jeudi 20 juin 2024

 

Publié par El Diablo

 

Chers tous,

Ce matin, mardi 18 juin, le journal de 8 h de France Inter commençait ainsi :

Florence Paracuellos : "A la Une, ce matin, le sommet des parias. Vladimir Poutine  - Kim Jong Un, le Russe arrive à Pyongyang pour resserrer des liens déjà étroits entre les deux pays. Nous sommes à Moscou dans un instant". [...]. "Des armes nucléaires, ils en ont, et menacent régulièrement de s'en servir. Ils traînent les sanctions internationales qui frappent leurs pays comme des boulets, ils ont mauvaise réputation et ils s'en fichent ! Voici quelques-uns des points communs qui unissent Vladimir Poutine et Kim Jong Un. Le Russe est donc attendu à Pyongyang ce matin pour deux jours de visite. Bonjour Sylvain Tronchet".

Sylvain Tronchet : "Bonjour Florence".

F. P. : "Vous êtes notre correspondant, correspondant de France Inter à Moscou. D'où Vladimir Poutine est parti il y a quelques heures pour resserrer encore les liens avec le dictateur nord-coréen.

S. T. : "Oui, c'est la rencontre de deux régimes parmi les plus sanctionnés au monde, avec l'Iran. C'est aussi la rencontre des deux dirigeants qui agitent le plus volontiers souvent la menace nucléaire et qui se sont rapprochés ces derniers temps. Pour Kim Jong Un, la Russie est une alternative à la Chine, qui était jusque là son principal soutien et qui n'a pas toujours apprécié le côté imprévisible et turbulent du dictateur nord-coréen. Pour Vladimir Poutine, la Corée du Nord, c'est une occasion de plus de montrer qu'il n'est pas isolé, qu'il existe sur la planète des dirigeants qui lui déroulent le tapis rouge. Soutenir Pyongyang, c'est aussi un moyen de montrer son pouvoir, pouvoir de nuisance. Désormais les deux pays assument au grand jour leur coopération. Lors de la venue de Kim Jong Un en Russie il y a neuf mois, officiellement aucun accord n'avait été signé, mais cette fois-ci le Kremlin dit qu'un accord de coopération stratégique pourrait être adopté".

F. P. : "Alors, partenariat stratégique. Est-ce qu'il faut comprendre coopération militaire, Sylvain ?"

S. T. : "Alors, il y a peu de chances qu'on sache exactement ce que contient ce document, mais il semble à peu près clair que la coopération militaire a déjà commencé. Les immenses stocks de munitions nord-coréens intéressent Moscou, des photos satellites publiées ces derniers mois ont montré des cargos russes venant charger dans des ports nord-coréens ou des convois ferroviaires qui passaient la frontières entre les deux pays. D'après les Occidentaux, la Russie a déjà utilisé des obus et même des missiles balistiques nord-coréens en Ukraine et Washington affirme que Moscou a, en échange, fait profiter Pyongyang de son expertise en matière de satellites. A une époque, Moscou soutenait les sanctions contre la Corée du Nord, mais tout cela est désormais terminé".

F. P. : "Sylvain Tronchet, en direct de Moscou, à quelques heures de l'arrivée de Vladimir Poutine, plusieurs dizaines de soldats nord-coréens ont franchi la frontière de la Corée du Sud, avant de battre en retraite sous les tirs de sommation. Derniers épisode des tensions qui montent entre les deux pays, avec ces ballons nord-coréens remplis de déchets et d'extraits d'excréments envoyés au Sud, qui répond en diffusant de la K-Pop à fond le long de la frontière".

Remarque 1. Des "États parias" : que signifie ce mot de "paria" ? Au figuré, quand il est sorti de son contexte hindou, il signifie personne exclue socialement, méprisée par un groupe. Mais aux yeux de quels pays la Russie et la Corée du Nord sont-elles des parias ? Aux yeux de l'Amérique du Nord (États-Unis + Canada), de l'Union européenne et de quelques associés (comme le Royaume-Uni, la Suisse et la Norvège), le Japon, la Corée du Sud, plus quelques breloques comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Soit, en résumé, 15 % de la population mondiale, et un poids économique en déclin.

