dimanche 11 mars 2012

COQUILLAS DE CIFUENTES: NOUVEAU COUP DE PUNTILLA A LA FIESTA BRAVA.

LE DEUIL DE MARIANO CIFUENTES EST LE NOTRE.

Il y a plusieurs mois, j'avais décidé de faire un break dans la tenue de ce modeste blog. En cause, sur d'autres pages, la mesquinerie de l'un, l'intolérance - pour rester poli - d'un autre, des gens avec qui nous partagerions -théoriquement- certaines valeurs....Hélas, les photos, les mots, et les toros, çà n'est pas tout, il faut aussi parfois chez les autres, s'aligner sur des prétentions réactionnaires inadmissibles, se justifier devant des murs , même si on n'en a pas envie ni besoin. C'est pourquoi j'ai voulu réfléchir...Faire une pause....Me refaire un moral....C'est chose faite, je n'irai plus simplement sur certains blogs.
Et puis, il y a aussi cette saturation de l'info quotidienne qui se traduit par une insupportable désinformation, l'overdose, provoquée par le paraitre, la fourberie, le mensonge, les promesses, assénés par des menteurs et bonimenteurs professionnels, sans compter les "sondages" servis depuis des mois et des mois, par des medias formatés par le système, l'élection est une rude épreuve pour le citoyen, forcé de choisir depuis de longs mois, bien avant le scrutin, entre deux candidats préalablement avancés comme incontournables! Ne lui reste qu'à fermer la télé UMPS, s'il ne veut pas devenir fou.

Mais ce soir, ou plutôt depuis hier, où j'ai visité le blog de Mariano CIFUENTES, je suis en colère. Très en colère! Remonté contre les taurinos, les figuras et figuritas du G10, les empresas, les occupants à titre gracieux des callejons, revisteros et photographes, les applaudisseurs appointés, les présidents de pacotille, tous ceux qui  de près ou de loin, participent activement pour les uns ou assistent sans broncher pour les autres à la dégénérescence du toro de lidia. Ce jour est jour de deuil pour l'aficion, pour l'AFICION, parce que Mariano CIFUENTES, le ganadero d'Encina Hermosa, ce Monsieur qui se battait depuis 30 ans pour restaurer l'encaste COQUILLA, plutôt que de s'aligner sur la mafia des adeptes de l'encaste "domec-stiqué", ce ganadero des causes perdue vient de jeter l'éponge.

La mort dans l'âme, comme on peut l'imaginer, il s'est résolu à liquider la totalité de son élevage, soit 560 bêtes, qui partiront dès ce lundi aux abattoirs. Il avait d'abord envisager de réduire de mitié son cheptel, mais cela revenait selon lui à reculer pour mieux ou plus mal sauter.

Pour justifier sa décision, irrévocable, Don Mariano invoque pèle-mêle la sècheresse, le prix du pienso, de la paille, et de l'eau, le virus "Schmallenberg" (!) - je n'en avais jamais entendu parler, mais plusieurs foyers sont signalés partout en Europe, et donc en France- , mais sur ses taureaux qui ne se vendent pas et sur les raisons qui font que les encastes tels que le sien sont boudés et refusés par le mundillo, Mariano se montre plus discret.

Nous, aficionados, nous savons qu'il est un problème récurrent, autrement plus grave, plus pernicieux, que les motifs économiques et sanitaires invoqués par le ganadero: il s'agit en premier et surtout du diktat imposé par les figuritas aux éleveurs, pour qu'ils élèvent des animaux décastés devant lesquels ces figuritas pipolisées pourront danser sans trop de risques et couper beaucoup de trophées, également et TROP souvent indulter des bestioles sans autre jus que leur noble docilité devant la muleta, face à des publics gogotisés, définitivement habitués à prendre des vessies pour des lanternes, taurinos et leurs complices invités des callejons se chargeant de faire la promotion de cette "fiesta circo" qui enfonce chaque jour un peu plus dans ses lymbes la fiesta brava y integra.

Don Mariano est le dernier - pour le moment - de la longue liste des élevages victimes de la rigueur et de l'honnêteté de leurs propriétaires.

Comment ne pas se révolter devant tant d'efforts, tant de courage, d'humilité, d'opiniâtreté, anéantis par la pourriture d'un système vérolé, alors qu'ils devraient être enfin reconnus et récompensés pour avoir vraiment contribué au rayonnement et au sérieus de la CORRIDA? On imagine la douleur de Mariano CIFUENTES et des siens, de tous ceux qui l'ont épaulédepuis ces années,  face à ce fracaso injuste. Comme il l'écrit lui-même, se battre contre vents et marées depuis trente longues années pour seulement maintenir vivant l'encaste COQUILLA tout en essayant d'en vivre sans y parvenir, se trouver au contraire acculé à l'ultime et cruelle décision de faire abattre son troupeau, le laisse anéanti, dans la plus grande tristesse. Et comme nous le comprenons, et partageons son désarroi!

