vendredi 17 août 2018

A TOUS CEUX QUI DOUTENT.......

Quand les certitudes sont dépassées…

vendredi 17 août 2018 par Jean Penichon Blog ANC
À tous ceux qui doutent, qui se demandent où se trouve la vérité vraie, qui cherchent l’outil idéal permettant la transformation sociale radicale ouvrant la voie vers une société plus juste, à tous ceux-là l’ANC tend la main. Nous n’avons pourtant aucune certitude autre que celle de vouloir mettre à bas le capitalisme prédateur, et « là où il y a une volonté, il y a un chemin. » (Lénine)
Sur une idée d’Alain Chancogne, l’ANC vous propose un texte d’Aragon issue du journal « Les Lettres Françaises », n°771 du 30 avril au 6 mai 1959, à méditer par chacun d’entre nous, pour continuer d’avancer vers un avenir meilleur et se sentir bien dans sa peau. Et comme le dit Friedrich Nietzsche : « Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou. »
"Je n’ai pas toujours été l’homme que je suis. J’ai toute ma vie appris pour devenir l’homme que je suis, mais je n’ai pour autant pas oublié l’homme que j’ai été, ou à plus exactement parler les hommes que j’ai été. Et si entre ces hommes-là et moi il y a contradiction, si je crois avoir appris, progressé, changeant, ces hommes-là quand, me retournant, je les regarde, je n’ai point honte d’eux, ils sont les étapes de ce que je suis, ils menaient à moi, je ne peux pas dire moi sans eux.
Je connais des gens qui sont nés avec la vérité dans leur berceau, qui ne se sont jamais trompés, qui n’ont pas eu à avancer d’un pas de toute leur vie, puisqu’ils étaients arrivés quand ils avaient encore la morve au nez. Ils savent ce qui est bien, ils l’ont toujours su. Ils ont pour les autres la sévérité et le mépris que leur confère l’assurance triomphale d’avoir raison. Je ne leur ressemble pas. La vérité ne m’a pas été révélée à mon baptême, je ne la tiens ni de mon père ni de la classe de ma famille.
Ce que j’ai appris m’a coûté cher, ce que je sais je l’ai appris à mes dépens. Je n’ai pas une seule certitude qui ne me soit venue autrement que par le doute, l’angoisse, la sueur, la douleur de l’expérience.
Aussi ai-je le respect de ceux qui ne savent pas, de ceux qui cherchent, qui tâtonnent, qui se heurtent.
Ceux à qui la vérité est facile, spontanée, bien entendu j’ai pour eux une certaine admiration mais, je l’avoue, peu d’intérêt. Quand ils mourront, qu’on écrive donc sur leur tombe : il a toujours eu raison..., c’est ce qu’ils méritent et rien de plus. Il faut appeler les choses par leur nom."

Aragon


Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Cocorico a claironné Bruno Le Maire, ministre de l'Economie avec la nomination du numéro 2 d'Air Canada comme pilote en chef. Comme quoi, le capital est libre et non faussé.
Ce n'est pas les capacités d'un étranger à être le pilote en chef d'une entreprise française qui pose problèmes: le capitalisme est international pour nourrir les actionnaires au détriment de la souveraineté nationale et des intérêts publics. C'est en 1999, sous le gouvernement dit de la gauche plurielle dirigé par le socialiste Lionel Jospin, que s'effectue la privatisation partielle des ailes tricolores et son entrée en Bourse.
Aujourd'hui, après des gouvernements de droite et de gôche, la France ne détient plus que 14% des actions cotées en Bourse d'une société hier nationalisée à 100%. Et l'ex-banquier d'affaires, qui gère loyalement le business du capitalisme en Gaule, compte se débarrasser rapidement de ces 14%. C'est bien engagé avec ce nouveau boss provenu d'une grande compagnie aérienne concurrente de notre compagnie tricolore.
La catastrophe du viaduc à Gênes, infrastructure autoroutière dans les griffes d'un groupe privé, n'a pas plus fait bondir la ministre des Transports et celui de l'Ecologie qui chapeaute son ministère.
Pourtant, un audit sur les infrastructures routières françaises, de juillet 2018, révèle entre autre que 30% des 12 000 ponts gaulois sont à réparer, dont 7% sont en urgence absolue de réparations. Et ledit rapport ne parle pas des 9 158 km d'autoroutes privatisées en 2006 pour le grand bonheur de 18 sociétés privées, dont le patron de l'autoroute de Gênes.
Mais la nationalisation est un gros mot à ne plus employer dans l'UE du capital. Ni même d'ailleurs en Grèce gouvernée par la gauche dite radicale qui a privatisé à outrance. Tout comme est un gros mot de dire que l'argent public doit aller au service du public et non vers les profits du patronat et des actionnaires
Air France bradé aux intérêts étrangers
front syndical de classe 

