AFRIQUE : MACRON, PERSONNA NON GRATA AU SAHEL
Blog de tourtaux-jacques
Le 23/12/2021
Burkina: quand Kaboré met les choses au clair avec la France
Ce contact Burkina-France que l'agence
de presse turque Anadolu décrit comme étant axé sur le renforcement des
coopérations militaires de part et d'autre, comme si le Burkina avait
besoin de l'assistance militaire française pour combattre le fléau que
l'occupation franco-otanienne a crée puis répandu à travers le Sahel, à
savoir le terrorisme, est de loin l'un des plus illustratifs de l'état
actuel des liens entre l'occupation française et le Burkina.
Le président Kaboré y lance tout ce
qu'il faut à la figure de l'occupation pour dire que l'ère de
l'omnipotence française au Sahel est révolu et que les Etats
ouest-africains ont bien retrouvé le chemin d'alliance militaire contre
le terrorisme exporté par les soins des services de renseignement
occidentaux dans le stricte objectif de justifier des occupations
territoriales et le pillage des ressources africaine. Que dit Kaboré ?
« Nos échanges ont porté sur le
renforcement de la coopération militaire entre nos deux pays pour plus
d’efficacité dans la lutte contre le terrorisme », a-t-il dit.
Samedi, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a déclaré lors
d’une interview accordée à la presse locale qu'il y aura une rencontre
de clarification, lundi, entre le Burkina et la France à propos de la
coopération militaire, notamment sur les attentes du Burkina Faso.
« Nous n'avons pas un partenariat
seulement avec la France. Nous avons des partenariats avec des pays de
la sous-région, avec l'Allemagne, avec la Russie, la Turquie… »,
avait-il dit.
Ces propos où le président Burkinabé
évoque une multitude de partenariat qui dépasserait le cadre
France-Burkina pour toucher d'abord les pays de la région ensuite une
liste de pays qui ont tous une rivalité féroce avec la France, (la
Russie-la Turquie et l’Allemagne), et bien ces propos sentent la remise
en cause nette des accords militaires qui se trouvent à l'origine d'une
grande partie de la pérennité du terrorisme au Sahel, accords qui
donnent la liberté d'agir absolu aux forces d'occupation pour disposer
des bases et les transformer en lieux d'entrainement et de pilotage des
terroristes.
Accord qui en outre font du ciel du
Sahel, le chassé gardée des puissances occidentales et ce, pour placer
le pays et ses populations sous la férule occidentales.
En effet, depuis l’attaque de Solhan, le
gouvernement burkinabé a très bien compris que l’objectif de l’axe
US-OTAN était d’abord la réhabilitation de Daech, et ensuite le
ralentissement du processus de réconciliation nationale qui a permis
avec l’aide de l’armée et des forces populaires au Burkina et dans les
autres pays du Sahel à sécuriser des régions entières et permettre un
DDR non pas au service des puissances occidentales, mais des
populations.
Le Burkina Faso a décidé de ne pas
accepter les fausses interventions des militaires occidentaux qui ne
sont pas sur le continent pour la lutte contre le terrorisme, mais
plutôt en qualité d’occupant. Les Burkinabés ne pouvaient pas accepter
cela.
Le Sahel punit la France
A 48 heures de son déplacement au Mali
où il devrait rencontrer le président de Transition, Assimi Goïta doublé
d’un dîner de Noël auprès de ses troupes à Gao, le Président français
Emmanuel Macron a annulé son déplacement. Cette annulation est un pari
manqué pour Paris qui est en froid avec Bamako.
L’annonce de la visite du président
français au Mali a suscité des débats houleux dans les grains et sur les
réseaux sociaux après l’escale verbale entre les deux pays à tel point
que les relations sont devenues glaciales entre Paris et Bamako. Pour
cette visite, Macron a voulu faire d’une pierre deux coups, essayer de
réchauffer les relations un peu tendues qui existe entre les autorités
maliennes surtout sur la question de Wagner, ensuite un dîner avec ses
troupes à Gao. Le vendredi à la grande surprise de tous, l’Elysée a
annoncé qu’Emmanuel Macron a décidé d’annuler son déplacement prévu au
Mali.
Mais voyons voir pourquoi cette visite a
été annulée ? Officiellement, c’est dans un souci de cohérence entre
les mesures annoncées au niveau national et l’agenda international du
président, et dans un souci de ne pas exposer notre dispositif militaire
dans un moment de dégradation de la situation sanitaire en métropole, a
expliqué l’Élysée, dans un communiqué.
Mais officieusement, si on s’en tient
aux confidences qui circulaient de chacune des deux parties, il ressort
qu’il n’y a eu un difficile accord entre Paris et Bamako concernant la
venue d’Emmanuel Macron. Aussi le Président français a voulu qu’y
participent les présidents en exercice de la Communauté économique des
États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le Président ghanéen Nana
Akufo-Addo et celui du G5 Sahel, le Tchadien Mahamat Idriss Déby Itno.
Mais les autorités tchadiennes ont rejeté ce format préférant un
entretien bilatéral entre le Tchad et le Mali. Aussitôt annuler son
déplacement au Mali, selon des sources, l’Elysée a voulu remplacer le
déplacement malien d’Emmanuel Macron par un autre à Ouagadougou,
Burkina-Faso et dans la foulée célébrer Noël avec les troupes
françaises.
Ce rejet des pays sahéliens à se
soumettre à ce que le France a exigé pour cette visite, est clairement
une révolte des autorités des pays sahéliens contre une force
d’occupation qui, pendant des années, croyait avoir entre ses mains ses
anciennes colonies.
De son côté, la présidence du Faso a
décliné cette visite faisant savoir à l’Elysée qu’elle n’était pas prête
à accueillir un tel événement à l’improviste.
Les pays du Sahel déclarent clairement persona non grata à la France.
Dans un contexte d’offensive de panique
de la part des Occidentaux sur le continent africain, avec des
assassinats ciblés de chef d'État, d’offensives terroristes, ou des
tentatives de coup d’État, les pays du continent ne se laissent plus
faire.
Plus rien ne peut arrêter le
soulèvement anti-française dans les pays du Sahel, et ce soulèvement
n’est désormais pas seulement un soulèvement populaire, mais un
soulèvement signé état-population.