dimanche 11 septembre 2022
par Manlio Dinucci blog ANC
Les sanctions contre la Russie
empêchent Gazprom de faire fonctionner le North Stream 1, unique gazoduc
qui apporte en Allemagne le gaz russe après la fermeture forcée de son
jumeau, le North Stream 2. Le Kremlin communique : “Les sanctions
imposées par UE, Royaume-Uni et Canada ont interrompu le système de
manutention technique des composants de la turbine qui assurait le
pompage”.
La stratégie USA-UE est
claire : empêcher l’Europe de recevoir le gaz russe à bas prix grâce aux
accords à long terme précédemment stipulés avec la Russie, obligeant
les consommateurs européens à l’acheter sur le marché au comptant à des
prix extrêmement plus hauts fixés par la Bourse d’Amsterdam, qui fait
aujourd’hui partie d’une grande société financière étasunienne.
L’unique gazoduc qui transporte régulièrement du gaz russe en Europe
est le TurkStream, à travers la Mer Noire et les Balkans. La Hongrie,
qui s’oppose aux sanctions UE (bien qu’elle fasse partie de l’UE et de
l’OTAN), a signé un accord à long terme avec Gazprom pour recevoir de la
Russie à travers ce gazoduc 80% du gaz dont elle a besoin.
Mais il y a dans les Balkans, surtout contre la Serbie chez qui passe
le TurkStream, des croissantes tensions provoquées en sous-main par
l’OTAN, qui pourraient aboutir au blocus y compris de cet ultime gazoduc
de la Russie.
Cette situation s’inscrit dans un scénario politico-militaire de plus
en plus explosif. La nouvelle Première ministre britannique Liz Truss
se déclare “prête à utiliser les armes nucléaires”.
Un danger ultérieur est provoqué par le fait que les forces
ukrainiennes -armées, entraînées et de fait commandées de l’OTAN- tirent
avec les cannons que leur ont fournis OTAN et UE sur la centrale de
Zaporijia actuellement sous contrôle russe exposant ainsi l’Italie et
l’Europe au très grave risque d’un nouveau Tchernobyl.
L’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique prévient : “Avec la centrale nucléaire de Zaporijia nous jouons avec le
feu et quelque chose de beaucoup, beaucoup plus catastrophique pourrait
arriver”.
Photo : la centrale nucléaire de Zaporijia
Au milieu de «pertes massives», Washington promet de se battre jusqu’au dernier ukrainien
Comme à l’ordinaire, on ne peut qu’être frappé par le positionnement
original de ce courant trotskyste WSWS qui mesure bien que ce qui se
joue en Ukraine c’est une attaque généralisée contre la classe ouvrière.
C’est d’ailleurs cette conscience des enjeux qui nous fait dans ce blog
soutenir Fabien Roussel qui – quels que soient les handicaps
internationaux du PCF- reste sur le fond en matière d’ancrage de la
résistance au capital sur le terrain national. Comme le prouvent les
débats à la fête de l’humanité. Que Fabien Roussel provoque un tel tollé
en affirmant simplement qu’il faut retourner vers l’entreprise, vers le
monde du travail parce que c’est de là que part la bataille contre le
capital et donc contre la guerre.. Mieux ou pire que soient taxés de
jérémiades l’exigence du plein emploi avec de bons salaires, alors que
pour Marx les chomeurs sont “les invalides du capital” que chaque phase
d’accumulation du capital produit et qui de ce fait sont désorganisés,
soumis à toutes les pressions, est tellement le B.A.B.A du marxisme
léninisme que l’on reste stupéfait devant les procès qui lui sont faits
et l’on se dit que c’est pourtant là la base de l ‘exigence des
communistes y compris dans l’intervention ici de WSWS(note de danielle
Bleitrach pour histoireetsociete)
Jeudi, le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le secrétaire
à la défense Lloyd Austin se sont rendus en Ukraine pour promettre de
combattre la Russie jusqu’au dernier Ukrainien, saluant une offensive
que les forces américaines prévoient discrètement être la source de
«pertes massives».
«Plus de six mois» après le début de la guerre, s’est vanté Blinken, «votre contre-offensive est en cours et s’avère efficace».