Remarque 2. Corrélative de la précédente. Ces deux pays ne sont pas du tout parias, ni aux yeux de la Chine ni à ceux de l'Inde, ni à ceux de la majorité de l'Asie, ni à ceux des pays musulmans, ni à ceux de l'Afrique sub-saharienne, ni à ceux de l'Amérique latine... soit 85 % de la population mondiale, et un poids économique de plus en plus prégnant. Rapporté à ces données, la qualification de "Communauté internationale", dont se targuent la plupart du temps les 15 % de la Remarque 1, apparaît d'une suffisance et d'une arrogance d'autant plus insupportables qu'elles sont proférées en toute innocence, en toute inconscience...

Remarque 3. "Ils traînent les sanctions internationales comme des boulets" : où les journalistes de France Inter ont-ils vu cela ? Ignorent-ils que la Russie, comme la Corée du Nord ont développé des stratégies de contournement, qui leur permettent non seulement de compenser les sanctions édictées par les pays occidentaux, mais de s'en sortir même beaucoup mieux que ces derniers (au moins pour la Russie) ? [Il y a, par ailleurs, dans l'image du boulet, celle du forçat du XIXe siècle - popularisé par la B.D. des Dalton - qui révèle tout le mépris de la bourgeoisie nantie, bouffie de foie gras et de bonne conscience, envers les miséreux expédiés au bagne de Cayenne ou de Nouméa pour avoir porté la main sur un propriétaire...]

Remarque 4. "Ils ont mauvaise réputation et ils s'en fichent !" : que ce vocabulaire est éclairant ! On croirait entendre, il y a quelques décennies, des bourgeois bons chrétiens, parlant de très jeunes femmes - parfois même jeunes filles - engrossées par le patron, le curé, ou le notable local, et qui soutenaient le regard réprobateur de ceux qui voulaient leur faire expier "leur faute". Ou des âmes charitables se scandalisant (il n'y a pas si longtemps) lorsque des homosexuels s'affichaient avec leur compagnon sans baisser les yeux. On sent, dans ce vocabulaire transposé du domaine social au domaine international (où le mépris de classe suinte comme du pus...) tout le dépit du maître défié... et impuissant !

Remarque 5. Il est révélateur que, dans son intervention, Sylvain Tronchet ait réussi à placer l'Iran (qui avec Cuba, le Venezuela, le Hamas, le Hezbollah...), figure parmi les cinq ou six "méchants", caricaturés à foison, qui permettent aux Occidentaux de se croire le derrière propre. Mais pourquoi les journalistes n'emploient-ils pas les mêmes termes pour parler du régime de Suharto (qui tua entre 500 000 et 1 million de communistes indonésiens en 1965 et qui fut soutenu par la CIA) ?

Remarque 6. Il est pour le moins surprenant de voir s'afficher une telle bonne conscience de la part des pays européens qui, du XVe au XXe siècle, colonisèrent, pillèrent, massacrèrent, exploitèrent et humilièrent pratiquement tous les continents et de la part des États-Unis, qui, depuis 1945, ont agressé des dizaines de pays dans le monde...

Remarque 7. (Pour les plus âgés). Il est remarquable de voir comment le président Kim Jong Un se glisse bien dans la peau de Basam Damdu, l'Empereur jaune mégalomane de la bande dessinée "Le secret de l'Espadon", de la série Blake et Mortimer, publiée de 1946 à 1949. A cette époque, l'auteur, Edgar P. Jacobs, dessinateur belge, avait imaginé un État secret situé au Tibet (donc symboliquement, dans le Heartland, au milieu des terres, dans des montagnes, tout ce qui, métaphoriquement, était le plus éloigné et le plus opposé aux étendues océaniques, au Royaume-Uni insulaire, dominant les mers, et qui prenait la tête de la résistance à l'Empire jaune). Même si Jacobs s’inspirait beaucoup de la Seconde Guerre mondiale (encore toute récente), on sentait, dans sa B.D., transparaître des éléments de la guerre froide débutante, ainsi, peut-être, que de lointaines réminiscences de L'invasion jaune, roman paru en 1908 sous la plume du colonel Émile Driant (dit capitaine Danrit) et fortement marqué par la révolte des Boxers (1899-1901) et la guerre russo-japonaise (1904-1905).

Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, compléments, rectifications et critiques.

