jeudi 19 juillet 2012

ROBLEÑO, LES ESCOLAR, ET CÉRET: ROMAN.

Le lleno, pour ce pari de l'ADAC, d'enfermer le valiente Fernando ROBLEÑO avec cet encierro de six toros d'ESCOLAR GIL. Une grande attente, trop grande, sans doute, pour quelques aficionados portés par le rêve de ce pari fou, qui  imaginaient le torerazo au grand coeur signant sans faillir six faenas d'anthologie à des TOROS-TOROS, loin des bébêtes que les milliardaires enfants gâtés du système du G10 s'acharnent à chasser de leurs rêves cauchemardesques, de la carte taurine,  et avant tout de leurs cartels, à tel point qu'ils n'affrontent jamais que les chèvres doméquisées.
JAMAIS UN AUTRE "ENCASTE" QUE CELUI DU MARQUIS!

Et c'est cela qu'il ne faudra surtout pas perdre de vue, lorsque nous repenserons à ce dimanche 15 juillet, en VALLESPIR, où Fernando accomplit avec humilité, et quel courage!, une tâche qu'aucune des prétendues figuras n'osera jamais envisager. 
Torear babosas: ¡ Si ! 
Enfrentarse a toros : ¡ No !

Six combats donc menés à bon terme, avec le sérieux, et l'engagement propres aux toreros encastés, même si parfois nous avons pu déplorer quelques scories, celles que le public cérétan relevait il y a peu, mais que semblent aujourd'hui balayer d'un revers de main les nouveaux spectateurs? Comme partout, à VIC, à ALÈS, et ailleurs, quand on se préoccupe plus du remplissage que de pédagogie.

Le lot était homogène, solide dans l'ensemble, aucun ne s'agenouilla à l'heure des vêpres, et bien armé. Sauf le troisième, ils parvinrent bouche fermée à l'acte final.

Les piques, avec quelques cariocas de gala, dont le public se fout royalement, hormis "le noyau dur"
Deux pour le premier, qui ne chargeait qu'en renâclant, dont une dans l'épaule
Trois piques pour le second, appuyée, la dernière
Deux longues rencontres pour le troisième 
Deux piquettes pour le quatrième, sortant seul
Trois rencontres pour le 5°, la dernière peu appuyée
Deux piques bien poussées pour le sixième.

Les banderilleros:
Comme toujours, ovation pour Angel OTERO BELTRAN
Au troisième, chute d'un peon devant le toro, qui l'épargna 
Au cinquième toro, séquence charlotade, avec des banderilleros clowns.

Les toros: mansos, la plupart, assez nobles, solides, peu d'embestida, fond de caste,  morts en brave, presque tous boca cerrada.
Le premier fut peu dominé,  entière sur le côté; idem pour le second: entière plate, efficace
Entière foudroyante pour le troisième
Le quatrième acheva distrait, faena écourtée: nouvelle entière efficace
Au cinquième, avisé, non dominé, le torero infligea quelques passes de châtiment
Le sixième, noble, fut un parfait partenaire: ROBLEÑO mêla le bon et le passable, se croisa parfois et torea souvent sur le passage
Voilà pour la reseña, que d'autres raconteront mieux que moi.

