samedi 16 mars 2024

 

Macron s’en va, clopin-clopant, en guerre en Ukraine - Quand un exercice de pédagogie se transforme en un immense raté

Agora Vox

 

Ainsi le président de la République française, Emmanuel Macron, a-t-il tenté de justifier ce jeudi 14 mars 2024, lors d’un entretien en direct sur les deux principales chaînes de télévision de l’Hexagone, sa récente déclaration le 26 février dernier, à l’issue de la conférence internationale de soutien à l’Ukraine, concernant le possible envoi de troupes militaires françaises sur ce même sol ukrainien.

Un exercice de pédagogie qui s’est cependant bien vite révélé, dès les premiers échanges (dont une analogie bancale, et même contreproductive tant elle s’est finalement retournée contre son propre raisonnement, sur les positions « assises » ou « debout » de ses deux interlocuteurs), confus, contradictoire, mal assuré, approximatif, suscitant plus de questions qu’il n’a offert de réponses, et donc, au bout du compte, complètement raté !

LOGORRHÉE BELLICISTE : UNE POSTURE AUSSI MALADROITE QU’ARTIFICIELLE TANT ELLE FORCE LE TRAIT

La raison de cet étonnant mais lamentable fourvoiement intellectuel, tout autant que politico-diplomatique ? Le fait que Macron ne réussit pas à se dépêtrer de cette posture, aussi maladroite qu’artificielle tant elle force le trait, qui, il y a donc quelques jours seulement, lui fit déclarer de manière impromptue et totalement improvisée, dans sa réponse élyséenne à un journaliste lors de la récente conférence de presse dédiée à cette aide à apporter à l’Ukraine, que la France était prête à envoyer des soldats sur le territoire ukrainien, précisément, si, d’aventure, la Russie l’emportait, dans ce conflit, sur le terrain. Et la machine guerrière, sa logorrhée belliciste tout autant que le péril qu’elle recèle intrinsèquement, de s’emballer aussitôt, dangereusement, aux quatre coins de la planète !

Ainsi n’a-t-on toujours pas compris, en substance, cette assertion, du même Macron, selon laquelle « la Russie ne devait pas gagner cette guerre ». Qu’est-ce à dire, en effet, concrètement, de manière plus précise, tangible et efficace ? Car, dans la réalité des faits, c’est bien la Russie qui, malgré la sincérité de notre soutien à l’Ukraine depuis le début de ce conflit, est en train de gagner, effectivement, sur le terrain !

Davantage : il est même fort probable, au train où vont les choses (dont notre propre faiblesse militaire aussi bien que le retrait progressif des États-Unis d’Amérique de ce champ de bataille) et compte-tenu surtout de la disproportion des forces en jeu (la terrible puissance russe face à la vaillante mais désormais précaire résistance ukrainienne), que la Russie finisse par gagner, qu’on le veuille ou non, définitivement.

Alors quoi, si l’on suit, à la lettre, la logique macronienne, qui, du reste, n’est toujours pas claire ? La France, dans ce malheureux mais réaliste cas, va-t-elle véritablement entrer en guerre contre la Russie ? Au risque, face à ces deux puissances nucléaires, de faire exploser dès lors, sinon la terre entière, du moins notre bonne vieille Europe, avec, dans ce carnage qui s’avérera ainsi d’une ampleur inédite, des centaines de millions de morts ?

OÙ SONT PASSÉS LES MOTS « NÉGOCIATION » ET « DIPLOMATIE »?

Mais il y avait pire encore, si cela est possible, dans cette mauvais charpente argumentative d’Emmanuel Macaron lors de ce pitoyable entretien télévisé de ce 14 mars : jamais les mots de « négociation » ni même de « diplomatie » n’y ont été ouvertement prononcés, sinon par rapport à de vagues, vains, anciens et dérisoires pourparlers, hélas, d’il y a plusieurs mois déjà !

Au contraire : ceux qui optent aujourd’hui pour la paix, pourtant seule solution rationnelle dans cet horrible conflit, y ont été traités, par ce même Macron, de « défaitistes », sinon implicitement, telle l’outrageuse conséquence d’un très malhonnête, injuste et fallacieux procès d’intention, de « complices », à l’instar du funeste esprit munichois d’autrefois, de la dictature poutinienne (ce qu’elle est, nul ne peut objectivement en douter, en effet, pour le malheur et triste sort des Russes eux-mêmes) !

