samedi 17 septembre 2022


Un nouveau pôle gagne du terrain : le sommet de l’OCS rend l’Occident nerveux,

 par Anna Sedova

On peut s’interroger au vu du déroulé de nos actualités sur la folie de l’UE et de la France, entre les fastes et les ragots sur la royale famille anglaise et la propagande ukrainienne en soutien à la chef du parlement européen, personne ne parait mesurer que des nations entières sont en train de larguer les amarres avec l’Europe, de nouveaux processus mondiaux sont en cours, on parle de l’émergence d’une réelle multipolarité dans le monde, ce qui a également un impact alors que les vitupérations du G7, les menaces se heurtent à un nouveau centre de gravité qui ne répond même plus et tente de réorganiser ses circuits hors la menace que nous finissons par représenter. Ceux qui vont payer la note ce sont les plus faibles, les plus fragiles de notre societé et comme celle-ci s’individualise de plus en plus, on craint le sauve qui peu qui dans les catastrophes fait écraser les femmes et les enfants, les vieillards… Je suis atterrée pour mon pays par cette cécité qui se gorge de mots et nous laisse démunis devant ce monde dont nous nous isolons en prétendant exercer encore et toujours notre puissance coloniale alors qu’il ne nous reste plus que la nocivité de créer sanctions, blocus et foyers de guerre. (note de danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)

https://svpressa.ru/politic/article/346133/

Au lieu d’un “isolement mondial” de la Russie, les paramètres de la future multipolarité pourraient être définis lors de la réunion de Samarcande.

Le 16 septembre est le deuxième jour du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai à Samarkand. Pour la première fois depuis le début de la pandémie, les dirigeants des États de l’OCS se réunissent en personne au complet (qui sont, rappelons-le, les dirigeants de la Russie, de la RPC, de l’Inde, du Pakistan, du Kazakhstan, du Kirghizstan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan). En outre, des représentants d’autres pays susceptibles de devenir membres de l’organisation assistent au sommet.

En fait, l’un des principaux résultats de la première journée a été la signature par l’Iran d’un mémorandum sur l’adhésion à l’Organisation de coopération de Shanghai, ouvrant ainsi la voie à un statut de membre à part entière de l’OCS – auparavant, l’Iran avait le statut d’observateur. Le président du Belarus, Aleksandr Loukachenko, a également exprimé son désir de devenir un membre à part entière.

Le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev a annoncé le lancement de la procédure visant à accorder au Belarus le statut de membre à part entière de l’OCS, ainsi que l’octroi du statut de partenaire à Bahreïn, aux Maldives, au Koweït, aux EAU et au Myanmar.

Si le premier jour a été marqué par des rencontres bilatérales au cours desquelles les partenaires ont discuté de projets d’infrastructure et des perspectives de développement des relations, le deuxième jour, les chefs d’État ont participé à une réunion du Conseil de l’OCS et ont fait une série de déclarations politiques. Le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a déclaré que les États membres de l’OCS devraient transformer l’OCS en une plateforme économique mondiale. Le président russe Vladimir Poutine a souligné que la politique et l’économie mondiales subissent une transformation irréversible, et que l’OCS jouera un rôle important à cet égard, car la coopération en son sein “est fondée sur des approches dépourvues d’égoïsme en politique et en économie”, contrairement à l’approche des pays occidentaux.

Le fait que le sommet se déroule dans une composition aussi représentative, sur fond de dégradation des relations entre la Russie et le monde occidental, montre de manière très éloquente que la construction de la multipolarité dont parle souvent Vladimir Poutine bat son plein. D’une part, les Américains et les Européens affirment que la Russie est totalement isolée ; d’autre part, même dans sa composition actuelle, l’OCS occupe au moins un quart de la masse terrestre et sa population dépasse un tiers de la planète. Et c’est sans compter les observateurs et les partenaires de dialogue, qui comprennent l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Cambodge, le Sri Lanka, la Turquie et d’autres pays.

Dans ce contexte, le rôle de l’OCS va inévitablement s’accroître. L’organisation peut devenir une plateforme qui transcende les frontières régionales et commence à influencer les processus mondiaux. L’ancien secrétaire général de l’OCS, Rashid Alimov, a déclaré à l’agence TASS qu’une dizaine de demandes d’adhésion ou de statut d’observateur étaient déjà sur la “table de travail” des États membres de l’OCS.

