jeudi 19 mai 2022

 

         Arrêt

    sur

   Info

Par Georges Michel, Colonel à la retraite

Publié le 14 mai 2022 sur bvoltaire.fr

Et maintenant, la Finlande. La Finlande qui a émis le vœu d’adhérer à l’OTAN. Emmanuel Macron a aussitôt réagi, on va dire, avec enthousiasme : « Le président de la République a indiqué que la France soutenait pleinement le choix souverain d’adhérer rapidement à l’OTAN », annonçait, jeudi 12 mai, un communiqué de l’Élysée. Au passage, ça lui va bien de parler de « choix souverain » au moment même où il applaudit des deux mains à l’idée de renoncer à la règle de l’unanimité au sein de l’Union européenne, ce qui aura pour conséquence d’affaiblir ce qu’il reste à la France de sa souveraineté.

Et maintenant, donc, la Finlande qui se dit prête à renoncer à sa neutralité pour adhérer à cette machine colossale qu’est l’OTAN afin de renforcer sa sécurité. Mais aussi une adhésion qui « renforcerait l’alliance dans son ensemble ». C’est ce qu’ont affirmé le président et le Premier ministre finlandais. Certes, la Finlande est un petit pays (5,5 millions d’habitants), mais c’est 1.300 kilomètres de frontière commune avec la Russie. À titre indicatif, Helsinki, capitale de cet État indépendant depuis 1917, est à moins de 400 kilomètres de Saint-Pétersbourg. Certes, la Finlande est déjà membre de l’Union européenne depuis 1995. Mais, semble-t-il, l’Union européenne n’est pas une alliance guerrière. Certes, l’OTAN est une alliance défensive et, donc, elle ne menace pas d’invasion la Russie. C’est pourquoi, d’ailleurs, elle est intervenue en Afghanistan et en Libye… Certes, les Russes sont les méchants et les Ukrainiens sont les gentils. Certes…

Mais prenons un risque, celui de passer pour un agent de la Russie – car aujourd’hui, dans l’atmosphère d’hystérie de pré-guerre, émettre un bémol quant à la belle harmonie pro-Ukraine, c’est frôler la cour martiale -, prenons un risque donc, celui de se mettre à la place de la Russie, et ce, sans pour autant excuser son agression de l’Ukraine. Depuis la chute de l’Union soviétique et du communisme, les frontières de l’OTAN ne cessent de se rapprocher de la Russie. La disparition du pacte de Varsovie n’a pas été suivie de celle de l’OTAN. Au contraire. L’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie – anciens satellites de l’URSS – ont même intégré l’OTAN. Aujourd’hui, seuls les trois États baltes et la Pologne sont frontaliers de la Russie, la Biélorussie et l’ faisant « écran », en quelque sorte, entre l’empire otanien et l’empire moscovite. L’entrée de la Finlande dans l’OTAN ne serait donc pas anodine. Et se satisfaire, comme le fait Macron, d’un « choix souverain » de la Finlande ne peut qu’inquiéter.

Il ne peut qu’inquiéter car ce projet d’adhésion concourt à cette escalade vers la guerre. La guerre, la vraie, celle que les techniciens de la chose qualifient de « haute intensité ». Traduire : celle qui tue par centaines et milliers, non pas des avatars d’un ixième jeu vidéo, mais des jeunes gens – car ce sont des jeunes et non des vieux qui font la guerre depuis la nuit des temps. La France s’est peut-être habituée à ces cérémonies présidées par le chef des armées aux Invalides pour rendre hommage à ces gamins de France, morts « loin de chez nous ». La France s’est habituée à voir, recouverts du drapeau tricolore, un, deux, dix cercueils (Uzbin, 2018). Mais lorsque cela sera par centaines ? Car c’est ce que signifie le combat de « haute intensité ». En avril dernier, Ouest France évoquait, pour la Russie, plus de 1.000 soldats russes tués, ajoutant que « certaines sources occidentales vont jusqu’à 12.000 morts ». Il est évident que si la France devait être embringuée dans une guerre, les pertes seraient hors du commun avec ce qu’elle a pour l’instant subi dans les OPEX (opérations extérieures) de ces dernières décennies. Il faut en être conscient.

En être conscient. Or, que nous dit Henri Guaino, dans une tribune de haute tenue publiée dans Le Figaro, le 12 mai ? Que « nous marchons vers la guerre comme des somnambules ». L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy fait d’ailleurs un parallèle avec la situation de 1914. Certes, des circonstances bien différentes, mais ce même engrenage, ce même aveuglement, cette même fuite en avant. J’ajouterai : cette même ignorance de la réalité de la guerre. Oui, car combien de nos « responsables politiques » va-t-en-guerre ont un fils ou une fille sous l’uniforme, prêts à faire le sacrifice de leur vie ? Encore faudrait-il, me direz-vous, avoir des fils et des filles…

 

Les affaire maliennes de JEAN YVES LE DRIAN

Est-ce que vous savez qu’entre autres affaires, la République en Marche – qui se veut en pleine RENAISSANCE- traîne la casserole attachée à son ministre des Affaires étrangères. Le ministre de l’EUROPE et des Affaires étrangères, Jean Yves Le DRIAN et son fils Thomas, sont convoqués le 20 juin 2022 par un juge d’instruction malien pour des faits présumés d'”atteinte aux biens publics et autres infractions aux dépens de l’Etat du MALI “. Le silence étourdissant de nos médias sur cette affaire témoigne que nous sommes devant l’iceberg d’un système qui n’a rien à envier à la Franc Afrique si ce n’est le minimum d’efficacité. Là encore nous sommes devant un bouleversement qui révèle dans le sillage de l’affaire ukrainienne un nouvel ordre international.

C’est sur son rôle totalement intéressé de VRP du business français et particulièrement breton que le juge malien, Mahamoudou Bello Dicko a décidé d’enquêter à la demande d’une association, le mouvement MALIKO, que l’on sait être proche des nouveaux dirigeants.

