vendredi 8 mars 2024

 

Kiev a commencé à transformer Kharkov en ville fantôme, par Dmitri Rodionov

Voilà la description de l’Ukrainisation que Macron propose comme modèle d’intégration européenne… Voici le prix que les peuples payent quand ils vendent leur souveraineté et indépendance. (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop pour histoire et société)

https://svpressa.ru/politic/article/407306/

L’Ukraine annonce l’expulsion des habitants de la plus grande métropole et la prépare à la défense

Kiev évacue de force les habitants de la région de Kharkov vers des centres d’hébergement temporaire sans leur fournir aucune garantie sociale, a déclaré un expert militaire, le lieutenant-colonel à la retraite de la LPR Andrei Marotchko.

“L’administration militaro-civile de la région de Kharkov a allongé la liste des localités dont les habitants doivent être expulsés. La soi-disant évacuation est en fait une déportation, car la population ne veut pas quitter ses maisons, et elle est expulsée de force, principalement les familles avec enfants”, a-t-il déclaré.

Selon M. Marochko, les représentants des autorités ukrainiennes ne cachent même pas que le maximum auquel les citoyens peuvent s’attendre est d’être maintenus dans des centres d’hébergement temporaire. Personne n’assure les garanties sociales en versant de l’argent aux résidents.

Rappelons que la même chose s’est produite à Artiomovsk, Avdeevka et dans d’autres villes à l’approche du front. L’Ukraine se prépare-t-elle à céder Kharkov ? Dans quelle mesure la réduction du nombre de ses habitants facilitera-t-elle l’occupation de la ville par les forces armées russes ? Et à quoi doivent s’attendre les habitants de Kharkov expulsés de leurs maisons ?

– Si l’on tient compte du fait que les représentants des autorités ukrainiennes ne cachent même pas que le maximum auquel les citoyens évacués/déportés peuvent s’attendre est d’être logés dans des centres d’hébergement temporaire, deux conclusions sont inévitables – Mikhail Ignatov, docteur en philosophie, directeur du département de sociologie et de gestion de l’université technique d’État V.G. Shukhov, en est certain.

Premièrement, Kharkiv va apparemment devenir une ville forteresse. Et deuxièmement, le fait est que les autorités ukrainiennes ont commencé à prendre en compte les coûts de réputation et donc à évacuer leurs citoyens, mais que les finances ne leur permettent pas de le faire de manière adéquate.

En outre, compte tenu de leur attitude jésuitique générale à l’égard de la population, je pense que les “évacués” sont très probablement considérés comme la future main-d’œuvre bon marché – puisqu’il n’y a pas de fonds pour les entretenir, ils seront simplement forcés d’accepter des emplois mal rémunérés.

Alors oui, l’évacuation devient une déportation, et l’Ukraine devient un marché aux esclaves. Tout comme l’aiment les colonisateurs des pays occidentaux.

“SP” : A Kiev, ils admettent la reddition de la ville ?

– À Kiev, tout d’abord, ils admettent le besoin de gagner de l’argent sur la douleur des autres – plus les autorités ukrainiennes actuelles nous résistent, plus elles obtiendront le soutien de l’Occident, qui peut être volé par la suite. Apparemment, c’est la raison pour laquelle ils abandonnent Kharkov, qu’ils n’ont jamais considérée comme leur propre ville, ainsi que toutes les autres villes de l’est de l’Ukraine, à leur sort.

“SP : Sur quelle base juridique cela se fait-il ? Si quelqu’un ne veut pas partir, comment peut-on le forcer ?

– Le respect des droits de l’homme et le gouvernement actuel de l’Ukraine sont des concepts antinomiques. Peu importe les documents frauduleux qu’ils utilisent pour légitimer leur action. Ils ne font que ce dont ils ont besoin, pas ce dont le peuple ukrainien a besoin.

“SP : Pourquoi surtout les familles avec enfants ?

– Les familles avec enfants sont celles qui ne peuvent pas résister. Le fait même d’avoir des enfants les contraint fortement. En même temps, je le répète, les familles avec enfants sont une ressource qui permet d’alimenter les rangs de la main-d’œuvre bon marché. De l’esclavage, en quelque sorte.

“SP” : Où les envoie-t-on ? Qu’est-ce qui les attend là-bas ?

– Ils seront déportés plus près des frontières occidentales de l’Ukraine, où l’environnement culturel est complètement différent de celui de l’Est. Là, ces personnes seront le plus impuissantes possible et on pourra leur faire n’importe quoi.