Selon M. Alimov, l’OCS est attrayante en raison de ses idéaux et de ses principes, “elle n’est ni une union militaro-politique ni une union économique”. Il a ajouté que la force de l’organisation réside dans l’égalité et l’unité de ses membres, indépendamment de leur taille et de leur potentiel économique, ainsi que dans leur intérêt commun à résoudre ensemble les problèmes aigus, de sorte que l’OCS peut servir de prototype pour les futures relations internationales.

Cependant, ce que l’ancien secrétaire général cite comme un plus, certains experts le voient comme un moins, reprochant à l’OCS d’être trop amorphe. En outre, l’organisation comprend des pays aux intérêts trop conflictuels, comme l’Inde et le Pakistan ou la Chine et l’Inde. A la veille du sommet, le 14 septembre, des tensions ont éclaté à la frontière entre le Tadjikistan et le Kirghizistan, faisant plusieurs dizaines de blessés.

Une autre escalade à la veille du sommet a lieu entre les États partenaires du dialogue de l’OCS, l’Arménie et l’Azerbaïdjan. À cause de cela, le président arménien Nikol Pashinian a même décidé de ne pas venir à Samarkand, alors qu’il avait initialement prévu de le faire.

D’autre part, le renforcement de l’OCS ne peut qu’inquiéter l’Occident ; par conséquent, bien que cela sente le complot, il est possible que ces regains de tension ne soient pas accidentels.

Dmitri Zhuravlev, directeur général de l’Institut des problèmes régionaux, estime que dans les circonstances actuelles, l’OCS pourrait bien se transformer en un bloc militaro-politique et économique à part entière, malgré les désaccords entre les États membres.

– Je pense qu’il y a de bonnes chances que l’OCS devienne l’un des centres d’un monde multipolaire, car je ne vois pas d’autre structure politico-militaire dans le monde après la fin du Pacte de Varsovie, capable sinon de faire face à l’OTAN, du moins d’être à sa hauteur. Il s’agit d’une association à la fois économique et politico-militaire, contrairement, par exemple, à l’EAEU, qui est un bloc purement économique et qui ne traite pas des questions militaires.

L’OCS comprend différents pays, dont la Chine, qui possède un énorme potentiel non seulement économique mais aussi militaire, qui n’a pas encore été pleinement réalisé. Bien que l’orientation économique soit au premier plan, l’interaction militaire devient plus pertinente dans la situation actuelle, notamment à cause de l’Ukraine et de Taïwan. Il est évident que les capacités de l’OCS vont s’accroître. Mais je doute fort que les capacités de l’OTAN soient fortement accrues par l’Ukraine.

” SP : – L’aggravation de la situation à la frontière entre le Tadjikistan et le Kirghizstan, l’Arménie et l’Azerbaïdjan à la veille du sommet n’est-elle pas un signal pour les pays participants ?

– Je pense que cela a moins à voir avec le sommet de l’OCS qu’avec le soutien américain à l’Ukraine. Nous avons beaucoup de troupes, et une seule armée est impliquée dans l’Opération spéciale en Ukraine. Les États-Unis ont besoin d’empêcher les mouvements de troupes autant que possible, donc ils empêchent autant qu’ils peuvent. Le fait que cela coïncide avec le sommet de l’OCS est plutôt un plus pour nous, car nous pouvons essayer de résoudre ce conflit plus rapidement sur cette plateforme.

Globalement, l’OCS est une sorte de collectif avec lequel l’Occident doit compter. L’effondrement de l’OCS est le rêve de l’Amérique.

” SP : Donc ils voient cette organisation comme un concurrent ?

– Pas seulement. Si vous ajoutez les oreilles d’Ivan Ivanovitch au nez d’Ivan Petrovitch, c’est-à-dire si vous ajoutez notre arsenal militaire à la puissance économique de la Chine, l’Amérique aura de sérieux problèmes. Individuellement, nous serions étranglés par des sanctions, et les Chinois seraient frappés par quelque chose de lourd pour leur apprendre leur place. Mais quand on est ensemble, ça ne marche pas comme ça.

Vadim Koziulin, chef du centre d’études mondiales et de relations internationales à l’IAMP de l’Académie diplomatique du ministère russe des affaires étrangères, estime que la coopération économique va désormais passer au premier plan au sein de l’OCS.

– Nous constatons une augmentation de l’activité de tous les membres de l’OCS. Tout d’abord, le Covid a ralenti toutes les réunions et les processus pendant deux ans, de sorte que maintenant tous les sujets accumulés ont commencé à être discutés. Deuxièmement, de nouveaux processus mondiaux sont en cours, on parle de l’émergence d’une réelle multipolarité dans le monde, ce qui a également un impact.