Nous, aficionados, frustrés par ce système vicieux et injuste, et conscients de ses limites, nous n'avons à lui opposer que notre colère, notre immense colère. OUI! j'ai les boules et la rogne et la hargne, contre ces taurinos qui font mine de s'offusquer, de se révolter, contre une situation dramatique pour quelques uns de leurs pairs, dont ils sont en fait directement et uniquement responsables, en se pliant aux exigences des adeptes du perritoro et de la "fiesta circo". Parce que leur pseudo compassion camoufle mal leur dangereuse cupidité, celle qui conduit à la condamnable corrida spectacle, sans que le prétendu "art" et le passage à la culture n'y changent quoi que ce soit. Quand aux gogos incapables de faire la différence entre la lidia complète imposée à un toro-toro, et un numero de porfia devant un  bovidé invalide, se décidera-t-on un jour à leur tendre un vrai papier taurin, avec leur billet d'entrée?

Señor MARIANO, te lo aseguramos: partimos tu dolor, tu duelo, porque eres un grande, un ganadero de valor, y tambièn porque un ganado de COQUILLAS que desaparece de esa manera, es una nueva puntilla a la fiesta brava, que nosotros, aficionados, como tù, amamos y defendremos.

Et soyons nombreux à visiter le blog de Mariano CIFUENTES pour lui manifester le soutien dont il doit avoir bien besoin.

jeudi 22 décembre 2011

LA MALADIE CAPITALISTE DE l'EURO ET DU DOLLAR

  1.  Publié par histoireetsociete le décembre 29, 2011 dans Economie, Europe

Un événement trés important: l’accord sino-japonais concernant leurs monnaies respectives par danielle Bleitrach

La Chine et le Japon ont annoncé lundi avoir signé un accord pour utiliser leurs monnaies respectives au lieu du dollar dans leurs échanges commerciaux. C’est un événement d’une grande importance à la fois pour ce qu’il représente en matière d’évolution monétaire par rapport au primat de la monnaie de réserve qu’est le dollar mais aussi parce qu’il symbolise d’évolution politique entre les deux pays longtemps hostile l’un à l’autre à la fois à cause des atrocités commises par l’Armée japonaise en Chine et la manière dont le Japon, géant économique et nain politique (comme l’Allemagne) s’était placé sous la protection des Etats-Unis.

Incontestablement la maivaise santé de l’économie nord américaine et l’incapacité dans laquelle celle-ci se trouve de maîtriser son système financier, la débâcle de l’Euro mais aussi le bellicisme sans moyen réels de tenir les pays que l’OTAN occupe, le fiasco irakien, la ridicule expédition de Libye et désormais les menaces sur la Syrie et L’Iran acentuent la crise de crédibilité face au dollar.

Cette décision doit être replacée dans le contexte de la stratégie de la Chine en Asie où en pratiquant une politique régionale d’avantages mutuels et de non intervention dans les politiques locales, un respect des souveraineté et la création d’échanges systématiques mutuellement avantageux. la Chine a réussi dans cette zone non seulement à dénouer des conflits traditionnels avec le Japon mais aussi avec le Viet-Nam (encore plus difficiles à dénouer) mais encore à apparaître comme la force économiqur capable d’empêcher l’extension de la crise venue des Etats-Unis et de l’Europe.

Cette décision se comprend d’ailleurs aussi par rapport à la crise de l’euro et le fait que les échanges commerciaux entre la Chine et ke Japon n’ont cessé de s’étendre, le Japon vendant plutôt les biens d’équipement, faisant donc des transferts de technologie et la Chine des biens de consommation à des prix défiant toute concurrence. Jusqu’à présent les échanges étaient réglés en dollars et l’accord prévoit que désormais leurs entreprises préféreront le yen et le Yuan.
Cet accord n’est pas le premier du genre, il y a deux ou trois mois un accord semblable a été signé avec la Russie et avec des banques centrales d’Asie et surtout sud-américaines où ils vont dans le sens voulu par Chavez de se dégager de l’impact du dollar, du FMI et de toutes les institutions qui consacrent la suprématie des Etats-Unis à travers sa capacité de monnaie de réserve. Mais le Japon est plus caractéristique dans la mesure où il s’agit là de l’allié traditionnel des Etats-Unis et Chine et Japon sont les deux pays ayant le plus de réserve d’obligations des EtatsUnis. Comme il n’existe pas de marché du yuan comme il existe un marché du dollar ou même de l’euro, le japon va accumuler des réserves sans que pour autant la Chine ait à changer la convertabilité de sa monnaie.

Enfin il faut voir que la Chine peut agir ainsi sans faire monter le cours du Yuan en maitrisant le taux de leur monnaie (100 yuan font 15 dollars) parce que Pekin conserve le contrôle de sa monnaie, il s’agit d’un secteur tout à fait nationalisé et entrant dans un système de planification. La Chine ne veut pas l’hégémonie, elle veut pour elle et d’autres pays du sud échapper au fait que toutes les matières premières, énergétiques en particulier ont des prix fixés en dollars, une monnaie de facturation et de réglement,ce qui fait que quand un pays veut acheter du blé, du pétrole ou n’importe quoi il est obligé d’acheter du dollar pour payer la facture. Les etats-Unis n’ont qu’à faire agir la planche à billet que les autres pays doivent acheter pour pratiquer les échanges et donc constituer des réserves.

