vendredi 11 février 2022

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Naturellement, dans la lutte des classes, celle des travailleurs contre leurs exploiteurs, je suis pour changer notre mauvaise société, pour les luttes convergentes vers l'augmentation substantielle du pouvoir d'achat et l'amélioration des conditions de vie ou de travail.

Il n'empêche, je ne me reconnais pas du tout dans ces convois dits des libertés sans lendemain pour construire un autre mondeEncore une énième poussée populiste qui ne mènera à rien. Rappelez-vous la flambée des Gilets Jaunes contre l'augmentation du prix des carburants et aujourd'hui le prix de ceux-ci flambent de plus belle que hier.

Aujourd'hui, ces convois, toujours dits des Libertés, sont soutenus par l'extrême droite et une des portes-paroles influentes des GJ à l'époque, Jacline Mouraud, fait partie du QG de campagne de Zemmour pour la présidentielle. Quant à JL Mélenchon? L'un des ses portes-parole et coordinateur de Lfi, Adrien Quatennens, déclare sur France info de ce mercredi: Évidemment", la France insoumise soutient les "convois de la liberté".

Liberté, liberté chérie, que de gloubiboulgas plus que vaseux j'entends en ton nom!

Du coup, ce dessin de Coco me plait bien!

Capture d'écran sur fb

 

Une vérité monstrueuse


Dans la section
LIRE

Au titre des livres à ne surtout pas rater voici d’Eric Vuillard, certes le travail d’archives exhume surtout certaines responsabilités de sommet, mais l’écriture peut respecter ce qu’énonçait Brecht : “L’avenir de l’humanité n’a d’intérêt que vu d’en bas.” Brecht

  1. [Accueil]
  2. [Lire]
Bien plus qu’au récit d’un épisode sans gloire de l’histoire coloniale française, Éric Vuillard nous convie à une analyse sans concession du pouvoir. Du pouvoir dans ce qu’il a parfois de plus trivial, fait de compromissions, de censure, d’abus de langage.
 
Photo: Jean-Luc Bertini Pasco&Co Bien plus qu’au récit d’un épisode sans gloire de l’histoire coloniale française, Éric Vuillard nous convie à une analyse sans concession du pouvoir. Du pouvoir dans ce qu’il a parfois de plus trivial, fait de compromissions, de censure, d’abus de langage.

Christian Desmeules



Sous des phrases parfaitement polies, la réalité chez Éric Vuillard a toujours quelque chose de tranchant. Qu’il évoque la chute de l’Empire inca (Conquistadors, 2009), les débuts de l’empire colonial en Afrique (Congo, 2012), les soubresauts de la Révolution française (14 juillet, 2016) ou les premiers pas du « reality show » avec Buffalo Bill (Tristesse de la terre, 2014), l’effet est le même.

Dans ses récits toujours attentifs à la « vérité du temps », comme il l’écrit, l’écrivain français, né à Lyon en 1968, Prix Goncourt pour L’ordre du jour en 2017, avance comme un bulldozer, impassible, poussant les alluvions de crimes, de cadavres et de complicités laissés par l’Histoire.

Et chaque fois, dans ce style sobre mais tendu qui produit un effet de contraste saisissant, il y épingle une galerie de personnages réels dans lesquels on pourrait voir autant d’archétypes.

Avec Une sortie honorable, son onzième titre, Éric Vuillard examine, avec sa méticulosité coutumière et son intérêt à dévoiler les mécaniques de l’ombre, les circonstances de la sortie de la France de l’Indochine. Lointaine pièce d’un empire impérial qui comprenait ce qui deviendra le Vietnam, le Cambodge et le Laos, la France y faisait de bonnes affaires sous le couvert mensonger d’une « mission civilisatrice ».

