lundi 21 novembre 2022


Scandale : les 4 géants céréaliers, tirent des superprofits records de la crise alimentaire

dimanche 20 novembre 2022 par La Relève de La Peste. blog ANC.

Le capitalisme mortifère en action ! Après les producteurs d’énergie fossile voici l’agro-business, soutenue chez nous par la FNSEA et le soi-disant ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Marc Fesneau. Tout est bon pour faire des profits et ce n’est pas toujours la faute de la Guerre en Ukraine qui a souvent bon dos ! (JP-ANC)

La situation est si grave qu’il faut l’écrire clairement : la guerre en Ukraine est le prétexte idéal d’une hausse des prix scandaleuse permettant aux géants de l’agro-industrie d’engranger des profits records, tout en empirant la crise alimentaire qui a commencé en 2019, bien avant le début du conflit armé entre l’Ukraine et la Russie.

Sous fond de spéculation, la crise alimentaire s’est dramatiquement intensifiée et le Programme Alimentaire Mondial lance l’alerte : jusqu’à 828 millions de personnes se couchent en ayant faim chaque soir, et le nombre de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë a plus que doublé – passant de 135 millions à 345 millions – depuis 2019.

Au total, 49 millions de personnes dans 49 pays sont au bord de la famine, dont le Liban, le Yémen, le Soudan et la Somalie. De nombreux lobbies tentent de faire croire que le problème viendrait d’une « pénurie » de production d’aliments, causée entre autres par la guerre en Ukraine. Or, non seulement des millions de tonnes de céréales ont pu être exportés dès juillet, dont l’accord de circulation vient juste d’être prolongé, mais en plus la production alimentaire mondiale augmente plus rapidement que la croissance démographique depuis les années 1950.

La production mondiale de blé était exceptionnelle en 2021 et devrait « atteindre un niveau record de 784 millions de tonnes en 2022/23 », notamment portée par les récoltes russes et canadiennes. Malgré cette production record, les prix mondiaux des denrées alimentaires ont grimpé de 33,6 % l’année dernière. En temps de crise, il suffit de regarder où va l’argent pour savoir qui en profite.

Alors que les superprofits des géants de l’énergie ont été vertement critiqués de toutes part, un groupe tout-puissant en terme d’approvisionnement alimentaire se fait plus discret : les ABCD, pour Archer Daniels Midland, Bunge, Cargill et Louis Dreyfus. A eux quatre, ces mastodontes contrôlent 70% du marché mondial des céréales et jouent un rôle fondamental dans la fixation de leur prix.

  • « L’inflation est reliée aux acteurs de l’agrobusiness, les fameux ABCD en tête, qui ont intérêt à avoir les marges les plus élevées possibles. Ce qui est très intéressant ces dernières semaines c’est que commencent à sortir les résultats des industriels et ils ont fait des profits historiques : Cargill a annoncé qu’ils avaient fait plus de 35% par rapport à 2021 qui était déjà leur record historique ! plus de 165 milliards de dollars ! Ils ont réalisé ces revenus énormes grâce à l’augmentation historique de leurs marges car tous les acteurs ont acheté leurs céréales à 400 dollars la tonne, dont le prix est habituellement à moins de 100 dollars la tonne » décrypte Morgan Ody, paysanne et coordinatrice de la Via Campesina, pour La Relève et La Peste

L’entreprise française Louis Dreyfus a déclaré des bénéfices pour 2021 en hausse de plus de 80% par rapport à l’année précédente. Ses ventes nettes se sont élevées à 30,3 milliards de dollars pour le premier semestre 2022, tandis que son bénéfice net a également augmenté pour atteindre 662 millions de dollars (par rapport à 336 million de dollars durant la même période en 2021).

Bunge Limited, spécialisée dans les huiles raffinées et le sucre, a vu son chiffre d’affaires bondir de 19 % par rapport au 3e trimestre 2021 pour atteindre 16,8 milliards de dollars.

Contrer l’emprise des ABCD passe aussi et surtout par un changement de modèle agricole majeur et une relocalisation de la production alimentaire. Les petits paysans ont domestiqué plus de 7 000 variétés différentes dans le monde, soit 6 988 de plus que ce qui est régulièrement échangé par les ABCD.

En plus d’affamer les peuples, leurs monocultures perpétuent un modèle désastreux pour la biodiversité et l’adaptation agricole au changement climatique, déjà devenu un enjeu majeur de notre époque.

 

DOMMAGE.....DOMMAGE......

La France au Forum de Doha : 80, 80, 80, 80, 80 chasseurs (de primes ?)

L’émir avait fait les choses comme il faut......

REPRISE D’UN ARTICLE DU 24 MAI 2013.

Quatre-vingts Français ont participé au dernier forum de Doha (Qatar) dans la troisième semaine de mai 2013. Les Britanniques étaient vingt-quatre. Les Américains, quarante-sept.