Le ministère nie avoir reçu une convocation officielle mais dans les couloirs les langues se délient sur ce que signifie cette mise en cause. D’abord revenons sur la manière dont Le Drian qui ignorait tout de l’Afrique a conçu son rôle et ce qui lui est reproché.

Un proconsul qui tisse des réseaux ou prétend le faire.

En 2015, le socialiste Ibrahim Boubacar Keita était président du MALI. Le Drian y agissait selon les maliens en véritable proconsul, il multipliait les déclarations méprisantes, intervenant sans état d’âme dans ce qui aurait du être considéré comme relevant du seul gouvernement malien : En 2018 lors d’une rencontre à Stockholm avec son homologue suédoise, le ministre des affaires étrangères française à reproché aux autorités maliennes ( Ibrahim Boubacar KEITA y compris ) de manquer de volonté politique pour la mise en oeuvre de l’accord de paix d’Alger dans le Sahel. « Dans les accords d’Alger, il y a tout ce qu’il faut pour retrouver la paix au Mali et plus globalement au Sahel. Encore faut-il avoir la volonté politique de transformer ces accords en réalité. Ce n’est pas encore le cas, je souhaite que ce soit le cas après l’élection présidentielle »Imaginez un instant le ministre des affaires étrangères du Mali Tiébilé DRAME donner son avis sur la gestion de la crise des gilets jaunes en France protestaient le Maliens, exaspérés par cette manière de se conduire lui et ses troupes en maître du pays et il s’agit d’un exemple parmi d’autres.

Un tel mépris s’accompagnait suivant la tradition d’une main mise sur l’économie malienne comme sur le reste de l’Afrique de l’ouest. Défendre le pré-carré africain explique d’ailleurs les nombreux narratifs de nos médias sur la manière dont la Chine pillerait l’Afrique et l’adhésion à toutes les fake-news sur les génocides ouighours, le rôle des socialistes a toujours été essentiel dans ce domaine comme leur atlantisme et Mitterrand n’a fait qu’amplifier la situation jusqu’à la forfaiture du Rwanda (1).

L’Afrique est en plein bouleversement

Le Drian a porté personnellement l’opération SERVAL puis le dispositif BARKHANE de “lutte anti-terroriste” et ne fit pas sur le terrain la preuve d’une efficacité militaire quelconque, en revanche le rapport financier s’avéra excellent sauf pour le contribuable français et africain. Avec ce passif, il se heurte désormais à de profonds bouleversements qui posent la question de la présence militaire en Afrique. la colère populaire monte, dans les grandes villes les opinions publique se radicalisent face à ce qui estimé un pillage néocolonial doublé du racisme des métropoles. L’affaire ukrainienne aujourd’hui est très mal vécue, le racisme ukrainien , celui de l’UE dans l’accueil des réfugiés se combine avec l’inquiétude de l’approvisionnement et la crainte de la famine. D’ailleurs le président Sénégalais se rend cette semaine à Moscou et à Kiev pour peser sur de véritables négociations en faveur de la paix.

Depuis 2012, le ministre d’abord à la défense ensuite aux Affaires étrangères très peu présent médiatiquement donc crée ou tente de créer un réseau d’intérêts digne de celui de Foccart en prenant les chefs d’ETAT africains dans des systèmes économico-politiques. Il est ainsi accusé d’avoir usé de son appartenance à la franc maçonnerie pour se constituer ce réseau en lien avec l’appartenance socialiste mais ce qui serait premier serait les intérêts personnels en lien avec des marchés, il y a bien celui de l’armement désormais complètement imbriqué avec celui des USA et justifié par les interventions provoquées, mais la découverte de ce marché de gré à gré en relation avec des affaires familiales est du pain béni dans la guerre de l’information qui oppose la FRANCE au MALI parce que l’illégalité de l’absence d’un appel d’offre est patent.

Quand Ibrahim Boubacar Keita a été chassé et qu’une junte militaire a pris le pouvoir, les affaires de le DRIAN se sont gâchés et c’est devenu de la faute des Russes, comme elle l’était déjà des Chinois.

Selon la plainte de la société MALIKO, la société française Oberthur Technologie a obtenu pour une dizaine d’années le marché de la fabrication des passeports biométriques malien, alors que le marché passé avec le Canada arrivait à expiration. Une procédure de grè à gré illégale en faveur de cette entreprise bretonne dans laquelle le fils de le Drian, Thomas serait impliqué dans des transactions intervenant depuis 2013.

La guerre de l’information

Le DRIAN qui est un europeo-atlantiste forcené et qui a un bilan militaire de la France en Afrique absolument catastrophique est de plus en plus contesté. Une guerre de l’information est ouverte entre PARIS et BAMAKO, le DRIAN jouant de ses réseaux ou tentant de jouer de ses réseaux politico-économique, voir de la corruption des chefs d’ETAT pour obtenir un isolement de l’actuel pouvoir malien. Les résultats sont mitigés mais il faut tout le silence obtenu des grands médias en FRANCE pour que l’affaire demeure scellée à la veille des élections législatives avec la mise en cause d’autres responsables de la République en marche et que les complicités du monde politique ne révèlent pas en quoi l’amour passionné pour l’UKRAINE de Le Drian ne recouvre pas la franc Afrique et ses turpitudes.

Le manque de curiosité (c’est un euphémisme) sur ce qu’accomplit réellement la FRANCE et les intérêts en jeu, n’empêche pas un léger filtrage pour initiés et les faits commencent là encore à être révélé parce que si l’on parle beaucoup des mercenaires russes pour expliquer les revirements africains on semble ignorer l’implantation ancienne diplomatique russe proche de l’ancienne Union soviétique affaiblie jadis par la querelle sino-soviétique et qui désormais travaillent ensemble dans un continent en plein bouleversement, en prônant un monde multipolaire dans lequel la souveraineté des Etats soit respecté et le régime des sanctions interdit.