Bien à vous

Philippe ARNAUD,

Amis du Monde Diplomatique- Tours


mercredi 19 juin 2024

 

L’Euro : un premier “scandale” : Poutine, Poutine crient les supporters roumains …

L’entrée en lice de l’Ukraine dans l’Euro 2024 a été gâchée par le comportement scandaleux des supporters de la Roumanie, dit l’articleSoit on prend l’affaire d’un strict point de vue sportif et là je ne suis pas qualifiée mais il semble que la Roumanie ait accompli un exploit en battant l’Ukraine puisque cette dernière était le leader du groupe E alors que la Roumanie en était “le petit Poucet”.. Roumanie, qui n’a jamais gagné un match en compétition internationale. Maintenant s’il s’agit de stigmatiser les supporters roumains chantant à la gloire de Poutine comme le fait l’article cela mérite quelques commentaires. Je ne garantis pas les mœurs des dits Roumains sur le plan politique, comme d’ailleurs en ce qui concerne une bonne partie de la Roumanie. Un pays à l’histoire complexe où les fascistes ont toujours été mobilisés y compris durant la deuxième guerre mondiale, dans lequel la France encore aujourd’hui a ses bases militaires. Mais un peuple qui a le sentiment de s’être fait totalement gruger par les auteurs du faux charnier de Timisoara et les assassins du couple Ceausescu, par les sociaux démocrates qui leur ont succédé, l’UE, qui les a réduits à l’immigration en les privant de travail, de logement, air connu en Ukraine et dans bien d’autres pays ex-socialistes. Les supporters de foot que ce soit en Ukraine ou dans ces autres pays ex- socialistes sont les hommes de main des oligarques et les équipes qu’ils financent sont le moyen connu de tous les trafics, exode fiscal, mais aussi trafic d’armes y compris ceux fournis par l’OTAN et les USA dont on sait que seulement 30 % proviennent à destination… je ne sais pas ce qu’il en est des supporters roumains mais je n’ai pas le moindre doute sur les Ukrainiens avec des stades entiers faisant le salut hitlérien. Donc il faut lire ce reportage en comprenant ce qui se joue dans cette colère populaire… Poutine et la Russie sont une manière pour le peuple grugé de dire sa colère et son mépris pour l’UE, revendiquer une ultime fierté et là aussi comme en Ukraine, en Moldavie, dans les Balkans, etc… et demain la France de jouer avec la guerre civile entre les pauvres…
« Poutine, Poutine », premier scandale à l’Euro 2024© Fournis par Foot01

Sportivement, l’équipe de Roumanie n’a pas laissé la moindre chance à l’Ukraine en s’imposant 3 à 0 ce lundi dans le stade où évolue habituellement le Bayern Munich. Mais c’est du virage où étaient massés les supporters roumains qu’est arrivé le premier scandale de cet Euro 2024. En effet, après avoir exhibé des banderoles dans toutes les langues pour réclamer la « liberté pour les Ultras », des fans de la Roumanie ont lancé un chant à la gloire de Vladimir Poutine. Tout cela étant filmé et diffusé sur les réseaux sociaux afin d’en tirer le maximum de gloire possible. 

Bien évidemment, les supporters de la Roumanie savaient ce qu’ils faisaient, car leur adversaire du jour, l’Ukraine, est en guerre avec la Russie suite à l’invasion décidée par le président russe il y a deux ans. Pour l’instant, l’UEFA n’a pas communiqué sur ce sujet, mais devant les réactions outrées de l’équipe et des supporters ukrainiens, l’organisateur de l’Euro 2024 ne pourra pas rester les bras croisés et aura probablement des choses à dire à la Fédération roumaine de football. A noter que lors de cette même rencontre, un supporter roumain est entré sur la pelouse en seconde période de manière très calme et a été courtoisement ramené vers la sortie par les stadiers allemands.


« Poutine, Poutine », premier scandale à l’Euro 2024© Fournis par Foot01


mardi 18 juin 2024


Macron, toujours plus détestable, coincé entre 2 fronts

Dans deux semaines, nous sommes appelés aux urnes pour le premier tour des élections législatives. Le coup de poker du président semble déjà perdu tant le RN est en position de force et la gauche s’est rassemblée, faisant du camp présidentiel le maillon faible de l’élection à venir. La macronie risque de passer de bénéficiaire à victime du vote utile, tant Macron et son exécutif sont détestables.

