mardi 5 octobre 2021


La mort du truqueur

mardi 5 octobre 2021 par Charles Hoareau ( Blog ANC)

Un homme est mort.
Cela n’est pas en soi un motif de réjouissance mais de là à lui rendre hommage…
Que cet hommage vienne de gens comme Macron, Seguela, Sarkozy ou Hidalgo, cela n’a rien de surprenant puisqu’il a toujours été de leur clan. Celui de l’argent et du pouvoir, du grand patronat insolent et méprisant, au point qu’il a toujours pu compter sur le soutien sans faille de son camp même quand il a été pris la main dans le sac de magouilles les plus sordides.
Mais qu’il se trouve des gens qui se réclament du camp des travailleurs pour rendre hommage au truqueur à l’égo surdimensionné qu’il était, cela laisse pantois.

En ce qui me concerne, je n’avais pas que des divergences avec ce bateleur qui jouait avec la vie des travailleurs comme d’autres jouent au tiercé et ce sans aucun respect de rien. Capable de dire avec aplomb le contraire de ce qu’il avait dit la veille.

Bien sûr je pense à celles et ceux de Manufrance, de la Vie Claire, de Terraillon, d’Adidas et tant d’autres qui ont fait les frais dans leur chair des mensonges et des tripatouillages de l’illusionniste que le pouvoir mitterrandien encourageait dans ses œuvres.

Je pense aussi particulièrement aux 105 du chantier naval de La Ciotat qui attendaient le 1er septembre 1989 que le patron qui s’était engagé à les embaucher pour construire des bateaux de plaisance vienne le faire. Il n’est jamais venu et sera d’ailleurs condamné aux prud’hommes pour cela.

On saura plus tard que les bateaux qu’il avait soi-disant en commande étaient ceux qui étaient déjà commandés au chantier de Villeneuve La Garenne : déshabiller Pierre pour (mal) habiller Paul il savait faire.

Seule la lutte et le sens de la solidarité des métallos fera échouer la manœuvre.
Mais il y aura pire.

On apprendra plus tard par une lettre officielle de Jean-Pierre Jouyet, chef de cabinet du ministre de l’Industrie d’alors, Roger Fauroux, que le truqueur voulait en fait récupérer l’ensemble des équipements du chantier dont la revente, au seul prix de la ferraille, aurait rapporté des millions de francs…

Et ça dans une ville aux 4000 chômeurs qui avait connu, dans l’année qui a suivi la fermeture, 50 suicides et 500 familles éclatées…
Mon deuil est pour ceux-là.

Pour finir quant à ceux qui confondent arrivisme sans scrupules et tous azimuts et engagement tenace pour de grandes causes humaines, qui assimilent son entrée dans le sport à une passion digne de Pierre de Coubertin, le marseillais que je suis dira seulement ceci.
Il a été avec son homologue d’alors du club de foot de Bordeaux, celui qui a contribué à polluer non seulement le football, mais à sa suite l’ensemble du sport français. Le polluer par l’argent, revendiquant son droit d’acheter et de revendre des hommes pour en faire ses esclaves dorés.

A ce titre s’il fut « un président de club de foot remarquable » c’est pour son affairisme sans scrupules et son sens du truquage qui lui valut une de ses condamnations…

Lui et ceux qui se sont engagés sur ses pas ont donné raison à Alfredo Di Stefano qui disait : "Le vrai football s’est arrêté le jour où le premier coiffeur a mis les pieds dans un vestiaire."

Est bien malade une société qui rend hommage aux licencieurs, truqueurs et truands en col blanc qui ne méritent même pas qu’on les cite nommément.

 

Crise ouverte ! ALGÉRIE-FRANCE:

ALGÉRIE-FRANCE: le plus difficile actuellement pour ces dirigeants arrogants est de mesurer les limites de leur puissance et à quel point la “logique des blocs” qui peuvent poursuivre des politiques néo-coloniales sont aujourd’hui remises en cause. C’est malheureusement une mentalité dangereuse et aliénante qui s’est répandue dans la population de leurs pays et qui se traduit par la destruction de toute vie démocratique y compris sur le mode électoral. Le danger de cette situation est un embrasement généralisé (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société)

Alger a protesté samedi 2 octobre contre une “ingérence inadmissible dans ses affaires intérieures”, rappelé son ambassadeur à Paris “pour consultations” et interdit dimanche 3 octobre le survol de son territoire aux avions militaires français. L’objet de ce courroux algérien, selon le quotidien Liberté : des propos tenus par le président français Emmanuel Macron jeudi 30 septembre.

