lundi 7 mars 2016

LÉGION D'HONNEUR DÉVOYÉE

On sait depuis longtemps déjà que la Légion d'Honneur, comme de nombreuses autres distinctions, qu'exposent ostensiblement - on les voit défiler sur les plateaux télé, où ils se font souvent inviter, pour se pavaner devant le petit peuple docile- les pipoles "décorés", dont l'unique mérite est d'appartenir à tel ou tel réseau, clan, loge, parti, grosse entreprise ou service public, là où se négocient des chantiers juteux, de faire parti de ces proches eux-mêmes amis des amis du député machin, du ministre bidule, du sénateur trucmuche....
Cette légion  mérite-t-elle vraiment qu'on la désigne toujours "d'Honneur", au vu de ceux qui la reçoivent, sans jamais mériter autre chose que l'opposition et la résistance contre leurs crimes? Il y aurait là aussi, me semble-t-il, pas mal d'économies de cérémonies et de fric à faire....Mais surtout,  ne devrait-on pas plutôt réserver à certains tyrans sanguinaires le diplôme ou la croix de la légion d'horreur? 

  Hollande décore de la Légion d'Honneur le prince héritier d'Arabie Saoudite
Le prince héritier d’Arabie Saoudite décoré de la Légion d’Honneur
Alors que l’Arabie Saoudite vient de décapiter son 70 ème condamné depuis le 1° Janvier, le président Hollande recevait à l’Élysée le prince héritier pour le décorer de la Légion d’Honneur, au titre de « personnalité étrangère », pratique protocolaire courante, précise-t-on dans l’entourage de l’Élysée.

                                                Une tradition diplomatique, selon Ayrault

"C'est une tradition diplomatique, et je pourrai vous en citer plein, des Légions d'honneur qui ont été données...", a déclaré Jean-Marc Ayrault, chef de la diplomatie française à la radio France Inter. "Il n'y avait rien de solennel" dans la remise de cette décoration par le président François Hollande à Mohammed ben Nayef, a-t-il ajouté, disant toutefois "comprendre" les réactions négatives. Avec l'Arabie saoudite, "nous discutons de la paix en Syrie, et l'Arabie saoudite a un rôle à jouer. Et d'ailleurs, concernant la reprise des négociations (inter-syriennes), sa position, c'est d'encourager la reprise des négociations, que le cessez-le-feu soit totalement respecté et que l'aide humanitaire arrive, et c'est les encouragements qu'elle donne à l'opposition", a ajouté le ministre des Affaires étrangères.

La France entretient des relations très suivies avec l'Arabie saoudite, allié important en Syrie dans la lutte contre le groupe État islamique (EI) et avec lequel la France a conclu d'importants contrats d'armement.

Le 2 janvier, 47 personnes avaient été mises à mort en une seule journée pour "terrorisme" dans le royaume, notamment le dignitaire et opposant chiite saoudien Nimr al-Nimr, dont l'exécution a provoqué une crise diplomatique entre Riyad et Téhéran.

En 2015, 153 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite, selon un décompte basé sur des chiffres officiels, un niveau inégalé depuis 20 ans dans ce royaume ultra-conservateur régi par une interprétation rigoriste de la loi islamique. Les autorités invoquent la dissuasion pour justifier la peine de mort dans des affaires de terrorisme, de meurtre, viol, vol à main armée et trafic de drogue.

http://www.lepoint.fr/politique/legion-d-honneur-le-prince-heritier-d-arabie-saoudite-decore-07-03-2016-2023506_20.php#xtor=CS2-238 
Note de Pedrito: les armes, les guerres, les crimes, la souffrance, les inégalités, l'esclavagisme, ont encore de beaux jours devant eux. 

dimanche 6 mars 2016

AVEC TRUMP, UE ET OTAN VOUÉES A DISPARAÎTRE?

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OTAN ET UE: LA DISPARITION?