Blinken faisait référence à une offensive encouragée par les
États-Unis pour reprendre des parties du territoire occupé par les
Russes, qui a déjà provoqué un horrible bain de sang. Les forces
ukrainiennes ont affirmé que des centaines de Russes sont tués chaque
jour, tandis que le porte-parole militaire russe Igor Konashenkov a
déclaré: «Au cours de deux jours d’attaques infructueuses sur
Nikolaevo-Krivoy Rog et dans d’autres directions, les troupes
ukrainiennes ont perdu […] plus de 1.700 militaires ukrainiens».
Des
militaires ukrainiens chargent les corps de soldats russes dans un
wagon frigorifique à Kiev, en Ukraine, le vendredi 13 mai 2022. (AP
Photo/Efrem Lukatsky, File)
S’exprimant sous couvert d’anonymat, l’un des Américains sur le
terrain qui coordonne l’effort de guerre en Ukraine dans le cadre de la
force paramilitaire du «groupe Mozart» a déclaré à Newsweek que l’offensive prévue par l’Ukraine sera «très sanglante».
«Il y aura beaucoup de pertes, peu importe à quel point vous êtes
bien entraînés», a-t-il déclaré. «Peu importe à quel point votre peuple
et vos troupes sont bien préparés, personne n’est jamais préparé au
nombre massif de pertes».
Avant même cette offensive, la guerre en Ukraine a été un désastre
pour les populations ukrainiennes et russes. Plus de 9.000 soldats
ukrainiens et 25.000 soldats russes ont été tués, selon les responsables
ukrainiens. D’autres estimations avancent des chiffres bien plus
élevés. Quelque 6,6 millions de personnes ont été déplacées, tandis que
plus de 5.500 civils ukrainiens ont été tués, selon les Nations unies.
La vie humaine ne signifie rien pour les fauteurs de guerre à
Washington ou leurs laquais à Kiev. Les mêmes personnes qui se chauffent
les mains sur les feux en Ukraine ont supervisé une politique de
COVID-19 qui a tué plus d’un million d’Américains et fait plonger
l’espérance de vie américaine de près de trois ans. Les vies des jeunes
Ukrainiens, dont beaucoup se font recruter, sont gaspillées comme de la
chair àcanon, ou pour utiliser l’expression préférée de Léon Tolstoï, de
la «viande de canon».
La témérité affichée par les États-Unis dans l’escalade de la guerre a été résumée au début du mois par The Hill dans
un article intitulé «Pourquoi les États-Unis deviennent plus effrontés
dans leur soutien à l’Ukraine». L’article se termine ainsi: «Le
gouvernement Biden arme l’Ukraine avec des armes qui peuvent faire de
sérieux dégâts aux forces russes, et, contrairement au début de la
guerre, les responsables américains ne semblent pas inquiets de la
réaction de Moscou».
En juillet, le ministre ukrainien de la Défense, Oleksii Reznikov, a
ouvertement déclaré que le pays devait être considéré comme un «banc
d’essai» pour les entrepreneurs américains de la défense. «Nous invitons
les fabricants d’armes à tester de nouveaux produits ici», a-t-il
déclaré.
En effet, les entreprises américaines de défense ne se contentent pas
de «tester» leurs produits en Ukraine, elles engrangent de l’argent à
tour de bras. Le marché boursier américain a baissé de 8 pour cent au
cours de l’année écoulée. Mais les actions de Lockheed Martin, le plus
grand entrepreneur de la défense, ont augmenté de 20 pour cent sur la
même période, tout comme les actions de General Dynamics et Northrop
Grumman.
Les fabricants d’armes américains tirent directement profit non
seulement des milliers de missiles, de drones et d’autres armes envoyés
en Ukraine, mais aussi du réarmement massif des alliés de l’OTAN, qui
ont tous promis d’augmenter leurs dépenses militaires à des niveaux
records.
Et les entreprises américaines ne sont pas les seules à réaliser des
bénéfices records. Tandis que la Russie a considérablement réduit ses
livraisons de gaz à l’Europe en raison de la guerre, les exportations
américaines de gaz naturel vers l’Europe ont triplé, tandis que les prix
payés par les consommateurs européens ont décuplé l’année dernière.