.

danielle BLEITRACH

 

Rébellion contre les États-Unis et leur Sommet exclusif des Amériques

Pour avoir la force des Cubains face aux Etats-Unis, il faut une longue patience et ne jamais céder à l’opportunisme tout en manifestant une absence totale de sectarisme. Il faut défendre l’histoire, sa propre histoire et celle de l’humanité révolutionnaire, le contraire du PCF qui depuis plus de trente ans désormais croit être réaliste en liquidant son identité. Il était impossible de rattraper en une bataille électorale tant de lâcheté surtout quand au coeur de la bataille on a cédé sur le fond ce que Cuba ne ferait jamais. Cuba unit alors que la France ne sait plus que donner le spectacle de divisions stériles et groupusculaires, d’ambitions minables et de coups de poignard, celui qui veut garder un minium de dignité est banni. La France enchaînée au char de l’OTAN avec la cocarde bleue et jaune en boutonnière alors qu’elle ne sait pas dresser le drapeau cubain. Les communistes ont failli alors que Cuba se dressait et imposait le respect et l’adhésion de l’Amérique latine, et Cuba comme ici rappelle à chacun sa participation à cette longue histoire de rébellion et de soumission. Biden qui se la rejoue guerre froide, peut le faire en EUROPE dans cette lâcheté totale sans la moindre exception, chacun trouvant de bonne raison de lécher les pieds du saigneur et maitre et de suivre l’OTAN . Alors que Cuba et l’Amérique latine comme d’autres pays du sud tiraient partie de l’opportunité des temps nouveaux ouverts par l’intervention russe. Cuba a toujours réveillé le meilleur de l’Amérique latine et AMLO s’est montré digne de la patrie de JUAREZ, la sentinelle de l’indépendance de “notre Amérique”, elle reste dans l’épopée alors que la France est dans la pitrerie criminelle. (noteettraduction de danielle BLEITRACH)

Par: Gustavo Veiga 

Dans cet article : Andrés Manuel López ObradorBolivieCARICOMCubaSommet des AmériquesÉtats-UnisJoe BidenMexique17 mai 2022 | 29 | Partager sur FacebookPartager sur TwitterPartager sur WhatsAppPartager sur Telegram

Andrés Manuel López Obrador, presidente de México, durante su intervención tras recibir la Orden José Martí. Foto: Abel Padrón Padilla/ Cubadebate.

Photo : Fichier.

Le Sommet des Amériques pourrait devenir un revers diplomatique pour les États-Unis. Un coup porté à leur hégémonie fissurée lorsqu’ils jouent à domicile. Prévue le 6 juin à Los Angeles, en Californie, la réunion perdrait en cohérence car plusieurs présidents latino-américains ont déjà annoncé ou laissé entendre qu’ils n’y assisteraient pas.

La raison en est le mécontentement généré par l’exclusion par Washington de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua.

Le président mexicain Andrés Manuel López Obrador (AMLO) a mené le rejet de la décision. Elle a été imitée par la Bolivie, Luis Arce, et rejointe par la Communauté des nations des Caraïbes (Caricom), composée de 15 pays, la grande majorité d’anciennes colonies anglophones.

Ses dirigeants ont déclaré qu’ils n’y assisteraient pas si la mesure n’était pas révisée. Xiomara Castro, présidente du Honduras, et son collègue argentin, Alberto Fernández, ont également ajouté leurs critiques. Le Brésilien Jair Bolsonaro n’affronterait pas non plus à Joe Biden depuis qu’il a apporté son soutien à Donald Trump lors des dernières élections.

Soixante ans plus tard, les États-Unis prennent à nouveau une décision avec la même logique que celle adoptée par l’OEA lorsqu’ils ont expulsé l’île en 1962 à la Conférence de Punta del Este. Comme si la guerre froide se poursuivait avec l’Union soviétique au XXIe siècle.

Ce sommet, prévu en 2021, a été reporté d’un an en raison de la pandémie et se tiendra du 6 au 10 juin. Ce sera le neuvième depuis le premier tenu à Miami en 1994, lorsque Bill Clinton était au pouvoir. Les États-Unis n’ont pas choisi Los Angeles comme siège social simplement parce que c”est la deuxième ville du pays, a une communauté latino très représentative et le troisième plus grand nombre de consulats dans le monde.

Le département d’État souligne sur son site officiel quelque chose qui n’est pas vérifié dans la pratique. Le caractère ouvert et sans restriction proclamé dans sa convocation du sommet.

Les États-Unis ont démontré, et continueront de démontrer, leur engagement en faveur d’un processus inclusif qui intègre les contributions de personnes qui représentent l’immense diversité de notre hémisphère et incluent des voix autochtones et historiquement marginalisées ».

Les PDG des Amériques

Le sommet se tient, avec de légers changements, une fois tous les trois ans depuis 1994. C’est le seul rassemblement de tous les dirigeants d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud et des Caraïbes qui s’alignent habituellement sur la Maison Blanche.

Cette fois, l’empreinte commerciale que les États-Unis lui réservent toujours sera accentuée. Le gouvernement de Washington a prévu trois forums. Celui qui représente le plus leurs intérêts commerciaux est le soi-disant quatrième Sommet des PDG des Amériques. Il y en aura deux autres : l’un de la société civile et l’autre de la jeunesse des Amériques.

L’exclusion de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua, dont les États-Unis supposaient qu’elle passerait sans trop de chocs, est devenue un problème pour Biden. Le président mexicain a déclaré mardi dernier lors d’une de ses conférences de presse habituelles : « Si vous excluez, si vous n’invitez pas tout le monde, une représentation du gouvernement du Mexique partira, mais je n’irai pas. » Il venait de rentrer de La Havane où il a rencontré son collègue, le président Miguel Diaz-Canel.

