samedi 10 septembre 2022



L’Occident prétend combattre la crise alimentaire…. avec du vent

Jean-Luc Picker nous envoie la traduction d’un article avec le commentaire suivant : A mettre aussi en rapport avec un article que je t’avais fait passer le 13 juillet (la faim est une arme de guerre tactique pour l’occident, source CEPRID) et un autre du 18 août  (A qui profitent les céréales ukrainiennes ? source NEO). Article qui fait bien le point sur la supercherie des accords d’Istanbul, qui permettent à l’Ukraine d’exporter des céréales qui servent essentiellement à alimenter l’industrie de l’élevage occidental (viande, produits laitiers etc…), alors qu’aucun des engagements de l’occident sur la facilitation du commerce du blé et des engrais (essentiels pour les pays menacés de famine) en provenance de Russie ne sont tenus. Le bilan net de l’opération est encore l’enrichissement des industries agroalimentaires occidentales et de l’argent frais pour l’armement et la corruption ukrainienne et pas du tout une amélioration de la situation alimentaire mondiale qui s’annonce catastrophique dans beaucoup de pays dits ‘pauvres’. La supercherie est d’ailleurs dénoncée y compris par Erdogan ! Petit point intéressant : le premier bateau chargé de 26000 tonnes de blé en direction de la corne de l’Afrique, le Brave Commander, était affrété par le PAM. (note et traduction de Jean-Luc Picker pour histoireetsociete)

Paru dans New Eastern Outlook le 8 septembre 2022, par Vladimir Danilov

https://journal-neo.org/2022/09/08/the-west-gives-lip-service-to-fighting-hunger/

AFR2131

Les médias occidentaux sont très occupés à commenter la crise de l’énergie et l’appauvrissement des populations européenne, résultant des sanctions russophobes imposées par leur leaders. Malgré tout, on y trouve de temps à autre un article sur le nécessaire combat contre la crise alimentaire et la faim dans le monde.

Sur ce thème, l’intérêt des médias est accaparé par les résultats des accords d’Istanbul du 22 juillet, signés dans le but de résoudre la double crise sur les marchés mondiaux de l’alimentation et des engrais afin de combattre les famines qui s’annoncent dans différentes parties du monde. Souvenons-nous que c’est cet argument qui était avancé à grands cris par l’occident pour réclamer la reprise des exportations de grain à travers les ports de la mer Noire sous le contrôle de Kiev.

Le directeur du Programme Alimentaire Mondial (PAM), David Beasley, a déclaré le 21 Août que les navires qui quittent maintenant quotidiennement ces ports avec des cargaisons de grain ukrainien permettraient de régler les problèmes d’approvisionnement en denrées de base partout où c’était nécessaire et en particulier en Somalie, Ethiopie, Kenya (dans le nord) et autres pays pauvres.

Pourtant, dans son édition de 2 septembre, le journal allemand ‘Der Spiegel’ avoue que, malgré les bonnes intentions de l’ONU, seulement 13 des 63 navires qui ont quitté les ports de l’Ukraine sous le protocole d’Istanbul était chargés en blé. Les autres navires transportaient essentiellement du maïs, utilisé principalement pour l’alimentation animale ou pour produire des bio-carburants. Une douzaine d’entre eux étaient chargés de produits dérivés du soja et du tournesol, eux aussi principalement utilisés pour l’alimentation animale.

Pyotr Ilyichev, directeur du Département des Organisations Internationales au sein du ministère russe des Affaires Etrangères, va plus loin. Dans un interview à Rossiya Segodnya (RT) le 18 Août il révèle que les 16 navires qui avaient appareillé à cette date, avec une cargaison totale de 535.000 tonnes de blé et fourrages animaux, étaient destinés pour des pays riches, et non pour des pays pauvres qui sont le plus affectés par la crise. Parmi les destinations, on trouve en particulier le Royaume Uni, l’Irlande, La France et la République de Corée. Ces pays ne sont pas menacés de famine, mais ont par contre grand besoin de nourriture animale pour leurs élevages. Les experts soulignent maintenant que la production de céréales ukrainienne est essentiellement tournée vers le maïs et l’alimentation animale. Cette situation se joue des besoins urgents des pays les plus pauvres, en Afrique ou ailleurs.

Mikhail Ulyanov, représentant permanent de la Russie auprès des Organisations Internationales à Vienne a dénoncé cet état de fait en Août, protestant contre le fait que les navires qui quittent les ports de la Mer Noire sont principalement destinés à des pays qui ne sont pas menacés de famine.

