mardi 28 décembre 2021

Tribunes libres

Les assistés, là-haut

Les véritables assistés sont trop souvent hors de notre champ de vision ! -

Par Sénateur du NORD -Communiste, Républicain, Écologiste, et Citoyen 

Il vous est sans doute arrivé de croiser cette phrase au détour d’une consultation sur internet, la voici : « Nous sommes dans un monde où ceux qui gagnent 100 000 euros par an persuadent ceux qui ont 1 700 euros par mois que c’est la faute de ceux qui en touchent 500 si le pays va mal. » Et il faut bien le reconnaître, ça marche, au moins en partie. Les millions de personnes qui perçoivent des aides sociales sont stigmatisées comme étant des assistés.

De notre côté, nous appelons ça la solidarité nationale, qui nous permet d’être globalement mieux logés, mieux soignés, par exemple. Dans ce pays, 6,9 millions de personnes perçoivent les minima sociaux, 10 % de la population ; 4,3 millions de salariés, aux revenus faibles, perçoivent la prime d’activité. Pas moins de 13,5 millions de foyers sont allocataires de la Caisse d’allocations familiales (CAF), ce qui représente 32,5 millions de personnes. Plus de 3 millions de demandeurs d’emploi sont indemnisés chaque mois…

On se demande ici comment notre société tiendrait si toutes ces politiques de solidarité n’existaient pas. Macron désigna un jour ces aides par cette formule choc « un pognon de dingue. » Ce genre de discours tend à diviser, à fracturer et à opposer… Nous, on veut lever les yeux, ne pas porter un regard horizontal en direction des prétendus « assistés », nous regardons vers le haut…

Les hauts dirigeants négocient pour eux-mêmes des protections gigantesques de leur fortune. Il existe en France ce que l’on appelle, dans le jargon de Berçy, des « niches fiscales », elles sont au nombre de 450 et ont pesé dans le budget de cette année près de 86 milliards d’euros. Les plus riches parviennent ainsi à réduire leur impôt en toute légalité, sans être stigmatisés.

Et puis, ils nous ressortent régulièrement la chasse aux « fraudeurs sociaux », oui ça existe, quelques centaines de millions par an… en oubliant délibérément les effets dévastateurs de la fraude et de l’évasion fiscale qui coûtent des dizaines de milliards d’euros chaque année à la République, vous savez, celle qui doit garantir l’égalité et défendre notre modèle social…

Les véritables assistés sont trop souvent hors de notre champ de vision !

 

Omicron: au lieu de l'urgence sanitaire, l'Elysée s'engage derrière le patronat

Et bonne nouvelle pour les parents d'élèves qui prennent les établissements scolaires pour de la garderie, la rentrée des classes ne sera pas différée. Sans surprise donc, pour ne pas dénaturer les profits du capital, Emmanuel Macron, du haut de son conseil de défense sanitaire(sic), lui offre des mesures individuelles et générales totalement impuissantes.

Et droit dans ses bottes, le praticien hospitalier, qui a été adoubé ministre de la Santé, n'engage rien pour soulager l'Hôpital public. Mais Olivier Véran n'a-t-il pas été  député socialiste sous Hollande président et même chargé de réduire l'organisation et le financement des établissements de santé par la ministre socialiste de la Santé: Marisol Touraine? Tiens, le bonjour à Anne Hidalgo, candidate socialiste à la présidentielle!

Ben oui et si le gouvernement interdit de "consommer debout" dans les bistrots, il autorise d'être serrés à table comme des sardines. En revanche, dans les transports publics, notamment en région parisienne, interdiction d'avaler un sandwich. Mais à travers un masque et pressurés avec ses voisins de corvée pire que des harengs dans de la saumure, aux heures de pointe, qui s'y aventurait?

Bref, les sirènes du patronat ont retenti fortement aux oreilles de la droite, celle de l'Elysée et celle du parti de Sarkozy-Fillon-Pécresse. Ce week-end, le patron des patrons voyait une éventuelle fermeture des écoles comme une « difficulté majeure » pour l'économie de la France. En clair pour les profits du capital. Cette semaine, cette même logique patronale va faire réduire la quarantaine chez les contaminés et les cas contacts.

