mardi 10 mars 2020
Pourquoi personne n’écoute l’expert mondial des virus qui dit qu’un traitement simple contre le Covid-19 existe ?

Réseau International
Les
réactions à la vidéo mise en ligne le mardi 25 février par l’IHU de
Marseille et intitulée à l’origine « Coronavirus : Fin de partie »,
annonçant qu’un traitement avait été trouvé et démontré comme efficace
contre le Covid-19, n’ont été que faiblement relayées par les médias,
voire ont suscité de la suspicion de la part d’autres médecins
interrogés. Pourtant Didier Raoult, chercheur biologiste et professeur
de microbiologie est considéré comme le premier expert mondial quant aux
maladies infectieuses. Il a monté en 1983 son propre laboratoire,
« l’Unité des Rickettsies », spécialisé dans la culture des bactéries
intracellulaires, laboratoire qui comprend maintenant plus de 400
personnes. Le monde à l’envers ?
- Mensonges et manipulation
4 mars 2020
Après
l’enthousiasme affiché par ce professeur, qui exerce depuis plus de 30
ans, on aurait pu s’attendre à une déferlante de titres annonçant la
nouvelle, ou, à tout le moins, que ce traitement soit évoqué lors des
points infos des journaux. Mais non, c’est quasiment silence radio.
Alors pourquoi ?
En fait il semble qu’il y ait plusieurs points qui aillent à l’encontre des intérêts des « maîtres du monde ».
Une crise d’égo ?
Tout
d’abord l’étude n’a pas été effectuée par les États-Unis ou l’Europe,
mais par les Chinois. Ces derniers ayant publié leurs résultats en
Chine, et pas dans une prestigieuse revue à comité de lecture
occidentale, l’étude est perçue avec dédain. Pourtant Raoult, qui
explique avoir par le passé travaillé avec la Chine, explique
qu’aujourd’hui que les meilleurs experts sont là-bas et qu’ils ont
simplement dépassé le reste du monde. En ce sens, il faut bien admettre
qu’il navigue à contre-courant et qu’il semble faire fi des
considérations politiques sans crainte de mettre son statut en jeu par
ses déclarations. Gageons qu’il s’appuie sur son expérience pour faire
confiance à l’étude chinoise. Quand on connaît un sujet, on repère
facilement les indices pour estimer qu’un principe peut être pris en
considération ou pas.
Ensuite, comme il l’explique, il n’est
lui-même pas parisien, seulement marseillais. Il lui est donc interdit
de donner de leçon aux élites. C’est comme ça, on est en France, c’est
le jacobinisme. Et il existe des gardiens pour faire respecter l’ordre.
« Que
pensez-vous de la théorie qui émerge depuis quelques jours selon
laquelle la chloroquine permettrait de traiter le coronavirus ?
Non, c’est faux. Il n’y a aucun résultat probant dans ce sens pour l’instant ».
– Docteur Bertrand Galichon, chef adjoint du service des urgences de l’hôpital Lariboisière à Paris. Source : l’Incorrect 28 février
Notons
que ce docteur continue en disant « Je crois en tout cas que cette
épidémie n’est ni la première ni la dernière et qu’une psychose
déraisonnée se met en place. Il suffit de prendre les transports à Paris
pour le constater. » Ah vraiment ? Pourtant, presque personne ne porte
de masque dans le métro et le RER parisiens. Pour être tout à fait
exact, il y en a parfois, mais vraiment rarement, et quand c’est le cas,
cela ne concerne qu’une ou deux personnes. Alors, c’est quoi ces
affirmations ?
Les docteurs parisiens dont Raoult se moque en
viennent à demander une étude en labo puis clinique, que justement les
Chinois viennent de terminer au pas de charge, sur 100 patients avec
groupe de contrôle... Est-ce de l’ignorance ou du mépris ?
Un traitement qui ne rapporte rien
Le
but du système de santé n’est pas vraiment de soigner les gens mais, à
travers les médecins, de permettre aux laboratoires d’engranger des
bénéfices. Dans ces conditions, le traitement proposé par les Chinois
pose problème. Deux comprimés par jour de chloroquine à 10 centimes
l’unité pendant 10 jours représentent un total de 2 euros. Par ailleurs,
ce traitement est vieux de 70 ans et plus aucun brevet n’existe. La
marge financière pour les laboratoires pharmaceutiques est donc très
maigre, surtout en regard d’un hypothétique vaccin.