Le 23 Août, le représentant permanent de la Russie auprès des Nations Unies, Vasily Nebenzia, a réitéré cette dénonciation devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, au cours d’un meeting centré sur les conflits et la sécurité alimentaire. Il a précisé que, sur les 34 navires qui avaient quitté l’Ukraine à cette date, un seul avait comme destination un pays d’Afrique, où le besoin de ces denrées alimentaires se fait le plus sentir. Et d’ajouter : « A ce point, il est utile de rappeler l’image donnée au public par le navire ‘pionnier’ des accords, le Razoni, qui, au lieu d’apporter au Liban le blé dont ils ont tant besoin, leur a apporté du maïs et autres fourrages animaux. ». Nebezia a continué en soulignant que, au vu de cette situation, on peut s’interroger sur les réactions au discours du Secrétaire Général de l’ONU Antonio Guterres devant le Conseil de Sécurité du 19 mai, où il exposait que 49 millions d’individus répartis dans 43 pays sont menacés de famine, et près de 140 millions dans 10 autres pays dont l’Afghanistan, la Syrie, le Yémen et plusieurs pays africains, vont devoir faire face à des pénuries alimentaires majeures. On peut aussi s’interroger sur l’effet de la déclaration du Secrétaire Général faite dans le port même d’Odessa : « les exportations de céréales et l’effet baissier sur les cours mondiaux ne seront pas d’un grand secours aux pays qui de toutes façons ne peuvent pas les acheter ».

Pendant ce temps, les politiciens et les médias occidentaux continuent de propager l’idée que le facteur essentiel d’enchérissement des cours des céréales est le blocage des céréales ukrainiennes à cause de la guerre. Alors qu’une analyse en profondeur de la production et de la circulation des céréales ukrainiennes vers les marchés extérieurs montre que l’Opération Spéciale n’a qu’une influence limitée. L’année 2021 a vu des records de production céréalière en Ukraine (ainsi d’ailleurs que pour les légumineuses et les oléagineux). Ces excédents ukrainiens permettent un flux accru vers les marchés mondiaux et induisent un facteur baissier des cours.

En fin de compte, l’analyse des marchés alimentaires mondiaux montre que la déstabilisation de ces marchés n’est pas due à une diminution de la production et des disponibilités, mais connait des causes plus structurelles. Comme souligné par Zhang Jun, représentant permanent de la Chine à l’ONU, lors de la réunion du Conseil de Sécurité du 19 mai : « la crise actuelle met une nouvelle fois en lumière les problèmes structuraux du système alimentaire mondial. Les mécanismes de l’offre et de la demande sont dominés par une organisation où la production alimentaire est concentrée dans un petit nombre de pays, alors que la consommation est ubiquitaire et dispersée géographiquement. Le résultat est que l’équilibre entre l’offre et la demande est très vulnérable à des facteurs extérieurs tels que pandémies, conflits armés et autres événements imprévus ».

Au cours d’une conférence en Août à Moscou, le chef de la Direction Principale du Personnel des Forces Armées de la Russie a, lui, expliqué que les pays occidentaux précipitaient une crise alimentaire mondiale à travers les sanctions imposées à la Russie. Les mécanismes bien rodés d’approvisionnement des marchés en céréales et en engrais sont grippés, conduisant à une hausse artificielle des cours. Avant les sanctions, la Russie délivrait plus de 20 millions de tonnes de récolte et près de 11 millions de tonnes d’engrais au Moyen Orient et en Afrique du Nord, dont l’Egypte, l’Arabie Saoudite, la Syrie… Mais la logistique a été profondément impactée par les sanctions russophobes.

La réalité de la faim dans le monde n’est donc pas du tout celle peinte par Antony Blinken et Josep Borrell. Le point clé est l’apparition de pénuries alimentaires causées par des rendements agricoles moins importants dus à une insuffisance de disponibilité des engrais en provenance de Russie et de Biélorussie. Ces pénuries sont aggravées par les restrictions imposées au commerce y compris céréalier de la Russie qui, à l’opposé de l’Ukraine est un producteur majeur de blé.

