dimanche 18 septembre 2011

DESPUÉS DE ANDORRA: ALCORISA.

Il y avait des novillos de Maños à ANDORRA ce dimanche 11 Septembre. Et nous avions les billets d’entrée en poche. Mais nous dormions à ALCORISA, elle aussi en fiestas, avec ce jour-là une novillada de CEBADA GAGO. ALCORISA, patrie de NICANOR VILLALTA, le matador dont chaque mur de la peña nichée sous les tendidos évoque le souvenir. C’est Raquel, la sympathique patronne de l’hôtel « Casa de la Fuente », qui nous avait suggéré de jeter un coup d’œil à la nouvelle plaza de toros. Et il a suffi, le dimanche matin, que nous suivions son conseil, somme toute alléchant, pour que notre programme soit chamboulé.


Parce que nous avons rencontré là-haut Pepe, un pilier de la peña, qui nous a d'abord offert un café: descente en ville dans sa voiture, où nous avons rencontré ses amis, puis ensuite assisté à l’apartado, et enfin nous avons été invités à partager le repas des 300 socios. Dans ces conditions, il n’était plus possible de rejoindre ANDORRA, d’autant que, pour finir, ce qui devait arriver arriva, nous avons été gracieusement invités à suivre Angela, l’épouse de Pepe, et leur amie Maria José, aux arènes.

Et de retrouver au cartel de ces CEBADA GAGO notre triomphateur de la veille, IMANOL SÀNCHEZ. Son novillo le contraint vite à reculer, après avoir percuté la cavalerie, batacazo juste évité. La faenita sera superficielle, profilée, sans transmission, l’animal se figeant rapidement, bouche ouverte, malgré le très léger châtiment. Mais le garçon sait donner l’illusion à un public qui, comme celui de la veille à ANDORRA, ne boude pas le plaisir simple qu’il est venu chercher. De plus, avec l’épée, le novillero se jette sur le morillo, pour une entière aussi spectaculaire qu’efficace : deux oreilles !

PABLO SANTANA est apodéré par Andrés SÀNCHEZ, ancien matador salmantino. Ce dernier passera son temps à crier depuis le callejon- comme d’ailleurs, le mozo de espada, qui égrène ses « biènn, biénnn », tramposos los dos - pour influencer le palco en faveur de son protégé qui aurait plus besoin de conseils professionnels que de ficelles de ce genre. Malgré un novillo manso y flojo, SANTANA abuse du pico et des attitudes empruntées, se fait souvent accrocher la flanelle, tente un recibir après un pinchazo. Et malgré un travail plus que passable, le garçon profite de quatre applaudissements de la famille pour entreprendre une vuelta.


Originaire de CALANDAR, qui se trouve à quelques lieues d’ici, PABLO COLOMER est donc le régional que le public voulait voir triompher: mais les contrats doivent être rares, le garçon ne semble pas très sûr de lui, malgré le courage dont il fera montre. Son toreo est un peu électrique, et souvent sur le recul. Son opposant a peu de charge, il a été repiqué après les clarines, malgré sa justesse de forces. Ce qui ne l’empêche pas de cueillir PABLO assez méchamment, avec au moins une cornada apparente à la cuisse. Le novillero est emporté, puis revient avec l’épée, le toro a gardé la tête haute, il n’a jamais été dominé, bouche fermée, le danger est imminent. COLOMER réussit à lui loger ¾ d’épée un peu trasera : l’animal lutte longuement contre la mort, debout, en brave. Puis se couche près des planches.
Deux oreilles !!


Avec son numéro aux banderilles, IMANOL SÀNCHEZ met le feu aux tendidos. Le quiebro fait recette, mais le violin provoque autant d’applaudissements. Genou ployé pour amener son novillo au centre, le garçon cite ensuite son opposant à 20 mètres, pour servir une faena qui ira crescendo, avec la droite comme de natural, là aussi en se croisant et en citant le toro à 10 mètres : plaisant et spectaculaire. Toreo qui porte sur les gradins. Jusqu’à ce que l’animal faiblisse et se fige. Nouvelle entière foudroyante, en se jetant sur le morillo.

Rabo !!!


Le second CEBADA de SANTANA fuse sur le piquero : chute évitée de peu, après une vaillante embestida. Mais la faena sera fade, la lidia escamotée, sans dominio, malgré les passes de début cambiadas dans le dos, le tout assorti d’un desplante théatral mais immérité. 1/3 d’épée après trois essais. Avis.
Andrés Sànchez, apoderado déçu, fait la grimace envers le palco, mais çà ne valait pas plus.