De nombreuses organisations internationales perdent aujourd’hui de leur importance, comme l’OSCE, qui n’est plus qu’une coquille vide. Nombreux sont ceux qui critiquent l’ONU pour sa lenteur et sa bureaucratie. L’Occident forme de nouvelles organisations – le QUAD (Australie, Inde, États-Unis et Japon), “OTAN Moyen-Orient”, la Grande-Bretagne crée son propre bloc en Europe de l’Est. Il est difficile de dire ce qu’il en sortira, alors que les anciennes organisations internationales s’affaiblissent et que de nouvelles commencent à émerger. Mais l’Occident a déjà lancé ce processus et, surtout, dans le domaine militaire. Nous voyons que les États-Unis forment des blocs militaires en premier lieu, et seulement après cela des blocs économiques.

” SP : L’OCS peut-elle les contrer ?

– L’OCS d’aujourd’hui n’est pas une organisation militaire. Les thèmes du contre-terrorisme, de la lutte contre le trafic de drogue et de l’extrémisme y sont traditionnellement dominants. Mais elle a également d’autres éléments à l’esprit, et ils sont passés au premier plan aujourd’hui. Tout d’abord, c’est l’agenda économique, nous avons vu de nombreux projets économiques en discussion à Samarcande aujourd’hui. C’est probablement la première fois que de telles questions sont discutées aussi activement sur cette plateforme. L’Iran rejoint l’OCS, la situation en Afghanistan a changé et le pays doit être impliqué dans l’agenda mondial, la Russie et la Chine étendent leur coopération, etc.

L’OCS se développe, c’est une jeune organisation qui ne fera que grandir, d’autant plus qu’il y a une demande et une opportunité. Je voudrais noter que l’OCS est attrayante parce que toutes les questions y sont décidées sur la base du consensus, c’est-à-dire que tous les participants ont une voix égale, quels que soient leur taille et leur statut. C’est pourquoi il est intéressant pour les petits États de participer à une telle association, ils ont l’occasion de déclarer leurs propres intérêts, qui seront pris en compte dans cette organisation.

 

 

Des engrais et des céréales gratos pour l’Afrique, et à l’Europe – des clopinettes

La Russie sur le point de se retirer de l'”accord alimentaire” et prête à engager un dialogue direct avec les pays défavorisés c’est le sens de l’intervention de Poutine au Conseil de sécurité.Voici des faits dont nous n’avons pas la moindre idée en France et qui témoignent à quel point ce qui se passe en Ukraine, en Asie avec la rencontre de l’OCS correspond bien à un basculement du monde vers les relations sud-sud. La Russie dénonce l’hypocrisie des livraisons ukrainiennes ou plutôt désormais des grands industriels de l’agro-alimentaire qui ont la main mise sur ce marché et met en place une distribution vers les pays qui en ont le plus besoin, y compris comme elle vient de le faire à Cuba jusqu’à la gratuité. Notons que si la Russie a ainsi la possibilité de soulager la misère du monde, elle le doit partiellement aux sanctions qui l’ont forcée à réorganiser et à développer sa production agricole. C’est d’ailleurs parce que les sanctions ont de moins en moins l’effet escomptés que les dirigeants capitalistes occidentaux sont de plus en plus en train d’investir matériellement et idéologiquement dans la guerre. (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop)
Dmitri Rodionov

La Russie prévoit de fournir 30 millions de tonnes de céréales aux pays dans le besoin d’ici la fin de l’année et d’augmenter encore ces volumes, a déclaré le président Vladimir Poutine lors d’une réunion opérationnelle avec les membres permanents du Conseil de sécurité.

“Nous pensons qu’il est juste d’augmenter l’approvisionnement des pays les plus pauvres. Nous livrerons un total de 30 millions de tonnes de céréales d’ici la fin de l’année et sommes prêts à augmenter le volume à 50 millions de tonnes et plus, puisque nous avons une bonne récolte cette année, grâce à Dieu”, a-t-il déclaré.

Selon le président, la Russie a fourni 6,6 millions de tonnes de céréales sur les marchés mondiaux entre mai et août, dont 6,3 millions de tonnes étaient destinées à l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine.

Dans le même temps, il a noté que l’Occident remettait en cause les accords sur les produits alimentaires en envoyant les céréales ukrainiennes, pour la plupart, en Europe plutôt que dans les pays dans le besoin. Ainsi, sur les 87 navires qui ont quitté les ports ukrainiens, 32 sont restés en Turquie, trois ont été envoyés en Afrique du Sud, trois en Israël, sept en Égypte, 30 dans l’Union européenne, et seulement deux dans les pays les plus pauvres des programmes alimentaires de l’ONU : le Yémen et Djibouti, ce qui ne représente que trois pour cent du volume total envoyé.