Les entreprises américaines du secteur de l’énergie ont enregistré le
mois dernier les bénéfices les plus importants de leur histoire,
ExxonMobil affichant un bénéfice trimestriel record de 17,85 milliards
de dollars et Chevron de 11,62 milliards de dollars.
Dans l’ensemble de l’économie américaine, les profits des entreprises
ont atteint 15,5 pour cent, le chiffre le plus élevé depuis 1950 et le
double de ce qu’ils étaient il y a dix ans, alimentés par des prix
abusifs et un effondrement du niveau de vie des travailleurs.
Les entreprises américaines profitent d’une guerre délibérément
provoquée par Washington et un gouvernement ukrainien pro-OTAN issu d’un
coup d’État orchestré à Kiev en 2014 par les États-Unis. Malgré toutes
les belles phrases sur la «démocratie» et la «souveraineté nationale»,
la véritable signification de l’Ukraine pour les stratèges impérialistes
américains a été établie sans détour par l’ambassadrice américaine en
Ukraine, Marie Yovanovitch, lorsqu’elle a qualifié le pays de «champ de
bataille dans la compétition entre grandes puissances».
Prenant la parole sur la base aérienne de Ramstein, en Allemagne, les
responsables américains ont promis de «faire reculer les Russes». Le
secrétaire américain à la défense, Austin, a vanté la gamme de systèmes
d’armes fournis par les États-Unis à l’Ukraine.
Au cours des trois derniers mois, a déclaré Austin, les États-Unis
ont envoyé 126 obusiers M77, ajoutant: «Nous avons multiplié par plus de
18 le nombre de systèmes d’obusiers destinés aux défenseurs de
l’Ukraine». Il a ajouté que 25 lanceurs de missiles à longue portée ont
été fournis à l’Ukraine, dont le HIMARS. Mark Milley, chef d’état-major
de l’armée américaine, s’est vanté que «les Ukrainiens ont frappé plus
de 400 cibles avec les HIMARS».
Alors que cette réunion se déroulait, les responsables ukrainiens ont
admis que les attaques lancées contre la Crimée le mois dernier étaient
des «frappes de missiles réussies», laissant ouverte la possibilité que
les HIMARS fournis par les États-Unis aient été utilisés.
Austin a déclaré que la mission des États-Unis était «en train de
changer», indiquant clairement que l’objectif des États-Unis était de
faire durer la guerre aussi longtemps que possible. Il s’est engagé à
«améliorer nos bases industrielles de défense» pour le «long terme»– une
expression qu’il a répétée cinq fois.
En cela, il a fait écho aux propos du secrétaire général de l’OTAN,
Jens Stoltenberg, qui a écrit en début de semaine que l’OTAN était en
train «d’opérer le changement le plus fondamental dans la dissuasion et
la défense de l’OTAN depuis la guerre froide», mais que cela aurait pour
conséquences une «flambée des prix de l’énergie et du coût de la vie»
et «la menace de coupures d’énergie, de perturbations et peut-être même
de troubles civils».
La guerre déclenchée par les États-Unis et les puissances de l’OTAN
est en même temps une guerre contre la classe ouvrière: de l’Ukraine et
de la Russie, de l’Europe et des États-Unis. Au nom de la «guerre contre
Poutine», les puissances impérialistes mènent une guerre contre les
travailleurs du monde entier, déclarant qu’ils doivent accepter le
rationnement de l’énergie, la chute des salaires et même la famine.
Mais la classe ouvrière aura son mot à dire dans cette affaire. La
crise créée par l’effondrement du niveau de vie a conduit à une poussée
mondiale de la lutte des classes, au Royaume-Uni et en France, aux
États-Unis, au Sri Lanka et en Afrique. En entrant en lutte, les
travailleurs du monde entier doivent exiger la fin de la guerre. À la
politique de guerre mondiale de la classe dirigeante, les travailleurs
doivent opposer la stratégie de la guerre de classe et la lutte pour la
transformation socialiste de la société.
(Article paru d’abord en anglais le 9 septembre2022)
Soit pour une très modeste sardinade familiale de 5 personnes, 21€ au lieu de 7.5€. Cela hors de tour accompagnement.