Il devient clair pour tout le monde que les pays riches ne souffriront pas de façon majeure des baisses de rendement et qu’ils pourront régler les problèmes d’approvisionnement par l’augmentation des prix et l’élimination de certaines denrées. Par exemple, les légumes, qui étaient disponibles pratiquement toute l’année grâce à une énergie à bas prix permettant de faire fonctionner les serres, redeviendront saisonniers pour la plus grande partie de la population qui ne pourra pas se les offrir aux prix qui en seront demandés. Le ‘monde civilisé’ tentera de régler son problème d’approvisionnement alimentaire aux dépens des pays moins riches : les prix continueront à augmenter et les pays riches rachèteront les produits disponibles pour faire baisser l’inflation et tenter d’endiguer le mécontentement populaire. A l’inverse, les pays pauvres auront de plus en plus de difficultés à s’approvisionner. Bien sûr, les dirigeants du G7 feront montre de leur préoccupation pour les populations des pays pauvres et mettront en place des ‘programmes humanitaires’. Par exemple quelques navires chargés de denrées alimentaires seront envoyés aux régions d’Afrique affectées par la famine, et cela sera répercuté dans les médias occidentaux comme ‘une opération massive pour sauver les Africains de la famine’. Mais peu seront sauvés, car la seule chose qui pourrait permettre d’éviter ces scénarii de disette serait le retour des règles normales du commerce mondial. Cela supposerait bien sûr l’abandon des sanctions et restrictions unilatérales.


 

vendredi 9 septembre 2022

 

Marseillais et gens des alentours : Cuba au cœur, soyez cohérents

Ce dimanche 11 septembre de 10H00 à 18H30 ce tiendra sur le Vieux Port, ViVa Cité, et les enfants de Cuba vous attendent, ce serait bien que vous veniez faire un tour comme je prévois de le faire en apportant des médicaments que le quartier des Chartreux a commencé une fois de plus à collecter.

Comme le dit Katia : vous êtes donc tous conviés ce dimanche, on vous attend, venez nombreux ….. !! Cuba 🇨🇺 Mi ❤ con 🇨🇺 tous quelle que soient vos opinons, vos orientations politiques, l’injustice faite au peuple cubain doit provoquer une large condamnation. Malheureusement trop de gens en France ignorent ce qu’est le blocus, cette asphyxie de la population civile parfaitement illégale en droit international, officiellement condamné par la France aux Nations Unies mais de fait appliquée par crainte des USA.

Si trop de gens l’ignorent c’est que ceux qui devraient avoir à cœur de faire connaitre ce crime se taisent en paraissant ne pas comprendre qu’en défendant Cuba ils se défendent eux-mêmes. Soyez cohérents…

UN FORMIDABLE MOMENT DE SOLIDARITÉ AVEC CUBA ET LE PEUPLE CUBAIN À LA FÊTE DE L’HUMANITÉ,

ESPÉRONS QUE CETTE INITIATIVE AURA SON ÉCHO DANS TOUTES LES FÉDÉRATIONS ET MÊME DANS LES BOUCHES DU RHÔNE et toutes celles qui frappent d’inertie le 38e congrès…. Malgré une direction fédérale qui s’entend mieux à bloquer les initiatives qu’à les impulser… Il serait temps que certains comprennent que le temps où l’Humanité soutenait Robert Ménard et son opération des Champs Élysées contre Cuba est terminé, qu’il ne suffit pas de jouer les notables et s’arroger des postes de sénateur, mais qu’il faut que les communistes redeviennent cohérents avec eux-mêmes, actifs, et capables enfin de comprendre et de transformer le monde…

Un communiste ne peut pas être incohérent et prétendre soutenir Cuba sans jamais rien faire pour l’île de la dignité, c’est la grande leçon de Cuba! être cohérent dans ses actes, mais pour cela il faut une organisation et une conviction, c’est le rôle d’un parti.

Par: Michel E Torres CoronaDans cet article : Cuba, Démocratie, États-Unis, Justice sociale, Politique, Souveraineté5 septembre 2022 | 58Partager sur FacebookPartager sur TwitterPartager sur WhatsAppPartager sur TelegramCelui qui se dit révolutionnaire doit toujours dire ce qu’il pense et doit faire selon ce qu’il dit. Photo : José Manuel Correa.

Nos ennemis peuvent se permettre le sombre luxe de l’incohérence, ce plaisir mesquin de dire une chose puis d’en faire une autre, de défendre une cause aujourd’hui et demain en la dénonçant. Nos ennemis peuvent abjurer tous leurs principes, ces idéaux qu’ils ont promis de sauvegarder au prix de tout sacrifice.