Diantre ! Emmanuel Macron, soudain pris lui aussi d’un inapproprié prurit manichéen, aurait-il soudain perdu là, parce que la situation l’arrange en cette pénible circonstance, son légendaire sens de l’ « en même temps », comme si l’on ne pouvait à la fois soutenir l’Ukraine, dans son très légitime droit à la défense de sa souveraineté nationale tout autant qu’à la préservation de ses frontières internationales, et œuvrer, parallèlement, en faveur de la paix avec la Russie ?

PRÉFÉRER UNE PAIX RAISONNÉE A UNE GUERRE INSENSÉE

C’est en tout cas là – privilégier une paix raisonnée, nuance oblige, plutôt qu’une guerre insensée, où tous seraient dramatiquement perdants – ce que les authentiques humanistes, pour qui l’intelligence du cœur vaut également principe de raison, appellent très sincèrement, et sans pour autant verser là en je ne sais quelle indigne capitulation face à l’ennemi (car, de fait, il y a bien là un agressé, l’Ukraine, et un agresseur, la Russie), de leurs vœux ! 

 DANIEL SALVATORE SCHIFFER

*Philosophe, écrivain, auteur d’une quarantaine de livres, directeur de l’ouvrage collectif, autour de 33 intellectuels majeurs, « L’humain au centre du monde – Pour un humanisme des temps présents et à venir. Contre les nouveaux obscurantismes » (Éditions du Cerf).

 

Comité Olympique et FIFA : bannissez Israël des compétitions internationales dès maintenant

jeudi 14 mars 2024 par Ekō

L’armée israélienne se prépare à envahir Rafah, où se réfugient plus de la moitié des 2,3 millions d’habitants de Gaza.
Cependant, malgré le génocide en cours, les équipes sportives israéliennes continuent de participer à des compétitions internationales.

La Russie a été menacée de bannissement des compétitions sportives internationales immédiatement après l’invasion de l’Ukraine et a finalement été exclue des Jeux olympiques de 2024.
Alors que l’équipe de football israélienne se prépare à disputer des matchs européens majeurs dans les semaines à venir, et avec les Jeux Olympiques cet été, les fédérations sportives doivent agir sans plus attendre pour mettre un terme à la violence du gouvernement israélien.

Demandez au Comité Olympique, à toutes les fédérations majeures de football et autres sports d’interdire Israël jusqu’à ce que cesse le génocide palestinien.

L’idéal olympique est censé "contribuer à la construction d’un monde pacifique..." Pourtant, le Comité Olympique et toutes les autres fédérations sportives maintiennent la participation d’un pays qui a bafoué ce principe. Les attaques israéliennes ont déjà coûté la vie à plus de 30 000 Palestiniens à Gaza, dont des athlètes comme Abu al-Abed, l’entraîneur de la sélection olympique de football de la Palestine.

Cette question dépasse le cadre du sport.

Les Jeux Olympiques sont regardés par plus de 3 milliards de personnes dans le monde tous les quatre ans. Imaginez le symbole que représenterait l’exclusion d’Israël des Jeux Olympiques en signe de solidarité avec la Palestine.

C’est pourquoi plus de 300 équipes sportives en Palestine se sont jointes à cet appel. Rejoignons-les et montrons un soutien mondial massif pour bannir Israël de ces jeux.
Demandez au Comité international olympique, à la FIFA et à l’UEFA de bannir Israël de toute compétition dès maintenant. Après le siège israélien de 9 jours sur Gaza en 2021, 140 000 membres d’Ekō comme vous ont exhorté l’une des plus grandes marques de sport au monde, PUMA, à renoncer à son contrat de sponsoring avec l’Association Israélienne de Football.

Nous avons rencontré le PDG de PUMA pour lui transmettre notre message. Et grâce à notre mobilisation collective, et le travail sans relâche des militants de la cause palestinienne, PUMA a annoncé la fin de son partenariat avec la fédération israélienne de football l’année dernière, quelques mois après l’actuelle invasion.

Cela prouve que le sport peut être un vecteur de changement en Israël, mais seulement si nous agissons maintenant.