 Anne Applebaum, journaliste au  quotidien américain Washington Post,  tire les conséquences que pourrait entraîner l'élection de TRUMP à la présidence de  la Maison Blanche, à travers les organisations occidentales, les alliances nouvelles.....
Avec ses idées "révolutionnaires", non seulement le candidat TRUMP souhaite changer beaucoup de choses dans son propre pays, les USA, mais aussi revoir tous les engagements conclus jusqu'ici avec les pays historiquement alliés. La journaliste a recueilli les sentiments du candidat, concernant le futur de l'Union Européenne et l'OTAN. Et conclut que pour le candidat républicain, ces institutions primordiales pour les états occidentaux n'ont pour lui que peu d'importance. Par exemple, il a déclaré que peu lui importe que l'Ukraine entre ou non à l'OTAN, parce que les garanties de sécurité que peut offrir cette organisation n'ont que peu d'intérêt pour lui. Selon lui,  les citoyens des USA ne doivent risquer leur vie dans des conflits qui ne concernent que l'Europe. "Nous abstenir d'intervenir dans les affaires et conflits Européens nous permettrait d'économiser des millions de dollars", ajoute-t-il.
D'après lui, plusieurs pays liés par leurs engagements à l'UE subissent plus d'obligations et de contraintes que d'avantages d'avoir intégré l'Europe. Le Royaume Uni, par exemple, ne cesse agiter le spectre de sa possible sortie de l'Union, à chaque occasion jugée opportune par les Britanniques. Même la dirigeante du FN Marine Le Pen se déclare prête à sortir des deux organisations. Alors que L'OTAN et l'UE constituent dans leur ensemble le socle du monde occidental, les idées de Donald TRUMP  se révèlent une véritable menace pour l' avenir,  la voix du candidat républicain rencontrant un écho certain écho parmi de nombreux autres politiques

 Source: Arben Celi / Reuters
Traduit de l'Espagnol par Pedrito.

Note: J'écoutais hier Edwy Plenel, rédacteur en chef de Médiapart, souligner le danger que présente pour beaucoup de citoyens dans le monde, et pour la Paix ici bas, la candidature du milliardaire américain: populisme, racisme, démagogie, roulage des mécaniques, étalage de la fortune, vulgarité, culte des armes - voir en plus  ses deux fils, des tueurs, des primaires,  photographiés auprès des dépouilles d'espèces protégées qu'ils viennent d'abattre, comme le roi d'Espagne - en dit long sur l'état d'esprit du candidat comme de sa famille. Et sur la citoyenneté aux USA et ailleurs, telle que la conçoivent les dirigeants politiques en quête de pouvoir. De là à présenter la mère Clinton comme l'alternative obligée, comme un modèle de vertu démocratique, il y un pas que des journalistes sensés informer avec la rigueur intellectuelle que nécessite cette élection à la Maison Blanche ne  devraient pas franchir aussi allègrement. N'a-t-il jamais entendu parler des récents scandales financiers qui lui permettent de s'enrichir de manière crapuleuse? De plus, le programme de Me Clinton est certainement tout aussi dangereux que celui de ses prédécesseurs, les Bush et Cie: avec elle, et elle ne s'en cache pas, c'est la domination du monde, c'est la guerre partout, même contre la Russie, avec tout ce que cela comporte comme risque d'embrasement universel, au nom de "l'axe du mal", les USA étant, comme chacun le sait, avec l'Irak, l'Afghanistan, la Libye, la Syrie, le Chili, et tous les pays d'Amérique Latine et d'ailleurs, qui luttent pour se débarrasser de la tutelle de l'oncle Sam, ...l'axe de la Paix.

samedi 5 mars 2016

HOLLANDE,VALS, LE PS: SUR LE GRILL DE LA "LOI EL KHOMRI"!