“SP : Et ceux qui partent d’eux-mêmes, qui sont-ils ? Des gens qui ont peur ? Des Ukronazis idéologiques ?

– Ceux qui peuvent partir d’eux-mêmes, la plupart d’entre eux l’ont fait il y a longtemps. En 2022. Premièrement, c’est cher. Ensuite, il y avait certains obstacles de la part des autorités ukrainiennes. Ne serait-ce que la mobilisation sans fin menée par les autorités ukrainiennes.

Dans la pratique juridique, il existe un terme de réinstallation, lorsque des personnes sont obligées, sur décision des autorités, de quitter leur lieu de résidence permanente pour un temps ou de façon permanente en raison d’une menace, rappelle Alexander Dmitrievsky.

Mais les législations russe et ukrainienne obligent à fournir aux personnes expulsées un espace de vie équivalent, sauf en cas d’expulsion temporaire. En Russie, cette norme est respectée, mais l’Ukraine n’a tout simplement pas d’argent pour cela : nous les expulserons, et le reste, c’est votre problème.

“SP : Qu’en est-il du “bouclier humain” ?

– Les leçons de la phase actuelle du conflit palestinien montrent que si l’ennemi commence à se couvrir de civils, nous serons d’abord obligés de plaindre notre propre soldat. Nous pouvons prétendre tant que nous voulons que nous ne sommes pas une “armée israélienne sanguinaire”, mais nous n’avons tout simplement pas la capacité de mobilisation nécessaire pour sacrifier des fantassins en masse afin de sauver la vie de civils.

En Ukraine aussi, on comprend parfaitement : que l’on se couvre ou non d’un “bouclier humain”, aucune image de propagande du style de Bucha ou d’Irpeni sur les écrans de télévision occidentaux n’empêchera la Russie d’atteindre les buts et les objectifs des forces de défense stratégique.

“SP : Plus tôt, Zelensky a déclaré que les dirigeants et le commandement militaire s’efforçaient de renforcer la défense de Kharkov en raison de l’approche de l’armée russe. Se préparent-ils à la reddition ?

– En tout cas, personne ne rendra à Kharkov sans une bataille très brutale. Kharkov, même sans travaux de fortification, est déjà une énorme zone fortifiée en soi : additionnons Avdeevka, Artiomovsk et Marioupol, puis multiplions le résultat par deux ou trois.

Les vastes zones de développement urbain constituent en elles-mêmes un sérieux obstacle, et ici nous avons développé des communications souterraines sous la forme de l’un des plus grands métros de l’ex-URSS. Et de vastes zones industrielles, où presque toutes les entreprises étaient engagées dans la production de produits de défense : inutile de dire qu’en URSS, tout était construit pour résister en cas d’attaque atomique !

En clair, Kharkov est la place forte où Kiev espère infliger un dommage extrêmement fort à la Russie, faisant de notre victoire, si ce n’est une victoire à la Pyrrhus, une victoire qu’il faudra payer très cher.

SP : Pourquoi les familles avec enfants sont-elles expulsées en premier lieu ?

– Parce que le refus d’évacuer peut être perçu comme une violation malveillante des droits d’un mineur, avec toutes les conséquences que cela implique pour les parents. Après tout, un adulte a plus de liberté d’action et il est beaucoup plus facile d’imposer une décision à un mineur.

Le sort de la population géorgienne d’Abkhazie, qui a été forcée de quitter la zone de conflit pour d’autres régions de Géorgie en 1992-1993, montre très clairement ce qui attend les personnes évacuées. Nombre d’entre eux vivent encore dans des hôtels et des sanatoriums délabrés où ils ont été placés il y a trente ans. Et la plupart de ces citoyens n’ont aucune chance d’obtenir leur propre logement.

SP” : Beaucoup de gens partent-ils par leurs propres moyens ?

– Oui, beaucoup. Et la plupart d’entre eux ne sont pas des nationalistes idéologiques, ni des personnes liées aux forces de l’ordre ou aux fonctionnaires, mais des citoyens ordinaires. Aussi étrange que cela puisse paraître, la principale raison de leur départ est la forte détérioration de la situation économique à l’approche de la ligne de front : en fait, les gens partent après avoir perdu leur emploi.

SP” : Certains s’empressent de vendre leur appartement pour presque rien. N’espèrent-ils plus revenir ?