Je reviens sur ces sentiments exprimés à la sortie ou ailleurs, parfois contradictoires, relevés çà et là: pour les uns, - et nos amis espagnols notamment sont friands de superlatifs, dont ils usent et abusent inconsidérément: extraordinaire, historique, sensationnelle, - il n'y a pas de place pour la demi mesure. Pour beaucoup d'entre eux, tout fut parfait, rien à laisser, un triomphe. Sans parler des Terres Taurines, où là, on se préoccupe surtout de justifier son callejòn pour remplir la gamelle. Mais d'autres sont un peu restés sur leur faim. Ont-ils tort ou raison? Qui peut prétendre, hormis les lameculos qui vivent du système, qu'ils ont tort, qui peut prétendre qu'il a seul raison? Soyons justes, essayons, ou soyons réalistes: une corrida ne peut être constituée que de bons moments- parfois-, de moins bons moments,- souvent -, et aussi de très mauvais moments, trop souvent. A plus forte raison, ce UN seul contre SIX ne pouvait échapper à la règle, ROBLEÑO fut-il le torerazo à coeur vaillant que l'on connait et que l'on aime: six bichos sérieux, et non six babosas, six limaces de m...., six fois sur le métier, à remettre son ouvrage, à peine le temps de s'éponger le front et le toril laisse apparaître le suivant de ces messieurs, con cojones y pitones, d'abord la cape, puis la muleta, enfin l'épée, la tension ni l'attention ne doivent faiblir, il faut assurer, réfléchir, avancer, tenter de canaliser, dominer, faire comme si l'on est le maître même si le toro commande....Il faut reconnaître à Fernando ce mérite immense d'avoir tenu la distance, et pour ce qui est, par exemple, de se croiser, quand il  torée de profil, m'est avis qu'un matador comme lui est plus enclin à avancer la jambe avec plus d'application,  lorsqu'il affronte deux toros, son premier, puis le second, 45 minutes après, que lorsque les six lidias s'enchainent sans un tout petit temps mort, pour récupérer un peu de forces, six combats avec des bestioles n'ayant qu'une très lointaine parenté avec les chèvres doméquisées de ce mercredi de la Madeleine Marisaramontoise.
Pas pour moi, donc, cet enthousiasme que j'ai vécu en quittant l'arène dimanche soir, et que j'ai pu lire sur quelques blogs du pays voisin - il est vrai que les aficionados espagnols paraissent beaucoup plus sevrés que nous de cette authenticité que leur ont volé les taurinos mafieux, intégrité que cultivent encore chez nous des poignées d'aficionados militants, dans leurs placitas transformées en lieux saints de la corrida-! Mais tout de même, je garde intacts le plaisir,  la satisfaction, d'avoir vu et admiré de sacrées belles images dignes de la fiesta brava, de ne m'être jamais ennuyé, et surtout, le bonheur d'avoir partagé ces moments, avec des gens comme moi, amoureux de vérité, de pureté, de courage, de cette leçon de vie que représente la corrida, dans toute sa dureté, sa sauvagerie, son éternelle et incomparable beauté.

Pour terminer, un petit bémol: d'un succès taurin, d'un évènement exceptionnel, tout un réseau de revisteros,  intéressés, pour la plupart, s'est empressé de le qualifier de triomphe, largement médiatisé avec tous les artifices qu'on connait. Bien mis en scène dimanche soir par les toreros de plata, qui se sont précipités pour porter en triomphe leur idole employeur, "triomphe" excessivement qualifié "d'historique" relayé sur les blogs au service des réseaux des taurinos, on a même vu le mayoral hissé sur les épaules attentionnées des hommes de la cuadrilla, alors que rien n'autorisait ce qui demeure pour moi une imposture, aucun toro n'ayant obtenu une vuelta, et un dernier personnage inconnu sortir lui aussi a hombros ( ESCOLAR ?) ces débordements bien orchestrés m'ont paru contraires à l'éthique, notamment cérétane.
Et c'est bien ce qui éveille chez les aficionados intègres, - ne pas confondre avec intégristes, comme le font Viard et ses fans bêlants des "peñas chutt et tacayaler"- quelques autres craintes pour l'avenir.

Allons: restons optimistes, le Père Noël finira bien par nous entendre.....

mercredi 18 juillet 2012

CÉRET DE TOROS: ACTE II, Hros D.J. Ma. ESCOBAR

LA NOVILLADA MATINALE, AVEC LES HÉRITIERS DE D.J.Ma. ESCOBAR.


Trois quarts d'arènes, beau temps, palco qui respecte l'horaire, impatience du public. Tout est réuni. Clarines.