La colère des personnels de la Santé va s'accroitre dans les établissements publics où la fermeture des lits et le manque de moyen humain poursuivent leur chemin.Mais pas de jauge dans les meetings politiques, ni de masques prévus. Au nom de la démocratie dans le cadre de la campagne de la présidentielle d'avril 2022.

Au nom de quoi et dans le cadre de quoi?

 

La “désorganisation” de la société, une de ces notions qui prétend masquer la profondeur de “l’ébranlement”…

iL EST TEMPS SANS DOUTE DE POSER LE PROBLEME DE CETTE PANDEMIE POUR CE QU’ELLE EST: UN REVELATEUR DE LA FRAGILITE DE NOTRE SOCIETE. De ce point de vue, toutes les chutes d’empire ont connu également la diffusion de grandes épidémies qui ont témoigné de l’impossibilité à la fois d’assurer la sécurité de ses membres et l’absence de crédibilité de ses institutions. Ce qui est le plus frappant est le fait que ceux qui subissent les inégalités les plus injustes paraissent ne plus avoir de langage commun avec “les élites”. Le terme consacré pour décrire cela est l’anomie, l’incapacité au vivre ensemble. S’agit-il d’un simple dysfonctionnement ? C’est selon Marx un profond ébranlement qui traduit au niveau des superstructures, institutions, représentations, la contradiction entre forces productives et rapports de production et qui fait que l’on ne peut plus réguler, il faut transformer … C’est pour cela que l’on ne peut pas éviter la question du passage au socialisme, c’est la seule chose qui fonde l’utilité d’un parti communiste…

Lors d’une conférence de presse du23 décembre, précédant celle de fin d’année de Castex et Veran de hier 27 décembre , le Conseil scientifique a déclaré s’attendre « à des centaines de milliers de cas par jour en janvier » et craint une « désorganisation de la société ».Selon le professeur Alain Fontanet, le variant Omicron est déjà bien implanté sur le territoire français, notamment en Île-de-France où il serait déjà majoritaire. Pour le reste du pays ce cap devrait être atteint d’ici la fin de l’année​.On s’attend à ce qu’il y ait des centaines de milliers de cas par jour en janvier, a poursuivi Alain Fontanet. On a une nouvelle problématique car on ne s’est jamais retrouvé avec autant de nouveaux cas​, ajoute le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy. Selon lui, cette explosion des cas qui pourrait avoir comme effet une possible désorganisation de la société. Les arrêts maladies et l’isolement des cas contact pourraient peser sur les secteurs stratégiques de notre société comme la distribution alimentaire, la sécurité, l’énergie, les transports, les communications ou encore la santé​, craint Olivier Guérin, du CHU de Nice et aussi membre du Conseil scientifique. Selon lui, cela nécessite de réfléchir ​aux règles d’éviction actuelles. Pour rappel, le temps d’isolement pour un malade est de dix jours. Pour une personne cas-contact avec un malade infecté par Omicron, le temps de quarantaine est de sept jours et peut même monter à 17 jours lorsque l’on vit avec la personne. Il y aura des ajustements à faire qui tiendront compte de la sévérité des formes cliniques ​de la maladie provoquée par Omicron, a abondé Arnaud Fontanet.

Selon lui, ces ajustements pourraient aussi dépendre du niveau de contagiosité de la personne à tel ou tel moment, déterminé par des tests, ainsi que de la nature des fonctions qu’elle occupe. Ces possibles assouplissements ​devront s’accompagner d’un renforcement des gestes barrières, a dit Arnaud Fontanet.Selon de premières études préliminaires venues d’Afrique du Sud, d’Écosse et d’Angleterre, le variant Omicron semble entraîner moins d’hospitalisations que Delta. Mais dans le même temps, il est beaucoup plus contagieux, ce qui pourrait donc provoquer mathématiquement une hausse du nombre de patients hospitalisés, notamment les non vaccinés et les personnes fragiles.