Parmi nos compatriotes, Enrico Macias, Michelle Alliot-Marie, Pascal Boniface, François Fillon, l’ancien préfet Daniel Canépa, le patron de Skyrock, Pierre Bellanger, Patrick Balkany, Eric Woerth, les députés de droite Patrick Ollier, Pierre Lellouche, Alain Marsaud, Maurice Leroy et Patrice Martin-Lalande. Pour les Solfériniens ou solférino-compatibles : Jean-Vincent Placé, Malek Boutih, Chantal Guittet, Jean-Luc Drapeau, Hubert Védrine, et d’autres dont nous brûlons de découvrir le nom.

Sylvie Andrieux et Jérôme Cahuzac étaient restés en France (ils craignent la lumière).

« Ici, les discussions sont généralement très riches, elles réunissent des gens de très haut niveau », jure Pascal Boniface, contredit par Chantal Guittet, députée. A l’issue d’une visite organisée du souk, elle est dans ses petites babouches : « Je pensais qu’on allait nous demander de participer à des tables rondes. En fait, on fait surtout du tourisme (…) On pouvait même venir avec nos conjoints ! »

Si autant de Français étaient présents, ce n’est certes pas parce que l’émir a tout payé, avion, repas et hébergement. N’est-ce pas ? Enrico Macias a chanté (authentique !) : « Donnez, do-do-do-donnez, donnez, donnez-moi-a-a… », mais avec un temps de retard : c’était déjà fait.

Neutres, objectifs, libres et informés, ils sont, ces quatre-vingts qui ont vu que le Qatar est un pays démocratique. Certains se lanceront dans un vigoureux (et désintéressé) contre-Qatar-bashing en clouant le bec de leurs contradicteurs (gauchistes, droits-de-l’hommistes et laïcards) par un imparable : « Permettez, j’y suis allé ! ».

Sans les attendre, l’ancien Premier ministre François Fillon s’est laissé emporter dans une intervention publique : « Vous avez développé, ici au Qatar, un modèle exemplaire », a-t-il lancé. Modèle ! Exemplaire !

Malek Boutih, interviewé le 23 mai par le JDD a déclaré : « On lui [au Qatar] reproche de ne pas être une démocratie et de maltraiter ses travailleurs immigrés. En tant qu’ancien président de SOS racisme, je reconnais que la critique est fondée et qu’il y a beaucoup de choses à dire sur ce plan ». Beaucoup de choses ? Il n’en dit pas une seule, pas une, tout le reste de ses paroles étant une défense du Qatar contre ses détracteurs. Retour ligne automatique


http://www.lejdd.fr/International/Moyen-Orient/Actualite/Boutih-Le-Qat...

Faut-il que la France boycotte le Qatar, que le groupe parlementaire d’amitié avec le Qatar se dissolve ? Certes pas. La France ne peut se couper de tous les pays qui se démarquent de nos valeurs. L’isolement serait au bout.

Mais il est dommage qu’aucun des 80 invités ne relève ce que l’ONU reproche au Qatar (liste non exhaustive) :

- discrimination raciale, lapidation, flagellation, torture,

- absence de loi contre la violence faite aux femmes au foyer et leur séquestration,

- coups de fouet pour « relations sexuelles illicites » ou consommation d’alcool,

- arrestations, sévices et exploitation sexuelle des enfants,

- vente d’enfants, prostitution des enfants, oeuvres pornographiques mettant en scène des enfants,

- migrants humiliés, insultés, brutalisés par la police, placés en centre de rétention « simplement en raison de leur statut de migrants. »,

- traite d’êtres humains.

Dommage aussi qu’ils n’aient pas lu dans Le Courrier International (http://www.courrierinternational.com/article/2013/04/19/au-royaume-de-...) une traduction d’un article New York Times (19 avril 2013) qui signale que « Les travailleurs étrangers sont les esclaves modernes de leurs patrons qataris ».

Dommage qu’un article du Point (28 février 2012) fasse si peu de bruit quand il nous apprend qu’un poète qatari vient d’être condamné à 15 ans de prison pour avoir critiqué la famille régnante » (un premier jugement le condamnait à la prison à vie).



(http://www.legrandsoir.info/l-039-autre-visage-du-qatar.html).

Dommage aussi le silence de 66 personnalités françaises de la culture, décorées en 2010 du prix « Doha capitale culturelle arabe » (assorti d’un chèque de 10.000 €) par l’ambassadeur du Qatar en France, son Excellence Mohamed al-Kuwari. Parmi les méritants récipiendaires : le dessinateur Jean Plantu (pour qui Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, c’est kif-kif), Amirouche Laïdi, président du club Averroes, les poètes André Miquel, Bernard Noël et Adonis. Sans oublier Jack Lang, Jean Daniel, Dominique Baudis, Edmonde Charles-Roux, Renaud Donnedieu de Vabres et Anne Roumanoff.

Parions que tous ont ainsi accepté tacitement leur muselière.

Dommage aussi que nos belles âmes, complices enthousiastes de la poussée antichinoise de 2008 contre le passage de la flamme olympique à Paris, tous ces gens favorables à l’absence de la France à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin, se pâment devant cet émirat, cette théocratie obscurantiste et oppressive qui accueillera la Coupe du monde de foot en 2022, sans que quiconque ne tousse.