A quand la vente des citrons par
quartier à 0.2€ pièce pour accompagner les poissons et le sarment vendu
à l'unité pour les faire cuire ?
C'est quand qu'on les pend haut
et court les profiteurs de vie chère, les agioteurs de la faim, ces
spéculateurs de l'hypoglycémie ? ces creuseurs permanents de bout du
tunnel ?
Publié le
par
Cositas de toro -sblog de Gilbert LAMARQUE, "aficionado a los toros"
Pour plus de poids et d’écho, sus à Paris !
Sortons de notre confort, Nîmes, Arles, Dax et Bayonne, villes
taurines, sont déjà conquises… quoique… Mont-de-Marsan s’unira à Dax
pour combattre en rangs nombreux et serrés, souhaitons-le. Ne jouons pas
à domicile ,c’est improductif.
L’inquisiteur Caron veut nous priver de corrida. INTERDIT !
Barbares du Sud, nos libertés sont en danger, nos passions aux
agissements conviviaux, également. Vos idées personnelles et
démagogiques nous passent au-dessus des cornes. Député critiquable et
critiqué, dépourvu d’éléments constructifs, se définit par la négative.
Ce nuisible ne voit pas plus loin que sa gamelle. Ce servile, cet
hypocrite souhaite mettre à bas nos cultures régionales. « Ce n’est pas
une tradition française, c’est une tradition espagnole qui a été
importée en France au XIXe siècle. » Quel savoir !,
Vouloir l’abolition de la corrida, encore faut-il la connaître !
Le pédant xénophobe ne peut comprendre notre afición a los toros
dans des territoires où roulent l’accent tel le galet dans nos gaves
pyrénéens. Interdire la corrida, c’est la mort programmée du toro bravo, de l’écosystème (Camargue, Campo Charo… et bien au-delà…).
Même dans nos terres, nous sommes minoritaires. Sommes-nous "has
been"pour autant ? Non Mr le député n’abusez pas de votre position,
"votre" loi sera sans doute anticonstitutionnelle. De la politique
d’"insoumis", toujours contre, toute réponse est non ! Avouons que c’est
indigent.
C’est notre conviction fondée sur notre vie, notre expérience,
quelques milliers d’aficionados nous rejoindront, loin de votre jugement
brutal. Nous vous répondrons, de mauvaise foi, que la tauromachie est
une "douce" chose.
Convenez que nos cultures sont aux antipodes, Mont-de-Marsan,
Béziers, ne sont pas des forteresses en perdition, nous vivrons bien
sans votre protectorat insultant, votre forme de colonialisme. Il en fut
ainsi du Maroc, de la Tunisie, du Laos et pour quel résultat ? Alors
Barbares ? Non, individus colonisés, policés, obéissants, corvéables à
souhait, jamais !
Connais-toi toi-même
Si cette maxime est célèbre, c’est l’une des plus connues de
l’Antiquité. Mais elle n’a rien à voir avec l’interprétation
psychologique que l’on veut bien lui donner actuellement.
Il ne s’agissait pas de se livrer à une introspection pour examiner
quels étaient nos sentiments, nos émotions, nos dispositions internes,
nos croyances… Elle invitait à identifier sa condition, sa place dans le
monde, entre les bêtes et les dieux. Le but était de préciser pour
soi-même à quoi le destin nous portait, afin de ne pas chercher à sortir
de ce rôle que les dieux ou la nature avaient fixé pour nous. C’est
donc un conseil qui invite à prendre la mesure de ce que nous sommes et nous y tenir.
Et vous, qui êtes vous Mister Caron ? Un politique, une opposition, le vent mauvais. Ni bête ni dieu. Vive la démocratie !
"Un toro pour un rêve d’enfant"
Pendant ce temps-là, un gentil garçon persiste et change le lieu et
la date de son festival caritatif. Adieu Samadet, bonjour Méjanes.
Les acteurs bénévoles se retrouveront dans les arènes camarguaises
le 30 octobre. Marc Serrano s’investira pour recuellir des fonds en
faveur des enfants malades. Cosas de toros.
Pendant ce temps-là, Manuel Diosleguarde la jouait comme Manolete.
Le voici à l’hôpital de Valladolid où il se remet d’un coup de corne de
25cm à la cuisse droite, avec section de la veine fémorale et de
l’artère qu’il a subi le 28 août à Cuéllar.