COLOMER ne revenant pas de l’infirmerie, la tâche d’affronter son second novillo revient encore à IMANOL, l’enfant de SARAGOSSE. L’animal, sortant des chiqueros, a déjà la gueule ouverte. Une très légère piquette en guise d’épreuve de la bravoure. Mais le flojito s’affale dès les premiers capotazos. IMANOL s’écarte pour lui donner air et distance. Manso et faible, le manso brâme à chaque pas qu’il accomplit, c’en est pitoyable. Décidé à abréger, le novillero lui administre son dernier estoconazo dont il a le secret, - le CINQUIÈME en deux jours !-. L’animal se couche rapidement.
FIN de la tarde ALCORISANA. IMANOL SÀNCHEZ sort a hombros.

En conclusion: deux journées de rencontres, d’amitiés, d’aficion, inoubliables. Merci à Pepe, Angela, Maria José, Valerio, à leurs amis, à Raquel y Manolo, de la Casa de la Fuente, à tous ceux qui nous ont témoigné amitié et hospitalité : et ils sont si nombreux…
Les novillos? Décevants, mais la fête était belle, et notre entourage si chaleureux, si agréable.
Le rabo ! Le plus dur à comprendre, à digérer. Excessif, çà oui! Mais c’était l’alcaldeza – sœur de Pepe- qui était au palco, et comme elle me l’avoua plus tard, alors que je l'avais suppliée de ne pas se laisser impressionner par les peones tricheurs, elle « NE POUVAIT PAS FAIRE AUTREMENT » !
Comme quoi, un(e) politique au palco, ce n’est évidemment pas la panacée, en matière de rigueur: entre les aficionados et les électeurs, pour ne pas risquer de décevoir les uns et ne pas fâcher les autres, la marge est mince, et la raison de l'un n'est pas forcément celle de la rigueur des autres..
La plaza: neuve, inaugurée en 2002, capacité 3400 places. A peine 1/4 d’arène ce jour!

samedi 17 septembre 2011

IMAGES DES PRIETO DE LA CAL DE ANDORRA

De ces "MISS" invitées, combien resteront aficionadas?Vinatero, jabonero pour GOMEZOtra pica putana Un quiebro de SANCHEZ Cadré, engagé, spectaculaire: IMANOL ne triche pas avec l'acier Un beau berrendo negro pour ABASOLOBanderillero de ALBERTO GOMEZ au balcon!Profil, quand tu nous tiens...Le second colorao de SÀNCHEZ









Dans l'épaule! Les as de l'esquinterie.... La ganadera aurait fait une "mauvaise" chute. A ses côtés, son fils TomàsSpectaculairement engagée, l'estocade de IMANOL SÀNCHEZTrois oreilles pour IMANOL, - une puis deux -en attendant mieux, le lendemaiDemi arène? Heureusement pour eux! Tendido sombra especial a 15 eurosDavid en grande discussion avec Imanol y compañeros Bocadillos y cerveza para los socios y los amig