La Chine tente donc avec l’accord d’un nombre grandissant de pays de changer le système en instituant un troc à l’échelle mondiale et en commençant à faire du yuan une monnaie de réserve tout en continuant à contrôler le taux du yuan et en empchant la baisse du dollar. L’euro a raté par soumission aux Etats-Unis la possibilité qu’espérait de lui les pays du sud et les émergeants de sortir de la dictature du dollar, il est évident qu’aujourd’hui il n’est plus en état de présenter une alternative et la Chine avec le Yuan s’est glissé dans cette situation pour bouleverser la donne.
J’avais écrit il y a quelques années les chapitres des Etats-Unis de Mal empire, ces leçons de résistance qui nous viennent du Sud, dans lequel j’annonçais à la fois l’unification de l’Amérique latine et la manière dont la Chine est en train de permettre un changement mondial et de nouveau rapports sud-sud. Nous y sommes et la Chine est en train de fournir les moyens à ce renversement. tandis que l’Amérique latine a mis en place le CELAC qui est une grande étape dans l’indépendance de ce continent traditionnel lieu de ressources de matière première poir les Etats-unis.
Nous franchisson un nouveau seuil dans l’évolution avec l’accord d’échange monétaire avec le Japon. le phénomène extraordinaire est cette fois le changement japonais qui face à la crise transforme de fait sa relation aux Etats-unis et rentre dans ce qui peut paraître une nouvelle alliance.
je signale également un autre événement important qui n’a pas manqué de provoquer l’intérêt de Pekin, les manoeuvres de la marine iranienne dans le détroit d’ormuz et de fait la menace de bloquer le détroit d’ormuz. pour ceux qui l’ignoreraient par le détroit transite 40 % de l’énergie mondiale et une bonne partie de l’énergie de la Chine et de l’Europe. le blocage du détroit d’ormuz cela peut faire monter le baril à deux cent euros et là il ne reste plus qu’à vivre de crèpes sur un feu de bois
Quand on élargit un peu son champ de vision on trouve d’un ridicule achevé les fanfaronnades de la france tout juste capable d’aller pilonner un petit pays de 6 millions d’habitants sans se rendre compte de ce qui est en train de se mettre en place à l’échelle mondiale. cela rend encore plus ridicules les réactions de la classe politique française face à la demande de prêt à la Chine comme si la Chine avait besoin de l’euro, Le ridicule en matière de vision de la Chine n’avait d’équivalent que l’unanimité à soutenir le bellicisme du président sarkozy et les folies otanesques. L’histoire jugera sévérement ce moment de décadence ubuesque des anciennes grandes puissances qui sont actuellement en guerre avec toute la planète qui semble marquer une volonté grandissante de les isoler.
Danielle Bleitrach


mercredi 21 décembre 2011

LA CELAC: UN ACONTECIMIENTO CONSIDERABLE.



