vendredi 11 mai 2012

¿ DONDE ESTAN LOS TOROS DE MADRID ?



                                     

DÉBUTS CALAMITEUX DE LA FERIA DE MADRID AVEC LES BOEUFS DU CORTILLIJO.


Les sentiments recueillis sur les blogs taurins sont unanimes: la feria de MADRID ne pouvait pas plus mal commencer, avec un lot del CORTIJILLO décasté, faible, manso, indigne de celle que l'on continue de qualifier de première plaza du monde,"Las Ventas",mais qui malheureusement ne semble plus mériter le titre.
Mais quelle arène peut encore le mériter, hormis les "petits" - par la contenance -  ruedos où quelques poignées d'aficionados courageux persistent à résister contre les croque-morts de la corrida "moderne", et à se battre pour imposer aux taurinos une tradition taurine respectable, INTÈGRE, où le toro brave, limpio, puissant, armé, - encasté ou manso, on ne peut préjuger de rien-, où le toro entier, et sauvage,  reste l'élément incontournable de la corrida d'aujourd'hui et de demain?

Un petit tour sur les blogs des aficionados voisins en dit long sur leur déconvenue, mais surtout, hélas, sur l'état lamentable de la fiesta brava, sur l'incroyable état d'esprit des taurinos, sur la cupidité des uns et des autres, comme si la "cultura"  reconnue par l'État central espagnol pouvait constituer le sésame miraculeux qui va  sauver la FIESTA BRAVA du désastre annoncé.

¡ NADA DE NADA ! Rien de rien, titre rageusement  Jandro, sur "TORO, TORERO, Y AFICION", au-dessus d'un encadré de noir, tout de deuil, sans un seul texte au coeur de ce cadre insolite. Un symbole de deuil et de colère! Le texte vient en-dessous de ce cadre vide :" Je veux dire que ni toros, ni toreros, rien n'était digne de MADRID et de sa première corrida de la SAN ISIDRO, toros d'El CORTIJILLO décastés, mansos, et faibles, choisis par les Lozano, toreros - NAZARÉ, LEANDRO, et ABELLAN, venus accomplir le minimum, le plus souvent absents, à l'unisson de la tristesse de l'élevage, comme contagionnés par leurs pauvres opposants.

Sur le blog de PAZ DOMINGO, c'est l'amertume, profonde. Connaissant cette grande aficionada qui écrit sur "El Pais", je comprends sa colère contre ce monde qui détruit sans vergogne le nid de la poule aux oeufs d'or. Les taurins, mais aussi les politiciens, les banquiers et financiers... PAZ  décrit par le détail tout ce qui ne va plus, tout ce qui choque dans le monde politique et taurin espagnol, où personne ne semble avoir les yeux en face des trous, hormis banquiers et les politiciens ambitieux. Conséquence de la véritable crise qui nous écrase: aficionados de moins en moins nombreux, un coup d’oeil rapîde sur les tendidos  suffit pour se rendre compte des conséquences du mal qui ronge la fiesta, ce qui se traduit par beaucoup de vides sur les gradins, des visages amis qui ont disparu, des gens perdus dans leurs pensées, l’ennui général, les poches vides, l’insatisfaction qui grandit, mais toujours le règne des privilèges. Et PAZ taille le costume qu’ils méritent à tous les parasites du système qui se repaissent des sacrifices de ceux qui n’ont aucun pouvoir, que celui de subir, parasites qui osent en plus crier «à l’aide » auprès des pouvoirs publics ! 
Elle titre son article: "NATIONALISATIONS! C'EST URGENT!"
Et ajoute: "La vérité est que la corrida de El Cortijillo fut un ensemble de riens, un ennui infernal, un spectacle minable que, malgré tous nos efforts, il nous est impossible de digérer. Par exemple, moi-même, au cas où il se serait passé quelque chose d’intéressant, j’avais prévu de prendre quelques notes : cinq lignes incomplètes ont suffi. Et je dois avouer que je n’ai même pas envie de les lire, encore moins d’en faire état ici, car j’ai pour vous du respect. Pour le reste, des participants en habits d’apparat....C’est tout. A la prochaine".
Pour ISA MOLINA, ce fut une "bueyada", un défilé de boeufs, sifflés à l'arrastre, corrida 'infumable", un "petardo", et, avec quand même beaucoup d'humour, ISA conclut qu'aujourd'hui, conserver l'aficion et continuer à se rendre aux arènes devient un acte de foi.
 Pepe PASTOR,  sur son blog MALAGA TOROS,  titre  lui aussi sans aucune équivoque: "NI TOROS, NI TOREROS". Quand à PACO, un autre aficionado, il résume avec son humour - bon coeur contre mauvaise fortune-  ce qu'il a retenu le 10 Mai de la mansada de las Ventas: " El Cortillijo fué un desastrillo", - l'élevage de El CORTIJILLO fut un petit désastre, les toros de Lozano finissant "cantando la gallina"-

En haut de la page, une photo des corrales en 1987, publiée par Javier, pour illustrer ce que fut MADRID, et ce qu'il en reste, au soir de cette ouverture désastreuse de feria.
La légende, chronique de Joaquin VIDAL, sous la photo, était sans équivoque: "¡ VIVA LA FIESTA !