 Laurent Herblay    Agora Vox

Une tri-polarisation qui écrase le centre

La stratégie qui sous-tendait la dissolution était sans doute d’attirer une nouvelle vague de soutiens venus du PS et de LR pour renforcer le pôle central, en comptant sur le report des voix de droite face à la gauche et inversement, comme en 2022. Mais ce calcul bute sur plusieurs limites. D’abord, ce calcul valait quand les trois blocs avaient un poids proche, assurant suffisamment de places au second tour pour le camp présidentiel. Là, la macronie n’est plus que la troisième force politique, et pourrait donc être éliminée d’une très grande partie des seconds tours dès le 30 juin, la réduisant au rôle de spectateur du duel RN-NFP. Il faut dire que les partis de gauche ont vite compris qu’ils avaient plus qu’intérêt à reformer la NUPES s’ils ne voulaient pas être réduits à quantité négligeable lors des législatives. Il n’aura pas fallu plus de 24 heures pour annoncer un premier accord, suivi d’un programme quelques jours après. L’unité de la gauche lui assure une bonne élection, même si Mélenchon, qui veut purger ses troupes, la freine.

Pourtant, la ligne Glucksman était proche de la ligne de l’exécutif, mais le PS a pensé à ses propres intérêts. Olivier Faure ne craint pas de soutenir une ligne très éloignée de la politique menée sous Hollande et même d’accepter la possibilité que Mélenchon s’installe à Matignon. Macron ne peut plus compter que sur le ralliement d’une partie des cadres de LR, comme dans les Hauts de Seine, mais l’apport risque d’être marginalisé par les dizaines de candidats de l’accord avec le RN, passé par Eric Ciotti. LR est en voie d’implosion avec pas moins de 4 lignes différentes, entre pro-Macron, indépendants, pro-Lisnard (combien de divisions ?) et pro-RN. La centrifugeuse politique à l’œuvre pourrait bien venir à bout de ce parti. Un des aspects positifs de cette séquence qui pourrait participer à clarifier le paysage politique. Les dits républicains sont trop proches de la macronie sur le fond, en dehors de postures électoralistes qui ne trouvent pas d’actions concrètes quans ce parti est en charge des affaires.

La macronie mène une campagne ubuesque, allant jusqu’à appeler à prendre en compte les JO pour le vote. Elle caricature outrageusement l’élection à venir pour tenter d’apparaître comme le seul choix raisonnable, et éviter d’avoir à parler de son bilan calamiteux dans tous les domaines (insécurité, immigration, déficit commercial, déficit budgétaire, faillites d’entreprises, chômage de masse, effacement diplomatique, services publics à l’abandon, entre une école qui apprend de plus en plus mal, et un système de santé qui a de moins en moins les moyens de soigner). La conférence de presse de Macron ne lui fera pas gagner une voix tant le président était arrogant et condescendant, réduisant le vote des Français à un acte colérique. En nous parlant comme si nous étions des enfants qui avions fait une crise, et qu’il fallait remettre sur le droit chemin, il oublie que ce langage moralisateur et infantilisant ne prend plus, et, au contraire, pourrait bien mobiliser plus encore les Français contre son camp lors des élections législatives.

Et que dire du délai ahurissant entre la dissolution et l’élection, à peine trois semaines, contesté par plusieurs recours déposés au conseil constitutionnel ? Le caractère cavalier de ce choix rajoute une ligne au lourd passif du président, même si le conseil ne remet pas en cause le calendrier. Encore une fois, comme en 2022, Macron esquive le débat en le réduisant à trois petites semaines, comptant sur le choc et la sidération pour gagner. Mais ce raisonnement est absurde quand on réunit moins de 15% des voix aux élections européennes. Il est devenu le maillon faible de la tri-polarisation de la vie poliltique française. Certains macronistes venus de la gauche pourraient être tentés de voter pour le Nouveau Front Populaire pour éviter le RN. Et d’autres, venus de la droite, ou allergiques à Mélenchon, pourraient juger le vote RN plus efficace pour éviter LFI. Sept ans de Macron ont accéléré la chute du bloc central, qui pourrait bien avoir perdu la taille critique pour subsister. Et si la macronie s’effondrait littérallement après ces législatives  ?

Mais ce faisant, Macron pourrait aussi passer la patate chaude de la gestion du pays à d’autres, alors que l’impasse économique dans laquelle il a placé notre pays devient bien plus complexe à gérer. Ainsi, il n’aurait pas à assumer l’équation budgétaire inextricable qu’il a mis en place, échappant pour partie aux conséquences de ses actes, tout en lui permettant d’essayer de redorer son image. Mais au final, sa défaite serait aussi une mise à la retraite anticipée, ce qui serait extrêmement réjouissant.

 

L’OTAN MET L'EUROPE DE L'EST EN DANGER ! POURQUOI LES ÉPARGNERAIT- ELLE? 

CE SONT PRESQUE DES RUSSES !

