mardi 19 mars 2024

 

Le détournement des fonds russes par l’Europe provoquera un effondrement financier,

par Olga Samofalova

Un texte fondamental pour comprendre à quel point la mondialisation basée sur le dollar risque l’effondrement parce que les politiciens et affairistes des Etats-Unis ont voulu faire du dollar un instrument militarisé en appui de leur monstrueux appareil militaro-industriel (lui-même financiarisé) qui a montré dans la plupart des guerres réelles son inefficacité. Les États-Unis n’étant plus une nation mais un système hégémonique impérialiste totalement soumis au profit se trouvent pris dans la contradiction du bellicisme concurrentiel qui détruit leur rôle “universel” et le choix d’exaspérer de plus en plus celui-ci pour tenter de conserver une hégémonie en crise. Une contradiction qui ne cesse de s’aggraver face à la nécessité des coopérations. (note de danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop)

https://vz.ru/economy/2024/3/14/1257893.html

L’UE craint que Moscou ne réagisse vivement au fait qu’elle ne se contente pas de geler, mais qu’elle confisque déjà les actifs de la Banque centrale de Russie. Si l’UE décide d’aller de l’avant, cela pourrait entraîner la faillite du principal dépositaire européen de titres, Euroclear, situé en Belgique, a déclaré un fonctionnaire européen à l’agence Reuters.

Environ 70 % de tous les avoirs russes gelés par l’Occident sont détenus par le dépositaire belge Euroclear. Selon diverses estimations, y sont déposés entre 190 et 270 milliards d’euros d’actifs de la Banque de Russie.

Il s’agit des avoirs de la Banque de Russie qui ont été gelés au début de l’année 2022. “En règle générale, il s’agissait de titres de créance émis par la BCE et placés chez le dépositaire Euroclear. C’est pourquoi il était facile de les localiser et de les bloquer. Ces fonds étaient là parce que la Banque centrale réservait des actifs en devises étrangères pour une stabilisation potentielle du taux de change du rouble dans le cadre des pratiques internationales établies”, explique Denis Perepelitsa, professeur associé au département des marchés financiers mondiaux et des Fintech de l’université économique russe Plekhanov.

La faillite d’Euroclear, qui gère des capitaux d’une valeur de 37 000 milliards d’euros dans le monde, compromettra la stabilité financière de l’ensemble de l’Union européenne et pourrait même provoquer une crise financière mondiale.

Un fonctionnaire européen décrit la situation comme suit : une partie importante des fonds russes devra rester “au bilan d’Euroclear, qui devra faire face à une vague de poursuites” de la part de la Banque centrale de Russie. La Banque de Russie pourrait saisir “33 milliards d’euros d’actifs d’Euroclear” détenus dans la juridiction russe par le biais des tribunaux, et intenter des actions en justice pour confisquer les actifs d’Euroclear à Dubaï et à Hong Kong. L’Europe pourrait également crouler sous les procès intentés par les banques occidentales qui perdront leurs actifs à la suite de la guerre des sanctions.

En conséquence, les mesures de rétorsion de Moscou “pourraient complètement vider Euroclear”, a déclaré le fonctionnaire européen. Ce serait l’élément déclencheur d’une crise financière paneuropéenne ou mondiale.

Le ministre russe des finances, Anton Silouanov, a déclaré plus tôt que toute action des pays occidentaux ayant gelé des avoirs russes recevrait une réponse symétrique, car “nous n’avons pas moins d’avoirs gelés nous aussi”. “En réponse, la Russie peut confisquer les actions et les dettes européennes gelées, ainsi que les biens immobiliers appartenant à des Européens et les liquidités déposées sur les comptes russes de résidents de l’UE. Ces actifs pourraient s’élever à environ 500 milliards d’euros dans toute la Russie”, a déclaré Denis Perepelitsa.

Les fonctionnaires européens se frottent les mains depuis longtemps pour s’emparer des actifs russes, mais ils ont toujours peur. C’est pourquoi ils veulent au moins s’approprier le produit du réinvestissement des avoirs russes gelés. L’objectif est de donner ces fonds à l’Ukraine afin de ne pas avoir à les dépenser elle-même et de continuer à aficher son soutien au pays.