PÉTITION POUR L’EXCLUSION DE L’ÉTAT GÉNOCIDAIRE SIONISTE DES COMPÉTITIONS INTERNATIONALES

 

Comment on réécrit l’histoire !

L’une des toutes premières études de l’IFOP, plus vieux institut de sondage français, a posé cette question à la fin de la Seconde Guerre mondiale et 70 ans plus tard : «  Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne en 1945 ?  » La Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou l’URSS ? A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Français répondent (1) à plus de 60% que les Russes sont ceux qui ont le plus contribué à la défaite des Nazis. Les Etats-Unis et l’Angleterre ne recueillent respectivement que 20% et 12%. Soixante-dix ans plus tard, la réponse au même sondage donne des résultats totalement différents, l’opinion publique est complétement renversée, et c’est aux Etats-Unis avec 58 % que les français attribuent le rôle principal dans la défaite de l’Allemagne (2). C’est vrai que le cinéma américain a revisité la seconde guerre mondiale avec contrevérité, inexactitude et même un certain charlatanisme qui a permis de refaçonner cette partie de notre histoire à la sauce hollywoodienne !

En 2020, lors de la commémoration du 8 mai marquant la victoire sur l’Allemagne Nazie, la Russie n’a pas été invitée, et l’URSS n’a simplement pas été citée, comme si elle n’avait pas participé au conflit ! Pourtant, sur le) s 60 millions de morts de cette guerre, c’est l’Union Soviétique qui a payé le plus lourd tribut avec 25 millions de victimes (3! Le total de morts pour les Etats-Unis s’élève à 418 500 et pour la France à 567 600. Mais quelle aurait été la position des USA, si Hitler, ne leur avait pas déclaré la guerre après le bombardement de Pearl Harbour par les japonais en 1941 (4) ? Les américains, à ce moment, n’avaient aucun intérêt à une guerre avec l’Allemagne (5-6).

Récemment un média américain a annoncé que c’était les troupes américaines qui avaient libéré Auschwitz, avant de s’excuser de son erreur. Mais que restera-t-il de la vérité historique dans 30 ans ? Il n’y a qu’à voir comment est présenté « le pacte germano-soviétique », et comment nous avons passé aux oubliettes les accords de Munich, signés entre Hitler et les britanniques, mais aussi entre Hitler et le gouvernement français. L’on a oublié que la Pologne s’était entendue avec Hitler pour récupérer une partie de la Tchécoslovaquie. Il est également mensonger, et manipulateur, de faire croire que les communistes français ne se seraient engagés dans la résistance qu’après l’entrée en guerre de l’Union soviétique (7). Bientôt l’on va nous faire croire que c’est Staline qui a déclenché la guerre. L’Union Européenne qui veut assimiler nazisme et communisme (8) est en train de réécrire l’histoire. Réécrire l’histoire (8) c’est l’un des préceptes fondamentaux des régimes totalitaires …

http://2ccr.unblog.fr/2024/03/15/comment-on-reecrit-lhistoire/

 

Ref ;

(1) Les crises.fr., le 08/05/2019 « L’enseignement de l’ignorance : Quelle est la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne en 1945 ? ». (3) Wikipédia, « Pertes humaines pendant la Seconde Guerre mondiale ». (4) Par ce geste Hitler espérait que les japonais, « reconnaissants », aideraient l’Allemagne de se sortir du bourbier russe en ouvrant un nouveau front à l’est de la Russie, mais le Japon ne le fit pas, poursuivant plutôt sa politique expansionniste en Chine et en Asie du Sud-est. (2) Regarder « Le Mythe de la bonne guerre » de Jacques Pauwels sur You Tube (5). De 1933 à la fin de la guerre, l’ère hitlérienne fut un « paradis » pour les industriels allemands et américains. Les filiales allemandes des banques Morgan et Chase, de même que Standard Oil, Ford, GM Opel, ITT, IBM, etc., réalisèrent des profits colossaux, résultant de commandes d’Etat inépuisables et d’une surexploitation inouïe des travailleurs, déportés inclus. Le Monde Diplomatique d’Aout 2013, page 26. Lire également « Big business avec Hitler », de Jacques Pauwels aux éditions Aden. (6) Ptb.be, le27/09/2019 : « Quand le Parlement européen vote une résolution dangereuse qui réécrit l’histoire ». (7) Café Marxiste sur Youtube, le 07/01/02024 : « Léon LandiniI, résistant communiste répond à Michel Onfray (ainsi qu’à Macron et Ruffin) (8) Je vous conseille les livres et les conférences que vous trouverez sur YouTube d’Annie Lacroix-Riz, historienne, agrégée d’histoire, docteur-ès-Lettres.