Prenant acte des morts et des défaites, face à l’évidence d’une guerre qui s’annonce comme perdue, généraux, « capitaines » d’industrie et politiciens vont s’accrocher à l’espoir d’une « sortie honorable », avant de passer le relais aux États-Unis. Un processus qui s’est mué en débâcle après la bataille de Diên Biên Phu.

Depuis les inspecteurs coloniaux se penchant en 1928 sur les conditions de travail des ouvriers dans les plantations d’hévéa de Michelin — à la limite de l’esclavage — jusqu’aux derniers Occidentaux évacués par hélicoptère depuis le toit de l’ambassade américaine pendant la chute de Saigon, en passant par le général Jean de Lattre de Tassigny demandant dans son mauvais anglais des renforts militaires à la télévision américaine en 1951, l’écrivain revisite les archives.

Bien plus qu’au récit d’un épisode sans gloire de l’histoire coloniale française, Éric Vuillard nous convie à une analyse sans concession du pouvoir. Du pouvoir dans ce qu’il a parfois de plus trivial, fait de compromissions, de censure, d’abus de langage.

Il ne manque pas d’écharper au passage la vieille bourgeoisie française, composée de possédants, de satisfaits et de marionnettistes politiques, produits du drôle de « microclimat » d’un 16e arrondissement parisien aux tendances endogames.

Et si chacun de ses livres cherche à mettre au jour la « structure du monde », celui-là ne fait pas exception. « Et il faudrait pouvoir regarder tout ça au moins une fois, une seule fois, bien en face, écrit-il, toute la masse d’intérêts, de fils les reliant les uns aux autres, froissés, formant une pelote énorme, une gigantesque gueule, un formidable amas de titres, de propriétés et de nombres, comme un formidable amas de morts… »

Au terme de trente ans de combats, le bilan du côté de la France et des États-Unis s’élèvera à quatre cent mille morts. Du côté vietnamien, il faudra compter trois millions six cent mille morts, soit dix fois plus, à savoir autant de morts que de Français et d’Allemands tués durant la Première Guerre mondiale. C’est une part de la « vérité monstrueuse » qu’Éric Vuillard nous donne à voir.

Une sortie honorable

 

 

Commentaire de Jean LEVY

https://static.latribune.fr/1347469/alstom.png

Les fameuses turbines Alstiom, nécessaires à nos centrales nucléaires, au porte-avion Charles de Gaulle, que Macron avaient cédées aux Américains...

Alors ministre de l’Économie, Emmanuel Macron avait validé en 2014 la cession de la branche stratégique Énergie d’Alstom à l’américain Général Électric. Aujourd'hui, le même Macron, à deux mois des élections présidentielles voudrait effacer cette trahison industrielle de son pédigrée en rachetant ce même secteur Energie aux Américains...
 

Notez que la direction de ce secteur d'Alstom, avant comme après le changement de propriétaire, est assurée par Jérôme Pécresse, le mari de Valérie...

Comme quoi sous Macron président, la politique et l'économie sont étroitement mêlées, la même caste ayant accaparé l'ensemble des pouvoirs de la République où le fric est roi.

Tag(s) : #Alstom, GE et Macron

Boycott diplomatique des USA : en 2008 déjà, les JO de Pékin avaient créé  des tensions diplomatiques

"Les cinq cercles brisés"
L’Art de la guerre
 
Les cinq cercles brisés
 
Manlio Dinucci 
 
Les Jeux Olympiques d’hiver de 2014 - qui s’ouvrirent à Sotchi en Russie le 7 février à la veille de l’explosion de la crise ukrainienne avec le putsch de Place Maïdan (18-20 février)- furent définis dans la campagne médiatique anti-russe comme les «Olympiades du tzar Poutine». Le président Obama et le vice-président Biden, suivis par d’autres, les boycottèrent en accusant la Russie de violer les droits humains des LGTB.
 