Des contre arguments bien médiocres
L’opposition
a, manu militari, utilisé les effets secondaires du traitement à la
chloroquine : atteintes rétiniennes pouvant conduire à la cécité dans
certains cas et intoxication aiguë, bien documentée, susceptible de
déclencher des problèmes cardiaques ou respiratoires à fortes doses. Le
professeur Raoult lui, dit avoir traité 4 000 personnes et n’avoir
jamais rencontré de tels effets secondaires. Alors, pourquoi mettre en
doute son expérience de terrain ?
Le vaccin en question
Alors
que l’annonce de l’IHU de Marseille tombait à plat, la chaîne CNews
faisait elle la promotion, le vendredi 28 février, d’un vaccin « inventé
en Israël ». Vaccin qui, pour le coup, n’a pas du tout été testé sur
l’homme et est destiné aux volailles contre un coronavirus qui est
propre à ces animaux. Mais lui, c’est sûr, il va fonctionner...
À
noter qu’un autre médicament peu onéreux est en cours d’évaluation : la
quercétine. Cette substance a déjà été utilisée pour traiter et prévenir
l’Ebola ainsi que le virus Zika. Mais contrairement à la chloroquine,
le résultat des essais cliniques n’est pas encore publié.
À force de crier au loup...
À
clairement ne pas vouloir admettre que ce virus peut d’ores et déjà
être traité et donc à hystériser la chose, ne risque-t-on pas de ne plus
avoir de réaction correcte de la part des gens si dans un futur proche
un gros virus bien méchant, venait lui à se présenter ?
Mais cela
est peut-être voulu. Pavlov avec ses expériences sur les chiens s’est
rendu compte d’un phénomène qu’il a appelé l’inhibition transmarginale.
Le phénomène est présent chez les hommes aussi. Soumis à d’intenses
stimuli le système nerveux va arriver à un point de rupture. Suivant la
résilience des personnes, ce point de rupture est atteint grâce à
différentes étapes. Les voici :
1) Créer du stress en augmentant de l’intensité du signal, ce signal étant le signal « peur » diffusé à la population.
2)
Prolonger l’intervalle de temps entre la diffusion du signal et
l’arrivée de la nourriture, c’est à dire ici d’un traitement. On
comprend donc que le traitement ne doit pas arriver trop tôt, il faut
laisser le stress faire son effet. Une bonne partie des gens sous ce
stress va alors se résigner, être plus docile, et être moins attentifs à
autre chose.
3) Envoyer des messages contradictoires. On a un
traitement, finalement non. Il y a plus de morts, finalement non. C’est
super grave mais ce n’est pas le reflet de la réalité, etc.
Inconsciemment, le niveau de stress augmente encore.
4) Carrément
affaiblir physiquement les personnes. Les vaccins pourraient bien être
ce moyen. On se rappelle de l’augmentation de cas de sclérose en plaques
dénoncé par les gens ayant reçu le vaccin contre l’hépatite B. Cette
méthode-là est sournoise et horrible. Elle est utilisée contre les
individus pourvus d’une constitution solide et d’une intelligence
supérieure, qui résistent à la domination et au contrôle.
Voici la réponse de Didier Raoult aux assauts de ses opposants :
« Ça veut dire aujourd’hui qu’on n’a plus besoin de vaccin ?
Didier
Raoult : Les vaccins, je sais que ça excite beaucoup la presse, mais
des vaccins nouveaux créés depuis trente ans pour répondre à des crises
sanitaires, il y en a un ou deux. Tout le monde dit que ce serait
merveilleux s’il y avait un vaccin mais ce n’est pas comme ça que ça
marche. Dans le passé récent, au XXIe siècle, les grandes maladies ont
été vaincues par le traitement plus que par le vaccin. Le traitement
marche vite et quand on fait comme ont fait les Chinois, ce qu’on
appelle du “ repositionnement ”repositioning, c’est-à-dire,
utiliser des médicaments pour d’autres raisons que celles pour
lesquelles ils avaient été créés, ça offre des solutions très rapides.
C’est une bonne nouvelle pour tout le monde, car on n’a pas de raison de
payer très cher des produits qui sont bon marché. C’est accessible,
c’est disponible et il n’y a pas à attendre quatre ans pour une
autorisation de mise sur le marché. C’est une ouverture absolument
considérable ».
– Voici le lien de la publication chinoise au format pdf :
Breakthrough :
Chloroquine Phosphate has Shown Apparent Efficacy in Treatment of
COVID-19 Associated Pneumonia in Clinical Studies.
– La courbe des cas en Chine (en bleu le nombre de personnes guéris, en rouge le nombre de nouveaux cas) :
Le nombre quotidien de nouveaux cas guéris dépasse celui des nouveaux cas confirmés en Chine depuis 11 jours consécutifs.