Ce constat du Conseil scientifique parait n’avoir chercher sans doute qu’à cautionner le véritable désarroi du pouvoir politique et justifier sa lutte prioritaire contre “la désorganisation”, qui est bien réelle, mais dont “les remèdes adoptés ne prétendent en rien remettre en cause nos fondamentaux et le mode de fonctionnement des sociétés capitalistes… Cela va des accords sur le fond qui divisent sur une semaine de vacances de plus pour les écoliers, pour Pécresse, l’indignité des grands démagogues de la FI et du Rassemblement National qui flattent l’ignorance et l’obscurantisme de leur clientèle, sans parler des aspects mortifères des verts, et de l’aspect risible du PS qui ignore son rôle dans la destruction des services publics. Comme la campagne électorale et les plateaux de télévision on reste dans l’entre-soi de leur non-remise en cause et l’empoignade est d’autant plus agité qu’elle se situe dans le champ clos des intérêts privés.

Et il est clair qu’à ce désarroi scientifique , le pouvoir politique a prétendu répondre hier par des demi-mesures dont la plupart n’ont rien de convaincant et éclate le fait que le politique ne maîtrise plus rien, tabler sur la vaccination est juste, et agir comme certains démagogues politiciens en le niant est criminel. Mais limiter la vaccination au territoire national et même à l’Europe est une folie et Omicrom le prouve. Comme prétendre en faire le champ clos de certains vaccins aux dépends d’autres.

Marseille est l’épicentre de toutes ces folies…

La campagne électorale témoigne du fait que tous les prétendants sont à peu près dans le même état et la compétition en parait totalement dérisoire, que dire de ce représentant du PS découvrant que l’on a sacrifié l’hôpital public ? . L’incapacité en l’état d’injustice et de destruction des services publics de la planète de contrôler le virus, alors que la vaccin est là éclate au grand jour.

Peut-on abstraire ce constat de ceux que nous dressons par ailleurs sur le bellicisme, la xénophobie, l’accumulation d’armes d’une part et la bulle financière proche d’éclater, je ne le crois pas. Comme je pense que les communistes doivent faire un effort d’interprétation de ce qui se passe : le capitalisme, l’impérialisme ne se limite pas à ses dysfonctionnements, ceux du néolibéralisme sacrifiant les services publics ou l’évasion fiscale où le capitaliste devient un simple fraudeur. Il ne s’agit pas des inégalités, de l’injustice, mais bien comme l’a souligné jean Claude Delaunay d’une exploitation de la planète et des êtres humains. Et le terme de “désorganisation” est un euphémisme pour dire l’accélération de la fin d’un mode de production qui dans d’autres siècles prenait des centaines d’années et s’étalait sur parfois un millénaire comme la chute de l’empire romain.

L’accélération de l’impérialisme dans ce qui devrait être la transition vers le socialisme, la fin de l’hégémonie d’un empire qui n’a duré que deux cent ans, est peut-être contenue dans ce que je note depuis le début de l’épidémie, une communauté scientifique qui a un langage planétaire commun ce qui aboutit de véritables exploits comme le partage du séquençage des génomes, la confection de vaccin ultra-rapide et contradictoirement les appropriations des découvertes par le capital et les antagonismes concurrentiels du politique, ce qui aboutit à la “désorganisation” avec l’étrange spectacle médiatique de l’incapacité à penser la situation, “scientifiques” médiacrates et politiques se renvoyant la balle de leurs incapacités. Et les masses jetées dans l’obscurantisme avec la complicité de ceux qui n’ont jamais fait autre chose que refuser tout changement en multipliant les boucs émissaires devant les méfaits du capital…

Pourquoi le discours xénophobe dénonçant la “dictature chinoise”, qui a depuis le début privilégié la sécurité de la population et contrôlé l’épidémie peut-il être plus facilement démonté pour peu qu’on s’en donne la peine ? Enfait de dictature l’orientation est claire : privilégier la sécurité et pas l’économie, c’est pareil pour Cuba, l’économie ne peut pas être ignorée mais elle prend son sens originel : assurer la survie des familles et des individus et en créer les conditions matérielles. Pour cela, considérer que le socialisme n’a plus de modèle de développement et choisir non pas la rupture mais la stabilisation y compris en se détachant des jeux boursiers qui atteignent désormais une crise potentielle qui va se surajouter aux risques d’épidémies et aux provocations bellicistes. Ne pas avoir de modèle pour le socialisme, ce n’est en rien être assuré d’avoir la solution mais c’est la chercher en tentant d’innover en faveur d’une population dont on a besoin de la mobilisation pour franchir le dangereux cap des tempêtes.