Contrairement à un autre président mexicain, le droitier Vicente Fox, López Obrador ne craignait pas les représailles de son puissant voisin. Il est resté dans l’histoire comme un homme timoré lors que lors du sommet de 2004, l’enregistrement d’un dialogue avec Fidel Castro l’a exposé au ridicule.

Fox avait demandé au leader révolutionnaire de se rendre au Mexique pour la réunion des présidents, mais à une condition : « Fidel, tu viens, tu manges et tu pars », lui a-t-il dit. Il ne voulait pas que George W. Bush, qui occupait alors la Maison Blanche, soit mis en difficulté.

Non à la ZLEA à Mar del Plata

Des histoires de soumission comme celle-là et d’autres de rébellion envers ce que les États-Unis représentent, se sont produites tout au long des huit sommets tenus jusqu’à présent.

Celui de 2005 à Mar del Plata restera toujours dans les mémoires comme celui du non à la ZLEA. Dans celle de 2009 organisée par Trinité-et-Tobago, l’ancien président du Venezuela, Hugo Chávez, a donné le livre The Open Veins of Latin America, d’Eduardo Galeano, au président Barack Obama. Un geste symbolique du commandant bolivarien. C’était une autre époque, même si à Washington un membre du Parti démocrate régnait, comme aujourd’hui.

Dans le même chemin qu’AMLO, le président bolivien Arce a écrit sur son compte Twitter : « Si l’exclusion des peuples frères persiste, je n’y participerai pas. »

Il voulait dire qu’« un Sommet des Amériques qui exclut les pays américains ne sera pas un Sommet complet des Amériques ».

Toujours sur le même réseau social, la présidente du Honduras, Xiomara Castro, a déclaré: « Si nous ne sommes pas toutes les nations, ce n’est pas le Sommet des Amériques. »

Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, n’a rien caché de la détermination de Washington : « Le gouvernement des États-Unis ne pourra pas montrer grand-chose au Sommet des Amériques après la dernière campagne présidentielle et les élections, l’assaut contre le Capitole, l’implication des politiciens dans la sédition et la corruption insurmontable de la politique. »

La description du ministre n’est pas étrangère à la façon dont l’équilibre des forces fonctionne aux États-Unis, où, selon le New York Times du 12 mai, « le plan de l’administration Biden d’exclure Cuba reflète des pressions politiques intérieures, y compris la tentative d’éviter de provoquer Robert Menendez, un sénateur démocrate cubano-américain du New Jersey. président de la Commission des relations étrangères du Sénat et fervent critique du gouvernement cubain.

Bien que les États-Unis n’aient pas encore officialisé la remise des invitations au Sommet de Los Angeles, leur sous-secrétaire d’État pour l’hémisphère occidental, Brian Nichols, a anticipé dans une interview accordée au journal espagnol El País que les chances que « Washington invite Cuba, le Venezuela et le Nicaragua » sont faibles.

López Obrador, d’autre part, a soutenu que tout n’est pas perdu. Son voyage à La Havane le 7 mai a démontré la force des liens historiques entre les deux pays, qui durent depuis 120 ans. Il a critiqué le blocus américain, appelé à la présence de l’île, du Venezuela et du Nicaragua au sommet et a annoncé qu’il se moquerait de Biden s’il maintenait la mesure.

Les États-Unis ont l’intention d’aborder à Los Angeles deux questions – entre autres – qui incitent leur gouvernement : les politiques d’immigration et de santé. Le Mexique a trop à dire sur le premier et Cuba a démontré sur le second qu’il était l’avant-garde mondiale pendant la pandémie. C’est le seul pays latino qui a fabriqué ses propres vaccins et envoyé ses brigades médicales Henry Reeve dans 20 pays lorsque le covid-19 faisait rage en 2020.

(Tiré de la page 12)


mercredi 18 mai 2022

 

Marioupol - Reddition des soldats ukrainiens enfermés dans Azovstal - 16 et 17 mai 2022
Les 16 et 17 mai 2022, plusieurs centaines de soldats ukrainiens qui se trouvaient encore dans les sous-sols de l'usine Azovstal à Marioupol se sont rendus. Les blessés ont été emmenés à l'hôpital de Novoazovsk, et les valides à la prison d'Elenovka en RPD (République Populaire de Donetsk). Plus d'informations : https://www.donbass-insider.com/fr/20...

 

 

Reddition des soldats ukrainiens à Azovstal

Marioupol – Reddition des soldats ukrainiens retranchés dans Azovstal

Le 16 mai 2022, les soldats ukrainiens encore présents dans les sous-sols de l’usine Azovstal à Marioupol ont commencé à se rendre à la Russie et à la RPD (République Populaire de Donetsk).

Alors que nous étions à Marioupol pour filmer la réouverture d’une école le 16 mai, nous avons été surpris par le silence qui régnait dans la zone autour de l’usine. Pour rappel, suite à l’évacuation des derniers civils qui se trouvaient dans les sous-sols d’Azovstal, l’armée russe bombardait quotidiennement l’usine pour empêcher les soldats ukrainiens d’installer de nouvelles positions de tir.

Mais ce lundi 16 mai 2022, pas un seul tir contre l’usine, pas d’avion de l’armée russe survolant Azovstal. Rien. Ce silence nous semble étrange, mais faute de réseau téléphonique encore pleinement fonctionnel, nous n’arrivons pas à avoir d’information sur ce qui se passe.

Ce n’est que sur le chemin du retour vers Donetsk, que nous apprenons qu’un groupe d’une dizaine de soldats ukrainiens est sorti d’Azovstal afin de négocier avec la RPD et la Russie.

Le soir même, 51 soldats ukrainiens blessés (certains grièvement) sortent d’Azovstal, se rendent et sont envoyés à l’hôpital de Novoazovsk pour y être soignés. En plus de ce groupe de blessés, plus de 200 autres soldats ukrainiens se rendent et ont été envoyés quant à eux au centre pénitentiaire d’Elenovka. Au total ce sont 265 soldats ukrainiens qui se sont rendus.