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Alger a exprimé hier son rejet “catégorique de l’ingérence inadmissible dans ses affaires intérieures” à la suite des propos tenus jeudi par le président Emmanuel Macron sur l’Algérie. Le gouvernement algérien a, dans ce sillage, rappelé son ambassadeur à Paris “pour consultations”.

C’est une sortie médiatique pour le moins inattendue à laquelle s’est livré jeudi le président français, Emmanuel Macron, qui a tenu des propos tellement graves sur l’Algérie qu’ils n’ont pas laissé indifférent le gouvernement algérien. Ce dernier a, dans la journée d’hier, rappelé “pour consultations” l’ambassadeur à Paris, Mohamed-Antar Daoud. S’exprimant devant une assistance composée de jeunes petits-enfants de pieds-noirs, de harkis, de juifs et même d’anciens membres du FLN, mais également d’un journaliste du quotidien Le Monde qui a fait un récit de cette rencontre, Emmanuel Macron a qualifié le pouvoir algérien de “système politique fatigué” qui “est fragilisé par le Hirak”. Le président français, qui s’est montré loquace à l’occasion, n’a pas mis de gants pour affirmer que “le système politico-militaire algérien s’est construit sur la rente mémorielle”.

En réponse à un jeune Algérien qui lui a fait savoir que contrairement à ses assertions sur la haine que développeraient les Algériens envers la France, Emmanuel Macron s’en est pris au système politique algérien qu’il dit distinguer du reste de la société algérienne. “Je ne parle pas de la société algérienne dans ses profondeurs, mais du système politico-militaire qui s’est construit sur (…) (la) rente mémorielle. On voit que le système algérien est fatigué, le Hirak l’a fragilisé”, a-t-il indiqué.

Dans la foulée, le chef de l’État français a également abordé ses relations, jusque-là excellentes, avec le chef de l’État algérien. “J’ai un bon dialogue avec le président Tebboune, mais je vois qu’il est pris dans un système qui est très dur”, a-t-il lâché. Une déclaration qui tranche radicalement avec les expressions de soutien mutuel que les deux présidents s’échangeaient jusque-là. “Je vous le dis franchement : je ferai tout ce qui est en mon possible pour aider le président Tebboune dans cette période de transition. Il est courageux”, disait le président français, il y a une année de cela dans le magazine Jeune Afrique. 

Toujours à propos du système politique algérien, Emmanuel Macron précise qu’à travers les restrictions sur les attributions de visas, ce sont les “dirigeants” qui sont ciblés. “On va s’attacher à ce que les étudiants et le monde économique puissent le garder. On va plutôt ennuyer les gens qui sont dans le milieu dirigeant, qui avaient l’habitude de demander des visas facilement”, a-t-il asséné. Un moyen de pression pour dire à ces “dirigeants” que “si vous ne coopérez pas pour éloigner des gens qui sont en situation irrégulière et dangereux, on ne va pas vous faciliter la vie”, a-t-il ajouté.

Les déclarations pour le moins tonitruantes du chef de l’État français ne concernent pas que sa perception du système politique algérien. Même au sujet des questions mémorielles, Emmanuel Macron a employé un ton inhabituel. Il a mis en cause une “histoire officielle” selon lui “totalement réécrit[e] qui ne s’appuie pas sur des vérités”, mais sur “un discours qui, il faut bien le dire, repose sur une haine de la France”, rapporte le journaliste du Monde. “La nation algérienne post­-1962 s’est construite sur une rente mémorielle”, estime-t-il.