CELAC: DOS PROYECTOS EN PUGNA
Sin duda que la creación de la CELAC ha sido uno de los principales acontecimientos que tuvieron lugar en el plano regional en muchos años. La sola idea de una organización que reúna a los países latinoamericanos y caribeños sin la asfixiante presencia de Estados Unidos y Canadá es una muy buena noticia y permite abrigar esperanzas de que la tradicional prepotencia con que la Casa Blanca manejaba los asuntos del área tropezará de ahora en más con crecientes obstáculos.
Claro que la “presunción hegemónica” del imperio no se desvanecerá por la creación de esta organización, pero sus mandatos ya no tendrán el automático asentimiento del pasado cuando un úkase de Washington produjo en 1962 el destierro de Cuba del sistema interamericano.
De todos modos, convendría dejar de lado excesivos entusiasmos porque poner en marcha efectivamente la CELAC, es decir, convertirla en la protagonista que se haga merecedora de las grandes esperanzas en ella depositadas, no será tarea sencilla. Su creación es un logro importantísimo, pero por ahora es apenas un proyecto que, para ser eficaz, deberá ser capaz de convertirse en una organización; es decir, en un sujeto dotado de suficientes capacidades de intervención en el ámbito de Nuestra América. Pero, como veremos más adelante, no es ese el proyecto que proponen los gobiernos de la derecha latinoamericana con la bendición de la Casa Blanca.
La inusitada gravedad de la crisis capitalista en curso hizo que hasta los gobiernos más derechistas de la región consintieran en unirse a la CELAC. Es un gesto importantísimo y sería tan errado minimizar su trascendencia y el mal trago que esto significó para Washington como exagerar el impacto inmediato que habrá de tener la CELAC. No es un misterio para nadie que la extrema heterogeneidad sociopolítica del continente (desde la Revolución Cubana hasta el régimen títere de Porfirio Lobo en Honduras -instalado por la Casa Blanca al derrocar a Mel Zelaya- pasando por Santos, Calderón, Martinelli, Chinchilla, Cristina, Dilma, el “Pepe” Mujica, Humala hasta llegar a Chávez, Evo y Correa) habrá de constituirse en un muy serio obstáculo a la hora de pasar del inconsecuente plano de los discursos a las acciones concretas en candentes asuntos regionales. Pongamos un par de ejemplos: uno, es bien sabido que Washington dispone de grandes partidas presupuestarias así como “asesores” y otros recursos para “ayudar” a actores locales que en diversos países hostigan o procuran desestabilizar (cuando no derrocar) a gobiernos que no son de su agrado. Bolivia, Ecuador y Venezuela, además de Cuba, son blancos favoritos de estas políticas. Si en muchos casos esta ingerencia imperial se procesa a través de organizaciones de pantalla, en otros el involucramiento en la política de los países latinoamericanos se realiza de forma abierta, directa e inmediata por las agencias u organismos federales como la DEA, la CIA y la USAID, entre los más importantes. ¿Será posible que la CELAC condene esas prácticas intervencionistas del imperio y tome las decisiones requeridas para neutralizarlas, habida cuenta de su carácter violatorio de la legalidad internacional y su naturaleza profundamente antidemocrática? Parece muy poco probable, si bien bajo algunas circunstancias extremas podría tal vez haber excepciones. ¿Habrá unanimidad en respaldar una política de ese tipo o a otra -y este es el segundo y más crucial ejemplo- que exigiera poner fin al status colonial de Puerto Rico? No parece; tal vez haya sido por eso que varios gobiernos -entre ellos Chile, Colombia y México- insistieron en que todas las decisiones de la CELAC debían adoptarse por unanimidad, temerosos de que los gobiernos más radicales de la región pudieran llegar a constituir una circunstancial mayoría que disguste a los ocupantes de la Casa Blanca y entorpezca las “amigables relaciones” que varios países latinoamericanos y caribeños mantienen con Washington. Por algo los gobiernos que quieren que la CELAC sea un organismo efectivo y no un periódico torneo de discursos están viendo la forma de instituir una normativa que exija una mayoría calificada (en qué proporción es algo que todavía no ha sido decidido) para adoptar las decisiones de la institución.
En relación a este tema el Canciller chileno Alfredo Moreno expresó con absoluta claridad la postura del imperialismo cuando dijo que “la CELAC será un foro y no una organización, que no tendrá sede, secretariado, burocracia ni nada de eso”. Para Moreno, representativo de la derecha latinoamericana, de lo que se trata es de esterilizar un proyecto, de castrarlo a poco de nacer, para reducirlo a una intrascendente sucesión de “cumbres presidenciales” (2012 en Chile, 2013 en Cuba, 2014 probablemente en Costa Rica). Por eso quien finalmente presidirá la CELAC durante este próximo año no será otro que Sebastián Piñera. No hace falta aguzar demasiado la vista para percibir que un proyecto de este tipo, “descafeínado”, es el que respaldará la derecha latinoamericana, cuya carta de identidad es el servilismo y la genuflexión antes los dictados del imperio. Pero hay otro proyecto para la CELAC: en línea con el programa bolivariano del Congreso Anfictiónico de 1826 y con los anhelos de Artigas, San Martín, Sucre, Martí, Morazán, Sandino y tantos otros patriotas latinoamericanos y caribeños. Un proyecto que hace medio siglo fue brillantemente sintetizado en la Segunda Declaración de La Habana, impulsada por Fidel, Raúl y el Che. En fin: la disputa entre los dos proyectos será inevitable, y las circunstancias históricas (profundización de la crisis general del capitalismo, intervencionismo norteamericano en la región, maduración de la conciencia política de nuestros pueblos, etcétera) irán moviendo el fiel de la balanza, ojalá en que un sentido positivo. Hay que recordar que los baluartes de la influencia norteamericana en la región: Piñera, Santos y Calderón, se encuentran sentados sobre un polvorín que puede estallar en cualquier momento.
La actitud de Washington hasta ahora ha sido la de esperar a que se desenvuelvan los acontecimientos. El lanzamiento de la CELAC ha sido una muy mala noticia para el imperio, pero sabe que todavía cuenta con varias cartas en sus manos. Sabe, por ejemplo, que tiene varios “Caballos de Troya” dentro de la incipiente organización y que en cuanto lo considere oportuno se pondrán dócilmente a su servicio para implementar las órdenes emanadas desde la Casa Blanca. Sabe también que su incansable labor de desestabilización de los gobiernos más radicales puede debilitarlos, creándoles dificultades que afecten su protagonismo en el marco de la CELAC. Sabe, por último, que sus cantos de sirena hacia los gobiernos de la así llamada “centroizquierda” (Argentina, Brasil, Uruguay, ¿Perú?) puede tentar a algún gobernante a desertar del proyecto emancipador que se encuentra en las raíces históricas de la CELAC y que fueran actualizadas por Fidel, Raúl, Chávez, Evo y Correa, para no nombrar sino las principales figuras. Los gestos reconciliatorios de Obama con el gobierno de Cristina Fernández y la permanente labor de seducción que la Casa Blanca ejerce sobre Brasilia se encuadran inequívocamente como piezas de esta estrategia. Separar a la Argentina y el Brasil del proyecto radical de la CELAC, aislar a Chávez, Evo y Correa y, de paso, ajustar más el torniquete del bloqueo contra la Revolución Cubana. El imperio no dejará nada librado al azar. El premio es muy grande: 20 millones de kilómetros cuadrados, un mercado de 600 millones de habitantes, siete de los diez principales productores de minerales estratégicos del mundo, la mitad del agua dulce y de la biodiversidad del planeta tierra, además de petróleo, gas, energéticos de todo tipo y alimentos como para saciar el hambre de más de mil millones de personas. Y, como lo recordaba el Che, “América Latina es la retaguardia estratégica de Estados Unidos”, y bajo las actuales condiciones de crisis económica internacional y acelerada descomposición del precario “orden mundial” creado por Washington desde la posguerra esa retaguardia adquiere un valor supremo. Por eso debemos librar la batalla por la CELAC, para que el proyecto emancipador que le dio nacimiento sea quien finalmente prevalezca y abra aquellas grandes alamedas de las que hablara Salvador Allende en su último discurso, y por las cuales transitarían nuestros pueblos en su larga marcha hacia la justicia, la libertad, la autodeterminación nacional y la democracia.