En conclusion, M. Poutine a ajouté que la Russie est en train de régler les nuances techniques liées à la fourniture de céréales aux pays qui en ont besoin. En outre, il a déclaré que les producteurs russes sont prêts à faire don aux pays en développement de leurs engrais entassés dans les ports européens.

“Une grande quantité de nos engrais s’est entassée… dans certains ports de pays européens. Je pense que nos producteurs, en premier lieu les producteurs d’engrais potassiques, sont prêts à les transférer gratuitement aux pays en développement qui ont un besoin urgent de ces engrais. Je demande au ministère des affaires étrangères de travailler également sur cette question”, a déclaré le président.

Comme “SP” l’a écrit précédemment, les engrais, entassés dans les ports, peuvent constituer une menace, mais l’Europe ne semble pas s’en préoccuper. Elle ne s’inquiète pas non plus du fait que les céréales russes ne parviennent pas aux clients – formellement, les sanctions ne s’appliquent pas à elles, contrairement aux engrais, mais ils refusent de les décharger, le fret n’est pas assuré, etc. Est-il donc nécessaire de continuer à faire le joli coeur avec elle, en concluant toutes sortes de “marchés” qui ne seront de toute façon pas remplis ?

– Si les céréales n’arrivent pas à destination, s’il y a une famine quelque part, la Russie en sera responsable”, déclare Anatoly Baranov, rédacteur en chef du portail FORUM.msk.

– Je ne comprends pas pourquoi il faudrait prendre des engagements en sachant très bien qu’à tout moment, vos engagements peuvent être rendus inapplicables et que vous serez en faute. Les ports sont souvent bloqués, non pas par les gouvernements, mais par les syndicats de dockers, qui font partie de la CSI, contrôlée par les États-Unis. C’est comme si les gouvernements n’avaient rien à voir avec cela. Mais il y a des ports dont les syndicats sont membres de la FSM, la Fédération syndicale mondiale – ils sont prêts à accepter des navires russes.

Mais les syndicats russes officiels de la FNPR sont membres de la CSI depuis des décennies on ne sait pourquoi, et nos structures officielles ignorent tout simplement la FSM. Bien que cette association, la plus ancienne au monde, regroupe des dizaines de millions de travailleurs dans le monde entier, principalement dans le tiers monde, et qu’elle ait été créée d’ailleurs avec la participation de l’URSS, en particulier, Chvernik y a joué un grand rôle. Et que faisons-nous ? Nous essayons de franchir des portes fermées et passons à côté d’une porte ouverte. ….

“SP : – Poutine a déclaré que la Russie fournirait aux pays nécessiteux 30 millions de tonnes de céréales d’ici la fin de l’année. S’agit-il d’une tentative de montrer une fois de plus aux pays d’Afrique et d’Asie qui est un ami et qui est un ennemi ? Comment les approvisionnements seront-ils techniquement traités si les exportations russes de produits alimentaires vers les marchés internationaux sont restreintes…

– 30 millions de tonnes, c’est bien, mais pas assez. Et cette quantité sera également très difficile à délivrer. Cependant les choses sont simples – il faut négocier non pas avec l’Occident, mais avec ceux qui sont directement dans le besoin. Disons qu’il n’y a pas de problèmes avec les ports égyptiens, mais aucun contact avec les syndicats égyptiens…

“SP : – Poutine a également promis de fournir 3 millions de tonnes d’ammoniac aux pays qui en ont besoin. Cela fait-il partie du même scénario ?

– C’est très intéressant, en fait le Kremlin propose d’apporter gratuitement des engrais aux pays qui n’auront rien à payer. Et ils ne peuvent pas le prendre parce qu’ils doivent passer par l’Europe. Et l’Europe ne veut pas. Le problème est que les pays pauvres n’ont souvent pas de ports dotés des infrastructures appropriées, et parfois aucun accès à la mer. Ils les acheminent par voie ferrée depuis des ports contrôlés par l’Occident – Tanger, Algérie, Tunisie, et les ports turcs, bien sûr…

“SP : – Serait-ce une manœuvre visant à laisser l’Europe sans engrais ? Ils sont très dépendants de nos produits.