Dommage que la France de Normal 1er, qui se montra si méprisante envers le Venezuela à l’occasion de la mort de son président, ne veuille pas voir la différence entre la démocratie foisonnante de Caracas et la confiscation du pouvoir par les roitelets de Doha.

Dommage aussi que le Qatar soit une des pièces maîtresses de la politique guerrière des USA qui y possède la plus grande base militaire du monde.

Dommage que le gros de la classe politico-médiatique française soit atlantiste.


Vladimir MARCIAC, pour le Grand Soir.

 


Discours du Premier Secrétaire du Parti communiste ukrainien Piotr Simonenko à la XXIIe Réunion des Partis communistes et ouvriers, La Havane (Cuba), octobre 2022

Voici le point de vue du parti communiste ukrainien exprimé à la conférence des partis communistes de la Havane tel que l’ont publié les animateurs du site Grand soir, assorti du commentaire suivant que nous partageons également: “Ce parti politique a été le premier parti politique interdit par le régime nazi de Kiev. Dès le coup d’état de 2014 ses locaux ont été saccagé, les statues de Lénine renversées (dans les territoires libérés ont les remet debout), ce furent ensuite les monuments commémorant les morts de l’Armée Rouge lors de la seconde guerre mondiale et maintenant c’est le tour de tout ce qui est est russe comme des monuments à l’écrivain Pouchkine. Rendez-nous l’Ukraine Soviétique !” Nous rappelons également qu’en 2015, nous avons fait venir Marianne et moi, en France, à Marseille, Paris, Nice, Vénissieux entre autres les mères des gens brûlés dans la maison des syndicats à Odessa, ainsi qu’un représentant du parti communiste ukrainien venus dire ce qui se passait en Ukraine. La presse y compris communiste n’a pas daigné se déranger et maintenant ces gens-là portent cocarde bleue et jaune et feignent de défendre la démocratie en soutenant un corrompu néo-nazi qui nous envoie tous en guerre. Étonnez-vous que l’Humanité fasse encore et toujours silence sur les communistes ukrainiens et même sur la délégation du PCF, sa signature du document final… Le véritable problème est de continuer à se montrer complice de ce crime envers nos camarades pour soutenir les visées de l’OTAN (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Piotr Simonenko

Chers camarades !

Au nom du Parti communiste d’Ukraine, je souhaite la bienvenue cordialement aux participants à la 22e Réunion internationale des Partis communistes et ouvriers. Le parti a été interdit illégalement dans mon pays, où nos camarades et des personnes partageant les mêmes idées sont confrontés à des persécutions politiques, à des arrestations et à des violences physiques de la part du régime néo-nazi-oligarchique au pouvoir, un régime qui est, par essence, réactionnaire et fasciste.

Nous sommes réunis ici sur l’île de la Liberté à un moment difficile. Les forces de l’impérialisme international, les requins de la mondialisation, dans leur lutte pour redessiner la carte politique du monde, pour les marchés des ressources et des marchandises, recourent à toutes les méthodes et, en fait, agissent comme instigateurs de la Troisième Guerre mondiale. La tragédie est que les forces réactionnaires utilisent activement le néonazisme et le néo-fascisme pour atteindre leurs objectifs.

L’analyse de la situation internationale montre une agressivité croissante de l’impérialisme et une exacerbation dramatique de ses contradictions internes dans deux domaines :

l’idéologique : entre l’Occident impérialiste dirigé par les États-Unis et la Chine communiste, qu’ils considèrent, après l’effondrement de l’URSS, comme “un empire du mal”, ainsi que le Vietnam et Cuba ;

Les États-Unis cherchent à préserver leur hégémonie et l’ordre mondial dans lequel ils jouent un rôle dominant.

Les États-Unis créent de nouveaux blocs militaires en Asie du Sud-Est, attisent les tensions au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et poursuivent une politique agressive consistant à utiliser l’Ukraine contre la Russie et Taïwan contre la Chine. La visite provocatrice de Pelosi à Erevan et ses promesses de soutien à l’Arménie conduisent inévitablement à une expansion du conflit dans le Caucase entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. La situation en Asie centrale est préoccupante (le récent conflit entre le Tadjikistan et le Kirghizistan).

Après la dissolution de l’URSS, ce sont les États-Unis et la Grande-Bretagne qui ont créé un État néo-fasciste sur le territoire de l’ex-Ukraine soviétique, devenant ses principaux sponsors et bénéficiaires.

Les réformes qu’ils ont imposées à l’Ukraine ont donné au capital le contrôle de toutes les sphères de la vie sociale et ont assuré le contrôle total des multinationales sur la vie socio-économique du pays, créant ainsi la base matérielle de l’avènement et de l’affirmation, après le coup d’État armé de février 2014, du pouvoir des forces les plus réactionnaires : la bourgeoisie compradore s’est alliée aux néo-fascistes et au crime organisé.

Ce sont ces forces en Ukraine qui ont détruit toutes les conquêtes sociales, la souveraineté économique et conduit à une profonde lumpénisation de la société.

C’est à travers ces forces que les États-Unis ont formé une structure de pouvoir verticale fantoche et introduit un contrôle externe du pays.