 


Il y a dix ans la Crimée retrouvait la Russie

Posté par 2ccr le 16 mars 2024 Conscience Citoyenne et responsable

L’un des événements les plus marquants de la Russie moderne sont les 20 jours du premier semestre 2014, le « Printemps de Crimée ». Tout a commencé le 27 février, en réponse au coup d’État organisé en Ukraine par des nationalistes radicaux à Kiev. Le Conseil suprême de la République de Crimée a annoncé un référendum sur le territoire de la péninsule. Les Criméens ont été invités à voter pour la réunification avec la Fédération de Russie. Le vote, censé changer à jamais le sort de la Crimée, a été décidé pour le 16 mars. Lors du référendum, plus de 96 pour cent des habitants de la péninsule étaient favorables à l’adhésion à la Russie. Ses résultats ont été annoncés dès le lendemain. C’est le 17 mars que les dirigeants de la péninsule ont officiellement déclaré leur indépendance de l’Ukraine, puis le Conseil suprême de la république s’est adressé aux autorités russes pour leur demander d’accepter la Crimée dans la Fédération de Russie. Le lendemain, le 18 mars, les dirigeants de Crimée signaient un accord correspondant avec Moscou, deux nouvelles régions sont ainsi apparues : la République de Crimée et la ville fédérale de Sébastopol. Par la suite, le pont de Crimée a été construit pour relier la péninsule au « continent » via le détroit de Kertch.

Depuis 2014, cette date est considérée comme un jour férié et est célébrée chaque année comme le Jour de la réunification de la Crimée avec la Russie, et le 16 mars a commencé à être célébré comme le Jour du référendum de Crimée de 2014.

En fait, la Crimée a fait pendant des siècles, mentalement et culturellement, partie intégrante du monde russe. Lors de la dislocation de l’URSS, un référendum est organisé en Crimée le 12 février 1991 sur la question de savoir si cette république entend redevenir une République socialiste soviétique autonome de l’URSS : le résultat en est sans équivoque avec 94,3% de « oui » et 81,37% de participation. La RSSA de Crimée est pourtant dissoute le 26 février 1992 et reçoit la qualification de République autonome. On oublie, du côté de Kiev, que c’est d’une décision personnelle de Nikita Khrouchtchev, en 1954, qu’est résulté le rattachement de la Crimée à l’Ukraine. Deux ans plus tard, un nouveau référendum est organisé par la République autonome de Crimée portant sur son éventuel rattachement à la Fédération de Russie. Une fois encore, le résultat en est sans équivoque ave 96,6 % de « oui ». Le caractère majoritaire du vote est indéniable. Pourtant, le gouvernement ukrainien dénie aux Criméens le droit de disposer d’eux-mêmes alors qu’il le reconnait aux Bosniens ou aux Kosovars. Le président de la Serbie, Aleksandar Vucic, ne s’est pas fait faute de dénoncer l’hypocrisie de l‘Occident à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2023.

Jusqu’en 2014, les États-Unis envisageaient sérieusement Sébastopol comme leur nouvelle base navale afin d’établir un contrôle total sur la mer Noire, et d’en expulser la Russie. Lorsque la péninsule faisait partie de l’Ukraine, des navires américains faisaient escale dans les ports de Crimée, mais les protestations actives des Criméens n’avaient pas permis à l’armée américaine de s’y installer.