Le
Royaume-Uni interdit l’exportation parallèle de deux candidats au
traitement COVID-19 pour protéger l’approvisionnement national (26
février)
[...] les deux médicaments en question, la combinaison
antivirale à dose fixe lopinavir + ritonavir, et le phosphate de
chloroquine, antipaludique (qui est également connu pour son activité
antivirale), étaient tous deux remarquables pour une raison bien
différente. Ces deux médicaments ont été mis en évidence dans de
récentes communications du ministère chinois des sciences et de la
technologie et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans le
cadre d’une liste croissante de thérapies potentielles en cours
d’évaluation, en tant que candidats à l’utilisation pour atténuer les
infections lors de l’épidémie de COVID-19. source
Le professeur et
virologue Marc Van Ranst de l’Université de Louvain (Belgique)
s’associe aux positions prises par le Pr Didier Raoult :
Blog Le Grand Soir
mercredi 4 mars 2020
Alerte sur le climat

Jérôme DUVAL
Alors
que tous les spécialistes pointent l’accélération du réchauffement
climatique et de l’effondrement de la biodiversité, l’inertie du système
économique et politique est à son comble.
À quand une véritable justice climatique ?
À quand une véritable justice climatique ?
Avant
même la fin de l’année écoulée, l’Organisation météorologique mondiale
(OMM) prévenait : « L’année 2019 marque la fin d’une décennie de chaleur
exceptionnelle, de recul des glaces et d’élévation record du niveau de
la mer à l’échelle du globe, en raison des gaz à effet de serre produits
par les activités humaines. » [1] Début janvier, le réseau NCEP (National Centers for Environmental Prediction) et l’institution NCAR (National Center for Atmospheric Research)
confirmaient la tendance et déclaraient 2019 officiellement la deuxième
année la plus chaude jamais enregistrée dans les annales derrière 2016,
marquée par un des plus gros épisodes El Niño jamais observé. Les cinq
dernières années, de 2015 à 2019, ont été les plus chaudes jamais
enregistrées, le mercure montant entre 1,1 et 1,2 °C au-dessus de la
température de l’ère préindustrielle.
Mais, pour compléter le tableau, et ne pas se limiter à la surface, l’article publié en janvier 2020 dans Advances in Atmospheric Sciences montre que l’océan se réchauffe aussi en profondeur. Les températures entre 0 et 2000 mètres ont fait un bond en 2019 pour atteindre un niveau sans précédent depuis le début des mesures, en forte hausse par rapport à 2018, pourtant déjà une année record. Les dix dernières années sont les dix plus chaudes jamais enregistrées dans l’océan.
Les raisons de ce réchauffement global ? Un système capitaliste à bout de souffle qui s’obstine à appuyer sur l’accélérateur productiviste coûte que coûte en espérant un regain de croissance, et ce en dépit du doublement des émissions de gaz à effet de serre (GES) depuis 1980 entraînant une hausse des températures mondiales moyennes d’au moins 0,7 °C. Sur la dernière décennie, on observe 64 % d’augmentation du transport aérien, une déforestation en pleine croissance de plus de 50 % et la consommation de viande qui progresse de plus de 11 %.
Selon le dernier rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production de viande à elle seule génère près de 15 % du total des émissions de gaz à effet de serre, plus encore que le secteur des transports. La déforestation causée par l’élevage contribue au changement climatique, libérant quelque 340 millions de tonnes de carbone dans l’atmosphère chaque année. Elle donne lieu à de nouveaux pâturages qui occupent 80 % des zones déboisées en Amazonie, ou encore à de vastes exploitations de monoculture industrielle destinées à l’exportation pour la consommation animale. Près de 40 % des céréales produites et récoltées dans le monde servent à nourrir le bétail, soit une quantité d’environ 800 millions de tonnes, suffisante pour nourrir trois milliards et demi d’êtres humains. Parmi celles-ci, le soja, dont la production mondiale – principalement au Brésil et en Argentine où il est génétiquement modifié à plus de 95 % et dépendant des pesticides – a plus que doublé au cours des vingt dernières années. En grande majorité destiné aux élevages industriels pour assouvir la surconsommation de viande, d’œufs et de produits laitiers, le soja est ensuite exporté vers l’Union européenne, deuxième importateur mondial derrière la Chine, avec près de 33 millions de tonnes importées chaque année [2]. Voilà, en partie, le cocktail explosif d’un système de production et consommation énergivore destructeur de l’environnement qui accélère le dérèglement climatique.