El DANI tente de recevoir et d'intéresser son premier novillo, avec quelques difficultés, mais le manso préfèrerait enjamber la barrière. Il est mis en suerte au centre du ruedo, et fonce pour une modeste piquette. Replacé au milieu, il refuse d'en sortir. Puis se décide, au terme de longues, très longues hésitations. Seconde piquette. La 3° mise en suerte s'avère inutile, d'ailleurs, les mêmes erreurs seront  souvent répétées au long de la matinée, les novillos, mansos, pour la plupart, refusant d'embestir à distance. A 20 mètres du cheval, le premier novillo reste immobile, distrait. Faible, également, il accomplit plusieurs génuflexions devant la muleta. Peu de charge, plus toreo parallèle, ne diminue pas le danger: au contraire.  Malgré ses carences pour charger la suerte et avancer la jambe, le DANI  fait front avec courage, face à un novillo qui s'est avisé, il s'applique à dérouler quelques naturelles, hélas la muleta souvent pendue au bout des cornes. Le toro se décompose, il reçoit une entière un peu sur la côté, efficace, mais il lutte longuement contre son destin, près des planches: la caste ne trompe pas.
Doté d'un joli trapio, mais aux armures plus modestes, le quatrième est accueilli par véroniques. Puis reçoit une première lance dans l'épaule.(!!) Le novillo accuse le coup et boite. Deuxième charge en partant du centre, pique vite levée. Multiples cites du piquero pour provoquer la troisième embestida. Piquette. Suivie d'une faenita fuera de cacho, car le garçon oublie de se croiser, malgré la douce noblesse de son opposant. "Cosas de toreo moderno". Abus du pico, et comme de coutume, muleta souvent accrochée avec la main gauche, temple absent, comme la domination qui ne présentait pas beaucoup de difficultés. 1/3 d'épée, un autre, nombreux descabellos hasardeux ratés, à toro vif. A souligner les interventions de l'alguazil, frappant des coups répérés contre les planches, pour faire cesser la ronde des enterreurs. Idem pour les picadors qui s'endorment sur leurs actes crapuleux.

Comme ses frères, le second novillo, pour Imanol SANCHEZ est placé au centre du rond: deux rencontres avec la cavalerie, sorti seul de la seconde, troisième charge impossible, çà n'est décidément pas dans les vertus de la maison ESCOBAR. Leur lien commun est au contraire: mansedumbre, peu d'embestidas. Mais l'intérêt ne faiblit jamais, à mon goût. Par la suite, le novillo s'élance dans la cape pattes en avant, en jouant de ses pitones. A l'image de ce cabeceo, le toreo est désordonné, une autre pique m'aurait paru nécessaire. Après plusieurs avertissements, Imanol se fait prendre et secouer. Heureusement, plus de peur que de mal. Conclusion par une entière tendue et un peu miraculeuse. 
Le cinquième sort en boitant: mouchoir vert. Le sobrero se blesse à son tour. Pour qu'il se remette sans doute de son handicap, SOPEÑO PALACIOS le gratifie de trois piques traseras(!): dans la gêne, pas de plaisir! Dépassé, décevant, dominé, Imanol entreprend une faenita dagereuse, il s'envoie  dessus ce toro qui ne paraissait pas particulièrement avisé. Mais entre piques assassines et capotazos.....Quelques essais fébriles avec la main gauche, mais le novillo garde l'initiative et le dominio. Imanol ne semble disposé d'aucun recours, face au problème que lui pose ce quinto. Il réussit toutefois une entière tendue, et le novillo meurt debout, bouche fermée, comme la plupart de ses frères.
J'avais découvert Imanol SANCHEZ à ANDORRA et ALCORISA, en 2011: je n'ai pas décelé le moindre progrès. 
Emilio HUERTAS hérite du troisième de la matinale, un manso perdido, gris, bien armé, qui voudrait lui aussi aller voir ce qui se passe dans le callejón. Début de panique, là, puis dans le ruedo. Deux piques poussées, puis deux paires de banderilles signées Angel OTERO BELTRAN, fortement ovationnées. Le novillo s'avère noble, peut-être le plus noble de la matinée. Série de derechazos applaudis. Puis le ESCOBAR gratte le sol, avant de s'engouffrer dans la série de naturelles que déploie HUERTAS. Mais la muleta rencontre les cornes, le novillo découvre le jeu et garde la tête haute, oeil et cornes aux aguets. Il n'a pas subi de domination, il n'a pas humilié suffisamment. Une entière adroite et correcte, et il finit son combat en luttant contre la mort, bouche fermée. Oreille généreuse.
Avec un peu moins de trapio, le sixième se présente doté de belles armures. MARTINEZ SUAREZ, le piquero de turno, le massacre par deux fois, sans vergogne. Pour ses deux paires de bâtonnets cloués avec art et entrega, José OTERO BELTRAN reçoit la même ovation que son frère Angel. Dos artistas, los hermanos. Ensuite, faena brouillonne, HUERTAS fait des passes fuera de cacho. Sans se croiser. En fait de croisement, c'est du toreo de rond point, ironise un voisin. En point d'orgue: une naturelle, avec pico télescopique, à 1 mètre 50 de la ceinture. Arrimate, lance une voix rauque. Mais Emilio n'entend que le bruit de la pendule de son estomac qui marque bientôt 14H. Conclusion par 2/3 d'épée atravesada.