– Tout d’abord, ils se rendent compte que personne ne les dédommagera pour leurs biens perdus en Ukraine ou à l’Ouest. Par conséquent, même s’ils vendent leurs appartements pour presque rien, ils n’auront pas tout perdu. La deuxième chose, c’est que la question du retour à Kharkov va traîner pendant des décennies, pour autant qu’elle soit possible.

“SP” : Dans quelle mesure la réduction de la population de la ville facilitera-t-elle sa libération ?

– L’évacuation massive et forcée de la population est menée par l’Ukraine afin de rendre impossible la restauration des territoires qui tomberont sous le contrôle de la Russie. La tâche de l’Ukraine est de transformer Kharkov en une ville fantôme pour laquelle il n’y aura tout simplement personne pour qui la reconstruire. Imaginez une mégapole géante, dans laquelle le réseau électrique, le chauffage, l’approvisionnement en eau, les transports et les communications sont conçus pour des millions d’abonnés. Pouvez-vous l’imaginer ?

Rappelons-nous les cours de physique, selon lesquels la source d’énergie et la charge doivent être comparables en termes de capacité : les communications techniques commencent à s’autodétruire en cas de grave pénurie d’utilisateurs.

Il est donc fort probable que les entreprises stratégiques de la ville libérée de Kharkov, telles que le nœud ferroviaire, devront fonctionner par roulement pendant des décennies. Il n’y aura tout simplement personne pour peupler ces territoires.

– Hélas, nous ne pouvons pas encore parler d’une offensive sur Kharkov, selon Alexandre Averine, ancien membre de la milice de la LNR.

Une opération de libération de Koupiansk, perdue à l’automne 2022, semble plus réaliste.

Le régime de Kiev n’est pas à l’aise avec les images des habitants des districts libérés saluant l’armée russe. Il est compréhensible que ce soient les partisans de la Russie qui refusent de quitter les zones d’hostilités potentielles. Zelensky et ses sbires n’ont aucune piété pour eux. Par ailleurs, ils n’ont même pas réussi à faire sortir tous les habitants d’Avdeevka.

Il est difficile de prédire à quel point la population urbaine finira par diminuer. S’il y a une bataille pour Kupiansk comme pour Artiomovsk ou Avdeevka, même les partisans sincères de la Russie pourraient partir – il est trivialement difficile de survivre dans une ville détruite où se déroulent des combats.

De même, si notre armée parvient à contourner la ville et à menacer l’adversaire d’encerclement, il y aura des options. Récemment, les soldats ennemis ont perdu un peu de leur force d’âme. Les personnes attrapées dans les rues par les offices de recrutement ne brûlent pas d’envie de mourir pour Zelensky et ses partenaires occidentaux.


jeudi 7 mars 2024

 

Une bataille déjà perdue à l’Ouest

Les forces de l'OTAN précipitent chaque jour le monde occidental vers un conflit nucléaire avec la Russie. Le scandale du « Taurus Leak », en février dernier, a révélé le projet clandestin de bombardement du Pont de Crimée par l'Allemagne, et l'engagement des troupes françaises, britanniques et américaines en Ukraine, nous rapprochent dangereusement d'un affrontement direct avec la Russie. Les armes fournies à l'Ukraine et la planification d'attaque de cibles stratégiques russes, au mépris des opinions publiques réticentes à la guerre, démontrent une volonté de confrontation avec la première puissance nucléaire du monde. C'est une première défaite pour l'occident, celle de la guerre d'information.

Les détails sur la réunion stratégique, bêtement tenue sur la plateforme WebEx le 19 février 2024, par des hauts gradés de la Bundeswehr, dont le général de brigade Frank Gräfe et le Lieutenant-général Ingo Gerhartz, jettent une lumière crue sur les intentions belliqueuses des pays occidentaux. Les discussions sur l'utilisation prochaine des missiles allemands Taurus, la planification de bombardement de cibles russes telles que le pont de Crimée, l'implication croissante d'entreprises allemandes dans ces opérations, soulèvent des questions alarmantes quant aux chances de paix. Au lieu de chercher des solutions diplomatiques, les pays de l'OTAN sont, de toute évidence, déterminés à précipiter le monde dans un conflit ouvert.

 

Suicide à l'allemande ?

Ces révélations révèlent l'inquiétant amateurisme de la Bundeswehr. La réunion du 19 février 2024, qui aurait dû être confidentielle par essence et tenue sur un système crypté militaire, a été organisée sur une simple plate-forme « civile » : WebEx. Le manque de discernement des officiers de haut rang de la Bundeswehr est d'autant plus inquiétant qu'ils évoquent, comme une affaire de logistique, l'engagement de leur pays dans des actions belliqueuses à l'encontre de la première puissance nucléaire du monde.