Allí estaba el toro de Madrid, que es, sencillamente, el toro de trapío, que hasta puede ser terciado, como los de ayer. Toro rematado, con las proporciones y la seriedad propias de sus años y del tipo característico de la ganadería, con la casta que es el atributo fundamental de su especie . Luego será bravo o manso, boyante o complicado, como ayer, que hubo de todo. Pero si tiene trapío y casta, ahí hay toro, y la afición lo aplaude, y cuanto ocurra durante la lidia adquiere un mérito singular.
Mais où sont les toros de MADRID d'antan?

On apprend aussi la disparition de SALVADOR GARCIA CEBADA, propriétaire éleveur des célèbres CEBADA GAGO
Enfin, autre mauvaise nouvelle, le ganadero ANGEL NIEVES vend son élevage, d'encaste Santa Coloma.





jeudi 10 mai 2012

TANGERINO, n°73, UN DES FERNANDO PALHA D'ORTHEZ

Comme il a été procédé avec les toros de Veiga Teixeira, la commission taurine d'Orthez a décidé de vous faire découvrir les novillos de Fernando Pereira Palha retenus pour la novillada matinale de la journée taurine 2012 à raison d'un par semaine. Comme chaque année, la novillada aura lieu à 11 heures. C'est avec une immense fierté qu'ORTHEZ reçoit la ganaderia de Fernando Pereira Palha. Cette année, sa camada de novillos était courte et assez desigual mais comme d'habitude très jolie et les Orthéziens ont tenu à le présenter  pour fêter avec lui ses 80 ans et les 50 ans d'existence de son élevage. Les cinq novillos sélectionnés en accord avec le ganadero et en suivant ses conseils, représentent bien les différentes lignes morphologiques d'un élevage dont le Veragua est le ciment. Comme le dit lui-même Fernando Palha, "c'est la diversité qui fait le sel de la vie".
Premier novillo présenté: Tangerino, n° 73. La commission taurine vous invite à visiter le site de l'excellent photographe madrilène David Cordero qui vient de publier une galerie consacrée à l'élevage de Fernando Pereira Palha: David Cordero.
Cordialement La commission taurine d'Orthez

dimanche 6 mai 2012

SARKOZY OUT ! VIVE LA RÉPUBLIQUE !


OUF!
SARKOZY SE CASSE  ENFIN! MAIS QU'EN SERA-T-IL DES PROMESSES SOCIALISTES?

"IL" avait gueulé, sans aucun respect pour sa fonction : » CASS. TOI POV CON !! »

ET c’est LUI qui se casse.

Du vent ! Du balai ! De l’air ! OUF : on étouffait sous le règne du clan sarkoziste des milliardaires, Voilà qu’on se prend enfin à respirer, à espérer. Le clan Sarko de la politique et des affaires aura fait des ravages, dont il faudra encore attendre pas mal de temps pour mesurer l’étendue. Mais l’agité à talonnettes récolte enfin, - et quoi de plus juste?- le fruit d’une politique au service exclusif des milliardaires - avec les subprimes, les parachutes dorés, les stock-options,- et les actionnaires chéris du système, alors que les promesses sur la baisse du chômage, la fin des sans abris, le travailler plus pour gagner plus, et tant d’autres foutaises politiciennes savamment entretenues, n’auront en définitive apporté que des désillusions. Ravages économiques, mais aussi ravages humains. Jusqu’au sein même des familles , où le dangereux démagogue aura réussi à dresser les uns contre les autres les différentes catégories de salariés et de travailleurs, alors que la solidarité et le respect mutuels doivent seuls régir les rapports de nos sociétés modernes.

C’est la fin d’un cauchemar pour des millions de citoyens écoeurés par les dérives auxquelles nous avaient habitués Sarkozy et ses medias aux ordres. Même si d’autres épreuves se préparent, et non des moindres. «  Le changement c’est maintenant », promettaient les affiches de son challenger. Mais nous ne rêvons pas. Si changement il y a, il ne s’obtiendra que par les luttes, les Français n’en sont pas encore là. Mais savourons au moins l’instant présent : le fiasco du quinquennat qui s’achève dans la liesse d’un peuple qui ne va pas bouder sa joie d’avoir fait œuvre salutaire, peuple qui vit de son travail, ne pouvait aboutir que sur ce résultat : çà suffit !. La caricature de président, un automate psychopathe en gesticulation permanente qui nous a été imposée depuis près de deux décennies, d’abord ministre puis président des riches ;, ne se plaisait que devant les micros et caméras dociles, au point qu’il lui fallait une nuée de reporters – la plupart, des lèche-cul, notamment ceux triés sur le volet pour les plateaux télé - pour accompagner chacun de ses pas, commenter chacune de ses paroles, comme dans les innombrables déplacements qui faisaient penser au faste déployé pour plusieurs monarques réunis. Il n’est pas sur que le roi des Belges, celui d’Espagne, et la reine d’Angleterre , ont mobilisé à eux trois autant de monde et de fric.

Paraître, occuper l’image, et la mémoire individuelle et collective, Sarkozy, Sarkozy, ce nom de prince maggiar, partout, et toujours, ce nom répété chez nous, dans nos foyers, par médias interposés, des millions et des millions de fois, radios, télés, journaux, cela ne pouvait déboucher que sur l’overdose, pour tout être normalement constitué et ne peut que provoquer trop plein, saturation, de mensonges et de tromperie, de plagiats, puis révolte, résistance, jusqu’au dégoût. Le dégoût. Voilà ce qu’a provoqué Sarkozy. Le dégoût ! Profond ! Viscéral ! Contre lui et ses amis de la caste des grosses fortunes qui font le malheur des gens modestes. Alors que Chirac avait réussi ce tour de force de faire voter pour lui 80% des Français au terme de son septennat, le rejet provoqué par le seul nom de Sarko ne lui aurait jamais permis une telle chimère. Quelle différence, entre Sarko et le Pen ? Le premier a pris au second des électeurs frontistes, qui sont revenus aujjourd’hui pour la plupart au bercail sarkozien.