Le président français ne s’arrête pas là puisque, dans la foulée de sa diatribe, il va jusqu’à poser la question de la nation algérienne au risque de s’attirer les foudres de ce côté-ci de la Méditerranée. “La construction de l’Algérie comme nation est un phénomène à regarder. Est-ce qu’il y avait une nation algérienne avant la colonisation française ? Ça, c’est la question”, interroge le chef de l’État. S’il ne répond pas à sa question, il ne cache pas son agacement face à ce qu’il voit comme un traitement de deux poids deux mesures par rapport à “de précédentes colonisations”. Pour lui, les Algériens occultent la présence turque en Algérie et renvoie cela à la propagande turque. “(…) Je suis fasciné de voir la capacité qu’a la Turquie à faire totalement oublier le rôle qu’elle a joué en Algérie et la domination qu’elle a exercée. Et d’expliquer qu’on est les seuls colonisateurs, c’est génial.

Les Algériens y croient”, a-t-il encore indiqué. Les déclarations d’Emmanuel Macron interviennent en pleine période de pré-campagne électorale en France. Des sujets comme l’histoire de la colonisation et l’immigration se sont imposés ces derniers jours, comme des thèmes phare, avec notamment la montée de l’extrême droite. Des débats qui risquent, en revanche, d’envenimer davantage les relations, déjà tumultueuses, entre l’Algérie et la France.   


Ali Boukhlef

 

vendredi 1 octobre 2021

Cuba démasque des agents au service des États-Unis au Parlement européen

La diplomate Heidy Villuendas a exposé la position de Cuba lors d’une réunion organisée par la Sous-commission des droits de l’Homme du Parlement, à laquelle étaient invités des contre-révolutionnaires d’origine cubaine



La diplomate Heidy Villuendas a démasqué des agents à la solde du gouvernement des États-Unis devant le Parlement européen, lesquels prétendent renverser l’ordre constitutionnel de l’Île, et a ratifié l’engagement de son pays à respecter les droits humains

Elle a exposé la position de Cuba lors d’une réunion organisée par la sous-commission des droits humains du Parlement, auquel étaient invités des contre-révolutionnaires d’origine cubaine.

« Le Parlement européen devrait avoir une vision plus large, écouter d’autres voix et tenir compte des opinions de la véritable société civile cubaine, celle qui vit à Cuba et qui travaille chaque jour à la construction d’une société meilleure », a-t-elle déclaré.

Selon Villuendas, le fait d’inviter les seules personnes et organisations qui témoignent une position agressive contre le pays qui les a vues naître est la preuve d’une absence de pluralité.

« Ces personnes manquent de soutien et de reconnaissance populaire à Cuba. Il est dont compréhensible qu’elles utilisent des espaces et des institutions comme ceux-ci pour chercher une légitimité qu’ils n’ont pas dans notre société », a-t-elle dénoncé.

La diplomate de l’ambassade de Cuba en Belgique a rappelé que lors des élections à Cuba, pas un seul représentant des groupuscules contre-révolutionnaires n’a été élu au niveau de la base, dans un processus qui se déroule dans les quartiers et avec le vote de leurs habitants.

« Il serait très intéressant que ces personnes expliquent comment elles osent se proclamer défenseurs des droits humains et représentants des intérêts d’un peuple, alors qu’ils soutiennent, voire exigent, l’intensification du blocus économique génocidaire imposé par les États-Unis », a-t-elle déclaré lors de cette rencontre, à laquelle étaient invités Elena Larrinaga de Luis et Alejandro Gonzalez Raga, tous deux résidents en Espagne.

Villuendas a insisté sur le fait que le siège appliqué par les administrations qui se sont succédé à la Maison-Blanche au cours des six dernières décennies constitue une violation flagrante des droits humains des Cubains et le principal obstacle au développement de son pays.

À cet égard, elle a demandé aux députés européens de prendre en compte et d’examiner dans leurs espaces le fait que le durcissement de ce blocus, notamment l’activation l’année dernière des Titres III et IV de la Loi Helms-Burton, porte atteinte aux intérêts des citoyens et des entreprises des pays de l’Union européenne.

Quant au discours récurrent des secteurs anticubains en matière de droits de l’Homme, notamment la présentation de criminels de droit commun comme des détenus politiques et les soi-disant obstacles à l’épanouissement des femmes, la diplomate a souligné l’engagement de la Révolution envers un ordre juridique et social non discriminatoire.