– Oui, en fait, la Russie détient un monopole mondial sur le marché des engrais. Pourquoi n’en profitons-nous pas ? Je ne sais pas. Ils nous privent sans vergogne d’avions qui nous ont été vendus avec une condition de maintenance, ils nous privent même d’ABS pour les voitures parce que nous ne les fabriquons pas nous-mêmes. Alors pourquoi ne pas leur retirer leurs brioches françaises en retour ? Et la gratuité des engrais pour l’Afrique est une astuce qui ne permettra pas à l’Occident d’augmenter sa propre production – ils se retrouveront sans ventes, qui achètera pour de l’argent quand la même chose est gratuite ?

” SP : – De nombreuses tonnes d’engrais sont entassées dans les ports occidentaux, ce qui est dangereux, ça peut exploser.

– Je soupçonne que personne ne réfléchit à cet aspect. Ils sont stockés dans des entrepôts portuaires à l’Ouest, et c’est tout… Enfin, c’est clair.

“SP : – Quel sort, selon vous, attend le “deal alimentaire” ? Et d’ailleurs, en avons-nous besoin ?

– Je pense que nous n’avons pas du tout besoin d’un tel accord. Nous devons travailler directement avec le tiers monde, sans passer par les centres occidentaux. Comme l’URSS, pour former son “bloc oriental” des “humiliés et des offensés”. Oui, cela exclut les vacances agréables en Floride et sur la Côte d’Azur, ce qui signifie que nous devons nous créer autre chose. Les ressources de la Crimée ne sont pas encore totalement exploitées, et maintenant il y a la région de Kherson qui offre des perspectives.

Il y a là d’énormes ressources agraires, mais il y a aussi les loisirs, il faudra faire revenir les familles à Berdiansk, développer la région de Kherson… De plus, Azovstal a rendu l’âme, cela signifie que bientôt les plages de Marioupol seront propres… Et les pays africains, en échange de nourriture et d’engrais, pourraient aussi fournir des morceaux de côte pour de nouvelles stations balnéaires en concession. Qui pourront être desservies par les nouveaux IL-18 relookés – que de perspectives…

– Franchement, je ne comprends pas vraiment pourquoi de telles démonstrations de “bonne volonté” sont nécessaires, déclare Vsevolod Shimov, conseiller du président de l’Association russe des études baltes.

Tout est clair avec l’Occident depuis longtemps déjà. Mais en même temps, les pays pauvres n’auront aucun moyen d’influencer sa conduite et de soutenir la Russie, car les “clés” de l’économie mondiale, d’une manière ou d’une autre, restent à l’Ouest.

L’espoir était peut-être que cela permettrait de conclure des accords plus larges pour résoudre la crise ukrainienne, en plus des céréales. Toutefois, il est désormais clair que ces espoirs n’ont pas été comblés. D’où la rhétorique plus sévère de la Russie.

À mon avis, il ne s’agit pas des céréales, mais de la crise ukrainienne en tant que telle. Ils essaient de trouver un terrain d’entente en se basant sur le cas des céréales. Jusqu’à présent, clairement sans succès. Ni l’Ukraine ni l’Occident ne sont pressés de faire des compromis. C’est donc à Moscou de décider si cela vaut la peine de continuer ce jeu.

SP : Moscou promet de fournir 30 millions de tonnes de céréales aux pays dans le besoin d’ici la fin de l’année. C’est une pique à destination de l’Occident ? Pour montrer à nouveau que nous sommes bons et qu’ils sont mauvais ?

– Oui, jusqu’à présent, ça ressemble plus à une attaque d’information. Nous voulons aider les pays pauvres mais l’Occident ne nous laisse pas faire. Dans le monde d’aujourd’hui, cet élément de la guerre de l’information est indispensable.

SP : Et qu’en est-il des engrais ? L’Occident refuse de les accepter, bon, d’accord ? On se passera d’eux. Mais que dire des tonnes de nitrate accumulées dans les ports ? C’est dangereux.

– Les engrais minéraux ne seront pas laissés sans débouchés. L’Europe ne les achètera pas – ils seront achètés en Chine, en Inde, au Brésil. Belaruskali, par exemple, les approvisionnait il y a longtemps. Une autre question est que toute l’ancienne logistique s’est effondrée. Le Belarus ne peut pas exporter d’engrais en raison du blocus du port de Klaipeda par la Lituanie, et les capacités des ports russes ne sont pas suffisantes pour traiter les cargaisons du Belarus. Par conséquent, la tâche principale consiste maintenant à mettre en place une nouvelle logistique. Ce n’est pas un processus rapide mais pénible et, en plus, il entraîne des coûts de transport plus élevés.