Même scénario aujourd’hui avec les Jeux Olympiques d’hiver à Pékin, définis dans la campagne médiatique anti-chinoise comme «les Jeux de pouvoir de Xi, le Grand timonier olympique» (La Repubblica, 3 février). Le président Biden les a boycottés, accusant la Chine de violer les droits humains des Ouïgours. À la suite des États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie, la Lituanie, l’Estonie et le Kosovo (bien connu pour sa défense des droits humains, sous enquête pour trafic d’êtres et d’organes humains) ont déclaré le «boycott diplomatique» des Jeux Olympiques de Pékin.
 
   Le boycott fait partie de la stratégie de Washington d’«endiguement» de la Chine. Elle n’est pas restée simplement l’«usine du monde» où les multinationales étasuniennes et européennes ont délocalisé depuis des décennies une grande partie de leurs productions, en y faisant des profits colossaux. La Chine a réalisé son propre développement productif et technologique et, sur cette base, des projets comme la Nouvelle Route de la Soie : un réseau terrestre (routier et ferroviaire) et maritime entre la Chine et l’Europe à travers l’Asie Centrale, le Moyen-Orient et la Russie.
 
Dans ce cadre, les relations économiques entre Chine et Russie se sont renforcées, surtout après les sanctions imposées à la Russie par États-Unis et Ue. Les échanges entre États-Unis et Chine restent majeurs, mais, étant donné que de nombreux produits sur le marché étasunien sont fabriqués en Chine par des multinationales USA ou fournis par des sociétés chinoises, les États-Unis enregistrent dans le commerce bilatéral un déficit de plus de 300 milliards de dollars annuels.
 
La Chine a en outre fortement réduit ses propres investissements aux USA. Plus grave encore pour Washington, le fait que le pourcentage en dollars des réserves monétaires chinoises a sensiblement diminué et que la Chine cherche des monnaies alternatives à celle des USA à utiliser dans le commerce international, mettant en danger l’hégémonie du dollar.
 
  Ne pouvant pas arrêter ce processus qui peut mettre fin à la domination économique des États-Unis, Washington jette son épée sur le plateau de la balance. L’«endiguement» économique devient «endiguement» militaire. L’amiral Davidson, chef du Commandement de l’Indo-Pacifique -la région qui dans la géopolitique de Washington s’étend de la côte occidentale des USA à celle de l’Inde- a demandé au Congrès 27 milliards de dollars pour construire autour de la Chine un rideau de bases de missiles et systèmes satellites. «Nous devons commencer à affronter la Chine depuis une position de force», a déclaré le secrétaire d’État Anthony Blinken.
 
  C’est dans ce cadre que se place l’Aukus, le partenariat stratégico-militaire constitué par États-Unis, Grande-Bretagne et Australie  avec «l’impératif d’assurer la paix et la stabilité dans l’Indo-Pacifique» ; États-Unis et Grande-Bretagne aideront l’Australie à acquérir des sous-marins à propulsion nucléaire, armés de missiles sûrement aussi à tête nucléaire, comme le Trident D5 USA qui peut transporter jusqu’à 14 têtes thermonucléaires indépendantes. Ces sous-marins de fait sous commandement USA, en s’approchant des côtes de la Chine et de la Russie, pourraient frapper en quelques minutes les principaux objectifs dans ces pays avec une capacité destructrice équivalente à plus de 20 mille bombes d’Hiroshima.
 
   Chine et Russie renforcent en conséquence non seulement leur coopération économique, mais aussi celle politique et militaire. Dans la déclaration conjointe à Pékin, les présidents Xi Jin-ping et Vladimir Poutine ont souligné que «Russie et Chine s’opposent aux tentatives de forces externes de miner la sécurité et la stabilité dans leurs régions adjacentes» et qu’elles «s’opposent à l’élargissement ultérieur de l’OTAN». La stratégie USA-OTAN de la tension et de la guerre, qui ramène à la confrontation entre blocs opposés, brise les cinq cercles entrelacés, symbole olympique des cinq continents unis pour “un monde meilleur et pacifique”.
   