À Cuba, il n’y a pas d’arrestations arbitraires ; les détentions sont effectuées conformément à la procédure pénale et dans le respect des garanties générales d’une procédure régulière, a-t-elle déclaré.

Villuendas a rappelé que l’utilisation de criminels de droit commun, dont certains sont responsables de crimes violents, comme fer de lance contre Cuba, n’est pas une nouveauté.

Les personnes qui se prêtent à de tels comportements ne méritent pas le noble qualificatif de défenseurs des droits de l’Homme, car ce sont des agents au service d’une puissance étrangère, un comportement reconnu comme tel par de nombreuses lois occidentales, a-t-elle dit.

Au sujet de l’émancipation des femmes, elle a souligné que c’est la Révolution cubaine, celle-là même que Washington et ses agents tentent de détruire, qui a changé le panorama de discrimination qui prévalait avant le 1er janvier 1959.

De nombreuses données le prouvent ; il suffirait de mentionner que l’espérance de vie à la naissance des femmes de l’Île est de 80 ans, plus élevée que celle des hommes, le fait que 53% des députés de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire sont des femmes, et qu’elles sont également majoritaires dans les salles de classe des universités, a-t-elle précisé.

Face au Parlement européen, Villuendas a déclaré que chaque nouvelle agression de la Maison-Blanche devient une victoire pour la résistance du peuple cubain et une défaite pour ceux qui veulent provoquer la faim et le désespoir, que le blocus prétend disséminer comme des armes pour renverser la Révolution.(Prensa Latina)

 

vendredi 24 septembre 2021


Encore une louchée de Vivas bashing épicée aux mensonges ?

Le sociologue Pierre Bourdieu racontait cette anecdote que lui a confiée Rémi Lenoir, un de ses anciens élèves devenu professeur à l’ENA : Ségolène Royal, au sortir de l’ENA avait choisi la gauche « comme plan de carrière ».

Cela n’avait pas surpris Bourdieu qui disait : « Ségolène Royal, pour moi, instantanément, on sait qu’elle n’est pas de gauche » et «  Elle a ce que j’appelle un habitus, une manière d’être, de parler qui vous dit qu’elle est de droite, même si elle tient des propos de gauche. »

Nombreux sont les sémillants énarques qui font comme elle : leur diplôme en poche, ils décident, pratiquement à pile ou face, s’ils rejoignent un parti de droite ou de gauche. Pour les ambitieux, on sait de quel côté ils vont tomber. « La pente est à droite » constatait Alain.

S’agissant de la Chine et du Xinjiang, je suis interpelé par cette engeance qui, si elle a fait Sciences po, l’ENA ou Langues orientales, se présente comme spécialiste des Ouïghours.

Il faut se garder de cette croyance en l’omniscience attestée par un parchemin. Les Résistants du Vercors, du Limousin ou d’ailleurs, ouvriers, paysans, étaient mieux informés sur l’Allemagne que l’élite civile berlinoise (enfumée par Goebbels) et que les ruraux qui vivaient dans les villages proches des camps et des fours crématoires.

Oui, il faut se garder de la glorification des diplômes qui, obtenus à 20 ans, valident toutes les déconnades à 60 ans, quand vient l’heure du besoin de reconnaissance par les puissants, le goût du confort avec l’emploi d’une domestique sri-lankaise non déclarée (mais qu’il faut bien payer un peu), le triple appel quotidien de la bedaine qui tend la chemise et exige la bonne chère avec verres en cristal et couverts d’argent. Regardez le reniement de l’ancien étudiant révolutionnaire Cohn-Bendit. Entre autres.

Ambroise Croizat, Marcel Paul, sans avoir longtemps fréquenté l’école, ont fait plus pour la France que dix promotions de l’ENA qui déversent dans le pays des têtes d’œufs qui le défont (1).

Quant à moi, je m’autorise à parler de la Chine, de l’Amérique latine, des Etats-Unis, de la Palestine, etc., de contredire mes confrères sans avoir un doctorat par pays, parce que je suis pointu en matière de repérage des mensonges médiatiques. C’est Le Grand Soir qui m’a formé. Vous mesurez-là mon niveau d’expertise.