Enfin, l’intrus a été démasqué, et viré ,et aujourd’hui s’ouvre une nouvelle page de l’histoire, que nous espérons, que nous voulons, plus belle. Mais combien de nos concitoyens mesurent par quel personnage ils ont été manipulés ? Un type qui a menti dès le début de sa campagne, d’abord sur de prétendus diplômes, dont chacun se fiche, d’ailleurs, mais qu’il n’a jamais obtenus, sur ses promesse, qui n’engageaient que celles et ceux qui les ont crues, toujours envolées, sur sle bilan de son mandat, qu’il a soigneusement évacué, préférant là encore mentir sur les intentions de ses concurrents, sur les plages horaires des piscines, sur la viande halal, comme si ces arguties pouvaient constituer un programme sérieux. Ont circulé sur la toile des mensonges mille fois répétés, pour qu’ils deviennent vérité , tels celui de la piscine de Lille....Même démentis, par les uns et les autres, Sarko, NKM, et les autres, les répétaient encore. Belle campagne, au ras des pâquerettes....
L’apothéose, pour moi, c’est lorsque ce type, qui n’a JAMAIS travaillé, politicien appointé depuis sa prime jeunesse comme secrétaire des jeunes RPR, qui n’a depuis vécu que de la politique, - maire, cons. Gal, ministre, s’est permis de pérorer sur le « VRAI TRAVAIL », a voulu donner des leçons à des dizaines de millions de Français qui, EUX, ont toujours vécu et ne vivent que de leur seul travail, souvent salarié, quand ils ont la chance d’en avoir. Car il n’est pas de vraie liberté sans travail. Membre de la famille des grands patrons les plus fortunés, c’est ainsi qu’ils sont nombreux et sans complexe à se considérer entre eux, une « famille » , des parvenus et des enrichis, qui ne vivent, eux, que de la « valeur travail » pompée sur les salariés qui les enrichissent, ce petit monsieur a fait preuve d’un culot sans égal, en prétendant en plus de cela, vouloir «  moraliser » la finance !! Incroyable. Il faut s’appeler Sarkozy et nous prendre vraiment pour des cons ! Mais c’est vrai que beaucoup de salariés ne se sont pas sentis concernés par cette nouvelle forfaiture. Ont continué de lui apporter leurs suffrages, dans la crainte de l’inconnu . Pourquoi? Qu'est-ce qui fait que certains acceptent tout comme inéluctable, fatalement, alors que d'autres se rebellent face à toutes les impostures?
Pourtant, c’est bien le clan Sarko qui a démantelé le secteur public, avec les gouvernements RPR ou UMP successifs, démantèlement continué d’ailleurs par les socialistes, DSK, Arthuis.... A la tête des nouvelles sociétés privatisées par Chirac, ils ont installé leurs amis qui ont ainsi bâti des fortunes sur le socle le plus rentable des services publics. Les salariés sont toujours priés de travailler plus, les heures sup. plus attrayantes que de bons salaires pour 35 heures attirent des salariés plus individualistes ou opportunistes, et la solidarité entre salariés a fait ainsi place à la concurrence.

 C'est enfin le clan Sarko qui n’a pas eu peur, ni hier, ni aujourd’hui, de se couvrir de ridicule. C’est F. Lagarde aux finances, qui affirmait déjà en 2008 que « LA CRISE EST DERRIÈRE NOUS »(!!!), celle qui a remplacé DSK à N.Y.(!!) et c’est Proglio qui proposait, juste avant la catastrophe de FUKUSHIMA, , d’abandonner la stratégie d’un nucléaire « PLUS SÛR, MAIS PLUS CHER, AU PROFIT D’UNE VERSION LOW-COST  -A BAS COÛT-»(!!!)

Ni lui, ni les siens, n’ont été, ni ne sont, ni ne seront capables de tirer les leçons des échecs passés. Leurs amis banquiers sont restés et restent sourds aux tsunamis sociaux qu’ils finiront par provoquer. Aucun n’a reconnu ses torts, aucun ne s’est suicidé, comme les salariés des télécomms, abandonnés et trahis par leurs dirigeants. Le système « libéral » leur semble infaillible, alors que les effets de la crise commencent à peine à se faire sentir. Pour lui, comme pour eux, c’est la faute aux « autres » :d’abord, à la crise, ( pourtant, en 2007, ils auraient dû la voir venir), c'est la faute à la mondialisation, la faute aux syndicats, bien sûr, à l’opposition, sclérosée, comme toujours, - les opposants au capitalisme criminel sont TOUJOURS sclérosés-,  alors que EUX, sont réalistes, modernes, bref, la crise qui frappe toujours  les plus pauvres, c’est surtout pas la faute des responsables politiques à l’oeuvre depuis 30 ans.
Cherchez l’erreur.*

Il s’en va.    Il se casse! Avec sa gouaille inimitable, Dominique Grange a chanté : « Dégage ! Dégage ! Dégage ! » Il s’en va, enfin. Il dégage. Pas d’autre mot pour un type qui a tant méprisé le peuple du vrai travail. Même si attendre et voir ne suffira pas, car il faudra lutter et retrousser ses manches, s’unir et rester solidaires, pour imposer le changement promis....et nécessaire. Un type à oublier. Comme tous les despotes, locaux, régionaux, nationaux, ou d'ailleurs. Et il n'en manque pas!!