D’après les médecins qui ont examiné les blessés, ceux-ci sont en très mauvais état, et souffrent de malnutrition, ce qui laisse supposer que ce qui reste de troupes ukrainiennes dans l’usine va de toute façon devoir se rendre rapidement faute de vivres.

Nous sommes donc retournés le 17 mai au matin à Marioupol en espérant pouvoir filmer la reddition du prochain groupe de soldats ukrainiens encore présents à Azovstal. Sauf que ces derniers refusent de sortir s’ils sont filmés à leur sortie. Se rendre oui, mais il ne faut pas que leur reddition soit trop publique. Alors tous les journalistes présents près de l’usine sont renvoyés, en espérant que cela poussera enfin les soldats ukrainiens à sortir.

Voir le reportage filmé sur place :

Une stratégie payante, puisqu’un peu plus tard dans la journée, un nouveau groupe de soldats ukrainiens a quitté Azovstal et s’est rendu. Comme dans le premier groupe, une partie est constituée de blessés, certains dans un état grave, qui ont dû être emmenés dans les nombreuses ambulances qui avaient été amenées près de l’usine le matin même.

Les autres ont été emmenés dans un centre pénitentiaire, le temps de déterminer qui est qui, et quel sera leur sort. Car parmi ces soldats ukrainiens (terme générique que j’utilise pour faciliter l’écriture et éviter des phrases à rallonge) il y a plusieurs catégories de prisonniers :
1) Les combattants du régiment néo-nazi Azov, qui devront être jugés, et ne sont pas échangeables contre des soldats russes capturés par Kiev, comme l’a rappelé la Russie ;
2) Des soldats de la 36e brigade des Forces Armées Ukrainiennes (FAU), qui, s’ils n’ont pas commis de crimes de guerre, pourraient être échangés contre des soldats russes, ou libérés à la fin de l’opération militaire spéciale ;
3) Des membres des gardes frontières, qui eux aussi, sauf crimes de guerre, pourraient être échangés, ou libérés à la fin de l’opération militaire ;
4) Et il y a aussi peut-être des combattants étrangers (mercenaires combattant pour Kiev ou qui sait peut-être des instructeurs ou conseillers militaires), dont le traitement va dépendre du statut. Un mercenaire ne sera clairement pas traité par les Russes de la même manière qu’un instructeur ou un conseiller militaire venant d’un des pays de l’OTAN. L’impact médiatique ne sera pas le même non plus.

En tout cas, ce qui est certain, c’est que contrairement à ce qu’a essayé de faire croire Zelensky (de manière totalement délirante), il ne s’agit pas d’une évacuation, mais bien d’une reddition des soldats ukrainiens qui se trouvent dans l’usine Azovstal. Ces soldats ne sont pas envoyés en Ukraine, mais bien en RPD et en Russie. Toutes les stratégies de communication que Kiev peut utiliser pour essayer de transformer cette gabegie en pseudo-victoire ne changeront rien à ce fait, à cette réalité !

Volodymyr Zelensky a eu beau essayer de faire croire que celles et ceux qui sortent maintenant de l’usine Azovstal seront échangés, et pourront donc rentrer chez eux, il n’en est rien pour bon nombre d’entre eux. Les combattants du régiment néo-nazi Azov, et tout ou partie des soldats de la 36e brigade des FAU devront répondre de leurs crimes contre les civils du Donbass, et seront donc jugés, sans possibilité d’être libérés à la fin de l’opération militaire ou échangés contre des soldats russes. Les potentiels étrangers présents à Azovstal ne seront pas non plus échangeables.

À l’heure où j’écris ces lignes nous n’avons pas encore de chiffres précis sur le nombre de soldats ukrainiens qui sont sortis le 17 mai d’Azovstal. Mais au vu du grand nombre de soldats qui se trouvaient dans les sous-sols de l’usine (plus de 2 000 dont près de 800 membres du régiment Azov) il faudra plusieurs jours pour gérer leur reddition totale et les envoyer selon leur état à l’hôpital ou en prison. Il faudra aussi évacuer et identifier les 200 corps congelés présents dans les sous-sols de l’usine.

Christelle Néant

Mon courrier à Fabien Roussel et André Chassaigne dans lequel je les informe que je quitte le PCF et leur en donne les raisons.

Bonne lecture

André Gerin

******

Cher Fabien (Roussel), Cher André (Chassaigne),

Je vous adresse une longue lettre qui fait suite à mon message du jeudi 5 mai dernier. Je veux m’expliquer et préciser mon état d’esprit. 

Le 7 mai 2022, un accord de circonstance a été signé à Aubervilliers entre la France Insoumise et le PCF, dans le cadre de la préparation des prochaines élections législatives. 

Je vous confirme ma totale opposition à cet accommodement. Cela fait 22 ans déjà que je suis en dissidence avec le parti communiste (Mars 2000 – Congrès de Martigues). 

Aujourd’hui, j’ai décidé de quitter le PCF. Je vais néanmoins continuer mon combat communiste. Je ne faiblirai aucunement et participerai à la reconquête de l’électorat du FN comme je l’ai toujours fait. D’ailleurs, j’ai toujours pensé que c’est notre raison d’être de communistes. 

Je ne savais pas que nous fêtions une victoire ! Laquelle et pour qui ?

Si victoire il y a, il est clair qu’elle est destinée au grand timonier Mélenchon (ex membre de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI) d’extrême gauche). En somme, c’est une victoire à la Pyrrhus qui acte la marginalisation du PCF. 

Le Leader de la France Insoumise est si peu convaincu d’être élu Premier ministre à la suite des prochaines élections législatives qu’il ne feint même pas avoir adossé cette soi-disant Union de la gauche sur un quelconque programme commun. 

Or, une simple rétrospective entre Jean-Luc Mélenchon et le PCF témoigne du suicide annoncé : 

· 1997-2002 : Le gouvernement Jospin est à l’apogée des privatisations, tout ceci, avec la contribution des ministres : Marie-George Buffet, Jean-Claude Gayssot et Jean-Luc Mélenchon. 