Des incidents comme l’explosion du port libanais sont, bien sûr, possibles, car personne n’était préparé à un tel événement. Par exemple, la Russie a proposé à plusieurs reprises à Belaruskali d’organiser des approvisionnements via les ports de la région de Leningrad, mais certaines mesures dans ce sens n’ont commencé à être prises que lorsque la Lituanie a bloqué Klaipeda. En conséquence, ni la logistique ni les infrastructures n’étaient prêtes…


La rencontre des dirigeants chinois et russes injecte de la stabilité dans un monde de changement et de désordre

Cet éditorial du tabloïd officiel chinois Global Times a mis en relief la rencontre entre Xi et Poutine, mais il prend place dans un ensemble consacré à d’autres rencontres “régionales”, qui concernent l’Asie centrale et la Biélorussie dans laquelle il est insisté sur la manière dont Pékin attache une grande importance à la paix et à la stabilité de l’Asie centrale alors que les USA jouent partout la déstabilisation, il n’y a pas de pacte comme dans l’OTAN, pas d’alliance contraignante contre les USA en retour, mais une volonté commune d’œuvrer pour la paix et le développement par la recherche d’avantages communs sans limitation de souveraineté et dans ce cadre la relation sino-russe s’approfondit et est la base de l’entente de tous. C’est un nouveau modèle de relations internationales que met en place cette coopération : la valeur indépendante et autonome des relations sino-russes est à la fois un résumé de l’expérience historique et une innovation dans les relations internationales. En revanche, le déclenchement du conflit russo-ukrainien est fondamentalement la conséquence de l’échec du bloc militaire et politique occidental à gérer correctement les relations d’égalité avec une puissance régionale. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Publié: Sep 16, 2022 01:02 AM   Chine-Russie Photo: VCG

Chine-Russie Photo: VCG

Dans l’après-midi du 15 septembre, heure locale, le président chinois Xi Jinping a tenu une réunion bilatérale avec le président russe Vladimir Poutine à Samarcande, en Ouzbékistan, pour échanger des points de vue sur les relations sino-russes et les questions internationales et régionales d’intérêt commun. C’est devenu une pratique courante pour les chefs d’État chinois et russes d’avoir des pourparlers bilatéraux en marge des sommets de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Il est non seulement crucial pour le développement stable des relations bilatérales que les chefs d’État des deux pays aient des échanges de vues réguliers en personne et en profondeur, mais c’est aussi très bénéfique pour la paix et la stabilité régionales.

L’atmosphère de la réunion était aussi positive et amicale que d’habitude. Le président Xi a noté que depuis le début de cette année, la Chine et la Russie ont maintenu une communication stratégique efficace et que la Chine travaillera avec la Russie pour apporter un soutien mutuel fort sur les questions concernant les intérêts fondamentaux de l’autre et approfondir la coopération pratique dans les domaines du commerce, de l’agriculture, de la connectivité et d’autres domaines. Le président Poutine a déclaré que le monde subissait de multiples changements, mais la seule chose qui reste inchangée est l’amitié et la confiance mutuelle entre la Russie et la Chine, et le partenariat stratégique global de coordination Russie-Chine est aussi stable que le sont des montagnes. Alors que l’incertitude augmente considérablement dans le paysage international actuel, le partenariat stratégique global de coordination sino-russe pour une nouvelle ère a toujours été sur la bonne voie et n’a pas perdu de son élan.

La Chine et la Russie sont les plus grands voisins l’une de l’autre, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et puissances émergentes. Elles partagent également une longue frontière de plus de 4 000 kilomètres. Le partenariat stratégique global de coordination sino-russe pour une nouvelle ère, qui repose sur les principes de « non-alliance, non-confrontation et non-ciblage de toute tierce partie », a fait l’objet d’ingérences et de provocations de la part de tiers. Surtout après le début du conflit russo-ukrainien, les États-Unis ont tombé le masque. A partir de là, les USA ont ouvertement menacé et discrédité la coopération normale et légitime entre la Chine et la Russie. Un tel scénario est rare dans l’histoire des relations internationales.

La bonne chose est que la Chine et la Russie sont des pays dotés d’une forte détermination stratégique et d’une forte autonomie. En outre, les relations bilatérales ont une force motrice interne forte. Elles n’ont pas changé et ne changeront pas leurs intentions initiales et leur cours en raison de changements drastiques dans le modèle international ou de la pression de tiers. Elles maintiendront toujours leur propre logique et leur propre rythme. En particulier, les chefs d’État de la Chine et de la Russie entretiennent des contacts étroits et une communication stratégique de diverses manières, menant toujours les liens entre les deux pays dans la bonne direction du développement. La valeur indépendante et autonome des relations sino-russes est à la fois un résumé de l’expérience historique et une innovation dans les relations internationales.