Source: Cubadebate




dimanche 18 décembre 2011

LA CELAC: TRENTE TROIS ÉTATS AMÉRICAINS RÉUNIS SANS LES USA NI LE CANADA !!

source : People’s World, 5 décembre 2011
traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société




AMÉRIQUE LATINE: LE LEADERSHIP US A DU PLOMB DANS L'AILE.



En arrivant à Caracas le 2 décembre pour les deux jours de la réunion inaugurale de la Communauté d’États latino-américains et caraïbes, le président Cubain Raul Castro a dit à des journaliste que « pour la première fois de l’histoire nous aurons une organisation de Notre Amérique…C’est [peut-être] le plus grand évènement en 200 ans de semi-indépendance Latino-Américaine et Caribéenne. »


Le héros national cubain José Marti avait désigné le territoire situé entre le Rio Grande du Texas et la Terre de Feu, comme « Notre Amérique ».


Les chefs d’États et leurs ministres étaient sur le point d’établir une organisation de 33 nations pour promouvoir l’intégration régionale, le bien commun et la survie dans un monde en proie à de multiples crises. La CELAC reprend le flambeau de la cause de l’unification, restée en sommeil depuis l’échec du Congrès de Panama du libérateur Simon Bolivar.



Le Canada et les États-Unis sont les seuls pays de l’hémisphère Occidental à ne pas faire partie de la CELAC. Les architectes de la CELAC disent que la participation d’alliés des États-Unis comme la Colombie, le Mexique, le Pérou et le Chili témoigne de l’ouverture du nouveau groupe.


Les délégués étaient optimistes. La présidente brésilienne Dilma Rousseff a affirmé : « Jamais ce continent n’avait eu auparavant une si grande opportunité d’avoir un rôle international important ». Maria Emma Meija, secrétaire générale de l’Union des Nations Sud Américaines (UNSAUR), a acquiescé : « L'Amérique latine vit une renaissance culturelle, économique, et politique sans précédent et est aujourd’hui un exemple pour le monde. »
Rousseff a signalé que la croissance économique en Amérique Latine dépassait celle de l’Europe et des États-Unis. En effet, l’Amérique Latine, avec 550 millions d’habitants, a les plus grosses réserves pétrolières du monde et 30% de son eau potable. C’est la plus grande région productrice d’aliments au monde.


Les observateurs font du président vénézuélien Hugo Chavez et de l’ex-président brésilien Luiz Ignacio Lula Da Silva les principaux promoteurs de la CELAC. Un sommet inaugural prévu pour Juillet 2011 a été repoussé à décembre, du fait de la maladie d’Hugo Chavez.