-Robert Hue joue quant à lui, un rôle clef.  En effet, chaque jeudi matin, de 1997 à 2002, une rencontre entre Lionel Jospin et François Hollande a lieu. S’il le juge nécessaire, Robert Hue n’hésite pas à demander au groupe communiste de l’Assemblée nationale, de nous inciter à modifier telle ou telle décision.  D’ailleurs, notre score aux présidentielles de 2002 est pour moi à l’image d’un « dépôt de bilan ». C’est aussi sans complexes qu’il nous vend son livre « Communisme, la mutation » dans lequel il affiche faussement ses objectifs. Si bien que son engagement politique et totalement décomplexé tant avec François Hollande en 2012 qu’avec Emmanuel Macron en 2017 et 2022. Une caution pour de nombreux voyages présidentiels. 

- Avec Marie-George Buffet, nous assistons à la ligne gauchiste des collectifs anti-libéraux et à son rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon, dans la suite du référendum de 2005. Son résultat aux présidentielles de 2007 est sans appel (1,93 %). C’est le début de la vente aux enchères. (Pendant cette période, André Chassaigne et moi-même échangeons beaucoup à l’Assemblée nationale).

· L’année 2008 accuse un tournant. J’apprends que Jean-Luc Mélenchon prend beaucoup de contacts politiques et lorsqu’il demande à me rencontrer en juillet de cette même année, je ne réponds pas à son invitation. Il décide de quitter le PS pour ainsi créer le Parti de Gauche. Ce qui fut fait en novembre 2008, et ce, sous la coordination de la secrétaire nationale du PCF. Aussi, dans le discours qu’elle prononce à la fête de l’Humanité, Marie-George Buffet confirme ses intentions. C’est d’autant plus visible en octobre 2008 avec Francis Wurtz qui appuie lourdement cette même idée lorsqu’il présente le rapport du Conseil national à quelques semaines de la création du Parti de gauche. Et c’est le Front de gauche qui va servir de base de lancement à la fusée Mélenchon allumée en 2011 par Pierre Laurent, avec une mise à disposition du Parti communiste, des élus et des structures de base des communistes. C’est une première étape que nous vivons, avec un débat verrouillé pour saboter la candidature d’André Chassaigne. 

· 2016 : Pierre Laurent obtient à l’arrachée, le 2ème étage de la fusée Mélenchon (grâce à un vote de 53,6 % de communistes). Donc, plus besoin de faire semblant, la farce du front de gauche disparait pendant que les réseaux sociaux deviennent l’outil de base politique de Mélenchon qui développe sans équivoque un populisme de gauche. Déjà à cette époque, lors des législatives de 2017, tout est organisé pour réduire les chances des communistes avec une France insoumise hégémonique, pour empêcher dans plusieurs circonscriptions, l’élection de députés communistes. 

· 2021 : il n’y aura pas de 3ème étage de la fusée puisqu’une candidature communiste est décidée avec Fabien Roussel, et donc l’espoir de sortir de dix ans d’effacement et d’étouffement, avec une renaissance du PCF. Or, à travers cet accord, Jean-Luc Mélenchon échafaude un scénario diabolique, un coup d’Etat médiatique qui va fonctionner et occuper l’espace. 

Aujourd’hui le brouillard est total, comment peut-on justifier d’un tel accord en dehors de l’objectif électoraliste ?

Mais si nous observons de plus près la politique et la stratégie de Jean-Luc Mélenchon, force est de constater que nous participons à un marché de dupes. En ce qui le concerne, je cherche en vain l’héritage républicain et universaliste qu’il a abandonné. En conséquence, je crains fort que nous soyons perdus politiquement avec l’emballement médiatico-politique ambiant. Pour Jean-Luc Mélenchon, c’est du cousu-main. Cet engouement laisse un gout amer car nous avons vécu une belle et joyeuse campagne avec Fabien Roussel, il nous a redonné de la fraicheur, de l’envie et de l’espérance. 

Depuis toujours, la colonne vertébrale du PCF est définie par une République sociale, laïque, féministe et un sens aigu de l’universalisme, c’est notre ADN. Or, que constate-t-on ? Que sait-on ? La coloration communautaire de Jean-Luc Mélenchon est connue publiquement. Elle pose tout de même une question essentielle pour la gauche et surtout pour le PCF. Jean-Luc Mélenchon assure l’ambiguïté ethnico-religieuse avec sa nouvelle démarche politique qu’il contribue à la victimisation des musulmans, une façon de les infantiliser et de les rendre passifs. Elle correspond de plus en plus à une forme identitaire à l’américaine. 

Rappelons-nous un fait marquant : en novembre 2019, il participe à la marche contre l’islamophobie programmée par les organisations islamistes. C’est une démarche plus qu’inquiétante face à la France populaire, ouvriers, employés et tous les oubliés de la France périphérique et rurale, qui ont fait le choix de voter massivement pour Marine Le Pen ou de s’abstenir. A vouloir suivre cette stratégie, on voit bien que les questions sociales et l’appartenance de classe deviennent négligeables.

Avec l’actualité, le problème du burkini est revenu sur le devant de la scène. Je rappelle que le maire de Grenoble, Eric Piolle est un proche de Mélenchon. Il fait ainsi en sorte d’accélérer les accommodements avec les islamistes.

Il faut se rappeler 1989, à propos du foulard au collège de Creil. Devant le refus courageux du principal, le ministre Jospin se défausse et la gauche ferme les yeux. Jean-Luc Mélenchon est à son image. Il y a beaucoup de complaisance de sa part aussi. 

Regardons ce qui se passe depuis 33 ans dans le paysage de nos villes. Notre France est défigurée. Les habitants ont le sentiment de n’être plus au pays des Lumières. Pire, avec des trafiquants de drogue et les intégristes, dans certains quartiers, il est de plus en plus difficile d’exercer son activité professionnelle tout à fait normalement, que l’on soit médecin, artisan, où travailleur de première ligne. 