Mais ce soir, j’ai du baume au cœur. Sans illusion, certes ! Mais une étape est bouclée A voir ce que nous ferons demain, pour que cette victoire sur le fric et le monde friqué ne nous soit pas volée. Demain déjà, ne sera plus pareil. Et çà, c'est déjà beaucoup.
Je pense  à mes amis qui ne partagent pas mon optimisme, à ceux qui n’ont pas fait mon choix. L’un de nous s’est – il trompé ? Qui sait ? Ils doivent être tristes, sûrement, même, mais je suis et serai, et nous serons très nombreux, sans doute, au « parti du vrai travail », toujours,  nous serons  AVEC EUX. 
Car nous sommes différents, mais égaux et humains.
Vive la République !

samedi 5 mai 2012

AIRE SUR L'ADOUR: DÉCEPTION AFICIONADA


AIRE SUR L’ADOUR : DÉCEVANTE NOVILLADA DU 1° MAI.

C’est vrai que la cuadra de chevaux du « PIMPI » n’est pas constituée de petits formats, et les toros qu’ils affrontent paraissent en général de taille modeste face à ces forteresses. Aujourd’hui, le contraste était saisissant : les novillos des héritiers de Christophe YONNET ressemblaient à des salamandres côtoyant des tortues géantes. Tant pis si la comparaison ne vous paraît pas des plus heureuses.... Hormis le cinquième, de gabarit respectable, longtemps annoncé comme « LE » novillo, par Juanique, spécialement venu de COLLIOURE, le lot dans son ensemble a beaucoup déçu la petite chambrée d’aficionados – un tiers d’arène - , par manque de trapio, d’abord, mais aussi manque de caste et de poder. Une grande noblesse, que les piétons furent incapables d’exploiter. Il est vrai que ces faibles novillos avaient des cornes, pitones astifinos, pas du goût des garçons, et notamment de GUILLON, au sujet duquel court cette savoureuse anecdote, qui en dit long sur l’état de la novilleria actuelle, sur son absence totale d' envie de « triompher », à défaut de la nécessité impérieuse mais totalement inconsistante chez la plupart d’entre eux, de savoir toréer et lidier....
Invité à tienter il y a peu chez un YONNET, le garçon, inquiet à la vue des vaches proposées, interroge autour de lui :
  • « Vous ne les avez pas afeitées ?
  • Non ! Pourquoi ?
  • Ah bon..... Comme çà ...»
Par contre, il y a deux ou trois choses que l’on apprend en priorité aux garçons qui choisissent ce métier, c’est cultiver les attitudes et brinder. Brinder....Cela, ils savent faire. Hélas, souvent, çà s’arrête là, et comment s’étonner de retrouver ensuite, tapis depuis les burladeros, d’anciens novilleros ou même matadors qui n’avaient appris qu’à brinder, donner des passes sur le passage, reculer avant de s’échapper, qui ne savent aujourd’hui, après leur propre échec, qu’encourager - de leurs mauvais conseils et de « bièèèènnn », bièèènnn » destinés à donner le change, à faire prendre aux gogos des vessies pour des lanternes, à faire oublier leurs propres carences professionnelles- leurs petits protégés aux abois, incapables de trouver le sitio, les distances, se croiser, lidier, dominer, avant la conclusion, l’estocade à un toro vaincu, non pas par cent passes à un animal formaté, s’il les supporte, mais par une lidia appropriée à chaque animal.