Le jeune torero de Salamanque après quatre jours de réanimation,
n’en finit pas de remercier la chirurgienne Marta Pérez de lui avoir
sauvé la vie. Six heures d’opération ; Diosleguarde, un nom prédestiné. Cosas de toros.
Et en marge de cette "affaire",
Robert Ménard, maire de Béziers échangeait quelques scuds sur les
antennes de la bavarde BMF TV , le 7 septembre avec l’indispensable Roselyne
Bachelot, ex ministre de la culture sur un sujet original :
l’interdiction de la corrida. L’ex présente, il y a quelques années de
cela dans le callejón des VIP , vue de mes yeux, du temps de sa splendeur.
L’édile biterrois : « Je ne demande rien, juste que vous me foutiez la paix ».
L’ex versatile s’est défilée…ayant eu « une réflexion philosophique… « J’ai évolué… (!!)
En ces temps-là, il fallait se montrer !
Non, Madame votre comportement tient de la girouette politique qui,
la girouette, comme chacun sait a pour utilité de montrer le sens du
vent.
Pour vous faire respecter, adoptez la bonne attitude et ne votez
pas cette loi scélérate de cet idiot, oui cet idiot de Caron.
Attention, la bêtise est la chose la mieux partagée au monde, n’enfoncez pas le clou !
Gilbert Lamarque
Note de Pedrito
Tout simplement bravo à l'auteur de ce texte: rappelons qu'Hitler aussi était réputé sensible au sort des animaux.
On sait ce que çà a donné au résultat final : ce n'était pas des millions de chiens ou de bestiaux qui périrent dans les fours crématoires du dictateur nazi, mais bien des millions d'êtres humains. Des innocents pour la plupart qui avaient le tort unique de ne pas être aryens et de refuser de vivre sous le joug nazi.
Qu'au moins ce Caron la ferme, et nous laisse aimer et manger ce que nous aimons. La République a établi des lois, les mêmes pour tous. Dont celle-ci, qui garantit la tolérance pour ceux qui aiment la corrida sans être humilié ni culpabilisé par tous les Caron stupides de France et de Navarre.
Avec Bachelot, il a les soutiens qu'il mérite. Les saltimbanques de la politique devraient ne point trop en rajouter
L’Occident prétend combattre la crise alimentaire…. avec du vent
Jean-Luc Picker nous envoie la traduction d’un article avec le
commentaire suivant : A mettre aussi en rapport avec un article que je
t’avais fait passer le 13 juillet (la faim est une arme de guerre
tactique pour l’occident, source CEPRID) et un autre du 18 août (A qui
profitent les céréales ukrainiennes ? source NEO). Article qui fait bien
le point sur la supercherie des accords d’Istanbul, qui permettent à
l’Ukraine d’exporter des céréales qui servent essentiellement à
alimenter l’industrie de l’élevage occidental (viande, produits laitiers
etc…), alors qu’aucun des engagements de l’occident sur la facilitation
du commerce du blé et des engrais (essentiels pour les pays menacés de
famine) en provenance de Russie ne sont tenus. Le bilan net de
l’opération est encore l’enrichissement des industries agroalimentaires
occidentales et de l’argent frais pour l’armement et la corruption
ukrainienne et pas du tout une amélioration de la situation alimentaire
mondiale qui s’annonce catastrophique dans beaucoup de pays dits
‘pauvres’. La supercherie est d’ailleurs dénoncée y compris par
Erdogan ! Petit point intéressant : le premier bateau chargé de 26000
tonnes de blé en direction de la corne de l’Afrique, le Brave Commander,
était affrété par le PAM. (note et traduction de Jean-Luc Picker pour
histoireetsociete)
Paru dans New Eastern Outlook le 8 septembre 2022, par Vladimir Danilov
Les médias occidentaux sont très occupés à commenter la crise de
l’énergie et l’appauvrissement des populations européenne, résultant des
sanctions russophobes imposées par leur leaders. Malgré tout, on y
trouve de temps à autre un article sur le nécessaire combat contre la
crise alimentaire et la faim dans le monde.