C’est à travers ces forces que les États-Unis ont déclenché une guerre civile fratricide en Ukraine, une guerre contre les citoyens du Donbass défendant leurs droits et libertés constitutionnels. Ce sont ces forces qui, à la demande des cercles dirigeants américains, ont transformé la guerre civile dans le Donbass en guerre contre la Russie.

En fait, l’humanité a déjà été entraînée dans une nouvelle guerre mondiale. Je voudrais faire un des nombreux parallèles tragiques.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Europe a travaillé pour Hitler dans la guerre contre l’URSS. Aujourd’hui, agissant dans l’intérêt des États-Unis, l’Europe fournit des armes au régime pro-fasciste ukrainien et le renforce financièrement.

La poursuite de cette politique conduira inévitablement à l’extension du théâtre des hostilités au territoire de l’UE.

Les tentatives agressives de certains nouveaux pays européens, en particulier la Pologne, la Hongrie, la Roumanie et les États baltes, de réviser les frontières de l’après-Seconde Guerre mondiale ne feront qu’accélérer ce processus.

L’ancienne ministre roumaine des Affaires étrangères Marga a récemment déclaré sans ambages : “L’Ukraine est située à l’intérieur de frontières artificielles. Il devrait céder des territoires : la Transcarpatie à la Hongrie, la Galice à la Pologne, la Bucovine à la Roumanie. Ce sont des territoires d’autres pays.”

Le sénateur américain Lindsey Graham a déclaré cyniquement qu’avec les armes américaines, l’Ukraine combattrait la Russie jusqu’au dernier homme.

En Ukraine, des civils, des innocents, des personnes âgées, des femmes et des enfants meurent. C’est une tragédie.

En soutenant le régime fasciste en Ukraine, les États-Unis et l’OTAN poursuivent une politique que l’ancien sénateur américain Richard Blake a décrite ainsi : “Nous ne nous soucions pas du nombre d’Ukrainiens qui meurent. Combien de femmes, d’enfants, de civils et de soldats mourront. On s’en fiche. C’est comme un match de football et nous voulons gagner. L’Ukraine ne peut accepter une solution pacifique. C’est à Washington de prendre la décision de paix, mais en attendant, nous voulons continuer cette guerre, nous nous battrons jusqu’au dernier ukrainien.”

Ces déclarations des faucons de guerre confirment notre position et les avertissements lancés par les communistes ukrainiens à Izmir la semaine dernière : la menace d’une offensive fasciste est réelle, la guerre que les États-Unis et l’OTAN mènent avec les mains ukrainiennes sur le territoire ukrainien est une guerre dans l’intérêt exclusif des impérialistes américains.

Des milliards de dollars sont alloués à la production d’armes létales et de munitions, la nouvelle Première ministre britannique Liz Truss est prête à utiliser des armes nucléaires, un grand nombre de troupes de l’OTAN sont concentrées aux frontières de l’Ukraine et de la Biélorussie.

Les impérialistes ferment les yeux sur le fait que le régime pro-fasciste de Zelensky élimine sans pitié les opposants politiques. Toute manifestation de la libre pensée est écrasée par des unités punitives. Les crimes des hitlériens et de leurs complices pendant la Seconde Guerre mondiale, qui ont brûlé vifs des gens à Oswiecim et organisé les massacres de Guernica et de Khatyn, sont glorifiés.

Les monuments et les tombes des soldats soviétiques qui ont donné leur vie pour éteindre les flammes des fours des camps d’extermination nazis sont détruits.

Cela se produit non seulement en Ukraine, mais dans toute l’Europe. Le Moloch de la glorification des criminels nazis dévore les esprits en transformant l’homo sapiens (“le sage”) en ”fou”.

Le processus de recréation d’un semblant de Troisième Reich nazi est pratiquement en cours.

Ce “Reich”, comme son prototype alimenté par le capital transnational, les entreprises américaines et britanniques, fonde son idéologie sur la supériorité de la race” indigène”. D’où la loi sur les peuples autochtones qui s’est transformée en parias Russes qui ont toujours vécu sur le territoire ukrainien, y compris le Donbass, Kharkov, Odessa, Nikolaïev, Kherson, en fait, tout le territoire de notre pays. Comme les Juifs de l’Allemagne nazie. Nous connaissons de l’histoire la tragédie qui a causé des millions de personnes.

Camarades !

À la lumière de ce qui se passe en Ukraine, je voudrais tout d’abord noter que, malheureusement, il n’y a pas de consensus entre les partis communiste et ouvrier sur la nature du conflit armé en Ukraine, ainsi que sur la position du Parti communiste de la Fédération de Russie, qui a soutenu l’opération spéciale.

Puisque chaque confrontation militaire a ses propres caractéristiques spécifiques, la première tâche de chaque marxiste est d’identifier sa nature de classe avec une évaluation appropriée.

À notre avis, la guerre dans le Donbass contre le régime de Kiev devrait être considérée comme une lutte de libération nationale, essentiellement une guerre pour l’indépendance du régime fasciste au pouvoir, pour le droit du peuple de parler sa langue maternelle et de ne pas suivre la route anti-russe imposée par les États-Unis.