Loi Travail : huit Français sur dix ne sont pas satisfaits du texte





    Loi Travail : huit Français sur dix ne sont pas satisfaits du texte

EXCLUSIF + DOCUMENT et VIDEO – A peine 18 % des Français soutiennent en l’état la réforme du Code du travail, selon un sondage Elabe pour « Les Echos » et l’Institut Montaigne. La moitié estime qu’il faut revoir substantiellement la copie et un tiers sont pour un rejet pur et simple.

Comment est-on passé d’un unanimisme presque parfait cet automne sur la nécessité de revoir le Code du travail à un rejet aussi massif par l’opinion, aujourd’hui, de l’avant-projet de loi censé matérialiser cette réforme ? Selon le baromètre Elabe réalisé pour « Les Echos », Radio Classique et l’Institut Montaigne, près d’un Français sur deux (48 %) considère que le texte ne peut rester en l’état. Un tiers d’entre eux (33 %) défendent même un rejet pur et simple.
Il n’y a guère que 18 % des personnes interrogées qui soutiennent la réforme telle qu’elle vient d’être dévoilée ces jours-ci.

« Une grave erreur de pédagogie »

Pourquoi un tel revirement alors qu’il y a quelques mois seulement, les spécialistes du sujet et les thinks thanks de gauche comme de droite (Terra Nova, Institut Montaigne), de même que des personnalités comme Robert Badinter, se retrouvaient pour souligner l’urgence à réformer le Code du travail ?
« Deux éléments expliquent ce phénomène. D’abord, on rentre dans le dur de la réforme avec des mesures détaillées dans lesquelles les gens peuvent se projeter, ce qui les inquiète. Ensuite, le gouvernement a fait une grave erreur de pédagogie car aucune de ces mesures n’a été évoquée en amont. L’opinion était en train de s’approprier progressivement le constat, mais pas les mesures elles-mêmes »,  explique Bernard Sananès, le président de l’institut Elabe.
Un élément illustre parfaitement ce décalage entre l’acceptation d’un principe général d’un côté et l’inquiétude de le voir se concrétiser de l’autre. Ainsi, alors qu’une majorité de Français se disaient favorables à l’assouplissement des 35 heures dans plusieurs sondages cet automne, la fixation du temps de travail par un accord d’entreprise (qui rend effectif cet assouplissement) fait partie des mesures les plus décriées de l’avant-projet de loi (37 % veulent le voir modifier), juste derrière l’assouplissement des licenciements économiques(43 %) et le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement jugé abusif (38 %).
Pour en savoir plus
Ce sont les jeunes (18-24 ans) et les milieux populaires qui rejettent le plus massivement la réforme par peur d’une précarité accrue par rapport à celle qu’ils subissent déjà. Mais curieusement, les cadres sont aussi très critiques (61 % veulent voir le projet réécrit), par peur, cette fois, de se voir rejetés du marché du travail dans lequel ils sont insérés.
Devant de pareils chiffres, la bataille de l’opinion semble bel et bien en passe d’être perdue pour l’exécutif. « Cela peut encore basculer en fonction des aménagements qui vont être consentis pour mieux équilibrer le texte, estime Bernard Sananès, mais si le recul est trop fort, l’exécutif en paiera aussi le prix fort quant à sa capacité réelle à réformer ».
Lire aussi
Sondage réalisé par Internet les 1er et 2 mars auprès de 1.001 personnes selon la méthode des quotas.


mardi 1 mars 2016

LA PENSÉE DU JOUR

Pensée du jour
                                                           Rédigé par Canaille Lerouge

LES CHRONIQUES LATINES DE JEAN ORTIZ

Chroniques Latines


Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains... Toujours un oeil vif sur l'Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien...