Ce n’est guère mieux pour la deuxième plus grande île du monde après l’Australie, le Groenland. Les chercheurs du groupe IMBIE (The ice sheet mass balance inter-comparison exercise) ont estimé dans une étude parue en décembre que, depuis 1992, le pays aurait perdu près de 3 800 milliards de tonnes de glace alors qu’il en détient la deuxième plus grande masse sur Terre après l’Antarctique. Une perte qui s’accélère plus vite que prévu par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) et qui « pourrait exposer 100 millions de personnes dans le monde à des inondations annuelles d’ici à la fin du siècle », estime Andrew Shepherd, principal auteur de l’étude [4].
Selon le rapport Arctic Report Card 2019 commandé par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), l’Arctique subit des « changements spectaculaires » et « sans précédents », liés à un réchauffement et une fonte de la banquise continus, qui ont atteint des records en 2019. La fonte de la banquise due au réchauffement diminue drastiquement la capacité de réflexion des rayons solaires opérée par la couverture blanche réfléchissante de la glace. Or, celle-ci permet de contenir la hausse des températures autour du pôle Nord et régule le climat pour le reste du globe, une sorte de méga-climatiseur naturel de la planète pourrait-on dire. En fondant, la couverture blanche très réfléchissante de la glace laisse place à l’océan ou la végétation qui absorbent davantage les rayons du soleil. Cela entraîne une hausse des températures de l’air et de l’eau, ce qui, à son tour, fait fondre encore plus de glace et aggrave le réchauffement [5].
En août, une étude intitulée Below The Canopy du Fonds mondial pour la nature (WWF) et de la Société zoologique de Londres (ZSL) nous apprend que la population animale des forêts à travers le monde a baissé de près de 53 % depuis 1970. Un phénomène qui s’expliquerait en grande partie par la destruction d’espaces vitaux par l’homme, tels les 20 % de forêt tropicale amazonienne déjà défrichée. Selon certains chercheurs cités dans le rapport, nous serions proches d’une transformation irréversible de l’Amazonie dans son ensemble puisque le point de basculement se situerait entre 20 et 25 % de déboisement qui verrait les parties sud et est de la forêt tropicale s’assécher et se transformer en savane [6].
Dans un autre rapport, Planète vivante 2018, les mêmes organisations nous précisent qu’entre 1970 et 2014, les populations de vertébrés - poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles, soit 16 704 populations représentant 4 005 espèces suivies dans le monde – ont chuté de 60 % au niveau mondial, en d’autres termes, une baisse moyenne de plus de la moitié d’entre elles en moins de cinquante ans.
Nous sommes bel et bien face à une accélération sans précédent de la pression exercée par l’activité humaine sur les écosystèmes. La disparition du vivant hante les esprits des nouvelles générations en rébellion face à l’inertie des décideurs politiques, ceux-là même qui ont leur part de responsabilité dans l’écocide en cours. Mais n’épargnons pas pour autant le contexte systémique de production capitaliste, par essence destructeur de l’humain et sa biosphère, qui offre un environnement propice aux crimes écologiques pour toujours plus de croissance économique. Et quand ces délits sont dénoncés avec assiduité et véhémence, le système recourt à l’assassinat pour taire le scandale. Au moins 1 000 militant·es écologistes et journalistes ont été assassiné·es entre 2002 et 2013. À quand un tribunal populaire pour une justice climatique ?
Source : Politis
Notes
[1] « 2019 marque la fin d’une décennie de chaleur exceptionnelle et de conditions météorologiques à fort impact à l’échelle du globe », Organisation météorologique mondiale (OMM), 3 décembre 2019, https://public.wmo.int/fr/medias/communiqu%C3%A9s-de-presse/2019-marqu...
[2] « 87 % du soja consommé dans l’UE est destiné à l’alimentation animale, dont près de 50 % pour la volaille (poulets de chair et poules pondeuses), suivie par les porcs (24 %), les vaches laitières (16 %) et les bovins allaitants (7 %). Le reste (4 %) sert à nourrir le poisson d’élevage et à la production d’autres viandes. » Mordu de viande. L’Europe alimente la crise climatique par son addiction au soja, Greenpeace, juin 2019. https://www.greenpeace.fr/espace-presse/mordue-de-viande-leurope-alime...
[3] « L’Antarctique fond à un rythme accéléré et renforce la hausse du niveau des océans », AFP, 13 Juin 2018. https://www.afp.com/fr/infos/334/lantarctique-fond-un-rythme-accelere-...
[4] Audrey Garric, « Température record, banquise au plus bas : l’Arctique subit des changements spectaculaires », Le Monde, 2 janvier 2020. https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/01/02/temperature-record-b...