GUILLON reçoit son premier YONNET, un torito de format réduit, qui se plaint et gueulera jusqu’à sa mort, tel un veau de 95 kilos arraché à sa mère pour arpenter le ruedo du bolsin de BOUGUE. Le piquero rentre dans les cercles pour trucider à bout portant la bestiole à l’arrêt. Après quelques coups de torchon approximatifs, le novillo s’avise : quoi de plus normal, avec un tel traitement? Absence totale de lidia. Beaucoup d’attitudes empruntées, sans effet sur l’animal, un peu d’effet sur un public gogo qui regarde de travers les protestataires, heureusement que de ceux-là il y en a un peu partout, et de plus en plus. Entière en arrière et sur le côté. Et dire que ce garçon devrait prendre l’alternative en juillet ! Bagage technique nettement insuffisant. Le néant ! Il n’est pourtant pas trop tard pour remettre à plus tard cette catastrophe annoncée : pas l’alternative, par elle-même, qui de toute façon sera arrangée pour les poches de quelques uns, mais la suite....
Son second opposant tient davantage de la NSP. Ce qui n’empêche pas le piquero de l’assassiner sans retenue. Deuxième « rencontre » protestée. Mais GUILLON n’est pas intervenu, ou si tard... Pas plus que les alguaciles, aux abonnés absents. Muleta sans cesse accrochée, passes profilées et sur le recul. Débâcle. Une voix tonne depuis les gradins : « Applique toi ! ». Un message que le garçon ne peut entendre ni comprendre, appliqué qu’il est à expédier les affaires courantes, comme à chaque tarde, avec ses moyens trop limités. Qui lui apprendra à trouver le sitio, les distances, avancer la jambe pour se croiser et dominer. Lidier ! Un mot que plus personne ne semble connaître dans les ruedos de la fiesta cirque.
Pinchazo avant une entière. L’alternative dans deux mois ? Que pena !!
Également juste digne de la NSP, l’avacado à petite tête que reçoit DIAS COMES. Pour ce torito aussi, deux rencontres au cheval sans aucune précision, mais sans ménagement, qui gardera quand même boca cerrada jusqu’à la fin. Un effort du Portugais pour se croiser en début de faena, le novillo est noble et il charge sans se faire prier, peut-être le meilleur du lot. Mais la muleta est plusieurs fois accrochée, le novillo s’avise naturellement, refuse la faena sur la corne gauche. Puis séries profilées, comme on les pratique dans toute la toreria actuelle. Avant sept pinchazos où l’épée est abandonnée à chaque tentative. Une entière enfin. Piètre tueur.
Le quinto enfin ! Veleto et plus haut que ses frères, effectivement. Il s’arrête face au cheval, qui s’avance vers lui. Et le piquero dégaine sa lance sans vergogne. Deuxième ration : ratée, sur l’embestida, mais reprise alors que le novillo reste collé au cheval. Du vrai travail de crapule. Sans risque de représailles ni punition. GOMES tente de se croiser pour un premier cite, mais le YONNET glisse, se couche. Il s’affalera ainsi plusieurs fois. Quelques redondos laborieux, arrachés à l’animal qui manque de charge. D’entrega. La gueule ouverte, il finit rapidement par se figer. Un blog de marbre d’où le Portugais tentera d’arracher quelques muletazos, comme si c’était la condition, le prix à payer, pour arracher un trophée qui ne viendra pas, alors qu’il fallait abréger . Faena – si l’on peut l’appeler ainsi - qui s’étire, interminable, sans transmission ni émotion. Pinchazos et bajonazo. Et le garçon qui ose se montrer pour saluer, après sa prestation inconsistante !! C’est vraiment l’ère des trampas !
Le troisième YONNET ressemble à un chorizo, murmure un voisin. Jolie tête, mais petit. Tout petit ! Disons le sans chauvinisme, notre FRITERO national, s’est montré le meilleur piquero des six. Le meilleur du jour, le plus taurin, le plus professionnel. Qui a administré à son torito la plus belle « piquette », dans les règles de l’art, levant vite la pique comme l’exigeait le trapio du novillo. Qui, mal inspiré, quitte FLOUTIER pour bondir vers le réserve, RIBOULET, qui, lui, le massacre sans autre forme de procès. Triste sire ! Comportement indigne, qui plus est, d’un éleveur. Retour ensuite du novillo vers FRITERO, qui l’épargne, le ménage, avec la classe d’un torero. Un geste qui honore le piquero, applaudi, pendant que RIBOULET est sifflé.
Ensuite ? Le numéro habituel des pega pases, sans toréer. On fait passer, sans guider ni peser, sans imposer, toreo saccadé, à un petit animal faible, qui tombe et se plaint comme un veau, , on tente de le maintenir debout, muleta haute, conclusion par une entière …...dans le dos. Six descabellos !
Le dernier, colorado chorreado, n’aura pas droit aux bâtonnets de la petite vedette, tout juste apprentie mais déjà catactérielle. Ces banderilles souvent plantées à cornes passées mais que les gogos attendent comme un des grands moments de la tarde. Il a refusé de les prendre, probablement vexé de ne pas avoir obtenu de récompense, de saluer, après son premier novillo, il a donc sans doute voulu punir ce public d’ingrats. Le YONNET est fin, bien armé, il charge de loin. Hélas ! Deux piques de voyou, et il finit par se faire enfermer vers les planches par l’assassin de service à cheval, le piquero qui ne rend de ses mauvais comptes à personne d'autre qu’à son petit employeur. Qui lui n’intervient pour le cambio que lorsque le mal est consommé. Après cela, des pauses, beaucoup de simulacre, Mais point de toreo vrai ! Début de faena une main sur les planches, avant de conduire l’animalito au centre du rond. Mais le pico fait office exclusif de lidia. On en use, jusqu’à l’abus. Complété par le toreo profilé. Sur le passage : on fait illusion. Muleta sur le museau du novillo qui garde boca cerrada et qui restera le maitre, malgré les desplantes avantageux mais tricheurs. Protestés par des aficionados. Et c’est tant mieux.
Acier dans le ventre, puis 1/3 atravesada. Conclusion au cinquième descabello
Aucun animal n’aura été proprement toréé, dominé. Pourtant, il y avait quand même matière à s’exprimer, devant des novillos embarqués au petit matin et débarqués au terme du voyage, ce qui peut expliquer la faiblesse : fatigue, soif,....

Triste tarde en résumé. Heureusement, il y avait les copains retrouvés après la longue hibernation, il y avait le soleil enfin revenu.
Mais qu’ils étaient loin,  les novillos de COLLIOURE, puissants, encastés, leurs frères aux gabarits impressionnants ! On était venus pour eux, nous avons eu droit à une pitoyable novillada décastée, avec, il est vrai, des novilleros sans bagage ni envie. Ce qui n’a pas relevé l’anchoïade

jeudi 3 mai 2012

SANS ILLUSION AUCUNE, PRÊTER SA VOIX, MAIS NE PAS LA DONNER



Un débat télévisuel et la comédie humaine par danielle Bleitrach

Un débat télévisuel et la comédie humaine par danielle Bleitrach QUE DIRE DE CE DÉBAT ?