Nos ennemis peuvent être sibyllins, se déplacer entre les ombres, ne pas donner de visage; ils peuvent faire preuve d’opportunisme et changer de cap lorsque le vent souffle, comme des girouettes, ou se consacrer à la vie d’intrigants, d’hypocrites, de ceux qui font taire la vérité pour plus de commodité et agitent dans les airs le drapeau des mensonges et de la trahison.

Nos ennemis peuvent faire tout cela sans perdre le sommeil, sans que la conscience bouillonne dans leurs tempes, et ils trouveront toujours refuge et bon yantar; ils auront des prix, des hommages et des ovations. Mais nous ne le faisons pas; nous ne pouvons pas nous donner ces luxes, nous ne pouvons pas être incohérents et marcher sur le chemin du monde en donnant des embardées démagogiques. L’incohérence est notre péché cardinal.

Celui qui se dit révolutionnaire doit toujours dire ce qu’il pense, sans que cela implique de nier l’affirmation de soi ou la folie ; et, plus important encore, il doit faire selon ce qu’il dit, ni plus ni moins, sans martyre absurde. Devenir des statues silencieuses ou des marionnettes d’assentiment nuit au projet d’émancipation individuelle et collective que nous préconisons, favorise la viralisation des simulateurs et transforme la complicité face au mal fait en condition de succès.

Martí a dit que la liberté était le droit de tout homme d’être honnête, de penser et de parler sans hypocrisie. Comme tout droit, croire qu’il a été irrévocablement conquis, c’est le nier : pour la liberté, nous devons nous battre tous les jours. Nous devenons prisonniers de notre propre confort si nous attendons pacifiquement, pour dire la vérité, pour être célébrés à l’unanimité pour notre courage et notre honnêteté : il y aura toujours ceux qui exerceront l’autorité pour faire taire les voix inconfortables à leur position.

On ne s’attend pas à ce que les révolutionnaires nous encouragent et nous divertissent pour avoir fait ce que nous devons. Martí a également dit que la liberté était la tyrannie du devoir. Il n’y aura pas de banquets ou de fontaines à champagne pour ceux d’entre nous qui décident de continuer sur le chemin de la Révolution, parce que nous connaissons l’ara et non le piédestal. La hauteur relative d’une position, d’une position, ne nous donnera pas de soroche et nous ne libérerons pas frénétiquement les miels de pouvoir.

Notre discours est celui de la justice sociale et de la souveraineté populaire, c’est le discours de la pleine dignité et de l’équité. Ce discours ne peut pas protéger ceux qui se battent pour les privilèges, ceux qui se rassemblent dans leur nid, comme les pies, les guirlandes du vol. Si la Révolution appartient aux humbles, aux humbles et aux humbles, il n’y a pas de place dans son sein pour ceux qui ne connaissent que l’ostentation frivole et les désirs banals.

Les erreurs ne nous sont pas étrangères. Nous ne sommes pas vierges. Nous ne sommes pas des ascètes. Mais nous devons aspirer à faire en sorte qu’il n’y ait pas d’erreur non corrigée, à nettoyer les macules inévitables qui tombent sur tout travail humain, nous devons aspirer à l’austérité de ceux qui ne prospèrent pas sur la monnaie publique, au caractère sobre de ceux qui n’utilisent pas les influences et les affections comme monnaie d’échange. Nous devons être les champions de la vérité même si la vérité nous déshabille et nous blesse.

L’incohérence est le péché cardinal des révolutionnaires. Être autrement, aspirer à d’autres objectifs, impliquerait des antagonismes irréconciliables avec nos valeurs fondatrices; des antagonismes qui mettraient en suspens les fondements du socialisme à Cuba, cette œuvre perfectible pleine d’échafaudages que nous persistons à construire, convaincus qu’une alternative au statu quo injuste est nécessaire.

(Tiré de Granma) blog histoire et société

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Royaume-Uni(sic): the king remplace the queen

Avec le numéro 3 des Charles  d'Angleterre, il devient aussi le pape de l'église anglicane.

Ben oui, Le roi d'Angleterre, Henri 8, soutien sans faille de la papauté. mais sans héritier mâle, et par ailleurs épris de sa maîtresse Anne Boylen, en 1527, demande au pape Clément 7 l'annulation de son mariage. "Nom de Dieu, lui répond le pape tout de go, c'est non!

Du coup, Henri 8 se proclame "Chef suprême de l'Eglise et du Clergé d'Angleterre", se marie avec sa maîtresse qu'il fait reine et rompt toute relation diplomatique et ecclésiastique avec Rome.