Les dirigeants de la CELAC ont approuvé une « Déclaration de Caracas » en 39 points. D’après l’article 28, la CELAC est « le seul mécanisme de dialogue et de réconciliation auquel souscrivent 33 pays latino-américains et caribéens et la plus haute expression de la volonté d’unité dans la diversité ». L’article 23 appelle au respect du droit international, à des solutions pacifiques aux différends, à l’interdiction de l’usage de la force, à l’autodétermination, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale, à la non ingérence et à la protection et la promotion des droits de l’homme et de la démocratie. » La CELAC fournira « des instruments pour garantir la mise en œuvre de tout cela. »


Le document salue l’actuel bicentenaire de l’indépendance face à l’Espagne et célèbre le développement durable, un « monde multipolaire et démocratique » et « toutes les cultures, races et groupes ethniques ». Il dénonce les occupations militaires étrangères. L’article 13 souligne la contribution apportée par l’indépendance haïtienne au début du dix-neuvième siècle à la libération de l’Amérique Latine.
La CELAC a adopté un « Plan d’Action de Caracas 2011 ». Des projets ont été faits pour créer des groupes de travail et des séminaires pour faire face, au niveau régional et sous-régional, à des questions comme la crise financière internationale, les nouvelles institutions financières et les nouveaux outils financiers latino-américains ( parmi lesquels un système Latino-américain et caribéen de tarifs préférentiels), la protection de l’environnement, le développement économique et le développement durable. La CELAC met en place des mécanismes pour la coopération régionale dans les télécommunications, le transport commercial, la protection des migrants et la lutte contre la faim, la pauvreté et l’analphabétisme.


La CELAC est en gestation depuis des années, et a ses racines dans le groupe de Contadora dans les années 1980 et la formation en 1986 du Groupe de Rio faisant la promotion de l’intégration, qui comprenait 23 pays avant de céder la place à la CELAC. Le Sommet sur le développement et l’intégration Latino-américains et Caribéens (CALC), formé en 2008, a servi de prédécesseur immédiat à la CELAC.
LA CELAC se réunira de nouveau au Chili en 2012, à Cuba en 2013 et au Costa Rica en 2014. Les dirigeants de la CELAC voient la réunion de Cuba comme une façon de se faire pardonner l’exclusion de Cuba du sein de l’Organisation des États Américains (OEA), fomentée par les États-Unis. Les États-Unis ont lancé l’OEA en 1948 pour poursuivre leur programme anticommuniste en Amérique Latine. Le journaliste chilien Ernesto Carmona a exprimé ce que pensent beaucoup en prédisant : « Avec le temps, la CELAC mettra fin à l’anachronisme de l’OEA »
En fait, comme l’a souligné l’an dernier l’analyste uruguayen très respecté Raul Zibechi, « la création de la CELAC fait partie d’un rééquilibrage global et continental, caractérisé par le déclin de l’hégémonie étasunienne et la montée d’un groupe de blocs régionaux qui font partie du nouvel équilibre mondial. »


PS de Pedrito: quelle chaîne de nos télés l'a seulement évoqué?

vendredi 16 décembre 2011

L'ART D'ÊTRE GRAND MÈRE ET LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE.

Publié par histoireetsociete le décembre 8, 2011 dans Economie, Europe

Avant-propos.


Ce texte a été écrit par Danielle BLEITRACH. Une grande dame, avec une "tête bien pleine", une grande dame humaniste, sans autre ambition que de servir et faire avancer la vérité historique. Qui a souffert, comme des millions de personnes comme elle, de son identité: père et mari déportés en camps de concentration. Une militante sans carte - comme des centaines de milliers ou des millions d'autres, trahis dans leur idéal - et sans concession avec les arrangements politiciens, une combattante admirable et courageuse, comme il y en a peu dans ce monde où les strapontins électoraux s'échangent sous la table pour justifier le prix des trahisons présentes et futures des carriéristes appointés, dont feront les frais les citoyens les plus pauvres et les plus vulnérables: courageuse jusqu'à l'abnégation et la mise au ban de notre ancien parti, dont je ne fus qu'un rouage, mais dont elle aurait pu être et rester une éminente dirigeante.


C'est une discussion entre une mamie et son petit-fils, entre Danielle et Adlane. Sur des choses simples et cruelles qui divisent et opposent encore les hommes: une leçon de vie, profitable à chacun, pour peu qu'il veuille bien rechercher pourquoi l'autre est-il "autre".


Avec toute la respectueuse admiration de Pedrito.


Cet été Adlane et moi dans la campagne aixoise..
Tous les samedis sous les prétextes pédagogiques les plus fallacieux je passe la journée avec l’aîné de mes petits enfants Adlane. Il y a parfois dans les mots et dans le regard de l’enfant qui raconte son école l’écho de ce dialogue un peu socratique entre une grand mère et son petit fils. La plus délicieuse des récompenses.