Ref :

CF2R, mars 2024 : « Ukraine : les enjeux cachés d’une guerre prévisible »

Top War, le 16/03/2024 : « Le 16 mars est le jour du référendum en Crimée en 2014 »

Le Monde, le 15/03/2014 : « D’un simple décret, Khrouchtchev fit don de la Crimée à l’Ukraine en 1954 »


 

Du déclin de l’occident, un mode de pensée incapable de concevoir l’autre… en passant par la “gauche”…

Voici ce que l’on peut recevoir comme courriel et que je vous économise en général . Si aujourd’hui exceptionnellement j’ai décidé de publier ce genre de chose c’est dans un souci pédagogique par rapport au “consensus” qui est en train de s’établir sur un mode de pensée qui interdit toute issue concrète. Hier j’ai reçu un commentaire sous le titre “la question juive ou pourquoi l’antisémitisme est de rigueur“, de la part d’un certain Charlie Ducasse et vous aurez en prime en fin cette prose que je supprime en général. Cette fois il m’a paru intéressant de tenter un lien entre la manière dont s’est répandu en Europe à la fois chez les intellectuels et dans le grand public ce qui va bien au-delà du retour de l’antisémitisme, c’est le même mode de fonctionnement mais il est question de l’incapacité européenne à penser le monde en train de naitre. Il s’avère que Charlie Ducasse place ses éructations sous le patronage de Nietzsche, et j’étais en train de lire un très court livre (83 pages) de Aymeric Monville chez Delga : Misère du nietzschéisme de gauche (de Georges Bataille à Michel Onfray). Par parenthèse ce type de livre très court est une formule d’avenir qui se concilie avec les moments d’attente… Ne vous en privez pas, il est roboratif.

Aymeric Monville démonte les thèses qui veulent que sa sœur soit la responsable de la manière dont Nietzsche et le nazisme (l’antisémitisme en particulier) ont été confondus, la sœur aurait plutôt édulcoré les thèses et il démontre à quel point ceux qui ont prétendu s’inspirer de cette pensée ont tous glissé vers l’extrême-droite.

il s’interroge : “Comment un penseur antirationaliste, apologiste de la domination et de la violence, de l’écrasement des faibles, de l’aristocratie, antiféministe et même antisémite a pu devenir une des grandes références de l’intelligentsia française de gauche. » Et il n’est pas le seul à avoir été réhabilité par une gauche qui était d’abord souvent anticommuniste ou se prétendant “antistaliniste”. Il montre comment Nietzsche a opéré un retour par la gauche qui a fait de lui “le penseur européen” mais ce retour autorise le consensus irrationaliste, individualiste et anticommuniste, de la « gauche morale » à la réaction. Ce travail sur la “gauche” a été “total”.

Et c’est en ce sens qu’il est intéressant de publier cet adepte des réseaux sociaux, ce Charlie Ducasse qui n’est pas un intellectuel mais un de ces individus qui exhibent la signification politique d’un tel engouement parce que cette dérive des “intellectuels” qui se surajoute à d’autres comme les nouveaux philosophes, la manière dont a été pris d’assaut la forteresse ouvrière et comment le pilonnage politicomédiatique, celui des pseudos experts et “éditorialistes” autoproclamés de la presse, de la télévision fait jonction avec ces idéologues pour détruire au sein de la gauche le matérialisme des Lumières et in fine l’ensemble de la philosophie issue du marxisme et du mouvement ouvrier.

Ce qui est intéressant chez ce Charlie Ducasse c’est le salmigondis qu’il place sous le parrainage de Nietzsche.

En se proclamant Nietzschéen (et des tas d’autres du même acabit) cet individu dont il existe des tas de clones qu’en général je supprime, revendique l’antisémitisme comme le nec plus ultra de la pensée occidentale et on pourrait partir de là pour dire le désagrément que j’éprouve : Oui c’est vrai qu’avoir subi depuis l’enfance cette chose-là vous rend sensible au fait qu’en ce moment l’antisémite le plus imbécile reprend du service mais ce qui me préoccupe c’est à quel point il y a là un mode de pensée plus général, plus polymorphe. Jadis réservé à la droite, aux réactionnaires, l’antisémitisme est désormais plus largement partagé et cela illustre ce que nous analysons par ailleurs : la manière dont la diabolisation fait partie de la crise des “universels” de l’occident, avec un brouillage des lignes qui veut que l’incapacité colonialiste à penser l’autre aille désormais jusqu’à l’adhésion de tous, de fait à l’apocalypse nucléaire. Les juifs n’en sont pas exempts, il suffit de voir un Glucksmann. Dans un tel brouillage des lignes, où chacun est invité à adhérer à un mode de pensée qui ressemble à l’antisémitisme millénaire… On pourrait même dire que ce n’est pas l’antisémitisme qui renaît, mais plutôt le mode de pensée qu’il consacrait et sa contagion. Ce qui disparait c’est le matérialisme des Lumières et in fine l’ensemble de la philosophie issue du marxisme et du mouvement ouvrier. Comme si sa disparition était le produit de l’incapacité des Lumières et du marxisme occidental à demeurer offensif dans le monde occidental d’abord capitaliste et colonialiste.