Un des phénomènes complètement occulté et qui pourtant est caractéristique de la profonde crise des institutions démocratiques occidentales est la manière dont le verrouillage de celles-ci manifeste une permanence des personnalités et des forces politiques qui peuvent créer l’illusion d’une identité “territoriale”, qu’il s’agisse des “nations” et plus encore des institutions supranationales et leur incapacité donc à traduire ce que Hegel désignait comme la “bête sauvage” des “sociétés civiles” déchirées par la violence des concurrences entre intérêts déchaînés… Nous le voyons à l’œuvre en France, mais c’est encore plus fort dans les ex-pays socialistes où ce qui se passe en Ukraine menace tous les fragiles équilibres (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)

https://svpressa.ru/politic/article/418760/

La Hongrie ne veut pas être attaquée par la Russie et met en garde ses collègues contre une extension de l’aide à l’Ukraine

Texte : Irina Gousseva

L’OTAN prévoit d’établir trois bases militaires sur le territoire de ces pays. C’est ce qu’a annoncé le premier ministre hongrois Viktor Orban sur les ondes de l’une des stations de radio du pays.

“L’OTAN veut créer une “mission de l’OTAN en Ukraine”. Cela signifie que l’OTAN coordonnera le transfert des armes fournies à l’Ukraine. Elle créera trois grandes bases militaires où elle transférera des armes à l’Ukraine, toujours sur le territoire des pays de l’OTAN – en Pologne, en Slovaquie et en Roumanie”, a-t-il déclaré.

La Hongrie ne participera pas à ces opérations, mais l’homme politique craint que ces bases ne deviennent une cible militaire légitime pour l’ennemi, et il “ne veut pas mettre en péril la vie paisible de la Hongrie et de la population hongroise en faisant d’un seul centimètre carré du territoire hongrois une cible militaire”. Il a également commenté la position de la Pologne et de la Roumanie.

“Ils avancent en pensant que, parce qu’ils sont les plus proches de la ligne de front, ils peuvent apporter le plus d’aide aux Ukrainiens, et ils vont se battre. Les Slovaques sont prudents et les Hongrois disent explicitement qu’étant donné qu’ils sont proches de la zone de guerre, ils devraient prendre des mesures pour assurer leur sécurité”, a souligné Viktor Orban.

Budapest n’a pas l’intention de participer au financement de la mission de l’OTAN en Ukraine, à la fourniture d’armes, à l’entraînement des militaires ukrainiens, et ne mettra pas son territoire à disposition pour la préparation d’actions militaires et ne participera pas à la mission de l’alliance en dehors de son territoire.

Alexander Mikhailov, chef du Bureau d’analyse politico-militaire, pense qu’Orban met en garde ses collègues des États d’Europe de l’Est, qui se sont trop pliés à Washington et à Bruxelles dans l’affaire ukrainienne.

– En fait, il ne s’agit pas tant de bases militaires que de la création de points plus centralisés pour le transbordement d’armes vers l’Ukraine, mais il s’agit là d’un “secret de Polichinelle”. À l’heure actuelle, les principales livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine passent principalement par la Pologne, mais aussi par la Roumanie et la Slovaquie, par le biais de corridors frontaliers de différents types. Il s’agit tout d’abord de transports ferroviaires et routiers, et si nous parlons de la Roumanie, également par voie fluviale.

Ici, Orban relaie notre propre position en ce qui concerne, comme nous l’avons dit à maintes reprises, une réponse à d’éventuelles frappes d’armes occidentales à longue portée contre le territoire russe en dehors de la zone de l’OTAN.

Orban avertit directement ses collègues qu’ils deviendront des cibles des missiles russes, et lui, en tant que dirigeant de la Hongrie, ne veut pas d’un tel avenir pour lui-même, c’est pourquoi la Hongrie, qui est le quatrième État limitrophe de l’Ukraine, ne fournit pas d’armes à travers sa frontière.

SP : La position de Robert Fico est proche de celle d’Orbán, mais la Slovaquie a été entraînée dans ces livraisons.

– Il me semble que la Slovaquie, compte tenu de la position de l’establishment politique de ce pays, ne se joindra pas non plus à ces mesures.

L’enquête actuelle sur l’envoi d’avions soviétiques à l’Ukraine est déjà un test décisif : les querelles politiques commencent entre ceux qui ont transféré des armes à l’Ukraine et les nouvelles forces politiques qui arrivent au pouvoir et accusent directement leurs prédécesseurs d’avoir violé le droit international en transférant des armes à des tiers sans accord.