Cet incident gravissime, qui constitue probablement un tournant dans la guerre nucléaire à venir, révèle une étrange affection qui touche l'Allemagne, et l'Occident en général. Il y a un mal étrange qui touche nos nations, une sorte de pulsion de mort que l'on retrouve chez les jeunes gens drogués de Berlin, de Paris, de Londres et de New-York. C'est comme si le vide spirituel poussait les populations vers le désir de mourir.

 

Le Risque de Conflit Nucléaire

L'envoi d'armes telles que les missiles Taurus, Storm Shadows, Scalp ou de chasseurs Rafale, capables d'atteindre Moscou et d'autres zones sensibles en Russie, sont les premiers pas vers une escalade incontrôlable. Les casus belli ainsi créés par les membres de l'OTAN rendent la situation extrêmement volatile et nous mènent sans faillir vers un conflit mondial. Les dirigeants occidentaux ignorent obstinément les implications désastreuses de leur escalade verbale. Plutôt que l'arrêt du conflit en Ukraine, ils envoient des troupes et des armes stratégiques en catimini.

 

La Véritable Agenda de l'OTAN

Les révélations du 19 février ne font que confirmer les accusations de la Russie et d'autres pays quant aux intentions de guerre de l'OTAN. Au lieu de chercher à préserver la paix et la stabilité, l'OTAN pousse le monde vers la guerre pour servir ses propres intérêts. L'agenda caché derrière ces actions est, bien entendu, de renverser la tendance actuelle qui voit l'Occident, et en particulier l'empire américain, perdre de son influence et de sa puissance. Cette escalade vers la guerre, loin d'être une porte de sortie, ne fera que précipiter une fin désastreuse pour le camp occidental comme pour la Russie.

 

L'Occident perd déjà la guerre de l'information.

Les détails révélés lors de cette réunion, notamment l'intention d'attaquer des cibles russes telles que le pont de Crimée et les bases militaires, montrent une insouciance choquante de la part des responsables militaires allemands.

L'implication d'entreprises allemandes dans la planification logistique, la coopération entre le secteur privé et le gouvernement dans des opérations militaires gravissimes, donnent l'impression d'une entreprise économique.

Outre l'implication allemande, les discussions lors de la réunion ont également révélé l'hypocrisie de la France et du Royaume-Uni à propos du conflit ukrainien. La livraison prévue de missiles allemands Taurus à l'Ukraine, l'emploi de chasseurs Rafale, sont les prolongements de livraisons et d'emplois de missiles britanniques Storm Shadows et français Scalp, par des troupes clandestines de ces pays. Ces armements sophistiqués, capables d'atteindre des cibles russes stratégiques, constituent une escalade incontrôlable du conflit par la faute de l'OTAN sous commandement américain.

La fuite du 19 février 2024 est une bataille perdue dans la guerre de l'information entre l'OTAN et la Russie, bien que la guerre soit déjà perdue dans l'opinion occidentale, hostile à tout engagement militaire. La prochaine étape, nous le savons, sera l'affrontement direct entre les puissances nucléaires russes et occidentales.

 

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Sources :

https://www.suedkurier.de/ueberregional/politik/das-taurus-leak-wie-geht-es-weiter-im-abhoer-skandal ;art410924,11920403

https://www.stern.de/politik/taurus-leak—das-schreiben-deutsche-medien-ueber-die-abhoeraffaere-34512762.html

https://www.berliner-zeitung.de/politik-gesellschaft/geopolitik/russland-taurus-leak-beweist-deutsche-kriegsplanungen-li.2193282


 

JO de Paris 2024 : "Sur la préparation sociale des JO, je donne un carton rouge au gouvernement", déclare Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT

La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a donné dimanche "un carton rouge au gouvernement", en estimant que la "préparation sociale" des Jeux olympiques était en panne à moins de cinq mois de l'évènement sportif qui débutera le 26 juillet prochain.

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"La CGT s'est battue pour gagner la charte sociale des Jeux olympiques, ce qui est une première mondiale, ce qui a permis de diviser par quatre le nombre d'accidents du travail sur les chantiers. Le problème, c'est que là, cette charte sociale est en panne. Sur la préparation sociale des JO, je donne un carton rouge au gouvernement", a déclaré la secrétaire générale de la CGT, invitée de LCI. 

Il n'y a pas de négociation dans les entreprises, pas de négociation dans la fonction publique.

