-Unis et le Royaume-Uni se sont révélés efficaces sur les champs de bataille autour de Kiev et de Kharkiv et le restent dans le Donbass. Les drones d’attaque Switchblade ont également infligé des dommages importants aux Russes.

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