Un ouvrage de Pierre-Antoine Donnet : « Chine, le grand prédateur »

N’écrirai-je pas un jour un petit livre sur les mensonges proférés à propos des Ouïghours et sur les tombereaux d’injures versés sur moi ? Peut-être. J’y ferai alors figurer l’extrait ci-dessous d’une interview de Pierre-Antoine Donnet. Il fait partie de ces « spécialistes » par la grâce d’un diplôme obtenu presque un demi-siècle plus tôt. On ne lui retirera pas un mérite : celui d’avoir su à côté de qui il faut s’asseoir et qui il faut canarder.

On apprend avec consternation qu’il a été correspondant de l’AFP à Pékin, puis «  rédacteur en chef central de l’AFP ». L’Agence France Presse ! Une des plus importante agence de presse au monde, une agence dont les dépêches deviendront articles dans les médias mainstream, souvent par simple copié-collé.

J’écris sur Pierre-Antoine Donnet aujourd’hui parce qu’il me cite dans son livre que je n’ai pas lu et dont, contrairement à la mode chez mes confrères dans ces cas-là, je ne dirai rien (2). Mais il parle de moi dans une interview que j’ai lue et où il m’épingle durement avec ce mépris des repus habitués à mentir dans l’impunité.

Exemple de mise à nu de mensonges tranquilles

Interview de Pierre-Antoine Donnet, par Joris Zylberman

Joris Zylberman : « Brûlot ? Livre engagé contre la Chine ? L’ouvrage de Pierre-Antoine Donnet, contributeur régulier d’Asialyst, ne laissera pas indifférent. Chine, le grand prédateur, paru aux éditions de l’Aube le 19 août dernier, appelle à une prise de conscience : il faut dire clairement, selon l’auteur, le défi que le régime de Xi Jinping pose au monde sur les plans climatique, économique et politique. Le livre dénonce d’emblée la tragédie subie par les Ouïghours à l’instar des Tibétains. « Garder le silence quand on sait, n’est-ce pas un peu se rendre complice ? » lance cet amoureux de la Chine, ancien correspondant de l’AFP à Pékin. Il explique sa démarche à Asialyst ».

Amoureux de la Chine ? Voire. Il a écrit aussi : « Tibet mort ou vif » (3), « Quand la Chine achète le monde »

Mais, apprécions son honnêteté journalistique à la lumière de son interview.

Question. Dans votre livre, vous faîtes [sic] allusion à Maxime Vivas, auteur d’un livre qui rejette les accusations de génocide des Ouïghours au Xinjiang…


Pierre-Antoine Donnet  : «  Son livre s’est vendu à 200 exemplaires ».

Premier mensonge. La règle veut que les droits d’auteurs soient payés à la fin de l’année qui suit la parution du livre. Dans mon cas, fin 2021. Mais j’ai perçu dès juillet des droits pour 1000 premiers exemplaires vendus en France. Puis, les droits de publication ont été vendus pour publication en 13 langues. Avec l’espéranto, il est disponible dans 120 pays. L’ancien correspondant « neutre et objectif » de l’AFP en Chine (média d’Etat) pourrait rêver du même destin pour son livre « Chine, le grand prédateur ».

Donnet : « Son audience est nulle ».


C’est sans doute la raison pour laquelle se sont jetés sur moi France Inter, Arrêt Sur Images, Radio France International, Libération, le Canard enchaîné, le Monde, l’Obs, TMC-TF1, Charlie Hebdo et… Pierre-Antoine Donnet qui me mentionne dans son livre. Deuxième mensonge, donc.

Donnet : « …il a été deux fois au Xinjiang lors de deux voyages pilotés par le gouvernement chinois. Donc c’est une escroquerie totale, il ne sait rien du tout. … »


Les attaques visent l’auteur sans contestation précise d’un seul passage de son livre. C’est le troisième mensonge.

Donnet « Mais son livre a été brandi par Wang Yi [le ministre chinois des Affaires étrangères]… ».


