Naturellement,
dans la lutte des classes, celle des travailleurs contre leurs
exploiteurs, je suis pour changer notre mauvaise société, pour les
luttes convergentes vers l'augmentation substantielle du pouvoir d'achat
et l'amélioration des conditions de vie ou de travail.
Il n'empêche, je ne me reconnais pas du tout dans ces convois dits des libertés sans lendemain pour construire un autre monde. Encore
une énième poussée populiste qui ne mènera à rien. Rappelez-vous la
flambée des Gilets Jaunes contre l'augmentation du prix des carburants
et aujourd'hui le prix de ceux-ci flambent de plus belle que hier.
Aujourd'hui,
ces convois, toujours dits des Libertés, sont soutenus par l'extrême
droite et une des portes-paroles influentes des GJ à l'époque, Jacline
Mouraud, fait partie du QG de campagne de Zemmour pour la
présidentielle. Quant à JL Mélenchon? L'un des ses portes-parole et
coordinateur de Lfi, Adrien Quatennens, déclare sur France info de ce mercredi: Évidemment", la France insoumise soutient les "convois de la liberté".
Liberté, liberté chérie, que de gloubiboulgas plus que vaseux j'entends en ton nom!
Au titre des livres à ne surtout pas
rater voici d’Eric Vuillard, certes le travail d’archives exhume surtout
certaines responsabilités de sommet, mais l’écriture peut respecter ce
qu’énonçait Brecht : “L’avenir de l’humanité n’a d’intérêt que vu d’en
bas.” Brecht
Photo:
Jean-Luc Bertini Pasco&Co Bien plus qu’au récit d’un épisode sans
gloire de l’histoire coloniale française, Éric Vuillard nous convie à
une analyse sans concession du pouvoir. Du pouvoir dans ce qu’il a
parfois de plus trivial, fait de compromissions, de censure, d’abus de
langage.
Sous des phrases parfaitement polies, la réalité chez Éric Vuillard a
toujours quelque chose de tranchant. Qu’il évoque la chute de l’Empire
inca (Conquistadors, 2009), les débuts de l’empire colonial en Afrique (Congo, 2012), les soubresauts de la Révolution française (14 juillet, 2016) ou les premiers pas du « reality show » avec Buffalo Bill (Tristesse de la terre, 2014), l’effet est le même.
Dans ses récits toujours attentifs à la « vérité du temps », comme il
l’écrit, l’écrivain français, né à Lyon en 1968, Prix Goncourt pour L’ordre du jour en
2017, avance comme un bulldozer, impassible, poussant les alluvions de
crimes, de cadavres et de complicités laissés par l’Histoire.
Et chaque fois, dans ce style sobre mais tendu qui produit un effet
de contraste saisissant, il y épingle une galerie de personnages réels
dans lesquels on pourrait voir autant d’archétypes.
Avec Une sortie honorable, son onzième titre, Éric Vuillard
examine, avec sa méticulosité coutumière et son intérêt à dévoiler les
mécaniques de l’ombre, les circonstances de la sortie de la France de
l’Indochine. Lointaine pièce d’un empire impérial qui comprenait ce qui
deviendra le Vietnam, le Cambodge et le Laos, la France y faisait de
bonnes affaires sous le couvert mensonger d’une « mission
civilisatrice ».
Prenant acte des morts et des défaites, face à l’évidence d’une
guerre qui s’annonce comme perdue, généraux, « capitaines » d’industrie
et politiciens vont s’accrocher à l’espoir d’une « sortie honorable »,
avant de passer le relais aux États-Unis. Un processus qui s’est mué en
débâcle après la bataille de Diên Biên Phu.
Depuis les inspecteurs coloniaux se penchant en 1928 sur les
conditions de travail des ouvriers dans les plantations d’hévéa de
Michelin — à la limite de l’esclavage — jusqu’aux derniers Occidentaux
évacués par hélicoptère depuis le toit de l’ambassade américaine pendant
la chute de Saigon, en passant par le général Jean de Lattre de
Tassigny demandant dans son mauvais anglais des renforts militaires à la
télévision américaine en 1951, l’écrivain revisite les archives.
Bien plus qu’au récit d’un épisode sans gloire de l’histoire
coloniale française, Éric Vuillard nous convie à une analyse sans
concession du pouvoir. Du pouvoir dans ce qu’il a parfois de plus
trivial, fait de compromissions, de censure, d’abus de langage.
Il ne manque pas d’écharper au passage la vieille bourgeoisie
française, composée de possédants, de satisfaits et de marionnettistes
politiques, produits du drôle de « microclimat » d’un 16e arrondissement parisien aux tendances endogames.