Sophie Binet

"Là, c'est le niveau zéro de la préparation à la fois pour celles et ceux qui vont devoir travailler plus cet été et donc à qui on demande de ne pas prendre leurs congés payés, de faire des heures sup', etc. Et aujourd'hui, nous n'avons aucune réponse pour ces travailleurs et travailleuses, il n'y a pas de négociation dans les entreprises, pas de négociation dans la fonction publique", a regretté la syndicaliste.

Des grèves au moment des JO ? 

"Je demande au Premier ministre de réunir au plus vite une table ronde avec tous les acteurs sociaux pour qu'on puisse faire le tour de cette impréparation sociale des JO", a poursuivi Mme Binet. La responsable de la CGT n'a pas écarté la menace de grèves sectorielles au moment des JO cet été, tout en nuançant son propos. 

"S'il y a des remises en cause des droits des travailleurs, oui il y en aura mais ce n'est pas ce que nous souhaitons", a-t-elle déclaré. "Nous souhaitons avoir un travail préventif (...) On est encore dans le timing. Il faut se dépêcher d'ouvrir des négociations à tous les étages", a plaidé Sophie Binet.

Une "trêve" sociale souhaitée 

Le président du comité d'organisation des Jeux Olympiques de Paris Tony Estanguet a dit mercredi souhaiter "une trêve" sociale pendant les JO. Des négociations ont été engagées depuis plusieurs mois dans différents secteurs pour parer à un conflit social dans la police, les transports et l'hôpital afin de compenser les congés reportés et les heures supplémentaires de l'été.  

Une prime, jusqu'à 1 900 euros, a par exemple été annoncée le 30 janvier par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin pour les policiers et gendarmes travaillant en Ile-de-France. Mais la question n'est pas totalement réglée dans les autres secteurs.

 

Publié par El Diablo

Source : d'après TVL

 

Macron : «aucune limite» au soutien de la France à l'Ukraine

Emmanuel Macron a réuni le 7 mars 2024 les chefs de parti français, après avoir agité l'éventualité d'une présence militaire en Ukraine, vivement critiquée par les dirigeants européens et les oppositions françaises. Il a aussi rencontré la veille ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy pour les consulter.

Le président français a affirmé le 7 mars 2024 qu'il n'y avait « aucune limite » ni «ligne rouge» au soutien de la France à l'Ukraine, selon des chefs de partis politiques qu'il a reçus, réitérant ainsi une position jugée «irresponsable» par les oppositions et vertement dénoncée par la Russie. 

Le chef de l'Etat a expliqué qu'il « fallait soutenir l'Ukraine "quoi qu'il en coûte"», a affirmé le coordinateur du parti de la gauche radicale La France insoumise (LFI) Manuel Bompard, en faisant part de son «inquiétude».

« Le président de la République est prêt à un soutien sans limite et semble-t-il jusqu'au-boutiste à l'Ukraine», «il n'y a aucune limite et aucune ligne rouge», a aussi déploré Jordan Bardella, le président du parti d'extrême droite Rassemblement national.

Le Kremlin dénonce l'augmentation de l'implication française en Ukraine

«M. Macron est convaincu de sa politique consistant à vouloir infliger une défaite stratégique à notre pays et il continue d'augmenter le niveau d'implication directe de la France» en Ukraine, a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, dans une vidéo diffusée par le journaliste russe Pavel Zaroubine.

«Si Macron dit qu’il n’y a plus de lignes rouges pour soutenir l’Ukraine, alors la Fédération de Russie n’a plus de lignes rouges par rapport à la France», a déclaré l'ancien président russe et actuel vice-président du Conseil de sécurité Dmitri Medvedev, cité par l'agence TASS.

Emmanuel Macron a présenté le 7 mars 2024 aux dirigeants des formations politiques représentées au Parlement les résultats de la conférence internationale de soutien militaire à l'Ukraine organisée la semaine dernière à Paris.

Un accord bilatéral de sécurité signé le 16 février entre Paris et Kiev fera ensuite l'objet d'un débat, suivi d'un vote non contraignant, le 12 mars à l'Assemblée nationale, puis le lendemain au Sénat. «Je pense que ça clarifiera» les positions, a confié Emmanuel Macron à quelques journalistes le 5 mars en marge d'un déplacement à Prague. 

En ligne de mire figure le Rassemblement national (RN), qui fait la course en tête des sondages pour les élections européennes du 9 juin, crédité de 28 à 30% des intentions de vote.