Ainsi aujourd’hui samedi 10 décembre 2011, Adlane m’a expliqué comment il avait interrompu le cours de son professeur d’histoire pour parler de sa mamy.
Mais il faut que je fasse un détour, le professeur, un officier à la retraite, leur narrait les méfaits de Staline, mais comme justement c’est un gradé de l’armée il n’avait pu s’empêcher de leur décrire en homme de l’art la manière dont l’armée rouge avait tenu tête aux troupes allemandes. Il n’avait aucune sympathie pour les communistes mais de l’admiration pour l’armée rouge. Mon petit fils en avait retenu une idée, ma foi pas tout à fait inexacte, qui était que deux pays avaient résisté jusqu’au bout: la Grande Bretagne et l’Union Soviétique. En bon officier, en homme de métier, le professeur avait manifesté son mépris face à la faiblesse de l’engagement des Etats-Unis. En ce qui concerne Staline il les avait incité à se poser des questions qui ne manquaient pas de pertinence. Pourquoi, se demandait-il, ce dictateur paranoïaque qui n’avait confiance en personne avait-il cru malgré tous les avis que Hitler n’attaquerait pas ? Et il avait ajouté que Staline avait eu le tort de démolir les chefs de l’armée rouge et d’affaiblir la force populaire de cette armée . Comment à partir de là ouvrir le dialogue sur l’Histoire? Qui exactement a subi la répression, il n’est plus resté aucun membre du Comité central du temps de Lénine? Staline ne se méfiait-il pas d’abord des cercles du pouvoir? Comment se fait-il que ceux qui ont vécu en Union Soviétique en gardent de la nostalgie et ne se reconnaissent pas dans cette image que l’on brosse de leur passé. Est-ce que c’est simplement la colère éprouvée devant la promesse d’un changement trahie, l’injustice subie qui va s’agravant, la perte d’un empire ? L’incapacité de comprendre ce qui se passe ? Comme nous… Comme nous… Là Adlane qui s’intéresse à la politique et aux élections m’a demandé “qu’est-ce qu’ils veulent dire avec leur histoire de triple A ?” Je lui ai promis que pendant les vacances de la Noël nous discuterions de tout ça, de l’économie de la crise, mais aujourd’hui nous étions en train de comprendre ce qu’était l’histoire.


C’est trés important l’Histoire, imagine un homme qui a perdu la mémoire et bien une société c’est pareil, elle est perdue. mais comment savoir ce qui a réellement existé, c’est difficile..
Qu’est ce que Staline, le Stalinisme, pourquoi donne-t-on à un seul homme une telle importance, est-ce que c’était comme un Tsar? Je lui ai passé des extraits d’Ivan le terrible d’Eisenstein où est décrit ce lien avec le peuple russe qu’ont eu certains tsars et dirigeants russes, d’Ivan le Terrible à Staline en passant par Pierre le Grand. Dans le film il y a cette image d’Ivan le terrible se retirant hors de Moscou silhouette sombre entre Don Quichotte et le diable… et le peuple russe venant le rechercher en longues files sombres sur la neige blanche… Ou encore ces dernières images dans laquelle est décrit l’enfoncement dans l’ivrognerie et la paranoïa avec des compagnons indignes. Il y a là quelque chose de l’ordre de l’impossible pour poursuivre la Révolution, un pouvoir isolé dans un palais et qui ne peut plus avoir confiance dans ses pairs. La paranoïa dont t’a parlé ton professeur a une raison politique : comment briser les élites, les boyards réactionnaires et les féodaux, les popes pour faire avancer à marche forcée cet immense pays?

Et alors j’ai raconté à mon petit fils trois anecdotes d’une étrange similitude: Ivan le Terrible et Pierre le Grand faisant mourir sous la torture leurs propres fils qui complotent avec les forces réactionnaires et prétendent restaurer l’ordre ancien. Pour Staline, il y avait aussi la réponse celèbre quand son fils Iakov qui servait dans l’Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale fut capturé par la Wehrmacht entre la Pologne et l’Ukraine. Les Allemands ont proposé de l’échanger contre Friedrich Paulus, feld-maréchal allemand capturé par les Soviétiques après la bataille de Stalingrad. Staline a refusé en déclarant que l’on n’échangeait pas un maréchal (Friedrich Paulus) avec un lieutenant (Iakov Djougachvili). Peut-être est-ce du patriotisme comme le héros de la Nouvelle de Stendhal que nous venions de travailler en français (Vanina Vanini) où le carbonaro refuse l’amour de cette aristocrate et il la repousse comme un monstre parce que pour le sauver elle a trahi la cause de l’indépendance italienne. Quand on se bat pour quelque chose en quoi l’on croit on agit parfois ainsi et cela explique l’attachement du peuple…

Mais c’est un aussi un pouvoir désincarné que rien ne peut atteindre, qui a perdu tout lien affectif . Peut-être qu’il se condamne à ne pas avoir de postérité parce qu’il ne produit que des dirigeants asservis, terrorisés.. prêts à retourner à la réaction. Oui mais il n’y avait pas que Staline, il y avait des institutions, des organisations, la société existait, qu’est ce qu’on en connaît ? De temps en temps je lui demandais: “est-ce que tu comprends ce que je te dis?”. Il hochait la tête et s’inquiétait: “on ne peut pas accepter cela; quelqu’un comme Staline qui envoie quelqu’un en prison parce qu’il a des opinions différentes, tu es d’accord mamy ?” Oui mais les autres sont si terribles et on laissé ce pays faire seul la Révolution, quasiment seul vaincre la terrible armée nazie et puis est-ce qu’on nous écoute nous aujourd’hui ? Tu vois: réfléchir à tout ça c’est important non seulement pour ce qui s’est passé hier mais pour ce qu’on voudrait qui se passe aujourd’hui, les choix et les décisions, le vote devrait avoir lieu sur des questions comme ça. Est-ce que tu crois que mamy voudrait que tu vives en dictature mais elle s’inquiète pour ce que sera ton avenir, sur ce que tu pourras réaliser de ta vie… Alors tu vois je pense qu’il faut continuer à refuser l’injustice…