AFP
Jean Ortiz

Quelques considérations « primaires »

"Je n’accepte pas que nous nous fondions une nouvelle fois dans un magma ectoplasmique, sur une base minimaliste, loin du mouvement social et de la rue."
Opter pour des « primaires à gauche » revient à s’engager une nouvelle fois dans une stratégie au final « socialo dépendante » . Elle risque d’assimiler les communistes à cette « gauche » qui n’en est plus une depuis longtemps déjà . Si nous sommes peu lisibles, peu visibles, malgré la nécessité aujourd’hui comme hier d’un puissant parti communiste, de classe, c’est que nous avons en quelque sorte renoncé à être pleinement nous-mêmes, antisystème et propositionnels, à refuser radicalement le capitalisme, à rompre avec lui. Rompre, rupture, radicalité... Etre partisan de la révolution, même si le mot a été tant et tant dégradé, n’est-ce pas revendiquer et commencer à construire, par nos résistances, nos pratiques quotidiennes, des relations et des valeurs nouvelles, une société de partage, non cannibale, libérée du marché. Un socialisme d’aujourd’hui, citoyen, autogestionnaire, démocratique, écosocialiste, qui socialise les grands secteurs économiques et les leviers financiers, qui remette en cause le carcan européen, le productivisme sans limites, la monopolisation des richesses... Mais pour cela il convient d’abord de ne pas renoncer aux mots, « socialisme », « révolution », et au sens de la marche. Je ne sais plus qui a dit : Ne pas nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.
 
Nous vivons des temps inhumains de « contreréforme », des temps terribles pour les millions de « perdants », des temps dangereux de basculement conservateur, où la tentation est grande de diluer le discours révolutionnaire dans l’air fétide et régressif du moment, de s’adapter plus que de « révolutionner », pour  tenter de gagner quelques voix... La politique cède le pas à une sorte de campagne électorale permanente dominée par le marketing politique, vide, avilisseur, par la com. manipulatrice, les coups politiques tordus ou pas, le tango des égos... Et le peuple dans toute cette ratatouille ? On se trompe si l’on croit que les sondages doivent être pris au pied de la lettre. La colère gronde dans ce pays et peut éclater sans nous, voire contre nous, assimilés au « tous pareils », à « la caste » comme disent les Espagnols.
Les « primaires », ces combats de coqs frelatés, ces rideaux de pseudo-démocratie et d’enfumage sur l’essentiel, cette singerie des « States », accentuent la personnalisation outrancière, la dépolitisation, les postures, les revirements, les petits et gros calculs, au détriment des contenus, des batailles d’idées, des compétences des militants, finalement contournés. Comme le référendum d’entreprise contourne les syndicats...
En tant que communiste, « refonder la gauche » n’est pas vraiment mon affaire. Refonder, consolider, renforcer, le PCF et le Front de gauche : OUI. OUI.
Réanime le parti socialiste qui voudra, qui pourra !! Il a infligé tant de souffrances et d’humiliations à notre peuple pour en payer le prix. Va-t-on une nouvelle fois contribuer à recrédibiliser un parti socialiste (sauce Valls ou sauce Cambadélis) plus libéral que les ultralibéraux ? A lui donner une nouvelle caution « de gauche » et à nous retrouver Gros-Jean comme devant, avec le titre de « meilleurs artisans de l’unité de la gauche »... et le « vote utile » pour le « nouveau PS » ? Se souvient-on du CERES, de la fable toujours bien vivante des « bons » et des « mauvais » socialistes, des « flingueurs » d’hier et d’aujourd’hui ? Où sont-ils passés, ceux d’hier ? Que sont-ils devenus ? La fable permet de ratisser large.
 
Comment peut-on décréter l’échec du Front de gauche (notre enfant) s’il n’a été qu’un cartel politique de circonstance et de sommet ? Si on ne lui a pas permis vraiment de prendre racine, d’ouvrir largement ses portes, de se structurer en bas? Nous, communistes, avons eu en quelque sorte peur de notre ombre . Je n’accepte pas que nous nous fondions une nouvelle fois dans un magma ectoplasmique, sur une base minimaliste, loin du mouvement social et de la rue.