[5] Audrey Garric, op.cit.
[6] T.E. Lovejoy, C. Nobre, 2018. Amazon Tipping Point. Science Advances 4, eaat2340. https://doi.org/10.1126/sciadv.aat2340
Blog éLe Grand Soir"
Mais, pour compléter le tableau, et ne pas se limiter à la surface, l’article publié en janvier 2020 dans Advances in Atmospheric Sciences montre que l’océan se réchauffe aussi en profondeur. Les températures entre 0 et 2000 mètres ont fait un bond en 2019 pour atteindre un niveau sans précédent depuis le début des mesures, en forte hausse par rapport à 2018, pourtant déjà une année record. Les dix dernières années sont les dix plus chaudes jamais enregistrées dans l’océan.
Les raisons de ce réchauffement global ? Un système capitaliste à bout de souffle qui s’obstine à appuyer sur l’accélérateur productiviste coûte que coûte en espérant un regain de croissance, et ce en dépit du doublement des émissions de gaz à effet de serre (GES) depuis 1980 entraînant une hausse des températures mondiales moyennes d’au moins 0,7 °C. Sur la dernière décennie, on observe 64 % d’augmentation du transport aérien, une déforestation en pleine croissance de plus de 50 % et la consommation de viande qui progresse de plus de 11 %.
Selon le dernier rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production de viande à elle seule génère près de 15 % du total des émissions de gaz à effet de serre, plus encore que le secteur des transports. La déforestation causée par l’élevage contribue au changement climatique, libérant quelque 340 millions de tonnes de carbone dans l’atmosphère chaque année. Elle donne lieu à de nouveaux pâturages qui occupent 80 % des zones déboisées en Amazonie, ou encore à de vastes exploitations de monoculture industrielle destinées à l’exportation pour la consommation animale. Près de 40 % des céréales produites et récoltées dans le monde servent à nourrir le bétail, soit une quantité d’environ 800 millions de tonnes, suffisante pour nourrir trois milliards et demi d’êtres humains. Parmi celles-ci, le soja, dont la production mondiale – principalement au Brésil et en Argentine où il est génétiquement modifié à plus de 95 % et dépendant des pesticides – a plus que doublé au cours des vingt dernières années. En grande majorité destiné aux élevages industriels pour assouvir la surconsommation de viande, d’œufs et de produits laitiers, le soja est ensuite exporté vers l’Union européenne, deuxième importateur mondial derrière la Chine, avec près de 33 millions de tonnes importées chaque année [2]. Voilà, en partie, le cocktail explosif d’un système de production et consommation énergivore destructeur de l’environnement qui accélère le dérèglement climatique.
L’inertie politique met en péril notre écosystème
Face à l’immobilisme de l’action politique, quelles conséquences ? Les glaciers et les pôles fondent et cela engendre une sérieuse menace pour des centaines de millions de personnes vivant dans des zones côtières basses. L’Antarctique a perdu près de 3 000 milliards de tonnes de glace depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992 et le rythme s’accélère. Depuis cinq ans, les glaces y fondent à un rythme presque trois fois plus élevé qu’avant, à près de 219 milliards de tonnes par an [3].Ce n’est guère mieux pour la deuxième plus grande île du monde après l’Australie, le Groenland. Les chercheurs du groupe IMBIE (The ice sheet mass balance inter-comparison exercise) ont estimé dans une étude parue en décembre que, depuis 1992, le pays aurait perdu près de 3 800 milliards de tonnes de glace alors qu’il en détient la deuxième plus grande masse sur Terre après l’Antarctique. Une perte qui s’accélère plus vite que prévu par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) et qui « pourrait exposer 100 millions de personnes dans le monde à des inondations annuelles d’ici à la fin du siècle », estime Andrew Shepherd, principal auteur de l’étude [4].
Selon le rapport Arctic Report Card 2019 commandé par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), l’Arctique subit des « changements spectaculaires » et « sans précédents », liés à un réchauffement et une fonte de la banquise continus, qui ont atteint des records en 2019. La fonte de la banquise due au réchauffement diminue drastiquement la capacité de réflexion des rayons solaires opérée par la couverture blanche réfléchissante de la glace. Or, celle-ci permet de contenir la hausse des températures autour du pôle Nord et régule le climat pour le reste du globe, une sorte de méga-climatiseur naturel de la planète pourrait-on dire. En fondant, la couverture blanche très réfléchissante de la glace laisse place à l’océan ou la végétation qui absorbent davantage les rayons du soleil. Cela entraîne une hausse des températures de l’air et de l’eau, ce qui, à son tour, fait fondre encore plus de glace et aggrave le réchauffement [5].
