mercredi 8 septembre 2021



Deuxième partie de l'article

 LE SOCIALISME CHINOIS ET LE MYTHE....


La réponse à cette question est clairement positive. Lire aussi L'ECHIQUIER MONDIAL. Mer de Chine méridionale : les eaux troubles La difficulté de la pensée dominante à nommer le régime chinois, on l’a vu, vient d’une illusion longtemps entretenue : abandonnant le dogme communiste, la Chine serait enfin entrée dans le monde merveilleux du capital. On aimerait tant pouvoir dire que la Chine n’est plus communiste ! Convertie au libéralisme, cette nation réintégrerait le droit commun. Retour à l’ordre des choses, une telle capitulation validerait la téléologie de l’homo occidentalis. 

Or, on a sans doute mal interprété la célèbre formule du réformateur Deng Xiaoping : «peu importe que le chat soit blanc ou noir, pourvu qu’il attrape les souris». Cela ne signifie pas que le capitalisme et le socialisme sont indifférents, mais que chacun sera jugé sur ses résultats. La Chine demeure un Etat fort qui dicte sa loi aux marchés financiers, et non l’inverse. Son élite dirigeante est patriote. Une forte dose de capitalisme a été injectée dans l’économie chinoise, sous contrôle de l’État, parce qu’il fallait stimuler le développement des forces productives. Pourtant la Chine demeure un Etat fort qui dicte sa loi aux marchés financiers, et non l’inverse. Son élite dirigeante est patriote. Même si elle concède une partie du pouvoir économique aux capitalistes «nationaux», elle n’appartient pas à l’oligarchie financière mondialisée. 

Adepte du «socialisme à la chinoise», formée à l’éthique confucéenne, elle dirige un Etat qui n’est légitime que parce qu’il garantit le bien-être d’un milliard quatre cents millions de Chinois. Tout l’attachement que les Chinois affichent encore aujourd’hui pour Mao Zedong tient à ce qu’ils l’identifient à la dignité nationale retrouvée. Il ne faut pas oublier, en outre, que l’orientation économique adoptée en 1979 a été rendue possible par les efforts réalisés au cours de la période antérieure. Contrairement aux Occidentaux, les communistes chinois soulignent la continuité — en dépit des changements intervenus — entre le maoïsme et le post-maoïsme. «Beaucoup ont eu à pâtir de l’exercice du pouvoir communiste. Mais ils adhèrent pour la plupart à l’appréciation émise par Deng Xiaoping, lequel avait quelque raison d’en vouloir à Mao Zedong : 70 % de positif, 30 % de négatif. Une phrase est aujourd’hui très répandue parmi les Chinois, révélatrice de leur jugement sur Mao Zedong : Mao nous a fait tenir debout, Deng nous a enrichis. Et ces Chinois estiment tout à fait normal que le portrait de Mao Zedong figure sur les billets de banque. Tout l’attachement que les Chinois affichent encore aujourd’hui pour Mao Zedong tient à ce qu’ils l’identifient à la dignité nationale retrouvée.» écrit Philippe Barret dans son livre : N’ayez pas peur de la Chine ! Lire aussi La Chine se dit prête à octroyer 113 milliards d’euros aux projets des «Routes de la soie» 

Le maoïsme a mis fin à cent cinquante ans de décadence, de chaos et de misère. Il est vrai que le maoïsme a mis fin à cent cinquante ans de décadence, de chaos et de misère. La Chine était morcelée, dévastée par l’invasion japonaise et la guerre civile. Mao l’a unifiée. En 1949, elle est le pays le plus pauvre du monde. Son PIB par tête atteint la moitié environ de celui de l’Afrique et moins des trois quarts de celui de l’Inde. Toutefois, de 1950 à 1980, durant la période maoïste, le PIB s’accroît de façon régulière (2,8 % par an), le pays s’industrialise, et la population passe de 552 millions à 1 017 millions d’habitants. Indicateur qui résume tout, l’espérance de vie [en Chine] passe de 44 ans en 1950 à 68 ans en 1980. Les progrès en matière de santé sont spectaculaires, et les principales épidémies sont éradiquées. Indicateur qui résume tout, l’espérance de vie passe de 44 ans en 1950 à 68 ans en 1980. 