Les macronistes ressassent leurs accusations contre le RN et LFI

L'exécutif français a tiré à boulets rouges ces derniers jours sur le RN mené par son jeune président Jordan Bardella, dont le parti est régulièrement accusé de complaisance vis-à-vis de Moscou, en dépit du soutien de celui-ci à l'Ukraine.

Le Premier ministre Gabriel Attal a ainsi estimé fin février qu'il y avait lieu «de se demander si les troupes de Vladimir Poutine [n'étaient] pas déjà » en France, visant nommément Marine Le Pen. Le ministre français des Armées Sébastien Lecornu a, lui, jugé la semaine dernière qu’« une grande partie» du Rassemblement national et du parti de la gauche radicale La France insoumise (LFI) étaient des «proxys» de la Russie.

« Ne laissez pas entrer les nationalistes. Ils étaient déjà la guerre. Ils sont désormais la défaite face à la Russie », a enjoint Emmanuel Macron à ses ministres.

Certains critiquent l'utilisation d'une grave question internationale à des fins politiciennes présumées : « Comment ne pas voir un piège fatal pour les opposants d'Emmanuel Macron quand critiquer aujourd'hui l'aventurisme guerrier du chef de l'État revient à prendre le risque d'être transformé en agent du Kremlin ?», s'est ainsi interrogé le Journal du dimanche, marqué à droite.

Hollande est convaincu de bien connaître Poutine

Le 6 mars au soir, Emmanuel Macron a aussi consulté ses deux prédécesseurs, François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Devant la presse, François Hollande s’est targué d’avoir « beaucoup rencontré» Vladimir Poutine. «Il était toujours dans cette recherche du rapport de force, il veut impressionner, donc la seule réponse possible, c’est de montrer que nous sommes avec les Ukrainiens dans une totale solidarité, que nous leur apportons tout le soutien nécessaire, sans nous-mêmes participer à quelque combat que ce soit», a insisté l’ancien président, qui avait d’ailleurs confié au printemps 2023 avoir voulu avec Angela Merkel utiliser les accords de Minsk pour accorder plus de temps à Kiev.

Interrogé sur d’éventuels envois de troupes occidentales, l'ancien président socialiste a répondu : «Ma position sur les questions militaires c’est : moins on en dit, mieux on agit. Ne pas dire ce que l’on fait, mais faire ce que l’on n’a pas dit. C’est ça qui permet d’avoir le plus d’efficacité.»

François Hollande a aussi donné le coup de semonce de la dégradation des relations entre Paris et Moscou en annulant la commande par les Russes de deux porte-hélicoptères Mistral à la suite du rattachement de la Crimée à la Russie en 2014. Une mesure prise sous pression américaine.

Nicolas Sarkozy s’est montré moins disert. À l’été 2023, l’ancien dirigeant de la droite française s’était démarqué du discours atlantiste en estimant que la France et la Russie avaient besoin l’une de l’autre. En 2008, il s’était illustré en négociant un cessez-le-feu avec Vladimir Poutine à la suite de l’intervention russe en Géorgie.

Le débat s’annonce houleux

Le débat au Parlement s'annonce houleux non pas au sujet de l'accord bilatéral de sécurité, sur lequel porte formellement le vote, mais en raison des récentes déclarations présidentielles sur les options militaires de la France en Ukraine.

Le 26 février, le président français a estimé que l'envoi, à l'avenir, de troupes occidentales en Ukraine ne devait pas «être exclu». Des propos désavoués par la quasi-totalité des dirigeants européens mais aussi par Washington. 

Une folie pour les oppositions, de LFI au RN, en passant par le Parti socialiste et le parti de droite Les Républicains, qui ont dénoncé des propos «irresponsables», même si l'exécutif a tenté de préciser le lendemain qu'un tel scénario n'était pas acté et ne concernerait que des missions d'appui aux troupes ukrainiennes, loin des combats.

Les Européens et les Américains se sont presque tous publiquement démarqués de cette position, mais Emmanuel Macron n'en démord pas, ayant appelé le 5 mars lors d'un déplacement à Prague les alliés de Kiev à «ne pas être lâches ». Des propos qui ont fait encore grincer des dents à Berlin et Washington.

Les oppositions, de gauche comme de droite, comptent bien rappeler à l'Élysée leur désapprobation farouche à tout envoi de troupes, beaucoup estimant que le président français a affaibli la position française en Europe, mais aussi face à Moscou.