FIN DU DEUXIÈME ACTE, en attendant les ESCOLAR de la tarde.

MORENO DE SILVA EN CÉRET: JUSTITO!

PRÉAMBULE.
Bien sûr, les aficionados espagnols, très nombreux autour de nous, notamment les catalans du Sud, ne tarissent pas d'éloges sur CÉRET, sur la chance que nous avons, nous, Français, de pouvoir compter encore sur des plazas telles que celle-ci, où l'afición sans bornes d'une poignée de militants permet que nous puissions assister à de véritables lidias de véritables toros, à l'heure où le perri-toro dégénéré a remplacé le fauve qui seul autorise la poursuite du passionnant combat séculaire que l'on nomme la corrida.
Et ils ont raison!
Mais quelques excès et débordements auxquels nous avons assisté durant ces deux journées peuvent aussi laisser craindre des revers désagréables, dangereux, même, pour le futur de ce pour quoi nous luttons: la fiesta brava authentique. Par exemple on a vu des piqueros qui ont massacré les toros, sous l'oeil impassible et complice de certains toreros, comme MARIN, la sortie en triomphe  de José ESCOLAR GIL, qui ne s'imposait pas, suivie d'un troisième personnage porté lui aussi "a hombros", et d'autres choses qui me reviendront...
J'ai beaucoup aimé:
- le solo de David GONZALEZ, artiste parmi les artistes, interprétant seul, face à EL FUNDI, avant le paseillo, à l'entrée du ruedo, "En er Mundo", en honneur à José PRADOS, pour son dernier combat  en VALLESPIR.
- les retrouvailles, souvent émouvantes, avec les amis aficionados accourus de partout, les Cérétans, bien sûr, André, Robert, et Bruno, mais ausi le Narbonnais JLB- disparu dimanche a.m.?-, Maxime, Jean, Julito, Yohan, Zanzi, Juanique, Florent, Vincent, Éric, tous jeunes aficionados qui ont pris le flambeau, JPC, Pierre du 31, Pierre du 30 et Colette, André, Francine, Serge B. et Madame, d'Avignonet, les amis Miélanais longtemps perdus de vue, Claude, Mireille, Serge, Joaquim, Vicente, Josemi, sans oublier les Quintana - trois générations- et tous ceux que je peux oublier le temps de ce petit texte, je leur demande pardon.
- la tradition Cérétane: le bonheur de retrouver ce ruedo unique, dans son cadre merveilleux, la "Cobla millenaria," interprétant d'abord, juste avant la sortie du premier toro, "els Segadors", ( les Moissonneurs), hymne dédié aux paysans de Catalogne, puis enfin, avant la sortie du dernier toro, "la Santa Espina", en référence au Christ, mélodie magnifique accompagnée avec les palmas par toute une arène debout.