Un des plus grands marchés de l’agglomération lyonnaise se situe aux Minguettes à Vénissieux. Il a été ghettoïsé. Pour exemple, les boucheries traditionnelles ont disparu. 

Lorsque j’ai pris l’initiative parlementaire de m’opposer publiquement au voile intégral, à la burqa, comme un paria, j’ai été mis à l’écart du groupe communiste alors que j’avais un dossier alarmant, très préoccupant. En effet, en 2009, mes services municipaux à l’état civil subissent de graves menaces.  On me rapporte qu’un gourou refuse que l’on puisse voir le visage d’une femme pour établir ses papiers d’identité. J’apprends aussi les dangers auxquels sont soumis les médecins hommes. Ces mêmes gourous leur interdisent d’accoucher leur femme. Mais le pire, ce sont les jeunes filles qui le subissent, interdiction de se rendre au planning familial, de s’habiller à la française. Concernant les adolescentes, des certificats de complaisance leur sont délivrés pour les exonérer d’activité sportive. Dans les collèges, des garçons adolescents montent la fronde en contestant les cours de biologie, d’histoire et de sciences naturelles. Les exemples sont pléthores à ce sujet. 

Aujourd’hui, treize ans plus tard, la situation se dégrade même si les choses se font un peu différemment et plus discrètement. 

Certains quartiers où l’on a habité sont méconnaissables. Il serait impossible d’y vivre à présent. Le mode de vie, les tenues vestimentaires confirment l’incrustation du ghetto ethnique. Cette ambiance culturelle a obligé ceux que l’on appelle « les français de souche » à fuir vers d’autres villes et autres quartiers. Rajoutons à cela, les singulières menaces que subissent les familles de confession juive. 

Il se trouve que j’ai largement pu observer un phénomène depuis une vingtaine d’années.  Un racisme anti blanc et anti France s’est développé.  D’ailleurs, l’imam Bouziane (que j’ai fait expulser en 2004) était à la pointe de ce combat en exerçant un travail de taupe dans les quartiers.

Oui je connais parfaitement cette réalité. Je la vois, je la vis douloureusement. Ce sont devenu des espaces de « mal vivre » qui pourrissent le quotidien des habitants. 

Cela fait 54 ans, depuis 1968 exactement que je vis au cœur du plateau des Minguettes de Vénissieux. Je sais donc de quoi je parle. 

L’impératif vital : la reconquête des classes populaires

Comment permettre au PCF de retrouver son autonomie et l’esprit des jours heureux dans de telles conditions ? Avec une telle union qui va bloquer, voire faire compromettre nos avancées, mais aussi nous écarter de l’impératif vital d’une reconquête des classes populaires, c’est plus que compromis.  

Le PCF a inscrit, dans l’élan du XXème siècle, la question des classes populaires. Elles nous concernent en premier chef. Bien évidemment, la gauche comme la droite républicaine sont concernées. Et c’est une question essentielle qui donne du sens au clivage gauche/droite toujours pertinent. Au fil des années, nous nous sommes désarmés en privilégiant des démarches institutionnelles et techniciennes. 

A ce propos, François Ruffin livre une analyse très juste et alarmante dans le journal Libération du 26 avril dernier. Je le cite : « La gauche ne doit pas oublier la France périphérique, la France des gilets jaunes et des ronds-points. Je porterai cette parole le plus possible dans les organisations de gauche ». Et il précise : « Les fâchés ne sont pas des fachos ». 

C’est exactement la question existentielle qui est posée à un parti communiste français désarmé, en désamour avec les classes populaires.

Avec l’accord de la France Insoumise, c’est une question que nous mettons sous le tapis en évitant les sujets qui fâchent. Avec les trémolos dispensés à Aubervilliers, nous participons à nourrir une gauchisation de la gauche, dans le microcosme parisien. Nous avons appris dans la formation du Parti, que le gauchisme était une maladie infantile du communisme selon Lénine. 

En réalité, redevenir un Parti communiste de masse et un parti de gouvernement est gravement compromis.  

Où est donc notre raison d’être ? Car, comme je vous l’ai écrit à tous les deux, dans un texte du 19 avril dernier : « Vote FN : il est urgentissime, pour le PCF, de comprendre et d’analyser la colère et la peur des citoyens ». 

Je persiste et signe.

Nous devons définitivement refuser la diabolisation de Marine le Pen et d’Éric Zemmour. Jean-Luc Mélenchon se fourvoie dans cette voie. C’est une stratégie d’échec que nous avons payé cash depuis 40 ans. La crise que nous vivons en France, mais aussi en Europe et aux USA préjuge de durables répercussions, nous devons en trouver le sens profond. 

Du marché unique à Maastricht et Schengen, l’Europe des nations se dissout. C’est l’ouverture à l’immigration, et aux délocalisations massives vers la Chine avec les transferts de technologies. 

Les ghettos sociaux deviennent des ghettos ethniques et se transforment inévitablement en, ce que l’on nomme désormais « les territoires perdus de la République ». C’est le résultat des politiques menées depuis François Mitterrand qui ont conduit à l’islamisation, au communautarisme et à l’atomisation de la France. 

J’ose dire que c’est une crise de civilisation qui concerne l’identité de la France. Elle met des mots sur les colères, le refus de l’immigration illégale, le désarroi face à l’appauvrissement, la désindustrialisation et l’insécurité permanente. Beaucoup de français ont le sentiment que la France se délite de manière chaotique. Ils ont une inquiétude grandissante face à l’islam radical. 

Pour ma part, redonner ses lettres de noblesse à l’idée de Nation et de patriotisme est primordial car un pays sans frontières n’est pas un pays. Je le dis et je l’assume. 