Comment s’étonner que dans une telle résurgence, des gens éprouvent à nouveau la haine viscérale du juif et la déversent tout en prétendant militer à vos côtés, des gauchistes, des membres du PCF qui utilisent ce qui se passe à Gaza pour alimenter cette obsession maladive avec des croquis qui ne cessent de se référer au “juif” depuis le rabbin jusqu’à l’analogie systématique avec Auschwitz… Alors que comme le prouve le texte du dit Charlie Ducasse cet antisémitisme était contradictoire avec le marxisme et l’on peut dire effectivement que son retour en force n’a eu lieu que dans la mutation de la gauche. Cette haine du “juif” a une origine européenne. Le monde arabe ne la pratiquait pas quelles que soient les périodes de fanatisme et d’exclusion il n’était jamais question du “juif” plutôt que du chrétien, celui-ci était le “cousin”. Si L’Amérique latine comme toutes les terres chrétiennes est la proie d’un antisémitisme violent, il n’y a pas cette recherche maladive du juif qui caractérise l’Europe…

C’est pourquoi au-delà de l’antisémitisme stricto sensu ce qui m’intéresse c’est la manière dont le mode de fonctionnement de l’antisémitisme européen est en train d’être exporté comme d’autres vestiges du colonialisme, et surtout devient la mouture de la pensée occidentale en plein déclin ce qui est dans le fond revendiqué naïvement par Charlie Ducasse.

Il a une certaine perspicacité sur le fait que son obsession serait désormais l’universel européen tout entier. Le déclin du mode occidental c’est d’être passé de la négation de l’autre à la diabolisation de toute différence politique et même culturelle. Il y a – il suffit de lire ce texte de Charlie Ducasse pour le percevoir – une sorte de panique, une soif de “citations”, de références qui tient lieu de démonstration. C’est pathétique et le sentiment dominant qu’inspire ce genre de texte, quelle que soit d’ailleurs l’obsession autour de laquelle il creuse son charnier, est une profonde tristesse face à un tel mode de raisonnement totalement disloqué mais qui tient sur la seule existence supposée de ce qui est le “mal”, ce qu’il suffirait d’extirper pour que tout aille mieux.

A la complexité du réel qu’est un mode de production, des formations sociales, on substitue une cause et une seule qui devient à la fois l’obsession et son mode de soulagement, le cas Poutine ou la sinophobie fonctionne sur le mode de l’antisémitisme… C’est exactement le mode de fonctionnement analysé par ailleurs justement à propos de l’Ukraine sur le plan politique et qui tend aujourd’hui à justifier y compris d’aller à propos de l’Ukraine jusqu’à l’affrontement nucléaire, comme d’ailleurs la manière de penser l’immigration comme une islamisation et de ne voir pour justifier l’injustifiable de ce qui se passe à Gaza que ce qui se serait passé le 7 octobre… Cette manière de tout ramener à une seule cause, à éliminer la pensée dialectique ne concerne pas que les seuls antisémites, cet appauvrissement se barde de “citations” souvent tronquées, d’accumulations de références, le tout s’économisant la démonstration. S’économiser la preuve est d’ailleurs le grand avantage de l’antisémitisme (c’est la faute aux juifs et aux cyclistes, pourquoi les cyclistes?) mais cette volonté d’économiser la preuve est devenue le mode de pensée dominant.

On peut lutter contre des idées fausses mais il est de plus en plus difficile d’affronter cette déchéance, qui à des degrés divers est devenue le mode de pensée français, il ne s’agit plus de la haine irrationnelle des “juifs” mais bien d’un recours systématique à la diabolisation imbécile, inculte, qui interdit la recherche de solutions concrètes… Le poids du consensus est devenu tel qu’il interdit le moindre raisonnement qui ne commence pas par dire à quel point il adhère au narratif ce qui rend totalement impossible une intervention populaire, une adhésion à des solutions qui ne soient pas la guerre.