J'ai détesté:
- la présence pesante de la "sécurité", jusque sur les andanadas, où les aficionados qui s'expriment et protestent par des cris, des broncas, comme il est de tradition dans une arène et dans les corridas, depuis la nuit des temps, sont surveillés comme des jeunes délinquants. Le prix de nos places augmente démesurément, notamment en partie pour payer des gens qui, en retour de nos sacrifices financiers, se comportent comme des flics surveillant des casseurs que nous ne sommes évidemment pas, épiant nos moindres faits et gestes, l'oreille collée à leur téléphone, prêts à intervenir parce qu'un spectateur de la peña "CHUTTTT!" crée son petit scandale: parce qu'un aficionado plus exigent a morigéné son torero préféré, n'a pas apprécié son absence d'engagement, de cargar la suerte: de nos jours, il faut rester light, applaudir les astuces, ou/et se taire. Sinon, on s'expose à la vindicte des névrosé(e)s, dans  leurs dangereux états délirants
Messieurs de l'ADAC, laissez ces gens-là - les maniaques de la surveillance et de l'ordre dont ils ont une notion trop étriquée- en bas des gradins, SVP, il se répand un détestable climat d'intolérance, au point qu'un illuminé a publié aujourd'hui sur son blog la photo d'un aficionado qui lui déplait, en priant les organisateurs de l'interdire d'arène. Le pétainisme est de retour! Si c'est pas de la délation fasciste, de sinistre mémoire, c'est quoi?

SUR LA CORRIDA, BRIÈVEMENT...
Le premier MORENO DE SILVA a poussé trois fois sous le fer. Le FUNDI, lui, a beaucoup reculé, il est depuis longtemps en "pré-jubilación". On ne lui en voudra pas. Mais ces cérémonies se répètent, se succèdent, et ne garantissent rien de bon pour la suite des hostilités, les compagnons de cartel sont invités à partager l'ovation, et ils ne se mouillent pas par la suite davantage pour cela. Minimum syndical, pico, et profil. José a logé un acier dans le ventre du premier. Le quatrième avait de petites cornes, FUNDI le laissait s'échapper au cheval, sans faire l'effort de le retenir. Faenita à un torito qui humiliait, et golletazo final. Une oreille!!! Merci, bravo, M. MANENT, mais ce cadeau était vraiment DE TROP,  vous pouvez dès maintenant prendre du repos, et vous abstenir.
Le numéro 2 est magnifique, armé, et difficile à fixer. Il cherche la sortie de secours,  par dessus les planches. Tito SANDOVAL lui administre une vraie pique, puis deux piquettes, enfin provoque la quatrième charge pour un regaton: public debout, ovation! A son tour, avec les banderilles, David ADALID est invité à saluer. Par la suite, à la muleta, le SILVA s'avère noble, permettant une faena templée, mais sans se croiser, et donc sans émotion ni transmission. Conclusion par une entière tendue. Javier CASTAÑO salue, puis s'avance pour la vuelta. Sifflets et bronca: retour immédiat au callejón. Le cinquième boite, le mouchoir vert se fait attendre. Changement. Le sobrero prend deux piques de voyou, dont une dans l'épaule, crapuleuse. CASTAÑO se fait avertir deux fois, puis tente quelques naturelles sur la passage. Il se fait secouer, mais continue sa faena marginale. Jamais dominé, le toro ne charge qu'à moitié. Sans doute l'effet désastreux de la pique. 1/3 d'épée qui ressort.

Serafin MARIN cultive une détestable spécialité: il laisse trop fréquemment s'échapper ses toros vers le piquero, sans "pouvoir" les retenir. Puis les laisse assassiner par le même, sans bouger le petit doigt. Ajoutez y ses attitudes disgrâcieuses, arc bouté loin de l'animal, aujourd'hui, il n'a pas failli à la règle. Batacazo à la première rencontre du toro avec le piquero. Le manso- comme ses frères, tous mansos, avec un fond de caste- rue comme un baudet. Il reçoit deux rations, puis part encore seul pour le troisième puyazo, puis le quatrième, que ALMODOVAR lui administre consciencieusement, après les clarines, MARIN fait alors semblant d'intervenir. Déjà, pourrait-on dire avec humour. Si çà n'est pas de la magouille la plus honteuse!!!..
Il n'empêche: le toro restera quand même, et comme très souvent dans ce cas, même trop piqué, le maître du rond. Serafin recule la jambe pour le faire passer à distance, pico largement déployé. Une naturelle croisée émerge enfin de la médiocre prestation. Pas de transmission, ni émotion à fortiori, la mise en suerte de matar s'éternise, deux mete y saca avant un bajonazo.
Magnifique, lui aussi, le sixième pousse à la première rencontre, puis sort vite seul de la seconde. Puis repart pour une troisième sous le regard toujours indifférent du Catalan- MARIN ne "sait" ou ne "veut" pas le retenir- Puis il sort et revient ensuite se coller au carapazon. La faena sera du même niveau que la première, parallèle, superficielle, à des kilomètres du MORENO, hormis là aussi quelques détails de la gauche. Mais si peu! Et avec une attitude si empruntée....
2/3 d'épée pour conclure une tarde qui ne restera pas sur les rétines. Fin du premier acte.