Air France bradé
accompagné du salaire indécent consenti au nouveau PDG.
En effet "Ben Smith" aurait négocié un salaire annuel de 3,3 millions d'euros, soit trois fois plus que ce que touchait son prédécesseur Jean-Marc Janaillac.' (Près de 300 fois un salaire de smicard !!!)
Et ils prétendent que les salariés en faisant grève menacent l'avenir de l'entreprise !
A l'inverse, ce sont leurs choix politiques, économiques, ceux des dirigeants qui menacent l'entreprise à l'heure où les salariés du transport aérien (RYANAIR) se battent contre les conditions déplorables imposées par le modèle low cost!
Pour rappel : L'intersyndicale a mené 15 journées de grève sur plusieurs mois avec l'objectif de  6% d'augmentation générale, refusé par la direction et le pouvoir au nom de la nécessité d'une modération salarial

Israël: le Premier ministre Netanyahu entendu par la police pour corruption présumée

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a été entendu vendredi par la police israélienne vendredi 17 août à Jérusalem. Soupçonné de corruption, il aurait tenté de s'assurer une couverture propice de la part du site d'informations Walla en contrepartie de faveurs gouvernementales.

Le Premier ministre israélien soupçonné de corruption
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu parlant lors de la réunion hebdomadaire de son gouvernement le 12 août 2018 à Jérusalem.
POOL/AFP/Archives - JIM HOLLANDER
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est à nouveau entendu vendredi 17 août à Jérusalem par la police dans l'une des enquêtes pour corruption présumée menaçant son long règne, selon les médias. Les enquêteurs sont arrivés dans la matinée à la résidence de M. Netanyahu pour l'interroger dans l'affaire Bezeq sur ses liens avec Shaul Elovitch, homme d'affaires qui contrôle le principal groupe de télécommunications israélien, selon plusieurs médias.
La police et les services du Premier ministre ne confirment jamais ces auditions tant qu'elles sont en cours. M. Netanyahu a été interrogé une douzaine de fois en tant que suspect ou témoin dans les dossiers le concernant.

"Rien à se reprocher"

Dans l'affaire Bezeq, la police cherche à savoir si le couple Netanyahu a tenté de s'assurer une couverture propice de la part du site d'informations Walla, propriété de M. Elovitch, en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, selon la presse. Cette affaire, ouverte en 2017, a éclaté le 18 février 2018 dans toute sa dangerosité pour le Premier ministre, avec l'arrestation de M. Elovitch et de six autres personnes, dont deux proches collaborateurs de M. Netanyahu.
M. Netanyahu détenait jusqu'en 2017 le portefeuille des Communications, en plus du poste de chef de gouvernement. M. Netanyahu avait été entendu plus de cinq heures dans la même affaire en juillet. L'interrogatoire de vendredi pourrait être le dernier dans ce dossier, selon plusieurs médias. Dans cette enquête comme dans les autres, il assure n'avoir rien à se reprocher, dénonce une "chasse aux sorcières" et affirme sa ferme intention de rester à son posteS'il n'a été formellement mis en cause dans aucun des dossiers, la police a recommandé le 13 février son inculpation dans deux d'entre eux, l'un touchant à des cadeaux qu'il aurait indûment reçus de riches personnalités, l'autre à un accord secret qu'il aurait tenté de conclure avec un quotidien populaire pour une couverture favorable. La décision de l'inculper ou non est depuis lors entre les mains du procureur général.M. Netanyahu, sans rival apparent, n'est pas légalement tenu de démissionner s'il est inculpé. Totalisant plus de 12 ans au pouvoir -en deux fois-, il pourrait battre le record de longévité de l'historique David Ben Gourion. Dans une affaire séparée, son épouse Sara a été mise en examen le 21 juin pour "fraude" et "abus de confiance" présumés, pour avoir fait passer pour près de 100.000 dollars (85.000 euros) de repas au frais du contribuable. Le procès est censé s'ouvrir le 7 octobre.
(Avec AFP)