SANS ILLUSION AUCUNE,  POUR BATTRE SARKOZY,  PRÊTER SA VOIX A HOLLANDE MAIS NE PAS LA DONNER !


Il est probable, c’est l’exercice obligé que chacun y lira la victoire de son candidat. Sarkozy sera vu plus sincère et il est vrai que son monstrueux et maladif appétit du pouvoir ne pouvant se masquer, l’homme était plus lisible, peut-être est un atout? Sarkozy est le héros de Balzac, Rastignac, celui dont le modèle fut monsieur Thiers capable de tout pour compenser sa petite taille et ses illusions tôt perdues, de tout jusqu’au 100.000 morts  communards. On ne s’ennuie pas avec de tels personnages et la violence de ce qui les meut peut séduire quand la politique est devenue du spectacle vivant. Quand les procédures d’élection du poste pharaonique qu’est la présidence française inclut un voyeurisme comparable à celui qui poussait l’anglais à suivre tous les soirs le cirque en espérant que le dompteur serait mangé par le lion.
Ce spectacle s’accorde avec la Constitution monarchique qui fait de l’élection présidentielle au suffrage universel un simple plébiscite autour d’un homme. Et le processus atteint son paroxysme quand les vices de l’homme rejoignent ceux des institutions et du jeu médiatique.
La sincérité de Sarkozy: le cynisme du prédateur tient lieu de franchise
Il est clair que les qualités que l’on peut exiger d’un président de la République ne sont pas celles qui sont requises pour une telle prestation. Le côté tueur, gladiateur dans l’arène, exhibitionniste de son taux de testotérone qui fait l’intérêt du spectacle, démontre plus que jamais à quel point l’élection du président de la République au suffrage universel fut une dérive dont il est difficile désormais de s’abstraire et ce alors même que le pays est menacé. Cela suppose des tactiques où il convient à la fois d’effrayer mais  à la marge, d’inventer des périls face auxquels le gladiateur Rambo se présente comme un rempart et dans le même temps pratiquer la pire des démagogies pour que surtout rien ne change. Parce que une classe qui joue sa survie et sa permanence a trouvé celui dont la personnalité s’accommode le mieux de sa soif d’accumulation. Et là nous rejoignons la Comédie Humaine.
La sincérité de Sarkozy c’est comme celle que décrit Balzac, l’argent en est le ressort et monsieur Thiers, pauvre, termine une des plus grandes fortunes de Paris. Là encore il colle à l’époque cette avidité peut passer pour de l’energie comme chez Tapie et même de la franchise.  Dans ce contexte Sarkozy paraissait fait exprès pour le rôle, sincérité? Perversion narcissique dans laquelle le sujet agit comme un prédateur qui substitue le besoin d’être obéi au désir d’être aimé, et qui pour l’obtenir pourra aller jusqu’à détruire l’identité de sa victime par la manipulation et le harcèlement. L’énergie qui anime Sarkozy est là, dans cette confusion entre la demande d’amour et celle de domination, de manipulation, est-ce que la France n’en a pas assez d’être sadisée? Ce qui est sûr c’est que le “débat”, cette grande messe médiatique semble tout exprès conçu pour que cette perversion exerce ces effets et la “sincérité” de Nicolas Sarkozy, sa “compétence” d’homme de pouvoir vantées par son camp et par sa porte parole(de plus en plus dévorée de l’intérieur) relèvent de ce mal qui transforme la France en femme battue. Le mécanisme est simple, certes je n’ai pas rempli mes engagements mais je suis le seul à pouvoir t’assurer protection, l’autre n’ayant aucune expérience de la maîtrise et de la manipulation… Ce qui suppose la réélection à l’infini… Et l’acceptation des coups contre protection.
Scènes de la vie de province; quand le capitalisme revendique les vertus de l’épargne
En revanche Hollande que l’on avait présenté comme “mou”, donnait le sentiment d’une fermeté intravertie que rien ne pouvait entamer. Si Sarkozy c’était Rastignac-Thiers “à nous deux Paris”, Hollande joue volontairement dans l’autre registre celui des scènes de la vie de province, celle où l’on compte chaque sou, parce que ce qui unit les deux hommes est là comme chez Balzac, un certain respect de celui qui possède, de l’épargne qui préside à l’accumulation. La caractéristique qui s’impose  est cet homme est “pondéré”, ce qui lui confère du poids et de la modération. En l’écoutant, en le voyant réciter de tête le livre des compte de la France, on comprenait mieux sa référence à Pierre Bérégovoy, avec ce goût besogneux pour les dossiers et les chiffres exacts. Et l’obstination sur le franc fort aussi! Par moment d’ailleurs je quittais le ring tant l’expertise dévissait au-dessus de ma tête mais en général j’ai tenté de suivre avec application et il m’est apparu que François Hollande avait raison en ce qui concerne l’exact des références. Sarkozy avait pris l’habitude du pouvoir celui du consensus au milieu de gens qui ne contrediront pas son hypothèse fondamentale, ce sont les riches qui assurent la prospérité d’un pays ou le fameux théoreme de Schmidt: ce sont les profits qui assurent les emplois de demain. habitude du pouvoir que ces dossiers que l’on maîtrise mal et dont on est assuré qu’il se trouvera toujours un petit fort en thème pour conforter votre opinion et vous sortir le chiffre qui vous donne raison. Hollande était d’une autre trempe, celle d’une province suffisamment proche de Paris (comme la Bourgogne des paysans chez Balzac) assez pour que l’ENA paraisse le débouché naturel des enfants du père Grandet. Un appétit du pouvoir mais qui sait se réfreiner et ne prétend pas nous séduire pour mieux nous sadiser, le Français honnête homme et aux racines paysannes revendiquées, la force tranquille sur fond de village.