Pour les seules années 2022-2023, 5,2 milliards d’euros de revenus provenant de nos avoirs gelés ont été accumulés, mais il est déjà difficile pour l’UE de les retirer, car Euroclear a déjà enregistré ces fonds dans son bénéfice d’exploitation et a payé des impôts sur ces fonds. En d’autres termes, ces fonds n’appartiennent plus à la Russie, mais au dépositaire européen. Il semblerait étrange de les retirer à leur propriétaire. L’UE elle-même a échoué dans cette affaire, car elle a pris une décision sur le statut des revenus de nos avoirs gelés trop tard – seulement le 12 février 2024.

Mais Bruxelles espère récolter les revenus qui seront générés par les avoirs russes en 2024-2027. Elle a déjà calculé que ces revenus pourraient s’élever entre 15 et 20 milliards d’euros au cours de ces quatre années, “en fonction de l’évolution des taux d’intérêt mondiaux”. Le calcul des revenus pour une période aussi longue indique déjà que l’UE ne s’attend pas vraiment à restituer ses actifs à la Russie. Il est possible que les fonctionnaires européens comptent sur le fait qu’au cours de ces quatre années, ils parviendront encore à mettre au point un tel plan et à modifier leurs lois de manière à ce que la saisie des réserves de la Russie devienne une action presque légale.

Cependant, Perepelitsa pense que le calcul a été fait pour quatre ans, car il s’agit de la durée du cycle électoral de l’UE, et si la décision de confiscation est prise, elle sera en vigueur pendant toute la période.

“En Occident, des voix s’élèvent de plus en plus fréquemment pour réclamer la saisie des avoirs russes sur les comptes occidentaux et leur transfert en Ukraine afin de reconstruire l’économie de ce pays en ruine. Le premier violon est ici comme toujours joué par les États-Unis, qui poussent Bruxelles à commettre cet acte de suicide financier de facto, car le vol direct des actifs d’un pays souverain finira par saper la foi dans l’inviolabilité de la propriété privée en Europe”, déclare Nikolaï Vavilov, spécialiste du département de recherche stratégique de Total Research.

Selon M. Perepelitsa, il est peu probable que la confiscation des avoirs russes soit à elle seule l’élément déclencheur de l’effondrement du système financier mondial. Toutefois, elle pourrait devenir l’un des facteurs importants du début d’un effondrement majeur de l’économie européenne, voire mondiale, ajoute-t-il.

“Cette situation est suivie de près non seulement par la Russie, mais aussi par la Chine, les Émirats arabes unis et de nombreux autres pays qui possèdent des biens immobiliers et mènent des activités financières sur le territoire des pays occidentaux. Si la confiscation des fonds russes dans la zone euro se produit, la Chine, les Émirats arabes unis et d’autres pays commenceront à restituer leurs actifs de l’Union européenne. En conséquence, la monnaie européenne entamera sa spirale descendante”, prévient M. Vavilov. Et ce pourrait être le premier signe de l’entrée en crise de l’UE.” Dans le même temps, d’autres raisons expliquent l’imminence d’une crise mondiale potentielle : une forte inflation, des coûts élevés dans le secteur énergétique des pays européens, des problèmes géopolitiques, la crise migratoire, la militarisation des économies de l’UE. Ainsi, la probabilité d’un effondrement de l’économie de l’UE est assez élevée. Et la confiscation des avoirs russes sera un autre facteur d’accélération de cet effondrement”, déclare Denis Perepelitsa.

Par conséquent, même avec la saisie de revenus potentiels de 15 à 20 milliards d’euros, et c’est déjà une jolie somme, les fonctionnaires européens ne sont pas pressés. “Pour obtenir au moins ces pourcentages, il est nécessaire de disposer d’actes législatifs nationaux pour le retrait de ces fonds, et ce n’est pas le cas, pour les raisons susmentionnées”, conclut M. Vavilov.

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