Depuis, le roi ou la reine de Grande-Bretagne est "gouverneur suprême" de l'église anglicane de par le monde. Comme quoi, la religion, ça tient à peu de chose. Non?

Surtout, Henri 8 fit décapiter Anne Boylen, devenue reine devant le dieu anglican, pour épouser Jeanne Seymour. Il fit aussi décapiter une autre de ses six épouses.

Mais pour l'heure,  ce dimanche, au Pmu, jouez le numéro 3, c'est à coup sûr le numéro gagnant, béni en plus par le Ciel anglican. Si je ne me trompe pas question religion...

 


Catastrophe climatique au Pakistan : l’inaction des pays développés coûte cher

vendredi 9 septembre 2022 par Robert Sandford blog ANC

Sauf les demeurés, tout le monde comprend maintenant qu’on ne se tirera pas véritablement de la situation présente par des rustines du style de la transition vers un « capitalisme-respectueux-de-l’environnement » ! C’est un oxymore !
Le capitalisme c’est l’exploitation de l’homme par l’homme, la mise en coupe réglée de la nature et la pollution à tout va. Nous avons eu nos incendies et le Pakistan une mousson d’enfer. Robert Sandford explique comment de telles catastrophes sont liées au changement climatique et pourquoi elles sont amenées à devenir plus fréquentes. Et nos gouvernements ne veulent surtout rien faire qui pourrait nuire aux actionnaires. Après eux le déluge comme au Pakistan.
Il ne s’agit donc pas de « verdir » le capitalisme, mais bel et bien de « sortir » du capitalisme. (JP-ANC)

Des inondations provoquées par la mousson se sont souvent produites au Pakistan, mais jamais avec l’ampleur catastrophique que l’on connaît actuellement.

L’une des caractéristiques de ce désastre est que personne n’attribue l’intensité et la destructivité sans précédent des inondations à autre chose qu’au réchauffement climatique. Il y a un lien évident entre le réchauffement de l’atmosphère d’une part et d’autre part, la fréquence ainsi que la durée des phénomènes météorologiques extrêmes de cette ampleur. Ce lien ne doit pas échapper au reste du monde.

Les inondations liées à la mousson au Pakistan en 2010 et 2011 ont été imputées par plusieurs observateurs aux changements d’affectation des terres qui avaient modifié les schémas de drainage naturels. Certains faisaient remarquer que le Pakistan et les autres pays les plus exposés aux perturbations climatiques étaient aussi les plus défaillants.

Cinq ans plus tard cependant, les chercheurs ont discerné les empreintes du changement climatique sur l’ensemble de ces inondations. Des inondations qui ont fait plus de 1300 morts, déplacé 33 millions de personnes et causé des pertes économiques estimées à 7,4 milliards de dollars, retardant ainsi gravement le développement du Pakistan.

La science du climat a confirmé que le réchauffement de la planète accélérait le cycle hydrologique mondial, entraînant la perte de sa stabilité relative et de sa variabilité naturelle. Ce qu’on appelle la « stationnarité hydrologique » dont nous sommes devenus dépendants.

La simple science de l’atmosphère nous apprend que l’air plus chaud retient plus d’eau. Environ 7 % de plus par degré Celsius ou environ 4 % par degré Fahrenheit.

En outre, les images satellites nous ont permis de reconnaître l’existence et la dynamique des rivières atmosphériques. Ce sont des couloirs de vents intenses et chargés d’air humide qui mesurent entre 400 et 500 kilomètres de diamètre et des milliers de kilomètres de long.

Ces rivières atmosphériques peuvent transporter l’équivalent de 10 fois le débit quotidien moyen de l’énorme fleuve Saint-Laurent qui traverse l’Amérique du Nord.

Le réchauffement climatique fait que ces rivières atmosphériques deviennent plus puissantes, plus dévastatrices et plus imprévisibles.

Et lorsqu’elles touchent le sol, elles peuvent provoquer des précipitations d’une intensité et d’une durée jamais imaginées auparavant, comme cela a été le cas non seulement au Pakistan, mais aussi dans des pays très développés tels que l’Australie, le Canada ou d’autres encore.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, un tiers du Pakistan est sous les eaux, au moins 1300 personnes sont mortes, au moins un million de maisons ont été détruites et 33 millions de personnes sont devenues des réfugiés climatiques.

Quelle a été l’intensité de la surpuissante mousson de cette année au Pakistan ? En juillet 2010, un record de 257 millimètres de pluie avait été enregistré en une journée. Cette année, Karachi a enregistré plus de 400 millimètres en moins de 24 heures !