Sur ce thème, l’intérêt des médias est accaparé par les résultats des
accords d’Istanbul du 22 juillet, signés dans le but de résoudre la
double crise sur les marchés mondiaux de l’alimentation et des engrais
afin de combattre les famines qui s’annoncent dans différentes parties
du monde. Souvenons-nous que c’est cet argument qui était avancé à
grands cris par l’occident pour réclamer la reprise des exportations de
grain à travers les ports de la mer Noire sous le contrôle de Kiev.
Le directeur du Programme Alimentaire Mondial (PAM), David Beasley, a
déclaré le 21 Août que les navires qui quittent maintenant
quotidiennement ces ports avec des cargaisons de grain ukrainien
permettraient de régler les problèmes d’approvisionnement en denrées de
base partout où c’était nécessaire et en particulier en Somalie,
Ethiopie, Kenya (dans le nord) et autres pays pauvres.
Pourtant, dans son édition de 2 septembre, le journal allemand ‘Der
Spiegel’ avoue que, malgré les bonnes intentions de l’ONU, seulement 13
des 63 navires qui ont quitté les ports de l’Ukraine sous le protocole
d’Istanbul était chargés en blé. Les autres navires transportaient
essentiellement du maïs, utilisé principalement pour l’alimentation
animale ou pour produire des bio-carburants. Une douzaine d’entre eux
étaient chargés de produits dérivés du soja et du tournesol, eux aussi
principalement utilisés pour l’alimentation animale.
Pyotr Ilyichev, directeur du Département des Organisations
Internationales au sein du ministère russe des Affaires Etrangères, va
plus loin. Dans un interview à Rossiya Segodnya (RT) le 18 Août il
révèle que les 16 navires qui avaient appareillé à cette date, avec une
cargaison totale de 535.000 tonnes de blé et fourrages animaux, étaient
destinés pour des pays riches, et non pour des pays pauvres qui sont le
plus affectés par la crise. Parmi les destinations, on trouve en
particulier le Royaume Uni, l’Irlande, La France et la République de
Corée. Ces pays ne sont pas menacés de famine, mais ont par contre grand
besoin de nourriture animale pour leurs élevages. Les experts
soulignent maintenant que la production de céréales ukrainienne est
essentiellement tournée vers le maïs et l’alimentation animale. Cette
situation se joue des besoins urgents des pays les plus pauvres, en
Afrique ou ailleurs.
Mikhail Ulyanov, représentant permanent de la Russie auprès des
Organisations Internationales à Vienne a dénoncé cet état de fait en
Août, protestant contre le fait que les navires qui quittent les ports
de la Mer Noire sont principalement destinés à des pays qui ne sont pas
menacés de famine.
Le 23 Août, le représentant permanent de la Russie auprès des Nations
Unies, Vasily Nebenzia, a réitéré cette dénonciation devant le Conseil
de Sécurité de l’ONU, au cours d’un meeting centré sur les conflits et
la sécurité alimentaire. Il a précisé que, sur les 34 navires qui
avaient quitté l’Ukraine à cette date, un seul avait comme destination
un pays d’Afrique, où le besoin de ces denrées alimentaires se fait le
plus sentir. Et d’ajouter : « A ce point, il est utile de rappeler
l’image donnée au public par le navire ‘pionnier’ des accords, le
Razoni, qui, au lieu d’apporter au Liban le blé dont ils ont tant
besoin, leur a apporté du maïs et autres fourrages animaux. ». Nebezia a
continué en soulignant que, au vu de cette situation, on peut
s’interroger sur les réactions au
discours du Secrétaire Général de l’ONU Antonio Guterres devant le
Conseil de Sécurité du 19 mai, où il exposait que 49 millions
d’individus répartis dans 43 pays sont menacés de famine, et près de 140
millions dans 10 autres pays dont l’Afghanistan, la Syrie, le Yémen et
plusieurs pays africains, vont devoir faire face à des pénuries
alimentaires majeures. On peut aussi s’interroger sur l’effet de la
déclaration du Secrétaire Général faite dans le port même d’Odessa :
« les exportations de céréales et l’effet baissier sur les cours
mondiaux ne seront pas d’un grand secours aux pays qui de toutes façons
ne peuvent pas les acheter ».