Par conséquent, sur la base de la théorie marxiste, le conflit militaire en Ukraine ne doit pas être considéré comme une guerre impérialiste au sens littéral du terme, et de plus, du point de vue russe, il est considéré comme la lutte contre une menace extérieure à la sécurité nationale et au fascisme.

Nous sommes tous conscients que la milice populaire du Donbass ne pouvait pas résister à l’armée ukrainienne de plusieurs milliers de personnes équipées d’armes étrangères, de sorte que sa défaite entraînerait inévitablement la destruction totale de la population russophone, dont beaucoup étaient des citoyens russes.

L’armée de milliers de nationalistes ukrainiens, sous le commandement d’instructeurs américains et de l’OTAN, se concentrait aux frontières des républiques ; le plan d’invasion détaillé avait été élaboré à l’avance par les généraux à Washington. Tout le monde attendait l’ordre.

En conséquence, afin de protéger ses citoyens et d’assurer la sécurité nationale, la Russie n’avait d’autre choix que de lancer une frappe préventive.

Conformément à la Constitution de la Fédération de Russie, le président a pris les mesures prévues par la loi, car il était impossible de résister à l’agression d’une autre manière.

En outre, le processus de négociation dans le cadre des accords de Minsk a été délibérément saboté par Kiev avec le soutien des États-Unis et de l’Union européenne, car l’établissement de la paix en Ukraine n’est pas prévu par les plans de Washington et de l’OTAN.

À cet égard, la position du Parti communiste de la Fédération de Russie nous semble tout à fait raisonnable.

Le caractère de plus en plus réactionnaire de l’impérialisme moderne est le résultat de plusieurs facteurs qui ont conduit au déclin du mouvement ouvrier et à l’affaiblissement des partis communiste et ouvrier.

Les communistes ukrainiens estiment que, lors de l’élaboration de la tactique de nos actions et de la définition des principaux domaines de lutte, il est nécessaire de partir du constat que la répartition des forces actuelles dans le monde s’est inclinée en faveur de la réaction qui utilise le fascisme.

En semant la discorde au sein des classes ouvrières, en utilisant des régimes fantoches, néo-fascistes et néo-nazis, l’impérialisme intensifie l’exploitation des pays et des peuples et détruit les fondements de la démocratie populaire et d’un ordre mondial juste.

Les tendances mondiales actuelles et les crises économiques constantes, malheureusement, diminuent le potentiel révolutionnaire des principes de l’internationalisme prolétarien et sapent l’unité des classes ouvrières. Cela se produit également en Ukraine, où une classe de guerre spéciale de la “classe ouvrière” est en train de se créer, qui vit de la guerre et ne peut s’imaginer sans elle.

La politique de sanctions initiée par les États-Unis et la Grande-Bretagne et leurs satellites politiques aggrave inévitablement la vie des gens ordinaires, affaiblit le potentiel économique des états, provoque le chômage et, par conséquent, augmente le mécontentement social et, malheureusement, décourage le mouvement ouvrier. L’impérialisme mondial utilise tous ces phénomènes comme une arme dans la lutte des classes.

Que voyons-nous aujourd’hui en Europe et aux États-Unis ? Les prix et les tarifs ont augmenté plusieurs fois. Les entreprises ferment, les gens brûlent publiquement les factures de gaz, d’électricité et d’eau, organisent des actions de protestation contre leurs gouvernements pour exiger, entre autres, la fin de la folie des sanctions et de la guerre en Ukraine. Tout cela se déroule dans le contexte de la militarisation de l’économie, de la politique et de l’hystérie médiatique autour de la guerre nucléaire.

Je suis convaincu que les partis communistes et ouvriers doivent canaliser les revendications économiques et sociales du peuple dans la lutte politique. La lutte contre la menace du fascisme et un changement dans le système social qui le génère, c’est-à-dire le système capitaliste en tant que tel.

Aujourd’hui, les forces progressistes, nous devons l’admettre honnêtement, sont en train de perdre la bataille cognitive pour l’esprit des gens. C’est notre travail de nous en remettre. C’est le seul moyen si nous voulons éviter la catastrophe d’une troisième guerre mondiale.

À cet égard, je crois que, dans le contexte des objectifs et des tâches de notre réunion et compte tenu de la situation mondiale et de la nécessité de lutter pour la fin de la guerre et l’établissement d’un ordre mondial juste, nous, partis communistes et ouvriers, devrions concentrer nos efforts sur les domaines suivants :

renforcer notre solidarité, solidarité avec les autres forces progressistes dans la lutte contre le néo-fascisme et les instigateurs d’une troisième guerre mondiale ;

organiser un système d’information public véridique sur ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine, comment cela menace l’Europe et comment cela menace l’humanité ;

expliquez aux gens que la guerre civile dans le Donbass (2014-2022), comme la guerre Ukraine-Russie, a été provoquée et déclenchée par des régimes pro-fascistes en Ukraine à la demande et dans l’intérêt des États-Unis, afin de créer une tête de pont pour le démembrement et la destruction de la Russie en tant que rival géopolitique ;

intensifier la lutte contre toute tentative de glorifier l’idéologie nazie, en restaurant la véritable histoire de la Seconde Guerre mondiale ;

soutenir (sans revenir sur nos principes idéologiques) ceux qui prônent une solution pacifique et la fin de la guerre en Ukraine, quelle que soit leur affiliation politique. De tels politiciens et forces existent dans tous les pays.