Quelque 680 millimètres sont tombés dans la province du Sindh, soit plus de cinq fois la moyenne. Des records similaires ont été établis ailleurs. Et ce n’est pas fini.

Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’imagination pour savoir à quoi ressemblerait une inondation catastrophique si 400, 500 ou 600 millimètres tombaient sur n’importe quelle partie du monde en seulement 24 heures.

Et ce n’est pas seulement le comportement de la mousson qui change. Les schémas météorologiques au Pakistan sont de plus en plus imprévisibles. Cette année, par exemple, le pays est passé directement de l’hiver à la chaleur intense de l’été, ce qui, dans une grande partie du Pakistan, peut signifier des températures allant jusqu’à 50 °C, le plus souvent pendant des semaines.

Les effets cumulés et combinés des vagues de chaleur de cette année et des inondations de la mousson, jusqu’alors inimaginables, ont laissé le pays sur le carreau.

Les responsables gouvernementaux affirment que le Pakistan supporte injustement les conséquences des pratiques environnementales irresponsables en vigueur ailleurs. Oui, ils admettent que la corruption, les codes de construction non appliqués et la reconstruction dans des plaines inondables pourtant connues ont eu un impact sur la vulnérabilité du pays, comme lors des inondations précédentes. Mais ils notent aussi que le Pakistan est responsable d’à peine 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre à l’origine du changement climatique.

Et ce changement est très clairement responsable de moussons férocement plus puissantes. Selon le Pakistan, le monde devrait contribuer à la reconstruction.

Dans les pays en développement, le dérèglement climatique a des effets nationaux dévastateurs : crises budgétaires, chômage, profonde instabilité sociale, échec de la gouvernance, conflits interétatiques et attaques terroristes ou cybernétiques.

Plusieurs observateurs estiment désormais que l’accélération du réchauffement affaiblira plusieurs États du monde en développement jusqu’à ce qu’ils soient incapables d’agir efficacement.

Ce que nous apprend le Pakistan, c’est que dans un climat plus chaud, les méga-tempêtes ne sont pas seulement possibles, mais inévitables. Et elles pourraient se produire aussi souvent que tous les dix ans. Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre les dégâts aux infrastructures, les perturbations économiques et les souffrances humaines qui accompagneront sans aucun doute les catastrophes d’une telle ampleur.
Nous devons comprendre que si nous n’agissons pas, c’est bien ce qui nous attend.

Et pourtant, les pays développés n’arrivent à rien en termes d’action climatique. Cet échec pourrait nous coûter le monde entier.

Un réchauffement de seulement 1,1°C provoque déjà une cascade d’impacts qui, ensemble, commencent à faire payer un lourd tribut économique. Le coût de l’inaction est désormais nettement supérieur à celui de l’action climatique. Et le changement climatique ne fait que commencer à se manifester.

Pour empêcher des catastrophes encore plus grandes de se produire, pour sauver des nations comme le Pakistan, nous devons ralentir et arrêter le changement climatique. Les pays développés doivent montrer la voie, et nous devons le faire maintenant.

Source originale : IPS News

Traduit de l’anglais par GL pour Investig’Action

 

jeudi 8 septembre 2022

Leçon de la chose capitaliste. Et avez-vous mis votre thermostat sur 19° en attendant les mauvais jours?

Parce que c'est la fin de l'abondance. La faute à qui? Surtout pas aux dirigeants d'EDF et aux gouvernements successifs qui, sous le diktat de l'UE du capital, en sont arrivés à ce que nous vivons aujourd'hui.

Bon, ont dit les commis gouvernementaux français des Marchés internationaux. Faut être patriote et baisser votre thermostat et sans doute vous éclairer à la bougie. A moins qu'elle ne soit produite en Russie ou en Ukraine. Alors là, c'est vraiment la fin des carottes cuites. Non?

En attendant, côté entreprise patriote, le Psg-Qatar s'est envolé en avion pour taper dans le ballon rond à Nantes. En TGV, il faut moins de 2 heures. Par les airs,  c'est 58 minutes. Certes, il y a l'empreinte carbone en avion, mais on touche sa prime de match plus vite.

Bon, comme dirait le Qatar, au sujet des conditions inhumaines de travail des salariés qui construisent chez lui en plein désert la coupe du monde 2022 de foot-fric, l'écologie c'est du détail. Comme les droits de l'Homme, surtout celui des femmes.

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