Pendant ce temps, les politiciens et les médias occidentaux
continuent de propager l’idée que le facteur essentiel d’enchérissement
des cours des céréales est le blocage des céréales ukrainiennes à cause
de la guerre. Alors qu’une analyse en profondeur de la production et de
la circulation des céréales ukrainiennes vers les marchés extérieurs
montre que l’Opération Spéciale n’a qu’une influence limitée. L’année
2021 a vu des records de production céréalière en Ukraine (ainsi
d’ailleurs que pour les légumineuses et les oléagineux). Ces excédents
ukrainiens permettent un flux accru vers les marchés mondiaux et
induisent un facteur baissier des cours.
En fin de compte, l’analyse des marchés alimentaires mondiaux montre
que la déstabilisation de ces marchés n’est pas due à une diminution de
la production et des disponibilités, mais connait des causes plus
structurelles. Comme souligné par Zhang
Jun, représentant permanent de la Chine à l’ONU, lors de la réunion du
Conseil de Sécurité du 19 mai : « la crise actuelle met une nouvelle
fois en lumière les problèmes structuraux du système alimentaire
mondial. Les mécanismes de l’offre et de la demande sont dominés par une
organisation où la production alimentaire est concentrée dans un petit
nombre de pays, alors que la consommation est ubiquitaire et dispersée
géographiquement. Le résultat est que l’équilibre entre l’offre et la
demande est très vulnérable à des facteurs extérieurs tels que
pandémies, conflits armés et autres événements imprévus ».
Au cours d’une conférence en Août à Moscou, le chef de la Direction
Principale du Personnel des Forces Armées de la Russie a, lui, expliqué
que les pays occidentaux précipitaient une crise alimentaire mondiale à
travers les sanctions imposées à la Russie. Les mécanismes bien rodés
d’approvisionnement des marchés en céréales et en engrais sont grippés,
conduisant à une hausse artificielle des cours. Avant les sanctions, la
Russie délivrait plus de 20 millions de tonnes de récolte et près de 11
millions de tonnes d’engrais au Moyen Orient et en Afrique du Nord, dont
l’Egypte, l’Arabie Saoudite, la Syrie… Mais la logistique a été
profondément impactée par les sanctions russophobes.
La réalité de la faim dans le monde n’est donc pas du tout celle
peinte par Antony Blinken et Josep Borrell. Le point clé est
l’apparition de pénuries alimentaires causées par des rendements
agricoles moins importants dus à une insuffisance de disponibilité des
engrais en provenance de Russie et de Biélorussie. Ces pénuries sont
aggravées par les restrictions imposées au commerce y compris céréalier
de la Russie qui, à l’opposé de l’Ukraine est un producteur majeur de
blé.
Il devient clair pour tout le monde que les pays riches ne
souffriront pas de façon majeure des baisses de rendement et qu’ils
pourront régler les problèmes d’approvisionnement par l’augmentation des
prix et l’élimination de certaines denrées. Par exemple, les légumes,
qui étaient disponibles pratiquement toute l’année grâce à une énergie à
bas prix permettant de faire fonctionner les serres, redeviendront
saisonniers pour la plus grande partie de la population qui ne pourra
pas se les offrir aux prix qui en seront demandés. Le ‘monde civilisé’
tentera de régler son problème d’approvisionnement alimentaire aux
dépens des pays moins riches : les prix continueront à augmenter et les
pays riches rachèteront les produits disponibles pour faire baisser
l’inflation et tenter d’endiguer le mécontentement populaire. A
l’inverse, les pays pauvres auront de plus en plus de difficultés à
s’approvisionner. Bien sûr, les dirigeants du G7 feront montre de leur
préoccupation pour les populations des pays pauvres et mettront en place
des ‘programmes humanitaires’. Par exemple quelques navires chargés de
denrées alimentaires seront envoyés aux régions d’Afrique affectées par
la famine, et cela sera répercuté dans les médias occidentaux comme ‘une
opération massive pour sauver les Africains de la famine’. Mais peu
seront sauvés, car la seule chose qui pourrait permettre d’éviter ces
scénarii de disette serait le retour des règles normales du commerce
mondial. Cela supposerait bien sûr l’abandon des sanctions et
restrictions unilatérales.