La Russie, de son côté, dénonce depuis mi-janvier et l'annonce par Emmanuel Macron d'une livraison supplémentaire de 40 missiles Scalp à Kiev l'implication croissante de Paris en Ukraine.

 

La Russie refuse d’accepter un destin arrangé par l’Occident

L’avertissement de Poutine est direct et explicite

Le spectre de l’Armageddon a été évoqué suffisamment souvent au cours des deux années de guerre en Ukraine pour que la référence à ce spectre dans le discours sur l’état de l’Union prononcé jeudi par le président russe Vladimir Poutine ait un air familier. C’est là que réside le risque d’une erreur d’appréciation de la part du public occidental, qui pourrait croire que Poutine ne faisait que “crier au loup“.

Trois choses doivent être notées d’emblée. Premièrement, Poutine a été explicite et direct. Il a fait savoir à l’avance qu’il serait obligé de répondre avec une capacité nucléaire si l’État russe était menacé. Laissant de côté les sous-entendus ou les allusions sombres, Poutine a fait une sombre déclaration d’une importance capitale.

Deuxièmement, Poutine s’est adressé à l’Assemblée fédérale devant la crème de la crème de l’élite russe et a mis toute la nation dans la confidence en disant que le pays pourrait être poussé à une guerre nucléaire pour sa propre préservation.

Troisièmement, un contexte spécifique se dessine, précipité par des hommes d’État occidentaux imprudents et impétueux qui cherchent désespérément à éviter une défaite imminente dans la guerre qu’ils ont commencée en premier lieu, avec l’intention déclarée de détruire l’économie russe et de créer une instabilité sociale et politique qui conduirait à un changement de régime au Kremlin.

En réalité, le pronostic du secrétaire d’État américain Lloyd Austin, jeudi, lors d’une audition au Congrès à Washington, selon lequel “l’OTAN se battra contre la Russie” si l’Ukraine est vaincue, est la manifestation d’une situation difficile à laquelle l’administration Biden est confrontée après avoir conduit l’Europe au bord d’une défaite abyssale en Ukraine, engendrant de graves incertitudes quant à son redressement économique et à sa désindustrialisation en raison de la retombée des sanctions contre la Russie.

En clair, Austin voulait dire que si l’Ukraine perd, l’OTAN devra s’opposer à la Russie, faute de quoi la crédibilité future du système d’alliance occidental sera menacée. C’est un appel à l’Europe pour qu’elle se mobilise en vue d’une guerre continentale.

Ce que le président français Emmanuel Macron a déclaré plus tôt la semaine dernière, lundi, était également une articulation de ce même état d’esprit, lorsqu’il a provoqué une tempête en laissant entendre que l’envoi de troupes au sol pour aider Kiev était une possibilité.

Pour citer Macron, “Il n’y a pas de consensus aujourd’hui pour envoyer officiellement des troupes au sol mais [...] rien n’est exclu. Nous ferons tout ce qu’il faut pour que la Russie ne puisse pas gagner cette guerre. La défaite de la Russie est indispensable à la sécurité et à la stabilité de l’Europe.”

Macron s’exprimait après un sommet de 20 pays européens à Paris, au cours duquel un “document à diffusion restreinte” avait laissé entendre “qu’un certain nombre d’États membres de l’OTAN et de l’UE envisageaient d’envoyer des troupes en Ukraine sur une base bilatérale“, selon le premier ministre slovaque, Robert Fico.

Fico a déclaré que le document “fait froid dans le dos”, car il laisse entendre qu’”un certain nombre d’États membres de l’OTAN et de l’UE envisagent d’envoyer des troupes en Ukraine sur une base bilatérale“.

La révélation de Fico ne devrait pas surprendre Moscou, qui vient de rendre publique la transcription d’une conversation confidentielle entre deux généraux allemands, le 19 février dernier, évoquant le scénario d’une attaque potentielle du pont de Crimée avec des missiles Taurus et un éventuel déploiement de combat de Berlin en Ukraine, malgré tous les démentis publics du chancelier Olaf Scholz.

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergey Lavrov, a qualifié la transcription de “révélation fracassante“. Il est intéressant de noter que la transcription révèle que des militaires américains et britanniques sont déjà déployés en Ukraine – ce que Moscou prétend depuis des mois – ainsi que d’autres détails.