C’est un fait indéniable : malgré l’échec du «Grand Bond en avant», et malgré l’embargo occidental — ce qu’on oublie généralement de préciser — la population chinoise a gagné 24 ans d’espérance de vie sous Mao. Les progrès en matière d’éducation ont été massifs, notamment dans le primaire : la part de la population analphabète passe de 80 % en 1950 à 16 % en 1980. Enfin, la femme chinoise — qui «porte la moitié du ciel», disait Mao — a été éduquée et affranchie d’un patriarcat ancestral. En 1950, la Chine était en ruines. Trente ans plus tard, elle est encore un pays pauvre du point de vue du PIB par habitant mais c’est un Etat souverain, unifié, équipé, doté d’une industrie naissante. L’atmosphère est frugale, mais la population est nourrie, soignée et éduquée comme elle ne l’a jamais été au XXe siècle. Lire aussi Près de la ville de Jinan, en Chine, une portion d'autoroute dispose d'équipements alimentés par des panneaux solaires. Energies renouvelables : la Chine teste sa première «autoroute solaire» (IMAGES) 

Cette réévaluation de la période maoïste est nécessaire pour comprendre la Chine actuelle. C’est entre 1950 et 1980 que le socialisme a jeté les bases du développement à venir. Dès les années 70, par exemple, la Chine perçoit le fruit de ses efforts en matière de développement agricole. Une silencieuse révolution verte a fait son chemin, bénéficiant des travaux d’une académie chinoise des sciences agricoles créée par le régime communiste. A partir de 1964, les scientifiques chinois obtiennent leurs premiers succès dans la reproduction de variétés de riz à haut rendement. La restauration progressive du système d’irrigation, les progrès réalisés dans la reproduction des semences et la production d’engrais azotés ont transformé l’agriculture. Comme les progrès sanitaires et éducatifs, ces avancées agricoles ont rendu possible les réformes de Deng, elles ont constitué le socle du développement ultérieur. Et cet effort de développement colossal n’a été possible que sous l’impulsion d’un Etat planificateur, la reproduction des semences, par exemple, nécessitant des investissements dans la recherche impossibles dans le cadre des exploitations individuelles.

 

mardi 7 septembre 2021

Le socialisme chinois et le mythe de la fin de 

l’Histoire, par Bruno Guigue

Première partie ( à suivre )

 Fred DUFOUR Source: AFP Le centre-ville de Pékin la nuit (image d'illustration). AddThis Sharing Buttons Share to Facebook Share to TwitterShare to TelegramShare to WhatsAppShare to Plus d'options...Share to ImprimerShare to Email Suivez RT France sur Telegram logoTelegram En Chine, où les institutions étatiques dictent leur loi aux marchés financiers, le PIB a été multiplié par 17 ces 30 dernières années. Bruno Guigue bat en brèche la vision occidentale de la Chine qu'il estime être «obscurcie par les idées reçues». 

Bruno Guigue, né en 1962 à Toulouse, est un ancien haut fonctionnaire, chercheur en philosophie politique et analyste politique français. En 1992, un politologue américain, Francis Fukuyama, osait annoncer la «fin de l’Histoire». Avec l’effondrement de l’URSS, disait-il, l’humanité entrait dans une ère nouvelle. Elle allait connaître une prospérité sans précédent. Auréolée de sa victoire sur l’empire du mal, la démocratie libérale projetait sa lumière salvatrice sur la planète ébahie. Débarrassée du communisme, l’économie de marché devait répandre ses bienfaits aux quatre coins du globe, réalisant l’unification du monde sous les auspices du modèle américain. La débandade soviétique semblait valider la thèse libérale selon laquelle le capitalisme — et non son contraire, le socialisme — se conformait au sens de l’histoire.

 Aujourd’hui encore, l’idéologie dominante martèle cette idée simple : si l’économie planifiée des régimes socialistes a rendu l’âme, c’est qu’elle n’était pas viable. Le capitalisme, lui, ne s’est jamais aussi bien porté, et il a fait la conquête du monde. Lire aussi Donald Trump et Vladimir Poutine se serrent la main (image d'illustration). Unipolarité contre multipolarité : la véritable ingérence russe dans la politique américaine Les tenants de cette thèse en sont d’autant plus convaincus que la disparition du système soviétique n’est pas le seul argument qui semble plaider en leur faveur. Les réformes économiques engagées en Chine populaire à partir de 1979, à leurs yeux, confirment également la supériorité du système capitaliste. De même que la chute du système soviétique démontrait la supériorité du capitalisme libéral sur le socialisme dirigiste, la conversion chinoise aux recettes capitalistes semblait donner le coup de grâce à l’expérience «communiste». 

Ce double jugement de l’histoire, au fond, mettait un point final à une compétition entre les deux systèmes qui avait traversé le XXe siècle. Le problème, c’est que cette narration est un conte de fées. On aime répéter en Occident que la Chine s’est développée en devenant «capitaliste» mais cette affirmation simpliste est démentie par les faits. Même la presse libérale occidentale a fini par admettre que la conversion chinoise au capitalisme est illusoire. Enfin, les Chinois eux-mêmes le disent, et ils ont de solides arguments. Comme point de départ de l’analyse, il faut partir de la définition courante du capitalisme : un système économique fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange. Ce système a été progressivement éradiqué en Chine populaire au cours de la période maoïste (1950-1980), et il a effectivement été réintroduit dans le cadre des réformes économiques de Deng Xiaoping à partir de 1979. 