Quatrième mensonge. Le ministre Wang Yi n’a pas brandi mon livre. Il ne l’avait pas avec lui à la tribune lors de sa conférence de presse. (ici à 58 mn 50 s de sa conférence).

Donnet : Wang Yi a dit : « Vous avez ici la preuve que ceux qui disent qu’il y a un génocide au Xinjiang mentent effrontément… » Cinquième mensonge.


Passons sur le style de Donnet : « ... que ceux qui disent qu’il... ». Le ministre Wang Yi a dit textuellement ceci (7 mars 2021) : « Maxime Vivas a écrit un livre basé sur ses deux visites au Xinjiang en 2016 et 2018, intitulé « Ouïghours, pour en finir avec les fake news ». Le livre décrit un Xinjiang prospère et stable et indique que des personnes qui ne sont jamais allées dans la région fabriquent de fausses nouvelles et répandent des rumeurs. »

Je ne sais pas ce que Pierre-Antoine Donnet dit de moi dans son livre, mais ce qu’il dit en interview laisse deviner, d’une part, le peu de vraisemblance ce qu’il y a écrit et, d’autre part, permet de présumer la sincérité des dépêches dont il a abreuvé le monde quand il était à l’AFP.

Du coup, je me félicite d’avoir éconduit (28 avril 2021) sans bonhomie Joëlle Garrus, une journaliste de l’AFP qui voulait m’interviewer pour « un papier sur les Occidentaux désormais amplement repris par les médias chinois pour leurs positions sur le Xinjiang ». J’ai imaginé illico les questions : « Ça ne vous pose pas un problème d’être cité dans les médias chinois ? Par un ministre ? Vous n’avez pas l’impression d’être manipulé ?  ».

J’ai répondu ceci :

«  Bonjour Mme Garrus,


J’ai décidé de ne plus accorder d’interview à des médias français.


Je sors d’en prendre.


Si vous voulez savoir qui je suis, Elhia Pascal Heilmann (Arrêt sur Images) Tristan Mendès France (France Inter), Laurence Defranoux (Libération) Yann Barthès (TMC-TF1), JC (Jérôme Canard), Sophie Malibeaux (RFI), l’ont très bien dit ou écrit : un naïf à œillères, manipulé par les Chinois, un Toulousain (vieux), un perroquet de Xi Jinping "à la botte de Pékin" et un nazi antisémite (« rouge–brun »).

Tous, savent ce que veut dire attaque ad hominem et reductio ad Hitlerum. Ils connaissent mieux le latin que la « Charte de Munich » qui leur sert à caler l’armoire.

Si (contrairement à la plupart des médias cités plus haut) vous voulez parler de mon livre APRES l’avoir lu, je suis néanmoins disposé à répondre par écrit (garder des traces) à quelques questions.

Si vous faites preuve de seulement un dixième de l’empathie larmoyante des susnommés interviewant des Ouïghours, je peux prendre ce risque fou.

Mais si vos questions sont un interrogatoire où tout ce que je dis pourra être retenu contre moi je n’y répondrai pas. Je n’ai commis aucun délit, savez-vous ?

Si vous êtes inspirée par des bobards d’Adrian Zenz, menteur, homophobe, misogyne, "guidé par Dieu" dans une croisade antichinoise et qui promet la purification des juifs dans un brasier, rompons-là.

Si vous êtes patiente, proposez-moi une autre date de rendez-vous : dans quelques mois ou quelques années. La vérité est toujours en retard sur le mensonge ; il a fallu du temps pour que les informations sur les ADM de Saddam Hussein ou la barbarie de ses troupes dans les maternités du Koweït apparaissent (l’Irak étant en ruine) comme des fake news.


Avec mes salutations ».

Je n’ai plus entendu parler de Joëlle Garrus et de l’AFP.

Maxime VIVAS

Notes.
(1) L’Association des Anciens Elèves de l’ENA compte plus de 11 500 membres. C’est un réseau, un clan.
(2). J’ai la preuve qu’au moins quatre médias ont fustigé mon livre sans l’avoir lu : Charlie Hebdo, Quotidien (de Yann Barthès), France Inter, le Canard enchaîné.
(3) Voir la recension de ce livre faite Albert Ettinger qui s’attriste « de son caractère réactionnaire, de son fanatisme partisan et de sa bêtise ».