Je pense également que tout doit être fait au niveau des parlements nationaux et du Parlement européen pour neutraliser les actions provocatrices des États-Unis et de leurs alliés dans la région Asie-Pacifique contre la Chine. Avec la guerre en Ukraine et la possible confrontation directe entre les puissances nucléaires, la Chine et les États-Unis, en particulier dans le contexte des déclarations sur la “menace nucléaire” russe, les pires prédictions pourraient malheureusement se réaliser.

Chers camarades !

La lutte pour mettre fin à la guerre fratricide en Ukraine déclenchée par les multinationales et leurs sbires dans les gouvernements des États européens et au-delà, la guerre dans laquelle l’OTAN dirigée par Washington est en fait partie au conflit (fourniture d’armes, de munitions et de formation des forces armées ukrainiennes, financement et contrôle de la campagne militaire) est la lutte pour empêcher une Troisième Guerre mondiale, qui est à un pas. Nous devons tout faire pour l’éviter.

Je vous remercie encore une fois de l’occasion qui m’est donnée de m’adresser aux participants à cette rencontre internationale et d’exprimer ma confiance dans notre victoire, une victoire de la “lumière” sur les “ténèbres”.


Piotr SIMONENKO

 

jeudi 10 novembre 2022

0 Novembre 2022

Publié par El Diablo

Nicolas Maduro et Emmanuel Macron ont échangé durant la COP27 - Capture d'écran Twitter

«Le besoin de pétrole rend poli» : Mélenchon moque l'obséquiosité de Macron envers Maduro

Jean-Luc Mélenchon a taclé Emmanuel Macron, qui s'est montré étonnement chaleureux envers le président vénézuélien Nicolas Maduro à la COP27, alors que la France n'avait pas reconnu son élection, soutenant la tentative de coup d'État de Juan Guaido.

Le fondateur de la France insoumise n'a pas loupé Emmanuel Macron. Ce 7 novembre, le président français avait semblé vouloir jouer l'apaisement avec le dirigeant du Venezuela Nicolas Maduro, à Charm el-Cheikh en Egypte, en marge de la COP27. 

«Rencontre bien amicale d'Emmanuel Macron et Nicolas Maduro à Charm el-Cheikh. Le besoin de pétrole rend poli», a taclé Jean-Luc Mélenchon dans un tweet. 

Étrange poignée de main

Et de fait, la rencontre entre les deux dirigeants avait de quoi surprendre par sa cordialité. Croisant le chef d'Etat bolivarien, le président français s'est empressé de lui serrer longuement la main, lui demandant avec familiarité : «Comment ça va chez vous ?» 

«Mieux chaque jour», a répliqué Nicolas Maduro, semble-t-il à la fois bonhomme et méfiant, avant d'enchaîner du tac au tac en lui demandant quand il lui rendrait visite au Venezuela. 

 

Je serais heureux qu'on puisse se parler plus longuement

 

«Il faut qu'on arrive maintenant à trouver un chemin», a déclaré le président français, manifestement intéressé par une reprise du dialogue et évoquant un continent sud-américain «en train de se recomposer». Nicolas Maduro a alors répondu que la France devait «jouer un rôle positif». «Nous avons beaucoup de bons amis en commun», a par ailleurs souligné le président vénézuélien. 

De fait, plusieurs pays d'Amérique latine sont récemment passés à gauche, notamment la Colombie qui, par ce biais, a renoué des relations diplomatiques rompues avec Caracas. 

«Je serais heureux qu'on puisse se parler plus longuement et qu'on puisse entamer un travail bilatéral qui soit aussi utile pour votre pays et la région», a proposé le président français.

«À votre service», a répondu Nicolas Maduro, invitant le président français à discuter avec Jorge Rodriguez, le président de l'Assemblée nationale vénézuélienne depuis les élections de décembre 2020. Un scrutin reconnu ni par l'UE, ni par la France. 

«Avec lui, vous pouvez parler en confiance», a-t-il assuré. «Monsieur Rodriguez, je peux ?», a interrogé Emmanuel Macron, qui a par ailleurs promis au dirigeant vénézuélien de l'appeler après sa rencontre prévue prochainement à Paris avec les présidents argentin et colombien. 

D'alléchantes ressources énergétiques 

En juin, lors du G7 en Allemagne, la présidence française avait évoqué «des ressources ailleurs qu'il faut aller explorer», lorgnant sur les productions de l'Iran et du Venezuela, et estimant que «le pétrole vénézuélien devait pouvoir être remis sur le marché». Nicolas Maduro avait aussitôt invité les entreprises françaises, lançant à la télévision : «Président Macron ! Le Venezuela est prêt à accueillir toutes les entreprises françaises qui voudraient venir produire du pétrole et du gaz.»