Nous devons refuser cette l’idéologie dominante du politiquement correct où le langage est édulcoré mettant en péril le devoir de vérité et la libre expression. Ne nous laissons pas enfermer par les élites bien-pensantes qui veulent bâillonner les paroles critiques. Si le multiculturalisme est un sujet d’inquiétude soulevé par les populistes, nous ne devons pas pour autant nier ce problème. 

Bertolt Brecht disait à son époque : « Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple ». C’est une phrase qui revêt ici tout son sens ; elle est à l’image du « Non » au référendum de 2005, lors duquel le peuple a rejeté le traité européen, traité à peine transformé deux ans plus tard en traité de Lisbonne et adopté en catimini, au mépris de la démocratie. 

Le PCF aurait dû redevenir le pivot de cette question qui nous mène à une impasse depuis trop longtemps : une immigration incontrôlée et une « archipélisation » culturelle et politique de la France.

Je crois dur comme fer à la civilisation française, à notre art de vivre à notre fierté d’appartenir à la nation française sans tomber dans les affres d’un nationalisme extrémiste. Que cela nous plaise ou non, nous n’échapperons pas au diagnostic des transformations démographiques et culturelles de notre pays et de l’Europe. Des millions de français ordinaires les vivent en silence, ayant le sentiment que la classe politique, les élites et la gauche française ont vécu dans le déni de ces défis centraux. 

Défendons l’existence de frontières et refusons le piège du multiculturalisme sans frémir (sauf qu’on n’hésitera pas à vous clouer au pilori affirmant que vous êtes perdus pour la société et que peut-être, vous êtes lepénisés). 

Le plus grand défi à relever, c’est l’intégration des communautés musulmanes en extrême difficulté à cause des pressions de l’islamisme radical et de l’islam politique. Cette situation dangereuse fait partie des éléments qui nourrissent des germes de guerre civile. 

Nous sommes dans une paralysie de la pensée, pour ne pas dire à côté de « nos pompes » lorsque l’élite française souhaite mettre un cordon sanitaire autour d’Éric Zemmour ou de Marine le Pen, ou lorsque dans le journal l’Humanité, on parle de vague brune.

Je refuse le mépris de l’élite française mais je suis du côté des colères de la France d’en bas. Le fossé se creuse à la faveur de la mondialisation capitaliste et de la poussée migratoire. En France comme en Europe, le retour de la question de la Nation et de l’identité des pays est une donnée incontournable. 

C’est sans état d’âme que j’ai appris à parler vrai, à parler haut et fort. Je n’accepte pas cet aveuglement, ce déni, cette omerta qui nous sont servis. Que dire de cet angélisme duquel nous devons sortir ! 

La deuxième religion de France, l’islam spirituel, doit trouver sa place en toute dignité dans le respect des valeurs de la république laïque.  Mais pour ce faire, il faut une volonté politique affirmée pour agir, unir, rassembler toutes les forces du pays, en partenariat bien sûr avec les français de confession musulmane. Ensemble, nous devons faire la guerre à l’islamisme et appréhender sérieusement la radicalisation d’une partie des musulmans, en particulier cette jeunesse française imprégnée de l’islam radical (le djihad). Toutes les études le montrent, le salafisme se fait de plus en plus prégnant dans la société française, le communautarisme se propage et la charia s’impose dans certains territoires (comment se fait-il que des enfants français deviennent des ennemis de la France ?). La guerre civile en Algérie aurait dû nous éclairer sur le rôle des islamistes, le Front islamique du salut (FIS). Combien de musulmans laïcs ont été assassinés ? Rappelons-nous aussi les plus de 200 journalistes et écrivains et les 200 000 morts recensés. 

Comme vous le savez, j’ai fait expulser de Vénissieux, deux imams : Bouziane en 2004 et Ben Chellali en 2006. Je rappelle que l’imam Bouziane était un responsable national des salafistes et que Ben Chellali a participé à des activités terroristes. Il est le père de Mourad passé par les camps d’Al Qaïda en Afghanistan.  Ce dernier s’est retrouvé à Guantanamo avec Nizar Sassi. 

Je rappelle aussi les trois semaines d’émeutes en France en octobre/novembre 2005. 800 communes sont concernées. Pour expliquer cet événement dramatique, on nous sert dans les médias et par les responsables politiques de gauche, toute une série de foutaises et mensonges comme par exemple la révolte des jeunes. C’est là que je prends conscience de l’enracinement de l’islamisme dans la société française. 

Pour enrayer ce fléau, nous devons aller vers une concorde nationale en employant un dialogue de vérité, mener un combat pluraliste en tendant la main aux français de confession musulmane. Ceci, pour réconcilier les habitants avec le « vivre ensemble » à l’opposé de toute tentative électoraliste et communautariste qui divisent et renforcent les haines et détournent des questions essentielles, sociales, économiques, politiques, culturelles. 

Au XXème siècle, dans notre combat contre le fascisme, nous avons payé cash nos errements face au génocide stalinien et au génocide maoïste. Ne commettons pas les mêmes erreurs et sortons de cet aveuglement à propos de l’islamisme. 

L’heure est au courage civique et à la résistance républicaine. Mettons-nous à la hauteur de ce danger. Nous devons plus que jamais, redynamiser les valeurs et les idéaux qui ont contribué à construire la France, l’Europe, et notre civilisation. 

Il n’est jamais trop tard pour bien faire ! 

Cher Fabien, Cher André, comme je vous l’ai déjà dit, j’ai la conviction profonde, sans un aggiornamento, que le PCF n’a pas d’avenir. 

Nous aurons peut-être l’occasion de nous croiser, de discuter dans les jours ou les semaines à venir.

Avec mes amitiés 

André GERIN

NB : cette lettre sera rendue publique. 

A lire absolument : un livre de Djemila Benhabib, Kennes Editions « Islamophobies, mon œil ! ». Elle quitte l’Algérie en 1994. Durant la guerre civile, elle est menacée de mort, poursuivie au Québec par les islamistes et aujourd’hui en Belgique.

LIEN :