CONCLUSION.
Lot assez bien présenté, dans le type, trois furent plus nobles, les autres un peu moins maniables. Tous solides, aucun ne fléchirent, ils arrivèrent bouche fermée à la mort. Tous ont dominé leurs opposants bipèdes, seul Javier CASTAÑO me parut celui qui disposa de plus de recours, il émergea grâce à de beaux gestes, malgré un tirage au sort qui ne l'avantageait pas. Les six toros furent applaudis à la sortie des chiqueros, peu à pas à l'arrastre.
Me reste surtout de cet élevage le souvenir du MORENO DE SILVA qui prit dix piques à CARCASSONNE il y a quatre ans, qui resta seul au milieu du ruedo, face au cavalier qui ne lui épargna pas la ration qu'on imagine, pendant que tous les piétons se terraient derrière les planches, sans oser sortir.
Et qu'un président minable ne gratifia même pas de l'immense vuelta al ruedo qui s'imposait. Alors que le novillero osa s'attribuer la vuelta

Mais, de tels toros: il en sort un tous les combien ?

mardi 17 juillet 2012

VICENTE YANGÜEZ "EL CHANO": TE SALUDAMOS, TE ESPERAMOS!



ANIMO, VICENTE, COURAGE, TOI QUI EN AS TANT: SOMOS TRISTES, PERO CONTIGO !


  A CELUI QUI FAIT HONNEUR A LA PROFESSION DE "TORERO DE PLATA"

Dimanche matin, assis sur les tendidos Cérétans, tout à coup, j'avais pensé à "LUI", j'avais scruté le paseillo, espérant "LE" découvrir, pour le simple plaisir d'apprécier à nouveau son art, son style unique de banderillero, avec sa maestria vraiment inégalable, planta, arte, y valor, et surtout pour le plaisir habituel de l'ovationner, lui, "EL CHANO", torero de verdad, UN TORERO, autant qu'homme de caractère bien trempé.  Il n'était pas là, à mon grand regret. Il y a quelques jours, au sortir du ruedo d'AIRE SUR L'ADOUR, je m'étais approché de lui, pour le saluer, lui témoigner mon admiration, comme j'aime le faire après chacune de ses envolées "au balcon",  dont il a le secret, sans jamais tricher; il avait répondu à mon compliment par un large sourire et une poignée de mains, avant de rejoindre la cuadrilla qui le ramenait vers l'hôtel.

Aujourd'hui, retour  du VALLESPIR, j'apprends par internet la terrible nouvelle: "EL CHANO" a été cueilli et piétiné ce vendredi par un toro,  en plaza de AVILA, avec, pour résultat provisoire, fracture de vertèbre, et, semble-t-il, lésion de la möelle épinière:  il est resté au sol sans pouvoir se relever, ne sentant plus ses jambes, comme il l'a déclaré au moment où on l'évacuait hors de l'arène. Transporté au centre médical d'AVILA, il a été dirigé sur l'hôpital universitaire Virgen de la Vega de SALAMANCA,  puis mardi au service des hémiplégiques de l'Hôpital de GETAFE, dans la banlieue de MADRID

Selon les médecins, craintes les plus vives d'une paralysie des membres inférieurs. Lui, en tout cas, affirme déjà qu'il a conscience de ne plus jamais pouvoir toréer. A moins d'un miracle, qu'il espère sans doute, et nous avec lui.