En août, une étude intitulée Below The Canopy du Fonds mondial pour la nature (WWF) et de la Société zoologique de Londres (ZSL) nous apprend que la population animale des forêts à travers le monde a baissé de près de 53 % depuis 1970. Un phénomène qui s’expliquerait en grande partie par la destruction d’espaces vitaux par l’homme, tels les 20 % de forêt tropicale amazonienne déjà défrichée. Selon certains chercheurs cités dans le rapport, nous serions proches d’une transformation irréversible de l’Amazonie dans son ensemble puisque le point de basculement se situerait entre 20 et 25 % de déboisement qui verrait les parties sud et est de la forêt tropicale s’assécher et se transformer en savane [6].
Dans un autre rapport, Planète vivante 2018, les mêmes organisations nous précisent qu’entre 1970 et 2014, les populations de vertébrés - poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles, soit 16 704 populations représentant 4 005 espèces suivies dans le monde – ont chuté de 60 % au niveau mondial, en d’autres termes, une baisse moyenne de plus de la moitié d’entre elles en moins de cinquante ans.
Nous sommes bel et bien face à une accélération sans précédent de la pression exercée par l’activité humaine sur les écosystèmes. La disparition du vivant hante les esprits des nouvelles générations en rébellion face à l’inertie des décideurs politiques, ceux-là même qui ont leur part de responsabilité dans l’écocide en cours. Mais n’épargnons pas pour autant le contexte systémique de production capitaliste, par essence destructeur de l’humain et sa biosphère, qui offre un environnement propice aux crimes écologiques pour toujours plus de croissance économique. Et quand ces délits sont dénoncés avec assiduité et véhémence, le système recourt à l’assassinat pour taire le scandale. Au moins 1 000 militant·es écologistes et journalistes ont été assassiné·es entre 2002 et 2013. À quand un tribunal populaire pour une justice climatique ?
Source : Politis
Notes
[1] « 2019 marque la fin d’une décennie de chaleur exceptionnelle et de conditions météorologiques à fort impact à l’échelle du globe », Organisation météorologique mondiale (OMM), 3 décembre 2019, https://public.wmo.int/fr/medias/communiqu%C3%A9s-de-presse/2019-marqu...
[2] « 87 % du soja consommé dans l’UE est destiné à l’alimentation animale, dont près de 50 % pour la volaille (poulets de chair et poules pondeuses), suivie par les porcs (24 %), les vaches laitières (16 %) et les bovins allaitants (7 %). Le reste (4 %) sert à nourrir le poisson d’élevage et à la production d’autres viandes. » Mordu de viande. L’Europe alimente la crise climatique par son addiction au soja, Greenpeace, juin 2019. https://www.greenpeace.fr/espace-presse/mordue-de-viande-leurope-alime...
[3] « L’Antarctique fond à un rythme accéléré et renforce la hausse du niveau des océans », AFP, 13 Juin 2018. https://www.afp.com/fr/infos/334/lantarctique-fond-un-rythme-accelere-...
[4] Audrey Garric, « Température record, banquise au plus bas : l’Arctique subit des changements spectaculaires », Le Monde, 2 janvier 2020. https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/01/02/temperature-record-b...
[5] Audrey Garric, op.cit.
[6] T.E. Lovejoy, C. Nobre, 2018. Amazon Tipping Point. Science Advances 4, eaat2340. https://doi.org/10.1126/sciadv.aat2340
Blog éLe Grand Soir"
mardi 3 mars 2020
MANIPULER L'HISTOIRE OU EN TIRER LA LEÇON.(FIN)
Le temps des meurtres de masse...et de l’oubli.
Comme dit plus haut, l’histoire rationnelle ne connaît ni "
peuples élus ", ni nations vouées génétiquement au bien ou au mal, à
devenir soit victimes innocentes, soit criminels tortionnaires.
Ainsi, l’invasion de l’URSS par la Whermacht et la SS nazie en 1941
s’est faite en collaboration avec les alliés de l’Allemagne, notamment
des dirigeants fascistes, le roumain Antonescu, et de ceux de Baltique,
avec les mêmes pratiques criminelles dans les territoires occupés,
notamment les massacres systématiques de Communistes et de Juifs.