 

jeudi 23 septembre 2021

L’Australie a accepté les armes US pour se protéger des USA

Au-delà de “l’humiliation française” il y a dans l’affaire australienne plus encore que des concurrences commerciales inter-impérialistes, il y a les menaces de guerre. Cet enjeu, que ne peut ignorer la présidentielle, est celui de la paix mais aussi celui des conditions de vie de la majorité des citoyens, les couches populaires, la jeunesse, la répression accrue, il s’agit de la défense de l’humanité. Le rôle de “parrain” de l’impérialisme US ainsi révélé après l’Afghanistan, le resserrement de blocus, Biden ou pas, et la volonté de guerre y compris nucléaire se dévoile. Méprisé ou non, Macron reste complice. Malheureusement en France, les forces de progrès, la gauche est très affaiblie, et tout repose sur le PCF, lui-même loin de l’unanimité dans ses propres rangs en matière de résistance, ce qui aboutit à une campagne où cet enjeu de la paix et de la guerre impérialiste se réduit à l’immigration et se transforme en xénophobie. Voici donc le danger que révèle l’affaire australienne et l’urgence pour les communistes de jouer le rôle qui doit être le leur face aux menaces de guerre, qui accompagnent l’autoritarisme fascisant des gouvernements impérialistes et leur volonté d’imposer aux peuples toujours plus d’exploitation et de misère avec la guerre et les dépenses d’armements. La campagne de l’élection présidentielle ne peut plus ignorer cet enjeu. (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société


Ce qu’il faut voir c’est qu’en Australie dont le premier partenaire commercial jusqu’ici est la Chine, un mouvement de protestation existe non seulement contre les armes US mais contre la manière dont le pays qui souffre d’une crise économique est forcé de dépenser en armement ce qu’il devrait réserver à l’aide à sa population. Une situation somme toute assez comparable à celle des pays de l’UE et de l’Otan où les États-Unis imposent une croisade.

En France, l’affaire se présente comme une humiliation : notre “partenaire” des USA et son rejeton britannique ont agi en méprisant totalement la France mais l’affaire va plus loin que ça.

Voici la manière dont les opposants australiens eux-mêmes la définissent et ce n’est pas par rapport à la France, à la rupture d’un contrat qu’il dénonçaient également mais bien par rapport à la guerre dans laquelle ils sont entraînés par chantage.

L’Australie a rejoint les États-Unis et le Royaume-Uni dans un « partenariat trilatéral renforcé en matière de sécurité » appelé AUKUS avec l’objectif tacite mais évident de coordonner les escalades contre la Chine. Rapports anti-guerre :

Le président Biden et les dirigeants de l’Australie et du Royaume-Uni ont annoncé mercredi un nouvel accord militaire visant à contrer la Chine. Le pacte, connu sous le nom d’AUKUS, se concentrera sur le partage de technologies militaires sensibles, et la première initiative se concentrera sur l’obtention de sous-marins à propulsion nucléaire australiens.

Des responsables américains s’adressant à CNN ont décrit l’effort de partage de la propulsion nucléaire avec un autre pays comme une « étape extrêmement rare » en raison de la sensibilité de la technologie. « Cette technologie est extrêmement sensible. C’est, franchement, une exception à notre politique à bien des égards », a déclaré un responsable anonyme.

Cet accord remplacera un programme prévu de 90 milliards de dollars pour obtenir douze sous-marins conçus par la France, une dépense odieuse dans les deux sens alors qu’un quart des Australiens ont du mal à joindre les deux bouts pendant une pandémie qui est quatre fois plus susceptible de tuer les Australiens qui ont des difficultés financières. Ce n’est que la dernière en date de la politique sans cesse croissante de Canberra visant à alimenter de vastes fortunes dans l’impasse de Washington avec Pékin aux dépens de son propre peuple.