Les États-Unis ont allégé en juin les sanctions qui pesaient sur le Venezuela depuis 2019 dans le secteur pétrolier en accordant des licences à quelques compagnies pour exploiter les ressources énergétiques du pays. 

Les relations entre la France et le Venezuela sont très mauvaises depuis que Paris, aligné sur Washington, n'a pas reconnu l'élection présidentielle de 2018. Emmanuel Macron a même reconnu en février 2019, comme plusieurs Etats, l'opposant Juan Guaido (président de l'Assemblée nationale ayant entre autres appelé l'armée à faire défection pour renverser Nicolas Maduro) comme «président en charge», dans le but d'organiser de nouvelles élections. 

Mais devant l'échec de ce dernier à prendre le pouvoir, l'UE a changé de braquet et abandonné son soutien à l'ancien député, dont le mandat a pris fin en décembre 2020. L'UE ne reconnaît cependant pas le résultat des élections législatives qui se sont tenues cette année-là. Les canaux diplomatiques entre la France et le Venezuela n'ont par contre jamais été rompus, malgré plusieurs incidents impliquant la représentation française sur place, accusée d'abriter Juan Guaido. Il n'en a pas été de même avec Isabel Brilhante Pedrosa, ambassadeur de l'UE au Venezuela, expulsée en février 2021 par Caracas, en riposte à de nouvelles sanctions prises par Bruxelles à la suite des élections législatives boycottées par l'opposition et dont elle demandait le report.

 

Pour combattre l’inflation, les banques centrales européenne et américaine ont multiplié les hausses de leurs taux directeurs, ces derniers mois. Après des années d’une politique monétaire extrêmement souple (taux nuls, voire négatifs ; rachats massifs de dettes publiques et privées), ce resserrement brutal suscite de vifs débats parmi les économistes bourgeois. Au fond, ils ne sont d’accord que sur un point : « l’heure est grave ».

Précisément : l’heure est trop grave, les dettes des ménages, des entreprises et des Etats sont trop massives, les chaines d’approvisionnement sont trop perturbées, l’inflation se nourrit de trop de facteurs – bref, la crise est trop profonde pour qu’il soit possible de prévoir avec précision l’impact des décisions des banques centrales.

De nombreux économistes annoncent une récession aux Etats-Unis et en Europe, l’an prochain. Tout l’indique, en effet. Mais quelle en sera l’ampleur ? Nul ne le sait. Les banquiers centraux expliquent vouloir éteindre l’incendie inflationniste au moyen d’une récession « contrôlée » et « modérée ». Mais même « modérée », elle frappera durement la jeunesse et les travailleurs, qui sont déjà exaspérés par l’inflation. En outre, les banquiers centraux ne contrôlant pas grand-chose, la récession pourrait fort bien n’être pas « modérée ». Pire : il n’est même pas garanti qu’elle s’accompagnera d’un net recul de l’inflation.

« L’école de la guerre »

Telles sont les perspectives économiques auxquelles doit se préparer le mouvement ouvrier français. On doit les avoir en tête, car elles signifient que les augmentations de salaire arrachées par la grève, dans un nombre croissant d’entreprises, n’apporteront qu’un bref répit avant la prochaine tempête économique et sociale.

Ceci dit, ces grèves sont d’une très grande importance. Leur signification dépasse largement la question de la fiche de paie. Dans un célèbre article sur les grèves, le jeune Lénine écrivait : « En temps ordinaire (…), l’ouvrier traîne son boulet sans mot dire, sans contredire le patron, sans réfléchir à sa situation. En temps de grève, il formule bien haut ses revendications, il remet en mémoire aux patrons toutes les contraintes tyranniques qu’ils lui ont infligées, il proclame ses droits, il ne songe pas uniquement à lui-même et à sa paie, il songe aussi à tous les camarades qui ont cessé le travail en même temps que lui et qui défendent la cause ouvrière sans craindre les privations. » [1]

Lénine expliquait que, pour les travailleurs, la grève est « l’école de la guerre ». C’est toujours vrai de nos jours. Cependant, Lénine ajoutait ceci : « il nous faut souligner que les grèves (…) sont “l’école de guerre” et non la guerre elle-même, qu’elles sont seulement un des moyens de la lutte, une des formes du mouvement ouvrier. Des grèves isolées, les ouvriers peuvent passer, doivent passer et passent effectivement, dans tous les pays, à la lutte de la classe ouvrière tout entière pour l’émancipation de tous les travailleurs », c’est-à-dire à la lutte pour la conquête du pouvoir, le renversement du capitalisme et la transformation socialiste de la société.

Politique et syndicalisme

Cette seule citation permet de prendre la mesure de l’écart entre ce qu’expliquait Lénine, au seuil du XXe siècle, et l’extrême modération des dirigeants actuels du mouvement ouvrier français. A la tête de la plus puissante confédération syndicale, Philippe Martinez ne se préoccupe pas de « l’émancipation de tous les travailleurs » – non, car ce serait faire de la « politique », alors que le secrétaire général de la CGT, lui, veut s’en tenir au « syndicalisme ». En retour, il exige que la France insoumise (FI) ne se mêle pas de « mobilisations sociales ». Martinez appelle cela « l’indépendance syndicale » ; nous appelons cela une pure hypocrisie, que la droite et le patronat applaudissent chaudement, d’ailleurs, car c’est tout à fait conforme à leurs intérêts.