C’est l’heure de vérité pour la Russie. Après avoir appris à vivre avec l’augmentation constante de l’armement occidental fourni à l’Ukraine, qui comprend désormais des missiles Patriot et des avions de chasse F-16, après avoir signalé en vain que toute attaque contre la Crimée ou contre le territoire russe serait considérée comme une ligne rouge, après avoir évité avec prudence la participation des États-Unis et du Royaume-Uni à des opérations visant à ramener la guerre sur le territoire russe, la déclaration belliqueuse de Macron la semaine dernière a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour le Kremlin. Elle envisage le déploiement de troupes occidentales pour combattre et tuer des soldats russes et conquérir des territoires au nom de Kiev.

Lors du discours de jeudi, qui était presque entièrement consacré à une feuille de route extrêmement ambitieuse et tournée vers l’avenir pour traiter les questions sociales et économiques dans le cadre de la nouvelle normalité à laquelle la Russie est parvenue malgré les sanctions occidentales, Poutine a lancé un avertissement à l’ensemble de l’Occident en mettant l’arme nucléaire sur la table.

Poutine a souligné que tout (nouveau) manquement aux règles de base non écrites serait inacceptable : si les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN fournissent une assistance militaire à l’Ukraine mais n’attaquent pas le sol russe et ne s’engagent pas directement dans des combats, la Russie se limitera à utiliser des armes conventionnelles.

L’essentiel des remarques de Poutine réside dans son refus d’accepter un destin pour la Russie arrangé par l’Occident. Le raisonnement sous-jacent n’est pas difficile à comprendre. En clair, la Russie ne permettra aucune tentative de la part des États-Unis et de leurs alliés de remodeler la situation sur le terrain en faisant intervenir sur les lignes de front du personnel militaire de l’OTAN soutenu par un armement de pointe et des capacités satellitaires.

Poutine a fermement placé la balle dans le camp occidental pour décider si l’OTAN prendra le risque d’une confrontation nucléaire, ce qui n’est évidemment pas le choix de la Russie.

Le contexte dans lequel tout cela se déroule a été décrit de façon pittoresque par le dirigeant d’un pays de l’OTAN, le premier ministre hongrois Viktor Orban, qui s’est adressé à un forum de diplomates de haut niveau à Antalya, sur la Riviera turque, le week-end dernier, en soulignant que “les Européens, ainsi que les Ukrainiens, sont en train de perdre la guerre et n’ont aucune idée de la façon de sortir de cette situation“.

Orban a déclaré : “Nous, Européens, sommes maintenant dans une position difficile“, ajoutant que les pays européens ont pris le conflit en Ukraine “comme leur propre guerre” et réalisent tardivement que le temps n’est pas du côté de l’Ukraine. « Le temps est du côté de la Russie. C’est pourquoi il est nécessaire de cesser immédiatement les hostilités ».

Selon lui, « si vous pensez que c’est votre guerre, mais que l’ennemi est plus fort que vous et qu’il a des avantages sur le champ de bataille, dans ce cas, vous êtes dans le camp des perdants et il ne sera pas facile de trouver une issue à cette situation. Aujourd’hui, nous, Européens, avec les Ukrainiens, sommes en train de perdre la guerre et n’avons aucune idée de la manière de sortir de cette situation, de ce conflit. C’est un problème très grave ».

C’est le nœud du problème. Dans ces circonstances, il serait catastrophique que l’opinion publique et les dirigeants occidentaux ne saisissent pas toute la portée de l’avertissement brutal de Poutine, selon lequel Moscou pense ce qu’elle dit, à savoir qu’elle considérera tout déploiement de combat occidental en Ukraine par les pays de l’OTAN comme un acte de guerre.

Certes, si la Russie est confrontée au risque d’une défaite militaire en Ukraine face aux forces de l’OTAN en déploiement de combat et que les régions du Donbass et de la Novorossiya risquent d’être à nouveau soumises, cela menacerait la stabilité et l’intégrité de l’État russe – et remettrait en question la légitimité des dirigeants du Kremlin eux-mêmes – et la question de l’utilisation des armes nucléaires deviendrait alors plus ouverte.

Pour enfoncer le clou, Poutine a passé en revue l’inventaire russe qui étaye la supériorité nucléaire de la Russie aujourd’hui, supériorité que les États-Unis ne peuvent en aucun cas égaler. Il a en outre déclassifié certaines informations top secrètes : « Les efforts visant à développer plusieurs autres nouveaux systèmes d’armes se poursuivent, et nous attendons d’en savoir encore plus sur les réalisations de nos chercheurs et de nos fabricants d’armes ».

M.K. BHADRAKUMAR

Le 4 mars 2024 – Source Indian Punchline
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone. Blog A.N.C.