Si les lecteurs sont curieux de savoir pourquoi l’Australie subvertirait simultanément ses propres intérêts économiques en se retournant contre la Chine son principal partenaire commercial et ses propres intérêts en matière de sécurité en alimentant des provocations dangereuses et inutiles, on peut les renvoyer aux propos de l’analyste politique américain John Mearsheimer lors d’un débat organisé par le groupe de réflexion australien Center for Independent Studies en 2019. Mearsheimer a déclaré à son auditoire que les États-Unis allaient faire tout ce qui était en leur pouvoir pour arrêter l’ascension de la Chine et l’empêcher de devenir l’hégémon régional à l’Est, et que l’Australie devrait s’aligner sur les États-Unis dans cette bataille, sinon elle ferait face à la colère de Washington.

« La question qui est sur la table est de savoir quelle devrait être la politique étrangère de l’Australie à la lumière de la montée en puissance de la Chine », a déclaré Mearsheimer. « Je vais vous dire ce que je suggérerais si j’étais un Australien. »

Mearsheimer a affirmé que la Chine va continuer à croître économiquement et convertira cette puissance économique en puissance militaire pour dominer l’Asie « comme les États-Unis dominent l’hémisphère occidental », et a expliqué pourquoi il pense que les États-Unis et leurs alliés ont toutes les capacités pour empêcher que cela ne se produise.

« Maintenant, la question est de savoir ce que tout cela signifie pour l’Australie? » dit Mearsheimer. « Eh bien, vous êtes dans un dilemme à coup sûr. Tout le monde sait quel est le dilemme. Et d’ailleurs, vous n’êtes pas le seul pays d’Asie de l’Est à être dans ce dilemme. Vous faites beaucoup de commerce avec la Chine, et ce commerce est très important pour votre prospérité, cela ne fait aucun doute. Du point de vue de la sécurité, vous voulez vraiment aller avec nous. C’est juste beaucoup plus logique, non? Et vous comprenez que la sécurité est plus importante que la prospérité, parce que si vous ne survivez pas, vous n’allez pas prospérer. »

« Maintenant, certaines personnes disent qu’il y a une alternative : vous pouvez aller avec la Chine », a déclaré Mearsheimer. Vous avez le choix ici : vous pouvez aller avec la Chine plutôt qu’avec les États-Unis. Il y a deux choses que je vais dire à ce sujet. Premièrement, si vous allez avec la Chine, vous nous ferez comprendre que vous êtes notre ennemi. Vous décidez alors de devenir un ennemi des États-Unis. Parce qu’encore une fois, nous parlons d’une concurrence intense en matière de sécurité. »

« Vous êtes soit avec nous, soit contre nous », a-t-il poursuivi. « Et si vous faites beaucoup de commerce avec la Chine et que vous êtes ami avec la Chine, vous sapez les États-Unis dans cette compétition de sécurité. Vous nourrissez la bête, de notre point de vue. Et cela ne va pas nous rendre satisfaits. Et quand nous ne sommes pas heureux, vous ne voulez pas sous-estimer à quel point nous pouvons être méchants. Il suffit de demander à Fidel Castro. »

Les rires nerveux du public du think tank australien ont ponctué les observations plus incendiaires de Mearsheimer. La CIA est connue pour avoir fait de nombreuses tentatives pour assassiner Castro. D’autres chefs d’État comme Allende et sans doute Chavez ont eu moins de chance, les coups d’État n’ont jamais cessé comme les sanctions et blocus étranglant les peuples.

Donc voilà ce que disent les anti-impérialistes et pacifistes australiens :. L’Australie n’est pas alignée sur les États-Unis pour se protéger de la Chine. L’Australie est alignée sur les États-Unis pour se protéger des États-Unis. D’ailleurs la proportion des dépenses militaires dans le monde témoigne si besoin était de qui accumule les armes au profit non pas de leur peuple mais des trusts de l’armement financiarisés dont l’influence ne cesse de croître avec celle des spéculateurs dont les profits ne reposent plus sur la production mais sur la capacité à faire gonfler leur capacité de pillage du reste du monde.

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Voilà exposé dans sa trivialité pour les Australiens mais aussi pour tous les peuples du monde ce qui n’est pas seulement la manifestation d’un mépris total pour “l’allié vassal” français mais bien une politique impérialiste à laquelle personne n’échappera si les peuples y compris français ne la combattent pas.

Danielle Bleitrach