DECEPTIONANTES, LOS PRIETO DE LA CAL DE ANDORRA

J’avais choisi les novilladas de «VILLA de ANDORRA », ce deuxième week-end de septembre, non pour y rechercher une aficion torista improbable, moi que révoltent depuis des lustres les pauvres images des spectacles light véhiculées par exemple sur Canal Sur Andalucia par les « Romerito boys », et leurs commentaires pour pensionnaires de centres spécialisés, mais justement pour y redécouvrir autre chose que ce que nous côtoyons ici, avec mes amis de verdad, dans nos arènes sérieuses et désesgarbadisées, pour mesurer ce qui nous différencie, nous, aficionados a los toros, de cette aficion hélas vieillissante de l’Espagne profonde, mais qui ne se prend pas le chou, qui se rend naturellement aux arènes- a los toros – parce que c’est la tradition pour ce monde festif, mais peu exigeant, -peut-être d’avoir trop souffert du poids oppressant du fascisme ?- friand d’oreilles et de rabos, plaza et toros demeurant les symboles culturels viscéraux sans lesquels la fiesta n’aurait aucun sens, bref, me replonger dans mes périples d’antan, renouer le lien avec ce que j’avais connu il y a une trentaine d’années, et qui avait d’ailleurs chassé à tout jamais des tendidos quelques amis qui m’accompagnaient.
Que dire ? Tout d’abord, le contact, merveilleux, fraternel, complice, avec des gens côtoyés le temps d’un apartado ou de la novillada, des gens hospitaliers, généreux, avec qui l’amitié se lie sans délai et sans façon, arrivés après 17 H en trainant la savate, leurs glacières, et leurs parasols, le paseillo démarrera avec 10 minutes de retard, mais c’est la fête, ils partagent leur merienda avec grand coeur, et ces moments-là ne peuvent être que des instants de plaisir partagé et de bonheur. Es tan importante difrutar con gente sincilla y amable. Oui, c’est si important de retrouver le goût des plaisirs simples, avec des gens simples, dans une relation amicale simple, au terme de quatre semaines d’enfer de « festival » - pas pour tout le monde, le festival de MARCIAC, mais finiront-ils par le comprendre, les adictos à la renommée forcenée!!- dans mon village où le bruit ne tarit jamais pendant 19 jours, où le village est confisqué pendant plus d'un mois. Quel bonheur de ressentir cette relation humaine non frelatée par le fric et l'orgueil réunis!!!
La novillada ? Décevante ! Parce que les novillos de PRIETO DE LA CAL étaient faibles, bien présentés, certes, avec des têtes bonitas, comme on le dit dans le jargon des taurinos, mais faibles, malgré le batacazo infligé par le jabonero sorti en premier, (ALBERTO GOMEZ en dessous de son sujet) six piques ou picotazos, avec des novilleros qui ne savent que se profiler pour faire passer un animal qui ne fait que passer faiblement, des PRIETO sans jus, sans poder, sans embestida, sans caste… Étonnons nous après des défilés de telles saloperies que les gens rejettent la pseudo corrida et que les plazas se vident : à peine une demi arène pour cette première tarde, guère plus le lendemain !
Le second jabonero cassa un burladero, ce qu’il paya illico comptant, en s’agenouillant ensuite à deux reprises. Faible et noble, distrait, sans charge. Une entière foudroyante de IMANOL SÀNCHEZ, en se couchant sur le morillo. Oreille.
IVÀN ABASOLO n’est pas à court de culot, faute de bagage: il étouffe un bestiau sans jus ni charge, pico et repico pour toreo profilé, se fait promener pendant de longues minutes, et termine par un desplante, avant une épée tendue dans le dos et ladeada. Le novillo le plus encasté du lot meurt debout.
Le quatrième animal poursuit les banderilleros et les met en danger. Il a poussé fort sous le fer, s’est fait enfermer. Il trébuche, s’affale. GOMEZ torée de salon à reculons, la muleta aveugle le novillo, jambe droite toujours en arrrière, desplante de tricheur, et désarmé final, épée et muleta abandonnées, en estoquant. Que pena !
IMANOL sait déjà toréer les tendidos. Banderilles à cornes passées, puis muleta accrochée, mais le garçon se veut dominateur. Son novillo, presque 4 ans, est noble à souhait. Il est distrait, mais le torero parvient à lui imposer quelques muletazos que le public apprécie. Et puis c’est l’engagement à l’épée, magistral, comme au premier, en basculant sur le morillo, en sortant bousculé, et le novillo mourra debout. Deux pavillons.
Le dernier est un manso qui fuit le cheval. Là aussi, profil et toreo à reculons, à droite comme à gauche. Se croiser ne figure plus au programme de l’art de Cucharès. Le novillo s’arrête en cours de faena, fixe les planches. Passes évidemment avortées. Aucune transmission, aucun dominio. Première épée: entière dans le dos, seconde dans les cartilages. ¡Vaya torero !
La musique ? Omni présente, et bruyante, dès les premiers coups de torchon. Mais elle est comprise dans le prix de l’abono. D’ailleurs, beaucoup avouent qu’ils vont aux toros une ou deux fois l’an. Et ils la réclament : « mùsica !! » Alguazil ? Invisible. Présidence ? Généreuse, excessive, évidemment. Mais c’est la fiesta. Et la fiesta, çà se marque.
A détacher: IMANOL SÀNCHEZ, au-dessus du lot de ses comparses.
Et, je me répète, public très très bon enfant. TRÈS large avec les récompenses qu’il peut régaler. Généreux, pour les toreros, avec le pañuelo, comme pour ses voisins, avec ses cañas et ses bocadillos de jamòn de TERUEL con tomate.
Une expérience, pour une autre aficion, peu exigeante, certes, mais combien attachante….
Muchisimas gracias, amigos aficionados de ANDORRA.


Hemos pasado un buèn rato con buena gente: eso vale todas las corridas de Dax o de Béziers.

lundi 5 septembre 2011

IV FERIA DE NOVILLADAS PICADAS DE "VILLA DE ANDORRA"


FOTOS de los Novillos de Prieto de la Cal y Los Maños para Andorra

Publicado por eltorodelajota on jueves 1 de septiembre de 2011
Las fotografías corresponden a los novillos de Prieto de la Cal y Los Maños que serán lidiados en la IV Feria de Novilladas de Andorra durante el 10 y 11 de Septiembre. Dos novilladas bonitas y de variopintas capas. Esperemos que embistan.