Et c’est là que mon petit fils me raconte qu’à la suite de la précédente discussion que nous avons eu sur le sujet, il est intervenu dans le cours d’histoire en disant: “Ma mamy a organisé une minute de silence à la mort de Joseph Staline. Parce qu’il avait mené la résistance au nom de tous les peuples y compris celui que l’on nomme allemand. Et comme elle est juive, Staline a été à la tête de l’armée rouge son libérateur”. Le professeur a ri et dit “ta mamy n’avait pas tort!”
Je lui ai demandé , est-ce qu’il n’a pas été étonné que tu ais une mamy juive ? Adlane a dit que pendant le cours ils prenaient des notes et ils n’avaient pas beaucoup le temps de discuter, il avait simplement ri et manifesté un certain accord avec ma vision historique. Et puis Adlane est passé à d’autres questions ayant trait cette fois à cette autre partie africaine du monde à laquelle il est aussi lié. Il m’a demandé pourquoi Hitler n’était pas allé envahir le reste du bassin méditerranéen, là nous avons pu envisager la situation des empires coloniaux et de leur rôle, ainsi que celui du rôle des troupes venues du Maghreb et d’Afrique dans la libération de l’Italie et même de Marseille. Je lui décrivais la montée vers Notre Dame de la Garde, les troupes allemandes qui tiraient d’en haut et les tabors marocains qui montaient au péril de leur vie. Le tank qu’il connaissait et qui était resté là comme un témoignage dont peu de gens connaissent le sens.
Après toute cette discussion sur la deuxième guerre mondiale il y a eu entre nous un moment d’une grande force. Nous étions en train de parler de la libération d’Auschwitz par l’armée rouge et alors je lui ai demandé s’il pouvait accomplir quelque chose pour moi. Tu sais Adlane, lui ai-je dit, je me demande si ce serait quelque chose de trop lourd pour toi ou si tu es prêt à faire cela: j’ai décidé de me faire brûler après ma mort. J’avais envisagé de mettre mes cendres dans la tombe de mon époux mais j’ai fait cadeau de ce tombeau au parti communiste… Vu la manière dont ces gens m’ont traitée je ne peux même pas espérer reposer aux côtés de mon mari, alors j’ai bien réfléchi je voudrais que tu ailles jeter mes cendres sur la terre d’Auschwitz. Et je lui ai lu le texte que j’ai inscrit sur mon blog, celui de Didi Huberman dans son livre Ecorces, où il décrit le sol de Birkenau où se poursuit le travail de la mort au point que quand la pluie le lave, remontent les esquilles et fragments… C’est un trés beau texte trés calme, rasseréné, une promenade cosmique, un étang, des grenouilles, l’écorce des bouleaux et la persistance dans le sol des vestiges broyés d’une population équivalente d’une ville comme Marseille rien que dans ce lieu, la capitale de tous les enfers. En lisant ce texte de Didi-Huberman, j’ai su que dans cet immense cimetière mêler mes cendres à celles de ce million d’êtres humains était un hymne à la vie, à la survie de l’humanité.

Adlane m’a dit “Mamy, je peux faire cela je te le promets, d’ailleurs quand tu mourras je serai un homme et je pourrais accomplir sans problème ma promesse.”
Je l’ai remercié et je lui ai expliqué pour qu’il ne se trompe pas sur le sens de cet acte: “ tu comprends mes cendres là-bas c’est aussi être aux côtés de mon mari qui fut déporté, affirmer ma solidarité avec les victimes et dire plus jamais ça, c’est continuer à me battre comme je me suis toujours battue. J’aurais pu de la même manière faire jeter mes cendres à Hiroshima”. Adlane a secoué la tête: “mamy c’est trop loin, laisse les japonais et les Chinois régler leurs problèmes occupons-nous de chez nous. Cette promesse solenelle d’un adolescent, un acte d’amour qui naturalisait mon petit-fils algérien en citoyen du Yiddishland.
Quelle victoire sur ce qui me blesse en ce moment, ce négationnisme, cet antisémitisme qui instrumentalisent la lutte du peuple palestinien, la dévoient, que cet enfant me faisant la promesse d’aller déposer les cendres chez nous, là où le continent européen saigne. Cette promesse si grave d’un enfant marquant son accès à l’histoire, sa reconnaissance du fait que rien n’est compréhensible en prétendant occulter cette mort qui continue à travailler notre temps et déplace les enjeux au coeur de la méditerranée… Un montage comme chez Einsenstein où la foule s’individualise dans cette mère qui remonte un enfant mort dans les bras sur les escaliers d’Odessa en allant affronter la mitraille des troupes du tsar.

Danielle Bleitrach