Il est bien pauvre celui qui ne peut mentir
Ce qui fait que Sarkozy n’ayant que le mot “menteur” à la bouche a pu être plusieurs fois pris en flagrant délit de mensonge tant en ce qui concerne ses liens personnels avec les bailleurs de fond, qu’en ce qui concerne sa politique de dons aux mêmes (le bouclier fiscal) et qui dans un temps relativement bref a accru l’endettement contre lequel il prétend lutter. Ainsi quand il est dit :”La dette a augmenté de 500 milliards d’euros. (…) La cour des comptes dit que sur ces 500 milliards, 450 sont imputables au déficit structurel. Et 200 milliards, c’est la crise.”il y a erreur du chef de l’Etat comme le note le Nouvel Observateur. La dette (au sens de Maastricht) était de 1.717 milliards fin 2011, selon l’Insee, et de 1.209 milliards fin 2007, soit une augmentation de 508 milliards d’euros. Que dit le dernier rapport des magistrats de la Cour des comptes sur la question ? Le déficit, qui chaque année creuse la dette, a atteint 7,1% du Produit intérieur brut (PIB) en 2010. Sur ces 7,1%, 2,7 points sont dus à la crise, 3,7 points sont des déficits structurels, résultats des politiques de gauche et de droite depuis des décennies… et 0,7 point des déficits structurels provoqués par la politique de Nicolas Sarkozy. On peut donc attribuer un peu moins de 10% du déficit à sa politique.Mentir en escomptant que cette bataille de chiffres comme bien d’autres affirmations passera au-dessus de la tête du téléspectateur fait partie du système même à ce niveau vague qui ne met pas réellement en cause le rapport de classe et la manière dont il pèse sur la dette. hollande au moins a le souci comptable d’exposer les chiffres et les rapports d’experts.
Mais il a aussi une capacité réthorique qui ne le cède à l’autre en violence et pas toujours sur le fond. il est clair que le système ne s’accommode que de “tueurs”. Ainsi en fut-il quand il porta l’estocade : Abordant la question de la présidentialité, François Hollande s’est lancé dans une scansion remarquable enchaînant pas moins de 15 phrases commençant par “Moi, président…”, attaquant à chaque fois des points de la présidence Sarkozy. “Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l’Élysée. Moi, président de la République, je ne traiterai pas mon premier ministre de ‘collaborateur’…”. Une tirade d’autant plus percutante que M. Sarkozy a laissé son rival la dérouler sans l’interrompre une seule fois comme accablé et conquis par la force.
Sans parler des deux “animateurs” dont on se demande encore par quel miracle ils ont prétendu jouer un rôle sur ce décor de star war… Sans jamais prétendre bousculer les règles d’un jeu codifié… Ne sont-ils pas l’illustration de l’inanité de cette élection ?
Pourtant il faut aller voter et battre Sarkozy
Nul doute qu’il se soit trouvé hier et j’en fais partie beaucoup de Français qui n’ayant aucun goût pour être les victimes d’un pervers narcissique choisissent cette autre sincérité tout aussi travaillée que la première, celle qui revendique les vertus paysannes et la compétence de celui qui s’acharne sur le détail, négocie âprement mais avec calme comme sur un marché de bestiaux. C’est ce qu’il a promis de plus essentiel : user du pouvoir avec modération en laissant les équilibres de la société civile et des institutions jouer de leur créativité. Et ce dès le début, quand il a repris Sarkozy sur la tranquillité de son quinquennat en l’attribuant à la longue patience de ceux qui ont joué le jeu démocratique comme réponse au mépris, à l’arrogance, à la volonté de diviser pour mieux régner.
Parce que je ne parlerai pas de l’opposition des programmes, sur ce point je ne suis pas convaincue qu’il y ait opposition véritable. La seule, la vraie est le choix de la croissance pour faire face à l’endettement, je partage, mais on sait que ce choix nécessaire sera déterminé par le consensus européen avec ses limites, le rôle de la BCE. Il est difficile voir impossible de faire bouger les lignes, celle de la politique allemande, celles des réponses à la crise de la dite Europe, elles ne dépendent pas du choix de tel ou tel ou pas seulement, tout cela est inscrit dans des institutions, qui comme l’élection du président de la République française au suffrage universel, entraînent des réponses néo-libérales qui veulent que l’on saigne le malade quand la récession le frappe comme jadis les médecins de Molière exigeaient la saignée face à l’anémie. De ce point de vue dans le “duel” de ces deux personnalités je n’ai rien entendu qui témoignât d’une véritable volonté de rupture avec le traitement. Sur l’éducation? Là encore le diagnostic de Hollande était plus exact sur le délabrement. Mais il faut être aussi comédien et menteur que le sont cette palinodie électorale et Sarkozy lui-même pour voir en Hollande une rupture quelconque avec le système, le grand retour des “partageux”. Tout  au plus un peu moins d’ostentation dans le syphonnage des pauvres et des couches moyennes par les grandes fortunes…