Mais le torero au courage immense garde un moral à toute épreuve. Il n'empêche: nous sommes tristes, et nous voudrions tant que lui et ses fillettes de 11 et 14 ans, son épouse, et tous ses proches, sachent combien nous sommes près d'eux, avec respect, admiration, et affection. Combien il est grand, même s'ils le savent depuis longtemps déjà

Amigos aficionados españoles - Pgmacias, Eneko, Boris, Toni, Vicente de Alcorisa, Paz Domingo, Corucha, Vicente Sànchez Lopez, Josemi, David, Pepe Lafuente,....- : diceis al CHANO, si podeis saber donde decirle,  si podeis enviarle un mensaje, diceis que lo queremos, que es un hijo, un hermano, un pariente muy cercano. Que merece nuestra admiraciòn, y nuestro cariño. Y que esperamos su curaciòn.
Con un abrazo de Pedrito





 C'était à AIRE SUR L'ADOUR, le 17 JUIN 2012, Vicente YANGÜEZ " El CHANO", sa planta torera, son engagement grâcieux unique, son courage, sans tricherie, sin trampas, au balcon!
....Et son son sourire qui conjuguait le mauvais sort.

samedi 7 juillet 2012

LA GALAXIE COMMUNISTE EN EUROPE

COMMUNISTES D'EUROPE: LA CONTAGION MORBIDE DU SUICIDE



Les deux dernières décennies du siècle 20 ont vu souffler un étrange vent de défaitisme suicidaire sur la galaxie communiste en Europe. Dans la plupart des pays de l’ancien « bloc socialiste », Pologne, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, les appareils d’état privés de leur pouvoir par l’implosion du protecteur soviétique ont mué en partis sociaux (libéraux) démocrates, convertis au capitalisme et à l’OTAN, expulsant de leurs rangs les obstinés communistes fidèles à l’idéal premier, et réduits par la répression à des groupuscules quasi clandestins. 
A l’Ouest, la plupart des PC orphelins d’un modèle longtemps adulé sans les réserves nécessaires ont été déstructurés par l’évolution d’un capital mondialisé destructeur des usines et des classes ouvrières : ils ont perdu à la fois leur influence, leurs repères idéologiques et leur rôle dans l’histoire de leur pays. Ils ont accompli pour la plupart un Congrès de Tours à l’envers, retournant à l’opportunisme carriériste, au « crétinisme ministériel » et aux compromissions sans principe avec la social-démocratie. Ainsi le PC italien, désireux avant tout d’accéder au pouvoir, se transforma d’abord en ectoplasme politique (a cosa) ouvert aux courants politiques les plus dissemblables ; il finit en Parti Démocrate, féru d’Europe supranationale et de paix sociale. 
Le PCF, lui, se donna chaque jour un peu plus à des dirigeants sans principes qui finiront quelques années plus tard en serviteurs du PS ou du patronat (Philippe Herzog, Fiterman, Robert Hue, etc.). Sa « mutation » des ans 2000 se fit en allégeance à des pouvoirs d’état privatisant l’économie, détruisant les conquêtes sociales, mais apte à pérenniser la réélection et la carrière des notables, élus et bureaucrates devenus maîtres du parti. Parallèlement, l’érosion puis l’agonie du tissu militant réduisait à néant ses capacités d’action, même s’il conservait le nom de parti communiste, auquel la plupart de ses adhérents étaient attachés. En son sein, une bonne partie de ces cadres opportunistes aspirent toujours, sans parfois l’avouer, à élargir l’organisation à des courants extérieurs, « humanistes », « écologistes », « féministes », à « dépasser la forme parti », comme disaient à Rome les théoriciens de « a cosa » quelques 20 ans plus tôt. Cela bien sûr pour obtenir des soutiens et des prébendes aux élections locales et nationales. 