Une dose massive de capitalisme a ainsi été injectée dans l’économie, mais — la précision est d’importance — cette injection a eu lieu sous l’impulsion de l’État. La libéralisation partielle de l’économie et l’ouverture au commerce international relevaient d’une décision politique délibérée. Faire place à l’économie de marché était un moyen, et non une fin Pour les dirigeants chinois, il s’agissait de lever des capitaux extérieurs afin de faire croître la production intérieure. Faire place à l’économie de marché était un moyen, et non une fin. En réalité, la signification des réformes se comprend surtout d’un point de vue politique. «La Chine est un Etat unitaire central dans la continuité de l’empire. Pour préserver son contrôle absolu sur le système politique, le parti doit aligner les intérêts des bureaucrates sur le bien politique commun, à savoir la stabilité, et fournir à la population un revenu réel croissant et de meilleures conditions de vie. L’autorité politique doit gérer l’économie de façon à produire plus de richesses plus efficacement. 

D’où deux conséquences : l’économie de marché est un instrument, pas une finalité ; l’ouverture est une condition d’efficacité et conduit à cette directive économique opérationnelle : rattraper et dépasser l’Occident» écrivaient Michel Aglietta et Guo Bai dans leur ouvrage La Voie chinoise, capitalisme et empire. Lire aussi Les mots «Made in China» apparaissent sur une boîte de produits importés de Chine dans un magasin de gros à Paris, en France, le 10 août 2018 (illustration). Devinez quel est le nouveau pays que les Etats-Unis accusent d'ingérence dans leurs élections

 


Publié par El Diablo

Nous ne parlerons pas ici de la riche carrière de Jean-Paul Belmondo. Nous ne parlerons pas non plus de son immense talent. Nous parlerons juste d'un épisode de sa vie d'artiste dramatique, ignoré des médias qui lui rendent hommage : son engagement syndical.

Car oui, de 1963 à 1966, les adhérents du SFA (pour Syndicat français des acteurs, à l'époque) choisirent Jean-Paul Belmondo pour présider le syndicat (le vice-président était alors un certain Michel Piccoli) ! C'est ainsi qu'il fit la couverture de « La Vie Ouvrière », l'ancêtre de la NVO - La Nouvelle Vie Ouvrière. Voici ce qu'il disait du SFA et de la CGT Confédération Générale du Travail : « C’est un syndicat comme les autres. Je sais que vous allez penser aux vedettes, aux gros cachets... Nous sommes quoi, une dizaine peut-être ? N’en parlons pas, car là il ne s’agit plus à proprement parler de notre métier d’acteur. Nous sommes traités à ce niveau non pas comme des comédiens, mais comme des marques de pâte dentifrice. Ce n’est pas ça le spectacle. Le spectacle, ce sont les quelque vingt mille comédiens, acteurs de cinéma, de théâtre, de télé, qui travaillent quand on veut bien leur en donner l’occasion et dont beaucoup ont bien du mal à vivre de leur métier, ce métier qu’ils ont choisi et qu’ils aiment. Et ceux-là, je vous assure, ils ont besoin d’être syndiqués et de se battre pour la vie. J’ai des tas d’amis qui travaillent trois mois par an et moins parfois. Mais il faut manger pendant douze mois. Les sources d’emploi, voilà le problème. »

Cinq décennies plus tard, ses propos résonnent encore... Alors merci Monsieur Belmondo. Tout simplement merci.

 

 

 

Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé jeudi 2 septembre vouloir expérimenter à Marseille, dans 50 écoles-laboratoire, et ce dès la rentrée 2022, la liberté du choix des enseignants par les directeurs. Dans ces écoles, a-t-il ajouté, il faudra "pouvoir d'abord choisir les enseignants, pour être sûr qu'ils sont pleinement motivés, qu'ils adhèrent au projet", a-t-il insisté, insultant ainsi les enseignants qu'il prend pour des buses et en reconnaissant, lui-même, dire "plein de gros mots pour beaucoup de gens". Merci Monsieur le président.

"Inventer ici l'école du futur", conclue-t-il. En fait cette "école du futur" reprend le  projet néo-libéral d'une école privatisée. Jamais le démantèlement de l’école publique n’aura été aussi brutal que sous le mandat présidentiel d’Emmanuel Macron. De la maternelle à l’université. En face, il faut bien le dire, la résistance est faible. Lire à ce propos l'excellent article de Anne Jourdain et Allan Popelard "Les enseignants entre combattivité, apathie et sirènes managériales" dans le Monde diplomatique de mai 2021.