Il est peu probable que les relations sino-russes entrent en rupture ou en confrontation comme prévu et promu par les États-Unis et l’Occident. Dans le même temps, la Chine et la Russie n’ont pas formé une soi-disant alliance anti-américaine. La Chine et la Russie se sont unies pour résister au virus politique des États-Unis et de l’Occident tout en s’opposant à l’hégémonisme. Ce sont les voix de la justice des pouvoirs indépendants en vertu de la situation internationale actuelle. Elle est entièrement différente de « l’alliance anti-américaine » à nature politique de bloc dans le contexte de l’opinion occidentale. Par sombre psychologie, les États-Unis et l’Occident tentent désespérément de « creuser un fossé » entre la Chine et la Russie, dans l’espoir de vaincre les deux successivement ; pendant ce temps, ils « lient » de force la Chine et la Russie, dans l’espoir de cibler les deux à la fois. Mais peu importe à quel point ils essaient, la Chine et la Russie ont fermement maintenu la bonne direction de « construire des partenariats au lieu d’alliances ».

Un tel choix fait par la Chine et la Russie a fait de la paix et de la coopération une puissante force d’inertie qui a une signification mondiale, en particulier aujourd’hui. Ceux qui sont mal à l’aise ou même craintifs à ce sujet devraient réfléchir et se poser des questions, plutôt que de dépenser leur énergie et leurs pensées à salir les autres. La communauté internationale peut clairement voir que les États-Unis ont renforcé ces dernières années l’alliance Five Eyes, colporté Quad, reconstitué AUKUS et tenté de créer une « version indo-pacifique de l’OTAN ». Tout cela est la force la plus destructrice du système international avec l’ONU au cœur. Le déclenchement du conflit russo-ukrainien est fondamentalement la conséquence de l’échec du bloc militaire et politique occidental à gérer correctement les relations d’égalité avec une puissance régionale.

Dans de telles circonstances, imaginez si la communauté internationale ne disposait pas d’une autre force suffisamment puissante pour réellement intervenir, équilibrer, couvrir et même inverser la situation dans le sens du maintien de la paix et de la stabilité mondiales et de la promotion de la coopération multilatérale. L’avenir de ce monde pourrait bien être tragique – une résolution complète du conflit russo-ukrainien n’est nulle part en vue, et des crises potentielles ailleurs seront déclenchées. C’est quelque chose que de nombreux pays, y compris la Chine, ne veulent pas voir et essaient d’éviter. À un certain niveau, c’est l’importance de la rencontre entre les chefs d’État de la Chine et de la Russie. Comme l’a souligné le président Xi, la Chine travaillera avec la Russie pour s’acquitter de leurs responsabilités en tant que grands pays et jouer un rôle de premier plan dans l’injection de stabilité dans un monde de changement et de désordre.

LA PHRASE DU JOUR .....


.....signée de Jeffrey Sachs qui montre à quel point le monde change et les rapports de force évoluent. Chantre du néolibéralisme, cet économiste étasunien a notamment préconisé des thérapies de choc en Bolivie, en Pologne et en Russie dans les années 80 et 90. Aujourd’hui consultant spécial auprès du secrétaire général des Nations unies, Jeffrey Sachs siffle la fin de l’hégémonie US et appelle Washington à négocier avec Pékin et Moscou plutôt que de mettre le monde à feu et à sang. Venant de sa part, ce n’est pas rien! (IGA)

La phrase:

"George W. Bush Jr. a vendu au public l’idée que la plus grande menace pour l’Amérique était le fondamentalisme islamique, sans mentionner que c’était la CIA, avec l’Arabie saoudite et d’autres pays, qui avait créé, financé et déployé les djihadistes en Afghanistan, en Syrie et ailleurs pour combattre les guerres américaines."

 






Parti communiste du Québec (PCQ)

Vers l'indépendance et le socialisme !

www.pcq.qc.ca - Parti communiste du Québec (PCQ)
Document mis à jour la dernière fois : 15 septembre 2022






Zelensky est photographié en train de porter un coupe-vent avec un insigne nazi, durant une cérémonie officielle à Izyum, après la reprise de cette ville par les forces ukrainiennes; plusieurs de ses gardes du corps le portaient aussi

La plupart des grands médias occidentaux ont considérablement minimisé la présence de forces néonazies dans les rangs de l'armée ukrainienne, tout cela pour la rendre plus " honorable " aux yeux de larges sections de l'opinion publique internationale et pour plus facilement faire aussi passer les dizaines de milliards de dollars d'aide militaire envoyés à Kiev et qui se poursuivent toujours. Même devant l'évidence, ils préférait ferme les yeux. Sauf que cette fois-ci, vouloir encore fermer les yeux relèverait de l'indécence crasse.