Dès le 28 juin 1941, la ville roumaine de Iasi, proche de l’Union
Soviétique a l’est du pays, a été le théâtre d’un des plus féroces
massacres antisémites et anticommunistes retracé récemment par un
documentaire télévisé (" le pogrom de Iasi ", Fr3, 16/1/2020). Massacre
organisé par les autorités roumaines et la presse, qui accusait les
juifs locaux ("Evrei Communisti") de communiquer par signaux avec les
Soviétiques ennemis, et accompli sous le regard complaisant de l’armée
allemande. En une semaine, policiers et civils roumains chauffés à blanc
par les fascistes contre le " judéo-bolchévisme" ont tué 15 000 juifs,
égorgés et pillés dans les rues, asphyxiés dans des wagons...
Ce n’est qu’en 2004 que l’État roumain a reconnu officiellement sa
responsabilité en la matière, car jusque-là cette tuerie était attribuée
aux seuls soldats allemands. Même le régime Socialiste de Céaucescu en
1980 cultivait la fiction d’un peuple roumain unanimement antinazi en
1941-44, et occultait le rôle décisif de l’Armée Rouge dans la
Libération du pays. Il est vrai qu’à la même date sévissait en France le
mythe gaulliste d’une France unanime derrière la Résistance de 1940 à
44...
A la même époque, 1941 et 42, dans l’Ukraine et les autres régions
soviétiques envahies par l’armée de Hitler, les Communistes qui
n’avaient pu fuir et les juifs, considérés par les Nazis comme
complices, étaient pourchassés, déportés, et exécutés massivement par
des unités spécialisées de la SS et de la Whermacht, les Einsatzgruppen.
Ces commandos de tueurs étaient essentiellement constitués d’Allemands,
mais aussi de supplétifs recrutés localement, sur la base de
l’antisémitisme et de l’anticommunisme. Déportations, fusillades
(notamment des juifs), pendaisons (notamment des militants communistes
et cadres des kolkhozes). Au total, de 1941 a 44, près d’un million
d’exécutés, un prélude a l’extermination dans les camps de Pologne.
Ces crimes de masse contre les populations d’URSS, furent d’abord de
la responsabilité des dirigeants allemands, civils et militaires, mais
elles ont profité de la collaboration locale active d’une partie des
habitants. D’ailleurs il y a eu une SS ukrainienne, recrutée notamment à
l’ouest du pays, même si l’URSS victorieuse d’après-guerre occultait
l’existence de cette minorité pro-nazie (tout en la réprimant a juste
titre sans états d’âme).
Dans l’Ukraine actuelle anti-communiste, leurs héritiers n’hésitent
pas à défiler parfois en uniformes désuets pour célébrer leur mémoire.
On peut constater une démarche identique d’oubli des crimes du passé
dans les actuels petits pays Baltes indépendants, ou l’extrême droite
anti-russe fleurit sous l’aile de l’UE et de l’OTAN. Ainsi en Lituanie,
sous l’autorité d’une " Commission de la mémoire des luttes pour la
liberté"(sic), vient de sortir un projet de réécriture des manuels
d’histoire pour démontrer que "la nation lituanienne n’a pas participé à
l’Holocauste" :
Il s’agit donc d’effacer de la mémoire les 200 000 juifs massacrés de
1941 à 44, (soit près d’un citoyen de Lituanie sur 10 !), avec la
collaboration des supplétifs locaux des occupants allemands, policiers
ou SS baltes, en guerre aussi contre le judéo-bolchévisme.
En Europe de l’Est (et ailleurs), partout où les
possédants ont besoin de la xénophobie pour fournir des boucs émissaires
à leur électorat, les pires moments de l’histoire peuvent refaire
surface si on les oublie.
Les 20 millions de citoyens Soviétiques morts de 1941 à 45 pour
détruire la peste nazie, les millions de juifs exterminés par le
fascisme européen, allemand certes, mais aussi ses alliés de France et
des autres pays, méritent qu’on commémore leur mémoire.
Oui, il est bon de rappeler la Shoah, que ce soit à Jérusalem ou
Paris, pour jamais plus ne la revoir. Mais à condition de ne pas en
faire une approbation de la colonisation israélienne, reposant elle
aussi, sur l’exaction et le racisme.
N’est-ce pas, Monsieur Macron ?dimanche 1 mars 2020
MANIPULER L'HISTOIRE OU EN TIRER LEÇON? (SUITE)
Certes, des négociations franco-soviétiques eurent lieu durant de
longs mois parce que l’opinion les désirait, mais elles ne pouvaient
aboutir, l’antisoviétisme était dominant au Quai d’Orsay comme à Downing
Street. Par contre, de multiples accords entre les États capitalistes
d’Europe et l’Allemagne nazie ont été signés durant les 6 ans qui
précèdent la guerre.