Recordemos que estos doce novillos se dispuitarán el Trofeo "Labrador y Minero"al Mejor Novillo de la Feria.


Aqui seremos, sàbado y domingo, con illusión y aficion, para descubrir, desde Francia, a esta ciudad taurina.


Para cerrar la temporada en belleza.

dimanche 21 août 2011

COLLIOURE, TERRE DE TOROS, TERRE D'EXIL.

Au coin du monument, la bandera andalouse


Des hommages, par centaines, tous les jours, des fleurs fraîches, 72 ans après sa mort


"Et quand viendra le jour du dernier voyage

Quand partira la nef qui jamais ne revient,

Vous me verrez à bord, avec peu de bagage,

Casiment nu, comme les enfants de la mer".


COLLIOURE, ANTONIO MACHADO : MON PÈLERINAGE.

Ce mardi 16 Août, j’avais donc décidé de me rendre à COLLIOURE, pour cette passionnante novillada de Christophe YONNET, dont j’ai rendu compte ces jours derniers. Il m’était par contre impossible de ne pas me rendre, -comme toujours -, dans son cimetière, rendu célèbre depuis qu’y repose l’illustre ANTONIO MACHADO, un des plus grands poètes espagnols du XX° siècle, mort en terre d’exil, chassé par le franquisme, l’ami de FREDERICO GARCIA LORCA, lui-même assassiné par les franquistes, deux destins rares, deux amitiés de cœur et de combat pour la République espagnole, deux talents immenses réunis dans la gloire et la mort, deux martyrs de la guerre civile.
Un hommage qui est une tradition, un pèlerinage, depuis que je connais ANTONIO MACHADO, à jamais associé à COLLIOURE.

C’est Jean FERRAT qui m’a fait découvrir ANTONIO MACHADO, à travers une chanson qui trotte souvent dans ma tête et dans mon cœur, parce que tout ce qui touche à la tragédie espagnole ne peut laisser indifférent le républicain, pour ne jamais oublier les souffrances endurées d’un peuple abandonné au fascisme, jusqu’à la retirada et (ou) la mort:

« MACHADO dort à COLLIOURE
Trois pas suffirent hors d’ESPAGNE
Quand le ciel pour lui se fit lourd
Il s’assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours….
Et ferma les yeux pour toujours…. »

Son frère, MANUEL MACHADO, également poète, passé dans les rangs des nationalistes, n’eut pas, semble-t-il, la même célébrité reconnue, même si FRANCO et ses sbires ne retinrent et n’encensèrent évidemment que le loyaliste à la cause franquiste. Une autre chanson de Jean FERRAT fait allusion aux drames et aux déchirements que provoqua la guerre civile Espagnole : « MARIA »
« Maria avait deux enfants, deux garçons dont elle était fière,
Et c’était bien la même chair, et c’était bien le même sang,
Ils grandirent sur cette terre, près de la Méditerranée,
Ils grandirent dans la lumière entre le lys et l’oranger

C’est presque au jour de leurs vingt ans, qu’éclata la guerre civile,
On vit l’Espagne rouge de sang, crier dans un monde immobile,
Les deux enfants de Maria, n’étaient pas dans le même camp,
N’étaient pas du même combat : l’un était ROUGE, et l’autre BLANC….. »

Et du même auteur interprète, concernant l’assassinat de GARCIA LORCA, ce vers qui sonne comme un glas, et que j’associe à mon hommage à Antonio l’immense :
« DIEU, le fracas que fait un poète qu’on tue ! »

Exilé du franquisme, Antonio MACHADO abandonna son poste de membre de l’Académie royale Espagnole. Arrivé à COLLIOURE, accuilli à l’Hôtel QUINTANA, le 2 Février 1939, il décèdera le 22 du même mois, et sa mère le suivra dans la mort trois jours plus tard.

Dans le cimetière de mon petit village, je m’arrête souvent devant une tombe où il est écrit ce petit texte poignant, celui de son épouse, sans doute, des voisins à nous, lorsque j’étais gamin, mais un bonhomme, un nom, que je ne peux oublier :
« Ici repose, JOSÉ MARIE MARTORREL,
MORT EN TERRE D’EXIL…. »

Combien sont-ils, par milliers, par millions, ceux qui sont morts comme eux, et dont le seul crime fut d’avoir rêvé de la RÉPUBLIQUE, et de s'être battu pour elle ?




"Mi corazon està donde ha nacido,



No a la vida, al amor, cerca del Duero,



¡ El muro blanco, y el ciprés erguido !"





Gracias, Maestrissimo MACHADO