Et si chacun de ses livres cherche à mettre au jour la « structure du
monde », celui-là ne fait pas exception. « Et il faudrait pouvoir
regarder tout ça au moins une fois, une seule fois, bien en face,
écrit-il, toute la masse d’intérêts, de fils les reliant les uns aux
autres, froissés, formant une pelote énorme, une gigantesque gueule, un
formidable amas de titres, de propriétés et de nombres, comme un
formidable amas de morts… »
Au terme de trente ans de combats, le bilan du côté de la France et
des États-Unis s’élèvera à quatre cent mille morts. Du côté vietnamien,
il faudra compter trois millions six cent mille morts, soit dix fois
plus, à savoir autant de morts que de Français et d’Allemands tués
durant la Première Guerre mondiale. C’est une part de la « vérité monstrueuse » qu’Éric Vuillard nous donne à voir.
Les
fameuses turbines Alstiom, nécessaires à nos centrales nucléaires, au
porte-avion Charles de Gaulle, que Macron avaient cédées aux
Américains...
Alors
ministre de l’Économie, Emmanuel Macron avait validé en 2014 la cession
de la branche stratégique Énergie d’Alstom à l’américain Général Électric. Aujourd'hui, le même Macron, à deux mois des élections
présidentielles voudrait effacer cette trahison industrielle de son
pédigrée en rachetant ce même secteur Energie aux Américains...
Notez
que la direction de ce secteur d'Alstom, avant comme après le
changement de propriétaire, est assurée par Jérôme Pécresse, le mari de
Valérie...
Comme
quoi sous Macron président, la politique et l'économie sont étroitement
mêlées, la même caste ayant accaparé l'ensemble des pouvoirs de la
République où le fric est roi.
Les
Jeux Olympiques d’hiver de 2014 - qui s’ouvrirent à Sotchi en Russie le
7 février à la veille de l’explosion de la crise ukrainienne avec le
putsch de Place Maïdan (18-20 février)- furent définis dans la campagne
médiatique anti-russe comme les «Olympiades du tzar Poutine». Le
président Obama et le vice-président Biden, suivis par d’autres, les
boycottèrent en accusant la Russie de violer les droits humains des
LGTB.
Même
scénario aujourd’hui avec les Jeux Olympiques d’hiver à Pékin, définis
dans la campagne médiatique anti-chinoise comme «les Jeux de pouvoir de
Xi, le Grand timonier olympique» (La Repubblica,
3 février). Le président Biden les a boycottés, accusant la Chine de
violer les droits humains des Ouïgours. À la suite des États-Unis, la
Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie, la Lituanie, l’Estonie et le
Kosovo (bien connu pour sa défense des droits humains, sous enquête pour
trafic d’êtres et d’organes humains) ont déclaré le «boycott
diplomatique» des Jeux Olympiques de Pékin.
Le boycott fait partie de la stratégie de Washington d’«endiguement» de
la Chine. Elle n’est pas restée simplement l’«usine du monde» où les
multinationales étasuniennes et européennes ont délocalisé depuis des
décennies une grande partie de leurs productions, en y faisant des
profits colossaux. La Chine a réalisé son propre développement productif
et technologique et, sur cette base, des projets comme la Nouvelle
Route de la Soie : un réseau terrestre (routier et ferroviaire) et
maritime entre la Chine et l’Europe à travers l’Asie Centrale, le
Moyen-Orient et la Russie.
Dans
ce cadre, les relations économiques entre Chine et Russie se sont
renforcées, surtout après les sanctions imposées à la Russie par
États-Unis et Ue. Les échanges entre États-Unis et Chine restent
majeurs, mais, étant donné que de nombreux produits sur le marché
étasunien sont fabriqués en Chine par des multinationales USA ou fournis
par des sociétés chinoises, les États-Unis enregistrent dans le
commerce bilatéral un déficit de plus de 300 milliards de dollars
annuels.
La
Chine a en outre fortement réduit ses propres investissements aux USA.
Plus grave encore pour Washington, le fait que le pourcentage en dollars
des réserves monétaires chinoises a sensiblement diminué et que la
Chine cherche des monnaies alternatives à celle des USA à utiliser dans
le commerce international, mettant en danger l’hégémonie du dollar.
Ne pouvant pas arrêter ce processus qui peut mettre fin à la domination
économique des États-Unis, Washington jette son épée sur le plateau de
la balance. L’«endiguement» économique devient «endiguement» militaire.L’amiral Davidson, chef du Commandement de l’Indo-Pacifique -la région
qui dans la géopolitique de Washington s’étend de la côte occidentale
des USA à celle de l’Inde- a demandé au Congrès 27 milliards de dollars
pour construire autour de la Chine un rideau de bases de missiles et
systèmes satellites. «Nous devons commencer à affronter la Chine depuis
une position de force», a déclaré le secrétaire d’État Anthony Blinken.
C’est dans ce cadre que se place l’Aukus, le partenariat
stratégico-militaire constitué par États-Unis, Grande-Bretagne et
Australie avec «l’impératif d’assurer la paix et la stabilité dans
l’Indo-Pacifique» ; États-Unis et Grande-Bretagne aideront l’Australie à
acquérir des sous-marins à propulsion nucléaire, armés de missiles
sûrement aussi à tête nucléaire, comme le Trident D5 USA qui peut
transporter jusqu’à 14 têtes thermonucléaires indépendantes. Ces
sous-marins de fait sous commandement USA, en s’approchant des côtes de
la Chine et de la Russie, pourraient frapper en quelques minutes les
principaux objectifs dans ces pays avec une capacité destructrice
équivalente à plus de 20 mille bombes d’Hiroshima.