Ci-joint des photos récemment prises et montrant le président Zelensky portant lui-même un coupe-vent qui arborait, sur sa manche à droite, un signe nazi très distinctif, soit la tête de mort que portait tous les membres des SS, durant la Seconde Guerre Mondiale, notamment ceux qui assurait la garde des camps de la mort. Et cette fois, aucune erreur ne serait possible, puisque ces photos viendraient en fait du compte Instagram du président Zelensky lui-même. Toujours sur ces photos, plusieurs de ces gardes du corps portaient aussi le même insigne. Plus de détails ci-joint.

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Toutes ces photos, que nous reproduisons à notre tour plus bas, de manière à ce qu'il ne puisse y avoir de confusion possible -- nous reproduisons aussi, à cette fin, une capture d'écran du compte Instagram du président, tel qu'il était encore accessible encore ce matin --, furent prises et mises en suite en ligne le 14 septembre, alors que Zelensky participait à une série de cérémonies censées marquées la reprise récente, par l'armée ukrainienne, de la ville de Izyum, située à l'Ouest de la République Populaire de Lougansk, et qu'il " serrait" également la main de quelques personnes, tout cela pour faire aussi une série de séances photos qui pourraient ensuite être largement diffusées.

Personne ne pourra donc en même temps dire que ces photos seraient en fait le résultat d'une propagande issue des services secrets russes, ou quelque chose du même genre.

Ces photos firent effectivement le tour du monde dans les heures qui suivirent, mais presque personne ne se sera en même temps soucié vraiment, semble-t-il, de ce fameux insigne, bien qu'on pouvait assez clairement le voir sur de nombreuses photos. À croire qu'il y en a qui devraient faire ajuster leurs lunettes ou les changer carrément, parce qu'autrement, il faudra conclure qu'ils seraient carrément de mauvaise foi dans leur propre jugement.

Il serait certainement intéressant de savoir les raisons qui poussèrent finalement autant Radio-Canada que le réseau TVA à reproduire le soir même ces images, sans en même temps jamais faire, bien évidemment, référence à la présence de ces insignes, et tout en s'arrangeant aussi pour que ceux-ci ne soient en même temps jamais mis en évidence aussi.

Nous, pour notre part, pensions important de ne rien cacher. Voici donc ces fameuses photos. On se rappellera en même temps, toujours en lien avec la tenue de ces mêmes cérémonies, qui se voulaient protocolaires -- Zelensky passa notamment un certain à remettre des médailles à un certain nombre de soldats --, que les forces russes avaient de leur propre chef évacué toute la région autour de d'Izyum, bien avant que l'armée ukrainienne n'y fasse finalement son entrée à nouveau. Enfin ...

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Sur la première de ces photos, l'insigne SS est peut-être un peu plus difficile à discerner, parce que nous avons en même temps dû agrandir cette photo ...

... mais sur la photo subséquente, l'insigne SS est à nouveau assez clairement visible sur le bras droit de Zelensky, pendant qu'il parlait à cette femme :

Sur la prochaine photo, regardez le soldat, se tenant en arrière de Zelensky, sur sa droite; lui aussi a la même tête de mort; l'insigne est, cette fois, sur le devant de son uniforme, au niveau de sa poitrine :

Sur cette dernière photo, le même insigne apparaît cette fois dans le dos de cet autre soldat, derrière Zelensky toujours; en fait, cet insigne ferait alors partie de la veste pare-balle du soldat :

Tel que promis, voici également reproduit ci-bas une capture d'écran du fameux " posting mis en ligne le 14 septembre sur le compte Instagram du président Zelensky et où plusieurs des photos plus haut étaient pour la première fois reproduites; les autres font partie d'un autre " posting, mis en ligne tout de suite après :

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Cet insigne SS que portait Zelensky, ce jour-là, de même que plusieurs de ses propres gardes du corps, est une tête de mort et tous les soldats SS, chargés de garder les différents camps de la mort, durant la Seconde Guerre Mondiale, le portait fièrement sur leur casquette militaire. On appelle cet insigne le " Totenkopf ".

Toujours durant la Seconde Guerre Mondiale, les SS avaient également une division de panzers, surnommée les " Totenkopf " et les membres de cette division portaient tout autant cette tête de mort sur leur uniforme.

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