Danielle BLEITRACH

 

lundi 27 décembre 2021

27 déc. 2021

LIBERTE HEBDO N° 1512, EDITO DE PHILIPPE

                   

QUE TENTE DE TENTER TAUBIRA ?

Nous avions failli oublier qu’elle fut le soutien de feu Bernard Tapie. Nous avions failli oublier qu’elle fut candidate PRG à l’élection présidentielle. C’était en 2002 (2,32 % au premier tour et défaite de Jospin). 

Nous avions failli oublier qu’elle fut balladurienne. Le temps passe, la mémoire citoyenne fait parfois dans l’impasse. Nous n’oublions pas, évidemment, qu’elle fut militante indépendantiste. Nous n’oublions pas qu’elle est à l’origine de la loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. 
Elle était alors députée et Éric Zemmour la vouait déjà aux gémonies. Nous n’oublions toujours pas qu’elle fut la garde des Sceaux qui a défendu le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de personnes de même sexe. 
Une intellectuelle d’une grande éloquence décidément détestable pour Zemmour. Reste que ce dernier fait d’arme date déjà un peu. Christiane Taubira s’était mise en retrait de la vie politique depuis cinq ans. 

Courtisée par quelques inquiets nostalgiques d’une gauche centriste qui penche nettement à droite (c’est sa vocation), courtisée par les médias dominants qui adorent les nostalgiques à la recherche d’une survivance, Christiane Taubira revient sous les projecteurs. 
D’abord, elle affirme que non, jamais, elle ne présentera une énième candidature « de gauche » à la présidentielle de 2022. L’affaire est alors entendue. La brillante Christiane ne prendra pas la responsabilité d’une dispersion qui aboutirait au duel tant redouté du second tour entre Macron et Le Pen.

Voilà alors que surgit, hors de la réalité, le héros mal masqué. Avec l’entrée en scène du très morveux Zemmour, la donne change puisque, paraît-il, il déstabilise Marine Le Pen. Ainsi, le duel n’est plus d’actualité. Qu’à cela ne tienne, Taubira revient sur sa décision et va décider plus tard, en janvier peut- être, de sa décision. Ce faisant, elle agace beaucoup de monde d’autant qu’elle n’a jusqu’à présent que sa tête - et sa divine aura - à présenter. De programme, point. À part un passif en politique sociale du temps de Hollande, Ayrault et Valls. 

À part aussi ses prises de position contre la vaccination en Guyane avant d’opérer une remarquable volte-face. 
Problème : la gestion des horloges façon Mme Taubira apparaît bien contestable. Le pitoyable Zemmour s’essouffle et se fait dépasser, selon les sondages bien sûr, par sa concurrente fasciste. Une fois de plus, à se contenter de commenter des sondages et en oubliant le fond, c’est-à- dire les idées, on se plante.

Mais, allons-nous tenter de demander, que tente donc de tenter Taubira ? 
Elle l’a dit : elle veut raccommoder l’union à gauche afin de n’avoir qu’un candidat (ou une candidate...) contre les méchants. Belle idée. Comme au Chili ? 
Voilà qui reste à démontrer. La victoire de Gabriel Boric, bien-sûr candidat de la coalition Apruebo Dignidad, a bénéficié de la contribution essentielle du Parti communiste chilien. 
Cela n’a rien à voir avec une union de circonstance, brinquebalante et de dernière minute qui porte les gènes du renoncement et d’une social-démocratie à la remorque d’un libéralisme mortifère.


 

Publié par El Diablo

Tu es malade, tu ne trouves aucun médecin de ville pour t’ausculter, tu te rends donc aux urgences  où le médecin te prescrit un traitement sans pour autant t’hospitaliser car ton état ne le nécessite pas : tu dois payer 20 euros non remboursés par la Sécurité Sociale : MERCI MACRON !