 
Edition de mardi 8 février 2022 d’il manifesto
Traduit de l’italien par M-A P
  

 

La cheffe de la police de Londres démissionne, emportée par une crise de confiance

La cheffe de la police de Londres Cressida Dick (g) et le maire de la ville Sadiq Khan le 29 novembre 2021 à Londres - POOL/AFP/Archives

La cheffe de la police de Londres, Cressida Dick, a annoncé jeudi soir sa démission sur fond de crise de confiance et dans la foulée d'un rapport pointant des comportements racistes, misogynes et discriminatoires au sein de Scotland Yard.

Poussée vers la sortie par le maire de Londres Sadiq Khan, Cressida Dick a estimé dans un communiqué qu'elle n'avait "d'autre choix que de démissionner".

"Il est clair que le maire n'a plus la confiance nécessaire dans ma direction pour que je continue", a-t-elle déclaré, précisant qu'elle resterait à son poste en attendant que soit désigné son successeur.

La police de Londres a également été vertement critiquée pour avoir tardé à enquêter sur les fêtes à Downing Street et dans les cercles du pouvoir malgré les restrictions sanitaires, scandale qui menace la survie politique du Premier ministre Boris Johnson.

Dans un tweet, le chef du gouvernement a remercié Cressida Dick pour avoir "protégé le public et rendu nos rues plus sûres". "Dame Cressida a servi son pays avec beaucoup de dévouement et de distinction pendant de nombreuses décennies".

La démission de Cressida Dick, 61 ans, fait suite à la publication le 1er février d'un rapport accablant de la police des polices britanniques, l'IOPC.

Celle-ci avait notamment passé en revue des milliers de messages échangés sur les réseaux sociaux, "dont beaucoup étaient hautement sexualisés, discriminatoires ou faisaient référence à la violence". Ils comportaient notamment des allusions directes à des viols, des termes homophobes ou racistes ou des références au camp d'extermination nazi d'Auschwitz.

Sur les 14 policiers visés, basés principalement au commissariat de Charing Cross, dans le centre de Londres, neuf sont toujours en activité. Ils avaient minimisé les messages en les mettant sur le compte de la plaisanterie.

- "Restaurer la confiance" -

L'enquête avait initialement été ouverte en 2018 contre un policier soupçonné d'avoir eu des relations sexuelles avec une personne saoûle dans un commissariat de police. Elle avait ensuite été élargie.

Dans un communiqué jeudi soir, le maire de Londres a indiqué qu'il n'avait "pas été satisfait" par la réponse de Cressida Dick face à l'ampleur des changements selon lui "urgemment" nécessaires pour "restaurer la confiance" des Londoniens et se débarrasser du "racisme, du sexisme, de l'homophobie, du harcèlement, des discriminations et de la misogynie qui existent toujours" dans la police de la capitale.

AFP/Archives

La cheffe de la police de Londres Cressida Dick dans la capitale britannique le 25 janvier 2022

Nommée en 2017, Cressida Dick était alors la première femme à diriger Scotland Yard.

Après le viol et le meurtre d'une Londonienne, Sarah Everard, par un policier en mars 2021, qui avaient profondément choqué au Royaume-Uni, la police avait été accusée d'avoir ignoré toute une série de signaux alarmants sur le comportement de cet agent.

Elle avait aussi été pointée du doigt pour son intervention musclée pour disperser un rassemblement en hommage à la victime, ou après que deux policiers se furent pris en photo sur la scène d'un double meurtre avant de partager les clichés.

Depuis son arrivée à la tête de la police de Londres, Cressida Dick avait dû faire face à une série d'attentats jihadistes en 2017, l'incendie meurtrier de la tour Grenfell (71 morts), ainsi que des "manifestations difficiles", "la pandémie", "le meurtre d'officiers en service", a-t-elle rappelé. "Je suis incroyablement fière de mon équipe et de tout ce qu'ils ont accompli."