Dans le monde réel, il n’existe pas d’actions purement syndicales, car il n’y a pas de frontière étanche entre syndicalisme et politique. Comme l’expliquait Lénine, même une grève locale pousse les travailleurs à réfléchir au sort de toute leur classe et à l’exploitation brutale sur laquelle repose la société capitaliste. Un dirigeant ouvrier digne de ce nom doit s’efforcer de politiser au maximum chaque lutte des travailleurs, d’orienter leur esprit vers l’objectif général, la conquête du pouvoir, sans laquelle tout « acquis » social sera remis en cause, tôt ou tard. C’est d’ailleurs ce que nous vivons aujourd’hui : la remise en cause systématique de conquêtes sociales vieilles de plusieurs décennies.

Contrairement à une idée chère à Martinez (et tant d’autres), la politisation de la lutte des classes n’est pas un obstacle à son développement. C’est même le contraire, en particulier en période de profonde crise économique et sociale. De fait, la mobilisation nationale la plus puissante et la plus combative, depuis la rentrée de septembre, fut la manifestation politique organisée par la FI, le 16 octobre. Même la « journée d’action » syndicale du 18 octobre – dans un contexte pourtant électrisé par la grève des raffineries – était moins combative. Celle du 27 octobre fut un fiasco. Les « journées interprofessionnelles » routinières, sans perspectives, sans plan d’action et sans mots d’ordre politiques offensifs ne peuvent pas mobiliser très au-delà des rangs syndicaux. Et bien sûr, elles ne peuvent pas faire reculer le gouvernement d’un millimètre.

Crétinisme parlementaire

La manifestation organisée par la FI, le 16 octobre, fut un succès très prometteur. Depuis, malheureusement, la direction de la FI dépense l’essentiel de son énergie dans les mornes tranchées du Palais Bourbon. Dans la mesure où le gouvernement ne dispose que d’une majorité relative, à l’Assemblée nationale, les péripéties parlementaires se suivent et se ressemblent : amendements, « 49.3 », motions de censure ; nouveaux amendements, nouveau « 49.3 », nouvelles motions de censure ; etc.

La FI doit occuper le terrain parlementaire, mais elle doit lier étroitement ce travail aux initiatives et mobilisations extra-parlementaires : manifestations, rassemblements, grèves, meetings et agitation de masse. Sans cela, les députés de la FI vont tourner en rond, d’une motion de censure à l’autre, dans l’indifférence générale de la masse des jeunes et des travailleurs, lesquels n’attendent plus rien de positif de cette Assemblée nationale, à juste titre.

Sur son blog, Mélenchon discute la possibilité d’une dissolution de l’Assemblée nationale. On ne peut exclure totalement que Macron y soit poussé « à froid », c’est-à-dire sans y être contraint par une puissante mobilisation de la jeunesse et des travailleurs. Cependant, cela nous paraît très improbable, à court terme. Les députés LR n’ont rien de bon à attendre d’élections anticipées, dans l’immédiat. Les députés RN jouent les fanatiques de la motion de censure, mais en réalité ils ont tout intérêt à laisser pourrir la situation afin d’en récolter un maximum de fruits, le moment venu. Même dans les rangs de la NUPES, nombre de députés Verts, PS et PCF se disent, sur leurs sièges de velours : « j’y suis, j’y reste ! » En conséquence, tout ce petit monde s’arrange, en amont des motions de censure, pour s’assurer qu’elles ne passeront pas.

En mettant le théâtre du Palais Bourbon au centre de leur politique et de leurs interventions publiques, Mélenchon et les députés FI s’exposent à ce que Karl Marx appelait le « crétinisme parlementaire ». L’antidote est connu ; nous l’avons signalé plus haut : la direction de la FI doit subordonner son activité parlementaire à différentes formes de mobilisations extra-parlementaires, dont la manifestation du 16 octobre a montré l’énorme potentiel. Les dirigeants et députés de la FI doivent jeter toutes leurs forces dans le développement de la lutte sociale – dans les rues, les entreprises, les facs et les lycées – contre le gouvernement Macron, contre le patronat, contre le système capitaliste. Et tant pis si cela déplait à Philippe Martinez.


[1] A propos des grèves. Volume 4 des œuvres complètes.


Sommaire

Lénine, Martinez et Mélenchon - Edito du n°65
Mobilisation des internes en médecine
Les hôpitaux pédiatriques au bord du gouffre
« Fraude sociale » : fantasmes et hypocrisie
AED : vraiment traités comme des pions
Enseignement supérieur : l’enfer de la sélection en Master
Pour le climat : « action directe » ou lutte des classes ?
Coupe du monde de football : victoire du grand Capital !
La Grande-Bretagne s’enfonce dans la crise
Iran : forces et faiblesses du mouvement
Brésil : victoire de Lula, vitalité de l’extrême droite
Grande-Bretagne : succès du « Festival Révolution » 2022
La révolution iranienne de 1979
Marxisme contre maoïsme