Le statut de la fonction publique garantit l'égalité de traitement des agents. Permettre à un directeur d'école de choisir ses enseignants, reviendrait à basculer dans un fonctionnement libéral, où les critères politiques, idéologiques, subjectifs et le clientélisme pourront prendre leur place. Un tel changement amènerait à caporaliser les choses, en permettant aux autorités académiques de placer les bonnes personnes pour appliquer la politique du ministre. Nous marchons à grand pas vers un système à l'étasunienne : une école publique dégradée, sans moyens pour les classes populaires, des écoles privées bien loties pour les classes suffisamment friquées.

Dès sa campagne présidentielle, en 2017, Emmanuel Macron a déjà milité pour "redonner de l'autonomie aux établissements en permettant de recruter sur la base de projets pédagogiques".  Son très conservateur, néolibéral et zélé ministre de l'EN, Jean-Michel Blanquer, a ensuite vanté le "concept central de liberté" et défendu "un rôle à jouer en matière de recrutement" pour les chefs d'établissement. 

Syndicats et politiques de gauche ont fait entendre leur refus de cette étape destructrice de l'école de la République comme Alexis Corbière, député de la FI : "Je suis rigoureusement contre cette proposition, c'est un éclatement du statut national de la fonction publique." 

"Beaucoup plus que la chasse aux Arabes ou aux homosexuels, la lutte des classes est notre identité. Il est grand temps d'y retourner pour nous retrouver." disait il y a peu Olivier Todd. Les travailleurs de l'Education nationale et de l'Université devraient y songer plus encore qu'ils ne le font.

 

Antoine Manessis.

Blog El Diablo


Cuba enquête également sur la COVID-19 avec les autopsies : résultats inquiétants…

Ce qui résulte des autopsies de gens décédés à la suite du Covid est particulièrement inquiétant et témoigne pour ceux qui survivent à des formes graves de la possibilité de conséquences ultérieures, le caractère vasculaire de la propagation du virus témoigne du fait que c’est l’ensemble de l’organisme qui est atteint et pas seulement les voies respiratoires. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

 À la suite de ces travaux, les experts ont pu déterminer des résultats partiels, notamment que des lésions pulmonaires ont été révélées comme les plus fréquentes et les plus importantes, bien que l’ensemble de l’organisme soit affecté, car des dommages ont également été constatés au rein, au cœur, au cerveau et à l’appareil digestif.

 

Auteur: Granma internet@granma.cu


Afin d’aider à connaître le comportement de la COVID-19 chez les personnes qui la contractent, dans quelle mesure le virus se propage dans l’organisme, quelles sont les lésions et quelles réponses y sont générées, une équipe d’experts en anatomie pathologique analyse les autopsies des personnes décédées de la maladie.

Comme le décrit un article sur le site web du ministère de la Santé publique, en août, le groupe temporaire d’anatomie pathologique, appartenant au Minsap, a étudié plus de 320 autopsies, effectuées dans les hôpitaux Dr. Luis Diaz Soto, Salvador Allende, Mario Muñoz Monroy, Manuel Fajardo et Amalia Simoni.

À la suite de ce travail, les experts ont pu déterminer des résultats partiels, notamment que des lésions pulmonaires ont été révélées comme les plus fréquentes et les plus importantes, bien que l’ensemble de l’organisme soit affecté, car des dommages ont également été constatés au rein, au cœur, au cerveau et au tube digestif.

Les spécialistes affirment que la COVID-19 n’est plus considérée comme une maladie respiratoire mais vasculaire, car les récepteurs de l’agent pathogène sont présents non seulement dans l’appareil respiratoire, mais aussi dans les cellules épithéliales et endothéliales, ce qui explique que plusieurs organes souffrent d’une sorte de détérioration.

En ce qui concerne le poumon, des changements ont été observés depuis avril 2021 pour dénoter l’agressivité de la variante Delta et des affectations ont été constatées montrant que les individus étaient malades plusieurs jours avant d’être détectés.

Par ailleurs, le coronavirus a un impact important sur les reins, même sans lésions apparentes.

Les jeunes décédés avaient généralement des comorbidités, étaient diabétiques ou hypertendus et ne le savaient pas, ou présentaient des affections comme l’obésité.

Quant aux femmes enceintes, la réponse inflammatoire de la COVID-19 pose un risque plus élevé, car les femmes enceintes souffrent habituellement d’une inflammation au deuxième trimestre de la gestation, aggravée par celle générée par le virus.

Les experts estiment qu’il est nécessaire de se préparer aux complications à la suite de la maladie. À cet égard, ils estiment que les dommages pourraient entraîner un cancer ou le syndrome de Guillain-Barré, et que des lésions rénales, hépatiques et cérébrales pourraient se produire à cause de la COVID.