Cette dérive opportuniste bascula aussi le PC d’Espagne, transformé en Izquierda Unida (Gauche unie), regroupement de sensibilités contradictoires et prêt à s’allier avec n’importe qui, des nationalistes conservateurs en Catalogne, aux sociaux-libéraux en Andalousie, etc. Mais l’exemple le plus évident vint d’Allemagne, après l’effondrement de la RDA et son absorption dans la «Gross Deutschland » capitaliste . Les aspirations ou nostalgies communistes restaient fortes à l’Est du pays, ce qui permit au parti SED, privé de son état, d’y subsister. Mais sous l’influence d’apparatchiks qui regrettaient surtout le pouvoir, ce PDS « rénové » aspirait avant tout à se débarrasser de l’étiquette communiste, considérée par eux comme un handicap électoral. Cela aboutit en 2007 à la création de « Die Linke » ( la gauche), avec l’apport de militants des Landers de l’Ouest et l’inclusion de groupes disparates sociaux-démocrates, trotskistes, pacifistes, écologiques, etc. Cet « élargissement » servit d’exemple à tous ceux qui rêvaient dans les pays voisins de dissoudre les partis communistes dans un agglomérat plus vaste. En 2009, les résultats électoraux semblèrent leur donner raison : Die Linke atteignit presque 12% des suffrages en Allemagne. La réalité en trois ans a fait exploser cette naïveté : sitôt que les dirigeants de Die Linke, sortant de l’opposition, se sont alliés pour gouverner avec les sociaux-démocrates comme à Berlin, ils ont endossé la responsabilité d’une politique néfaste et ont été rejeté par leur électorat. Début juin 2012, Die Linke est retombé à 5% des voix et son congrès, houleux, a vu s’opposer les « pragmatiques » désireux de pouvoir et d’alliance avec le SPD, et les « socialistes de gauche » pour lesquels le parti reste un instrument de lutte sociale anti-capitaliste. La nouvelle direction issue de ces débats est hétérogène, on peut donc s’interroger sur l’avenir de ce parti. 
Dans une Grèce aux prises avec les mesures d’austérité dictées par l’Europe supranationale et les banques, la coalition de gauche hétéroclite Syriza dénonce les régressions sociales mais prône le sauvetage de l’euro et des institutions européennes. Elle a été présentée par les médias et le PGE que préside Pierre Laurent comme la seule riposte possible à la loi des marchés spéculatifs. En France, Mélenchon a qualifié Syriza de « notre parti » et le PCF a fait sa promotion au détriment du KKE, parti des communistes grecs. Grâce à quoi, Syriza a réussi à ponctionner une partie des voix du KKE, et la droite l’emporte en Grèce. Le constat est partout le même : l’électoralisme qui justifie pour certains cadres dirigeants l’alignement des communistes sur les partis sociaux-libéraux responsables des politiques d’austérité, peut apporter quelques succès électoraux ambigus et éphémères, mais conduit rapidement à l’affaiblissement voire à la disparition des PC. Après la dégringolade d’IZQUIEDA UNIDA en Espagne, de RIFONDAZIONE COMMUNISTA en Italie qui a cru bon de siéger au gouvernement de la « gauche », l’histoire des DIE LINKE en Allemagne le confirme. Et s’il fallait aussi une preuve française, elle est venue les 10 et 17 juin 2012 : le PCF s ‘était quasiment dissout dans un Front de gauche rendu euphorique par les 12% de Mélenchon aux présidentielles. Il a chuté à moins de 7% qui sont à mettre à l’actif d’une coalition électorale, non du seul PCF. Certains dirigeants de ce parti rêvent encore de participer à un gouvernement de la « gauche » et ils s’affirment toujours membres de la majorité présidentielle : le bilan de la tactique adoptée est pourtant catastrophique : le PCF avait 17 députés en 2007,il lui en reste 8 en 2012 (plus 2 Front de gauche). Serait-ce la fin de l’histoire pour les partis communistes d’Europe ? La pente savonneuse n’est pas fatale. Les PC du PORTUGAL, de GRÈCE, de TCHÉQIE, etc., ont su refuser cette stratégie du suicide qui ne répond qu’aux intérêts carriéristes d’élus ou de bureaucrates sans principes, mais en rien aux nécessités de transformation sociale vers un socialisme du 21ème siècle. 
Francis ARZALIER