Je dois dire que ces derniers jours, il m’est difficile vu le contexte politique, d’alimenter histoireetsociete et de conserver ce qui me permet de continuer à éprouver une inlassable curiosité pour tout ce que l’humanité, la vie, la lecture, les longues ballades apportent… Il fallait que je vous dise ce qui peut rendre ce week end un peu moins copieux, la nécessité d’un peu de distance.

Le véritable problème est que ce qui était le meilleur rempart face à ces dérives, l’existence d’un parti communiste plongeant ses racines dans l’intervention de la classe ouvrière et des couches populaires est en train d’être pris dans le piège de l’électoralisme, de l’absence de formation, la destruction de l’organisation, l’incapacité de fait à résister et si ce piège se referme sur lui sur une question aussi gravissime que la guerre ou la paix, les tentatives des intellectuels seront étouffées.

La question juive ou l’antisémitisme de rigueur…

De Voltaire à Céline, en passant par Proudhon, les plus grands penseurs Français ont toujours été antisémites… Une raison s’impose… Je me contenterai de l’aborder en une analyse toute superficielle (à fleur de nerfs, Nietzsche será mon fil d’Ariane), laissant le soin aux lecteurs interessés de creuser la question, ou leur tombe…
Voltaire, incarnation de la reaction face à la révolution bourgeoise, dernière tentative de sauver ce qui fit la grandeur de la France avant le “contra-social”, ce fils de Ninon de l’Enclos, impuissant, stérile, une merveille du raffinement de l’Esprit… À part Candide on ne l’étudie guère plus au Lycée…
Céline, ce brave médecin du bon peuple, le plus Grand écrivain du XXème siècle, le seul Dostoievski Français… curieusement (à la folie, pas du tout) ces textes les plus antisémites (l’école des cadavres et bagatelles) sont ceux qui nous éclairent le plus sur les courants d’air courrent en guerre actuels (allez y lire vous même si vous ne voulez pas me croire), il a été tellement diabolisé qu’on ne le mentionne même pas au Lycée et les intellectuels de gauche (encore moins gauchistes) en ont tellement peur qu’ils l’on offert en cadeau à l’extrême droite, je n’insisterai donc pas…

Proudhon enfin, et cela vous va (si bien) Madame Bleitrash… Je ne sais d’où vient cette idée de qualifier le petit père de l’anarchisme de “petit bourgeois”… En fait je ne le sais que trop bien, c’est la jalousie maladive (juive en somme) de Marx pour un esprit bien plus innovant que le sien… lisont un instant qu’est ce que la propriété? (le vol de la plus-value exponentielle de la force ouvrière) Pour comprendre à quel point son analyse dépasse le Marxisme… Marx à été imposé par la ruse dans la science sociale tout comme Einstein dans les sciences physiques ou Freud en psychologie… Voyons rapidement la célèbre phrase de Marx sur Hegel (chez qui, soit dit au passage, il pille toute sa philosophie) “quand J’ai connu Hegel, il marchait sur la tête, Je l’ai remis sur ces pieds”… Pour de pas m’étaler (comme la confiture) sur la fin de la société si vile et de l’Histoire, je citerai (encore) Nietzsche: “il faut aprendre à marcher sur la tête (Rosch) mais levez donc moi plus haut encore ces jambes!”, mais tout de même, pour amputer le système hégélien à sa moitié, il faut être un vrai fils de pute…
Enfin pour ma défense (impersonelle), j’apprendrai aux lecteurs que “Ducasse” (Ducassé pour être exact) est un patronyme pour les habitants du ghetto juif (Ciboure) de Saint Jean de Luz…

À bon entendeur, comme disait Bakounine, l’Esprit qui anime Proudhon est le même qui anime Montaigne…

Carlos Ducasse du Nicaragua (le país le plus appauvri au Monde après Haiti et dont personne de pense du bien malgré l’exemple de nos sacrifices).

“Le peuple Juif, le plus singulier de l’Histoire de l’Humanité, est le seul qui placé face à la question existentielle de l’être et du non-être, choisit l’être à tout prix” (Nietsky, Juif Polonais)