Chine et Russie renforcent en conséquence non seulement leur
coopération économique, mais aussi celle politique et militaire. Dans la
déclaration conjointe à Pékin, les présidents Xi Jin-ping et Vladimir
Poutine ont souligné que «Russie et Chine s’opposent aux tentatives de
forces externes de miner la sécurité et la stabilité dans leurs régions
adjacentes» et qu’elles «s’opposent à l’élargissement ultérieur de
l’OTAN». La stratégie USA-OTAN de la tension et de la guerre, qui ramène
à la confrontation entre blocs opposés, brise les cinq cercles
entrelacés, symbole olympique des cinq continents unis pour “un monde
meilleur et pacifique”.
La cheffe de la police de Londres démissionne, emportée par une crise de confiance
La cheffe de la police de Londres Cressida Dick (g) et le maire de la ville Sadiq Khan le 29 novembre 2021 à Londres - POOL/AFP/Archives
La
cheffe de la police de Londres, Cressida Dick, a annoncé jeudi soir sa
démission sur fond de crise deconfiance et dans la foulée d'un rapport
pointant des comportements racistes, misogynes et discriminatoires au
sein de Scotland Yard.
Poussée vers la sortie par le maire de
Londres Sadiq Khan, Cressida Dick a estimé dans un communiqué qu'elle
n'avait "d'autre choix que de démissionner".
"Il
est clair que le maire n'a plus la confiance nécessaire dans ma
direction pour que je continue", a-t-elle déclaré, précisant qu'elle
resterait à son poste en attendant que soit désigné son successeur.
La
police de Londres a également été vertement critiquée pour avoir tardé à
enquêter sur les fêtes à Downing Street et dans les cercles du pouvoir
malgré les restrictions sanitaires, scandale qui menace la survie
politique du Premier ministre Boris Johnson.
Dans un tweet, le
chef du gouvernement a remercié Cressida Dick pour avoir "protégé le
public et rendu nos rues plus sûres". "Dame Cressida a servi son pays
avec beaucoup de dévouement et de distinction pendant de nombreuses
décennies".
La démission de Cressida Dick, 61 ans, fait suite à la
publication le 1er février d'un rapport accablant de la police des
polices britanniques, l'IOPC.
Celle-ci avait notamment passé en
revue des milliers de messages échangés sur les réseaux sociaux, "dont
beaucoup étaient hautement sexualisés, discriminatoires ou faisaient
référence à la violence". Ils comportaient notamment des allusions
directes à des viols, des termes homophobes ou racistes ou des
références au camp d'extermination nazi d'Auschwitz.
Sur les 14
policiers visés, basés principalement au commissariat de Charing Cross,
dans le centre de Londres, neuf sont toujours en activité. Ils avaient
minimisé les messages en les mettant sur le compte de la plaisanterie.
- "Restaurer la confiance" -
L'enquête
avait initialement été ouverte en 2018 contre un policier soupçonné
d'avoir eu des relations sexuelles avec une personne saoûle dans un
commissariat de police. Elle avait ensuite été élargie.
Dans un
communiqué jeudi soir, le maire de Londres a indiqué qu'il n'avait "pas
été satisfait" par la réponse de Cressida Dick face à l'ampleur des
changements selon lui "urgemment" nécessaires pour "restaurer la
confiance" des Londoniens et se débarrasser du "racisme, du sexisme, de
l'homophobie, du harcèlement, des discriminations et de la misogynie qui
existent toujours" dans la police de la capitale.
La cheffe de la police de Londres Cressida Dick dans la capitale britannique le 25 janvier 2022
Nommée en 2017, Cressida Dick était alors la première femme à diriger Scotland Yard.
Après
le viol et le meurtre d'une Londonienne, Sarah Everard, par un policier
en mars 2021, qui avaient profondément choqué au Royaume-Uni, la police
avait été accusée d'avoir ignoré toute une série de signaux alarmants
sur le comportement de cet agent.
Elle avait aussi été pointée du
doigt pour son intervention musclée pour disperser un rassemblement en
hommage à la victime, ou après que deux policiers se furent pris en
photo sur la scène d'un double meurtre avant de partager les clichés.
Depuis
son arrivée à la tête de la police de Londres, Cressida Dick avait dû
faire face à une série d'attentats jihadistes en 2017, l'incendie
meurtrier de la tour Grenfell (71 morts), ainsi que des "manifestations
difficiles", "la pandémie", "le meurtre d'officiers en service",
a-t-elle rappelé. "Je suis incroyablement fière de mon équipe et de tout
ce qu'ils ont accompli."