Je rappelle qu’ils transfèrent des armes soviétiques, ce que personne ne leur a permis de faire.

D’un côté, Orbán parle de la sécurité de son propre État et des intérêts nationaux de la Hongrie, mais de l’autre, il avertit ses partenaires d’Europe de l’Est qu’ils se sont trop impliqués dans l’affaire ukrainienne et qu’ils se transforment en autorités ukrainiennes, qui n’ont absolument aucune souveraineté et qui leur permettent de faire ce qu’elles veulent avec l’Ukraine.

Il est clair que pour les pays d’Europe centrale, qui appartiennent au camp occidental, et plus encore pour les Etats-Unis, l’Europe de l’Est, ce sont les anciens pays du Pacte de Varsovie, les anciens adversaires, les anciens pays de choix socialistes. Dans leur subconscient, ces pays restent l’ennemi. Un territoire autrefois contrôlé par la Russie, qui n’est donc tout simplement pas à ménager.

Regardez ce qui se passe dans les pays baltes : ces derniers temps, presque tous les exercices de l’OTAN ont eu lieu sur le territoire des pays baltes et de deux nouveaux membres – la Suède et la Finlande. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont aucune pitié pour eux.

Si la Russie lance des frappes contre eux, les États-Unis, les principaux pays européens et Londres espèrent qu’ils resteront tranquilles derrière leurs grandes flaques d’eau, à une grande distance, et que la Russie ne les frappera pas. Convaincus qu’ils survivront et que l’Europe de l’Est peut être “sacrifiée pour la bonne cause”, ils continuent d’y construire des armements.

Des contingents supplémentaires s’installent désormais en Pologne, en Roumanie et dans les États baltes. Les militaires allemands s’installent en Lituanie et le contingent américain s’est agrandi en Roumanie.

Aujourd’hui, il y a 80 000 militaires américains en Europe : 30 000 en Allemagne, 50 000 de plus en plus concentrés en Europe de l’Est.

En d’autres termes, des unités nationales ou américaines sont transférées depuis des États capitalistes plus développés qui n’ont jamais fait partie du camp socialiste vers l’Europe de l’Est.

Nous ne faisons que constater la réalité, et Orban rappelle une fois de plus à ses partenaires qu’ils vont jouer à des jeux nucléaires : lorsque des missiles russes voleront dans leur direction, il sera trop tard pour crier “Oh my God” et appeler au secours l’Amérique.

SP : Récemment, l’OTAN a essayé d’augmenter la pression sur ses membres. La Slovaquie, et peut-être d’autres, pourront-ils parvenir à un accord, comme l’a fait la Hongrie ?

– Orban a défendu sa souveraineté en refusant de fournir des armes, mais il ne peut pas faire obstacle à la décision globale de l’OTAN. D’une manière générale, il ne faudra pas longtemps à l’OTAN pour modifier ses statuts et ne pas réagir à l’opinion de 2 ou 3 États. D’autant plus qu’il faut comprendre que l’OTAN, ce n’est pas l’Europe, ce sont les Etats-Unis. Le poids spécifique des Etats-Unis dans l’OTAN est d’au moins la moitié des armes et au moins 90% de toutes les décisions de politique étrangère sont prises à Washington. Nous comprenons parfaitement qui est le marionnettiste de cette alliance.

L’OTAN est un outil pour contenir l’Europe, pour priver l’Europe de sa souveraineté et un outil pour gagner de l’argent pour le complexe militaro-industriel américain. 2 % du MIC de l’Europe vont déjà en grande partie sur les comptes des entreprises américaines.

La Roumanie déploie et fournit déjà des armes sur son territoire. La Slovaquie a maintenant cessé de fournir des armes, alors qu’elle en fournissait jusqu’en 2023.

La question est différente : qui coordonnera le travail de ces centres ? En Pologne, tout est clair : quels corridors partent de quels centres et vont où. Le ministère de la défense dispose de cartes de ces corridors.

Ces États ne doivent donc pas oublier que si nos dirigeants perdent patience, ces corridors de transport peuvent être bloqués facilement et simplement. L’ordre de le faire dépend de la géopolitique.

Poutine dit directement à ses anciens partenaires occidentaux de ne pas jouer, nous voyons parfaitement tout, y compris le désir de s’incliner devant Washington, mais nous avons nos propres intérêts – assurer la sécurité de la Fédération de Russie.