Le problème reste celui du contexte. Dans l’univers de la rumeur qui est celui de cette médiocre campagne, on a entendu ces derniers jours que les dirigeants conservateurs européens y compris madame Merkel discutaient en sous main avec le supposé vainqueur de la joute (le nom du négociateur avec l’Allemagne a été même avancé, nié  et redit comme futur premier ministre, Eyraud) et espéraient que le changement de président permettrait une réorientation vers la croissance.
Sans illusion aucune prêter sa voix mais ne point la donner…
J’ai placé cette réflexion sur un débat sous le patronage d’un des plus grands écrivains français Balzac et sa comédie humaine. Marx l’admirait parce qu’il avait su mettre le ressort de toute la société française : l’argent, le capital, l’épargne. Marx qui voyait en la France le pays de la lutte des classes était exaspéré par la manière dont les Français paraissaient ignorer les déterminations au sein desquels ils devaient agir, intervenir, il y avait le capital mais aussi se plaignait-il la manière dont la France ne voyait pas le poids des institutions, ce que leur imposait une Constitution, un régime électoral. IL ajoutait cette nation si politique qu’en France,  Kant devient Robespierre est aussi celle d’émeutiers qui se laissent gruger et à propos de la révolte de 1848, il eut ce mot :”Tandis qu’aux jardins du Luxembourg on cherchait la pierre philosophale, à l’Hôtel de ville on battait déjà la monnaie”. Pourquoi ai-je eu l’impression en écoutant ces deux hommes s’affronter à coup de chiffre que quelque part déjà “les possédants” était en train de battre monnaie pour mieux extraire demain le sang des pierres et le profit de la misère?
Cette société où toujours plus on nous invitera à perdre notre âme et nos ressources dans les paillettes de la consommation et de l’inutile tandis que  l’on nous privera de l’essentiel. Où on nous excitera sur le dernier portable et une de ses fonctions censées assurer la communication, tandis que nous ne pourrons plus assumer les frais dentaires et les vieillards mourront dans la solitude, les urgences seront débordées et tout le monde baissera les bras… La solidarité intergénérationnelle sera rompue et la haine jetera les identités inventées les unes contre les autres. Il est clair que Sarkozy a fait son choix, il correspond à sa propre névrose autant qu’à la classe qui le finance et nous mène à l’hystérisation, à la violence. Le propos de Hollande est plus rassurant mais les garanties qu’il en sera autrement sont faibles. Tout dépend du rapport des forces. le véritable danger est qu’à la sortie alors de son quinquennat, le désespoir conduise ceux qui seraient demeurés spectateurs à suivre le pire. Là encore l’opposition entre Sarkozy et Hollande est celle du conflit à la Faust, entre le capital qui est épargne pour mieux accumuler et le capital devenu dépense folle, bling bling, luxe insolent jeté sur l’air des bijoux pour séduire. mais ce conflit à la Faust dont parle Marx est largement dépassé au stade où se joue la survie. Quel que soit le choix nous serons confrontés à la nécessité d’une transformation profonde que le débat se devait de ne jamais poser.
Comme d’ailleurs la partie internationale pour ceux qui étaient encore réveillés frisa l’indigence et témoigna de fait de ce consensus français pour les aventures à la Libyenne où se mêlent les fumets du pillage colonial, la référence à l’humanitaire et à l’universel pour masquer les racines et entraîner l’adhésion de celui qui refuse de voir plus loin que de ses intérêts immédiats, de son petit pécule et qui à ce titre sera toujours prêt à taper sur plus pauvre que lui. Autant quand les journalistes avaient jeté le morceau de viande de l’immigration, les passions animales parurent se réveiller autant le contexte international sans lequel cette question de l’immigration perd son sens fut l’occasion d’une retombée des énergies. L’électoralisme avait encore frappé, puisqu’il est admis que l’un passionne “l’opinion” et l’autre n’a pas d’incidence sur le choix. le pire analphabétisme est sans doute politique tant il ignore les causes qui pèsent réellement sur le prix de la vie quotidienne. Le sarkozysme est l’entretien aussi de cet analphabétisme.
Le débat étant ce qu’il était, un spectacle il n’a fait que confirmer mon choix, je ne voulais plus de ce jeu pervers qui depuis 5 ans s’exerçait sur la France et j’étais prête non à me laisser séduire par l’autre, c’était la séduction elle-même que je récusais car elle se base sur la capacité à tuer l’autre pour que rien ne change mais d’espérer qu’il me sortirait de ce tourbillon sarkozien. Ce gouffre politicien est celui dans lequel s’anéantit la volonté citoyenne au moment même où tout dépend de plus en plus de l’intervention populaire.
Dimanche je tenterai de battre Sarlozy, la rencontre entre l’âpreté d’un homme et celle d’une classe sociale impitoyable.  Pour cela je prêterai ma voix à Hollande mais je ne la lui donnerai pas. Si les mots ont un sens je crois que Hollande, le pondéré, est plus capable de comprendre la nuance que l’autre qui chausse le pouvoir comme une obsession, n’en démord pas et n’a plus soif que de cette eau croupie qui seule le désaltère. Encore une citation de Balzac pour décrire la passion qui anime certains de ses héros… mais c’est une frêle espérance dans la tempête…
Danielle BLEITRACH

Publié sur "Histoire et société", le blog de Danielle