jeudi 16 août 2018

LETTRE A JEAN FERRAT

Lettre à Jean Ferrat,

par Philippe Torreton

                 Jean, J’aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie. J’aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant qu’à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j’étais à Entraigues il n’y a pas si longtemps et je n’ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c’est sacré !
Philippe Torreton (Hamlet) en 2011 au Château de Grignan © Olivier Perriraz Philippe Torreton (Hamlet) en 2011 au Château de Grignan © Olivier Perriraz
Pardon te t’emmerder, mais l’heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que Le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d’idées, je ne sais pas si tu vois tout de là-haut, ou si tu n’as que les titres d’une presse vendue aux argentiers proche du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l’heure est grave !
Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute-là craquer, écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui s’abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management, celle qui s’immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l’on traque comme d’autres en d’autres temps que tu as chantés, celle qu’on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le meilleur n’est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leur corps témoignent encore du labeur, celle de ces réfugiés dans leur propre pays qui vivent dehors et à qui l’on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête l’essentiel...
Jean, rechante quelque chose je t’en prie, toi, qui en voulais à d’Ormesson de déclarer, déjà dans Le Figaro, qu’un air de liberté flottait sur Saïgon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas ? Qui pourrait le chanter maintenant ? Pas le rock français qui s’est vendu à la Première dame de France. Écris-nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tous ceux qui le soutiennent !
Jean, l’Huma ne se vend plus aux bouches de métro, c’est Bolloré qui a remporté le marché avec ses gratuits. Maintenant, pour avoir l’info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans les blogs... Tu l’aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces journalistes fantoches qui se font mandater par l’Élysée pour avoir l’honneur de poser des questions préparées au Président, tu leur aurais trouvé des rimes sévères et grivoises avec vendu...
Jean, l’argent est sale, toujours, tu le sais, il est taché entre autres du sang de ces ingénieurs français. La justice avance péniblement grâce au courage de quelques uns, et l’on ose donner des leçons de civilisation au monde...
Jean, l’Allemagne n’est plus qu’à un euro de l’heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l’haleine fétide des renvois populistes de cette droite "décomplexée".
Jean, la montagne saigne, son or blanc dégouline en torrents de boue, l’homme meurt de sa fiente carbonée et irradiée, le poulet n’est plus aux hormones mais aux antibiotiques et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas de ne pas savoir faire de la politique. Le paysan est mort et ce n’est pas les numéros de cirque du Salon de l’Agriculture qui vont nous prouver le contraire. Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans les cirques. Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l’industrie agroalimentaire. On lui dit de couper, il coupe ; on lui dit de tuer son cheptel, il le tue ; on lui dit de s’endetter, il s’endette ; on lui dit de pulvériser, il pulvérise ; on lui dit de voter à droite, il vote à droite... Finies les jacqueries !
Jean, la Commune n’en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous "le Temps des Cerises" ? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite, carencé quand il tombe malade... Ici on massacre l’École laïque, on lui préfère le curé, on cherche l’excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on traque la délinquance dès la petite enfance mais on se moque du savoir et de la culture partagés...
Jean, je te quitte, pardon de t’avoir dérangé, mais mon pays se perd et comme toi j’aime cette France, je l’aime ruisselante de rage et de fatigue, j’aime sa voix rauque de trop de luttes, je l’aime intransigeante, exigeante, je l’aime quand elle prend la rue ou les armes, quand elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand elle donne d’elle même pour le plus pauvre qu’elle, quand elle s’appelle en 54 par temps d’hiver, ou en 40 à l’approche de l’été. Je l’aime quand elle devient universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu’à elle même et puise sa morale et ses valeurs dans le sacrifice de ses morts...
Jean, je voudrais tellement t’annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai...Je t’embrasse.
                                                                   Philippe Torreton
P.S. Il y a un copain chanteur du Président de la République qui reprend du service dans la grande entreprise de racolage en tout genre et qui chante à ta manière une chanson en ton honneur. N’écoute pas, c’est à gerber.

  • mercredi 15 août 2018

    DÉMOCRATIE EN TURQUIE D'ERDOGAN

     
    Turquie - Les racines du présent - Le blog d'Etienne Copeaux

    L'historienne Füsun Üstel condamnée à la prison

    Publié par Etienne Copeaux sur 8 Avril 2018, 20:03pm
    L'historienne Füsun Üstel condamnée à la prison
    Notre amie Füsun Çataltas Üstel, historienne francophone, enseignante à l'Université de Marmara (Istanbul), et signataire de l'appel 'Universitaires pour la paix' a été condamnée, pour cette raison ("soutien à une organisation terroriste"), à un an et trois mois de prison, en même temps que Veli Polat, de l'Université du Bosphore (Bogaziçi).
    Ancienne élève de Notre Dame de Sion à Istanbul, Füsun Üstel a étudié les sciences sociales à Ankara, puis à l'Université John Hopkins à Bologne
    à Ankara. En
    Turquie - Les racines du présent - Le blog d'Etienne Copeaux
    1982 elle devient enseignante-chercheuse à l'Université d'Istanbul, puis à l'Université de Marmara (secteur francophone). Elle est l'auteure d'ouvrages sur le nationalisme, l'identité, l'écriture de l'histoire en Turquie.
    Elle est également membre du Directoire de la Fondation d'Histoire (Tarih Vakfı), une institution libre qui depuis trente ans résiste contre l'instrumentalisation de l'histoire par le nationalisme turc. Füsun est une historienne intègre, une enseignante très appréciée de ses étudiants, et une militante de la démocratie et de la paix.
    Ainsi le pouvoir actuel, une fois de plus, poursuit sa politique d'intimidation des intellectuels, de ses meilleurs intellectuel(les).
    https://bianet.org/…/195815-professors-ustel-polat-sentence…