4/Des 1934, traité de " non-recours à
la force " entre le gouvernement polonais antisoviétique et Le IIIeme
Reich. Il sera entériné par les dirigeants de Pologne ultérieurs,
d’extrême droite, dont certains auraient accepté une offensive commune
contre l’URSS, si Berlin l’avait accepté.
5/1935 accord anglo-allemand, permettant
au IIIe Reich de refaire sa marine de guerre. Et, par la suite,
acceptation par Paris et Londres du réarmement de l’Allemagne nazie,
malgré l’interdiction du Traité de Versailles.
6/Et surtout, 1938 : par le Traité de
Munich, les dirigeants français Daladier et britannique Chamberlain
acceptent de voir Hitler occuper la région tchèque des Sudètes, puis
toute la Tchécoslovaquie, après l’Autriche. Une façon pour les
Puissances Occidentales de céder l’Europe centrale aux Nazis, pour
orienter exclusivement l’expansion allemande vers l’Est, vers l’URSS.
7/Le gouvernement polonais profite de cet
accord de Munich pour s’emparer avec l’assentiment de Berlin d’un
territoire tchèque. Et Il s’oppose à toute alliance militaire des pays
occidentaux avec l’URSS contre une agression nazie, en refusant tout
survol de son territoire à l’aviation soviétique.
8/de novembre 1939 a mars 1940, l’URSS
est en guerre contre la Finlande, alliée de l’Allemagne nazie, et
soutenue par les gouvernements et les médias occidentaux.
9/En 1939, ce sont les gouvernements
baltes anti-soviétiques de Lituanie et de Lettonie, qui signent des
"traités de non-agression" avec l’Allemagne nazie, en récupérant
quelques territoires en échange.
10/En août 1939, le dirigeant soviétique
Staline constate que les négociations pour une éventuelle alliance
antinazie, en cours depuis de longs mois, n’ont aucune chance d’aboutir,
du fait de l’opposition polonaise, et de la mauvaise foi des
Franco-Britanniques. Désireux d’empêcher une guerre possible avec
l’Allemagne, qui serait certainement soutenue par les Occidentaux, et
persuadé à juste titre que l’Armée Rouge déstabilisée par l’épuration de
1938 (des milliers d’officiers arrêtés et fusillés avec Toukhatchevski)
n’y résisterait pas, il accepte de signer avec Hitler un traité de
non-agression, qui n’est en fait que le dernier signé par les États de
la Région. Ce n’est pas une alliance, même si le traité se concrétise
par des accords économiques URSS-Allemagne, qui ne seront d’ailleurs pas
totalement respectés.
11/ le 1er septembre 1939, Hitler envahit
la Pologne, ce qui est dans son optique, le début de la conquête
allemande des terres de l’Est. Il est alors persuadé que France et
Royaume Uni de Grande-Bretagne ne bougeront pas davantage qu’ils ne
l’ont fait pour la Tchécoslovaquie. En fait, Londres et Paris déclarent
la guerre au Reich, mais ne font aucune action militaire. En quelques
semaines, la Wermacht, forte de ses blindés, détruit l’armée polonaise.
Staline ordonne alors à l’Armée Rouge de réoccuper les territoires
anciennement russes récupérés par la Pologne en 1918 (ce qui, même si le
procédé est discutable, se révélera un avantage militaire décisif pour
l’URSS en 1941 er 42.
Les Soviétiques ne sont évidemment pas mécontents de l’effondrement de leurs ennemis déclarés polonais.
Les Soviétiques ne sont évidemment pas mécontents de l’effondrement de leurs ennemis déclarés polonais.
12/ durant près de 9 mois, les troupes
françaises et allemandes sont en guerre déclarée, mais ne combattent
pratiquement pas (" drôle de guerre"), jusqu’à l’invasion de mai-juin
1940 ou l’armée allemande culbute les forces françaises par une "
guerre-éclair" et occupe notre pays. Et le Maréchal Pétain, mis au
pouvoir par un vote de l’Assemblée Nationale (celle élue en 1936 sous le
sigle Front Populaire, moins les députés PCF interdits et
emprisonnés !) s’empresse de mettre en place la Collaboration avec les
Nazis.
13/ Faute de pouvoir trouver un
"arrangement" avec la Grande Bretagne invaincue grâce a son insularité,
Hitler déclenche en juin1941 l’invasion de l’URSS, qui a toujours été
son objectif premier. Il espérait battre une Armée Rouge jugée faible
par le biais d’une " guerre-éclair " comme en Pologne ou en France, ce
qui échouera malgré les succès des premiers mois face à la détermination
soviétique (et a l’industrialisation de l’URSS des années précédentes).
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